Lectures de Simone Weil avec Primesautier Théâtre à La Baignoire

La philosophe française Simone Weil (1909-1943) fait l'objet de lectures et d'ateliers d'écriture à La Baignoire, lieu des écritures contemporaines à Montpellier.

Pour préparer sa prochaine création "À Bras le Corps" qui verra le jour en novembre 2020 à La Vignette, le Primesautier Théâtre vous convie à une « Weillée » les 27 et 28 février à 19h30 à la Baignoire autour des écrits de Simone Weil.

Antoine Wellens et Virgile Simon, co-metteurs en scène de ce projet, prendront appui sur des textes de Simone Weil et tenteront de dégager des axes esthétiques en se basant sur la philosophie de cette auteure. En résultera une « disputatio » en bon et due forme entre un acteur et un metteur en scène, préalable à la future création de la compagnie. Mais bien évidemment, loin d’être centré sur le théâtre seul, cette dispute fuira de tous côtés comme il se doit et ouvrira une pensée au sens large : travailler notre rapport au monde. 

Le principe  des « Weillées »

Ce sont des petites formes artistiques et philosophiques menées par chaque membre de l’équipe Primesautière sous forme de lectures. À partir de la vie et des textes de Simone Weil ou en écho à ceux-ci, à la manière d’une « déclinaison », d’une « extension », chaque acteur de la Compagnie proposera un axe de recherche personnel afin de développer sa réception aux thématiques et notions explorées dans l’œuvre de la philosophe.
Il s’agit, par ces formes courtes et intimistes, de proposer, par une entrée sensible, une plongée dans l’œuvre de la philosophe et d’offrir de façon subjective les motifs récurrents qui la traversent.

Autour de Simone Weil, le programme :

Du 25 Février au 12 Mars 2020  : Résidence d’écriture – La Baignoire, Montpellier (34)
– « Weillée » publique : Les renoncements – Tentatives de dé-création théâtrale
    Les 27 et 28 Février / 19h30
— Rencontre avec un invité autour de Simone Weil / 6 Mars : Benoît Bohy-Bunel, philosophe et auteur de "Symptômes contemporains capitalisme spectaculaire"
— Ateliers d’écriture les Mardis de 18h à 21h les 25 Février / 3 et 10 Mars.
Restitution publique / 12 Mars

Simone Weil, son combat humaniste

Surnommée "La Martienne" par son professeur le philosophe Alain, Simone Weil, agrégée de philosophie en 1931, professeur et militante en faveur des plus pauvres, elle avait choisi dès 1934 d'être ouvrière auprès d'Alstom, puis Renault. En son temps, elle écrivait beaucoup, à ses ami.e.s syndicalistes, aux patrons, au poète Joë Bousquet, au Père Perrin … L’occasion pour elle d’offrir ses pensées sur le monde, ses injustices et ses beautés.

Inscriptions à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou au 06 01 71 56 27 

La Baignoire, Montpellier

7 rue Brueys, 34000 Montpellier - quartier Gambetta

Tarifs : 
 Plein : 11 €
 Réduit (professionnel du spectacle, +65 ans) : 9€
 Réduit ( RSA, étudiant ) : 6€

Lisez, avant les autres, la version française du dernier livre de Jacques Carles et Michel Granger

Après « Des sous-dieux au surhomme » publié aux éditions Albin Michel, les auteurs franco-canadiens vous présentent à présent ce que sera notre monde de demain et celui d’après-demain.

Au-delà d’une vision à long terme qui peut surprendre, les auteurs exposent les bouleversements auxquels la génération actuelle sera confrontée dans les années à venir et durant lesquelles le destin de l’humanité va se jouer.

Cet ouvrage, fruit d’une collaboration internationale de prospectivistes, sera diffusé en 10 langues (allemand, anglais, chinois, espagnol, français, italien, japonais, portugais, russe et wolof). 

 Soutenez le projet
 En savoir plus

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Concours de la BD scolaire

Du 1er octobre 2019 au 3 mars 2020 a lieu le concours de la BD scolaire. Objectif : accompagner et découvrir les plus jeunes talents de la bande dessinée en France. Organisé avec le soutien du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, ce concours s'adresse aux élèves des écoles, collèges et lycées.

