Pour la vente aux enchères au profit de l'école des Beaux Arts de Sète

120 artistes mobilisés !e samedi 27 octobre 2018

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120 artistes – anciens élèves – se sont mobilisés pour la vente aux enchères au profit de l’école des Beaux-Arts de Sète. Une première, organisée par la prestigieuse maison de vente Artcurial, qui se déroulera samedi 27 octobre 2018 au théâtre Molière.

Parmi les artistes qui ont fait don d’une œuvre, des noms connus comme Robert Combas, Céleste Boursier-Mougenot, Hervé Di Rosa, Glen Baxter, Jean Denant, mais aussi de nombreux jeunes artistes contemporains.

Une exposition de l’ensemble des œuvres précédera la vente aux enchères.

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Le projet des Beaux-arts : l’essentiel En mai dernier, le Maire François Commeinhes dévoilait un projet d’envergure pour l’école des Beaux-arts de Sète. D’une part une rénovation complète à hauteur d’1,3 million d’euros pour conserver ce joyau sétois en coeur de ville à flanc du mont Saint- Clair. D’autre part, l’organisation d’une vente aux enchères d’anciens élèves au profit de l’école. Quatre mois après ce lancement, c’est déjà un beau succès.

120 artistes ont répondu favorablement faisant don d’une ou plusieurs oeuvres. Parmi eux, des peintres, sculpteurs ou plasticiens de renom mais aussi de jeunes artistes contemporains aux inspirations et styles très divers. Un projet fédérateur réunissant la Ville, l’équipe de l’école des Beaux-arts, l’association « Les amis des Beaux-arts » (LABAS) et la maison de vente d’oeuvres d’art Artcurial. Une exposition et une vente Tableaux, dessins, gravures, photographies, estampes, sculptures : 115 lots ont été rassemblés.

Ils seront exposés à l’ancien collège Victor Hugo vendredi 26 octobre de 9 h à 21 h. Exposition qui se terminera samedi 27 en fin de matinée. La vente aux enchères aura lieu le même jour à partir de 14 h au théâtre Molière. Organisée par la prestigieuse maison française Artcurial, la vente sera menée par Maître Stéphane Aubert. La Ville de Sète prenant en charge la totalité de la rénovation de l’école, la somme récoltée servira à l’embellissement du parc entourant les lieux avec pour projet de créer des espaces de travail en extérieur pour les élèves. Poursuivre l’histoire de l’école Cette vente aux enchères inédite dans le monde de l’art s’inscrit dans l’histoire de l’école qui fut justement fondée, en même temps que son musée, en 1891 par le biais de “souscriptions” d'artistes et d'entrepreneurs de la région.

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Depuis, la Ville et ses artistes n’ont cessé d’enrichir le patrimoine culturel de l’île singulière avec le Miam, le Musée Paul Valéry ou encore le CRAC pour ne citer qu’eux. La participation des artistes pour contribuer à la restauration d'une école d'art est donc un geste tout à fait symbolique. Avant la fin de l’année, un architecte sera choisi afin de mener à bien les travaux de rénovation. Le chantier devrait ensuite débuter en septembre 2019 pour une durée de deux ans. Agrandie par la famille Chauvain au tout début du 20e siècle, la bâtisse affiche encore aujourd’hui fièrement son style “art-nouveau”.

Afin de respecter ce pan de l’histoire artistique et architecturale sétoise, l’école et la Ville ont émis le souhait commun de conserver l’esprit des lieux. Philippe Saulle directeur des Beaux-Arts : “Une perspective d'excellence pour l'enseignement de l'art” “Le calme de l'endroit et l'élégance du décor imposent le respect permettant aux étudiants de s'isoler ou de flâner dans le parc.

C'est une école à taille humaine dont les murs ont, depuis 200 ans, accueilli les joies et les doutes de nombreux artistes. Restaurer un site aussi fragile, aussi rare, offre une perspective d'excellence pour l'enseignement de l'art, la recherche, la réflexion, la création.”

Montpellier : Semaine de la peinture européenne en octobre 2018

Evènement culturel annuel : la 14e Édition de la Semaine de la Peinture Européenne en Occitanie !

Du lundi 8 au vendredi 12 octobre 2018, la Maison de l'Europe de Montpellier en partenariat avec la ville de Montpellier organise pour la 14e année consécutive  la Semaine de la Peinture Européenne en Occitanie dans la salle de réception de la Maison des Relations Internationales de Montpellier.

La spécificité de ces artistes réside dans le fait qu'ils habitent tous en région Occitanie et pratiquent leur art, tout en étant inspirés par leurs racines européennes et leur vie quotidienne dans notre région. Le Sétois Jean-Jacques François représentera la France.

L’exposition nous offre la possibilité de saisir les différentes approches du monde et les sensibilités culturelles venant de tous les points cardinaux en y ajoutant l’influence de la région, car tous les artistes vivent, travaillent et s’inspirent également en Occitanie. 
Le vernissage a lieu le mardi 9 octobre à 18h45 en présence des artistes peintres.

