Les voix des autres

Les voix des autres de Patrick Maurel nous entraîne dans une des périodes les plus noires de la fin de la guerre 39-45, celle de la grande épuration, avec ses débordements, ses exactions et ses meurtres. Il nous fait également pénétrer dans un laboratoire de recherche et partager le quotidien d'une équipe de scientifiques avec leurs incertituders, leurs doutes, leurs joies de découverte...

Génolhac, juin 1944.
Au cœur des Hautes Cévennes, des maquisards s'apprêtent à soustraire à l'administration de Vichy un groupe de jeunes nîmois qui refusent d’être envoyés dans les usines de l’Allemagne nazie au titre du Service du Travail Obligatoire. C'est l’opération “Chaparral”. Elle est programmée pour la nuit du 5 juin. Après avoir bien démarré, elle tourne au fiasco… Montpellier, octobre 2005. A la suite d’un accident vasculaire cérébral, une femme en coma dépassé est admise au CHU comme donneuse d’organe. En analysant ses neurones, les chercheurs font une incroyable découverte… Ces deux histoires, qui n'ont en apparence aucun point commun, vont pourtant finalement se rejoindre et se compléter. Ce “thriller biologique” nous entraîne dans une des périodes les plus noires - et souvent ignorée - de la fin de la guerre 39-45, celle de la grande épuration avec ses débordements, ses exactions et ses meurtres, mais aussi dans la résistance avec ses actes de bravoure, ses sacrifices et la protection de familles juives. Il nous fait également pénétrer dans un laboratoire de recherche et partager le quotidien d’une équipe de scientifiques avec leurs incertitudes, leurs doutes, leurs joies de découverte, et où embûches et entraves viennent se mêler aux sentiments les plus nobles.

Patrick Maurel est directeur de recherche à l’Inserm et directeur scientifique d’une compagnie de biotechnologie pharmaceutique à Montpellier. Les Voix des Autres est son premier roman.

Contes et nouvelles lesbiennes

zoomContes et nouvelles lesbiennes contient de nouvelles versions de contes traditionnels tels que La Belle au Bois dormant, Cendrillon, La petite fille aux allumettes et Le Chat botté. On y trouvera également des nouvelles qui mettent en scène des lesbiennes, illustres et obscures, qui ont des soucis identiques à ceux des autres femmes : vivre des relations authentiques, qu’elles soient amicales ou amoureuses, tout en gardant leur liberté et leur autonomie grâce à un métier plus ou moins épanouissant. Les lesbiennes qui peuplent ce recueil sont donc des femmes qui aiment, souffrent, travaillent et survivent dans un monde misogyne et lesbophobe. Femmes d’hier et d’aujourd’hui, célèbres ou cachées, en proie à bien des difficultés, mais courageuses, aimant la vie et prêtes à se battre pour faire évoluer une société archaïque et machiste. Les textes qui les mettent en scène n’ont d’autre ambition que de faire réfléchir en amusant, comme les autres contes traditionnels des pays européens.

L'auteure
Docteur ès lettres, Paula DUMONT, qui vit dans un village proche de Montpellier, se consacre à l’écriture. Elle a publié aux Éditions L’Harmattan deux ouvrages autobiographiques, Mauvais genre et La vie dure : Education sentimentale d'une lesbienne, un conte philosophique, Règne des femmes, deux essais, Lettre à une Amie Hetero et Les convictions de Colette, et un dictionnaire de littérature lesbienne, Entre femmes, dans lequel sont recensées trois cents œuvres lesbiennes. Féministe, Paula Dumont milite également pour l’égalité des droits des LGBT.

Boussole : un Goncourt d’exception

Dans la cuvée d’automne que nous proposent les prix littéraires, il se trouve un grand cru qui n’attend plus que d’être classé parmi les millésimes qui font date. Boussole , le quatrième roman de Mathias Enard, est salué par les historiens (L’Histoire, janvier 2016). Dans un tourbillon intellectuel porté par une grande érudition musicologique, il éclaire l’histoire des rapports de l’Europe et de l’Orient et offre une réflexion sur l’avenir.