QUI PEUT PARTICIPER AU CONCOURS DE LA BD SCOLAIRE ?

Le concours de la BD scolaire consiste à réaliser une bande dessinée dont le thème est libre. Il s'adresse aux élèves des établissements scolaires français, en France et à l'étranger, de la grande section de maternelle à la terminale.
Les établissements et classes spécialisés (IME, SEGPA, CLIS, ULIS, etc) peuvent également participer.
Les réalisations sont :

  • individuelles ou collectives pour les élèves âgés de 5 à 10 ans
  • individuelles ou collectives pour les classes spécialisées quel que soit l'âge des participants
  • individuelles à partir de 11 ans

COMMENT PARTICIPER AU CONCOURS DE LA BD SCOLAIRE ?

Chaque participant doit présenter une bande dessinée (planches, strips, etc.) en s'appuyant sur un scénario comportant obligatoirement un titre, un début et une fin. Tous les styles et tous les genres sont permis. Les réalisations individuelles ne doivent pas comprendre plus de deux planches et les réalisations collectives plus de six.
Dans les deux cas, elles doivent être numérotées au recto et au verso.

Les élèves peuvent participer du 1er octobre 2019 au 3 mars 2020 en remplissant le bordereau d'envoi des œuvres.

Télécharger le bordereau d'envoi des œuvres collectives

Télécharger le bordereau d'envoi des œuvres individuelles

La date limite de remise des travaux est le mardi 3 mars 2020 à l'adresse :

Festival international de la bande dessinée d'Angoulême
Concours de la Bande Dessinée scolaire
71 rue Hergé
16000 Angoulême

affiche BD scolaire 2019 2020

LES PETITS FAUVES DE BRONZE, ARGENT ET OR

Un pré-jury réalise en mars de chaque année une première sélection des œuvres. Il choisit, parmi l'ensemble des œuvres reçues, les meilleures bandes dessinées par tranche d'âge. Les œuvres présélectionnées n'étant pas distinguées par un Petit Fauve d'Or ou un Petit Fauve d'Argent sont désignées Petits Fauves de Bronze.

À partir de ces lauréats, le jury national se réunit le 2 avril 2020. Parmi les œuvres des petits Fauves de Bronze, il décerne au maximum :

  • 40 Petits Fauves d'Or nationaux choisis parmi toutes les catégories d'âge confondues
  • 98 Petits Fauves d'Argent régionaux : 7 Petits Fauves d'Argent par région (13 régions administratives métropolitaines et une région réunissant les participants des DOM/TOM et de l'étranger)

Les Petits Fauves d'Or nationaux sont remis en janvier 2021 au Festival international de la bande dessinée d'Angoulême et peuvent concourir à l'un des prix remis lors du Festival :

  • le Prix du scénario
  • le Prix du graphisme
  • le Prix Espoir
  • le Prix d'Angoulême de la bande dessinée scolaire et/ou le Prix coup de cœur

La nuit de la lecture, la fête du livre pour tous à pierresvives

Le samedi 18 janvier de 19h à 23h, participez à la 4e édition de la Nuit de la lecture, autour d’animations festives, ludiques et familiales à la médiathèque Pierres Vives, à Montpellier.

Nuit lecture pierresvives

UNE GRAND FÊTE DU LIVRE POUR TOUS

Le Département Hérault réitère son engagement pour l’éducation artistique et culturelle, en organisant la « Nuit de la lecture 2020 ». La nuit de la lecture a pour objectif de développer la lecture et le plaisir de lire, en attirant notamment les lecteurs fidèles aux médiathèques comme les publics qui en seraient éloignés. Comme le rappelle  le Ministère de la Culture, les bibliothèques sont les équipements culturels les plus fréquentés après les cinémas.  En effet 27 millions d'habitants (soit 40% de la population française) ont poussé les portes de l'une des 16 500 bibliothèques en 2016. Ce sont des « lieux de vie et de culture de proximité ». Cette 4ème édition apporte une attention particulière à la découverte du livre, par une approche sensible, ludique et pourquoi pas créative.

