Le métier d'écrivain

Deux livres viennent de paraître dans lesquels les auteurs s’interrogent, entre autre mais principalement, sur leur métier d’écrivain :
Nous sommes nés pour être heureux de Lionel Duroy édité chez Juliard
Profession romancier de Haruki Murakami, trad. Hélène Morita édité chez Belfond

«J’ai appris la vie en lisant des romans» a déclaré Lionel Duroy dans un de ses entretiens. La vie, sa vie, son histoire, son intimité même, est la matière première de ses romans. Il précise bien «roman», car malgré les références autobiographiques, qu’il revendique et assume, ses récits sont à la troisième personne, un narrateur qui lui ressemble tant mais qui a son propre libre arbitre.
«Au moment où nous écrivons, ce n’est pas la vérité factuelle que nous cherchons à établir, mais à restituer l’effet qu’a produit sur nous tel ou tel évènement. Parce que cet effet continue d’opérer à chaque instant dans notre vie d’adulte», écrit-il dans son dernier roman, Nous étions nés pour être heureux». Pour lui l’écriture a un pouvoir certain, celui d’éclaircir, de mettre en mesure, d’ordonner les évènements, les personnes et les relations entre les individus.. Elle a aussi un pouvoir magique, celui de mettre en lumière ce qui avait pu échapper à la perspicacité. Ces pouvoirs se retrouvent dans la lecture pour éveiller la conscience de chacun.
Nous retrouvons incontestablement cette magie dans son dernier roman. Le narrateur retrouve ses neuf frères et soeurs vingt-sept ans après avoir été brouillé et rejeté par eux, suite à la publication de son premier roman «Priez pour nous» qui décrivait une enfance calamiteuse et misérable. Il revient donc sur ce premier livre qui a jeté le trouble dans la fratrie et l’a fait exclure, lui, sa femme  et ses enfants du cercle familial, mais dont l’édition était pour lui essentielle tant sa volonté de devenir écrivain était forte. Les retrouvailles sont une réconciliation difficile et «Nous étions nés pour être heureux» fait le récit des doutes et des certitudes, des appréciations de chacun, selon la personnalité et le vécu.
C’est un roman gigogne et passionnant que nous livre Lionel Duroy sur l’histoire d’une famille et les liens familiaux, sur le métier d’écrivain, sur le rapport à la vérité, sur la tolérance et la rédemption.

«Sans avoir jamais imaginé devenir romancier, ni même d’avoir fait la moindre tentative d’écriture, voilà qu’un jour, brusquement, m’est venue l’idée d’écrire mon premier roman (ou ce qui y ressemble), «Ecoute le chant du vent», et que ce texte a reçu le prix des Nouveaux Auteurs. Avant même d’en avoir conscience, j’étais devenu un romancier, un vrai. J’étais stupéfait. Je m’interrogeais : c’est donc si facile ?». Haruki Murakami, dans son dernier livre «Profession romancier», s’interroge, comme Lionel Duroy, sur le métier d’écrivain, son rôle dans la société, ses capacités et ses responsabilités. Mais aussi sur les difficultés qu’il a dû surmonter, car en fait, même s’il reconnait avoir eu beaucoup de chance, son investissement fut intense. «Ecrire un ou deux romans, ce n’est pas très difficile. En revanche, poursuivre cette activité durant une longue période, passer sa vie à écrire, survivre en écrivant, c’est une entreprise quasi impossible. Peut-être serait-il bon de préciser : impossible pour un être humain normal.»
«Je suis convaincu que les auteurs qui écrivent depuis plus de vingt ou trente ans, qui se sont gagné un lectorat fidèle, ont en eux quelque chose comme un noyau solide, exceptionnel. Ils disposent d’un pilote interne, sans lequel ils ne pourraient écrire de romans. Et ils sont dotés aussi de persévérance et même d’opiniâtreté pour s’adonner si longtemps à un travail solitaire. Telle est à mon sens la qualité spécifique de l’écrivain de métier
Haruki Murakami livre quelques recettes tirées de sa propre expérience, et qui, en somme se résument en quelques mots : «Pour moi, au fond, un roman doit pouvoir jaillir en toute liberté.». Il se confie sur sa «méthode», son mode de vie, sa rigueur, ses exigences, les distances qu’il prend avec certaines instances du milieu littéraire... Pour, en toute humilité conclure que l’écrivain doit faire de son mieux et garder confiance dans ses capacités.