Un brillant romancier,

On ne peut que saluer l’art du romancier. De Vienne, par le souvenir et l’imagination, nous voici transportés à Paris, Damas, Alep, Téhéran. Frantz Ritter, universitaire quelque peu timoré, vieilli, menacé par la maladie, insomniaque, erre dans sa chambre (au dessus du chien du voisin Gruber) et songe. Des songes pas toujours joyeux : il a vu Alep (aujourd’hui en partie détruite). Il a cherché des forteresses oubliées dans le désert syrien, champ de pierrailles hostile. Il a vu Téhéran et le conformisme étouffant de la république islamique, ses profiteurs, son idéologie mortifère. La femme aimée (Sarah) poursuit sa quête mystique jusqu’au nord de Bornéo. Le style est alors familier, mais non dépourvu d’humour. Ah ! Le docteur Kraus et ses lourdes plaisanteries. Et à Téhéran, le musicologue autrichien semblait jouer aux billes sur le tapis du salon d’attente. Et puis, des scènes claires, précises qui surgissent dans le roman. Sarah attendant dans le campus viennois sur un banc, souriant à sa lecture, femme rousse enveloppée d’un foulard jaune, lumineuse. Ne manque même pas l’ironie tragique du sort survenant après un moment de grâce à Téhéran

Dans le sillage des orientalistes.

Mais dans la vie de nombreux européens comme dans celle de Frantz Ritter, la boussole indique l’Est. Car, le musicologue orientaliste est autrichien. Autriche, Oest Reich, la marche de l’Empire carolingien à l’Est. La porte de l’Orient pour nombre de poètes, musiciens, littérateurs allemands et (ou) Français (Balzac, le tourangeau, lui-même). Vienne, fenêtre sur l’Orient, moyen ou extrême. Les sièges par les Turcs au XVI° siècle n’y sont pour rien. Toute une pléiade d’orientalistes louent Omar Khamygan (VIII° siècle après JC), le mathématicien musicien qui célébra le vin et l’ivresse ; les philosophes, les sages iraniens comme Sohrawardi fondateur de la « théosophie orientale » où convergent les traditions grecques (Platon), arabes (Avicenne) et du Zoroastre de la Perse antique. Et c’est un Français, Henri Corbin, qui le révéla à l’Occident. C’est à l’Est de l’Europe que l’on peut commencer à connaître les traditions ésotériques et les sagesses de l’Orient extrême. Bien sûr, les orientalistes ne regardent pas vers l’Est pour le seul amour des idées ou de la musique. L’Orient ne manque pas de séductions sensuelles et raffinées. Et il y a ceux qui rêvent de « partir », ceux qui y cherchent une résilience (Anne-Marie Scharzenbach) ou des amoureux de l’aventure.

Mais si l’on regarde vers ces terres où ont pris naissance les plus anciennes civilisations, on peut reconnaître ce que l’Europe doit à l’Orient et écrire une nouvelle histoire dans le partage et la continuité de traditions occultées. Verra-t-on se lever « le tiède soleil de l’espérance » ?