LE PROGRAMME 2020

Pour ce 4ème  rendez-vous national, les bibliothèques ouvrent grand leurs portes pour réunir tous ceux qui souhaitent partager, de manière festive et différente, le livre et la lecture. La médiathèque et Pierres Vives vous accueilleront à des horaires inhabituels, avec encore plus d’échanges et d’animations. 

DE 17H À 20H

  • Loto Bingo

Winners et curieux d’archives, à vos cartons ! Une passion à vivre en famille. Inscription au 04 67 67 37 22 ou sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

A 19H

  • Quizz cinéma

Saurez-vous reconnaître des affiches de films et des photos d’acteurs ? Reconnaissez-les et gagnez des surprises.

A 20H30

  • Dictée loufoque

Un texte abracadabrantesque tiré des collections de la Médiathèque à orthographier sans faute. Vous êtes prêt ? Participez à la correction collective et au palmarès.

  • Espace de réalité virtuelle

Pour une expérience individuelle de sport aux jeux olympiques et un parcours en grand 8. Challenge sportif et frisson au rendez-vous.

  • Jeux de société à partager

Amateurs de jeux de société ou simple curieux, quel que soit votre âge, venez jouer en solo, en famille ou entre amis !

A 21H : « DITES LE AVEC UN LIVRE ! »

  • Apportez votre livre coup de cœur et présentez-le au public pour raconter votre parcours de vie ou partager une cause qui vous importe. Noureddine Bara, initiateur de ces agoras, anime l’échange sur un mode intimiste.

 APPORTEZ DES DESSERTS ET DES GOURMANDISES A PARTAGER

Prix d'écriture Claude Nougaro 2020 : les candidatures ouvertes jusqu'au 20 janvier !

Créé et organisé par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, ce grand concours permet chaque année d'encourager et de valoriser la créativité et l'expression des jeunes talents régionaux.

Pour participer à cette 14ème édition, les jeunes d'Occitanie âgés de 15 à 25 ans sont invités jusqu'au 20 janvier 2020, à proposer une œuvre inédite parmi les 4 catégories que compte le prix : Chanson, Nouvelle, Scénario de court-métrage et Bande-dessinée.

La Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée a lancé le mardi 5 novembre la 14ème édition du Prix d'écriture Claude Nougaro.  

A l'issue des délibérations, deux types de prix seront remis aux lauréats :

- Les « Prix Découverte », pour les 15-18 ans, qui permettront aux lauréats de remporter un voyage culturel à Barcelone ;

- Les « Prix Tremplin », pour les 18-25 ans, proposant un accompagnement artistique par des professionnels (ateliers d'écriture, parrainage / tutorat) pour faciliter les « premiers pas » dans le milieu professionnel, et l'édition (ou l'enregistrement pour la musique), des lauréats.

Tous les lauréats se verront par ailleurs remettre une tablette numérique, et les lauréats de la Catégorie Nouvelle pourront participer à un stage d'écriture organisé par le Prix du Jeune Ecrivain.

Le Prix d'écriture Claude Nougaro, mode d'emploi

- Le prix est ouvert à tous les jeunes âgés de 15 à 25 ans, résidant ou scolarisés en Occitanie ;
- La date limite d'inscription est le 20 janvier 2020 ;
- Les candidatures sont à déposer en ligne à l'adresse suivante : prixnougaro.laregion.fr

Renseignements et règlement disponibles sur le site prixnougaro.laregion.fr 

« Je suis fière de lancer cette 14ème édition du Prix Claude Nougaro. Année après année, ce prix a permis de faire émerger de nombreux talents. Laisser aux jeunes la possibilité de créer, de s'exprimer et de faire entendre leurs voix tel est le sens de ce prix. Je ne peux qu'encourager les jeunes à candidater. Et je suis certaine que cette année encore la jeunesse saura démontrer sa passion et sa créativité exceptionnelle. », a déclaré Carole Delga.