Michel Puech

L'Hérault Heureux de Gilbert Lhubac

L’Hérault Heureux
Gilbert Lhubac
Editions Le Papillon Rouge
Hubert Delobette réédite l’ouvrage de Gilbert Lhubac (1958-2017) que l’auteur lui avait dédicacé en 2005 en ces termes : « à mon ami Hubert, ces chroniques d’autrefois qui nous permettent d’évoquer une enfance heureuse dans un village... où nous nous connaissions tous ! ». Dans L’Hérault Heureux, souvenirs d’enfance dans l’immédiat après guerre dans un village de l’Hérault, nous mesurons à l’aune de ces récits et évocations à quel point les évolutions nous ont éloignés des plaisirs et préoccupations basiques. Gilbert Lhubac évoque dans ce livre un monde définitivement disparu. Le village constituait alors une entité cohérente, limitée, aux structures et fonctionnements bien définis, où chacun assumait son rôle en toute logique et sans scrupules. Ainsi, le curé pouvait se permettre de donner son opinion sur un film projeté dans le cinéma local, et même d’y opposer une censure auprès de ses ouailles. Son autorité était par ailleurs diversement appréciée en fonction des opinions de chacun.
Le ton n’est pas à la nostalgie, mais plutôt au témoignage, au récit anthropologique sur les modes de vie sur un territoire et à une époque déterminée. Les modes de vie, dans les villages de l’Hérault en l’occurrence, en cette époque charnière, à la veille d’une « modernité » qui se révèlera vite incontrôlable, étaient calqués sur les mêmes modèles, les mêmes impératifs. La vigne et les métiers périphériques étaient la règle générale de l’économie locale, les moyens de locomotion limités, l’importance de la famille, les loisirs peu nombreux, la vie plus ou moins en vase clos, avec ses plaisirs simples et ses vicissitudes irrépressibles. Les cadres de l’existence étaient bien posés et chacun s’y soumettait avec plus ou moins de bonne grâce.
Mais Gilbert Lhubac évoque aussi ce temps avec beaucoup d’humour. Certains dialogues, que ne renierait probablement pas Daniel Villanova, suggèrent des personnages pittoresques aux réparties impitoyables. Tous ces personnages, toutes ces scènes, évoqueront à coup sûr des souvenirs personnels chez les lecteurs des générations antérieures aux années 50, et témoignent auprès des plus jeunes d’un monde où finalement, la proximité avec la nature, la solidarité, le sentiment d’appartenir à une communauté aux intérêts convergents, constituaient le cadre d’un bonheur possible.
Michel Puech

Peintres de la Garrigue des Cévennes et des Causses

Peintres de la Garrigue des Cévennes et des Causses
Alain Laborieux et Robert Faure
Editions Le Papillon Rouge

Alice Dorques et Hubert Delobette poursuivent leur travail d’édition au sein du « Papillon Rouge », un travail original et d’une qualité certaine. Robert Faure et Alain Laborieux poursuivent, eux, leurs pérégrinations régionales à travers les œuvres de nombreux peintres qui ont été séduits par les paysages et la lumière du Sud. Après avoir présenté leur musée imaginaire dans trois livres successifs sur le thème du Salagou, du Grand Montpellier et de la Camargue, c’est la garrigue, les Cévennes et les Causses que présente leur dernier ouvrage.

De nombreuses reproductions d’artistes réputés, connus ou plus confidentiels illustrent cette balade depuis les costières du Gard jusqu’aux étangs de Gruissan, des hauts cantons héraultais et des Cévennes jusqu’au littoral méditerranéen.

On devine en filigrane les silhouettes de Joseph Delteil, de Jean-Pierre Chabrol, entre autres, dans les paysages divers et variés de cette garrigue «multiple par ses apparences tenant à son sol, à sa flore, à sa faune, à ses cultures et à ses zones inexploitées". De la montagne à la mer certains lieux sont particulièrement emblématiques. A lui seul le Pic Saint Loup aurait pu faire l’objet d’un livre. Décrit comme un «incontournable totem méditerranéen », il a été pris pour modèle par de nombreux artistes et nous imaginons l’embarras des auteurs pour choisir parmi toutes ces représentations.
Avec cette nouvelle parution, les éditions  Le Papillon Rouge nous offrent un double témoignage sur notre patrimoine, sur la beauté et la variété des paysages et les talentueuses représentations qu'en ont tirés de nombreux peintres, chacun dans leur propre style, séduits par la lumière, les couleurs et les reliefs.

