LE BODY ART : LE CORPS DE LA LOI, LE CORPS HORS LA LOI

Orlan : American Indian self-hybridization 5
Le Body Art constitue une réflexion sur l'homme en tant que corps. Les modalités du genre rompent avec la vision hegelienne de l'art et les nus idéalement beaux de la Renaissance. Il met l'accent sur ce qui était considéré jusque là comme esthétiquement laid ou moralement condamnable: à savoir le corps banal, rompu, désindividualisé, blessé et révélateur d'oppressions et de sévices. En ce sens il pénétre de ses brèches l'intact et la prétendue perfection. Faisant abstraction d'un objet médiateur il passe enfin directement par le corps de l'artiste. Sa propre chair est parfois mutilée sans souci de ce que la culture classique occidentale pourrait nommer le « péché contre nature » si l'on entend par nature la préservation du corps tel qu'il est donné.

Sous ses différentes formes le Body Art a réinventé toute une stratégie de la monstration du corps, de sa banale monstruosité en posant les questions des limites entre intériorité et extériorité, proximité et de distance. Devenant son propre œuvre l'artiste dans ce type d'approche ne cesse lui-même de se remettre en cause à l'image d'Orlan par exemple. On se souvient combien le public et la critique réagirent de manière négative à ses atteintes portées à son corps. L'artiste fut taxée de troubles mentaux et son œuvre fut le symptôme rattaché à divers types de pathologies : exhibitionnisme, masochisme, perversion, narcissisme, mégalomanie. Tout cela bien sûr avant que l'oeuvre ne jouisse de la reconnaissance institutionnelle et muséale.

L'artiste eut l'occasion et surtout l'audace, à côté d'une Cindy Sherman, de mettre en scène un corps extrême. Elle amena à interroger les frontières entre la perversion et la sublimation, le rôle civilisateur de l'art ou son utilisation commerciale. De même que le trivial et le tragique, le respect ou le mépris, le sérieux ou la dérision, l'altérité ou la déshumanisation. Une telle auto-brutalité physique ouvrit à une violence conceptuelle qui eut un impact sur les atteintes au corps comme sur la conception et la représentation sociales.

Pionnier du genre l'actionnisme viennois procéda à une approche autodestructrice voire avilissante d'un corps censé symboliser et stigmatiser les tabous dictés par une société considérée comme répressive. Il donna lieu à des performances aux scenario où s'entremêlaient le cas échéant matières fécales, sang et animaux sacrifiés, le tout dans une « ambiance » implicitement ou explicitement sexuelle qui ne faisait que renforcer la part d'interdit qui pesait sur elles. En lacérant leurs parties génitales, en buvant leur urine, en égorgeant des animaux, les actionnistes viennois illustraient à leur manière la fraîcheur dévastatrice de macérations d'un nouveau type et la forme contondante d'une iconoplastie inconnue dans le registre de l'art.

Soudain l'art est sorti d'un espace exemplaire de la sublimation définie comme ce qui échappe à la tyrannie du corps. Selon Freud cette sublimation était la « capacité d'échanger le but sexuel originaire contre un autre but. (…) Sublimer, c'est être capable d'abandonner l'expression direct du corps et de ses désirs pour opérer un transfert de libido sur des objets sociaux valorisés. Cette opération valeureuse demande du renoncement, du contrôle, de l'idéalisation, le respect de formes supérieures de conscience ». Le Body-Art s'inscrit donc en faux contre le nécessaire détournement des pulsions dont parlait le père de la psychanalyse. Ou plutôt ses approches proposent une détournement autre. Il implique tout un long processus de transformation voire d'idéalisation néanmoins très difficilement perceptible dans la mise en spectacle d'atteintes corporelles au sein de performances.

Elles sont d'autant dérangeantes que, par effet de miroir, celui qui les regarde s'y voit interloqué de la manière la plus pressante puisque son corps lui-même est sollicité. Lorsque Gina Pane est allongée sur une grille sous laquelle sont brûlent des bougies ou lorsque Ana Mendieta s'entaille le corps avec une lame de rasoir et avale son sang, par leur corps dolent elles cherchent à partager un rite avec le public. Il n'a de sens que par sa présence. La démarche est construite en vue de susciter une réaction épidermique voire traumatique chez un spectateur qui n'y est pas forcément préparé. D'autant qu'il ne possède pas la conscience des étapes de la préparation de l'oeuvre ni des commentaires qui lui permettraient en direct d'appréhender un tel sacrifice.

Ces divers types d'auto-agression par effet-psyché deviennent une agression volontaire du spectateur loin de tout effet de métaphore cher généralement à l'art. Du moins tel qu'on le concevait jusque là. Emergèrent dans les années 70 du siècle dernier les premiers exemples de déconstruction systématique des cadres mentaux et physiques qui délimitaient traditionnellement les frontières de l'art. Il y eut effraction stratégique, passage à l'acte dont la conservation de la mémoire de l'événement put avoir (chez Ana Mendiata par exemple) divers types d'enregistrements.

L'artiste cubaine trouva un moyen de refuser les circuits d'expression classique par ces choix de mises en scène. Elles présentaient toutes les apparences de la pulsion mais permirent à l'artiste de sublimer sa démarche et la dimension poltique de son travail. Altérer le corps est donc toute sauf une absence de pensée. Celui-ci est considéré comme seul support. Le « produit » artistique n'est plus distinct du corps de l'artiste. Le spectateur ne fut pas indemne. Sa notion de plaisir y fut quelque peu contrarié ( et c'est un euphémisme). Révélant le plus intime du corps le choc de Body-Art fut violent. Il était d'ailleurs voulu comme un dialogue capable de viser l'inconscient par ses images « trauma ».

Face à des corps impurs, souffrants, troubles, inquiétants les pouvoirs (politique, économique, idéologique, moral, religieux) crièrent d'abord au scandale. Les artistes incriminés firent désignés comme des complices de toutes les transgressions. Néanmoins la permissivité institutionnelle accepta relativement vite ces pratiques sulpiciennes. Si bien, que les artistes poussèrent plus loin leur « actionnisme » pour repousser les frontières de l'acceptable, détruire les canons de l'esthétique, remplacer le couple de l'art et du beau par celui de du monstre et de la réalité. Néanmoins et en dépit de leur dimension contestataire, de telles œuvres ont acquis un statut socialement valorisé par l'entremise des galeries et des musées qui ne voulurent par rester à la traîne. Dans le contexte d'un marché de l'art ce contre-exemple fut récupéré et commercialisé sous forme de spectacle ou de produits dérivés (enregistrement vidéos, photos par exemple). Bref il rentra dans le circuit.

D'autant qu'en prenant le corps pour objet d'effraction l'art se rapprocha des techniques d'imagerie médicale qui surgirent à la même époque. Dans les deux cas il fut possible d'assister à une forme de décontexualisation voire de désacralisation. On peut d'ailleurs le constater de manière « molle » jusque dans les séries télévisées populaires. Avec les « Experts », « NCIS » ou autres « Bones » l'enveloppe du corps s'ouvre pour laisser place aux autopsies de cadavres,. Dans le même temps avec les maquettes graphiques de l'imagerie médicale, il devient possible de décomposer le corps hors mise en scène comme c'était le cas dans les premières planches anatomiques. Le corps y était disséqué dans un décor ou en diverses postures. Désormais la représentation du corps humain se détache de son sujet. Sous l'aspect spectaculaire de la représentation, l'intérieur du corps humain laisse place à des corps neutres, neutralisé, dé-visagé. Il devient sinon transparent du moins translucide et quasi un objet d'exposition publique.

Néanmoins cette neutralisation et cette désacralisation pour les artistes du Body-Art sont le signe de la libération physique ainsi que d'un mépris des tabous des représentations et des savoirs. En faisant du corps humain un objet d'art et la matière première du geste esthétique le corps sacré, reflet de l'âme, fait place à un corps dont l'individu se sent non « dépris » mais propriétaire. L'artiste entend en faire usage pour enrayer les circuits et les schèmes des images admises.

Un tel art redéfinit par ailleurs le droit de la propriété littéraire et artistique. Jusqu'ici il a traité le body-art via les débats sur la possibilité de protéger le droit de propriété performance. N'en demeure pas moins ouverte la question relatives à la dignité et à la non-commercialisation. du corps humain.

La question est loin d'être réglée. En questionnant l'identité et l'intégrité du corps, le Body Art expose et met en scène, les questions de la délimitation du corps et des conditions de l'atteinte à son intégrité. Dans ce cadre le body-art teste les limites de la loi et de l'éthique et pose notamment l'articulation de différents droits de l'homme attachés au corps vivant ainsi que celui du droit à l'intégrité et le droit à l'autonomie.

Le Code Civil français prévoit que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l'être humain dès le commencement de sa vie. Toutefois la Cour européenne des droits de l'homme a précisé que la faculté pour chacun de mener sa vie comme il l'entend peut également inclure la possibilité de s'adonner à des activités perçues « comme étant d'une nature physiquement ou moralement dommageable ou dangereuse pour sa personne ». Tout reste donc ouvert.

On peut toutefois s'interroger sur les limites d'un tel mécanisme et sur les débordements éventuels d'artistes qui pourraient sans parler de forcément de symptômes psychopathologiques être débordés par leur œuvre. Les questions « Où s'arrête le droit à l'autonomie ? », « Où s'arrête le droit d'auteur ? », « À partir de quel stade le droit devrait protéger l'individu contre lui-même » ne sont pas vaines mais le Body Art aura eu – entre autres – le mérite de poser la question de cette limite depuis près de cinquante ans

A ce titre le « Shoot » de Chris Burden est significative. Dans un centre d'art en Californie, en 1971, Burden reçut une balle tirée par un ami dans le bras gauche. Il voulait par cette action comprendre pour et par lui-même les forces qui président à nos mouvements : « Je voulais que ces choses soient réellement là pour qu'il soit impossible de se faire des illusions à leur sujet ». Burden chercha aussi à rendre le réel par l'horreur banalisée, à démystifier certains choix et le romantisme de certains symboles,.

Burden était bien sûr consentant. Néanmoins certains se demandèrent si le droit ne devait pas interdire ces démarches même si elles étaient faites au nom de l'autonomie et de la liberté artistique. Pour des juristes le consentement de la victime d'une infraction pénale même dans le cadre d'une démarche artistique, ne devrait pas protéger son auteur de toute sanction. Le droit à la liberté individuelle ne devrait pas abriter les comportements portant atteinte au corps humain de façon aussi violente

D'autant que parfois le public qui prend part à l'acte de violence. Lors de ses Happening Marina Abramovic livre son corps au public en annonçant : « Faites de moi ce que vous voulez », mettant à sa disposition des outils de torture (couteaux, haches, seringues, fouets), mais aussi des fleurs. Elle fut parfois maltraitée, ses vêtements arrachés, on braqua même sur elle un pistolet chargé.

L'intention de blesser est manifeste dans cette performance. Mais il existe aussi d'autres atteintes à l'intégrité du corps plus troublantes encore troublante. Que penser du chirurgien qui a implanté une troisième oreille sur l'avant bras de l'artiste Sterbak ? Une telle opération contrevient aux dispositions du Code civil, selon lequel il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale. Si Stelarc est parfaitement libre de désirer modifier son apparence corporelle, son chirurgien bénéficie-t-il d'une protection par écho du fait de la nature artistique et expérimentale de son « patient » ?

C'est bien là tout le problème généré par body art. Et ce même dans des actes plus anodins dont il n'est qu'une modalité plus symbolique que physique. C'est le cas de la bulle de savon soyeuse et brillante de l'artiste mexicaine Teresa Margolles exposée au musée d'art moderne de Francfort en 2004 avant qu'elle n'explose au nez des visiteurs. Une telle bulle n'était pas un rond de savon ordinaire. L'eau dont elle était constituée provenait d'une morgue, plus précisément, de la douche dans laquelle les cadavres sont lavés. Le morbide, se heurte là à un des derniers tabous en art : la mort entre écoeurement et de fascination. Un tel acte seraient répréhensible dans n'importe quel lieu public, il devient parfaitement acceptés – qui plus est valorisés comme une démarche créatrice – lorsqu'il a lieu dans un tel musée

La performance ou le happening arracherait la violence de l'acte réel par effet de jeu et de re-présentation.. Il le soustrairait aux menaces du Code pénal. Même si cela ne règle pas tout. Néanmoins le Body art a le mérite de désacraliser le corps de la loi, la loi par le corps. L'art prouverait donc que le droit à l'autonomie présenterait une condition « spatiale » et un caractère relatif. L'art corporel met ainsi en lumière la nature contingente des dispositions relatives à l'autonomie personnelle quels que soient les risques inhérents à ses « jeux »..

Il oblige à reconsidérer notre conception du corps et de la liberté et sape les fondations traditionnelles du droit. Au moment où de tous côtés le droit de la personne est de plus en plus érigés en garant des libertés l'avancée artistique ouvre des séquences instables. Le Body Art, aussi choquant qu'il soit reste à ce titre l'exemple de ce que l'art a de plus sublime et louable. Le choc qu'il propose en est la preuve irréfutable mais dans la seule mesure où comme chez Mendiata, Pane ou Orlan, il ne se réduit pas à la gesticulation mais à un rituel.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Le Grand Montpellier et ses peintres

Montpellier et les peintres, c’est une longue histoire. Hervé Delobette, des éditions Le Papillon Rouge, fidèle à l’histoire locale, ajoute à sa collection ce très beau livre «Le Grand Montpellier et ses Peintres» de Alain Laborieux et Robert Faure. Deux cents pages et de nombreuses reproductions de prés de quatre-vingt peintres, graveurs, illustrateurs et dessinateurs qui ont pris pour modèle Montpellier et ses environs, rendent compte de cette relation. Loin d’être exhaustive, cette liste d’artistes présente un large panorama de la création picturale à travers les siècles et les styles. Parmi les plus anciens , «Le bal champêtre à Celleneuve» de Nicolas Baullery (1560-1630) témoigne du sens de la fête et «La vue de Montpellier avec la place du Peyrou et l’aqueduc» de Jacques Moulinier (1753-1828) du caractère encore rural à cette époque de Montpellier. Le XIXème siècle est largement représenté, d’abord par les plus illustres, Frédéric Bazille (1841-1870) et Gustave Courbet (1819-1877) et sa fameuse «Rencontre» sur la plaine de Lattes, mais aussi par de moins réputés tel le prolifique Jean-Marie Amelin (1785-1858), Edouard Marsal (1845-1929), Eugène Castelnau (1827-1894), Jules David (1808-1892), Bonaventure Baullery (1560-1630) et bien d’autres encore qui témoignent de l’état de certains quartiers ou lieux. A partir du XXième siècle le dessin et la peinture n’ont plus vocation à la description fidèle des lieux, rôle alors réservé à la photographie, mais à évoquer un climat, une lumière, une ambiance... Ce livre nous offre un bel éventail de ces représentations à travers les reproductions des oeuvres de Max Leenhardt (1853-1941), Camille Descossy (1904-1980), Gabriel Couderc (1905-1994) et de bien d’autres encore. L’époque contemporaine n’est pas oubliée, preuve que la peinture figurative n’a pas donné son dernier coup de pinceau, et si Vincent Bioules en est le plus célèbre représentant, de nombreux autres sont à découvrir dans cet ouvrage qui magnifie tout autant Montpellier que la peinture. M. P.

 

Rétrospective de Shepard Fairey

Obay, L'art propagande de Shepard Fairey à Pierresvives
Jusqu'au 13 janvier 2018

Le Domaine départemental pierresvives à Montpellier consacre, pour la première fois en France, une grande rétrospective aux 28 années de production de l’artiste américain Shepard FAIREY. Membre du mouvement Street Art, tout comme Keith Haring ou Banksy, Fairey partage sa critique politique et sociale à travers des interventions dans l’espace public.

Son portrait emblématique Hope du candidat Barack Obama est probablement son œuvre la plus connue. Engagé et humaniste, il a toujours développé un intérêt particulier pour la protection de l’environnement et la justice sociale. Derniers témoignages en date, l’œuvre monumentale Earth Crisis, suspendue en haut de la tour Eiffel, à la veille de la COP 21 et la série We The People pour la première grosse manifestation anti Trump. Autour de 250 œuvres, films et objets, cette exposition offre une vision globale du travail de Shepard Fairey grâce à la sélection pointue de ses meilleurs visuels depuis 1993 enrichie d’anecdotes et d’informations précises.

De ses premières œuvres sérigraphiées à la main à ses pièces uniques sur toile en passant par les grands formats ou les œuvres sur métal et bois, toutes les techniques de l’artiste seront présentées.

Cette exposition est conduite sous le commissariat artistique de Jérôme Catz. Figure incontestable du street art en France, spécialiste de ce mouvement, Jérôme Catz est commissaire d’exposition indépendant depuis 2003 et participe activement à la reconnaissance des arts plastiques urbains dans le monde de la culture. Fondateur et directeur des centres d'art Spacejunk, son expérience et sa connaissance des artistes nationaux et internationaux du monde du street art, font de lui un interlocuteur incontournable pour cette exposition dédiée à Shepard Fairey. Pensée comme une rétrospective basée sur la production des meilleures pièces de l’artiste, cette exposition unique s’annonce remarquable !

Exposition du 14 septembre au 13 janvier 2018 / Du mardi au samedi de 10h à 19h – entrée libre.

Editions limitées #S5

Créateurs, Artisans d’Art & Artistes - Boutique éphémère et collective
Du 16 octobre 2017 au 16 janvier 2018 - Centre commercial Polygone 1 Rue des Pertuisanes, 34000 Montpellier (Niveau+1 Coupole)

sculpture elec ampoulePour cette nouvelle édition, nous aurons le plaisir de vous accueillir au Polygone de Montpellier. Nous souhaitons partager avec vous notre savoir-faire et notre créativité et vous invitons à venir découvrir ce nouveau projet #S5. Editions Limitées est un concept qui rassemble plusieurs domaines artistiques, c'est une boutique de créateurs, un lieu d'exposition, un moyen de rencontre et de partage, un moyen de s'exprimer.
Le travail varié de 12 créateurs vous sera présenté en pièces uniques ou séries limitées sur une période de 3 mois ainsi que celui de 3 artistes en expositions temporaires d’un mois.
Les matières comme le bois, le métal, le textile, la porcelaine, le cuir, le carton et le béton seront à l’honneur, ainsi que le travail de récupération de matières et d’objets.
Depuis sa création, nous avons eu le plaisir d’accueillir 15 300 visiteurs, 31 créateurs et 18 expositions d'artistes. On se renouvelle à chaque session, c'est une nouvelle synergie, l’éphémère nous permet une réelle dynamique artistique et culturelle.
Mixer les énergies est le moteur du collectif, et le dynamisme est au rendez vous !IMG_9204-NQUY

Portraits de Jean Ranc au Musée fabre

Deux portraits de Jean Ranc rejoignent la collection du musée Fabre de Montpellier méditerranée

Fidèle à la politique d'acquisition ambitieuse et dynamique du musée Fabre, Montpellier Méditerranée Métropole vient de préempter deux nouveaux tableaux : des portraits de Jean Ranc pour la somme de 30 000 euros. Ils rejoignent les oeuvres de l'artiste que possédait déjà le musée : l'un de ses chefs d'oeuvre Vertumne et Pomone (1710-1722) et une copie du portrait de Joseph Bonnier de la Mosson. L’acquisition de ces deux très beaux portraits originaux, dont la qualité d’exécution est remarquable constitue un enrichissement très fort pour le musée, complétant ainsi la collection des peintures d’artistes d’origine languedocienne du temps de la Régence. Ils permettent également de montrer aux visiteurs l’effigie d’un des personnages les plus célèbres de l’histoire de Montpellier, l'un des points forts du musée Fabre.

Jean Ranc est l’un des portraitistes les plus appréciés au temps de la Régence. Montpelliérain d’origine, il se forme auprès de son père Antoine Ranc puis se rend à Paris en 1703 où il entre dans l’atelier d’Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Ranc est reçu à l’Académie en 1707, en même temps que son compagnon d’atelier, Jean Raoux. En 1722, sans doute grâce à l’impulsion de son maître, il devient peintre du roi d’Espagne Philippe V.
L’œuvre de Jean Ranc se caractérise par un soin tout particulier apporté aux visages et vêtures mais aussi au chien et aux fleurs. Il est possible d’y déceler l’intervention de Pierre Nicolas Huilliot, peintre contemporain de natures mortes qui collaborait souvent avec Rigaud et Ranc sur ce genre de détails. Les drapés nerveux aux plis accentués participent quant à eux de la singularité plastique du style de Ranc.

Les portraits de Joseph Bonnier de la Mosson et de Anne de Melon


Portrait de Monsieur Joseph Bonnier de la Mosson - Portrait de Anne de Melon

Les deux portraits acquis par le musée Fabre furent réalisés vers 1702. C'est avant de gagner Madrid que Ranc peint le portrait de Joseph Bonnier de la Mosson, trésorier de la Bourse des États du Languedoc ainsi que celui de sa femme, Anne de Melon. Bonnier passait la majeure partie de l’année à Paris, profitant de son hôtel de Pomponne, acquis place des Victoires en 1716 et situé face à la maison que Ranc louait, rue des Fossés-Montmartre. La rencontre de deux languedociens dans la capitale où ils étaient voisins n’est donc sûrement pas anodine et explique l’exécution des tableaux. Parmi ces deux effigies, celle de Joseph fut exposée au Salon de 1704, deux ans après son mariage, à l’occasion duquel ils en auraient passé commande.
Joseph Bonnier de la Mosson achète la charge de trésorier de la Bourse des États du Languedoc en 1711. Capitoul de Toulouse en 1707 et trésorier de l’hôpital général de Montpellier pour l’année 1709-1710, il acquiert en 1714 la baronnie de Mosson et y fait construire un château à partir de 1723.
Ranc représente Bonnier de la Mosson assis dans un large fauteuil à haut dossier, recouvert de velours brun à décor de feuillages. L’un de ses bras repose sur une table à piétement ouvragé tandis que l’autre désigne l’extérieur gauche de la composition. Ranc utilise des couleurs froides et sombres comme le bleu soutenu du large manteau galonné d’or. Derrière Bonnier apparaît ce qui pourrait être une colonnade, comme celle visible dans le parc de son château. L’on sait que le décor est de fantaisie puisque Ranc, installé à Madrid dès 1722, ne retourna jamais à Paris après son départ en 1692 et ne connut donc pas la propriété de Bonnier.
Anne de Melon (1658 – 1727), fille de Guillaume de Melon, ancien receveur des tailles de Montpellier est tient à la main un œillet, symbole de l’amour constant. Assise dans un décor de jardin où l’on aperçoit une colonne à sa gauche et une fontaine à droite, Anne de Melon pose l’une de ses mains sur une corbeille de fleurs. La posture que Ranc choisit pour son modèle est la même qu’Hélène Monique de Langle adopte dans le portrait qu’il réalise en 1697.

Gerard Calvet n’est plus

Quatre jours après le décès de son épouse, le peintre Gerard Calvet est décédé. Après ses études au Lycée de Carcassonne, il entre aux Beaux-Arts de Paris, en 1945 jusqu'en 1950, comme élève titulaire dans l'atelier d'Eugène Narbonne. Première exposition à Paris en compagnie du sculpteur Georges Oudot. Peint au quartier latin à Paris jusqu'en 1951, puis se fixe en 1952 à Montpellier, où il peint depuis.

Premier Prix Seyssaud en 1953, deuxième prix à la Biennale de Bayonne, prix de la Biennale de Menton et au festival d'Avignon, participe aux principaux salons parisiens, (ComparaisonIndépendantsAutomne) et en 1965 aux Peintres témoins de leur temps. Adhère au groupe Montpellier-sète, mené par François Desnoyer. Ce groupe rassemble des artistes natifs de la région, ou qui en sont tombés amoureux comme Camille Descossy, Georges Dezeuze, Jean R. Bessil, Gabriel Couderc et Pierre Fournel.

Considéré comme un peintre figuratif, ses œuvres sont présentées au Musée national d'art moderne à Paris, Musée Royal de Suède à Stockholm, Musée Louisana Humleback au Danemark, musées de Montpellier, Nice, Rodez, Béziers, Narbonne, Sète, Frontignan, Hôtel de Région du Languedoc-Roussillon.

À côté de son activité de peintre, il crée des décors et costumes de théâtre notamment pour le Printemps des Comédiens de 1988 à 1991, ainsi que des affiches : SNCF Pyrénées, région Languedoc-Roussillon. On se souvient des merveilleux décors de la pièce Jofroi de Giono qu'il avait signés en 2014, jouée à Montferrier 
sur Lez par Michel Galabru et sa troupe.

Membre de l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, il est fait chevalier de la légion d'honneur le 4 août 2011.

Chalutiers à Sète 

Concours Artistique MADLAB 2ème édition 2017

 

Le MADLAB laboratoire arts et déchets organise son 2ème Concours artistique
au service de « l’économie circulaire ».

Le Concours 2017 vise à stimuler la créativité des artistes amateurs et professionnels, désireux de contribuer, par leurs oeuvres, à la démarche de sensibilisation au développement durable et à la protection de l'environnement (notamment littoral), ainsi que de l’activité conchylicole représentative du bassin de Thau.

 

APPEL À CANDIDATURE
Règlement du concours et inscriptions sur www.madlab.fr

CRITÈRES DE PARTICIPATION : Le concours est ouvert à toutes les formes d’art et à tous les artistes amateurs et professionnels sans limites géographiques. Toute oeuvre doit illustrer une démarche d’économie circulaire, en utilisant ou s'inspirant des déchets conchylicoles.

SÉLECTION : Le concours primera trois artistes par catégorie, amateurs et professionnels.
L'oeuvre la plus remarquable au regard de la valorisation des déchets de la conchyliculture, dans la catégorie amateur, sera récompensée par une "Mention spéciale".
Le "Prix du public" sera décerné à l'oeuvre la plus votée par les visiteurs pendant l'exposition.

RÉCOMPENSES : résidence au MADLAB et exposition personnelle d’un mois ; accès privilégié à l'atelier de production du MADLAB ; campagne de communication sur les media du MADLAB, des sponsors et publics ; et d’autres prix offerts par les sponsors du Concours.
DATES : Pré-inscription obligatoire jusqu'au 2/07 – Inscription jusqu'au 30/07 – Cérémonie de remise des prix 29/09 – Exposition au public 4 à 5 semaines courant septembre et octobre (dates et lieu en cours de validation).

CONTACT PRESSE : Viviana Rocca, Animatrice
T. 0647 143 647 | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. | www.madlab.fr | Facebook | Tweeter
Adresse : MADLAB – Chemin des domaines – 34340 Marseillan

Ancré au bord de l'étang de Thau, le MADLAB est un lieu de réflexion, de production et de réalisation d’idées, projets et évènements culturels visant la valorisation du patrimoine du Bassin de Thau et la défense de l’environnement par la promotion de l’activité conchylicole.

La quête d'Hans Vleugels

Balade en Occitanie : des Pyrénées à la Méditerranée

        

Hans Vleugels est né en 1924 à La Haye. Il apprend les prémices de son art à l'école des Beaux-Arts. Diplômé en 1949, il part en voyage d'études. Il explore d'abord le midi de la France ; à Narbonne et Sète notamment, il débute sa carrière d'artiste.
Il poursuit son apprentissage à Paris, en Suisse, en Allemagne et en Italie et s'imprègne des techniques des Grands Maîtres, notamment des Expressionnistes allemands. En 1955, il accepte un poste de professeur dans le domaine d'une de ses passions, la gravure.
Il ouvre un atelier en Ardèche dans les années 60 et quitte l'enseignement. Dans le Gers d'abord, puis les Corbières et l'Aveyron où il s'installe, il s'adonne à une autre de ses passions, le pastel qui lui permet d'exprimer par sa maîtrise du dessin et de la couleur, l'âme de ces pays et son enchantement.
Son besoin d'affiner l'approche de son art l'incite à poursuivre ses recherches dans les différentes techniques : dessin, huile, pastel, gravure – pour des motifs multiples : paysages, portraits, nus, scènes d'intérieur, etc.
Seuls le pastel et l'estampe sont présentés ici.
Hans Vleugels qui figure dans le guide Bénézit et le Lexicon P.A.Scheen a obtenu le prix Barbizon de l'Académie Boitiat en 1997.
De très nombreuses expositions jalonnent toute sa carrière.
Cette exposition « Balade en Occitanie » nous permet de découvrir la rencontre d'une passion et d'un talent.
La quête d'Hans Vleugels nous aide à vivre la nôtre.

Hommage à Richarme

Colette Richarme, un peintre, une aventure de la peinture


Sète, vue sur le port (1951), plume et encre de Chine


Musique à la Paillade (1976), graphite et gouache sur papier

Quelques-unes des 106 œuvres de la donation Colette Richarme, montpelliéraine d'adoption depuis 1937, ont été présentées au public du musée Fabre de Montpellier. Cette exposition d’une artiste peintre qui a consacré sa vie à la peinture - Huiles sur toile, gouaches, dessins, palettes riches en pigments ou encore carnets de taille différente rassemblant les notations sur le terrain au crayon, à la plume, au bic ou à la gouache - révèle une partie de son travail acharné sur la matière, l'œuvre de toute une vie orientée sur la conversation des couleurs dont elle faisait sa devise.On appréciera la diversité des sujets d'inspiration présentés, équivalences plastiques de poèmes de Mallarmé, poésie des neiges et glaces traitées avec une grande maîtrise, lumière des tours de la Paillade, puissance de l’évocation du mythe d’Icare. Un accrochage de grande qualité qui permet de comprendre la force et l'originalité de la démarche de Richarme en évoquant quelques aspects d’un parcours artistique de 50 ans. Les palettes enfin nous parlent du travail quotidien dans son atelier, en lien étroit avec la lumière méditerranéenne. Une peinture qu’elle qualifiera elle-même d’expressionnisme moderne dans une lettre à un galeriste américain en 1962.

Ouvrages de référence

Le guide contournable
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.» Amazon

 

Artistes : mieux vendre vos oeuvres

Produire un travail artistique de qualité ne suffit pas pour en vivre. Vendre son art est un véritable métier et les démarches à accomplir sont nombreuses. Il faut notamment : se faire connaître, trouver des financements, des partenaires, des clients, les fidéliser, choisir une structure juridique, établir les déclarations légales, gérer ses ventest...

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