Oscar d'honneur à Hollywood pour Agnès Varda

Ce 11 novembre, Agnès Varda recevra un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Une récompense qui vient saluer son parcours singulier, 60 ans de cinéma et près de trente films.

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Touchée par le fait qu'on l'on ait pensé à elle. "Je suis une petite reine dans la marge du cinéma", a-t-elle déclaré.

La notoriété d'Agnès Varda et surtout ses réalisations et récompenses d'une certaine façon font aussi d'elle une Grande ambassadrice de Sète. Avec son accord elle était d'ailleurs associée aux festivités de la Saint Louis 2017, avec ses tournois de joutes qu'elle apprécie énormément.

En 1954, à ses débuts, elle avait tourné à la Pointe Courte avec des résidents de ce très beau quartier.

"De La Pointe Courte aux Plages d'Agnès, de La mer Etsetera à Y'a pas que la mer, la réalisatrice et plasticienne n'a cessé de puiser dans l'Ile singulière matière à son inspiration. En 2015, Agnès Varda recevait lors de la cérémonie de clôture du 68e festival de Cannes une palme d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. Et il y a forcément un peu de Sète dans cette prestigieuse distinction accordée avant elle aux seuls Woody Allen, Manoel de Oliveira, Clint Eastwood et Bernardo Bertolucci, et pour la première fois à une femme."

 "Aujourd'hui à Sète... Une école Agnès-Varda a été inaugurée aux Métairies en 2005 en présence de la réalisatrice. A la Pointe Courte, une traverse Agnès-Varda va de la promenade Louis-Vaillé au quai du Mistral. Pour le centenaire de la naissance de Jean Vilar, Agnès-Varda a exposé des photos d'Avignon dans la maison des Vilar. Ses amis se nomment aussi Lubrano, Biascamano, Calli... et aussi le sénateur-maire François Commeinhes... parmi beaucoup d'autres Sétois. En juin dernier, elle acceptait d’être l’ambassadrice d’une campagne nationale d’image lancée par la Ville et portée par six grands artistes attachés à Sète. Elle rendait ainsi hommage à sa muse et écrit de sa plume ces mots : “Sète m’amuse et m’inspire. J’y ai tourné en 54 “La Pointe Courte” et ses joutes et en 2005 “Les plages” et ses joutes. Quel bonheur !” En juillet, elle participait à la deuxième édition du SunSète Festival dédié au cinéma."

Elle y présentait avec son complice JR son dernier documentaire “Visages, villages”, tout juste récompensé par le prix de l’Oeil d’Or à Cannes.

 

AGNÈS VARDA ET SÈTE : UNE HISTOIRE D'AMOUR 

Cette histoire d'amour commence en 1940, alors qu'Agnès Varda fuit la Belgique bombardée avec sa mère et ses 4 frères et sœurs. Et c'est à Sète, sur un bateau amarré face au palais consulaire que la famille va trouver refuge. Agnès a alors 12 ans et se lie d'amitié avec les filles Schlegel, qui habitent en face, sur le quai Pasteur. Elle passera là une adolescence heureuse et insouciante. Dans les années 50, elle part étudier la photo à l'école du Louvre à Paris. Elle obtient un diplôme de photographie. A Sète, son amie Andrée Schlegel épouse un certain Jean Vilar. Le lien est fait.

Varda rejoint Jean Vilar à Avignon : il vient de créer deux ans plus tôt le célèbre festival de théâtre. Elle devient photographe de plateau pour le TNP et se fait connaître grâce à ses clichés de Gérard Philipe ou Maria Casarès. Mais fidèlement, elle revient à Sète. La Pointe Courte l’inspire. Sa lumière écrasante, sa rencontre avec les pêcheurs lui donnent l’idée de réaliser en 1954 un film éponyme, son premier film, qui rend ce quartier de Sète quasi-mythique. C'est parmi les acteurs du TNP qu'elle choisit Silvia Monfort et Philippe Noiret (débutants au cinéma) pour ce premier long métrage. Réalisé en 35 mm avec des moyens de fortune et hors du circuit économique traditionnel, ce dialogue d'un couple qui fait le point sur fond de chronique néo-réaliste d'un village de pêcheurs apporte un souffle de liberté au cinéma français et réunit toutes les caractéristiques de ce que sera la “Nouvelle vague”.