Hervé Le Blanche

» disponible sur Amazon en format numérique et en format papier

Voltaire ou le Jihad

Voltaire ou le Jihad: Vers le suicide de la culture européenne ? (Editions l'Archipel - Novembre 2015) de Jean-Paul Brighelli est un écho sonore et nécessaire à celui de François-Xavier Bellamy : "Les Déshérités ou l'Urgence de transmettre" (Editions Plon - 2014). Dans deux styles différents, le premier plus offensif, le second, plus passionné, ces deux écrivains font un constat terrible : la jeunesse de notre pays est acculturée, ignore tout de son histoire et des penseurs qui l'ont précédée. Ces jeunes sont donc contraints de "réinventer la roue". Comme ils en sont incapables, ils deviennent des cibles pour ceux qui ont décidé de les utiliser dans leur combat de destruction de notre civilisation.
Les deux philosophes n'ont manifestement pas été conçus dans la même eau. L'un d'éducation laïque, est agnostique. L'autre, d'éducation chrétienne, est croyant. Mais ils ont les mêmes conclusions, mettent la même fougue à défendre la culture, la nécessité d'apprendre, à renvoyer dans ses buts ce pauvre Rousseau, père de toutes les perversions sociales qui empoisonnent notre siècle, et à stigmatiser comme il convient le totalitarisme islamique.
Pour Brighelli, ce qui caractérise le totalitarisme islamique, c'est sa négation du temps. Rien, aux yeux d'un Islamiste pur et dur, wahhabite ou salafiste, n'existe avant le Coran. Au point que tout ce qui le précède doit être anéanti comme blasphématoire.
Sa seconde idée, c'est qu'en acceptant le principe du créationnisme parfait, et par conséquent en récusant à la culture sa capacité de parfaire le monde par progrès successifs, l'Occident s'est lui-même vidé de sa substance en laissant libre cours à la folie religieuse totalitaire de l'Islamisme.
Brighelli oppose la culture à l'idée d'une création parfaite dès l'origine, impossible à améliorer parce que divine. Il dénonce sans le dire le créationnisme, considéré par la majorité des chrétiens et par la doctrine chrétienne, depuis les travaux de Teilhard de Chardin, comme une illusion.
En cela il fait oeuvre utile.
Il rappelle combien l'éducation est une nécessité pour permettre à l'enfant de devenir un homme et combien le laxisme de l'éducation nationale à créé des cerveaux vides aptes, parce que vides, à admettre les pires absurdités qui font d'eux de faux prophètes écervelés et de vrais assassins.
Comme Bellamy, Brighelli dénonce nos pédagogues, héritiers de Jean-Jacques Rousseau, de Pierre Bourdieu et de Roland Barthes, qui ont façonné le terrain sur lequel nous nous battons aujourd'hui, sans aucune chance de succès, si nous n'en revenons pas très vite à l'intelligence des Lumières. En cela Voltaire représente l'image parfaite de l'anti djihad. Brighelli nous donne dix ans pour nous en sortir.
A la vitesse où vont les choses, je ne sais pas si ce délai ne doit pas être raccourci. En tout cas, tous ceux qui croient encore, depuis 1968, qu'il n'y a pas à éduquer les enfants, qu'il n'y a rien à leur apprendre car ils découvriraient bien tout seuls "les causes de toute chose" (comme le prétendent nos pédagogues "new wave"), que toutes les cultures se valent (comme l'a proclamé Jack Lang dès 1981), que la nature est bonne et que l'homme ne fait que la détruire (comme le proclament tous les écolos, ennemis de l'homme au nom de la protection de l'environnement) ont déjà gagné la bataille.
On n'apprend plus ni l'orthographe, ni les règles de grammaire, on n'apprend plus à se bien conduire, on ne réagit qu'à l'impulsion de l'instant, tout cela étant orchestré par des leaders d'opinion (journalistes et hommes politiques), souvent inconscients de leur propre inculture, qui ne font que divulguer une façon de penser vide et sans fondement culturel qui condamne à mort la jeunesse à laquelle ils s'adressent.
Pessimiste ? Non. Lucide.
Cela fait plaisir de constater que certains bons esprits, vrais intellectuels, confirment, bien mieux que je ne m'évertue à le faire, une situation sur laquelle il est urgent de réagir. Que l'on me permette en terminant une conclusion très personnelle sur la métaphore du médecin et du charlatan que j'ai déjà utilisée.
Ce n'est pas en consultant les charlatans du Front National que l'on guérira du cancer de l'inculture.

Yves Marchand

Langage d'jeuns

L'auteur montpelliérain Jean-Marc Harel-Ramond se penche sur le langage des jeunes dans son dernier ouvrage Dictionnaire du langage d'jeuns aux éditions Ovadia. 

Les jeunes du XXIe siècle évoluent avec une conception de la vie et une manière de s’exprimer propres à leur génération. Par le biais du téléphone cellulaire, des réseaux sociaux ou tout simplement dans les cours de récré, leur langage surprenant et singulier a trouvé une place prépondérante.

Quand vous écrivez des SMS à vos enfants, vos amis ou vos potes, vous terminez par un bon gros « lol ». Il vous arrive même de trouver que votre adolescent révèle un comportement « relou ». Vous pensez être au top de la branchitude. Détrompez-vous : c’est presque déjà has been… Le Dictionnaire du langage d’jeuns propose un panel de mots et d’expressions que les d’jeuns d’aujourd’hui utilisent couramment. Souvent imagé, jamais égalé, ce langage conserve une part du verlan des années 1960 et intègre des symboles d’une évidence souvent flagrante.

Jean-Marc Harel-Ramond, psycho-anthropologue et essayiste, a souhaité retracer les différentes évolutions de notre étonnante langue française à travers un ordre alphabétique simple et divertissant. Il ne manque jamais d’insérer, autant que faire ce peut, une étymologie latente ou une provenance étrangère pour comprendre et décortiquer ces mots à connotation « extra-terrestre ». Si vous vous sentez largué par « j’ai le seum », « c’est d’la balle », « le chiro », « swag » ou « genre » que votre jeune ado utilise, cet ouvrage dévoile une véritable encyclopédie incontournable et indispensable.