Sylvie Dedet : Les Haïkus de mon Moulin


Dans la préface de ce recueil de poèmes, Dominique Barrau écrit: «Sans qu’elle l’ait prémédité, le regard de Sylvie Dedet va droit au petit détail signifiant - et le magnifie en un clin de mot, le mot juste qui le pose tout vivant sur la page»
Sylvie Dedet, artiste peintre, exposant depuis déjà quelques années dans la région et ailleurs, est installée à Cournonterral. «Ce recueil de haïkus, illustré de peintures et de collages, est le fruit d’un besoin de récréation dans la pratique somme toute contraignante de la peinture à l’huile».
Elle ajoute : «pour que l’image ou le haïku soit vivant, il ne doit être soumis à rien. L’illustration n’a pas été créée pour le petit poème, ni l’inverse. Tous deux ont simplement été rapprochés, produisant un léger décalage qui m’est cher, car l’imaginaire du lecteur peut s’y faufiler.»

A travers formes, couleurs et mots, ce sont quelques instants d’éternité qui s’égrènent au fil des saisons. Les animaux, les insectes, les fleurs et les arbres y remplissent l’espace par leur présence parfois étrange ou déconcertante, témoins d’une vigilante observation et d’une sereine sensibilité. Sylvie Dedet nous propose, avec ce livre à la mise page agréable et à l’impression soignée, un plaisir pour les yeux et une pause pour l’esprit.
Michel Puech

Paru tout récemment en autoédition, imprimé par l’ESAT Peyreficade de Villeneuve lès Maguelone, le livre est en vente chez Graphilux - 4 Boulevard de la Perruque, 34000 Montpellier - 04 67 22 27 14

Journées de professionnalisation 15 et 16 janvier 2020

Occitanie Livre & Lecture en partenariat avec la Société des Gens de Lettres vous propose deux journées de professionnalisation destinées aux auteurs, illustrateurs, traducteurs… mais également à « tous ceux qui les fréquentent », éditeurs, libraires et diffuseurs.

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mercredi 15 janvier 2020 à TOULOUSE de 9h à 16h
jeudi 16 janvier 2020 à MONTPELLIER de 9h à 16h

 
Vous êtes auteur ? Cette matinée est pour vous.
 
- Une approche des nouvelles mesures prises par la SGDL en faveur des auteurs
- Le passage de l'Agessa à l'Urssaf : ce qui change
Deux ateliers au choix vous seront ensuite proposés :
. la fiscalité des auteurs
. les droits des auteurs (approche juridique et sociale)
 
Vous êtes auteur, éditeur, libraire ou diffuseur (bibliothécaires, organisateurs d’événements littéraires, enseignants) ? Cette après-midi est pour vous.
 
Deux ateliers au choix vous seront proposés :
. les bonnes pratiques contractuelles entre auteurs et éditeurs
. la rémunération des auteurs
 
 Retrouvez le programme complet sur le site internet.

Entrée libre mais inscription obligatoire avant le 10 janvier 2020 (dans la limite des places disponibles, les adhérents Occitanie Livre & Lecture étant prioritaires).
 
RENSEIGNEMENTS

Pour la journée à Montpellier, jeudi 16 janvier 2020
Hélène DUFFAU, Chargée de mission Vie littéraire & Éducation artistique Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 04 67 17 94 73 / 06 84 92 67 21
Léa PASQUET, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - 04 67 17 94 72

 