Plus d'un demi-siècle après La Pointe Courte, elle boucle la boucle, et tourne notamment à Sète “Les Plages d'Agnès”, un émouvant autoportrait où elle revient sur sa vie et sur son travail. Elle obtient le César du meilleur film documentaire lors de la 34e cérémonie des César.Sa carrière ne l’éloigne jamais bien longtemps de son port d’attache. Elle s’investit dans la vie culturelle de l’île singulière. Au printemps 2009, elle s’installe au Centre Régional d'Art Contemporain avec une exposition intitulée “La mer ...Etsetera”. Des souvenirs toujours.

En 2011, elle investit le Musée Paul-Valéry cette fois, et prend avec “Y'a pas que la mer” le contre-pied de son précédent travail dans un lieu d'où on ne peut échapper au spectacle de la mer... Et puis il y aura aussi en décembre suivant “Agnès de ci de là Varda”, 5 épisodes de 45 minutes diffusés sur Arte. Sète sera présente dans le 4e avec l'évocation entre autres de Soulages et de deux pêcheurs sétois.

   

2017 : année de la Colombie

« Assurément, le cinéma sud-américain me touche et m’interpelle. Comment en serait-il autrement pour moi qui ai la chance de rencontrer les peuples de ce continent confrontés à la dure réalité du monde. Ce cinéma leur donne la parole, ils ont tant à nous dire et nous apprendre. Il est émouvant, réaliste et vrai, comme l’âme de ces peuples. Souvent fusionnel et engagé comme l’amour, violent comme la haine, baroque comme la sculpture des vieilles basiliques de ces pays, et ses scènes s’enchainent comme se danse un tango dans le quartier San Telmo. (Je prépare d’ailleurs un documentaire sur ces peuples). Alors, avant l’appareillage : bon vent au 12 ème Festival de Montpellier, bien généreuse initiative ». Christian Puech (explorateur-photographe)

Nouveauté: "Espèces menacées"

Espèces menacées, film français réalisé par Gilles Bourdos. Avec Alice Isaaz, Vincent Rottiers, Grégory Gadebois, Suzanne Clément..

En 2003, l’américain Richard Bausch publiait un recueil de nouvelles intitulé “Espèces menacées”. Les espèces menacées en sont une essentiellement, la nôtre, humains incapables d’exprimer ses sentiments et empêtrés dans des problèmes relationnels de couple ou de famille. Gilles Bourdos, épaulé au scénario de Michel Spinosa, choisit d’en adapter trois dans son film éponyme qu’il tâche à la Robert Altman d’entremêler. On ne peut pas vraiment dire que l’exercice est raté. La réalisation est élégante et les personnages parviennent à se croiser de façon naturelle. Néanmoins il y a un véritable déséquilibre entre l’histoire première, celle de l’incipit du film très fort qui voit en quelques plans l’union et l’annonce de la désunion de Joséphine et Tomasz, et les deux autres, mineures. Du coup, malgré le naturel des rencontres, l’ensemble est artificiel, comme un exercice de style à la démonstration pas assez convaincante et c’est un peu dommage parce qu’il y avait de la matière dans cette histoire à la fois d’amour, de violence conjugale et de fracture familiale. Alice Isaaz joue là certainement son rôle le plus fort, Vincent Rottiers semble habité et Grégory Gadebois est très juste et touchant dans le rôle de ce père impuissant et maladroit. Les autres acteurs ne déméritent pas (Eric Elmosnino, Alice de Lencquesaing, Damien Chapelle et surtout Brigitte Catillon) mais leurs personnages ont moins d’ampleur. - D.C Mon Ciné à moi

Sète à la Mostra

Abdellatif Kechiche a présenté son dernier film tourné à Sète" Mektoub, my love : canto uno" à la Mostra.

 Dans "Mektoub, my love: canto uno", dévoilé jeudi à Venise, Abdellatif Kechiche ne se lasse pas de filmer les fesses rebondies de jeunes femmes libres et sensuelles, dénuées de préjugés racistes, dans un « hymne à la vie, à l'amour, aux corps, à l'avenir ».

«"Mektoub", c'est le destin, le karma. Le film dans son ensemble pose la question du destin. "My love" parce qu'on a souvent conscience du destin dans les rapports amoureux », a décrit jeudi le cinéaste franco-tunisien, dissimulé derrière des lunettes noires pour affronter un parterre de critiques partagés.

Kechiche - Palme d'or à Cannes pour La vie d'Adèle (2013), la passion entre deux jeunes femmes crûment filmée - a présenté à la Mostra le premier volet, de trois heures, d'un triptyque frémissant des amours de jeunesse et de l'éclosion à la vie adulte.