Cette Semaine de la peinture européenne en Occitanie est ouverte au grand public et gratuit, n'hésitez pas à inviter tous vos amis et à partager l'événement qui se produira la quinzaine suivante à Sète !

Hôtel de Sully - Esplanade Charles de Gaulle, 14 Descente en Barrat, face au Corum -  du lundi au vendredi 9h-12h et 14h-17h. Entrée libre.

" Plongée sur la ville " avec Thomas Verny

A Sète, une exposition des pastels de Thomas Verny  " Plongée sur la ville "

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  Galerie Dock Sud - 2 quai de l’Aspirant Herber


  Du 14 septembre au 22 octobre 2018

Thomas Verny est né en 1975 dans une famille de peintres.
Il sort diplômé de l’Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris en 1998 et est l'élève de Vincent Bioulès. Sa première exposition personnelle a lieu en 2000 à la galerie Hélène Trintignan à Montpellier.

Journées européennes du Patrimoine au Musée Fabre

L’image contient peut-être : texteA l'occasion des Journées européennes du Patrimoine, les collections permanentes du musée sont accessibles gratuitement.

Profitez-en pour découvrir le nouvel accrochage au fil des collections :

un dialogue poétique entre 3 collections : celles du musée, du FRAC Occitanie Montpellier et de "A catalogue of stepes" de DD Dorvillier, chorégraphe américaine installée en France. 

Pour plus d'informations concernant les visites et activités, consulter le site du musée :
 http://museefabre.montpellier3m.fr/

Journées européennes du Patrimoine DRAC Occitanie/Site de Montpellier

Du 15 septembre au 16 septembre 18 h 00 

Musée Fabre 13 rue Montpelliéret, 34000 Montpellier

Colette Richarme au musée Atger

Exposition de dessins au musée Atger à Montpellier du 14 septembre au 21 décembre 2018
Vernissage le jeudi 13 septembre à 18h30

Les NUS de RICHARME ( 1904-1991), dessins, lavis, sanguine, gouache et huile, sont accompagnés de quelques portraits et paysages.

« La peinture est le cri de lumière, l’appel de ma nuit » Colette Richarme en 1947
La présentation de la donation sera clôturée par un cocktail.

L'exposition "Richarme"

La collection de dessins du musée Atger s’est enrichie début 2018 d’un don de soixante-dix-sept dessins de Colette Richarme (1904 – 1991), qui prend la suite d’un don initial par la famille de l’artiste de quatre dessins en 2005, dans le cadre de l’exposition « Jeux de figures ». La nouvelle et importante donation a été rendue possible par le travail d’inventaire réalisé par l’atelier depuis la mort de Richarme, poursuivi et complété par l’association Richarme.

Colette Richarme est née à Canton et a passé son enfance en Chine. Son talent d’artiste se fait jour dès son plus jeune âge. Elle rentre en France avant la Première Guerre mondiale. En 1935, son installation à Paris lui permet d’intégrer les ateliers de l'Académie de la Grande Chaumière où elle est camarade de classe de Louise Bourgeois. C'est à Montpellier qu'elle débute réellement sa carrière d'artiste en présentant sa première exposition personnelle en 1941. Après la guerre, elle entretient des contacts réguliers avec Paris (salons, salons annuels) tout en participant activement à la vie artistique régionale. Jusqu'à la fin de sa vie, elle poursuit ses recherches dans son atelier languedocien.

Colette Richarme devient l’artiste la plus représentée du musée Atger : quatre-vingt-un dessins sur des thématiques variées, nus, figures et portraits, paysages.

Musée Atger à Faculté de médecine, bâtiment historique - 2 rue Ecole de médecine 34000 Montpellier

Horaires : du lundi au vendredi de 13h30 à 17h30

Les expos dans la métropole de Montpellier

Derniers jours de l'expo Picasso à Montpellier

L'exposition " Picasso - Donner à voir" en place jusqu'au 23 septembre va fermer ses portes au Musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole.

Pour découvrir l'ensemble de la carrière de l'artiste à travers 14 dates-clés de son parcours, quelques 101 025 visiteurs ont franchi les portes de l’exposition estivale « Picasso. Donner à voir », présentée depuis le 15 juin au musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole.


Pour prolonger ce succès et permettre au plus grand nombre de découvrir les chefs-d’œuvre de l’artiste dans des conditions de visite optimales, le musée Fabre ouvrira exceptionnellement ses portes - de 10h à 19h - ce lundi 3 septembre, ainsi que les lundis 10 et 17 septembre.

Et, pour clôturer en beauté cette exposition, des nocturnes jusqu’à 21h prendront place les jeudi 20, vendredi 21 et samedi 22 septembre 2018.

