2017 : année de la Colombie

« Assurément, le cinéma sud-américain me touche et m’interpelle. Comment en serait-il autrement pour moi qui ai la chance de rencontrer les peuples de ce continent confrontés à la dure réalité du monde. Ce cinéma leur donne la parole, ils ont tant à nous dire et nous apprendre. Il est émouvant, réaliste et vrai, comme l’âme de ces peuples. Souvent fusionnel et engagé comme l’amour, violent comme la haine, baroque comme la sculpture des vieilles basiliques de ces pays, et ses scènes s’enchainent comme se danse un tango dans le quartier San Telmo. (Je prépare d’ailleurs un documentaire sur ces peuples). Alors, avant l’appareillage : bon vent au 12 ème Festival de Montpellier, bien généreuse initiative ». Christian Puech (explorateur-photographe)

Nouveauté: "Espèces menacées"

Espèces menacées, film français réalisé par Gilles Bourdos. Avec Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Suzanne Clément..

En 2003, l’américain Richard Bausch publiait un recueil de nouvelles intitulé “Espèces menacées”. Les espèces menacées en sont une essentiellement, la nôtre, humains incapables d’exprimer ses sentiments et empêtrés dans des problèmes relationnels de couple ou de famille. Gilles Bourdos, épaulé au scénario de Michel Spinosa, choisit d’en adapter trois dans son film éponyme qu’il tâche à la Robert Altman d’entremêler. On ne peut pas vraiment dire que l’exercice est raté. La réalisation est élégante et les personnages parviennent à se croiser de façon naturelle. Néanmoins il y a un véritable déséquilibre entre l’histoire première, celle de l’incipit du film très fort qui voit en quelques plans l’union et l’annonce de la désunion de Joséphine et Tomasz, et les deux autres, mineures. Du coup, malgré le naturel des rencontres, l’ensemble est artificiel, comme un exercice de style à la démonstration pas assez convaincante et c’est un peu dommage parce qu’il y avait de la matière dans cette histoire à la fois d’amour, de violence conjugale et de fracture familiale. Alice Isaaz joue là certainement son rôle le plus fort, Vincent Rottiers semble habité et Grégory Gadebois est très juste et touchant dans le rôle de ce père impuissant et maladroit. Les autres acteurs ne déméritent pas (Eric Elmosnino, Alice de Lencquesaing, Damien Chapelle et surtout Brigitte Catillon) mais leurs personnages ont moins d’ampleur. - D.C Mon Ciné à moi

Sète à la Mostra

Abdellatif Kechiche a présenté son dernier film tourné à Sète" Mektoub, my love : canto uno" à la Mostra.

 Dans "Mektoub, my love: canto uno", dévoilé jeudi à Venise, Abdellatif Kechiche ne se lasse pas de filmer les fesses rebondies de jeunes femmes libres et sensuelles, dénuées de préjugés racistes, dans un « hymne à la vie, à l'amour, aux corps, à l'avenir ».

«"Mektoub", c'est le destin, le karma. Le film dans son ensemble pose la question du destin. "My love" parce qu'on a souvent conscience du destin dans les rapports amoureux », a décrit jeudi le cinéaste franco-tunisien, dissimulé derrière des lunettes noires pour affronter un parterre de critiques partagés.

Kechiche - Palme d'or à Cannes pour La vie d'Adèle (2013), la passion entre deux jeunes femmes crûment filmée - a présenté à la Mostra le premier volet, de trois heures, d'un triptyque frémissant des amours de jeunesse et de l'éclosion à la vie adulte.

C'est l'été dans la ville portuaire de Sète et la caméra très baladeuse décortique de ravissantes jeunes étudiantes en vacances, toutes en mini-shorts, robes courtes moulantes ou maillots de bain. Et toutes très réceptives à la « drague » appuyée des jeunes hommes du coin d'origine tunisienne (« si la beauté était un crime tu aurais fait perpète »). Un regard très masculin qui a choqué certaines spectatrices pointant l'absence de gros plans sur l'arrière-train des interprètes masculins. « Il n'y a rien de machiste dans mon approche, je décris plutôt des femmes fortes, puissantes et libres », s'est défendu Kechiche. « On entre dans un film ou pas ».  « Ton impressionniste » Amin, joué par l'acteur débutant Shaïn Boumédine, un jeune homme doux qui rêve de devenir réalisateur, revient dans sa ville natale. Il y retrouve ses amis d'enfance, observe le monde sexué qui l'entoure et devient le confident amoureux des jeunes femmes en peine. L'aspirant cinéaste attend sans aucun doute que le « destin » lui fasse rencontrer l'amour, mais en attendant il prend des photos pour nourrir son inspiration créative. « J'ai voulu donner à ce film un ton impressionniste, qu'on en sorte avec légèreté », explique Kechiche.

