Le soleil de minuit

Une solution béton pour stocker l’énergie solaire à faible coût

 

VOSS
(Volant de Stockage Solaire)

Eclaté du Volant Energiestro

Le volant ENERGIESTRO est constitué d’un cylindre (1) capable de résister à une grande vitesse de rotation pour stocker l’énergie sous forme cinétique. Un moteur/alternateur (2) permet de transférer de l’énergie électrique au volant (accélération) puis de la récupérer (freinage). Les paliers inférieur (3) et supérieur (4) sont des roulements à billes. Une butée magnétique passive (5) supporte le poids du volant. Une enceinte étanche (6) maintient le volant dans le vide pour supprimer le frottement de l’air. Un convertisseur électronique (non représenté) transforme la tension continue aux bornes du volant en une tension alternative haute fréquence pour le moteur/alternateur.

André Gennesseaux

Né en 1962, André est ingénieur des Arts et Métiers ainsi que de l’Ecole Polytechnique. En 1988, il commence une carrière de chercheur puis devient responsable de la recherche chez Total (filiales Hutchinson et Paulstra). Il travaille sur des projets concernant la réduction des nuisances des moteurs qui donnent naissance à 20 brevets dont plusieurs sont en exploitation aujourd’hui.
Avec sa femme Anne, il fonde Energiestro en 2001 avec pour objectif de développe la technologie du volant de stockage d’énergie pour réduire le coût du stockage trop élevé des batteries, et ainsi augmenter la pénétration des énergies renouvelables.

Son projet de volant de stockage solaire (VOSS) lui a permis d’être lauréate du Concours Mondial d’Innovation 2030.

 

   

Le prix des panneaux photovoltaïques a tellement baissé que l’énergie solaire est devenue moins chère que le nucléaire et les autres ressources fossiles. En plus, c’est une énergie non polluante et renouvelable. 

L’énergie solaire est aussi extrêmement abondante : une surface carrée de panneaux photovoltaïques de 500 km de coté dans le Sahara permettrait d’alimenter la planète entière en électricité.
Alors, pourquoi n’est-elle pas notre ressource principale pour produire de l’électricité, pour nous chauffer, pour nous éclairer ?  André Gennesseaux, le fondateur de la start-up « Energiestro » nous en  donne la raison :  l’intermittence du flux solaire. L’énergie solaire arrive de façon concentrée au milieu de la journée, quand l’intensité du soleil est la plus forte. En revanche, notre consommation d’énergie est régulière. La nuit, on a besoin de lumière et de chaleur.  Pour utiliser de grande quantité d’énergie solaire, le stockage est indispensable. Les batteries ne peuvent répondre au problème comte tenu de leur coût élevée et de leur faible durée de vie : elles ne dépassent pas quelques milliers de cycles et n’aiment pas les températures extrêmes.
La solution est celle des volants d’inertie, ces cylindres qui tournent à grand vitesse pour stocker l’énergie sous forme cinétique. Leur énorme avantage sur les batteries est qu’ils ont une durée de vie illimitée  mais leur matériau habituel (acier spécial ou carbone) est très cher.
André Gennesseaux, avec sa société Energiestro, a réussi ,pour la première fois, à utiliser le béton, matériau très économique pour réaliser le VOSS : VOlant de Stockage Solaire.La fabrication d’un VOSS ne nécessite aucun matériau toxique ou stratégique comme le plomb, le cadmium le  lithium qu’on trouve dans les batteries.

source :www.energiestro.fr

L’association de panneaux photovoltaïque et de VOSS produit une énergie renouvelable, disponible nuit et jour, à un prix inférieur à celle issue du nucléaire et des autres ressources fossiles.

Applications potentielles.

  • Le stockage et le lissage des énergie renouvelable intermittentes
  • l’alimentation, en électricité des sites isolés : relais de télécommunication GSM, habitation…
  • l’électrification rurale des pays en développement
  • dessalement solaire : le volant ENERGIESTRO permet d’alimenter une usine de dessalement par osmose inverse nécessitant une puissance constante à partir de panneaux photovoltaïques produisant une puissance intermittente
  • etc.

source : TedxParis/YouTube

 » pour en savoir plus :  www.energiestro.fr

L’audition des premières baleines

L’organe auditif des premières baleines, les protocètes, vient d’être reconstitué virtuellement par des paléontologues de l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE). Ces cétacés aujourd’hui éteints, étaient, malgré des moeurs essentiellement aquatiques, pourvus de membres postérieurs leur permettant de se mouvoir sur la terre ferme. La reconstitution virtuelle de leur cochlée, l’organe siège de l’audition, suggère que leurs capacités auditives étaient très différentes de celles de leurs cousins actuels.

Les protocètes, « baleines à pattes » disparues il y a 38 millions d’années, ont aujourd’hui laissé place à deux grands groupes de cétacés qui diffèrent considérablement par leur mode de communication et leurs capacités auditives. Les mysticètes, baleines à fanons, sont sensibles aux basses fréquences et émettent des infrasons pour communiquer sur de très grandes distances. Au contraire, les odontocètes, baleines à dents, produisent des ultrasons utilisés pour l’écholocalisation.

Jusqu’ici, deux hypothèses s’opposaient concernant la mise en place de ces capacités auditives remarquables : l’une proposait que l’ancêtre commun des cétacés soit sensible aux infrasons, l’autre qu’il le soit aux ultrasons. Dans une étude publiée le 8 juin 2017 dans Current Biology, Mickaël Mourlam et Maeva Orliac, paléontologues à l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE), proposent un nouveau scénario évolutif de la mise en place des capacités auditives des cétacés.

En utilisant la micro-tomographie à rayons X, les chercheurs ont extrait virtuellement le moulage 3D de la cochlée, l’organe siège de l’audition, à partir de restes crâniens fossilisés de protocètes. Ces derniers, vieux d’environ 45 millions d’années, provenaient d’une mine de phosphate du Togo et étaient conservés dans les collections de l’Université de Montpellier. Cette étude montre que la forme et les caractéristiques de la cochlée des cétacés protocètes différent nettement de celles des deux grands groupes actuels de cétacés. Cela implique que la spécialisation vers les infrasons et les ultrasons est intervenue au sein des cétacés modernes après la séparation historique entre les mysticètes et les odontocètes.

Les capacités auditives des protocètes étaient finalement proches de celles de leurs cousins ongulés pleinement terrestres : ils n’étaient vraisemblablement sensibles ni aux ultrasons, ni aux infrasons. Cette absence de spécialisation suggère que les protocètes n’utilisaient pas l’écholocalisation et, contrairement aux baleines actuelles, ne communiquaient pas sur de longues distances grâce à des basses fréquences, ce qui est en accord avec leur habitat préférentiel supposé, proche des côtes. Selon le nouveau scénario évolutif proposé, l’ancêtre commun des cétacés ne présentait pas non plus de spécialisation auditive : ses capacités couvraient une gamme de fréquence optimale à la fois sur terre et dans l’eau correspondant à son mode de vie amphibie.

Ces découvertes soulignent l’importance de l’étude des premiers cétacés pour comprendre l’adaptation à la vie aquatique chez ce groupe de mammifères hors-normes. En effet, les protocètes nous permettent d’obtenir une image plus précise de l’histoire évolutive des cétacés, qui s’avère plus complexe que celle proposée jusqu’alors. Jusqu’à présent les chercheurs ont pu documenter l’oreille de deux des trois espèces retrouvées au Togo. Ils espèrent, lors de leur prochaine mission en décembre, mettre la main sur un fossile qui leur permettra d’explorer l’oreille de la troisième.


Figure 1
: illustration du modèle 3D de la cochlée de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164, vue ventrale), une des espèces de protocète du Togo. © M. J. Orliac
Figure 2 : os pétreux isolé de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164), une des espèces de protocète du Togo et reconstruction in situ du moule de la cochlée (en rouge vif) visible au travers d'un rendu transparent de l'os pétreux (vue ventrale). © M. J. Orliac
Figure 3 : portrait d'un protocète du Togo © illustration M. J. Orliac d'après une reconstruction du crâne réalisée par Róisín Mourlam.

Bibliographie
Infrasonic and Ultrasonic Hearing Evolved after the Emergence of Modern Whales, Mickaël J. Mourlam et Maeva J. Orliac, Current Biology, 08 juin 2017. DOI: 10.1016/j.cub.2017.04.061

La Maison Tarbouriech explore les propriétés du byssus de moules

Des produits innovants et écologiques

Et si la barbe des moules était un matériau du futur ?


L’entreprise : La Maison Tarbouriech (société Medithau) située à Marseillan au bord de l’étang de Thau, conchyliculteur et leader de la production de moules et d’huîtres haut de gamme en France, se distingue par une politique de qualité à travers des démarches d’amélioration continue au service de ses produits et des consommateurs mais aussi par des efforts constants en matière d’innovation, de développement durable et d’économie circulaire.

Le byssus :
Appelé « soie marine » ou « soie des rois », ou plus trivial « barbe de moules », le byssus est une fibre naturelle fabriquée par la moule pour s’accrocher aux rochers. Il est reconnu depuis l’Antiquité pour sa souplesse, sa brillance et sa résistance. Il se compose de protéines dont le collagène, ses fibres très robustes permettent à la moule de résister aux vagues.

Le projet :
Comment valoriser les déchets conchylicoles ? Telle est la question que se pose Florent Tarbouriech au quotidien dans sa quête de développement durable depuis le début de son aventure. C’est pourquoi il s’intéresse au byssus de moules comme une matière renouvelable pouvant s’intégrer dans la conception de nouveaux produits.

La recherche :
Des réflexions et des expérimentations, sur le byssus en tant que matière première, ont été menées depuis 2011 en collaboration avec l’Ecole Supérieure d’Art et de design de Saint-Etienne et se poursuivent depuis au sein du laboratoire Prod’IA.

Ambitions :
Fortement engagée dans une démarche d’éco-conception, la Maison Tarbouriech a la volonté de valoriser les nombreuses propriétés du byssus dans la création de produits innovants et respectueux de l’environnement.
Grâce à la valorisation des biomatériaux tels que le byssus, des papiers de création destinés aux artistes ont été mis au point.
Mais les ambitions de l’entreprise ne s’arrêtent pas là : Des résultats prometteurs sont enregistrés dans l’élaboration de tissus techniques, de matériaux propres à l’ameublement et à la décoration, ou encore dans les cosmétiques.

lire aussi les moules utiles à la science

Traquez le tueur de Palmier avec le Cirad

Les chercheurs du Cirad ont besoin de vous pour lutter contre le sphinx du palmier, redoutable papillon palmivore originaire d’Amérique du Sud. Vos palmiers sont infectés et vous envisagez un abattage ? Contactez le Cirad !

Le sphinx du palmier (Paysandisia archon) est un papillon qui ne passe pas inaperçu : certain représentants de cette espèce peuvent atteindre 11 cm d’envergure. Ce n’est toutefois pas sa taille qui a valu sa célébrité à ce papillon d'origine sud-américaine, mais bien les ravages que ses chenilles causent aux palmiers.

Identifié pour la première fois en France en 2001, dans le Var, ce papillon s’est rapidement répandu dans les départements voisins. Probablement introduit en Europe via le commerce de palmiers avec l’Amérique du Sud, au milieu des années 1990, ce terrible passager clandestin s’est bien implanté dans son nouvel environnement, et y a rapidement progressé. Paysandisia est aujourd’hui le plus important ravageur de palmiers du Languedoc-Roussillon : il provoque la régression de certaines espèces, voire les menace d'extinction.

Les scientifiques du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) étudient ce redoutable nuisible afin de mieux le comprendre et d'améliorer les moyens de lutte en protégeant les palmiers des pontes. Pour y parvenir, ils ont notamment besoin de cocons et de chenilles contenus dans les stipes de palmiers infestés.

La période de travail est relativement courte : l’activité du papillon peut commencer mi-juin, pour atteindre un pic durant les quinze premiers jours de juillet. La collecte des cocons doit donc s’effectuer en amont, soit en mai et juin. Si vous abattez votre palmier, contactez le Cirad : ses chercheurs se déplaceront chez vous, selon vos disponibilités, pour collecter des échantillons. Vous participerez ainsi à la production des connaissances qui permettront peut-être un jour de sauver les palmiers méditerranéens.

CONTACTS :
Laurence OLLIVIER : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Frédéric DEDIEU : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
tél : 06.98.53.83.93

Un montpelliérain lauréat de la médaille de l'innovation 2017 du CNRS


Frédérique PLAS/IGMM/CNRS Photothèque

La médaille de l'innovation 2017 du CNRS est décernée à Jamal Tazi, professeur de l’Université de Montpellier et chercheur à l’Institut de génétique moléculaire de Montpellier1. Il est l’un des 4 lauréats aux côtés de Raphaèle Herbin, Jean-Pierre Nozières, Jean-Marie Tarascon. Cette récompense leur sera remise le 15 juin 2017 lors d'une cérémonie à la Maison des océans, à Paris. La médaille de l'innovation du CNRS récompense des recherches scientifiques exceptionnelles ayant conduit à une innovation marquante sur le plan technologique, thérapeutique ou social et valorisant ainsi la recherche scientifique française.

Âgé de 57 ans, ce professeur spécialisé en génomique fonctionnelle dirige une équipe de recherche au sein de l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier.
Il est à l'origine de découvertes majeures dans le domaine de l'épissage alternatif des ARN pré-messagers – un processus qui permet d'obtenir plusieurs protéines différentes à partir d'un même gène. Ces travaux ouvrent de nouvelles pistes pour le traitement de maladies virales et génétiques.
Il a fondé, en 2008, la société de biotechnologie Splicos, devenue Abivax en 2013, pour développer des candidats médicaments antiviraux. Il dirige le laboratoire coopératif CNRS-Abivax, nommé Abivax Therapeutics (ex-Splicos Therapeutics), créé en 2009. Il est l'inventeur de neuf familles d'innovations brevetées. La molécule ABX464, ciblant le virus du Sida, est actuellement en phase 2 d'essai clinique.

Découvrez un portrait détaillé des quatre lauréats dans CNRS Le Journal
Et retrouvez le palmarès de la médaille de l'innovation du CNRS

Archives Grothendieck numérisées

Les 28 000 pages d’Alexandre Grothendieck

Il a changé le paysage des mathématiques. Alexandre Grothendieck a laissé derrière lui quelques 28 000 pages inédites. Ce trésor où se cachent peut-être les ultimes fulgurances du maître va enfin être dévoilé : le 10 mai 2017 à 16h30, le site consacré aux archives Grothendieck fera son apparition sur la Toile. En 1973, il fut recruté par la faculté des sciences de Montpellier.
Alexandre Grothendieck s’est éteint le 13 novembre 2014, à l’âge de 86 ans. Depuis longtemps déjà, l’enfant terrible des mathématiques s’était mis en marge de la communauté scientifique. Réfugié à Lasserre, petit village des Pyrénées, il y menait une vie d’ermite, ayant refusé les honneurs et la notoriété. Le refondateur de la géométrie algébrique, le plus grand mathématicien du XXe siècle – ainsi que le nommaient nombre de ses pairs – avait choisi le silence.

Lancement du site dédié aux archives d'Alexandre Grothendieck
Mercredi 10 mai 2017, 16h30
Campus Triolet, place Eugène Bataillon
Bâtiment 9 dit des "Mathématiques", salle 02 au RDC

En présence de :
Philippe Augé, Président de l’Université de Montpellier
Jean-Michel Marin, Directeur de l’Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck
Jean Malgoire, enseignant-chercheur à l’Université de Montpellier et dépositaire du fonds Grothendieck

Au Peyrou, pour la science

Samedi 22 avril 2017 sur le coup de midi, du haut de son piédestal, le roi-soleil a pu assister à un spectacle singulier. Sur cette esplanade, particulièrement au pied du château d'eau, se préparait la déclinaison montpelliéraine de la "Marche pour les Sciences". Et les protagonistes ne se faisaient pas prier pour expliquer leurs motivations.

Devant le bassin du château d'eau, on déroulait de larges bandes de papier blanc. Ces bandes claires devaient former des lettres visibles pour une photo satellitaire qui marquerait la place de Montpellier dans une manifestation d'ampleur mondiale. Les scientifiques actifs ne perturbaient nullement les joggeurs du week-end, ni les touristes cherchant plan en main leur chemin vers le centre historique. Sous les arbres, deux jeunes guitaristes anglo-saxons, des habitués, jouaient du Django. Mais peu à peu, le puzzle s'ordonnait et par petits groupes arrivaient les soutiens pour le pique-nique, prélude à la marche. Au petit théâtre tout de suite à droite de l'entrée, on présentait des saynètes scientifiques, contestataires et même parfois féministes. Et à côté des constructeurs de lettres, tout en rouge, les défenseurs de la nature attiraient les regards. D'ailleurs, la manifestation était soutenue aussi par la Fondation pour la Recherche sur la Biodiversité, des sociétés savantes de Biologie, la Ligue de Protection des Oiseaux.

La défense de la nature était donc incluse dans ce mouvement mondial mobilisant 480 défilés dans 50 pays le Jour international de la Terre. Car la marche a été initiée en réponse aux positions "anti-climat" du président Trump. Lequel président, selon une des chevilles ouvrières du mouvement, fait procéder à la destruction de données et à la liquidation de l'agence chargée de lutter contre le réchauffement climatique. Compte tenu de la place des Etats Unis dans l'économie et la pollution de la planète, l'enjeu est de taille. Et puis, "Trump président" va plus loin idéologiquement : il n'y aurait pas de faits certains, avérés, mais des données changeantes, les "faits alternatifs" fake news. Opinions et idéologies, selon lui, rendraient mieux compte du réel. Or, ce sont des opinions souvent simplistes qui alimentent le populisme. L'indépendance des démocraties doit s'appuyer sur la raison afin de tenter d'éviter des catastrophes aux peuples. Ce ne sont pas les opinions, les croyances qui doivent guider l'action des dirigeants, mais la collecte et l'analyse de faits vérifiables.

Alors, à Montpellier, outre l'université Paul Valéry, se sont mobilisés les défenseurs de la nature, mais aussi la presse scientifique, syndicats et associations d'enseignants, étudiants, chercheurs, avec le soutien des grands organismes scientifiques de l'Académie des Sciences au Collège de France et à l'INSERM. Mais il est difficile d'aller contre les vents dominants.

Hervé LB

VIH : une nouvelle piste pour éliminer le virus


© Fabrice Hyber, pour Organoïde/Institut Pasteur
La révélation de CD32A comme marqueur des cellules réservoir du VIH1 par Hyber
 

Depuis 1996, la communauté scientifique s’accorde à penser que la guérison du VIH passera par le ciblage des « cellules réservoirs » qui abritent le virus dans les organismes des patients sous trithérapie. Le VIH, en latence, peut se cacher dans ces réservoirs pendant plusieurs dizaines d’années, échappant à la réponse immunitaire et aux traitements antirétroviraux, sans qu’aucune protéine virale ne soit exprimée. Mais en cas d’arrêt du traitement, le virus se multiplie massivement et la maladie progresse de nouveau. Les patients sont ainsi contraints à un traitement à vie. Pour envisager d’éliminer ce virus dormant, une première étape est de distinguer les cellules réservoirs infectées par le VIH de leurs cellules homologues saines, très ressemblantes. C’est ce que vient de réaliser une équipe de chercheurs qui a identifié un marqueur des cellules réservoirs : une protéine présente uniquement à la surface des cellules infectées.

Partant de l’hypothèse que le VIH pourrait laisser une empreinte à la surface de sa cellule hôte, les chercheurs de l’Institut de génétique humaine (CNRS/Université de Montpellier) ont tout d’abord travaillé in vitro sur un modèle d’infection développé dans leur laboratoire. Une comparaison entre cellules infectées et cellules saines1 les a conduits à remarquer une protéine particulière, codée par un gène parmi la centaine exprimés de manière spécifique par les cellules infectées. Présente uniquement à la surface des cellules infectées, la protéine CD32a remplissait dès lors in vitro les critères d’un marqueur de cellules réservoirs. Et les expérimentations sur échantillons cliniques l’ont confirmé. En étudiant des prélèvements de sang de 12 patients vivant avec le VIH et sous traitement2, les chercheurs ont isolé les cellules exprimant le marqueur et ont constaté qu’elles étaient quasiment toutes porteuses du VIH. In vitro, l’activation de ces cellules a induit une production de virus capables de réinfecter des cellules saines tandis que leur élimination a provoqué un retard important de la production virale.
Dans la lutte contre le VIH, cette découverte ouvre la voie à une meilleure connaissance fondamentale des réservoirs viraux, qui pourront désormais être isolés facilement et analysés directement. A plus long terme, elle devrait déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer de l’organisme le virus latent.
Ces travaux ont reçu le soutien de l’ANRS, de MSD Avenir, de la Commission européenne, de la Fondation Bettencourt Schueller, de la Fondation pour la recherche médicale et de l’Institut de recherche vaccinale (VRI).

source : communiqué CNRS

Conférence spatiale inédite

Le Centre Spatial Universitaire de Montpellier (CSU) et son partenaire stratégique et financier, la Fondation Van Allen, organisait ce 2 mars dans l'amphi Dumontet de la Faculté des sciences une grande conférence spatiale ouverte au public. Un événement qui tombait à point nommé pour l'Université de Montpellier qui vient d'obtenir le 21 février dernier  le très rare et très convoité label "I-SITE" (Initiatives-Science – Innovation –Territoires – Economie).  François Pierrot, vice-président de l'Université de Montpellier, en charge des relations avec les entreprises, s'est d'ailleurs fait un plaisir de le rappeler dans son discours d'ouverture.

 

La Fondation Van Allen

La Fondation Van Allen est crée en 2012  par l’Université de Montpellier et des industriels. Parmi les membres fondateurs figurent 3DPlus (leader mondial des composants électroniques en 3 dimensions pour le spatial), Airbus Defence & Space (n°2 mondial dans le domaine spatial), Intespace (leader européen en qualification environnementale des satellites) Zodiac Data Systems (reconnu sur le plan mondial comme un spécialiste des systèmes spatiaux et aéronautiques de hautes technologies en matière de télémesures de communication, et d’instrumentation) et LATelec, filiale à 100% du groupe LATECOERE, qui conçoit, développe, réalise et installe des systèmes d’interconnexion pour les domaines aéronautique et spatial. La fondation Van Allen compte par ailleurs  parmi ses membres et donateurs bien d'autres industriels et institutions publiques ou privées.


Pierre Courtois
président de la fondation Van Allen

La mission de la fondation Van Allen est d'accompagner stratégiquement le 1er Centre Spatial Universitaire français et d'apporter à l’Université de Montpellier le financement nécessaire pour réaliser ses projets dans le domaine spatial et plus particulièrement  ceux destinés au développement des nanosatellites (satellites pesant entre 1 et 50 kg).
La miniaturisation des engins spatiaux et la réduction de leur masse facilitent l’accès au spatial à un coût réduit tout en gardant des fonctionnalités scientifiques de très haut niveau ce qui les rend très intéressants par rapport aux gros engins spatiaux.
Autour des nanosatellites universitaires, la fondation Van Allen, entend promouvoir la synergie entre la formation, la recherche et l'industrie. Elle encourage les étudiants à devenir de vrais chefs de projets High Tech aux valeurs affirmées : esprit d’équipe, confiance, sens des responsabilités, audace et rigueur technique.

MT Cube

Le MT Cube, nanosatellite confié par l’Agence Spatiale Européenne aux étudiants de l’Université de Montpellier dont le lancement est prévu cette année. Quelque 50 étudiants sont impliqués dans ce projet.

 

   

 Avant de passer la parole aux trois personnalités de premier plan de la recherche et de l'industrie spatiale qui ont assuré le succès de cet événement inédit, le professeur Frédéric Saigné, directeur de la fondation Van Allen, a donné un aperçu sur les nombreuses possibilités de formation offertes par l'université pour les métiers spatial. Entre autres nouveautés, un cursus de Master en Ingénierie spatiale sera lancé à la rentrée 2017 : formation spécialisée en 5 ans, de bac+1 à bac+5, avec, dès la 1ère année, des stages au Centre Spatial Universitaire de Montpellier.

"Si le spatial est votre rêve, venez ! Toutes les équipes enseignantes de l'Université de Montpellier sont là pour vous aider à réaliser votre rêve." - Frédéric Saigné

Premier orateur, Pascal Lecomte, directeur du "Climate Office" de l'Agence Spatiale Européeene, a montré à un auditoire attentif tout ce que le spatial pouvait apporter à l’étude du changement climatique  (» voir la vidéo).


Pascal Lecomte                                                          Sylvestre Maurice

Sylvestre Maurice, astrophysicien, co-responsable de l’instrument ChemCam (un outil laser d’analyse élémentaire par spectroscopique des roches et des sols martiens)  a ensuite abordé un autre thème passionnant concernant l'exploration de Mars et la recherche de vie sur la Planète Rouge. Enfin l’astronaute Michel Tognini qui totalise une vingtaine de jours de mission dans l’espace (Antares, Soyouz, MIR Columbia ) a fait une synthèse remarquable sur les activités spatiales, hier, aujourd’hui, demain ».

J.N


  

Jérôme Vitre, nouveau délégué régional du CNRS en Languedoc-Roussillon

Le 1er mars, Jérôme Vitre, précédemment délégué régional du CNRS Alpes, prend ses fonctions de délégué régional pour la circonscription Languedoc-Roussillon.

En Languedoc-Roussillon, le CNRS compte 57 unités de recherche et de service et près de 2000 collaborateurs permanents et temporaires, il met en œuvre un budget annuel consolidé hors opérations immobilières de 220M€ dont 140M€ de masse salariale. Le CNRS est l’un des principaux acteurs de la recherche scientifique pour la circonscription Languedoc-Roussillon intervenant dans tous les domaines de la connaissance.