UNE EXPOSITION CONNECTÉE

Pour approfondir l’expérience Picasso, des audioguides en français et anglais, ainsi que des tablettes contenant une application numérique agrémentée de modules « familles », sont proposés aux visiteurs (location 3€ à la billetterie). Cette application est également téléchargeable gratuitement depuis les stores (IOS et Android).

Plein tarif 10€ | Pass Métropole 9€ | Tarif réduit 8€

Picasso. Donner à voir
Jusqu’au 23 septembre 2018

Autres visites avec l'association Portée d'art

Sur inscription : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
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Conférence-visite : Picasso l'expo au musée Fabre

Visites proposées par A portée d'Arts en septembre 2018

Au musée Fabre de Montpellier, pour la première fois à Montpellier et jusqu'au 23 septembre 2018, un panorama de l’œuvre de Pablo Picasso, s’articulant autour des années charnières au cours desquelles il remet en jeu son vocabulaire, invente de nouveaux procédés, codifie un style nouveau. 

La scénographie autour d'une centaine de tableaux du maître

De 1895 à 1972, ce sont 14 dates-clés qui sont retenues, des moments d’intense créativité que l’exposition livre comme une photographie de la métamorphose à l’œuvre. De sa formation à Barcelone à sa découverte de la modernité parisienne qui prélude à la naissance de la période bleue. Des expérimentations radicales nourries par la découverte de l’art primitif à la révolution cubiste.

L’exposition propose des confrontations surprenantes entre des œuvres exécutées sur un même laps de temps mais radicalement différentes par leur style, montrant la capacité de l’artiste à explorer plusieurs hypothèses formelles à la fois. Dans ces arrêts sur une période donnée, des archives, carnets de dessins et dessins préparatoires, ainsi que plusieurs dispositifs multimédia permettent d’éclairer ces moments de recherche intense et d’approcher au plus près le processus créatif. Le parti pris radical de la muséographie ouverte est favorable au rapprochement entre les différentes périodes. Les jeux de perspectives inédits souligneront les résurgences de certains thèmes ou de certains procédés tout au long de la carrière de l’artiste. Picasso – Donner à voir montre comment Picasso se nourrit en permanence de son propre travail.

L'exposition Donner à voir  rassemble des tableaux originaux prêtés par les musées Picasso de Paris, de Barcelone, et en provenance du Metropolitan Museum of Art de New York.

Guide-conférencière : Isabelle Bellet dimanche 02 septembre à 11h30 - samedi 15 septembre à 10h30 - vendredi 21 septembre à 17h00

Tarif : 10 € (visite seule) + (droit d’entrée au musée 8 €). Rendez-vous 10 mn avant le début de la visite à l’accueil des groupes situé en entrant à gauche dans le musée Fabre au fond du couloir.

Sur inscription : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
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Musée Fabre, du 15 juin au 23 septembre 2018, du mardi au dimanche, de 10h à 19h.

MADLAB 2018

3ème édition : « Thau... dans 50 ans »

 Ancré au bord de l'étang de Thau, le MADLAB est un lieu de réflexion, de production et de réalisation de projets et d'évènements culturels visant la protection, la valorisation et le développement durable du patrimoine du bassin de Thau, notamment de l’activité conchylicole représentative de ce territoire.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - www.madlab.fr
Chemin des domaines - 34340 Marseillan

Changement climatique, urbanisation, pression touristique, pollution des bassins versants, évolution des métiers traditionnels... Le MADLAB appelle les artistes à illustrer leur vision, optimiste ou pessimiste, de l'impact de ces enjeux socio - économiques et environnementaux sur la vulnérabilité du littoral, un demain pas si lointain.

  APPEL À CANDIDATURE
Règlement du concours et inscriptions sur www.madlab.fr

CONDITIONS DE PARTICIPATION :Concours ouvert à tous les arts et à tous les artistes amateurs et professionnels sans limites géographiques , avec l'obligation de :

  • illustrer le thème imposé : « Thau... dans 50 ans », une vision, optimiste ou pessimiste, de l'environnement littoral, maritime ou lagunaire, dans les cinquante ans ou plus à venir ;
  • intégrer, par quelque forme ou transformation que ce soit, un élément de déchet conchylicole.


SÉLECTION : 30 premiers dossiers de candidature complets (détails dans le règlement).

RÉCOMPENSES : 3 Lauréats, 1 Mention spéciale ( œuvre la plus originale au regard de la valorisation des déchets de la conchyliculture ), 1 Coup de cœur du Jury, 1 Prix du public ( œuvre la plus votée par les visiteurs pendant l'exposition ) .
1 er PRIX À GAGNER : résidence de 3 semaines au MADLAB (hébergement hors repas).

DATES ET LIEUX: Inscription jusqu'au 31 /07 – Exposition collective du 11/08 au 16/09 – Cérémonie de remise des prix 07/09 aux caves Richemer -Marseillan -Plage.