On retrouve dans un rôle secondaire l'actrice Hafsia Herzi, qui avait percé à 18 ans avec La graine et le mulet (2007) du même auteur. « La plupart des acteurs apparaissent pour la première fois à l'écran », s'émerveille le réalisateur, dont la marque de fabrique reste ses dialogues naturalistes (« il a grave changé »). L'action, qui se passe au début des années 90, laisse transparaître un univers complètement dénué des tensions culturelles et religieuses qui alimentent aujourd'hui l'actualité française. « Cette époque que je décris est réelle. Je crois qu'avant le début de ce siècle, les gens vivaient de façon plus harmonieuse, jusqu'à ce que les temps changent », a commenté le cinéaste franco-tunisien de 56 ans, qui a grandi dans un quartier ouvrier de Nice. Dans une note d'intention de film, il est néanmoins plus explicite: « il y a une fissure dans la société, il est nécessaire de comprendre son origine. La France n'est pas un pays de race blanche, c'est une nation multiculturelle et multireligieuse ».

La Métropole fait son cinéma tout le mois d'août

Du 1er au 31 août, pour la 13e édition de La Métropole fait son cinéma Montpellier Méditerranée Métropole  convie les habitants du territoire à une invitation au voyage. 

Le thème sera décliné sous toutes ses formes à travers une sélection de 10 films : la découverte de contrées lointaines, le voyage-aventure, le voyage dans l’espace, le voyage dans le temps, le voyage initiatique. Toutes les projections gratuites auront lieu à partir de 21 h dans chaque commune de la métropole, dans un parc de château, dans une carrière.

Tout le programme dans les communes de Montpellier3M

Projection en piscine
Pour la troisième année consécutive, La Métropole fait son cinéma, propose une projection dans une piscine de son territoire.
Cette année, la séance aura lieu le vendredi 11 août au sein de la piscine Jean Vivès à Montpellier.* Le film pourra être visionné depuis des fauteuils gonflables sur l’eau ou depuis la pelouse.

*Soirée spéciale piscine avenue Maurin Montpellier : séance gratuite avec réservation préalable obligatoire sur place à partir du 31 juillet 2017 à 11 h.
Le film pourra être visionné depuis des fauteuils gonflables sur l’eau ou depuis la pelouse.

Les Nuits d'O sont de retour

Dans la pinède du domaine d'O à Montpellier, six belles soirées sous les étoiles sont proposées à la fin du mois d'août et ont toujours autant de succès depuis 2003.

Musique et cinéma en plein air sont les piliers de ce festival depuis quatorze ans qui se déroule autour de grandes soirées thématiques : Nuit frères et sœurs, Nuit Hongrie, Nuit Surf, Nuit cabaret, Nuit twist & shout, Nuit Argentine ... les Nuits d'O proposent toujours une programmation originale avec, pour chaque soirée, un concert dans la pinède suivi d'une projection de film puis d'un concert sous chapiteau. La billetterie est ouverte depuis le 11 juillet et le concept séduit toujours autant. il est donc recommandé de réserver sa place sans attendre.

Programme du 24 août au 2 septembre 2017

Concerts dans la pinède à 20 h, films en plein air à 21 h 30 dans l'amphithéâtre et DJ set côté bistrot sur le thème de la soirée
à 23 h 30. 
24 août, Nuit frères et sœurs : Concert Eyo’nlé brass band, film "Mon frère est fils unique"
25 août, Nuit Hongrie : Concert Söndörgö, musique traditionnelle hongroise et énergie rock,  film "The Grand Budapest Hotel"
26 août, Nuit surf : Concert Papooz, film "Love & mercy", La véritable histoire de Brian Wilson des Beach Boys
31 août, Nuit cabaret : Concert Gabby Young & others animals, film "Cabaret"
1er septembre, Nuit twist & shout : Concert Yiddish Twist Orchestra, film "Dalton Trumbo"
2 septembre, Nuit Argentine : Concert Otros Aires, film "Les nouveaux sauvages".