C'est l'été dans la ville portuaire de Sète et la caméra très baladeuse décortique de ravissantes jeunes étudiantes en vacances, toutes en mini-shorts, robes courtes moulantes ou maillots de bain. Et toutes très réceptives à la « drague » appuyée des jeunes hommes du coin d'origine tunisienne (« si la beauté était un crime tu aurais fait perpète »). Un regard très masculin qui a choqué certaines spectatrices pointant l'absence de gros plans sur l'arrière-train des interprètes masculins. « Il n'y a rien de machiste dans mon approche, je décris plutôt des femmes fortes, puissantes et libres », s'est défendu Kechiche. « On entre dans un film ou pas ».  « Ton impressionniste » Amin, joué par l'acteur débutant Shaïn Boumédine, un jeune homme doux qui rêve de devenir réalisateur, revient dans sa ville natale. Il y retrouve ses amis d'enfance, observe le monde sexué qui l'entoure et devient le confident amoureux des jeunes femmes en peine. L'aspirant cinéaste attend sans aucun doute que le « destin » lui fasse rencontrer l'amour, mais en attendant il prend des photos pour nourrir son inspiration créative. « J'ai voulu donner à ce film un ton impressionniste, qu'on en sorte avec légèreté », explique Kechiche.

On retrouve dans un rôle secondaire l'actrice Hafsia Herzi, qui avait percé à 18 ans avec La graine et le mulet (2007) du même auteur. « La plupart des acteurs apparaissent pour la première fois à l'écran », s'émerveille le réalisateur, dont la marque de fabrique reste ses dialogues naturalistes (« il a grave changé »). L'action, qui se passe au début des années 90, laisse transparaître un univers complètement dénué des tensions culturelles et religieuses qui alimentent aujourd'hui l'actualité française. « Cette époque que je décris est réelle. Je crois qu'avant le début de ce siècle, les gens vivaient de façon plus harmonieuse, jusqu'à ce que les temps changent », a commenté le cinéaste franco-tunisien de 56 ans, qui a grandi dans un quartier ouvrier de Nice. Dans une note d'intention de film, il est néanmoins plus explicite: « il y a une fissure dans la société, il est nécessaire de comprendre son origine. La France n'est pas un pays de race blanche, c'est une nation multiculturelle et multireligieuse ».

Nouveauté : Love Hunters

LOVE HUNTERS, un film australien de Ben young, qui a fait sensation aux festivals de Venise (Prix d’Interprétation Féminine), Tribeca, Bruxelles (Prix de la Meilleure réalisation, Prix d’Interprétation Féminine), et Austin (SXSW) !  Avec Ashleigh Cummings, Emma Booth, Stephen Curry.

S’inspirant de vrais couples meurtriers, le encore jeune Ben Young signe un premier film à la fois captivant et malaisant, un vrai thriller comme on aimerait en voir plus souvent.

C’est vrai qu’en regardant Love hunters (”Hounds of love” dans sa version originale, qui signifie sensiblement la même chose, puisque le “hound” est le chien de chasse en anglais), on ne peut s’empêcher de penser à l’intérêt de ces femmes, complices mais à quel point? de meurtres sordides. C’est à la personnalité présumée de l’une d’entre elles que Ben Young décide de s’intéresser en focalisant finalement son film plus sur la femme et ses relations tour à tour à la victime et à son compagnon criminel.
Le film commence au ralenti, des jeunes lycéennes font du sport sur le terrain de sport de l’école. Nos chasseurs sont à l’affût. C’est la femme - comme bien souvent dans ce genre d’affaire - qui aborde la victime. Le petit manège se répète un soir. Vicki vient de se disputer avec sa mère à qui elle en veut d’avoir quitté son père. Elle sort en cachette de sa chambre pour se rendre à une soirée à laquelle on lui a formellement interdit d’aller.
Arrive ce qui doit arriver. Malgré ses premières réticences, la jeune fille rassurée par la présence de Evie et de sièges-auto enfant à l’arrière de la voiture se laisse embarquer chez le couple diabolique. Durant les trois quarts du film, nous allons vivre son calvaire de l’intérieur. Ben Young réussit ainsi là où M. Night Shyamalan échouait dans Split en faisant monter la tension progressivement et en réussissant à nous y maintenir tout au long du film.
La psychologie criminelle est tout aussi simpliste que plausible. Les crimes les plus affreux tiennent parfois à peu de choses. L’horreur naît tant du réalisme du film, de sa mise en scène qui suggère plus qu’elle ne montre et des trois acteurs tous impeccables dans leur rôle respectif (Emma Booth, Ashley Cummings et Stephen Curry). Si on ajoute à cela une bande originale au poil - avec pour climax “Atmosphere” de Joy Division - on peut dire qu’on n’est pas loin de la perfection.