 

 

Joseph Vernet, version Pradalié

Parmi les œuvres de J. Vernet, la série représentant les principaux ports de France au milieu du XVIIIème siècle est devenue indispensable à l'histoire maritime. Les œuvres exposées au musée de la Marine ont inspiré des "continuateurs", en particulier la vue du port de Cette, aujourd'hui, Sète.

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Répondant à la commande d'un ami, le languedocien Philippe Pradalié a donné sa version, illustrant sa manière et la tradition dont il se réclamait.

 J. Vernet aurait connu Cette par des jours de tempête. Il aurait voulu fixer sur la toile le souvenir d'une impression désagréable, établissant pour le public l'équivalence : "Cette-tempête". Avérée ou non, cette tradition ne va pas à l'encontre de certaines données de la situation du port fondé sous Louis XIV. Il est niché au fond du golfe du Lion, redouté par tous les navigateurs du temps de la marine à voile.

Et, dans les parages du mont Saint Clair quand se lèvent les vents d'est ou sud-est, de nos jours, les petites unités ne prennent pas la mer. La mer creusée, hachée, écumante de Vernet n'est sans doute pas l'expression d'un ressentiment, ni les difficultés d'approche d'un vaisseau, au grand largue, qui gite fortement. En outre, comme le montrent d'autres œuvres de Vernet "Les Naufrages", le tableau est bien l'expression de la sensibilité du temps : la mer est un espace dangereux, inquiétant, monstrueux. Et si la mise en place de la scène, toute d'équilibre, rend bien compte du site du port, les nuées charbonneuses percées de "gloires" accentuent cette impression.

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 Certes, une éclaircie se fait et le soleil un temps dévoilé éclaire les constructions de la ville qui prennent, chez Vernet, des teintes d'ocre. Or, c'est par le traitement de la lumière qu'au milieu du XIXème siècle ceux qui assumèrent la dénomination "d'impressionnistes" révolutionnèrent la peinture.

Et Philippe Pradalié plaçait son art sous l'égide de Manet, Bazille. Bazille, dont une reproduction dans la maison familiale à Montpellier le détermina à fréquenter le musée Fabre et ne fut pas pour rien dans sa vocation de peintre.

Alors, pour la version Pradalié du port de Cette, les nues sont moins noires, l'éclaircie plus large.

La mer est plus un spectacle, avec ses bouillonnements d'écume au premier plan plus sombre du tableau et à la crête des vagues qui, curieusement, déferlent.

Et la lumière sculpte les pentes du mont Saint Clair, éclaire le fort Richelieu et les alignements urbains d'une clarté vive et crue. Couleurs et lumière donnent un relief particulier à la scène du premier plan : dans une barque non pontée, face à la lame, sept hommes d'équipage tentent de résister aux éléments. A la proue, on raidit les drisses et au pied de l'arbre de maistre, on lutte pour affaler les voiles. Le rouge et les blancs des casaques donnent à la scène un singulier relief, à la différence de Vernet.

 Là se joue un drame.

Et comme Monet voulait que l'on entende bruisser les feuilles de ses peupliers, en regardant Pradalié, on entend claquer la toile. Telle est la version Pradalié.

Hervé Le Blanche

 PS, le tableau est visible à la galerie Yves Faurie, 6 quai L. Suquet à Sète.

Le street art : des « anonymes » qui fascinent !

Si le vandalisme est un acte condamnable par la loi, l’art urbain (ou street art) doit-il être considéré comme tel ? Derrière ce mouvement se cachent des réalités bien diverses allant du simple graffiti peu travaillé à de véritables chefs d’œuvre.

Se pose alors la question de la légalisation de l’art urbain. Néanmoins, n’est-ce pas le caractère illicite du projet qui lui donne une valeur supérieure ? Ces artistes recherchent-ils l’esthétique ou la provocation ? L’art urbain est-il un moyen d’expression ou une simple révolte ? Un peu comme le débat sur la légalisation du cannabis, accepter ouvertement et pleinement l’art urbain conduirait-il à des « dérives » encore plus importantes ? L’art urbain n’est-il pas en réalité un appel de détresse ?


DEIH 
- "Are you ready?
rue Ulysse Darracq -Bayonne


Blu et Os Gemeos à Lisbonne 
le roi du pétrole aspirant le monde


JR/Marco Berrebi
Editions alternatives

 