Domaine d'O  accueil dès 19h
178, rue de la Carriérasse Montpellier
Pour réserver : 0800 200 165
Tarif unique : 7€
Pour y accéder : tram ligne 1 - arrêts Malbosc ou château d'O

Nouveauté : Love Hunters

LOVE HUNTERS, un film australien de Ben young, qui a fait sensation aux festivals de Venise (Prix d’Interprétation Féminine), Tribeca, Bruxelles (Prix de la Meilleure réalisation, Prix d’Interprétation Féminine), et Austin (SXSW) !  Avec Ashleigh Cummings, Emma Booth, Stephen Curry.

S’inspirant de vrais couples meurtriers, le encore jeune Ben Young signe un premier film à la fois captivant et malaisant, un vrai thriller comme on aimerait en voir plus souvent.

C’est vrai qu’en regardant Love hunters (”Hounds of love” dans sa version originale, qui signifie sensiblement la même chose, puisque le “hound” est le chien de chasse en anglais), on ne peut s’empêcher de penser à l’intérêt de ces femmes, complices mais à quel point? de meurtres sordides. C’est à la personnalité présumée de l’une d’entre elles que Ben Young décide de s’intéresser en focalisant finalement son film plus sur la femme et ses relations tour à tour à la victime et à son compagnon criminel.
Le film commence au ralenti, des jeunes lycéennes font du sport sur le terrain de sport de l’école. Nos chasseurs sont à l’affût. C’est la femme - comme bien souvent dans ce genre d’affaire - qui aborde la victime. Le petit manège se répète un soir. Vicki vient de se disputer avec sa mère à qui elle en veut d’avoir quitté son père. Elle sort en cachette de sa chambre pour se rendre à une soirée à laquelle on lui a formellement interdit d’aller.
Arrive ce qui doit arriver. Malgré ses premières réticences, la jeune fille rassurée par la présence de Evie et de sièges-auto enfant à l’arrière de la voiture se laisse embarquer chez le couple diabolique. Durant les trois quarts du film, nous allons vivre son calvaire de l’intérieur. Ben Young réussit ainsi là où M. Night Shyamalan échouait dans Split en faisant monter la tension progressivement et en réussissant à nous y maintenir tout au long du film.
La psychologie criminelle est tout aussi simpliste que plausible. Les crimes les plus affreux tiennent parfois à peu de choses. L’horreur naît tant du réalisme du film, de sa mise en scène qui suggère plus qu’elle ne montre et des trois acteurs tous impeccables dans leur rôle respectif (Emma Booth, Ashley Cummings et Stephen Curry). Si on ajoute à cela une bande originale au poil - avec pour climax “Atmosphere” de Joy Division - on peut dire qu’on n’est pas loin de la perfection.

D.C.

Nouveauté : Aurore

De Blandine Lenoir
Avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot

Synopsis :
Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

Aurore : Photo Agnès Jaoui

L'avis du cinéphile
Elle s’appelle Aurore et pourtant si on en croit la société et les premières bouffées de chaleur qui l’assaillent, elle serait plutôt au crépuscule de sa vie. Le premier film de Blandine Lenoir (qui, si ce n’est un pseudo, a des parents avec un certain sens de l’humour) est une agréable comédie, aux accents féministes revendiqués, avec sans doute quelques poncifs sur la ménopause mais qui ne desservent pas l’ensemble. Agnès Jaoui incarne de façon décomplexée cette quinquagénaire, ménopausée certes, bientôt grand-mère et dans une situation professionnelle et donc financière précaire mais qui n’est pas près à renoncer à vivre pour autant. Le film met en exergue une solidarité féminine bon enfant et la maison d’Aurore prend à un moment des allures de gynécée lorsque toutes se retrouvent allongées côte à côte. Les hommes n’ont pas toujours la part belle mais ils sont loin d’être mis au pilori non plus et c’est pour mieux mettre en valeur l’amour de jeunesse, Totoche, toujours égal à lui-même. Thibault de Montalembert, avantagé par la barbe, le joue avec beaucoup d’élégance et de charme et on comprend l’engouement d’Aurore à vouloir raviver la flamme. Le film est parsemé de petites scènes savoureuses et on rit ou sourit souvent. Bon, le happy end n’était peut-être pas indispensable mais il va de pair avec la légèreté de ton du film. - Mon ciné à moi

Le ciné s'invite au Musée Fabre

Dans le cadre de l'exposition L'Art et la matière, le ciné s'invite au musée


Extrait du film Vertigo

Comment le cinéma permet-il de rendre compte des sensations ? Le musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole et le ciné-club Jean Vigo de Montpellier s’associent pour proposer deux projections en résonance avec l’exposition "L’Art et la Matière - Galerie de sculptures à toucher" ouverte au public jusqu'au 28 mai 2017. Cette question essentielle sera présentée, abordée et débattue dans la plus pure veine du ciné-club.

Vertigo (Sueurs froides) - Alfred Hitchcock
ÉTATS-UNIS - 1958 - 2h08 - COULEURS
Réalisation : Alfred Hitchcock - Scénario : Alec Coppel, Samuel A. Taylor d'après le roman D'entre les morts de Pierre Boileau et Thomas Narcejac. Interprétation : James Stewart, Kim Novak, Barbra Bel Geddes.
John Ferguson dit "Scotty", un ancien policier souffrant de vertige, revoit un de ses anciens amis, Gavin Elster, qui lui propose d'enquêter sur sa femme Madeleine qui semble perdre la raison.
Samedi 22 avril 2017 - 15h

Blow out - Brian De Palma
ÉTATS-UNIS - 1981 - 1h47 - COULEURS
Réalisation : Brian De Palma - Scénario : Brin De Palma, Bill Mesce Jr - Image : Vilmos Zsigmond - Montage : Paul Hirsch - Musique : Pino Donaggio - Producteur : George Litto - Interprétation : John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow.
Jack Terry est ingénieur du son pour le cinéma. Lorsqu’une nuit il enrichit sa banque de données sonores à l’aide de son magnétophone, il enregistre par hasard le son d’un accident de voiture. En ré-écoutant la bande, il découvre que le dérapage des pneus est précédé d’une détonation qui ressemble beaucoup à celle d’un coup de feu.
Samedi 13 mai 2017 - 15h

Informations pratiques
Projections à l’auditorium du musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle
34000 Montpellier

Plein tarif : 7 €
Pass’Métropole : 6 €
Abonnés musée et ciné-club : 5 €
Programmation complète de ces rencontres à retrouver sur www.museefabre.fr et www.cineclubjeanvigo.fr
 

Ciné Club Jean Vigo en avril

 

Les Yeux sans visage
Jeudi 20 avril
Le professeur Genessier, spécialiste de chirurgie esthétique, donne des conférences sur ses recherches. Il vient de perdre sa femme et sa fille dans un accident et reconnaît le corps de celle-ci à la morgue. Assisté de sa secrétaire d’origine étrangère, il vit reclus dans une vaste …

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Hara-Kiri
Jeudi 27 avril
L'action se déroule au début du XVIIe siècle au Japon. Un samouraï, Tsugumo, demande au clan Li l'autorisation de pouvoir utiliser leur jardin pour se faire hara-kiri plutôt que de vivre dans la honte et la misère. Il réclame trois hommes du clan pour se faire assister. Ces derniers se récusent sous différents prétextes…
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Le musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole et le Ciné-club Jean Vigo de Montpellier s’associent pour proposer une série de projections en résonance avec l’exposition L’Art et la Matière.

Comment le cinéma permet-il de rendre compte des sensations ?
Une question essentielle qui sera notamment présentée, abordée et débattue dans la plus pure veine du ciné-club.

Vertigo (Sueurs froides)
Avec : James Stewart, Kim Novak, Barbara Bel Geddes

Samedi 22 avril 2017
15h à l’auditorium du musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle 34000 Montpellier

Plein tarif 7 €
Pass’Métropole 6 €
Abonnés musée et ciné-club 5 €

 

Loi relative à la liberté de la création

Lettre ouverte du  Président de la Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée à Audrey Azoulay, ministre de la culture et de la communication.