Christian Bobin : Pierre,

Pierre,
Auteur : Christian Bobin
Editions : Gallimard
Parution : 3 octobre 2019

Etrange rencontre que celle de Christian Bobin et de Pierre Soulages. D’ailleurs nous n’assistons pas à la rencontre, le récit se terminant au portail de la demeure du «Monsieur tout noir du Mont Saint Clair». Leur domaine même sont à l’opposé. A l’étendue, la platitude, le calme du Creuzot où vit Bobin, répond la concentration, le pittoresque, l’agitation du Mont Saint Clair. La prestance du vénéré maître du «rayonnement français», prince de tous les superlatifs, l’âge canonique, le prix vertigineux de ses oeuvres, la taille monumentale de ses peintures... parait même en opposition avec la modestie, la sobriété de son style, l’effacement volontaire de l’ascète creusotin. Christian Bobin dit adorer la neige, comme pour accentuer encore cette opposition. «Je me moque de la peinture» ajoute-t-il encore.
Ce n’est pas vers le Soulages adulé par les courtisans en tous genres que le mène ce voyage nocturne, qui plus est le 24 décembre, c’est vers Pierre comme l’indique le titre, assorti d’une virgule, comme pour proposer une pause après l’interpellation amicale. Bobin n’aime pas les voyages, mais il avoue avoir «pris le train comme on entre en religion». Il aime avant tout la solitude qu’il n’a jamais cherché à rompre. Mais c’est avec ses fantômes qu’il entreprend ce trajet. Avec Dhôtel, avec Kafka, qu’il a choisis comme compagnons, le souvenir de ses chers disparus, son père en tête, dont il sent encore la puissante présence. Et l’on pressent alors ce qui lie Bobin à Soulages, c’est la nuit, le silence, la solitude, et toute proche, la mort. «Tes peintures ne sont pas des peintures mais des gardes de la nuit que nous portons dans le coeur. Sa vérité est fille du silence.» Il va aussi vers lui pour lui «parler de poésie», car «elle est, pour aller vite, le noir du langage sur lequel passent les griffes de la lumière».
«Pierre,» est l’histoire de ce livre qui correspond à la définition qu’il nous propose : «je comprends ce qu’est un vrai livre : quelqu’un qui nous sort de l’évanouissement dans le monde et ses modes et nous ramène à nous-mêmes. Nul besoin d’oeuvres complètes. Une parole suffit». Déclaration qui fait étrangement écho à Antonin Artaud qui écrivait : «Je voudrais faire un Livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité.»
Michel Puech

Yves Pignol publie "Les Gens sans histoire"

Yves Pignol, ancien professeur de lettres au lycée St Joseph de Sète, publie un recueil de nouvelles, Les Gens sans histoire, sous-titré : nouvelles de mon haut canton. Ce livre est une chronique de mœurs des années 1960 dans un village héraultais où l'auteur a passé son enfance, auprès de petites gens dont il se veut l'héritier reconnaissant.        

pignolCapture"Que se passait-il en ce temps-là dans ce coin reculé des hauts cantons?  Rien, rien  qui eût dérangé la vie ordinaire de ses habitants. Les années s'empilaient  une à une dans le tiroir où l'on gardait les calendriers des Postes. 1952, 1953, 54, 55...1966 avait ressemblé, à un enterrement près, à 1965, les mêmes événements saisonniers avaient eu lieu : le pèlerinage à Saint Michel le 8 mai, la fête locale en juillet, l'ouverture de la chasse juste avant l'automne, la messe de minuit à Noël. Un village sans histoires, et rien qui aurait pu retenir le quidam de passage, un promeneur égaré en quête du sentier qui grimpe vers les ruines du château de Mourcairol et le sommet du Pic de la Coquillade. C'est vrai, l'existence de ces gens  ne  payait pas de mine. Nul doute que  le quidam, après avoir demandé le renseignement à Marcel qui roulait sa cigarette devant la porte, aurait passé son chemin."

A moins qu'un familier des lieux ne  le rattrape dans la rue de l'Horloge et lui dise :

 « je peux vous en raconter de belles sur ces gens.

–          Sur ces gens ?

–           Les secrets de leurs vies petites, je les sais par cœur...

Des secrets...vraiment ? »

            Et à ce passant l'auteur aurait expliqué ses « secrets » :

            « J'ai écrit les premiers mots de ces Gens sans histoire le jour où je me suis aperçu que plus personne autour de moi n'était là pour parler d'eux en ma compagnie; j'étais le dernier, le seul à pouvoir les sauver du grand oubli et  les arracher en même temps à l'anonymat qui avait été leur  sort dans  leurs vies de petites gens. Pour les résusciter, je me suis souvenu des jours anciens sans doute, remplis d'anecdotes, de portraits, de mots truculents...mais j'ai surtout essayé de réinventer l'essentiel:  le talent de ces humbles à se raconter eux-mêmes au jour le jour, au coin de la rue, devant l'épicerie, lors des veillées  chaises sur le pas de porte à la nuit tombée, autour de la toile cirée et du Pernod maison. Leurs vies si ordinaires se trouvaient alors transformées par leur verve burlesque, la tendresse d'un mot parfois gros, les digressions déroutantes, la galéjade aux lèvres et, à l'oeil, la larme en même temps.       