Des réalisations prodigieuses

L’art urbain est un art très vaste et varié, en perpétuelle mouvance. Il désigne l’art réalisé dans la rue et existe sous de multiples formes : le graffiti, le pochoir, les stickers, la peinture, la projection vidéo, etc.  Il est parfois à tort ou à raison qualifié de vandalisme, car détériorant un lieu public. Cependant, certaines de ses productions sont véritablement stupéfiantes. À ce propos, le site Widewalls, spécialisé dans l’art et ses dernières tendances, a recensé en 2017 les 55 plus belles œuvres de street art au monde et c’est dans le Pays basque à Bayonne que se trouve la plus plébiscitée d’entre elles. Il s’agit d’une femme portant un casque et un blouson qui semblent être reliés par un tas de fils et connexions et s’insérer directement dans les méninges de celle-ci. La femme tient dans ses mains écartées les extrémités de ce qui raccorderait et alimenterait le circuit entier. Enfin des tuyaux émanant du casque laissent sous-entendre que toutes ces liaisons consumeraient le sujet lui-même. Pour Widewalls, la fresque est une réflexion fabuleuse sur l’importance et le poids de la technologie dans les sociétés occidentales. Si le message est limpide, la technique n’en demeure pas moins soignée ; les couleurs intelligemment assemblées et les jeux d’ombre bien choisis et mis en scène donnent au tableau une force saisissante. L’artiste espagnole Deih à l’origine de cette œuvre intitulée « Are you ready ? » est originaire de Valence et peint depuis une vingtaine d’années dans les rues. Les anonymes de l’art urbain acquièrent alors parfois malgré eux une certaine notoriété. 

Un art engagé

Au-delà des critères artistiques, c’est parfois le message ou l’engagement qui priment sur le côté purement artistique de la réalisation. L’art urbain joue alors le rôle de messager ou de moralisateur. Il vient pour redonner une vision transparente et intelligible à ceux dont le regard et les sens ont été obstrués. L’art ici vise à dénoncer pour faire ouvrir les yeux, prendre conscience de certaines réalités qui devraient être repensées. Il peut ainsi condamner des mesures ou des comportements politiques, des injustices, s’attacher à défendre la condition de minorités exclues, exprimer des difficultés, une colère, etc. Ces œuvres dénoncent les turpitudes des hommes ou peuvent même se montrer visionnaires en alertant la population sur les dangers auxquels nos sociétés pourraient s’exposer. Ainsi à Lisbonne, l'artiste argentin Blu et les jumeaux portugais Os Gemeos , avec l'œuvre ci-contre mettent en exergue les puissantes organisations pétrolières qui « aspirent » le monde. On voit sur l’œuvre en question le globe terrestre qui se dissipe et se réduit considérablement pendant que les rois du pétrole se développent. En outre, il revendique une véritable liberté d’expression, l’engagement est donc double : à la fois par le message qu’il souhaite véhiculer, mais également à travers le moyen de le faire, car selon les pays, s’adonner au street art est passible de sanctions sévères.

Un appel à l’aide

 Mais au-delà de l’esthétisme, au-delà même de l’esprit contestataire, l’art urbain apparait parfois comme étant un appel au secours. En ce sens, il n’est plus une simple dénonciation, il ne traduit plus simplement une aversion, il incarne le désespoir, une détresse profonde, un cri d’alarme ! Les artistes JR et Marco ont ainsi mis en place un vaste projet en 2007 baptisé « Face 2 Face ». Ce dernier consista à coller face à face des photographies gigantesques d’Israéliens et de Palestiniens exerçant le même métier de part et d’autre du mur de séparation. Selon ces artistes, le projet visait à montrer à ces populations qui se déchirent à quel point elles se ressemblent, encourageant la mise en place de solutions pacifistes pour résoudre le conflit. JR et Marco ne sont pas les seuls à s’être insurgés. Depuis la construction du mur en 2002, celui-ci a été l’objet de nombreux graffitis et réalisations mettant en lumière l’affliction des populations et leur désir de liberté. Banksy, pseudonyme d’un artiste aussi énigmatique que talentueux, fait incontestablement partie de ceux qui ont marqué par leur subversivité. Il ouvre un hôtel à Bethléem en Cisjordanie en mars 2017 pour sensibiliser la communauté internationale sur le mur et la réalité des populations : le Walled Off Hotel (l’hôtel séparé par un mur). Banksy souhaite rappeler les conséquences politiques de la déclaration de Balfour en 1917, texte reconnu comme étant un des actes fondateurs de l’État d’Israël, du nom du ministre des affaires étrangères britannique de l’époque marquant la prise de contrôle des Britanniques sur le territoire palestinien. Selon Banksy, c’est une décision « qui a conduit à un siècle de confusion et de conflit ». Le site précise que l’hôtel « accueille chaleureusement les visiteurs venus des deux côtés du conflit et du monde entier. » Les chambrent qui donnent sur le mur de la honte (qualificatif donné par certains en référence au mur de Berlin lui-même recouvert de graffitis, slogans et peintures en tout genre) offrent « la pire vue du monde » selon Banksy.