Jean-Pierre Fournier : L'affaire Laget, une énigme qui bouleversa la France

C’est une affaire peu commune que nous conte Jean-Pierre Fournier dans son livre édité par Le Papillon Rouge, L’affaire Laget. Il nous relate l’histoire d’un fait divers qui a secoué le landerneau biterrois dans la première moitié du vingtième siècle. Pierre Laget, médecin ayant combattu en 14-18, médaillé et honorablement connu, fut pourtant accusé d’avoir empoisonné quatre membres de sa famille. Malgré ses dénégations, des zones d’ombres découvertes lors de l’enquête, liées à ses incessants besoins d’argent suite à d’imprudents boursicotages, à une gestion approximative de ses affaires, à ses incartades, ne témoignèrent pas en sa faveur. Sa condamnation fut prononcée mais cédant aux incertitudes et au mystère auquel cette affaire ne pouvait échapper, le président Paul Doumer signa une grâce et la peine capitale fut changée en déportation. Pierre Laget fut donc envoyé en Guyanne à la prison de Fontevrault où il  décéda en 1944. Béziers avait alors oublié cette histoire qui avait pourtant fait tant de bruit.

Au-delà de ce fait divers, Jean-Pierre Fournier nous dresse le décor d’un Béziers alors prospère, nous décrit la ville et la société de cette époque avec nombreux détails précis et érudits. Dans un style alerte et sobre, il nous permet de nous plonger aisément dans cette histoire pas si simple qu’elle pourrait paraître, ainsi que dans ce décor de Béziers et de ses environs tel qu’il se dessinait il y a un siècle.

M.P.

Jean-Pierre Fournier : L'Affaire Laget, Une énigme qui bouleversa la France

Le Papillon Rouge Editeur

Lassalvy "C'est la vie"

Si le rire est le propre de l’homme, l’humour est une disposition particulière pas toujours généreusement partagée. Des évènements pas très lointains nous ont même montré que certains individus étaient hermétiques à certaines formes de caricatures, et que celles-ci  pouvaient même déclencher chez eux des élans meurtriers. Charb, Cabu, Wolinski, Honoré, Tignous en ont été les victimes, des crayons contre des armes, l’humour contre la folie, la poésie contre l’hystérie. Robert Lassalvy (1932-2001) s’était toujours gardé de s’aventurer sur les terrains qui peuvent déclencher des passions :  la politique, la religion, faisaient partie des thèmes qu’il refusait d’aborder. Il faisait du dessin humoristique une aventure ludique, provoquant parfois chez lui l’inquiétude d’être en panne d’inspiration mais aussi, souvent, un large sourire quand il avait trouvé une bonne idée. Son terrain de jeu,  c’était la grivoiserie avec ses pin-up aux formes généreuses, aguicheuses, naïves ou impertinentes, c’était ces mâles au regard avide ou libidineux flanqués de leurs épouses décrépies mais autoritaires. C’était aussi  un regard tendre et délicat posé sur l’enfance et les petites gens.
A ses début dans l’effervescence parisienne, il se lie avec d’autres dessinateurs tels Sempé, Fred ou Cavanna. Il commence à publier très tôt ses dessins dans divers journaux et revues très nombreuses à cette période des années cinquante. Il publie également à l’étranger, aux Etas-Unis, au Brésil et surtout au Japon où un quotidien lui consacre une chronique en première page : «Lassalvy c’est la vie !». C’est à Cournonterral où il s’est retiré, lassé de la vie parisienne,  qu’il continue à produire et à publier dans diverses parutions. C’est aussi  là, dans son atelier, qu’il se met à peindre, développant d’autres aspects de ses talents, en particulier de coloriste. Jusqu’à ses derniers jours, en 2001, il réalisa de nombreuses toiles. C’était pour lui une grande satisfaction de rencontrer, lors de ses expositions, autant de succès pour ses peintures qu’il avait pu en rencontrer pour ses dessins.
M. P.
Le livre est à commander sur le site officiel

 

 

 

Les éditions Méridianes fêtent leurs 10 ans

En 2015, les éditions montpelliéraines de livres d'artistes, Méridianes, fêtent leurs dix ans par une série d'événements et de rencontres.