    Madame la Ministre,

    La Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée (FCCM) compte aujourd’hui 55 ciné-clubs adhérents, soit un grand nombre de bénévoles qui organisent près de 700 séances non commerciales par an et totalisent près de 50 000 spectateurs. La FCCM c’est aussi la Rencontre cinématographique de Pézenas qui en était à sa 55e édition en février dernier (+ de 4000 entrées), le Festival des solidarités et du cinéma qui propose des séances gratuites aux publics des agences médico-sociales de Béziers (+ de 1000 spectateurs), c’est également l'accompagnement des séances École et cinéma dans cette même ville et la coordination d’ateliers auprès des jeunes des quartiers dans le cadre du dispositif Passeurs d'Images. C’est, enfin, 4 salariés en CDI (3 ETP).

    L'ordonnance, qui sera promulguée le 24 avril et qui supprime l'obligation pour les ciné-clubs d'adhérer à une fédération et repousse le délai de programmation des films à 2 ans après leur sortie en salle, condamne à terme la FCCM à la disparition, et menace un des fondements de l'action des ciné-clubs.
Ainsi, le délai de deux ans va annihiler toute stratégie destinée à mixer les publics, développer leur curiosité. En effet, la grande majorité des ciné-clubs conjuguent dans leur programmation films du patrimoine, films consensuels récents (donc pas encore usés par les passages télé et sorties vidéo), films jeune public et films fragiles peu vus et récents. Une adhésion à l'année, donnant l'entrée à toute les séances pour une somme modique, entraîne chacun, quelles que soient ses préférences, à découvrir des œuvres qu'à priori, il ne choisirait pas. Et là, les ciné-clubs jouent leur rôle éducatif en élargissant le public de tous types de films.
Cela sera particulièrement préjudiciable pour les zones rurales, où nos ciné-clubs ne pourront plus compenser l'absence d'offre due au fort éloignement des salles commerciales.
Depuis des dizaines d'années, nous guidons les nouveaux ciné-clubs, les conseillons, les formons, les documentons et menons des actions communes en direction de tous les publics en portant les valeurs de l'éducation populaire.

    Nous sommes le garant du paiement des droits de projection aux bons ayant droits (certaines sociétés notamment référencées sur le site du CNC revendiquent de manière indue les droits vidéo), avançons les fonds et prenons les frais à notre charge en cas de défaillance financière d'un ciné-club. Nous travaillons ainsi de concert avec les distributeurs, dans un cadre de confiance mutuelle : la centralisation des programmations de ciné-clubs par les fédérations permet aux distributeurs, notamment les plus fragiles, de n'être en compte qu'avec une seule structure apte à payer les droits avant la projection, tout en leur garantissant le cadre légal de ces séances. En contre-partie nous négocions pour les ciné-clubs un tarif forfaitaire préférentiel à but incitatif. Chaque année, c'est près de 100 000€ que nous payons aux distributeurs. La libéralisation fait miroiter la baisse des coûts par le jeu de la concurrence, mais entre qui et qui ? Les distributeurs et ceux qui ont aujourd'hui les droits institutionnels ? Ce serait grave car ce serait au détriment des premiers : ceux qui prennent des risques quand ils achètent un film,
 
    Ne faire du cinéma qu'un objet de consommation, même à des fins culturelles, est réducteur et n'offre aucun moyen de répondre aux défis que nous lance la société actuelle : former des citoyens, créer des conditions du vivre ensemble, ce qui de fait favorise la qualité des rapports sociaux.
 
    La FCCM et ses ciné-clubs irriguent le territoire, favorisant la rencontre des publics en allant au plus près de ceux qui pour diverses raisons sont ou se sont éloignés de la chose commune. Il faut une volonté politique pour respecter deux des objectifs de l’article 3 de la loi (voir ci-dessous) en allant au-delà des intérêts égoïstes, alors que la fréquentation en salle ne cesse d'augmenter.

«  7° Garantir, dans le respect de l'équité territoriale, l'égal accès des citoyens à la création artistique et favoriser l'accès du public le plus large aux œuvres de la création, dans une perspective d'émancipation individuelle et collective, et mettre en valeur ces œuvres dans l'espace public par des dispositifs de soutien adaptés, dans le respect des droits des auteurs et des artistes ; »

« 9° Mettre en œuvre, à destination de toutes les personnes, notamment de celles qui sont les plus éloignées de la culture, des publics spécifiques, ainsi que des jeunes, des actions d'éducation artistique et culturelle permettant l'épanouissement des aptitudes individuelles et favorisant l'égalité d'accès à la culture, en veillant notamment à la conception et à la mise en œuvre du parcours d'éducation artistique et culturelle mentionné à l'article L. 121-6 du code de l'éducation et en favorisant l'implication des artistes dans le cadre de leur activité professionnelle ; »

Malheureusement, l'ordonnance en préparation va à l'encontre de ces dispositions car sans opérateur fiable sur le terrain, ce ne sont que vœux pieux. Entraver les ciné-clubs, le travail des bénévoles au quotidien, supprimer les synergies dégagées dans un réseau dont les finalités, les actions sont guidées par les valeurs de l'éducation populaire est un non-sens — alors que le CNC, les rédacteurs des ordonnances devraient faciliter les opérateurs dont les actions répondent aux attentes de ces deux objectifs de l’article 3 de la loi.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l'expression de ma plus haute considération.

André Blasco
Président de la Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée

Cinéma au Musée Fabre

Dans le cadre de l'exposition L'Art et la matière, le ciné s'invite au musée

Comment le cinéma permet-il de rendre compte des sensations ? Le musée Fabre de Montpellier Méditerranée Métropole et le ciné-club Jean Vigo de Montpellier s’associent pour proposer trois projections en résonance avec l’exposition "L’Art et la Matière - Galerie de sculptures à toucher" ouverte au public jusqu'au 28 mai 2017. Cette question essentielle sera présentée, abordée et débattue dans la plus pure veine du ciné-club.

City lights (Les Lumières de la ville) - Charles Chaplin
ÉTATS-UNIS - 1931 - 1h27 - N&B
Réalisation, scénario, montage et production : Charles Chaplin - Société de distribution : United Artists - Photographie : Roland Totheroh - Interprétation : Charles Chaplin, Virginia Cherrill.
Charlot vagabond vient en aide à une jeune fleuriste aveugle et se fait passer pour un homme riche. À force de travail, il réunit assez d'argent pour que la jeune fille recouvre la vue.
Samedi 11 mars 2017 - 15h

Vertigo (Sueurs froides) - Alfred Hitchcock
ÉTATS-UNIS - 1958 - 2h08 - COULEURS
Réalisation : Alfred Hitchcock - Scénario : Alec Coppel, Samuel A. Taylor d'après le roman D'entre les morts de Pierre Boileau et Thomas Narcejac. Interprétation : James Stewart, Kim Novak, Barbra Bel Geddes.
John Ferguson dit "Scotty", un ancien policier souffrant de vertige, revoit un de ses anciens amis, Gavin Elster, qui lui propose d'enquêter sur sa femme Madeleine qui semble perdre la raison.
Samedi 22 avril 2017 - 15h

Blow out - Brian De Palma
ÉTATS-UNIS - 1981 - 1h47 - COULEURS
Réalisation : Brian De Palma - Scénario : Brin De Palma, Bill Mesce Jr - Image : Vilmos Zsigmond - Montage : Paul Hirsch - Musique : Pino Donaggio - Producteur : George Litto - Interprétation : John Travolta, Nancy Allen, John Lithgow.
Jack Terry est ingénieur du son pour le cinéma. Lorsqu’une nuit il enrichit sa banque de données sonores à l’aide de son magnétophone, il enregistre par hasard le son d’un accident de voiture. En ré-écoutant la bande, il découvre que le dérapage des pneus est précédé d’une détonation qui ressemble beaucoup à celle d’un coup de feu.
Samedi 13 mai 2017 - 15h

Informations pratiques
Projections à l’auditorium du musée Fabre
39, boulevard Bonne Nouvelle
34000 Montpellier

Plein tarif : 7 €
Pass’Métropole : 6 €
Abonnés musée et ciné-club : 5 €
Programmation complète de ces rencontres à retrouver sur www.museefabre.fr et www.cineclubjeanvigo.fr