D.C.

Nouveauté : Aurore

De Blandine Lenoir
Avec Agnès Jaoui, Thibault de Montalembert, Pascale Arbillot

Synopsis :
Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ?

Aurore : Photo Agnès Jaoui

L'avis du cinéphile
Elle s’appelle Aurore et pourtant si on en croit la société et les premières bouffées de chaleur qui l’assaillent, elle serait plutôt au crépuscule de sa vie. Le premier film de Blandine Lenoir (qui, si ce n’est un pseudo, a des parents avec un certain sens de l’humour) est une agréable comédie, aux accents féministes revendiqués, avec sans doute quelques poncifs sur la ménopause mais qui ne desservent pas l’ensemble. Agnès Jaoui incarne de façon décomplexée cette quinquagénaire, ménopausée certes, bientôt grand-mère et dans une situation professionnelle et donc financière précaire mais qui n’est pas près à renoncer à vivre pour autant. Le film met en exergue une solidarité féminine bon enfant et la maison d’Aurore prend à un moment des allures de gynécée lorsque toutes se retrouvent allongées côte à côte. Les hommes n’ont pas toujours la part belle mais ils sont loin d’être mis au pilori non plus et c’est pour mieux mettre en valeur l’amour de jeunesse, Totoche, toujours égal à lui-même. Thibault de Montalembert, avantagé par la barbe, le joue avec beaucoup d’élégance et de charme et on comprend l’engouement d’Aurore à vouloir raviver la flamme. Le film est parsemé de petites scènes savoureuses et on rit ou sourit souvent. Bon, le happy end n’était peut-être pas indispensable mais il va de pair avec la légèreté de ton du film. - Mon ciné à moi

Loi relative à la liberté de la création

Lettre ouverte du  Président de la Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée à Audrey Azoulay, ministre de la culture et de la communication.

    Madame la Ministre,

    La Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée (FCCM) compte aujourd’hui 55 ciné-clubs adhérents, soit un grand nombre de bénévoles qui organisent près de 700 séances non commerciales par an et totalisent près de 50 000 spectateurs. La FCCM c’est aussi la Rencontre cinématographique de Pézenas qui en était à sa 55e édition en février dernier (+ de 4000 entrées), le Festival des solidarités et du cinéma qui propose des séances gratuites aux publics des agences médico-sociales de Béziers (+ de 1000 spectateurs), c’est également l'accompagnement des séances École et cinéma dans cette même ville et la coordination d’ateliers auprès des jeunes des quartiers dans le cadre du dispositif Passeurs d'Images. C’est, enfin, 4 salariés en CDI (3 ETP).

    L'ordonnance, qui sera promulguée le 24 avril et qui supprime l'obligation pour les ciné-clubs d'adhérer à une fédération et repousse le délai de programmation des films à 2 ans après leur sortie en salle, condamne à terme la FCCM à la disparition, et menace un des fondements de l'action des ciné-clubs.
Ainsi, le délai de deux ans va annihiler toute stratégie destinée à mixer les publics, développer leur curiosité. En effet, la grande majorité des ciné-clubs conjuguent dans leur programmation films du patrimoine, films consensuels récents (donc pas encore usés par les passages télé et sorties vidéo), films jeune public et films fragiles peu vus et récents. Une adhésion à l'année, donnant l'entrée à toute les séances pour une somme modique, entraîne chacun, quelles que soient ses préférences, à découvrir des œuvres qu'à priori, il ne choisirait pas. Et là, les ciné-clubs jouent leur rôle éducatif en élargissant le public de tous types de films.
Cela sera particulièrement préjudiciable pour les zones rurales, où nos ciné-clubs ne pourront plus compenser l'absence d'offre due au fort éloignement des salles commerciales.
Depuis des dizaines d'années, nous guidons les nouveaux ciné-clubs, les conseillons, les formons, les documentons et menons des actions communes en direction de tous les publics en portant les valeurs de l'éducation populaire.

