Des lectures performées, c'est la ZAL

La Zone Autonomie Littéraire édition 2017, c'est une suite ininterrompue de lectures performées, des rencontres littéraires scéniques dans la salle Pétrarque au cœur de Montpellier dans l'Ecusson. Samedi 18 novembre 2017, les auteurs mettent leurs écrits en scène, les amoureux de la poésie et autres genres littéraires n'hésitent pas à accompagner leurs prestations de vidéo, d'accompagnement musical...

La programmation scènique continue se déroulera de 14h30 à 23h, une fenêtre ouverte sur des histoires d'amour avec les mots, des rencontres à l'issue des lectures publiques, on vient quand on veut, on déguste des gourmandises dans une joyeuse ambiance, on feuillette les ouvrages de l'éditeur indépendant alésien Simorgh du Gard et on découvre les lectures extraites du Manuel de Castration d'Isabelle Simon ou comment apprendre à écraser tout ce qui grouille autour de nous, à destination des conjoints, parents, professeurs...

" Depuis trois ans, la poésie prend davantage de place, les auteurs n'ont jamais été plus nombreux. Pour cette 7e édition de la ZAL, des univers d'auteurs différents se croisent sur la scène de la salle Pétrarque que ce soit la poésie contemporaine ou le théâtre. Ils viennent de Sète, de Montpellier, du Gard, du Lubéron, de Toulouse, de Paris, de Marseille et au-delà de Bruxelles. Ils prennent la parole, lisent quelques extraits de leurs textes dans de courtes mises en scènes, précise Renaud représentant l'association Squeeze. Avec ce concept de la lecture augmentée à la croisée de la musique, la video et le spectacle vivant, nous proposons une interface littéraire innovante entre les auteurs-acteurs et le public, un regard différent sur l'écriture et le livre, une occasion de se laisser entraîner par les amis dans l'Ecusson de Montpellier, ajoute Renaud. Nous sommes chaque année encouragés par les visiteurs,  c'est une formule organisée par une vingtaine de bénévoles qui accompagnent les auteurs, ce qui nous démarque des foires aux livres, des conférences et des dédicaces d'auteurs, généralisées sur notre territoire."

Une invitation libre à se laisser porter par les rencontres de nouveaux talents dans une ambiance chaleureuse et propice au partage intergénérationnel, jeunes et moins jeunes sont conviés à ce grand rassemblement littéraire qu'on ne raterait pour rien au monde ! Peut être des livres de chevet à partager...

Pour mieux connaître l'association Squeeze

Monsieur Paul au théâtre de la Plume

Spectacles du vendredi 13 au samedi 21 octobre 2017
par la compagnie Chaotik Théâtre

L'auteur et comédien Olivier Labiche seul sur scène est le directeur artistique de la cie Chaotik Théâtre. Il a mis en scène Peter Pan, Karabistouille, La Mer et Pour en finir une bonne fois pour toute avec la culture. Il endosse avec brio le rôle de l'étrange Monsieur Paul qui gère à lui tout seul « Radio Paul FM » dans le petit studio où il vit. Débordant d’enthousiasme, il enchaîne les rubriques : « Test gastronomique d’une boîte de conserve, exercices de fitness, blague du jour, psychanalyse de l’auditeur, l'heure H… » entre autres. Touchant et drôle, Monsieur Paul nous prend par la main pour nous entraîner dans son univers décalé, absurde et poétique. Et nous fait en ressortir le cœur léger et heureux.

"Olivier Labiche incarne un personnage lunaire, et l'humour, dans son sens premier de détachement, imprègne l'atmosphère de ce spectacle au premier chef poétique. Le comédien, qui exprime un regard acéré sur la société à travers de magnifiques textes, est excellent tant dans son occupation de l'espace et sa gestuelle que dans ses monologues et ses silences. Séduite d'emblée par le réel tour de force que représente ce spectacle inclassable, courageux et ambitieux. Original et profond dans son propos, "Monsieur Paul" ne peut que captiver tout public désireux de lâcher prise pour un excellent moment de théâtre". VivantMag - Catherine Polge.

Théâtre de la Plume -  6, rue Guillaume Pellicier à Montpellier - Quartier Gambetta - les Arceaux
Tél : 07 52 62 81 34 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Tarifs : 12€ -  Tarif réduit 10€ - Enfants (-12 ans) : 8€

Soirée Villanova au profit de Médecins du Monde

Samedi 28 octobre 2017
Daniel Villanova seul en scène

L'humoriste qui sévit tous les matins sur France Bleu Hérault et fait revivre nombre d'expressions occitanes en une minute " espoutir pour écraser, se faire ascler pour se faire casquer..."  a concocté, pour fêter avec vous ses 30 ans de carrière, un spectacle en deux parties intitulé “30 ans de fous-rires”.

Avec sa célèbre verve méridionale et son humour incomparable, l’humoriste languedocien raconte dans le détail « ses 30 ans de solo ». Le 28 octobre à 21h, Daniel Villanova joue son dernier spectacle au profit de Médecins du Monde Montpellier. 