Le 20 novembre, Pierre Manuel, éditeur fondateur, critique d'art, présente la collection "Maison Natale" à la Maison de la Poésie de Montpellier, à l'occasion de la parution de "WZ", d'Antoine Emaz et Vincent Bioulès,  dans cette collection. La soirée sera animée par des lectures d'Antoine. Emaz Pierre Manuel s'entretient avec les poètes et artistes ayant pris part à cette collection : Antoine Emaz, Vincent Bioulès, James Sacré, René Pons, Luis Mizon, Jean-Gabriel Cosculluela, Alain Clément.

Vendredi 20 novembre 2015 à 19h - Maison de la poésie - Moulin de l'Evêque - 78 avenue du Pirée à Montpellier

Les Héraultais dans la Guerre de 14-18

Louis, Jean-Luc et Guilhem SECONDY. Le Papillon Rouge éditeur, 2014

«L’histoire n’appartient pas aux seuls historiens qui la construisent. Chaque lecteur la fait sienne, selon ses idées et ses idées propres. Les faits se colorent de traits particuliers en fonction de l’histoire et de la culture personnelles du lecteur. Si l’histoire ne meurt jamais, elle n’est pas «figée à jamais, elle se construit et se reconstruit avec les historiens et les générations nouvelles. C’est notre conviction à l’orée de cet ouvrage...». Ainsi nous interpellent les auteurs dans l’avant-propos de leur ouvrage «Les Héraultais dans la guerre de 14-18». Ils font partie d’une même famille dans laquelle le goût pour l’histoire est une seconde nature : Louis Secondy, le père, enseignant à la retraite est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire locale et anime fréquemment des conférences sur le même thème. Ses fils Jean-Luc et Guilhem ont hérité de la même passion pour la recherche et l’écriture sur le passé de notre région. Dans leur denier ouvrage ils témoignent du grand bouleversement qu’entraina le conflit dans l’économie et les structures sociales. La viticulture, pilier de l’économie locale, à peine relevée de la crise du  phylloxera et de celle de 1907, plongea tout au long de la guerre dans une autre dépression due au manque de main d’oeuvre. Les hommes au front, ce sont les femmes qui se sont impliquées dans les rudes travaux. Mais les rendements, réduits par le manque de produits de traitements anticryptogamiques, l’absence des chevaux réquisitionnés, connurent une baisse importante alors qu’il fallait fournir aux poilus, gros consommateurs, leur part de vin.
 La consultation de certains documents et témoignages remettent en question certains aspects de la propagande officielle ou médiatique de l’époque. Ainsi le soi-disant enthousiasme manifesté lors du départ au front n’était que relatif : «on pleure, on s’exclame, on se sourit tristement, courageusement, on essaie de faire bonne figure...». L’injuste réputation de couardise entretenue par certains officiers à l'encontre des poilus originaires du sud, est ainsi contredite par les faits de courage et d’héroïsme et le lourd tribu, prés de quatorze mille morts. A l’appui de nombre d’archives, les Secondy père et fils nous font découvrir des aspects souvent méconnus des traumatismes et bouleversements de la première guerre mondiale qui ont profondément transformé les mentalités et structures de notre région. C’est un livre passionnant, dans la lignée de «Témoignages» de Jean Norton Cru (1879-1949), réédité en 1993, qui «ose, au nom de la Vérité due aux combattants, remettre en cause les mythes du patriotisme et du courage alimentés par les marchands de gloire ». (Jacques Vernier : «Jean Norton Cru et la grande guerre»)

MP

 

"Ma soeur s'appelle Gary Cooper"

de Patrick DEBONO

 

Patrick Debono

Où donc était passé ce jeune homme qui voulait changer le monde ? Ā cette époque, on croyait encore que les mots avaient le pouvoir d’apporter un peu de lumière au plus obscur des esprits. Où donc étaient passés ces magiciens capables d’influencer la destinée de tout un chacun ? Si les journaux disaient vrai, les mortels se construisaient des vies bien rassurantes et disparaissaient comme ils étaient venus. En laissant des enfants derrière eux. En oubliant surtout qu’ils avaient été aussi des enfants.

   

Dans son troisième ouvrage publié comme les précédents aux éditions Le Faucon d’or, Patrick Debono nous livre un ensemble composé de onze nouvelles et deux poèmes.