J'ai imaginé  ces nouvelles dans ce but, retrouver le sel de leur faconde, recréer l'histoire cachée de ces gens... sans histoire. Les personnages habitent tous en un même lieu, la Placette, l'agora du quartier bas, dans les années 1950-1980. Ils réapparaissent dans les récits successifs mais chacun, un jour, en vient à jouer le premier rôle , à devenir le «héros» d'une des huit nouvelles du recueil.

–        Dites-moi, ce sont des histoires vraies ?

–        Histoires vraies et... vraies histoires, parce que chacun de ces gens aux existences si minimes méritait bien que l'auteur, venu de l'autre rive de l'Orb, les aide à devenir « Quelqu'un ». Tenez, ça s'appelle les gens sans histoire*, vous m'en direz des nouvelles. »

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 * le livre est en vente à Sète (librairies Nouvelle librairie sétoise et L'échappée belle), à Montpellier (librairies Sauramps et Gibert) ou sur demande:  Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le métier d'écrivain

Deux livres viennent de paraître dans lesquels les auteurs s’interrogent, entre autre mais principalement, sur leur métier d’écrivain :
Nous sommes nés pour être heureux de Lionel Duroy édité chez Juliard
Profession romancier de Haruki Murakami, trad. Hélène Morita édité chez Belfond

«J’ai appris la vie en lisant des romans» a déclaré Lionel Duroy dans un de ses entretiens. La vie, sa vie, son histoire, son intimité même, est la matière première de ses romans. Il précise bien «roman», car malgré les références autobiographiques, qu’il revendique et assume, ses récits sont à la troisième personne, un narrateur qui lui ressemble tant mais qui a son propre libre arbitre.
«Au moment où nous écrivons, ce n’est pas la vérité factuelle que nous cherchons à établir, mais à restituer l’effet qu’a produit sur nous tel ou tel évènement. Parce que cet effet continue d’opérer à chaque instant dans notre vie d’adulte», écrit-il dans son dernier roman, Nous étions nés pour être heureux». Pour lui l’écriture a un pouvoir certain, celui d’éclaircir, de mettre en mesure, d’ordonner les évènements, les personnes et les relations entre les individus.. Elle a aussi un pouvoir magique, celui de mettre en lumière ce qui avait pu échapper à la perspicacité. Ces pouvoirs se retrouvent dans la lecture pour éveiller la conscience de chacun.
Nous retrouvons incontestablement cette magie dans son dernier roman. Le narrateur retrouve ses neuf frères et soeurs vingt-sept ans après avoir été brouillé et rejeté par eux, suite à la publication de son premier roman «Priez pour nous» qui décrivait une enfance calamiteuse et misérable. Il revient donc sur ce premier livre qui a jeté le trouble dans la fratrie et l’a fait exclure, lui, sa femme  et ses enfants du cercle familial, mais dont l’édition était pour lui essentielle tant sa volonté de devenir écrivain était forte. Les retrouvailles sont une réconciliation difficile et «Nous étions nés pour être heureux» fait le récit des doutes et des certitudes, des appréciations de chacun, selon la personnalité et le vécu.
C’est un roman gigogne et passionnant que nous livre Lionel Duroy sur l’histoire d’une famille et les liens familiaux, sur le métier d’écrivain, sur le rapport à la vérité, sur la tolérance et la rédemption.