Michel Puech

René Frégni : Dernier arrêt avant l'automne

René Frégni est un écrivain marseillais, la plupart de ses romans ont pour cadre la Provence. Mais il y est aussi souvent question de Montpellier, comme dans son dernier livre « Dernier arrêt avant l’automne » qu’il est venu présenter récemment au salon du livre à Montagnac. Dans un style direct et limpide, il nous livre des récits poétiques donnant une large part aux valeurs humanistes et écologiques. Amoureux de la nature qu’il admire et respecte, il fait l’apologie des plaisirs humbles, étranger aux fièvres consuméristes,  René Frégni est un écrivain sans fioritures ni faux semblants. Il nous livre en toute franchise et lucidité sa vision du monde. Son héros - lui-même ? - de « Dernier arrêt avant l’automne » n’a qu’une idée en tête, trouver un refuge loin de l’agitation et du tumulte. Un emploi lui est proposé pour le gardiennage et l’entretien d’un monastère abandonné, perdu dans la campagne sauvage. Il souhaite y trouver suffisamment de calme et de sérénité pour y écrire le roman qu’attend son éditeur. Mais il est rattrapé par les turbulences de la société. Le romancier ne peut pas vivre indéfiniment dans la marge, la réalité vient fracasser sa solitude et sa méditation. Mais si elle est perturbation, elle est aussi matière à nourrir son œuvre.
René Frégni nous offre des textes d’une grande tendresse et profondeur dans leur simplicité et leur sincérité, mais aussi dans l'urgence d'une écriture salvatrice. « Un jour, on se met à écrire, pour entendre la voix lointaine de nos mères. Lorsque j’écris, j’entends la voix de la mienne. Elle me lisait le soir, devant le poêle à charbon de notre cuisine, des livres qui me faisaient rêver, pleurer, découvrir le monde... Je n’entends sa voix que lorsque j’écris, dans le silence de la page blanche. Les mots que je trace lentement m’enveloppent de sa tendresse, de son regard profond, de la douceur de sa petite veste en coton rouge, contre laquelle je m’endormais. Je n’ai jamais été aussi paisible et confiant qu’en écoutant la voix de ma mère. Je suis devenu écrivain pour l’entendre chaque jour. Elle vit dans les cahiers que j’ai ouverts. Elle marche sur chaque ligne, comme je la regardais venir dans les rues de Marseille, se pencher vers moi, m’inonder de son sourire, de sa jeunesse...»

René Frégni : Dernier arrêt avant l'automne. Editions Gallimard

Michel Puech

Lorsque le clown vit les poèmes au fil du temps…

Edouard Laurès, chanteur, clown, poète et écrivain, a sorti son premier livre

Edouard Laurès est un poète.

Lorsqu’il se glisse dans la peau d’un clown, le poète fait rire. Lorsqu’il chante, le poète amène le bonheur. Lorsqu’il écrit, le poète se confronte avec lui-même et la réalité. Mais la poésie ne le quitte jamais.

Au moment où il écrit, Edouard Laurès partage ce que les autres n’osent pas s’avouer. Ses textes en prose ou en vers brisent la glace entre les gens et amènent aux lecteurs un message qui n’est plus à la mode : aimez-vous les uns les autres. Ils font sortir les deux personnages que nous avons tous à l’intérieur de nous : le côté ombrageux et le côté qui ne cherche qu’à sourire et à être heureux. « Je croise des personnes avec qui, après qu’ils ont lu mon livre, mon rapport change. Ils osent se livrer, la relation devient plus profonde. »

De petits textes jusqu’à deux pages, des poèmes, le tout entre le surréalisme et la réalité pure et dure… Edouard Laurès n’a-t-il jamais eu envie d’écrire un roman ? « Oui, j’en rêve. Ecrire un roman et tourner un film. Cela sera fait, un jour peut-être ». Mais pour le moment, il y a trop de sujets qui lui tiennent à cœur pour se concentrer sur un seul. « Je ressens une urgence très forte, au niveau de l’âme, de les mettre en mots. » Des sujets tirés de sa propre vie et de celle qu’il observe autour de lui. Mais parfois, il décrit aussi des situations qu’il n’a pas encore vécues. Lorsqu’il les couche sur le papier, il sait qu’elles ne tarderont pas à se réaliser.