Un véritable feu d’artifice de scènes et d’anecdotes inédites ainsi que de gags incroyables qui ont ponctué ses tournées dans les villes et villages du Midi.

Salle pour tous de Saint-Geniès-des-Mourgues
Tarif : 20€ -réduit 15€.

Au domaine d'O

Domaine d'O - Avenue des Moulins, Rond point du chateau d'O (Montpellier)

Les Carnets du sous-sol
du 17 au 19octobre à 20h

Nicolas Otons © ©Marc

Journal intime d’un narrateur amer, isolé et anonyme, c’est l’histoire d’un homme reclus qui se réfugie dans son sous-sol pour ne plus être confronté au monde. Il désespère de la vanité des hommes, il conspue l’humanité, il se déteste autant qu’il déteste les autres...Cet homme renvoie à nous-mêmes... Les personnages, torturés, font entendre les thèmes qui traversent les romans de l’auteur : souffrance et rédemption, bien et mal, liberté et morale. Dostoïevski raconte l’histoire d’un homme pris au piège d’une société qui le rejette, où toute tentative d’aller vers l’autre est un acte d’impuissance et de frustration.

Le bleu du ciel
du 25 au 27 octobre à 16h30

Le Bleu du Ciel028 © © Thomas Penanguer

Théâtre d’images Le bleu du ciel s’inspire du mystère, de la théâtralité et de l’univers onirique tant recherchés par le peintre René Magritte. Il est inventeur d’images, peintre de l’imaginaire, il incite au rêve, à la représentation d’un monde qui n’existe pas vraiment… Le bleu du ciel propose un espace de jeu en mouvement, vivant, enveloppant, particulièrement propice à l’imagination. Du bleu dans les nuages, un poisson qui tourne dans le ciel, un tuba coquillage, des valises à images, un oiseau, un oeuf, un ballon qui vole et un chapeau melon qui cherche à se poser… Incursion poétique dans une irréalité imaginaire, l’univers de Magritte est là... pour le bonheur des enfants.

Spectacle équestre de l'école royale andalouse

du 26 au 27 octobre à 21h
Sud de France Arena - Route de la Foire - 34470 PEROLS

Spectacle équestre2 © Real Escuela

Ne ratez pas le spectacle équestre de l’École Royale Andalouse "Cómo Bailan los Caballos Andaluces", les 26 et 27 octobre à 21h, à la Sud de France Arena de Montpellier. Un authentique ballet équestre, avec musique espagnole et costumes du XVIIIème siècle, basé sur des chorégraphies spectaculaires extraites des reprises du dressage classique et vacher et d'autres travaux de l'équitation traditionnelle.
Billetterie disponible à l'Office de tourisme de Montpellier.

En parallèle, découvrez le Jumping International de Montpellier Occitanie, compétition sportive qui se déroule du 26 au 29 octobre à la Sud de France Arena.

Riche agenda culturel pour Balaruc-le-bains

Le programme culurel de Balaruc-les-bains pour la période septembre-décembre 2017 est à présent disponible. Vous pouvez le consulter en ligne sur Thau-infos en suivant ce lien ou le télécharger au format pdf ici.

 

Le projet de développement culturel de Balaruc-les-bains : le mot du Maire

"Notre projet de développement culturel s’organise sur quatre axes principaux : mettre en place une politique d’animation culturelle du territoire œuvrant pour le développement humain ; faire de la culture un levier éducatif ; faire de la culture un levier d’attractivité touris- tique ; favoriser la multiplicité et la transver- salité des acteurs.
Cette nouvelle saison culturelle préfigure l’élaboration de ce projet avec une program- mation densifiée et annualisée qui prendra place dans le nouveau centre culturel de Pech Meja dès 2018.
Nous vous proposons des spectacles pour l’ensemble des publics, habitants (les plus jeunes comme les plus âgés), curistes, touris- tes ; une saison éclectique avec la découverte d’autres cultures, le soutien au patrimoine régional et aux artistes, l’ouverture et la bienveillance.
Un début de saison où l’on vous emmenera en d’autres lieux, d’autres villes, d’autres pays (Cambodge, Norvège, Cap-Vert)... car la connaissance de soi ne saurait exister sans l’ouverture à l’autre."

Gérard Canovas, maire de Balaruc-les-Bains

 

Sentiments connus, Visages mêlés, clap de fin du Printemps

En clôture de ce très riche Printemps des Comédiens 2017 où toutes les tendances et affinités générationnelles du théâtre en questionnement étaient représentées - texte, suite de saynètes, circassien - l'œuvre de Marthaler s'essayait à une synthèse de toutes ces problématiques. De la pièce de Botho Strauss de 1977 jouée à la Schaubühne de Berlin dont il reprend le titre : "Sentiments connus, Visages mêlés",  il garde le thème de la solitude, de l'enfermement des êtres sur eux-mêmes. Déjouant l'espace et le temps, tous deux mettent en scène la vie désorientée de notre société.