    Nous sommes le garant du paiement des droits de projection aux bons ayant droits (certaines sociétés notamment référencées sur le site du CNC revendiquent de manière indue les droits vidéo), avançons les fonds et prenons les frais à notre charge en cas de défaillance financière d'un ciné-club. Nous travaillons ainsi de concert avec les distributeurs, dans un cadre de confiance mutuelle : la centralisation des programmations de ciné-clubs par les fédérations permet aux distributeurs, notamment les plus fragiles, de n'être en compte qu'avec une seule structure apte à payer les droits avant la projection, tout en leur garantissant le cadre légal de ces séances. En contre-partie nous négocions pour les ciné-clubs un tarif forfaitaire préférentiel à but incitatif. Chaque année, c'est près de 100 000€ que nous payons aux distributeurs. La libéralisation fait miroiter la baisse des coûts par le jeu de la concurrence, mais entre qui et qui ? Les distributeurs et ceux qui ont aujourd'hui les droits institutionnels ? Ce serait grave car ce serait au détriment des premiers : ceux qui prennent des risques quand ils achètent un film,
 
    Ne faire du cinéma qu'un objet de consommation, même à des fins culturelles, est réducteur et n'offre aucun moyen de répondre aux défis que nous lance la société actuelle : former des citoyens, créer des conditions du vivre ensemble, ce qui de fait favorise la qualité des rapports sociaux.
 
    La FCCM et ses ciné-clubs irriguent le territoire, favorisant la rencontre des publics en allant au plus près de ceux qui pour diverses raisons sont ou se sont éloignés de la chose commune. Il faut une volonté politique pour respecter deux des objectifs de l’article 3 de la loi (voir ci-dessous) en allant au-delà des intérêts égoïstes, alors que la fréquentation en salle ne cesse d'augmenter.

«  7° Garantir, dans le respect de l'équité territoriale, l'égal accès des citoyens à la création artistique et favoriser l'accès du public le plus large aux œuvres de la création, dans une perspective d'émancipation individuelle et collective, et mettre en valeur ces œuvres dans l'espace public par des dispositifs de soutien adaptés, dans le respect des droits des auteurs et des artistes ; »

« 9° Mettre en œuvre, à destination de toutes les personnes, notamment de celles qui sont les plus éloignées de la culture, des publics spécifiques, ainsi que des jeunes, des actions d'éducation artistique et culturelle permettant l'épanouissement des aptitudes individuelles et favorisant l'égalité d'accès à la culture, en veillant notamment à la conception et à la mise en œuvre du parcours d'éducation artistique et culturelle mentionné à l'article L. 121-6 du code de l'éducation et en favorisant l'implication des artistes dans le cadre de leur activité professionnelle ; »

Malheureusement, l'ordonnance en préparation va à l'encontre de ces dispositions car sans opérateur fiable sur le terrain, ce ne sont que vœux pieux. Entraver les ciné-clubs, le travail des bénévoles au quotidien, supprimer les synergies dégagées dans un réseau dont les finalités, les actions sont guidées par les valeurs de l'éducation populaire est un non-sens — alors que le CNC, les rédacteurs des ordonnances devraient faciliter les opérateurs dont les actions répondent aux attentes de ces deux objectifs de l’article 3 de la loi.

Je vous prie de croire, Madame la Ministre, en l'expression de ma plus haute considération.

André Blasco
Président de la Fédération des ciné-clubs de la Méditerranée

Projections et rencontre avec Luc Béraud

28 Mars et 29 Mars 2017
Université Paul-Valéry, Médiathèque Fellini, Cinéma Utopia

À l’occasion de la publication de son livre Au travail avec Jean Eustache. Making of., Luc Béraud est invité au sein du cycle Art & Images, organisé par l'Université Paul Valery Montpellier 3.

Mardi 28 mars 2017

  • 18h - Médiathèque Federico Fellini Salle Jean Vigo
    Projection « L’Effrontée » de Claude Miller (96 minutes, Prix Louis Delluc 1985) avec Charlotte Gainsbourg, Bernadette Lafont, Jean-Claude Brialy, suivie d'une discussion avec Luc Beraud, coscénariste du film et proche collaborateur de Claude Miller de La Meilleure façon de marcher 1976 à L’Accompagnatrice en 1992.

Mercredi 29 mars 2017

  • 14h - 16h30 Université Paul-Valéry : Salle D09, Bât. D
    "Écrire pour le cinéma : Rencontre avec Luc Béraud, 1er assistant, scénariste, réalisateur" animée par Prisca Grignon et Guillaume Boulangé (UPV) et Karim Ghiyati (directeur de Languedoc-Roussillon Cinéma), agrémentée de morceaux choisis de sa filmographie.
  • 17h30 - Cinéma Utopia : Dédicaces du livre Au travail avec Jean Eustache
  • 18h00 - Cinéma Utopia : Projection de La tortue sur le dos, son 1er long métrage avec Jean-François Stévenin et Bernadette Lafont (1978, 1h46 min)

Entrée libre Pour en savoir plus

Nouveauté : L'indomptée

L'indomptée
Un film de Caroline Deruas avec
Clotilde Hesme, Jenna Thiam, Tchéky Karyo

Axèle est photographe, Camille, écrivain. Elles partent pour un an en résidence à la Villa Médicis à Rome. Camille est accompagnée de son mari, l’écrivain réputé, Marc Landré. Alors qu’une étrange rivalité s’installe entre eux, Camille se lie à Axèle. Mais qui est vraiment Axèle ? Une artiste complète, sans concession, qui se confond avec son œuvre ? Ou le fantôme des lieux ?..

Ancienne pensionnaire de la Villa Médicis (promo 2011-2012) et compagne du réalisateur Philippe Garrel de 30 ans son aîné, nul doute que Caroline Deruas se sera inspirée de sa propre expérience pour son film “L’Indomptée”. Son alter ego, Camille, jouée par Clothilde Hesme (qui a aussi joué dans un film de Philippe, “Les amants réguliers” en 2005) est écrivain. En fait elle n’a publié qu’un recueil de nouvelles trois ans auparavant puis rien depuis… Elle est la compagne de Marc qui est un écrivain célèbre. De la même façon, Caroline n’avait réalisé que quelques courts métrages avant “L’indomptée” et Philippe est un réalisateur bénéficiant d’une certaine renommée (et qui est accessoirement le papa de Louis). Camille postule au prestigieux concours de la Villa Médicis qui permet à 14 artistes francophones (car la Villa appartient à l’Académie française) prometteurs de vivre au sein de la Villa pendant un an tout en touchant une bourse leur permettant de financer un projet artistique, quel qu’il soit. Elle est reçue, de même que Axèle (Jenna Thiam, partenaire de jeu sur la série Les Revenants), une belle photographe qui semble si sûre d’elle, indépendante et forte. Camille s’en rapproche très vite tout en s’éloignant de son mari (Tchéky Karyo) qui l’empêche de travailler. Le film qui a de nombreuses incursions oniriques est à la fois une sorte d’allégorie de la création et une véritable déclaration d’amour au lieu mythique et magique qu’est la Villa. L’intrigue en elle-même n’est sans doute pas novatrice mais le film bénéficie de l’aura du lieu et de ses deux interprètes à la fois si éloignées et si proches. Jenna Thiam avec sa rousse flamboyance est une belle révélation. - Mon ciné à moi

Nouveauté : Primaire

De Hélène Angel
Avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Patrick d'Assumçao

Synopsis:
Florence est une professeure des écoles dévouée à ses élèves. Quand elle rencontre le petit Sacha, un enfant en difficulté, elle va tout faire pour le sauver, quitte à délaisser sa vie de mère, de femme et même remettre en cause sa vocation. Florence va réaliser peu à peu qu’il n’y a pas d’âge pour apprendre...

Helene Angel filme avec beaucoup de véracité le milieu scolaire dans ce Primaire qui sans sa bluette - finalement inutile parce que peu crédible et pas franchement réussie - aurait plus des allures de documentaires que de film. Sara Forestier y trouve un vrai beau rôle d’adulte, elle qui s’est bien souvent retrouvée dans des rôles soit trop à contre courant de son ex accent de banlieue ou au contraire dans une caricature de milieu popu trop attendue. Le film sonne juste tant au niveau enseignants qu’enfants, on y trouve même une autiste intégrée avec son AVS, du jargon scolaire (PPRE, ULIS) et des élèves qui vont chez l’orthophoniste! En revanche pour tout ce qui est hors cadre scolaire, l’histoire relève plus d’un téléfilm. L’implication de Florence (Sara Forestier) dans la vie de Sacha (qui n’est même pas son élève) et dans l’enseignement en général qui va jusqu’à vivre au sein même de l’école et être une no life en dehors du boulot paraît improbable. Sa vocation est belle et rare, trop idéaliste pour être vraie. Le film a d’indéniables qualités (son casting, sa documentation du milieu, la tendresse et l’humour qui s’en dégagent) mais le scénario aurait mérité d’être pl