« C’est comme si mon inconscient savait ce que je vais vivre. » La réalité rattrape le poète, bien que les conséquences ne correspondent pas toujours à l’écriture : « Je vis les situations décrites, mais souvent, elle finissent autrement… »

Le style de son écriture s’adapte automatiquement au sujet : « C’est l’idée qui dicte le style. » Ainsi s’explique la diversité que le lecteur découvre dans son livre. Parfois, l’auteur parle à la première personne, mais « si cela devient trop dur pour moi, j’utilise le pronom "il". » Certains thèmes s’expriment en prose, d’autres en poésie. Et encore d’autres demandent à être chantés.

Edouard Laurès est donc chanteur ? Ou écrivain ? Ou clown ? - Il montre ce petit sourire qui joue toujours autour de ses lèvres, souvent contredit par un regard mélancolique. « Un peu de tout, et tout en même temps. »

Il n’a que 20 ans lorsqu’il décide de devenir artiste : il entre à l’Ecole Nationale de cirque et de mime Sylvia Montfort à Paris où il développe ses talents de clown et d’acrobate classiques. Bientôt, il devient membre de l’équipe du Cirque Gruss où il travaille avec Pipo Junior, le fils du grand Pipo.

 Edouard Laurès chez Gruss

Mais le jeune artiste n’est pas homme à se reposer sur ses lauriers. Il s’engage dans la Frersmol compagnie où il participe au renouveau du clown. Il ne personnifie plus longtemps un simple personnage caricatural, mais son jeu est ancré dans l’actualité, ce qui plaît le plus à Edouard Laurès. Dans les années suivantes, le clown devient acteur, l’acteur devient musicien. Il est professeur d’improvisation, crée un Café-théâtre, explore le jazz et le Flamenco, s’essaie aux styles musicaux les plus divers et met en musique ses premiers textes. Pendant sept ans, il dirige l’Ecole de musique à Pézenas. La musique devient partie intégrante de ses spectacles.

Il y a une dizaine d’années, toutefois, Edouard Laurès prend une décision déterminante. Il choisit la musique et met fin à sa carrière de clown. Plus tard, il se fait capter par l’écriture.

« C’était le moment de devenir adulte. » Être adulte, pour l’artiste cela signifie de se confronter avec lui-même. Pendant que le clown a réussi à faire éclater de rire les petits et moins petits, il a facilement trouvé son propre sourire - un sourire apte à réparer les blessures de son enfance. « Le clown se guérit à travers le rire des enfants. »

Dans la réalité, loin du sourire éternel du clown, Edouard Laurès se sent parfois comme un caméléon. « Comme tant de gens, je porte deux personnes en moi ». L’une souffre de la colère, d’un feu intérieur, allumé par l’injustice et la détresse qu’elle voit autour d’elle. L’autre a toujours eu des rêves et des projets, et elle en aura toujours. Une dualité qui est la source de la poésie et de la musique.

Depuis l’édition récente de son livre, Edouard Laurés se consacre pleinement à la musique, notamment à la création de son premier album. « Encore deux, trois chansons à finir, et j’y suis. » Cet album parlera du bonheur et de l’essai permanent de rester présent, dans un équilibre qui s’appelle la vie. Musicalement, l’album témoignera de la diversité qui a toujours dirigé les projets du poète : chaque morceau sera accompagné par un autre musicien et son instrument.

Le poète, le chanteur, le clown - a-t-il un message à transmettre à son public ? - Il réfléchit et sourit doucement. Récemment, il a trouvé une phrase sur Facebook qui exprime une tristesse qu’il observe souvent : « Dans les couples, on est plus séparé par la vie que par la mort. » Edouard Laurès ne veut plus de cette séparation. Il déteste la mode de ne s’occuper que de son propre « bien-être » et d’oublier le bonheur du partage. « Le monde actuel crée des gens seuls. Chacun vit un peu dans sa caverne. »

Edouard Laurès, en revanche, croit au collectif. C’est de cette croyance que parlent son livre et ses chansons. « L’amour n’est pas un produit jetable. On est là pour s’aimer l’un l’autre. » C’est ici où s’arrête la quête du bonheur « intérieur » : « Bonheur, cela signifie rire, pleurer, chanter, vivre la vie ensemble. »

Edouard Laures, Poèmes au fil du temps. Informations : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Deux occasions de rencontrer Edouard Laurès et de vivre ses chansons en direct à Montpellier :

Le 20 novembre à 19 heures à la librairie Tapuscrits, 7 rue Raoux, Montpellier : Poèmes et chansons d’Edouard Laurès dans le cadre de la « Nuit des livres »

Le 29 novembre à 20 heures, Salle Guillaume de Nogaret, en première partie du spectacle « Bourougnan a un Grain » de Daniel Villanova

Doris Kneller, publié le 12 novembre 2019

Les ateliers de La Baignoire en novembre

  Montpellier - Premier cycle d'ateliers d'écriture avec Sarah Fourage : autour de l'œuvre d'Enzo Cormann

A partir d’extraits de l’œuvre d’Enzo Cormann, poète, dramaturge, auteur et …musicien, nous interrogerons peu à peu ce qui « fait théâtre ».

Nous nous placerons d’entrée de jeu en territoire de fiction, et nous lancerons, à partir de la parole d’un personnage inventé, dans la quête du collectif.

Nous écrirons à partir de consignes simples, et tenterons de « raconter une histoire ».

Avec Sarah Fourage

Formée à l’ENSATT à Lyon en tant que comédienne dans les années 2000, elle écrit pour le théâtre depuis une vingtaine d’année. Marie-Sophie Ferdane, camarade de promotion, met en scène ses premières pièces.

Installée au sud, elle collabore avec des compagnies telles que Machine Théâtre, les Grisettes, les Têtes de bois ou la Compagnie des Nuits Partagées. Elle est  associée en tant qu’autrice à la compagnie Délit de Façade (théâtre dans l’espace public) depuis 2015, en complicité avec la metteuse en scène Agathe Arnal. Le CNL a encouragé par deux fois son travail et 3 de ses textes sont publiés en ouvrages collectifs.

Réservations à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou au 06 01 71 56 27 
Places limitées !

Les Ateliers d'écriture ont lieu les Mardis de 18h à 21h à La baignoire, 7 rue Brueys - quartier Clémenceau,  Gambetta à Montpellier.

Jeudi 28 novembre, Divertir pour dominer

Conférence-débat : L’aliénation a franchi un nouveau pas, elle est installée au cœur de la matrice culturelle

A Montpellier, en partenariat avec la librairie coopérative La Cavale, Valérie Arrault, Patrick Marcolini et Claire Siegel présenteront Divertir pour dominer 2 

Les intervenant.e.s:

Valérie Arrault est professeur d’arts plastiques à l’université Paul-Valéry-Montpellier, et membre du laboratoire RIRRA 21. Elle est l’auteur de L’Empire du Kitsch (Klincksieck, 2010) et, avec Alain Troyas, de Du narcissisme de l’art contemporain (L’échappée, 2017). Elle est aussi l’auteur, dans Divertir pour dominer 2, d’un texte consacré à la fusion entre l’art contemporain et la culture de masse.

Patrick Marcolini est maître de conférences en esthétique à l’université Paul-Valéry-Montpellier, et membre du laboratoire RIRRA 21.

Il est l’auteur de Le Mouvement situationniste. Une histoire intellectuelle (L’échappée, 2013), et a codirigé avec Cédric Biagini Divertir pour dominer 2, dans lequel il signe un texte consacré aux pornographies numériques contemporaines.

Claire Siegel est maître de conférences en arts plastiques à l’université Paul-Valéry-Montpellier, et membre du laboratoire RIRRA 21.

Spécialiste des jeux vidéo, elle est l’auteur, dans Divertir pour dominer 2, d’un texte consacré au phénomène de la gamification.

Publication d'un second opus aux éditions L'échappée en avril 2019

En 2010, six ans après la fameuse phrase du PDG de TF1, Patrick Le Lay (« Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau disponible »), paraissait le premier opus de « Divertir pour dominer », ouvrage collectif visant à révéler le caractère insidieux et prédateur du mode de vie capitaliste fondé sur la domestication des peuples, au plus profond de leur intimité, par l’industrie audiovisuelle et la publicité. Mais tout n’avait pas été dit. D’où la nécessité de publier ce second opus, « Divertir pour dominer 2 », salué par nombre de titres, parmi lesquels CQFDKairosNovale Monde diplomatiqueMariannela DécroissanceFrance-Culture et d’autres, certainement, qui ne tarissent pas d’éloges sur le travail de déconstruction sociale de la formidable puissance d’aliénation culturelle que les auteurs révèlent. 


A partir de 19h à La Carmagnole, 10 rue Haguenot, 34070 Montpellier.
Quartier Figuerolles
Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Le lierre aura raison du mur - poète en résidence

Dominique Quélen en résidence à la boutique d'écriture
Ecrivain et poète, sa pratique de la poésie s’appuie avant tout sur le travail du langage comme matériau où la présence du corps est une constante.
Il collabore régulièrement avec des compositeurs, des musiciens et des auteurs.

// Table-ronde
mercredi 6 novembre 19h30 à la boutique d'écriture / entrée libre
Écrire, dire, jouer le vers aujourd'hui. Avec Félix Jousserand, Bruno Patternot, Olivier Saccomano. Animée par Stéphane Page.

// Lecture performance
samedi 9 novembre à la Halle Tropisme / entrée libre
Dans le cadre de la Zone d'Autonomie Littéraire

// Atelier d'écriture
dimanche 10 novembre 12h-20h à la boutique d'écriture / sur inscription

La boutique d'écriture & Co
76, rue du faubourg Figuerolles > Bus 11, arrêt Craponne - Tram L3, arrêt Plan cabanes
34070 Montpellier
 
Cet événement est accessible aux personnes handicapées.

Panorama de la librairie en Occitanie

Au croisement de la culture et de l'économie, le secteur des librairies indépendantes représente 257 librairies et 81,6 millions d'euros de chiffre d'affaire dans la région Occitanie. 

Bien que de plus en plus de travaux s’intéressent aux retombées de la filière culturelle sur l’emploi et l’économie, cette dimension ne retient pas encore suffisamment l’attention. Pour disposer de données récentes et approfondies sur l’ensemble du réseau des librairies, l'agence mène des études sur le secteur comme l'édition 2019 des Chiffres-clés du livre en Occitanie. 

Avec 3 759 opérateurs, plus de 11 400 emplois et 137 millions d’euros par an, la filière du livre en Occitanie révèle une réelle dynamique culturelle en région

L'Occitanie s’affiche comme la 5e région la plus peuplée de France avec près de 5,830 millions d’habitants, répartis sur 13 départements (chiffre de l’INSEE 2016). Attractive, elle gagne 51 400 habitants par an en moyenne entre 2009 et 2014, soit l’équivalent d’une ville de la taille de Narbonne. Cet afflux a pour conséquence de stimuler la demande en biens et services culturels. Cependant, ce dynamisme démographique est freiné par un fort taux de chômage, supérieur à la moyenne nationale (10,5% en 2017). 

 
 
Dans le domaine du livre, qui n’échappe pas à la règle, les enjeux de formation restent alors cruciaux. Les métiers du livre représentent des postes à forte valeur ajoutée, qui se ne délocalisent pas : ils répondent à la logique de l’économie présentielle, à la fois richesse du territoire et reflet de son identité et de sa cohésion. 

L'économie des services apparaît fortement impactée par la saisonnalité, la région restant en grande partie une destination touristique à forte attractivité culturelle et festivalière. Librairies mais aussi médiathèque connaissent donc de nouveaux publics en été, ce qui les conduit à adapter leurs offres et capacités d'accueil. Les manifestations littéraires sont aussi touchées par ces aspects liés au calendrier.

Le maintien d’un réseau dense et diversifié de diffusion des livres est essentiel pour préserver la création éditoriale et contribuer aux grands équilibres de l’aménagement territorial. Les  points de vente du  livre doivent être soutenus car ils permettent de maintenir le maillage culturel territorial pour l’ensemble de la population, et de préserver la vitalité du commerce indépendant en centre-ville autant que dans les communes rurales.Pour réaliser ces chiffres-clés, l’équipe de la future agence du livre a adressé en 2016 des questionnaires aux éditeurs et aux libraires, extrait les données de l’Observatoire de la Lecture Publique (Service du Livre et de la Lecture du ministère de la Culture), établi des statistiques spécifiques pour les auteurs, la vie littéraire, le patrimoine et la médiation.

ANNUAIRE DES LIBRAIRIES

L’annuaire d’Occitanie Livre & Lecture recense les librairies installées en région.

Ce répertoire représente une véritable mine d'or et un outil indispensable pour le développement du réseau de la filière. Une des ressources essentielles pour renforcer les échanges interprofessionnels et favoriser les actions de coopération.

Ateliers de La Baignoire avec Béla Czuppon

Le 1er cycle des Ateliers de lecture, avec Béla Czuppon directeur de La Baignoire : Les mercredis 13, 20 et 27 novembre 2019

Scène Ouverte le Jeudi 05 décembre

Les ateliers de lecture s’adressent à qui veut comprendre une écriture de l’intérieur en faisant corps avec elle, avec sa pulsation, son rythme et son souffle. Parce que lire, c’est entrer dans le souffle de l’auteur, en intelligence avec son style pour en extraire le sens, se l’approprier et le faire résonner dans son corps. La lecture est un travail charnel et sensuel. Elle nous fait entrer en relation avec ce qui est au-delà des mots en traversant les mots.

L’œuvre d’Enzo Cormann est riche de plus d’une quarantaine de publications. De l’essai à la pièce de théâtre en passant par le roman, son écriture est charpentée et ferme, bâtie pour la lecture, le jeu et la profération, accompagnée ou non de musique.
Après analyse, nous mettrons au travail plusieurs textes : extraits de pièces ou jazzpoems. 

Sans jamais oublier le plaisir.

Avec Béla Czuppon
d’origine hongroise, est né en mai 1961 à Etterbeek en Belgique. 
Formé à l’INSAS, au Conservatoire de Bruxelles et à Mudra, école de danse de M. Béjart, il est directeur artistique de la Compagnie Les Perles de Verre et anime La baignoire lieu des écritures contemporaines de Montpellier.
Il a mis en scène divers Opéras, notamment à l’Opéra de Nancy, et mis en scène au Théâtre : Rabelais, Beckett, Balzac, Jon Fosse, Strinberg, Gilles Moraton, Stanislas Cotton ou encore, Jean-Luc Lagarce.
Pour la compagnie Héliade, il a mis en scène « Bistanclac » (2010) à la Scène Nationale de Sète.
Pendant six ans, il a mis en scène au Printemps de comédiens, les acteurs en situation de handicap au sein de  L’Autre-Théâtre.

Réservations à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou au 06 01 71 56 27 
Places limitées !

Les Ateliers de lecture ont lieu les Mercredis de 18h à 21h à La baignoire, 7 rue Brueys - quartier Clémenceau,  Gambetta à Montpellier. 

Les contes de la France d'en-bas par Claude Alranq

La France d'en bas, c'est un peu « la France sociale », c'est aussi une France culturelle, celle du sud, la France méditerranéenne, celle qui parlait le languedocien, le provençal, le gascon... : des dialectes qui ont pour souche l'occitan, c'est-à-dire ce « bas-latin » qui vira à la langue d'oc alors que le nord passait à la langue d'oïl, laquelle a aussi plusieurs « patois » dont le francien qui s'imposa comme langue nationale.

La France d'en bas, c'est une contre-histoire, celle de toutes les périphéries qui ont souvent choisi la rébellion pour dire NON à tous les centralismes de la pensée unique.

« Les contes de la France d'en bas » sont aussi « les comptes de la France d'en bas », car conter et compter sont aujourd'hui des homonymes en passe de devenir des synonymes.

Alors, comptons sur les 50 dernières années de l'Actualité d'en bas et contons sur les valeurs universelles de l'Histoire d'en haut... Et ce comptoir-contoir nous fera la surprise de fêter les retrouvailles avec une jeune-et-vieille personne qu'un président de la République confia à un randonneur pour la sauver d'une maladie de la mémoire. Ainsi put-elle conclure en plaisantant par une devinette : « Quel est le comble de la France ? Et quel est le comble de l'Occitan ? »

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon