Un élève de l'ENSCM parmi les lauréats du HackingCovid

A l'heure où les laboratoires du monde entier sont mobilisés pour trouver un remède au Covid-19 et où la distanciation sociale fait partie des réflexes barrière, un élève ingénieur de l'école de Chimie de Montpellier créé avec deux autres étudiants un système d’appels vidéo simplifié pour permettre de rompre l'isolement des personnes âgées.

 

La chimie est utile

La chimie est souvent vilipendée et associée à la pollution. Pourtant c’est bien la chimie qui fournit les diagnostics et les médicaments qui permettent à la médecine de soigner de mieux en mieux et de guérir les malades.

La chimie est aujourd'hui incontournable pour relever les grands défis de demain : alternatives au pétrole, énergies renouvelables, recyclage, qualité de l’air…
C’est grâce à elle que le rendement des panneaux solaire s’améliore, que stockage des énergies renouvelable devient possible et donc que se prépare la transition énergétique.

La chimie est présente partout dans notre vie quotidienne, à travers l’habillement, les transports, la santé, l’alimentation, les biens d’équipements, la chimie nous concerne tous.

Au cœur des innovations, elle rivalise d’ingéniosité pour nous apporter les médicaments du futur et toujours plus de confort.

L’industrie chimique, largement méconnue, est aussi un acteur majeur de l’économie française avec ses 3 350 entreprises dont 94 % de TPE-PME.

Avec quelque 700 000 emplois directs ou indirects et un chiffre d’affaire de près de 100 milliards d’euros, la chimie française est le cinquième producteur mondial après la Chine, les Etats-Unis, le Japon et l’Allemagne.

Elle est le premier secteur exportateur en France.

La chimie investit aujourd’hui de façon colossale pour moderniser ses usines, prévenir les risques et réduire l’impact environnemental de ses activités de production. Durant les deux dernière décennies, elle a divisé par 2 ses émissions de CO2 et éliminé 90 % de ses rejets de métaux lourds.

 

   

Loïs Lequesne, élève ingénieur de l'ENSC de Montpellier remporte avec 2 autres élèves ingénieurs (Juliette Combret de l'ENSEEIHT et Romain Giraudeau de Polytech Sophia) le premier prix du #HackingCovid, le Hackathon sur le Covid-19 organisé en avril 2020 par Sciences Po, HEC Paris et l'Ecole Polytechnique dont l'objectif était de proposer des solutions face aux défis posés par cette pandémie mondiale.

Ces brillants étudiants ingénieurs ont imaginé et défini le projet GRANNY : un système d’appels vidéo simplifié pour les personnes âgées confinées seules ou en maison de retraite afin qu’elles puissent sortir de l’isolement de façon autonome. Ils ont également élaboré un guide pour faciliter la communication avec les grands-parents sur Skype et FaceTime ("décrocher sans les mains").

 

Découvrez Granny :
www.granny-community.site

 

 

Héritière de la longue et riche tradition de la Chimie à Montpellier, l’École Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier forme des ingénieurs-chimistes de haut niveau.
Sa réputation s’est construite sur l'enthousiasme et sur la grande compétence des ingénieurs et scientifiques qu’elle a formés mais aussi sur son ouverture à l’international : 100 % des élèves font un séjour long à l’étranger (dans plus de 27 pays). Deux langues y sont obligatoires et nombre d’élèves choisissent une 3ème langue optionnelle.
L’ENSCM entretient de fortes relations avec plus de 1300 entreprises partenaires de tailles diverses (des PME aux grands groupes nationaux et internationaux). Elle organise un séminaire annuel élèves-industriels. Plus de 120 industriels interviennent dans la formation.
De nombreuses visites d’entreprises et de laboratoires sont organisées. Entre 12 et 14 mois de stages obligatoires sont inclus dans le cursus des études.
Une association et un réseau forts de plus de 4000 ingénieurs chimistes, sur plus de 100 promotions, qui contribuent aux orientations de l’école et à l’insertion professionnelle des nouveaux diplômés.

 

 

L’être humain devient « réparable »

Pierre Layrolle | TEDxCentraleNantes

Dans son célèbre livre intitulé « L’homme neuronal », le neurobiologiste Jean-Pierre Changeux indiquait que l’homme pouvait se réduire à son cerveau. Quelle que soit les modifications apportées à notre corps, des dents artificielles aux prothèses de hanche en passant par les greffes d’organes et les amputations, nous restons nous-mêmes.
La liste des « pièces détachées » disponibles pour réparer le corps humain ne cesse d’ailleurs de s’allonger avec l’impression 3D qui permet d’étendre encore davantage le champ des possibles pour les chirurgiens.
En Australie, l’équipe du docteur Ralph Mobbs vient d’implanter, sur une adolescente de 14 ans, une vertèbre en titane spécial réalisée grâce à une imprimante 3D. Selon le neurochirurgien qui a pratiqué cette intervention, l’opération était très délicate car elle touchait la moelle épinière et seule l’impression 3D permettait de préparer une prothèse sur mesure qui s’adaptait parfaitement au squelette de la patiente.
En Grande-Bretagne, à l’Institut de médecine génétique de l’université de Newcastle, l’équipe du Professeur Che Connon a réalisé la première cornée sur mesure par bio-impression. Dans un premier temps, des cellules souches sont prélevées sur le patient et mise en culture afin de pouvoir les incorporer à une encre biologique constituée d’un hydrogel suffisamment épais pour conserver sa forme, mais assez souple pour pouvoir être extrudé par la buse de l’imprimante. L’œil du patient est d’abord scanné afin de pouvoir créer un modèle informatique en 3D de sa cornée puis ce modèle est utilisé pour l’impression 3D de la prothèse.
La recherche est également active pour imprimer des organes plus complexes grâce à l’utilisation de cellules souches qui peuvent se multiplier et se spécialiser pour fournir la matière biologique. Toutefois à ce niveau il ne suffit pas d’accoler des cellules ensemble, il faut également prévoir le réseau de vaisseaux et le réseau nerveux qui va permettre aux cellules de vivre, de se nourrir, de respirer et de communiquer entre elles.
En Australie, des chercheurs du laboratoire des biomatériaux de l’université de Sydney ont ainsi mis au point une technique d’impression qui permet de vasculariser un tissu artificiel. Leurs travaux qui peuvent se révéler essentiel pour la fabrication d’organes rejoignent ceux d’une équipe de l’Université de Tel Aviv qui a réussi l’impression d’un modèle réduit de cœur humain avec ses vaisseaux sanguins en utilisant une encre biologique mise au point à partir de cellules souches d’un patient. A terme, le cœur, le foie, le pancréas ou les reins humains devraient donc pouvoir être imprimés et transplantés. Produits à partir d’un tissu issu des cellules du receveur, ils minimiseront les risques de rejet et répondront à une demande d’organes en constante augmentation. Des premiers essais en ce sens ont déjà lieu avec des animaux. Des chercheurs ont ainsi déjà implanté des ovaires bio-imprimés à des souris stériles qui par la suite ont donné naissance à des souriceaux en parfaite santé .
Le Dr Zhang, enseignant à l’école de médecine d’Harvard, imagine déjà une machine analogue au robot de cuisine : « vous aurez quelques boutons à votre disposition, il suffira d’appuyer sur l’un d’eux pour choisir un tissu cellulaire de cœur ou un tissu cellulaire de foie ». Nous n’en sommes pas encore là mais déjà apparaissent des bio-imprimantes à moins de 20 000 euros. Les startups pionnières comme la suédoise Celllink ou l’américaine Allevi ne sont plus les seules sur le marché. Les grands groupes s’y mettent : Astellas Pharma, Bristol-Meyers Squibb, Merck, Novartis, etc. Le marché des bio-imprimantes explose et le chiffre d’affaires du secteur dépassera les dix milliards de dollars en 2030. En bio-ingénierie tissulaire, les biomatériaux synthétiques ont aussi fait une entrée fracassante. Ils sont aujourd’hui utilisés dans de nombreux domaines thérapeutiques : orthopédie, ophtalmologie, dermatologie, urologie, néphrologie, neurologie, cardiovasculaire, etc. Ils peuvent être inertes ou bioactifs et comporter plusieurs couches synthétiques dont la dernière permet une meilleure intégration de l’implant. C’est le cas par exemple des revêtements d’hydroxyapatite, utilisés pour améliorer l’intégration d’un os artificiel.
Plus spectaculaire, une équipe de l’INSERM, sous la direction de Nadia Benkirane-Jessel, spécialisée en médecine régénérative, a mis au point une nouvelle génération d’implants ostéo-articulaires en combinant des cellules souches et des facteurs de croissance de l’os : ces implants « intelligents » réalisent la régénération d’une articulation abimée .
Au Canada, le CHU de Québec et l’Université Laval ont réalisé une autre première : reconstituer de l’épithélium cornéen à partir de cellules souches. À cet effet, les chercheurs ont prélevé des cellules souches dans l’œil resté sain d’un malade puis les ont mises en culture pour obtenir un nouvel épithélium qu’ils ont ensuite greffé sur l’œil atteint. Pour éviter de prélever les cellules souches dans l’œil sain, le biologiste Daniel Aberdam et son équipe de l’hôpital Saint-Louis à Paris ont réussi à déprogrammer des cellules de cheveux et à les transformer en cellules souches de cornée.
Avec les progrès de la robotique et de l’informatique, les prothèses mécaniques deviennent aussi des options prometteuses. Dès 2001, cette option fut retenue pour Jesse Sullivan, un électricien qui a dû être amputé des deux bras au niveau des épaules après avoir une électrocution au contact d’une ligne à haute tension. Cet Américain était le premier accidenté à recevoir des prothèses bioniques. Les bras artificiels équipés de capteurs étaient reliés électriquement au système nerveux du patient via les terminaisons restantes des nerfs qui commandaient les bras perdus. Les nouveaux bras renfermaient également un ensemble informatique, sorte de micro-ordinateur, capable de piloter les différents moteurs et éléments mobiles des prothèses. Jesse Sullivan pouvait alors diriger ses bras bioniques par la pensée à partir de ses ordres transmis au micro-ordinateur lequel pilotait les mouvements des prothèses et accomplir les gestes essentiels à la vie quotidienne. Depuis, de nombreux autres progrès ont été faits pour faire bénéficier les prothèses artificielles des avancées de l’intelligence artificielle, et de la robotique. Les chercheurs travaillent en outre sur de nouvelles approches chirurgicales pour qu’une prothèse implantée soit perçue par le receveur comme un membre naturel. Pour cela, ils ajoutent à la prothèse des muscles artificiels qu’ils relient aux nerfs existants afin que le receveur ressente les niveaux d’effort et de force exercés par le membre bionique lors de ses mouvements. Le Centre pour la Médecine Bionique du Shirley Ryan Ability Lab, l’un des plus avancés dans le domaine des prothèses intelligentes, estime qu’en 2050, une personne amputée pourra vivre totalement normalement et percevoir son membre artificiel comme s’il était le sien propre.

L'effet papillon

Le météorologue Edward Lorenz, lors d'une conférence en 1972, s’interrogeait : "Le battement d'ailes d'un papillon au Brésil peut-il provoquer une tornade au Texas ?". Il donnait ainsi une illustration imagée d’un des concepts majeurs de la science du 20ème siècle : la théorie du chaos.
Aujourd'hui, un minuscule micro-organisme prend ses aises dans un pangolin du marché de Wuhan et de fil en aiguille, la Chine arrête ses usines, les avions ne décollent plus, les écoles se ferment et des milliards d’humains se confinent dans la plupart des pays du monde. Le corona virus qui sème ainsi le chaos sur la planète a remplacé le papillon de Lorentz.

 

 

C’est le philosophe français d'origine allemande Paul Henri Thiry, baron d'Holbach (1723-1789) qui, dès 1770, infère que la matière, dans un contexte d’existence éternelle, « agit par ses propres forces et n'a besoin d'aucunes forces extérieures pour être mise en mouvement » ; ce qui l’autorise à écrire "qu'il n'est point de cause si petite ou si éloignée qui ne produise quelquefois les effets les plus grands et les plus immédiats sur nous-mêmes". Il entérine de la sorte le lieu commun : petites causes, grands effets !

Des MOF pour booster la voiture à hydrogène


Polymère organométallique (MOF)
éponge ultraporeuse pour stocker un gaz vecteur d'énergie.
(Credit: Northwestern University)

Depuis une vingtaine d’année, les chimistes ont appris à synthétiser des polymères mixtes tridimensionnels particulièrement poreux en associant des métaux et des molécules organiques. La porosité de ces  structures organométalliques, dénommées MOF (« metalorganic framework ») par les chercheurs, est fonction de la nature de la partie organique du polymère.

Une équipe américaine de l’Université Northwestern (Illinois), dirigée par le professeur Omar K. Farha, vient de mettre au point un tel polymère capable  de stocker d’énormes quantités d’hydrogène ou de méthane : les pores nanométriques de ce nouveau matériau permettent de stocker l’hydrogène bien plus efficacement et à moindre coût que tous les autres matériaux connus jusqu’à présent. Un gramme de ce polymère pourrait ainsi stocker la quantité d’hydrogène nécessaire pour recouvrir 1,3 fois la surface d’un terrain de football.

Cette ultra-haute porosité a été obtenue par un procédé de polymérisation permettant  un agencement très précis de la structure atomique des nanopores.
Ce matériau semble particulièrement prometteur pour les piles à combustibles des véhicules propres du futur.  Il pourrait notamment accélérer le développement de la voiture à hydrogène en évitant le recours aux très hautes pressions associées à des risques élevés d’explosion de ce gaz hautement inflammable.
Selon le professeur Farha, ce polymère pourrait également révolutionner les industries qui mettent en œuvre du gaz comprimé, que ce soit de l’hydrogène, du méthane ou tout autre gaz.

Source : Omar F. Farha et al., Balancing volumetric and gravimetric uptake in highly porous materials for clean energy, Science (17 Apr 2020)

Concilier pêche et biodiversité sur les récifs coralliens ?

Alors que peu de récifs coralliens arrivent à concilier protection de la biodiversité et activités de pêche, certaines aires marines protégées pourraient constituer une solution « gagnant-gagnant», bénéfique pour l’Homme et la biodiversité. C’est ce que montrent les recherches publiées dans la revueScience le 17 avril 2020 par des chercheurs de l’Université de Montpellier, de l’IRD, du CNRS et de l’Université de laNouvelle-Calédonie, qui ont étudié 1 800 récifs coralliens de 41 pays différents.

renaud dupuy de la Grandrive
photo: Renaud Dupuy de la Grandrive

Les récifs coralliens, qui couvrent uniquement 0,1 % des océans, constituent l’habitat de plus de 6 000 espèces de poissons marins et regroupent 70 % de la biodiversité marine connue. Ces poissons représentent aussi une source de nourriture et de revenus essentiels pour de nombreuses populations humaines, pouvant aboutir à une surexploitation.

Concilier objectifs de protection et d’exploitation sur les récifs

Pour lutter contre cette trop forte pression, plus de 2 000 aires marines protégées (AMP), ne couvrant néanmoins que 6 % des récifs coralliens mondiaux, ont été mises en place depuis les années 1980. Ces aires regroupent plusieurs niveaux de protection : des AMP dites « no-take » ou intégrales (où aucun prélèvement n’est autorisé), jusqu’aux AMP « partielles » (où les activités de pêches sont seulement restreintes).

Selon l’ONU, la surface de ces AMP devrait être quintuplée d’ici 2030 pour atteindre l’objectif de développement durable (ODD) de 30 % d’habitats protégés dans le monde. Pour ce faire, les décideurs s’interrogent pour savoir où placer les nouvelles AMP de façon efficace.

C’est dans ce contexte qu’un consortium international, réunissant entre autres, des organismes français, australien, américain et anglais, a étudié la capacité des récifs coralliens à assurer plusieurs objectifs bénéfiques pour l’Homme et pour la Nature : (i) maintenir une biomasse importante d’espèces commerciales, (ii) conserver la pression d’herbivorie par les poissons, qui limite la croissance des algues et permet le développement du corail, (iii) garantir la diversité fonctionnelle, assurant la résistance et la résilience du fonctionnement des écosystèmes coralliens.

En étudiant les communautés de poissons sur 1 800 récifs coralliens à travers le monde (océans Indien et Pacifique, mer des Caraïbes), dont 106 en AMP, les chercheurs ont montré que seuls 5 % des récifs pouvaient assurer simultanément un bon niveau (> 75 % des conditions de référence) de biomasse, d’herbivorie et de diversité fonctionnelle.
« Ce premier résultat souligne la difficulté de concilier protection et exploitation des récifs lorsqu’ils sont proches de l’Homme, même en AMP », souligne David Mouillot, Professeur à l’Université de Montpellier (laboratoire MARBEC). « Il faut sanctuariser les récifs isolés très rares, seuls à pouvoir assurer les 3 objectifs à bon niveau. C’est le cas du Parc Naturel de Mer de Corail, qui a placé en AMP intégrale tous les récifs isolés au large de la Nouvelle Calédonie », précise Laurent Vigliola, Chercheur à l'IRD (laboratoire ENTROPIE) co-auteur de l’étude.

Protéger les récifs de façon ciblée

Les chercheurs se sont ensuite intéressés aux pays en développement, qui doivent concilier exigences économiques et sécurité alimentaire, et ainsi trouver un compromis entre exploitation des ressources et conservation de la biodiversité. Pour cela, ils ont simulé l’effet d’une mise en AMP (intégrale ou partielle) des sites mondiaux sans aucun niveau de protection sur les 3 objectifs. Résultat : lorsque ces récifs sont déjà surexploités, très peu pourraient atteindre le seuil de 75 % de l’état de référence, même en protection intégrale. Par contre, pour la moitié de ces sites actuellement hors AMP, une mise en protection pourrait améliorer fortement le niveau de ces objectifs. « L’idéal serait une AMP intégrale, qui offre les meilleurs résultats pour les 3 objectifs. Mais une mise en AMP partielle reste très intéressante, notamment pour la biomasse en espèces commerciales et l’herbivorie », détaille Josh Cinner de la James Cook University en Australie.

Ainsi, la restauration de peuplements de poissons qui remplissent des objectifs de protection de la biodiversité et de pêche semble illusoire à proximité des zones
très peuplées ou sur des récifs déjà très endommagés. Par contre, une protection ciblant préférentiellement les récifs ayant subi des pressions humaines plus limitées aurait un effet très positif, notamment avec une restriction de type « no-take ». Pour concilier les enjeux sociétaux (sécurité alimentaire, économie) et la préservation de la biodiversité, les AMP partielles peuvent constituer un compromis intéressant, avec des bénéfices pour l’Homme et la nature.

Source : communiqué CNRS, 17 avril 2020

La marche indice de vitalité

Au terme d’une longue étude, publiée dans le Journal of American Medical Association (1), une équipe de chercheurs américains a pu mettre en évidence une relation entre le taux de mortalité d’un adulte de plus de 40 ans et le nombre de pas qu’il effectue chaque jour.

 

Dans une première étape, 4840 personnes ont été sélectionnées pour former un échantillon représentatif des américains de plus de 40 ans. La moyenne d’âge était de 57 ans, 54% étaient des femmes et 36% présentaient des signes d’obésité.
Pendant une semaine, les participants à l’étude ont été dotés d'un podomètre dans la journée, afin d’établir leurs habitudes de vie. En moyenne chaque personne a effectué 9124 pas par jour (environ 7 kilomètres) mais de grandes variations ont été observées d’un sujet à l’autre : certains n’effectuant guère que 2000 pas et d’autre dépassant allègrement les 16.000 .
L’ensemble de la population témoin a ensuite été suivi pendant 10 ans. Durant cette période, 1165 décès ont été enregistrés, dont 406 d’origine cardiovasculaire et 283 liés à un cancer. L’analyse des données montre clairement une corrélation entre le taux de mortalité et le nombre de pas effectués chaque jour. Pour ceux qui ne font que 2000 pas par jour le taux de mortalité s’élève à 22 décès par an pour 1000 adultes de plus de 40 ans, un taux 4 fois plus élevé que que ceux dont la marche est supérieure à 10.000 pas par jour. Au delà de 15.000 pas journaliers le taux de mortalité se stabilise aux alentours de 5 décès par an pour 1000 adultes de plus de 40 ans.

Une analyse plus fine, montre que la surmortalité des hommes par rapport aux femmes est d’autant plus marquée que le niveau de marche est faible. L’âge est également un facteur déterminant : plus le sujet est âgé, plus la mortalité est élevée quand le nombre de bas est faible.
Si la relation entre l’activité et le taux de mortalité est indéniable, l’étude ne conclue cependant pas à une relation de cause à effet. La raison d’une faible activité physique peut en effet être très variable. Elle pas uniquement comportementale ou sociale. Des facteurs génétiques ou des pathologies de diverses origines peuvent être les causes racines de la faible activité physique.

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(1) source : JAMA. 2020 Mar 24;323(12):1151-1160. doi: 10.1001/jama.2020.1382.
"Association of Daily Step Count and Step Intensity With Mortality Among US Adults" - Saint-Maurice PF, Troiano RP, Bassett DR Jr, Graubard BI, Carlson SA, Shiroma EJ, Fulton JE, Matthews CE

La start-up WalkMe apporte une aide à la marche

Implantée à Montpellier et soutenue par le Business & Innovation Centre (BIC) de Montpellier, pôle Réalis, la jeune entreprise montpelliéraine Resilient Innovation commercialise depuis peu un appareil électronique destiné à améliorer la marche des personnes âgées et pas seulement.
Ce boîtier portatif doté d’un logiciel capable de détecter les troubles locomoteurs, déclenche si nécessaire une stimulation auditive, sur laquelle l’usager peut synchroniser son pas. Une première mondiale.

Le procédé, qui a reçu le Prix trophée Cap’Tronic, catégorie « santé bien être » en 2016, s’avère aussi très efficace pour corriger des troubles locomoteurs de personnes atteintes de la maladie de Parkinson. Ce stimuli auditif très simple, qui ne demande aucun effort de concentration, permet à la personne de mieux coordonner ses mouvements et de retrouver un pas plus stable.», précise Jordan Miron, ingénieur et professionnel de santé.  L’appareil vise à aider des personnes sujettes aux chutes à conserver des activités pour rester autonome.

Depuis peu, l’appareil est vendu en ligne, directement aux usagers. D’ici deux ans, Resilient Innovation espère le faire reconnaître comme produit médical pour aborder le marché des Ehpad.

 » Walk pour plus d'autonomie

Bientôt des poissons dans l’espace pour survivre sur la lune

Le Centre spatial universitaire de Montpellier et l’Ifremer préparent l’autonomie alimentaire de l’homme sur la lune, puis sur Mars. Leur projet LAUVE expérimente l’envoi dans l’espace, par nanosatellite, d’œufs fécondés de poissons. Un nanosatellite devrait être mis en orbite en 2021.

 

Envoyer des œufs de poissons fécondés sur la lune, pour y développer une aquaculture permettant aux astronautes de produire eux-mêmes leur nourriture ? C’est l’expérimentation menée depuis début 2019 par le Centre spatial universitaire de Montpellier (CSUM), spécialiste des nanosatellites, et l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) à Palavas-les-Flots. "Outre des protéines, des lipides, des vitamines et une grande variété d’espèces et de goûts, les poissons amènent des éléments indispensables comme les oméga 3 que l’homme ne produit pas seul" résume Muriel Bernard, directrice qualité et valorisation au CSUM. LAUVE est la première étape d’un projet plus global, Lunar Hatch, destiné à préparer l’installation au long cours d’humains sur la lune, voire sur Mars. Maxime Nicloux, jeune ingénieur stagiaire du CSUM en charge du support projets nanosatellites, précise : « La première expédition lunaire pourrait avoir lieu en 2030. » Cette expérimentation est une première mondiale menée sur un animal aquatique. Jusque-là, seules des productions végétales (tomates, salades ou pommes de terre) ont été expérimentées par la Nasa et l’ESA.

Chez les hippocampes, spéciation deux en un

Peu de choses étaient connues sur la génétique de l’hippocampe moucheté, Hippocampus guttulatus, l’une des deux espèces d’hippocampes qui peuple les côtes européennes.

Une étude de génétique des populations de ce poisson iconoclaste menée par une équipe de l’Institut de Sciences de l’Evolution de Montpellier (ISEM – CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE), aidée de ses collaborateurs européens et associations pour l’environnement, dévoile une subdivision de cette espèce en quatre lignées génétiques partiellement isolées, bien que morphologiquement indissociables.

Côté Océan Atlantique, on trouve une lignée au nord et une autre au sud du Pays basque où elles coexistent en s'hybridant occasionnellement. Côté Mer Méditerranée, les deux lignées sont associées à des habitats contrastés, l’un marin et l’autre lagunaire.

 » en savoir plus avec le CNRS

La pêche industrielle affame les oiseaux marins

L’intensification de la pêche industrielle contribue à diminuer la quantité de nourriture disponible pour les oiseaux marins, menaçant de nombreuses espèces dans le monde. Des chercheurs du Centre d’écologie fonctionnelle et évolutive du CNRS à Montpellier, de l’Université de Colombie Britannique (Canada) et de l’Université d’Aberdeen (Ecosse) ont cartographié pour la première fois, la compétition entre la pêche industrielle et les oiseaux marins à travers le monde entre 1970 et 2010. Selon leur étude, la consommation moyenne annuelle de nourriture des oiseaux a diminué de 70 à 57 millions de tonnes entre les périodes 1970-1989 et 1990-2010, tandis que la capture annuelle moyenne des proies des oiseaux par les pêcheries a augmenté de 59 à 65 millions de tonnes au cours des mêmes périodes.


Fous de Bassan (crédit photo : Jacques Carles)

Malgré le net déclin de la communauté mondiale des oiseaux marins pendant la période 1970-2010, la pression de compétition exercée par les pêcheries demeure soutenue. Cette compétition a même augmenté dans près de la moitié des océans du monde. L’étude est publiée le 6 décembre 2018 dans la revue Current Biology.

Graphique représentant le déclin de la communauté d’oiseaux marins et l’intensification de la pêche industrielle, 
dans le monde au cours de la période 1970-2010. (source : Current Biology)

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(1) Grémillet et al., Persisting Worldwide Seabird-Fishery Competition Despite Seabird Community Decline, Current Biology (2018),https://doi.org/10.1016/j.cub.2018.10.051