«Sans avoir jamais imaginé devenir romancier, ni même d’avoir fait la moindre tentative d’écriture, voilà qu’un jour, brusquement, m’est venue l’idée d’écrire mon premier roman (ou ce qui y ressemble), «Ecoute le chant du vent», et que ce texte a reçu le prix des Nouveaux Auteurs. Avant même d’en avoir conscience, j’étais devenu un romancier, un vrai. J’étais stupéfait. Je m’interrogeais : c’est donc si facile ?». Haruki Murakami, dans son dernier livre «Profession romancier», s’interroge, comme Lionel Duroy, sur le métier d’écrivain, son rôle dans la société, ses capacités et ses responsabilités. Mais aussi sur les difficultés qu’il a dû surmonter, car en fait, même s’il reconnait avoir eu beaucoup de chance, son investissement fut intense. «Ecrire un ou deux romans, ce n’est pas très difficile. En revanche, poursuivre cette activité durant une longue période, passer sa vie à écrire, survivre en écrivant, c’est une entreprise quasi impossible. Peut-être serait-il bon de préciser : impossible pour un être humain normal.»
«Je suis convaincu que les auteurs qui écrivent depuis plus de vingt ou trente ans, qui se sont gagné un lectorat fidèle, ont en eux quelque chose comme un noyau solide, exceptionnel. Ils disposent d’un pilote interne, sans lequel ils ne pourraient écrire de romans. Et ils sont dotés aussi de persévérance et même d’opiniâtreté pour s’adonner si longtemps à un travail solitaire. Telle est à mon sens la qualité spécifique de l’écrivain de métier
Haruki Murakami livre quelques recettes tirées de sa propre expérience, et qui, en somme se résument en quelques mots : «Pour moi, au fond, un roman doit pouvoir jaillir en toute liberté.». Il se confie sur sa «méthode», son mode de vie, sa rigueur, ses exigences, les distances qu’il prend avec certaines instances du milieu littéraire... Pour, en toute humilité conclure que l’écrivain doit faire de son mieux et garder confiance dans ses capacités.

Michel Puech

L'Hérault Heureux de Gilbert Lhubac

L’Hérault Heureux
Gilbert Lhubac
Editions Le Papillon Rouge
Hubert Delobette réédite l’ouvrage de Gilbert Lhubac (1958-2017) que l’auteur lui avait dédicacé en 2005 en ces termes : « à mon ami Hubert, ces chroniques d’autrefois qui nous permettent d’évoquer une enfance heureuse dans un village... où nous nous connaissions tous ! ». Dans L’Hérault Heureux, souvenirs d’enfance dans l’immédiat après guerre dans un village de l’Hérault, nous mesurons à l’aune de ces récits et évocations à quel point les évolutions nous ont éloignés des plaisirs et préoccupations basiques. Gilbert Lhubac évoque dans ce livre un monde définitivement disparu. Le village constituait alors une entité cohérente, limitée, aux structures et fonctionnements bien définis, où chacun assumait son rôle en toute logique et sans scrupules. Ainsi, le curé pouvait se permettre de donner son opinion sur un film projeté dans le cinéma local, et même d’y opposer une censure auprès de ses ouailles. Son autorité était par ailleurs diversement appréciée en fonction des opinions de chacun.
Le ton n’est pas à la nostalgie, mais plutôt au témoignage, au récit anthropologique sur les modes de vie sur un territoire et à une époque déterminée. Les modes de vie, dans les villages de l’Hérault en l’occurrence, en cette époque charnière, à la veille d’une « modernité » qui se révèlera vite incontrôlable, étaient calqués sur les mêmes modèles, les mêmes impératifs. La vigne et les métiers périphériques étaient la règle générale de l’économie locale, les moyens de locomotion limités, l’importance de la famille, les loisirs peu nombreux, la vie plus ou moins en vase clos, avec ses plaisirs simples et ses vicissitudes irrépressibles. Les cadres de l’existence étaient bien posés et chacun s’y soumettait avec plus ou moins de bonne grâce.
Mais Gilbert Lhubac évoque aussi ce temps avec beaucoup d’humour. Certains dialogues, que ne renierait probablement pas Daniel Villanova, suggèrent des personnages pittoresques aux réparties impitoyables. Tous ces personnages, toutes ces scènes, évoqueront à coup sûr des souvenirs personnels chez les lecteurs des générations antérieures aux années 50, et témoignent auprès des plus jeunes d’un monde où finalement, la proximité avec la nature, la solidarité, le sentiment d’appartenir à une communauté aux intérêts convergents, constituaient le cadre d’un bonheur possible.
Michel Puech

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon