Conférence-visite : Picasso l'expo au musée Fabre

Visites proposées par A portée d'Arts en septembre 2018

Au musée Fabre de Montpellier, pour la première fois à Montpellier et jusqu'au 23 septembre 2018, un panorama de l’œuvre de Pablo Picasso, s’articulant autour des années charnières au cours desquelles il remet en jeu son vocabulaire, invente de nouveaux procédés, codifie un style nouveau. 

La scénographie autour d'une centaine de tableaux du maître

De 1895 à 1972, ce sont 14 dates-clés qui sont retenues, des moments d’intense créativité que l’exposition livre comme une photographie de la métamorphose à l’œuvre. De sa formation à Barcelone à sa découverte de la modernité parisienne qui prélude à la naissance de la période bleue. Des expérimentations radicales nourries par la découverte de l’art primitif à la révolution cubiste.

L’exposition propose des confrontations surprenantes entre des œuvres exécutées sur un même laps de temps mais radicalement différentes par leur style, montrant la capacité de l’artiste à explorer plusieurs hypothèses formelles à la fois. Dans ces arrêts sur une période donnée, des archives, carnets de dessins et dessins préparatoires, ainsi que plusieurs dispositifs multimédia permettent d’éclairer ces moments de recherche intense et d’approcher au plus près le processus créatif. Le parti pris radical de la muséographie ouverte est favorable au rapprochement entre les différentes périodes. Les jeux de perspectives inédits souligneront les résurgences de certains thèmes ou de certains procédés tout au long de la carrière de l’artiste. Picasso – Donner à voir montre comment Picasso se nourrit en permanence de son propre travail.

L'exposition Donner à voir  rassemble des tableaux originaux prêtés par les musées Picasso de Paris, de Barcelone, et en provenance du Metropolitan Museum of Art de New York.

Guide-conférencière : Isabelle Bellet dimanche 02 septembre à 11h30 - samedi 15 septembre à 10h30 - vendredi 21 septembre à 17h00

Tarif : 10 € (visite seule) + (droit d’entrée au musée 8 €). Rendez-vous 10 mn avant le début de la visite à l’accueil des groupes situé en entrant à gauche dans le musée Fabre au fond du couloir.

Sur inscription : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
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Musée Fabre, du 15 juin au 23 septembre 2018, du mardi au dimanche, de 10h à 19h.

MADLAB 2018

3ème édition : « Thau... dans 50 ans »

 Ancré au bord de l'étang de Thau, le MADLAB est un lieu de réflexion, de production et de réalisation de projets et d'évènements culturels visant la protection, la valorisation et le développement durable du patrimoine du bassin de Thau, notamment de l’activité conchylicole représentative de ce territoire.

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - www.madlab.fr
Chemin des domaines - 34340 Marseillan

Changement climatique, urbanisation, pression touristique, pollution des bassins versants, évolution des métiers traditionnels... Le MADLAB appelle les artistes à illustrer leur vision, optimiste ou pessimiste, de l'impact de ces enjeux socio - économiques et environnementaux sur la vulnérabilité du littoral, un demain pas si lointain.

  APPEL À CANDIDATURE
Règlement du concours et inscriptions sur www.madlab.fr

CONDITIONS DE PARTICIPATION :Concours ouvert à tous les arts et à tous les artistes amateurs et professionnels sans limites géographiques , avec l'obligation de :

  • illustrer le thème imposé : « Thau... dans 50 ans », une vision, optimiste ou pessimiste, de l'environnement littoral, maritime ou lagunaire, dans les cinquante ans ou plus à venir ;
  • intégrer, par quelque forme ou transformation que ce soit, un élément de déchet conchylicole.


SÉLECTION : 30 premiers dossiers de candidature complets (détails dans le règlement).

RÉCOMPENSES : 3 Lauréats, 1 Mention spéciale ( œuvre la plus originale au regard de la valorisation des déchets de la conchyliculture ), 1 Coup de cœur du Jury, 1 Prix du public ( œuvre la plus votée par les visiteurs pendant l'exposition ) .
1 er PRIX À GAGNER : résidence de 3 semaines au MADLAB (hébergement hors repas).

DATES ET LIEUX: Inscription jusqu'au 31 /07 – Exposition collective du 11/08 au 16/09 – Cérémonie de remise des prix 07/09 aux caves Richemer -Marseillan -Plage.

 

 

Joseph Vernet, version Pradalié

Parmi les œuvres de J. Vernet, la série représentant les principaux ports de France au milieu du XVIIIème siècle est devenue indispensable à l'histoire maritime. Les œuvres exposées au musée de la Marine ont inspiré des "continuateurs", en particulier la vue du port de Cette, aujourd'hui, Sète.

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Répondant à la commande d'un ami, le languedocien Philippe Pradalié a donné sa version, illustrant sa manière et la tradition dont il se réclamait.

 J. Vernet aurait connu Cette par des jours de tempête. Il aurait voulu fixer sur la toile le souvenir d'une impression désagréable, établissant pour le public l'équivalence : "Cette-tempête". Avérée ou non, cette tradition ne va pas à l'encontre de certaines données de la situation du port fondé sous Louis XIV. Il est niché au fond du golfe du Lion, redouté par tous les navigateurs du temps de la marine à voile.

Et, dans les parages du mont Saint Clair quand se lèvent les vents d'est ou sud-est, de nos jours, les petites unités ne prennent pas la mer. La mer creusée, hachée, écumante de Vernet n'est sans doute pas l'expression d'un ressentiment, ni les difficultés d'approche d'un vaisseau, au grand largue, qui gite fortement. En outre, comme le montrent d'autres œuvres de Vernet "Les Naufrages", le tableau est bien l'expression de la sensibilité du temps : la mer est un espace dangereux, inquiétant, monstrueux. Et si la mise en place de la scène, toute d'équilibre, rend bien compte du site du port, les nuées charbonneuses percées de "gloires" accentuent cette impression.

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 Certes, une éclaircie se fait et le soleil un temps dévoilé éclaire les constructions de la ville qui prennent, chez Vernet, des teintes d'ocre. Or, c'est par le traitement de la lumière qu'au milieu du XIXème siècle ceux qui assumèrent la dénomination "d'impressionnistes" révolutionnèrent la peinture.

Et Philippe Pradalié plaçait son art sous l'égide de Manet, Bazille. Bazille, dont une reproduction dans la maison familiale à Montpellier le détermina à fréquenter le musée Fabre et ne fut pas pour rien dans sa vocation de peintre.

Alors, pour la version Pradalié du port de Cette, les nues sont moins noires, l'éclaircie plus large.

La mer est plus un spectacle, avec ses bouillonnements d'écume au premier plan plus sombre du tableau et à la crête des vagues qui, curieusement, déferlent.

Et la lumière sculpte les pentes du mont Saint Clair, éclaire le fort Richelieu et les alignements urbains d'une clarté vive et crue. Couleurs et lumière donnent un relief particulier à la scène du premier plan : dans une barque non pontée, face à la lame, sept hommes d'équipage tentent de résister aux éléments. A la proue, on raidit les drisses et au pied de l'arbre de maistre, on lutte pour affaler les voiles. Le rouge et les blancs des casaques donnent à la scène un singulier relief, à la différence de Vernet.

 Là se joue un drame.

Et comme Monet voulait que l'on entende bruisser les feuilles de ses peupliers, en regardant Pradalié, on entend claquer la toile. Telle est la version Pradalié.

Hervé Le Blanche

 PS, le tableau est visible à la galerie Yves Faurie, 6 quai L. Suquet à Sète.

Le street art : des « anonymes » qui fascinent !

Si le vandalisme est un acte condamnable par la loi, l’art urbain (ou street art) doit-il être considéré comme tel ? Derrière ce mouvement se cachent des réalités bien diverses allant du simple graffiti peu travaillé à de véritables chefs d’œuvre.

Se pose alors la question de la légalisation de l’art urbain. Néanmoins, n’est-ce pas le caractère illicite du projet qui lui donne une valeur supérieure ? Ces artistes recherchent-ils l’esthétique ou la provocation ? L’art urbain est-il un moyen d’expression ou une simple révolte ? Un peu comme le débat sur la légalisation du cannabis, accepter ouvertement et pleinement l’art urbain conduirait-il à des « dérives » encore plus importantes ? L’art urbain n’est-il pas en réalité un appel de détresse ?


DEIH 
- "Are you ready?
rue Ulysse Darracq -Bayonne


Blu et Os Gemeos à Lisbonne 
le roi du pétrole aspirant le monde


JR/Marco Berrebi
Editions alternatives

 

Des réalisations prodigieuses

L’art urbain est un art très vaste et varié, en perpétuelle mouvance. Il désigne l’art réalisé dans la rue et existe sous de multiples formes : le graffiti, le pochoir, les stickers, la peinture, la projection vidéo, etc.  Il est parfois à tort ou à raison qualifié de vandalisme, car détériorant un lieu public. Cependant, certaines de ses productions sont véritablement stupéfiantes. À ce propos, le site Widewalls, spécialisé dans l’art et ses dernières tendances, a recensé en 2017 les 55 plus belles œuvres de street art au monde et c’est dans le Pays basque à Bayonne que se trouve la plus plébiscitée d’entre elles. Il s’agit d’une femme portant un casque et un blouson qui semblent être reliés par un tas de fils et connexions et s’insérer directement dans les méninges de celle-ci. La femme tient dans ses mains écartées les extrémités de ce qui raccorderait et alimenterait le circuit entier. Enfin des tuyaux émanant du casque laissent sous-entendre que toutes ces liaisons consumeraient le sujet lui-même. Pour Widewalls, la fresque est une réflexion fabuleuse sur l’importance et le poids de la technologie dans les sociétés occidentales. Si le message est limpide, la technique n’en demeure pas moins soignée ; les couleurs intelligemment assemblées et les jeux d’ombre bien choisis et mis en scène donnent au tableau une force saisissante. L’artiste espagnole Deih à l’origine de cette œuvre intitulée « Are you ready ? » est originaire de Valence et peint depuis une vingtaine d’années dans les rues. Les anonymes de l’art urbain acquièrent alors parfois malgré eux une certaine notoriété. 

Un art engagé

Au-delà des critères artistiques, c’est parfois le message ou l’engagement qui priment sur le côté purement artistique de la réalisation. L’art urbain joue alors le rôle de messager ou de moralisateur. Il vient pour redonner une vision transparente et intelligible à ceux dont le regard et les sens ont été obstrués. L’art ici vise à dénoncer pour faire ouvrir les yeux, prendre conscience de certaines réalités qui devraient être repensées. Il peut ainsi condamner des mesures ou des comportements politiques, des injustices, s’attacher à défendre la condition de minorités exclues, exprimer des difficultés, une colère, etc. Ces œuvres dénoncent les turpitudes des hommes ou peuvent même se montrer visionnaires en alertant la population sur les dangers auxquels nos sociétés pourraient s’exposer. Ainsi à Lisbonne, l'artiste argentin Blu et les jumeaux portugais Os Gemeos , avec l'œuvre ci-contre mettent en exergue les puissantes organisations pétrolières qui « aspirent » le monde. On voit sur l’œuvre en question le globe terrestre qui se dissipe et se réduit considérablement pendant que les rois du pétrole se développent. En outre, il revendique une véritable liberté d’expression, l’engagement est donc double : à la fois par le message qu’il souhaite véhiculer, mais également à travers le moyen de le faire, car selon les pays, s’adonner au street art est passible de sanctions sévères.

Un appel à l’aide

 Mais au-delà de l’esthétisme, au-delà même de l’esprit contestataire, l’art urbain apparait parfois comme étant un appel au secours. En ce sens, il n’est plus une simple dénonciation, il ne traduit plus simplement une aversion, il incarne le désespoir, une détresse profonde, un cri d’alarme ! Les artistes JR et Marco ont ainsi mis en place un vaste projet en 2007 baptisé « Face 2 Face ». Ce dernier consista à coller face à face des photographies gigantesques d’Israéliens et de Palestiniens exerçant le même métier de part et d’autre du mur de séparation. Selon ces artistes, le projet visait à montrer à ces populations qui se déchirent à quel point elles se ressemblent, encourageant la mise en place de solutions pacifistes pour résoudre le conflit. JR et Marco ne sont pas les seuls à s’être insurgés. Depuis la construction du mur en 2002, celui-ci a été l’objet de nombreux graffitis et réalisations mettant en lumière l’affliction des populations et leur désir de liberté. Banksy, pseudonyme d’un artiste aussi énigmatique que talentueux, fait incontestablement partie de ceux qui ont marqué par leur subversivité. Il ouvre un hôtel à Bethléem en Cisjordanie en mars 2017 pour sensibiliser la communauté internationale sur le mur et la réalité des populations : le Walled Off Hotel (l’hôtel séparé par un mur). Banksy souhaite rappeler les conséquences politiques de la déclaration de Balfour en 1917, texte reconnu comme étant un des actes fondateurs de l’État d’Israël, du nom du ministre des affaires étrangères britannique de l’époque marquant la prise de contrôle des Britanniques sur le territoire palestinien. Selon Banksy, c’est une décision « qui a conduit à un siècle de confusion et de conflit ». Le site précise que l’hôtel « accueille chaleureusement les visiteurs venus des deux côtés du conflit et du monde entier. » Les chambrent qui donnent sur le mur de la honte (qualificatif donné par certains en référence au mur de Berlin lui-même recouvert de graffitis, slogans et peintures en tout genre) offrent « la pire vue du monde » selon Banksy.

Tony Toilier

 

MaCO K live Musee a ciel ouvert Sete 2015 BaultLe MaCO à Sète

Si New-York a son MOMA, Shanghai son MOCA, Sète en toute modestie a son Musée à Ciel Ouvert. 
Depuis 2008, des artistes phares du mouvement Street-Art se sont succédé, invités par le festival K-LIVE : C215, PHILIPPE BAUDELOCQUE, ROMAIN FROQUET, ALËXONE, MAYE, L’ATLAS, POCH, M.CHAT, EPSYLON POINT, JAN KALAB, CLET, BAULT, STEW, CHANOIR, JONNYSTYLE, PABLITO ZAGO, CLAIRE STREETART, SPOGO, JULIEN SETH MALLAND, KASHINK, MONSIEUR QUI, GODDOG, PEDRO & KAZ, LES MONKEY BIRD, SATONE, CODEX URBANUS, MADEMOISELLE MAURICE, RELLE, SUNRA, QUENTIN DMR, LEVALET. En laissant leurs empreintes dans des lieux en friche, ou sur les murs de la ville, ils ont enrichi le Musée à Ciel Ouvert (Le MaCO de Sète), une balade artistique et pittoresque le long des quais, sur les canaux ou encore dans les ruelles typiques du quartier haut. Un Musée à Ciel Ouvert pour une Ville Galerie ! 

 

LE BODY ART : LE CORPS DE LA LOI, LE CORPS HORS LA LOI

Orlan : American Indian self-hybridization 5
Le Body Art constitue une réflexion sur l'homme en tant que corps. Les modalités du genre rompent avec la vision hegelienne de l'art et les nus idéalement beaux de la Renaissance. Il met l'accent sur ce qui était considéré jusque là comme esthétiquement laid ou moralement condamnable: à savoir le corps banal, rompu, désindividualisé, blessé et révélateur d'oppressions et de sévices. En ce sens il pénétre de ses brèches l'intact et la prétendue perfection. Faisant abstraction d'un objet médiateur il passe enfin directement par le corps de l'artiste. Sa propre chair est parfois mutilée sans souci de ce que la culture classique occidentale pourrait nommer le « péché contre nature » si l'on entend par nature la préservation du corps tel qu'il est donné.

Sous ses différentes formes le Body Art a réinventé toute une stratégie de la monstration du corps, de sa banale monstruosité en posant les questions des limites entre intériorité et extériorité, proximité et de distance. Devenant son propre œuvre l'artiste dans ce type d'approche ne cesse lui-même de se remettre en cause à l'image d'Orlan par exemple. On se souvient combien le public et la critique réagirent de manière négative à ses atteintes portées à son corps. L'artiste fut taxée de troubles mentaux et son œuvre fut le symptôme rattaché à divers types de pathologies : exhibitionnisme, masochisme, perversion, narcissisme, mégalomanie. Tout cela bien sûr avant que l'oeuvre ne jouisse de la reconnaissance institutionnelle et muséale.

L'artiste eut l'occasion et surtout l'audace, à côté d'une Cindy Sherman, de mettre en scène un corps extrême. Elle amena à interroger les frontières entre la perversion et la sublimation, le rôle civilisateur de l'art ou son utilisation commerciale. De même que le trivial et le tragique, le respect ou le mépris, le sérieux ou la dérision, l'altérité ou la déshumanisation. Une telle auto-brutalité physique ouvrit à une violence conceptuelle qui eut un impact sur les atteintes au corps comme sur la conception et la représentation sociales.

Pionnier du genre l'actionnisme viennois procéda à une approche autodestructrice voire avilissante d'un corps censé symboliser et stigmatiser les tabous dictés par une société considérée comme répressive. Il donna lieu à des performances aux scenario où s'entremêlaient le cas échéant matières fécales, sang et animaux sacrifiés, le tout dans une « ambiance » implicitement ou explicitement sexuelle qui ne faisait que renforcer la part d'interdit qui pesait sur elles. En lacérant leurs parties génitales, en buvant leur urine, en égorgeant des animaux, les actionnistes viennois illustraient à leur manière la fraîcheur dévastatrice de macérations d'un nouveau type et la forme contondante d'une iconoplastie inconnue dans le registre de l'art.

Soudain l'art est sorti d'un espace exemplaire de la sublimation définie comme ce qui échappe à la tyrannie du corps. Selon Freud cette sublimation était la « capacité d'échanger le but sexuel originaire contre un autre but. (…) Sublimer, c'est être capable d'abandonner l'expression direct du corps et de ses désirs pour opérer un transfert de libido sur des objets sociaux valorisés. Cette opération valeureuse demande du renoncement, du contrôle, de l'idéalisation, le respect de formes supérieures de conscience ». Le Body-Art s'inscrit donc en faux contre le nécessaire détournement des pulsions dont parlait le père de la psychanalyse. Ou plutôt ses approches proposent une détournement autre. Il implique tout un long processus de transformation voire d'idéalisation néanmoins très difficilement perceptible dans la mise en spectacle d'atteintes corporelles au sein de performances.

Elles sont d'autant dérangeantes que, par effet de miroir, celui qui les regarde s'y voit interloqué de la manière la plus pressante puisque son corps lui-même est sollicité. Lorsque Gina Pane est allongée sur une grille sous laquelle sont brûlent des bougies ou lorsque Ana Mendieta s'entaille le corps avec une lame de rasoir et avale son sang, par leur corps dolent elles cherchent à partager un rite avec le public. Il n'a de sens que par sa présence. La démarche est construite en vue de susciter une réaction épidermique voire traumatique chez un spectateur qui n'y est pas forcément préparé. D'autant qu'il ne possède pas la conscience des étapes de la préparation de l'oeuvre ni des commentaires qui lui permettraient en direct d'appréhender un tel sacrifice.

Ces divers types d'auto-agression par effet-psyché deviennent une agression volontaire du spectateur loin de tout effet de métaphore cher généralement à l'art. Du moins tel qu'on le concevait jusque là. Emergèrent dans les années 70 du siècle dernier les premiers exemples de déconstruction systématique des cadres mentaux et physiques qui délimitaient traditionnellement les frontières de l'art. Il y eut effraction stratégique, passage à l'acte dont la conservation de la mémoire de l'événement put avoir (chez Ana Mendiata par exemple) divers types d'enregistrements.

L'artiste cubaine trouva un moyen de refuser les circuits d'expression classique par ces choix de mises en scène. Elles présentaient toutes les apparences de la pulsion mais permirent à l'artiste de sublimer sa démarche et la dimension poltique de son travail. Altérer le corps est donc toute sauf une absence de pensée. Celui-ci est considéré comme seul support. Le « produit » artistique n'est plus distinct du corps de l'artiste. Le spectateur ne fut pas indemne. Sa notion de plaisir y fut quelque peu contrarié ( et c'est un euphémisme). Révélant le plus intime du corps le choc de Body-Art fut violent. Il était d'ailleurs voulu comme un dialogue capable de viser l'inconscient par ses images « trauma ».

Face à des corps impurs, souffrants, troubles, inquiétants les pouvoirs (politique, économique, idéologique, moral, religieux) crièrent d'abord au scandale. Les artistes incriminés firent désignés comme des complices de toutes les transgressions. Néanmoins la permissivité institutionnelle accepta relativement vite ces pratiques sulpiciennes. Si bien, que les artistes poussèrent plus loin leur « actionnisme » pour repousser les frontières de l'acceptable, détruire les canons de l'esthétique, remplacer le couple de l'art et du beau par celui de du monstre et de la réalité. Néanmoins et en dépit de leur dimension contestataire, de telles œuvres ont acquis un statut socialement valorisé par l'entremise des galeries et des musées qui ne voulurent par rester à la traîne. Dans le contexte d'un marché de l'art ce contre-exemple fut récupéré et commercialisé sous forme de spectacle ou de produits dérivés (enregistrement vidéos, photos par exemple). Bref il rentra dans le circuit.

D'autant qu'en prenant le corps pour objet d'effraction l'art se rapprocha des techniques d'imagerie médicale qui surgirent à la même époque. Dans les deux cas il fut possible d'assister à une forme de décontexualisation voire de désacralisation. On peut d'ailleurs le constater de manière « molle » jusque dans les séries télévisées populaires. Avec les « Experts », « NCIS » ou autres « Bones » l'enveloppe du corps s'ouvre pour laisser place aux autopsies de cadavres,. Dans le même temps avec les maquettes graphiques de l'imagerie médicale, il devient possible de décomposer le corps hors mise en scène comme c'était le cas dans les premières planches anatomiques. Le corps y était disséqué dans un décor ou en diverses postures. Désormais la représentation du corps humain se détache de son sujet. Sous l'aspect spectaculaire de la représentation, l'intérieur du corps humain laisse place à des corps neutres, neutralisé, dé-visagé. Il devient sinon transparent du moins translucide et quasi un objet d'exposition publique.

Néanmoins cette neutralisation et cette désacralisation pour les artistes du Body-Art sont le signe de la libération physique ainsi que d'un mépris des tabous des représentations et des savoirs. En faisant du corps humain un objet d'art et la matière première du geste esthétique le corps sacré, reflet de l'âme, fait place à un corps dont l'individu se sent non « dépris » mais propriétaire. L'artiste entend en faire usage pour enrayer les circuits et les schèmes des images admises.

Un tel art redéfinit par ailleurs le droit de la propriété littéraire et artistique. Jusqu'ici il a traité le body-art via les débats sur la possibilité de protéger le droit de propriété performance. N'en demeure pas moins ouverte la question relatives à la dignité et à la non-commercialisation. du corps humain.

La question est loin d'être réglée. En questionnant l'identité et l'intégrité du corps, le Body Art expose et met en scène, les questions de la délimitation du corps et des conditions de l'atteinte à son intégrité. Dans ce cadre le body-art teste les limites de la loi et de l'éthique et pose notamment l'articulation de différents droits de l'homme attachés au corps vivant ainsi que celui du droit à l'intégrité et le droit à l'autonomie.

Le Code Civil français prévoit que « la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l'être humain dès le commencement de sa vie. Toutefois la Cour européenne des droits de l'homme a précisé que la faculté pour chacun de mener sa vie comme il l'entend peut également inclure la possibilité de s'adonner à des activités perçues « comme étant d'une nature physiquement ou moralement dommageable ou dangereuse pour sa personne ». Tout reste donc ouvert.

On peut toutefois s'interroger sur les limites d'un tel mécanisme et sur les débordements éventuels d'artistes qui pourraient sans parler de forcément de symptômes psychopathologiques être débordés par leur œuvre. Les questions « Où s'arrête le droit à l'autonomie ? », « Où s'arrête le droit d'auteur ? », « À partir de quel stade le droit devrait protéger l'individu contre lui-même » ne sont pas vaines mais le Body Art aura eu – entre autres – le mérite de poser la question de cette limite depuis près de cinquante ans

A ce titre le « Shoot » de Chris Burden est significative. Dans un centre d'art en Californie, en 1971, Burden reçut une balle tirée par un ami dans le bras gauche. Il voulait par cette action comprendre pour et par lui-même les forces qui président à nos mouvements : « Je voulais que ces choses soient réellement là pour qu'il soit impossible de se faire des illusions à leur sujet ». Burden chercha aussi à rendre le réel par l'horreur banalisée, à démystifier certains choix et le romantisme de certains symboles,.

Burden était bien sûr consentant. Néanmoins certains se demandèrent si le droit ne devait pas interdire ces démarches même si elles étaient faites au nom de l'autonomie et de la liberté artistique. Pour des juristes le consentement de la victime d'une infraction pénale même dans le cadre d'une démarche artistique, ne devrait pas protéger son auteur de toute sanction. Le droit à la liberté individuelle ne devrait pas abriter les comportements portant atteinte au corps humain de façon aussi violente

D'autant que parfois le public qui prend part à l'acte de violence. Lors de ses Happening Marina Abramovic livre son corps au public en annonçant : « Faites de moi ce que vous voulez », mettant à sa disposition des outils de torture (couteaux, haches, seringues, fouets), mais aussi des fleurs. Elle fut parfois maltraitée, ses vêtements arrachés, on braqua même sur elle un pistolet chargé.

L'intention de blesser est manifeste dans cette performance. Mais il existe aussi d'autres atteintes à l'intégrité du corps plus troublantes encore troublante. Que penser du chirurgien qui a implanté une troisième oreille sur l'avant bras de l'artiste Sterbak ? Une telle opération contrevient aux dispositions du Code civil, selon lequel il ne peut être porté atteinte à l'intégrité du corps humain qu'en cas de nécessité médicale. Si Stelarc est parfaitement libre de désirer modifier son apparence corporelle, son chirurgien bénéficie-t-il d'une protection par écho du fait de la nature artistique et expérimentale de son « patient » ?

C'est bien là tout le problème généré par body art. Et ce même dans des actes plus anodins dont il n'est qu'une modalité plus symbolique que physique. C'est le cas de la bulle de savon soyeuse et brillante de l'artiste mexicaine Teresa Margolles exposée au musée d'art moderne de Francfort en 2004 avant qu'elle n'explose au nez des visiteurs. Une telle bulle n'était pas un rond de savon ordinaire. L'eau dont elle était constituée provenait d'une morgue, plus précisément, de la douche dans laquelle les cadavres sont lavés. Le morbide, se heurte là à un des derniers tabous en art : la mort entre écoeurement et de fascination. Un tel acte seraient répréhensible dans n'importe quel lieu public, il devient parfaitement acceptés – qui plus est valorisés comme une démarche créatrice – lorsqu'il a lieu dans un tel musée

La performance ou le happening arracherait la violence de l'acte réel par effet de jeu et de re-présentation.. Il le soustrairait aux menaces du Code pénal. Même si cela ne règle pas tout. Néanmoins le Body art a le mérite de désacraliser le corps de la loi, la loi par le corps. L'art prouverait donc que le droit à l'autonomie présenterait une condition « spatiale » et un caractère relatif. L'art corporel met ainsi en lumière la nature contingente des dispositions relatives à l'autonomie personnelle quels que soient les risques inhérents à ses « jeux »..

Il oblige à reconsidérer notre conception du corps et de la liberté et sape les fondations traditionnelles du droit. Au moment où de tous côtés le droit de la personne est de plus en plus érigés en garant des libertés l'avancée artistique ouvre des séquences instables. Le Body Art, aussi choquant qu'il soit reste à ce titre l'exemple de ce que l'art a de plus sublime et louable. Le choc qu'il propose en est la preuve irréfutable mais dans la seule mesure où comme chez Mendiata, Pane ou Orlan, il ne se réduit pas à la gesticulation mais à un rituel.

Jean-Paul Gavard-Perret.

Le Grand Montpellier et ses peintres

Montpellier et les peintres, c’est une longue histoire. Hervé Delobette, des éditions Le Papillon Rouge, fidèle à l’histoire locale, ajoute à sa collection ce très beau livre «Le Grand Montpellier et ses Peintres» de Alain Laborieux et Robert Faure. Deux cents pages et de nombreuses reproductions de prés de quatre-vingt peintres, graveurs, illustrateurs et dessinateurs qui ont pris pour modèle Montpellier et ses environs, rendent compte de cette relation. Loin d’être exhaustive, cette liste d’artistes présente un large panorama de la création picturale à travers les siècles et les styles. Parmi les plus anciens , «Le bal champêtre à Celleneuve» de Nicolas Baullery (1560-1630) témoigne du sens de la fête et «La vue de Montpellier avec la place du Peyrou et l’aqueduc» de Jacques Moulinier (1753-1828) du caractère encore rural à cette époque de Montpellier. Le XIXème siècle est largement représenté, d’abord par les plus illustres, Frédéric Bazille (1841-1870) et Gustave Courbet (1819-1877) et sa fameuse «Rencontre» sur la plaine de Lattes, mais aussi par de moins réputés tel le prolifique Jean-Marie Amelin (1785-1858), Edouard Marsal (1845-1929), Eugène Castelnau (1827-1894), Jules David (1808-1892), Bonaventure Baullery (1560-1630) et bien d’autres encore qui témoignent de l’état de certains quartiers ou lieux. A partir du XXième siècle le dessin et la peinture n’ont plus vocation à la description fidèle des lieux, rôle alors réservé à la photographie, mais à évoquer un climat, une lumière, une ambiance... Ce livre nous offre un bel éventail de ces représentations à travers les reproductions des oeuvres de Max Leenhardt (1853-1941), Camille Descossy (1904-1980), Gabriel Couderc (1905-1994) et de bien d’autres encore. L’époque contemporaine n’est pas oubliée, preuve que la peinture figurative n’a pas donné son dernier coup de pinceau, et si Vincent Bioules en est le plus célèbre représentant, de nombreux autres sont à découvrir dans cet ouvrage qui magnifie tout autant Montpellier que la peinture. M. P.

 

Rétrospective de Shepard Fairey

Obay, L'art propagande de Shepard Fairey à Pierresvives
Jusqu'au 13 janvier 2018

Le Domaine départemental pierresvives à Montpellier consacre, pour la première fois en France, une grande rétrospective aux 28 années de production de l’artiste américain Shepard FAIREY. Membre du mouvement Street Art, tout comme Keith Haring ou Banksy, Fairey partage sa critique politique et sociale à travers des interventions dans l’espace public.

Son portrait emblématique Hope du candidat Barack Obama est probablement son œuvre la plus connue. Engagé et humaniste, il a toujours développé un intérêt particulier pour la protection de l’environnement et la justice sociale. Derniers témoignages en date, l’œuvre monumentale Earth Crisis, suspendue en haut de la tour Eiffel, à la veille de la COP 21 et la série We The People pour la première grosse manifestation anti Trump. Autour de 250 œuvres, films et objets, cette exposition offre une vision globale du travail de Shepard Fairey grâce à la sélection pointue de ses meilleurs visuels depuis 1993 enrichie d’anecdotes et d’informations précises.

De ses premières œuvres sérigraphiées à la main à ses pièces uniques sur toile en passant par les grands formats ou les œuvres sur métal et bois, toutes les techniques de l’artiste seront présentées.

Cette exposition est conduite sous le commissariat artistique de Jérôme Catz. Figure incontestable du street art en France, spécialiste de ce mouvement, Jérôme Catz est commissaire d’exposition indépendant depuis 2003 et participe activement à la reconnaissance des arts plastiques urbains dans le monde de la culture. Fondateur et directeur des centres d'art Spacejunk, son expérience et sa connaissance des artistes nationaux et internationaux du monde du street art, font de lui un interlocuteur incontournable pour cette exposition dédiée à Shepard Fairey. Pensée comme une rétrospective basée sur la production des meilleures pièces de l’artiste, cette exposition unique s’annonce remarquable !

Exposition du 14 septembre au 13 janvier 2018 / Du mardi au samedi de 10h à 19h – entrée libre.

Editions limitées #S5

Créateurs, Artisans d’Art & Artistes - Boutique éphémère et collective
Du 16 octobre 2017 au 16 janvier 2018 - Centre commercial Polygone 1 Rue des Pertuisanes, 34000 Montpellier (Niveau+1 Coupole)

sculpture elec ampoulePour cette nouvelle édition, nous aurons le plaisir de vous accueillir au Polygone de Montpellier. Nous souhaitons partager avec vous notre savoir-faire et notre créativité et vous invitons à venir découvrir ce nouveau projet #S5. Editions Limitées est un concept qui rassemble plusieurs domaines artistiques, c'est une boutique de créateurs, un lieu d'exposition, un moyen de rencontre et de partage, un moyen de s'exprimer.
Le travail varié de 12 créateurs vous sera présenté en pièces uniques ou séries limitées sur une période de 3 mois ainsi que celui de 3 artistes en expositions temporaires d’un mois.
Les matières comme le bois, le métal, le textile, la porcelaine, le cuir, le carton et le béton seront à l’honneur, ainsi que le travail de récupération de matières et d’objets.
Depuis sa création, nous avons eu le plaisir d’accueillir 15 300 visiteurs, 31 créateurs et 18 expositions d'artistes. On se renouvelle à chaque session, c'est une nouvelle synergie, l’éphémère nous permet une réelle dynamique artistique et culturelle.
Mixer les énergies est le moteur du collectif, et le dynamisme est au rendez vous !IMG_9204-NQUY

Portraits de Jean Ranc au Musée fabre

Deux portraits de Jean Ranc rejoignent la collection du musée Fabre de Montpellier méditerranée

Fidèle à la politique d'acquisition ambitieuse et dynamique du musée Fabre, Montpellier Méditerranée Métropole vient de préempter deux nouveaux tableaux : des portraits de Jean Ranc pour la somme de 30 000 euros. Ils rejoignent les oeuvres de l'artiste que possédait déjà le musée : l'un de ses chefs d'oeuvre Vertumne et Pomone (1710-1722) et une copie du portrait de Joseph Bonnier de la Mosson. L’acquisition de ces deux très beaux portraits originaux, dont la qualité d’exécution est remarquable constitue un enrichissement très fort pour le musée, complétant ainsi la collection des peintures d’artistes d’origine languedocienne du temps de la Régence. Ils permettent également de montrer aux visiteurs l’effigie d’un des personnages les plus célèbres de l’histoire de Montpellier, l'un des points forts du musée Fabre.

Jean Ranc est l’un des portraitistes les plus appréciés au temps de la Régence. Montpelliérain d’origine, il se forme auprès de son père Antoine Ranc puis se rend à Paris en 1703 où il entre dans l’atelier d’Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Ranc est reçu à l’Académie en 1707, en même temps que son compagnon d’atelier, Jean Raoux. En 1722, sans doute grâce à l’impulsion de son maître, il devient peintre du roi d’Espagne Philippe V.
L’œuvre de Jean Ranc se caractérise par un soin tout particulier apporté aux visages et vêtures mais aussi au chien et aux fleurs. Il est possible d’y déceler l’intervention de Pierre Nicolas Huilliot, peintre contemporain de natures mortes qui collaborait souvent avec Rigaud et Ranc sur ce genre de détails. Les drapés nerveux aux plis accentués participent quant à eux de la singularité plastique du style de Ranc.

Les portraits de Joseph Bonnier de la Mosson et de Anne de Melon


Portrait de Monsieur Joseph Bonnier de la Mosson - Portrait de Anne de Melon

Les deux portraits acquis par le musée Fabre furent réalisés vers 1702. C'est avant de gagner Madrid que Ranc peint le portrait de Joseph Bonnier de la Mosson, trésorier de la Bourse des États du Languedoc ainsi que celui de sa femme, Anne de Melon. Bonnier passait la majeure partie de l’année à Paris, profitant de son hôtel de Pomponne, acquis place des Victoires en 1716 et situé face à la maison que Ranc louait, rue des Fossés-Montmartre. La rencontre de deux languedociens dans la capitale où ils étaient voisins n’est donc sûrement pas anodine et explique l’exécution des tableaux. Parmi ces deux effigies, celle de Joseph fut exposée au Salon de 1704, deux ans après son mariage, à l’occasion duquel ils en auraient passé commande.
Joseph Bonnier de la Mosson achète la charge de trésorier de la Bourse des États du Languedoc en 1711. Capitoul de Toulouse en 1707 et trésorier de l’hôpital général de Montpellier pour l’année 1709-1710, il acquiert en 1714 la baronnie de Mosson et y fait construire un château à partir de 1723.
Ranc représente Bonnier de la Mosson assis dans un large fauteuil à haut dossier, recouvert de velours brun à décor de feuillages. L’un de ses bras repose sur une table à piétement ouvragé tandis que l’autre désigne l’extérieur gauche de la composition. Ranc utilise des couleurs froides et sombres comme le bleu soutenu du large manteau galonné d’or. Derrière Bonnier apparaît ce qui pourrait être une colonnade, comme celle visible dans le parc de son château. L’on sait que le décor est de fantaisie puisque Ranc, installé à Madrid dès 1722, ne retourna jamais à Paris après son départ en 1692 et ne connut donc pas la propriété de Bonnier.
Anne de Melon (1658 – 1727), fille de Guillaume de Melon, ancien receveur des tailles de Montpellier est tient à la main un œillet, symbole de l’amour constant. Assise dans un décor de jardin où l’on aperçoit une colonne à sa gauche et une fontaine à droite, Anne de Melon pose l’une de ses mains sur une corbeille de fleurs. La posture que Ranc choisit pour son modèle est la même qu’Hélène Monique de Langle adopte dans le portrait qu’il réalise en 1697.

Gerard Calvet n’est plus

Quatre jours après le décès de son épouse, le peintre Gerard Calvet est décédé. Après ses études au Lycée de Carcassonne, il entre aux Beaux-Arts de Paris, en 1945 jusqu'en 1950, comme élève titulaire dans l'atelier d'Eugène Narbonne. Première exposition à Paris en compagnie du sculpteur Georges Oudot. Peint au quartier latin à Paris jusqu'en 1951, puis se fixe en 1952 à Montpellier, où il peint depuis.

Premier Prix Seyssaud en 1953, deuxième prix à la Biennale de Bayonne, prix de la Biennale de Menton et au festival d'Avignon, participe aux principaux salons parisiens, (ComparaisonIndépendantsAutomne) et en 1965 aux Peintres témoins de leur temps. Adhère au groupe Montpellier-sète, mené par François Desnoyer. Ce groupe rassemble des artistes natifs de la région, ou qui en sont tombés amoureux comme Camille Descossy, Georges Dezeuze, Jean R. Bessil, Gabriel Couderc et Pierre Fournel.

Considéré comme un peintre figuratif, ses œuvres sont présentées au Musée national d'art moderne à Paris, Musée Royal de Suède à Stockholm, Musée Louisana Humleback au Danemark, musées de Montpellier, Nice, Rodez, Béziers, Narbonne, Sète, Frontignan, Hôtel de Région du Languedoc-Roussillon.

À côté de son activité de peintre, il crée des décors et costumes de théâtre notamment pour le Printemps des Comédiens de 1988 à 1991, ainsi que des affiches : SNCF Pyrénées, région Languedoc-Roussillon. On se souvient des merveilleux décors de la pièce Jofroi de Giono qu'il avait signés en 2014, jouée à Montferrier 
sur Lez par Michel Galabru et sa troupe.

Membre de l'Académie des sciences et lettres de Montpellier, il est fait chevalier de la légion d'honneur le 4 août 2011.

Chalutiers à Sète 

Concours Artistique MADLAB 2ème édition 2017

 

Le MADLAB laboratoire arts et déchets organise son 2ème Concours artistique
au service de « l’économie circulaire ».

Le Concours 2017 vise à stimuler la créativité des artistes amateurs et professionnels, désireux de contribuer, par leurs oeuvres, à la démarche de sensibilisation au développement durable et à la protection de l'environnement (notamment littoral), ainsi que de l’activité conchylicole représentative du bassin de Thau.

 

APPEL À CANDIDATURE
Règlement du concours et inscriptions sur www.madlab.fr

CRITÈRES DE PARTICIPATION : Le concours est ouvert à toutes les formes d’art et à tous les artistes amateurs et professionnels sans limites géographiques. Toute oeuvre doit illustrer une démarche d’économie circulaire, en utilisant ou s'inspirant des déchets conchylicoles.

SÉLECTION : Le concours primera trois artistes par catégorie, amateurs et professionnels.
L'oeuvre la plus remarquable au regard de la valorisation des déchets de la conchyliculture, dans la catégorie amateur, sera récompensée par une "Mention spéciale".
Le "Prix du public" sera décerné à l'oeuvre la plus votée par les visiteurs pendant l'exposition.

RÉCOMPENSES : résidence au MADLAB et exposition personnelle d’un mois ; accès privilégié à l'atelier de production du MADLAB ; campagne de communication sur les media du MADLAB, des sponsors et publics ; et d’autres prix offerts par les sponsors du Concours.
DATES : Pré-inscription obligatoire jusqu'au 2/07 – Inscription jusqu'au 30/07 – Cérémonie de remise des prix 29/09 – Exposition au public 4 à 5 semaines courant septembre et octobre (dates et lieu en cours de validation).

CONTACT PRESSE : Viviana Rocca, Animatrice
T. 0647 143 647 | Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. | www.madlab.fr | Facebook | Tweeter
Adresse : MADLAB – Chemin des domaines – 34340 Marseillan

Ancré au bord de l'étang de Thau, le MADLAB est un lieu de réflexion, de production et de réalisation d’idées, projets et évènements culturels visant la valorisation du patrimoine du Bassin de Thau et la défense de l’environnement par la promotion de l’activité conchylicole.

Ouvrages de référence

Le guide contournable
Tout ce que vous avez toujours voulu savoir pour émerger dans l'art

A l'adresse de tous les artistes, professionnels et amateurs, ce guide volontairement concret rassemble l'essentiel de ce qu'ils ont toujours voulu savoir pour émerger dans le monde de l'art contemporain en France et à l'étranger. Il apporte des réponses aux questions clés quand on veut réellement évoluer dans l'art, à la sortie d'une école d'art ou en autodidacte : Qui sont les acteurs du monde de l'art ? Quels sont les choix à faire au départ ? Comment assurer sa viabilité ? Quelles pistes pour développer sa visibilité ? Sorte de petite "bible" de conseils stratégiques et pratiques, Le Guide de l'artiste livre les conseils et les secrets utiles, et souvent étonnants, des plus grands spécialistes français : le curateur Nicolas Bourriaud, la directrice de la Fiac Jennifer Flay, le président du Prix Marcel Duchamp Gilles Fuchs, le collectionneur Guillaume Houzé, le galeriste Emmanuel Perrotin et le directeur du Palais de Tokyo Marc-Olivier Wahler, qui interviennent aux côtés des plus grands collectionneurs, galeristes, directeurs d'institutions et curateurs de la scène internationale. Mais c'est aussi un carnet d'adresses regroupant en un seul volume plus de 1 500 contacts et adresses de professionnels et d'organismes d'art contemporain : lieux d'exposition, centres d'art, galeries, foires, biennales et festivals, mais aussi bourses, prix et résidences d'artiste, sans oublier les écoles d'art, revues et éditeurs liés à la scène contemporaine. Visant à offrir au lecteur la plus large visibilité du monde de l'art contemporain en France et à l'étranger, Le Guide de l'artiste est un ouvrage destiné à devenir un incontournable pour ceux qui veulent faire de l'art le coeur de leur vie.» Amazon

 

Artistes : mieux vendre vos oeuvres

Produire un travail artistique de qualité ne suffit pas pour en vivre. Vendre son art est un véritable métier et les démarches à accomplir sont nombreuses. Il faut notamment : se faire connaître, trouver des financements, des partenaires, des clients, les fidéliser, choisir une structure juridique, établir les déclarations légales, gérer ses ventest...

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