Tony Toilier

 

MaCO K live Musee a ciel ouvert Sete 2015 BaultLe MaCO à Sète

Si New-York a son MOMA, Shanghai son MOCA, Sète en toute modestie a son Musée à Ciel Ouvert. 
Depuis 2008, des artistes phares du mouvement Street-Art se sont succédé, invités par le festival K-LIVE : C215, PHILIPPE BAUDELOCQUE, ROMAIN FROQUET, ALËXONE, MAYE, L’ATLAS, POCH, M.CHAT, EPSYLON POINT, JAN KALAB, CLET, BAULT, STEW, CHANOIR, JONNYSTYLE, PABLITO ZAGO, CLAIRE STREETART, SPOGO, JULIEN SETH MALLAND, KASHINK, MONSIEUR QUI, GODDOG, PEDRO & KAZ, LES MONKEY BIRD, SATONE, CODEX URBANUS, MADEMOISELLE MAURICE, RELLE, SUNRA, QUENTIN DMR, LEVALET. En laissant leurs empreintes dans des lieux en friche, ou sur les murs de la ville, ils ont enrichi le Musée à Ciel Ouvert (Le MaCO de Sète), une balade artistique et pittoresque le long des quais, sur les canaux ou encore dans les ruelles typiques du quartier haut. Un Musée à Ciel Ouvert pour une Ville Galerie ! 

 

LE BODY ART : LE CORPS DE LA LOI, LE CORPS HORS LA LOI

Orlan : American Indian self-hybridization 5
Le Body Art constitue une réflexion sur l'homme en tant que corps. Les modalités du genre rompent avec la vision hegelienne de l'art et les nus idéalement beaux de la Renaissance. Il met l'accent sur ce qui était considéré jusque là comme esthétiquement laid ou moralement condamnable: à savoir le corps banal, rompu, désindividualisé, blessé et révélateur d'oppressions et de sévices. En ce sens il pénétre de ses brèches l'intact et la prétendue perfection. Faisant abstraction d'un objet médiateur il passe enfin directement par le corps de l'artiste. Sa propre chair est parfois mutilée sans souci de ce que la culture classique occidentale pourrait nommer le « péché contre nature » si l'on entend par nature la préservation du corps tel qu'il est donné.

Sous ses différentes formes le Body Art a réinventé toute une stratégie de la monstration du corps, de sa banale monstruosité en posant les questions des limites entre intériorité et extériorité, proximité et de distance. Devenant son propre œuvre l'artiste dans ce type d'approche ne cesse lui-même de se remettre en cause à l'image d'Orlan par exemple. On se souvient combien le public et la critique réagirent de manière négative à ses atteintes portées à son corps. L'artiste fut taxée de troubles mentaux et son œuvre fut le symptôme rattaché à divers types de pathologies : exhibitionnisme, masochisme, perversion, narcissisme, mégalomanie. Tout cela bien sûr avant que l'oeuvre ne jouisse de la reconnaissance institutionnelle et muséale.

L'artiste eut l'occasion et surtout l'audace, à côté d'une Cindy Sherman, de mettre en scène un corps extrême. Elle amena à interroger les frontières entre la perversion et la sublimation, le rôle civilisateur de l'art ou son utilisation commerciale. De même que le trivial et le tragique, le respect ou le mépris, le sérieux ou la dérision, l'altérité ou la déshumanisation. Une telle auto-brutalité physique ouvrit à une violence conceptuelle qui eut un impact sur les atteintes au corps comme sur la conception et la représentation sociales.

Pionnier du genre l'actionnisme viennois procéda à une approche autodestructrice voire avilissante d'un corps censé symboliser et stigmatiser les tabous dictés par une société considérée comme répressive. Il donna lieu à des performances aux scenario où s'entremêlaient le cas échéant matières fécales, sang et animaux sacrifiés, le tout dans une « ambiance » implicitement ou explicitement sexuelle qui ne faisait que renforcer la part d'interdit qui pesait sur elles. En lacérant leurs parties génitales, en buvant leur urine, en égorgeant des animaux, les actionnistes viennois illustraient à leur manière la fraîcheur dévastatrice de macérations d'un nouveau type et la forme contondante d'une iconoplastie inconnue dans le registre de l'art.

Soudain l'art est sorti d'un espace exemplaire de la sublimation définie comme ce qui échappe à la tyrannie du corps. Selon Freud cette sublimation était la « capacité d'échanger le but sexuel originaire contre un autre but. (…) Sublimer, c'est être capable d'abandonner l'expression direct du corps et de ses désirs pour opérer un transfert de libido sur des objets sociaux valorisés. Cette opération valeureuse demande du renoncement, du contrôle, de l'idéalisation, le respect de formes supérieures de conscience ». Le Body-Art s'inscrit donc en faux contre le nécessaire détournement des pulsions dont parlait le père de la psychanalyse. Ou plutôt ses approches proposent une détournement autre. Il implique tout un long processus de transformation voire d'idéalisation néanmoins très difficilement perceptible dans la mise en spectacle d'atteintes corporelles au sein de performances.

Elles sont d'autant dérangeantes que, par effet de miroir, celui qui les regarde s'y voit interloqué de la manière la plus pressante puisque son corps lui-même est sollicité. Lorsque Gina Pane est allongée sur une grille sous laquelle sont brûlent des bougies ou lorsque Ana Mendieta s'entaille le corps avec une lame de rasoir et avale son sang, par leur corps dolent elles cherchent à partager un rite avec le public. Il n'a de sens que par sa présence. La démarche est construite en vue de susciter une réaction épidermique voire traumatique chez un spectateur qui n'y est pas forcément préparé. D'autant qu'il ne possède pas la conscience des étapes de la préparation de l'oeuvre ni des commentaires qui lui permettraient en direct d'appréhender un tel sacrifice.

Ces divers types d'auto-agression par effet-psyché deviennent une agression volontaire du spectateur loin de tout effet de métaphore cher généralement à l'art. Du moins tel qu'on le concevait jusque là. Emergèrent dans les années 70 du siècle dernier les premiers exemples de déconstruction systématique des cadres mentaux et physiques qui délimitaient traditionnellement les frontières de l'art. Il y eut effraction stratégique, passage à l'acte dont la conservation de la mémoire de l'événement put avoir (chez Ana Mendiata par exemple) divers types d'enregistrements.

L'artiste cubaine trouva un moyen de refuser les circuits d'expression classique par ces choix de mises en scène. Elles présentaient toutes les apparences de la pulsion mais permirent à l'artiste de sublimer sa démarche et la dimension poltique de son travail. Altérer le corps est donc toute sauf une absence de pensée. Celui-ci est considéré comme seul support. Le « produit » artistique n'est plus distinct du corps de l'artiste. Le spectateur ne fut pas indemne. Sa notion de plaisir y fut quelque peu contrarié ( et c'est un euphémisme). Révélant le plus intime du corps le choc de Body-Art fut violent. Il était d'ailleurs voulu comme un dialogue capable de viser l'inconscient par ses images « trauma ».

Face à des corps impurs, souffrants, troubles, inquiétants les pouvoirs (politique, économique, idéologique, moral, religieux) crièrent d'abord au scandale. Les artistes incriminés firent désignés comme des complices de toutes les transgressions. Néanmoins la permissivité institutionnelle accepta relativement vite ces pratiques sulpiciennes. Si bien, que les artistes poussèrent plus loin leur « actionnisme » pour repousser les frontières de l'acceptable, détruire les canons de l'esthétique, remplacer le couple de l'art et du beau par celui de du monstre et de la réalité. Néanmoins et en dépit de leur dimension contestataire, de telles œuvres ont acquis un statut socialement valorisé par l'entremise des galeries et des musées qui ne voulurent par rester à la traîne. Dans le contexte d'un marché de l'art ce contre-exemple fut récupéré et commercialisé sous forme de spectacle ou de produits dérivés (enregistrement vidéos, photos par exemple). Bref il rentra dans le circuit.

D'autant qu'en prenant le corps pour objet d'effraction l'art se rapprocha des techniques d'imagerie médicale qui surgirent à la même époque. Dans les deux cas il fut possible d'assister à une forme de décontexualisation voire de désacralisation. On peut d'ailleurs le constater de manière « molle » jusque dans les séries télévisées populaires. Avec les « Experts », « NCIS » ou autres « Bones » l'enveloppe du corps s'ouvre pour laisser place aux autopsies de cadavres,. Dans le même temps avec les maquettes graphiques de l'imagerie médicale, il devient possible de décomposer le corps hors mise en scène comme c'était le cas dans les premières planches anatomiques. Le corps y était disséqué dans un décor ou en diverses postures. Désormais la représentation du corps humain se détache de son sujet. Sous l'aspect spectaculaire de la représentation, l'intérieur du corps humain laisse place à des corps neutres, neutralisé, dé-visagé. Il devient sinon transparent du moins translucide et quasi un objet d'exposition publique.

Néanmoins cette neutralisation et cette désacralisation pour les artistes du Body-Art sont le signe de la libération physique ainsi que d'un mépris des tabous des représentations et des savoirs. En faisant du corps humain un objet d'art et la matière première du geste esthétique le corps sacré, reflet de l'âme, fait place à un corps dont l'individu se sent non « dépris » mais propriétaire. L'artiste entend en faire usage pour enrayer les circuits et les schèmes des images admises.

Un tel art redéfinit par ailleurs le droit de la propriété littéraire et artistique. Jusqu'ici il a traité le body-art via les débats sur la possibilité de protéger le droit de propriété performance. N'en demeure pas moins ouverte la question relatives à la dignité et à la non-commercialisation. du corps humain.

La question est loin d'être réglée. En questionnant l'identité et l'intégrité du corps, le Body Art expose et met en scène, les questions de la délimitation du corps et des conditions de l'atteinte à son intégrité. Dans ce cadre le body-art teste les limites de la loi et de l'éthique et pose notamment l'articulation de différents droits de l'homme attachés au corps vivant ainsi que celui du droit à l'intégrité et le droit à l'autonomie.

Le Code Civil français prévoit que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l'être humain dès le commencement de sa vie. Toutefois la Cour européenne des droits de l'homme a précisé que la faculté pour chacun de mener sa vie comme il l'entend peut également inclure la possibilité de s'adonner à des activités perçues « comme étant d'une nature physiquement ou moralement dommageable ou dangereuse pour sa personne ». Tout reste donc ouvert.

On peut toutefois s'interroger sur les limites d'un tel mécanisme et sur les débordements éventuels d'artistes qui pourraient sans parler de forcément de symptômes psychopathologiques être débordés par leur œuvre. Les questions « Où s'arrête le droit à l'autonomie ? », « Où s'arrête le droit d'auteur ? », « À partir de quel stade le droit devrait protéger l'individu contre lui-même » ne sont pas vaines mais le Body Art aura eu – entre autres – le mérite de poser la question de cette limite depuis près de cinquante ans

A ce titre le « Shoot » de Chris Burden est significative. Dans un centre d'art en Californie, en 1971, Burden reçut une balle tirée par un ami dans le bras gauche. Il voulait par cette action comprendre pour et par lui-même les forces qui président à nos mouvements : « Je voulais que ces choses soient réellement là pour qu'il soit impossible de se faire des illusions à leur sujet ». Burden chercha aussi à rendre le réel par l'horreur banalisée, à démystifier certains choix et le romantisme de certains symboles,.

Burden était bien sûr consentant. Néanmoins certains se demandèrent si le droit ne devait pas interdire ces démarches même si elles étaient faites au nom de l'autonomie et de la liberté artistique. Pour des juristes le consentement de la victime d'une infraction pénale même dans le cadre d'une démarche artistique, ne devrait pas protéger son auteur de toute sanction. Le droit à la liberté individuelle ne devrait pas abriter les comportements portant atteinte au corps humain de façon aussi violente

D'autant que parfois le public qui prend part à l'acte de violence. Lors de ses Happening Marina Abramovic livre son corps au public en annonçant : « Faites de moi ce que vous voulez », mettant à sa disposition des outils de torture (couteaux, haches, seringues, fouets), mais aussi des fleurs. Elle fut parfois maltraitée, ses vêtements arrachés, on braqua même sur elle un pistolet chargé.

L'intention de blesser est manifeste dans cette performance. Mais il existe aussi d'autres atteintes à l'intégrité du corps plus troublantes encore troublante. Que penser du chirurgien qui a implanté une troisième oreille sur l'avant bras de l'artiste Sterbak ? Une telle opération contrevient aux dispositions du Code civil, selon lequel il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale. Si Stelarc est parfaitement libre de désirer modifier son apparence corporelle, son chirurgien bénéficie-t-il d'une protection par écho du fait de la nature artistique et expérimentale de son « patient » ?

C'est bien là tout le problème généré par body art. Et ce même dans des actes plus anodins dont il n'est qu'une modalité plus symbolique que physique. C'est le cas de la bulle de savon soyeuse et brillante de l'artiste mexicaine Teresa Margolles exposée au musée d'art moderne de Francfort en 2004 avant qu'elle n'explose au nez des visiteurs. Une telle bulle n'était pas un rond de savon ordinaire. L'eau dont elle était constituée provenait d'une morgue, plus précisément, de la douche dans laquelle les cadavres sont lavés. Le morbide, se heurte là à un des derniers tabous en art : la mort entre écoeurement et de fascination. Un tel acte seraient répréhensible dans n'importe quel lieu public, il devient parfaitement acceptés – qui plus est valorisés comme une démarche créatrice – lorsqu'il a lieu dans un tel musée

La performance ou le happening arracherait la violence de l'acte réel par effet de jeu et de re-présentation.. Il le soustrairait aux menaces du Code pénal. Même si cela ne règle pas tout. Néanmoins le Body art a le mérite de désacraliser le corps de la loi, la loi par le corps. L'art prouverait donc que le droit à l'autonomie présenterait une condition « spatiale » et un caractère relatif. L'art corporel met ainsi en lumière la nature contingente des dispositions relatives à l'autonomie personnelle quels que soient les risques inhérents à ses « jeux »..

Il oblige à reconsidérer notre conception du corps et de la liberté et sape les fondations traditionnelles du droit. Au moment où de tous côtés le droit de la personne est de plus en plus érigés en garant des libertés l'avancée artistique ouvre des séquences instables. Le Body Art, aussi choquant qu'il soit reste à ce titre l'exemple de ce que l'art a de plus sublime et louable. Le choc qu'il propose en est la preuve irréfutable mais dans la seule mesure où comme chez Mendiata, Pane ou Orlan, il ne se réduit pas à la gesticulation mais à un rituel.

Jean-Paul Gavard-Perret.

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