L’unité du recueil naît de l’approche de l’existence qui s’y dessine nouvelle après nouvelle, une existence fondée sur le respect d’autrui, la générosité, la capacité à apprécier la beauté simple et évidente du monde. C’est ainsi seulement que l’homme accède au véritable bonheur que procurent amour, nature et fidélité.
La tonalité de l’ouvrage n’est pas néanmoins celle d’un bucolisme simpliste. D’une part car les fables traquent toutes les médiocrités humaines, de la simple indifférence, si facile et si exécrable, à l’égoïsme le plus forcené, en passant par la cupidité la plus aveuglante ; d’autre part car si l’accès au sens profond de notre vie sur terre peut être révélé, ce n’est qu’en grande partie par l’épreuve la plus douloureuse : le choc fondamental qu’induit la confrontation avec la mort – avant tout celle de l’aimé. Il nous faut dès lors réussir à survivre avec cette douleur et l’auteur nous propose un chemin pour y parvenir, quelles que soient nos croyances, un chemin que même l’athée peut emprunter. « La vraie fin, c’est de rester dans le souvenir ». La vie alors gagne son sens, et la douleur de la perte, un réconfort.
Si l’idée n’est pas nouvelle, le traitement littéraire en revanche est bien personnel à notre auteur montpelliérain . Il nous ouvre les portes d’un monde à la fois étrange et familier, étrange car teinté d’onirisme, et familier car, à travers la peinture de toutes les faiblesses et de toutes les grandeurs de l’être humain, il traite, avec simplicité, de nos préoccupations les plus essentielles.


"Ecrire des nouvelles me procure avant tout le plaisir de raconter des histoires aussi variées que possible, et surtout d'oublier la vie en général, avec son lot inhérent de doutes et de souffrances. Dans ces textes, j'ai voulu que tout lecteur rencontre des personnages attachants, et qu'une fois le récit entamé, il ait envie de connaître la fin." - Patrick Debono

"Vrai regard d’auteur, intense, riche et profond. Mieux que de simples nouvelles, il y a en filigrane un lien entre ces fragments de vie, ces portraits : l’auteur tisse la trame de sa représentation intime et réellement poétique du monde. La fusion/tragique/humour/irrationnel, fonctionne. L’humour , présent, cache en fait un grand désespoir !" - Marie-Laure Arzel

L'histoire du quartier Figuerolles

Thierry Arcaix s'est penché avec attention et affection sur son quartier de naissance. Il nous livre là un travail précis et passionnant, construit à partir de nombreux témoignages, de références, de reportages, de documents, de photographies et d'analyses sur le mythique Figuerolles. Ces éléments y apportent un éclairage nouveau et nous aident efficacement à mieux en " comprendre la complexité ".

Le quartier Figuerolles est un quartier urbain populaire, situé dans la partie ouest de la ville de Montpellier.

Il forme une sorte de village rue d'une longueur de près de 1000 m sur une largeur variable de part et d'autre du faubourg éponyme.

Les bâtiments anciens qui le constituent furent érigés à partir du milieu du XVII ème siècle pour héberger les jardiniers, les charrons, les tonneliers, les artisans, les étables et les ouvriers agricoles mobilisés par les grandes propriétés viticoles environnantes.

Ce quartier abrita par la suite une diversité de populations attirée par diverses opportunités, de la révolution industrielle à la possibilité plus récente de se loger à bas prix. Il connaîtra enfin toutes les complexités actuelles, des marchands de sommeil à la gentrification et à la spéculation immobilière.

Le deuxième tome dédié au quartier de Figuerolles à Montpellier était très attendu. Le voilà !

C’est le prolongement du premier opus, alors essentiellement historique, qui cette fois décrit et analyse avec rigueur et empathie les diverses composantes actuelles de ce " village " dans la ville.

Ce livre réussit la performance de pouvoir se lire avec autant de plaisir et de facilité qu'un roman tout en étant un ouvrage sociologique majeur. Il est d'une dimension universelle et nous ouvre les portes d'une autre façon d'approcher et de comprendre les nouvelles problématiques de la vie urbaine en ce XXI ème siècle.

Thierry Arcaix, né à Figuerolles en 1954, est docteur en sociologie, après avoir été instituteur. Il est également titulaire d'une maîtrise en sciences et techniques du patrimoine ainsi que d'un master 2 en sciences de l'information et de la communication.


100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon