L’Institut Carnot ouvre son portail sur le web

Lancement d’une plateforme web dédié à la R&D en Chimie, Matériaux et Procédés
A l’occasion des Rendez-Vous Carnot 2017, évènement majeur de la R&D française, l’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat met en ligne son nouveau site web. Un portail unique pour des projets R&D sur-mesure à destination des industriels.

http://www.carnot-chimie-balard-cirimat.fr/wp-content/uploads/2017/09/institut-carnot-chimie-balard-cirimat-slider-1.jpg  

www-carnot-chimie-balard-cirimat.fr : c’est à cette adresse que l’on trouve le site de l’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat. Le site web s’adresse aux industriels à la recherche de solutions innovantes pour leurs projets R&D dans 5 domaines thématiques : Chimie et Procédés Durables , Énergie, Santé et Cosmétiques, Matériaux Haute Performance, Matériaux pour le transport.

Cette interface digitale doit permettre aux entreprises, TPE, ETI-PME ou grands groupes, d’accéder facilement et rapidement aux compétences des équipes de recherche et de prendre contact avec elles. Nos partenaires pourront également découvrir les équipements et plateformes haute technologie de l’Institut. À travers les « Success Stories », le site valorisera les travaux menés par les chercheurs et les partenariats fructueux développés avec les entreprises.

 La création du site s’inscrit dans un projet plus vaste de visibilité de l’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat. L’Institut entend s’appuyer sur la communication pour gagner en notoriété et s’imposer auprès des industriels comme un partenaire de référence dans le domaine de la Chimie, des Matériaux et des Procédés.

 

L’Institut Carnot Chimie Balard Cirimat est une structure de recherche partenariale labellsée par le Ministère de la Recherche. Créé en 2006, il regroupe plus de 600 personnels de recherche reconnus pour leur expertise dans le domaine de la Chimie, des Matériaux et des Procédés.
Ses unités mixtes de recherche du CNRS, des Universités de Montpeliier et de Toulouse et de l'Ecole Nationale Supérieure de Chimie de Montpellier (ENSCM) apportent des solutions innovantes aux enjeux industriels.

 

Futura Polis Santé : deux jours de conférence à Montpellier

Y avait-il tant de manifestations que cela à Montpellier vendredi et samedi dernier pour que le symposium Futura Polis Santé organisé conjointement par la Métropole et « Le Point » attire aussi peu de monde ? On nous a annoncé qu'il y avait 1 200 inscrits intéressés soit la jauge de l'Opéra-Comédie. Hors, en dehors de l'inauguration de vendredi soir avec Axel Kahn et en présence de P. Saurel qui avait rempli la salle, ses balcons et ses baignoires jusqu'au poulailler, le samedi, seuls l'orchestre et le premier balcon étaient occupés et non à 100%, les auditeurs gardant leurs aises.

Et pourtant ces conférences auxquels participaient une bonne vingtaine d'éminents chercheurs de Montpellier et d'ailleurs, étaient particulièrement intéressantes pour quiconque se préoccupe de la santé de demain et de l'implication de l'Université de Médecine et des start-up high tech de Montpellier.

Il en ressort que nos médecins sont très optimistes sur l'avenir de la santé grâce à l'ouverture de la biologie au monde des mathématiques, des sciences humaines et des nouvelles technologies qui leur permettent une meilleure compréhension de la notion de vie. Cette aventure est développé dans un livre « Etonnant vivant : découvertes et promesses du XXIe » -CNRS Edition 2017- qu'a dirigé Catherine Jessus.

En pratique, grâce à un outil génétique révolutionnaire appelé crispr cas9, Carine Giovannangeli, espère dans un proche avenir des progrès inouïs en matière de thérapie cellulaire et donc de génétique sur les maladies génétiques et les cancers.

"Le travail sur les cellules souches est en bonne voie pour réparer des membres inexistants ou sectionnés et régler les problèmes liés à l'immunologie", nous apprennent J-M Dubernard Jorgensen, Pescenski et N. Vergnolle

En ce qui concerne la longévité et le confort des personnes âgées, des découvertes ont déterminé le problème à l'origine de la maladie d'Alzheimer et du Parkinson qui s'est révélée ne pas être d'ordre génétique mais protidique. L'arthrose qui rend la vieillesse si douloureuse est aussi entre des mains expertes. La robotique se répand au service des plus fragiles pour être mieux suivis chez eux. M. Nahum Bertin et ses robots se mettent au service de la chirurgie, apportant plus de précision, éliminant l'erreur du geste humain.

On a parlé d'éthique aussi car une humanité dépendante des outils technologiques peut être mise en péril. La technologie fait peur à beaucoup. Et il y a de quoi.

Tous les médecins dont Axel Kahn et H. Chneiweiss, se sont montrés inconditionnels dans leurs objectifs de travail : soigner, éliminer les maladies, réparer l'homme mais ils refusent de se mettre au service des caprices des humains : choix d'un bébé ou augmenter les possibilités d'un sportif en bonne santé. Cependant, ils se méfient du comité d'éthique qui aurait des tendances castratrices, empêchant les chercheurs d'aller jusqu'au bout de leur objectif.

Les tenants de la technologie qui ne sont pas en prise directe avec la santé sont beaucoup plus évasifs sur le sujet de l'éthique. Un prototype sécuritaire, et pas seulement pour la santé des personnes âgées, comme celui qui a été présenté par M. Jacques Varenne, architecte et qui doit se réaliser à St Etienne porte à réfléchir. Il s'agit de la construction d'un quartier complètement connecté constitué d'un ensemble d'immeubles d'habitation, certains pour les actifs et d'autres pour les séniors, des établissement scolaires, des commerces, des bureaux, tous connectés jusqu'aux planchers qui indiqueraient là où l'habitant se déplace dans son habitat. En dehors des problèmes d'ondes, ce genre de projet pose non seulement celui de l'impact de la connection sur l'intimité dont tout individu a besoin mais aussi sur l'utilisation qu'un pouvoir dictatorial pourrait en faire. Cela va bien au-delà des écoutes téléphoniques.

Nous devons donc être très vigilants que les adeptes de Zuckerberg ne construisent pas des machines aussi folles que ses idées, que les comités d'éthique sans brimer les chercheurs dans leurs travaux leur imposent de définir leurs objectifs au service de tous et que le tout sécuritaire dont les normes allègent par trop nos porte-monnaie ne deviennent pas liberticides.

Nous retiendrons de ces deux jours, qu'à Montpellier, question santé, nous sommes entre bonnes mains.

Dans un autre ordre d'idée mais pour la compréhension de tous : serait-il possible que Montpellier avec toute la haute technologie dont elle dispose en son sein se dote d'un bon service de sonorisation des salles publiques ? Les auditeurs en ont pâti au Printemps des Comédiens , à la Salle Pétrarque où la restauration de la sonorisation est incohérente et ce week-end à l'Opéra-Comédie où, le vendredi soir, la sonorisation a dû être revue pendant l'intervention des participants, où, le samedi, les micros en nombre insuffisant tombaient tous en panne les uns après les autres et où il a fallu attendre le samedi après-midi pour que des micros soient diponibles au 1er balcon.

A. Klein.

L'université de Montpellier à la pointe de l'innovation française

L’Université de Montpellier entre au très sélectif sélectif top 200 du Nature Index Innovation où elle occupe le 129ème rang. Elle se positionne dans le trio de tête des établissements français, troisième derrière l’Université de Strasbourg et l’Université Paris - Descartes. et bien avant  l’ Université Paris - Diderot (150e) , le CNRS (151e), l’ Université Lyon - I Claude Bernard (154e) , l’ Université Paris - Sud (158e) , l’ENS (163e), l’AMU (164 e ), l’UPMC (170e), le CEA (172e) et l’ École polytechnique (186e).


Travail en laboratoireCet excellent résultat dans un classement qui s’intéresse à l’impact des avancées scientifiques fondamentales sur les grands défis sociétaux conforte la place obtenue par l’UM dans le palmarès européen des universités les plus innovantes élaboré par Reuters (15 e place). Les travaux de l’Université de Montpellier ont été les plus cités dans les disciplines suivantes :

  • Sciences de la Terre et de l’Environnement
  • Sciences du Vivant
  • Chimie
  • Sciences physiques

Montpellier université d’excellence

Le résultat de ce palmarès confirme l’ambition du projet d’I - SITE MUSE porté par l’Université de Montpellier aux côtés de 19 partenaires. Articulé autour de 3 défis majeurs du XXIe siècle : nourrir, protéger et soigner, MUSE fait de la valorisation une de ses priorités. Ce sont ainsi près de 180 partenaires qui soutiennent le projet (autres universités, industries, PME, collectivités, ONG...) dont cinq qui participent au pilotage du projet (la Banque Populaire du Sud, B rl, Horiba, InViVo, MSD France).
Le projet MUSE prévoit que laboratoires de renommée mondiale, plateformes technologiques de pointe, formations de haut niveau et entreprises régionales s’allient pour convertir l’intelligence en action, et la recherche en avancées sociétales.
Le premier appel à projet MUSE « Soutien à la recherche 2017 » doté de 6 millions d’euros a été lancé le 7 septembre (cf. http://www.umontpellier.fr/universite/muse ).

 

Le Nature Index Innovation

Ce classement est axé sur l’impact des recherche s académiques sur l’innovation. Il est fondé sur la manière dont les articles scientifiques des établissements d’enseignement supérieur et de recher che sont cités dans les brevets. » Voir le classement du top 200

 

Salon des champignons et plantes d'automne

La 37e édition du « Salon Champignons et Plantes d’Automne » organisée par la Société d’Horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault aura lieu les 21 et 22 octobre 2017 à la Faculté de Pharmacie de Montpellier, 15 avenue Charles Flahault.

Le Salon comprendra des expositions d'exemplaires frais de champignons et plantes d'automne, un espace permanent d'identification de ces échantillons, des espaces dédiés à la toxicité des champignons et des plantes, deux conférences :

Les plantes tinctoriales en terres occitanes - aspects botaniques, économiques et artistiques, par Josiane Ubaud, lexicographe et ethnobotaniste en domaine occitan - samedi 21/10 à 16h00 -

La truffe, un champignon enfin domestiqué par l’homme ? par Franck Richard, Professeur à l’Université de Montpellier, UMR 5175 CEFE (dimanche 22/10 à 16h00) et un atelier de reconnaissance des « champignons comestibles et de leurs sosies toxiques », animé par les spécialistes de la SHHNH.

Durant tout le salon, un dialogue pourra s'instaurer entre le public et les mycologues et botanistes de l'association et du Laboratoire de Botanique, Phytochimie et Mycologie de la Faculté de Pharmacie. Des jeux pédagogiques permettront au grand public de tester leurs connaissances mycologiques. La botanique sera aussi à l’honneur avec la présentation d’un herbier électronique.

Des visites du Musée de la Pharmacie seront aussi programmées. Entrée libre.

"Insectes et santé" en conférence

Eurêka - conférences citoyennes à Génopolys - Jeudi 21 septembre 2017

Dans le cadre des « conférences citoyennes » Eurêka, à Génopolys, Gérard Duvallet, Professeur des universités, entomologiste médical et Président de la Société d'Horticulture et d'Histoire Naturelle de l'Hérault, donnera une conférence intitulée.

La grande majorité des insectes jouent un rôle fondamental dans le fonctionnement des écosystèmes et nous rendent des services très importants : pollinisation, contrôle par prédation ou parasitisme des populations nuisantes, élimination des cadavres et des déjections, ressources alimentaires...

 Amphithéâtre de Genopolys à 18h30 - Entrée libre
Accès :Tramway ligne 1 station Occitanie. Pour les voitures, parking Occitanie.
 Bus ligne 6, arrêt Occitanie.

Le Phasme Gaulois

Photo d’un Clonopsis gallica trouvé à Balaruc le vieux

Ils ne se remarquent pas, et pour cause ils ont un pouvoir de camouflage étonnant. Il s’agit des phasmes, et ici plus particulièrement du Phasme Français. Car cet insecte à 6 pattes que l’on trouve plutôt dans les régions tropicales du globe tel le Vietnam (avec le Medauroidea Extradentata), l’inde (avec le Carausius morosus), l’Afrique du sud, la Guyane ou l’Indonésie, mais savez vous que l’on peut trouver certaines espèces dans notre région ?
On les trouve surtout dans les massifs de ronces, de lierres Ils sont, en effet, très difficiles à apercevoir dans la nature par un œil non exercé, ils prennent la couleur de leur environnement. De plus ils ressemblent à de simples brindilles et vivent la nuit.
Il n’existe en France que 3 sortes de phasmes :

  • Le Bacillus rossius
  • Le Pijnackeria masettii anciennement Pijnackeria hispanica
  • Le Clonopsis gallica appelé aussi Phasme Gaulois.

Ce dernier est le plus courant des phasmes français, sa longueur totale (sans les pattes) est d'environ 70 mm
Le Clonopsis gallica est commun dans la moitié sud du pays jusqu’en Bretagne. Ce phasme vit à une faible hauteur, entre 1 et 2 mètres, surtout sur les rosiers sauvages les lierres et les ronces, mais on le rencontre aussi sur les genêts, les aubépines et les prunelliers. Les phasmes français ne boivent pratiquement jamais, ils utilisent simplement l'eau contenue dans les plantes qu'ils mangent.
Reproduction :
Fait important, chez les phasmes français il n'existe pas de mâle, il n'y a que des femelles. Celles-ci peuvent pondre des œufs fertiles (entre 50 et 600 œufs par ans) sans fécondation. Ce mode de reproduction asexuée s'appelle la parthénogenèse thélytoque, c'est à dire qu'une femelle seule ne donne naissance qu'à des femelles. La durée de vie d’un phasme est de l’ordre de 6 à 12 mois.
L'élevage de ces trois espèces est délicat, mais possible à condition de bien respecter quelques règles, et je vous recommande l’excellent site créé par Philippe Lelong sur les phasmes pour compléter ces informations :
http://www.asper.org/france/france.htm

Georges CANTIN

Le soleil de minuit

Une solution béton pour stocker l’énergie solaire à faible coût

 

VOSS
(Volant de Stockage Solaire)

Eclaté du Volant Energiestro

Le volant ENERGIESTRO est constitué d’un cylindre (1) capable de résister à une grande vitesse de rotation pour stocker l’énergie sous forme cinétique. Un moteur/alternateur (2) permet de transférer de l’énergie électrique au volant (accélération) puis de la récupérer (freinage). Les paliers inférieur (3) et supérieur (4) sont des roulements à billes. Une butée magnétique passive (5) supporte le poids du volant. Une enceinte étanche (6) maintient le volant dans le vide pour supprimer le frottement de l’air. Un convertisseur électronique (non représenté) transforme la tension continue aux bornes du volant en une tension alternative haute fréquence pour le moteur/alternateur.

André Gennesseaux

Né en 1962, André est ingénieur des Arts et Métiers ainsi que de l’Ecole Polytechnique. En 1988, il commence une carrière de chercheur puis devient responsable de la recherche chez Total (filiales Hutchinson et Paulstra). Il travaille sur des projets concernant la réduction des nuisances des moteurs qui donnent naissance à 20 brevets dont plusieurs sont en exploitation aujourd’hui.
Avec sa femme Anne, il fonde Energiestro en 2001 avec pour objectif de développe la technologie du volant de stockage d’énergie pour réduire le coût du stockage trop élevé des batteries, et ainsi augmenter la pénétration des énergies renouvelables.

Son projet de volant de stockage solaire (VOSS) lui a permis d’être lauréate du Concours Mondial d’Innovation 2030.

 

   

Le prix des panneaux photovoltaïques a tellement baissé que l’énergie solaire est devenue moins chère que le nucléaire et les autres ressources fossiles. En plus, c’est une énergie non polluante et renouvelable. 

L’énergie solaire est aussi extrêmement abondante : une surface carrée de panneaux photovoltaïques de 500 km de coté dans le Sahara permettrait d’alimenter la planète entière en électricité.
Alors, pourquoi n’est-elle pas notre ressource principale pour produire de l’électricité, pour nous chauffer, pour nous éclairer ?  André Gennesseaux, le fondateur de la start-up « Energiestro » nous en  donne la raison :  l’intermittence du flux solaire. L’énergie solaire arrive de façon concentrée au milieu de la journée, quand l’intensité du soleil est la plus forte. En revanche, notre consommation d’énergie est régulière. La nuit, on a besoin de lumière et de chaleur.  Pour utiliser de grande quantité d’énergie solaire, le stockage est indispensable. Les batteries ne peuvent répondre au problème comte tenu de leur coût élevée et de leur faible durée de vie : elles ne dépassent pas quelques milliers de cycles et n’aiment pas les températures extrêmes.
La solution est celle des volants d’inertie, ces cylindres qui tournent à grand vitesse pour stocker l’énergie sous forme cinétique. Leur énorme avantage sur les batteries est qu’ils ont une durée de vie illimitée  mais leur matériau habituel (acier spécial ou carbone) est très cher.
André Gennesseaux, avec sa société Energiestro, a réussi ,pour la première fois, à utiliser le béton, matériau très économique pour réaliser le VOSS : VOlant de Stockage Solaire.La fabrication d’un VOSS ne nécessite aucun matériau toxique ou stratégique comme le plomb, le cadmium le  lithium qu’on trouve dans les batteries.

source :www.energiestro.fr

L’association de panneaux photovoltaïque et de VOSS produit une énergie renouvelable, disponible nuit et jour, à un prix inférieur à celle issue du nucléaire et des autres ressources fossiles.

Applications potentielles.

  • Le stockage et le lissage des énergie renouvelable intermittentes
  • l’alimentation, en électricité des sites isolés : relais de télécommunication GSM, habitation…
  • l’électrification rurale des pays en développement
  • dessalement solaire : le volant ENERGIESTRO permet d’alimenter une usine de dessalement par osmose inverse nécessitant une puissance constante à partir de panneaux photovoltaïques produisant une puissance intermittente
  • etc.

source : TedxParis/YouTube

 » pour en savoir plus :  www.energiestro.fr

L’audition des premières baleines

L’organe auditif des premières baleines, les protocètes, vient d’être reconstitué virtuellement par des paléontologues de l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE). Ces cétacés aujourd’hui éteints, étaient, malgré des moeurs essentiellement aquatiques, pourvus de membres postérieurs leur permettant de se mouvoir sur la terre ferme. La reconstitution virtuelle de leur cochlée, l’organe siège de l’audition, suggère que leurs capacités auditives étaient très différentes de celles de leurs cousins actuels.

Les protocètes, « baleines à pattes » disparues il y a 38 millions d’années, ont aujourd’hui laissé place à deux grands groupes de cétacés qui diffèrent considérablement par leur mode de communication et leurs capacités auditives. Les mysticètes, baleines à fanons, sont sensibles aux basses fréquences et émettent des infrasons pour communiquer sur de très grandes distances. Au contraire, les odontocètes, baleines à dents, produisent des ultrasons utilisés pour l’écholocalisation.

Jusqu’ici, deux hypothèses s’opposaient concernant la mise en place de ces capacités auditives remarquables : l’une proposait que l’ancêtre commun des cétacés soit sensible aux infrasons, l’autre qu’il le soit aux ultrasons. Dans une étude publiée le 8 juin 2017 dans Current Biology, Mickaël Mourlam et Maeva Orliac, paléontologues à l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE), proposent un nouveau scénario évolutif de la mise en place des capacités auditives des cétacés.

En utilisant la micro-tomographie à rayons X, les chercheurs ont extrait virtuellement le moulage 3D de la cochlée, l’organe siège de l’audition, à partir de restes crâniens fossilisés de protocètes. Ces derniers, vieux d’environ 45 millions d’années, provenaient d’une mine de phosphate du Togo et étaient conservés dans les collections de l’Université de Montpellier. Cette étude montre que la forme et les caractéristiques de la cochlée des cétacés protocètes différent nettement de celles des deux grands groupes actuels de cétacés. Cela implique que la spécialisation vers les infrasons et les ultrasons est intervenue au sein des cétacés modernes après la séparation historique entre les mysticètes et les odontocètes.

Les capacités auditives des protocètes étaient finalement proches de celles de leurs cousins ongulés pleinement terrestres : ils n’étaient vraisemblablement sensibles ni aux ultrasons, ni aux infrasons. Cette absence de spécialisation suggère que les protocètes n’utilisaient pas l’écholocalisation et, contrairement aux baleines actuelles, ne communiquaient pas sur de longues distances grâce à des basses fréquences, ce qui est en accord avec leur habitat préférentiel supposé, proche des côtes. Selon le nouveau scénario évolutif proposé, l’ancêtre commun des cétacés ne présentait pas non plus de spécialisation auditive : ses capacités couvraient une gamme de fréquence optimale à la fois sur terre et dans l’eau correspondant à son mode de vie amphibie.

Ces découvertes soulignent l’importance de l’étude des premiers cétacés pour comprendre l’adaptation à la vie aquatique chez ce groupe de mammifères hors-normes. En effet, les protocètes nous permettent d’obtenir une image plus précise de l’histoire évolutive des cétacés, qui s’avère plus complexe que celle proposée jusqu’alors. Jusqu’à présent les chercheurs ont pu documenter l’oreille de deux des trois espèces retrouvées au Togo. Ils espèrent, lors de leur prochaine mission en décembre, mettre la main sur un fossile qui leur permettra d’explorer l’oreille de la troisième.


Figure 1
: illustration du modèle 3D de la cochlée de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164, vue ventrale), une des espèces de protocète du Togo. © M. J. Orliac
Figure 2 : os pétreux isolé de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164), une des espèces de protocète du Togo et reconstruction in situ du moule de la cochlée (en rouge vif) visible au travers d'un rendu transparent de l'os pétreux (vue ventrale). © M. J. Orliac
Figure 3 : portrait d'un protocète du Togo © illustration M. J. Orliac d'après une reconstruction du crâne réalisée par Róisín Mourlam.

Bibliographie
Infrasonic and Ultrasonic Hearing Evolved after the Emergence of Modern Whales, Mickaël J. Mourlam et Maeva J. Orliac, Current Biology, 08 juin 2017. DOI: 10.1016/j.cub.2017.04.061

La Maison Tarbouriech explore les propriétés du byssus de moules

Des produits innovants et écologiques

Et si la barbe des moules était un matériau du futur ?


L’entreprise : La Maison Tarbouriech (société Medithau) située à Marseillan au bord de l’étang de Thau, conchyliculteur et leader de la production de moules et d’huîtres haut de gamme en France, se distingue par une politique de qualité à travers des démarches d’amélioration continue au service de ses produits et des consommateurs mais aussi par des efforts constants en matière d’innovation, de développement durable et d’économie circulaire.

Le byssus :
Appelé « soie marine » ou « soie des rois », ou plus trivial « barbe de moules », le byssus est une fibre naturelle fabriquée par la moule pour s’accrocher aux rochers. Il est reconnu depuis l’Antiquité pour sa souplesse, sa brillance et sa résistance. Il se compose de protéines dont le collagène, ses fibres très robustes permettent à la moule de résister aux vagues.

Le projet :
Comment valoriser les déchets conchylicoles ? Telle est la question que se pose Florent Tarbouriech au quotidien dans sa quête de développement durable depuis le début de son aventure. C’est pourquoi il s’intéresse au byssus de moules comme une matière renouvelable pouvant s’intégrer dans la conception de nouveaux produits.

La recherche :
Des réflexions et des expérimentations, sur le byssus en tant que matière première, ont été menées depuis 2011 en collaboration avec l’Ecole Supérieure d’Art et de design de Saint-Etienne et se poursuivent depuis au sein du laboratoire Prod’IA.

Ambitions :
Fortement engagée dans une démarche d’éco-conception, la Maison Tarbouriech a la volonté de valoriser les nombreuses propriétés du byssus dans la création de produits innovants et respectueux de l’environnement.
Grâce à la valorisation des biomatériaux tels que le byssus, des papiers de création destinés aux artistes ont été mis au point.
Mais les ambitions de l’entreprise ne s’arrêtent pas là : Des résultats prometteurs sont enregistrés dans l’élaboration de tissus techniques, de matériaux propres à l’ameublement et à la décoration, ou encore dans les cosmétiques.

lire aussi les moules utiles à la science

Traquez le tueur de Palmier avec le Cirad

Les chercheurs du Cirad ont besoin de vous pour lutter contre le sphinx du palmier, redoutable papillon palmivore originaire d’Amérique du Sud. Vos palmiers sont infectés et vous envisagez un abattage ? Contactez le Cirad !

Le sphinx du palmier (Paysandisia archon) est un papillon qui ne passe pas inaperçu : certain représentants de cette espèce peuvent atteindre 11 cm d’envergure. Ce n’est toutefois pas sa taille qui a valu sa célébrité à ce papillon d'origine sud-américaine, mais bien les ravages que ses chenilles causent aux palmiers.

Identifié pour la première fois en France en 2001, dans le Var, ce papillon s’est rapidement répandu dans les départements voisins. Probablement introduit en Europe via le commerce de palmiers avec l’Amérique du Sud, au milieu des années 1990, ce terrible passager clandestin s’est bien implanté dans son nouvel environnement, et y a rapidement progressé. Paysandisia est aujourd’hui le plus important ravageur de palmiers du Languedoc-Roussillon : il provoque la régression de certaines espèces, voire les menace d'extinction.

Les scientifiques du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) étudient ce redoutable nuisible afin de mieux le comprendre et d'améliorer les moyens de lutte en protégeant les palmiers des pontes. Pour y parvenir, ils ont notamment besoin de cocons et de chenilles contenus dans les stipes de palmiers infestés.

La période de travail est relativement courte : l’activité du papillon peut commencer mi-juin, pour atteindre un pic durant les quinze premiers jours de juillet. La collecte des cocons doit donc s’effectuer en amont, soit en mai et juin. Si vous abattez votre palmier, contactez le Cirad : ses chercheurs se déplaceront chez vous, selon vos disponibilités, pour collecter des échantillons. Vous participerez ainsi à la production des connaissances qui permettront peut-être un jour de sauver les palmiers méditerranéens.

CONTACTS :
Laurence OLLIVIER : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Frédéric DEDIEU : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
tél : 06.98.53.83.93