Dans un théâtre monté sur la scène de celui de J.C. Carrière dans le même esprit qu'Ariane Mnouchkine l'a fait pour "Une Chambre en Inde", se déroule une suite de saynètes dont l'intrigue significative serait selon la présentation distribuée à l'entrée : les adieux joués par de nouveaux comédiens à d'anciens qui quittent la scène de la Volksbühne.

Le spectateur voit entrer sur scène un porteur amenant un à un des emballages d'où l'on entend sortir de la musique avant de voir s'extirper des comédiens-personnages très caractérisés : musicien chaplinesque, passionné, virtuose, diva, cabotine, espiègle, effronté, tous plus burlesques les uns que les autres. Ils vont et viennent sur la scène ne semblant pas se voir, passant, grâce à une chorégraphie subtile, d'un one man show à de très belles scènes de groupe où ils entonnent de grands classiques musicaux comme "Laschia ch'io Panga" de Haendel ainsi que le "va pensiero" de Verdi, "An die musik" de Schubert entre autres. Le rôle éminemment dramatique de la musique et la chorégraphie de Marthaler les soudent et poétisent leurs actions. De paroles, il y a peu. Souvent incohérentes, sous forme d'adages ou extraites du quotidien le plus prosaïque, elles semblent cependant, renforcées par celles très édificatrices des chants, distiller des leçons de vie : malgré la vie qui passe regarder devant soi avec optimisme, s'attacher à la vie simple. A coup de touches subtiles, Christoph Marthaler construit des personnages profondément humains tournés vers leur propre accomplissement mais sans oublier leur appartenance au genre humain avec leurs partenaires mais aussi avec le public pour lequel ils effacent le quatrième mur, assis sur des chaises le fixant dans une communication muette durant deux longues minutes. Ce spectacle construit donc une histoire, celle de la passation d'une génération à une autre

Une belle leçon d'humanité et de théâtre et un très beau spectacle de clôture de cette 31e édition du printemps des Comédiens. Tous nos remerciements à ceux qui ont œuvré pour cette réussite.

Publié le 1er juillet 2017 par A.K. 

Songes et métamorphoses

D'Ovide à Shakespeare, une œuvre très polymorphe que celle de Guillaume Vincent, qui fut donnée le weekend dernier au Printemps des Comédiens 2017. Spectacle à la recherche du théâtre, de son essence. A la recherche de l'amour, de son essence. Comment dire tout cela ?

En montant le difficile « Songe d'une Nuit d'été » de Shakespeare, maître en théâtre, précédé d'un prologue écrit sur des métamorphoses d'Ovide maître en fantasmes.

Cela donne un spectacle riches en scènes comiques, réalistes et lyriques où s'explosent de jeunes comédiens passionnés.

Les Métamorphoses d'Ovide

Le théâtre séduit dès l'enfance par ses histoires et ses personnages étranges qui meublent l'imagination en gestation. En première partie, dans un théâtre comme à la Commedia dell' Arte, des enfants de CM1 s'emparent de « Narcisse » d'Ovide et offrent ainsi un fort joli moment d'innocence, de grâce et d'imaginaire enfantin. Ils arrivent à point après le prologue d'Henri V de Shakespeare qui enjoint aux spectateurs de libérer leur imagination.

Puis suivant les métamorphoses de l'être humain, on poursuit dans la sphère des adolescents qui, profitant du jeu théâtral sur « Ianthé et Iphis » deux Crétoises amoureuses l'une de l'autre, s'essayent aux transgressions en y prenant goût. Cela libère leur parole réelle et ils se hasardent dans la cour des grands avec des propos contestataires, politiques. Et ils repoussent les barrières plus loin, pourquoi pas l'inceste ? C'est Myrrha amoureuse de son père puis toujours sur le sexe, ce grand inconnu de l'homme : Hermaphrodite. Enfin, ils abordent les affres du monde adulte : l'amour fou, la jalousie, la vengeance avec Procné dont le mari a abusé de sa sœur. Cette suite de saynètes place le théâtre, lieu de rencontres, d'échanges d'idées, de réalisations de nos aspirations profondes, au centre de la vie, qu'il soit amateur ou professionnel car le théâtre est une catharsis.

 Les passions amoureuses du "Songe"

La deuxième partie était consacrée à la présentation du « Songe d'une nuit d'été » qui reprend avec le langage poétique propre au théâtre les tourments des êtres humains déjà apparus dans la première partie.

L'argument de la pièce est complexe à souhait. Thésée, Duc d'Athènes doit épouser Hippolyta. Démetrius aime Hermia qui l'aime en retour mais son père la promet à Lysandre qui est aimé d'Héléna. Obéron, roi des Elfes, veut se venger de sa femme Tatiana, reine des fées, qui porte trop d'intérêt à un jeune page. Il ordonne à Puck de verser une potion magique sur les yeux de celle-ci afin qu'elle tombe amoureuse de la première personne qu'elle verra à son réveil. C'est la nuit, tout le monde se retrouve dans la forêt. C'est la confusion la plus totale. Par la magie que possède Puck, tous les amours sont inversés. L'action consiste à retrouver l'ordre désiré par les amoureux. Et tout se conclut sur les amours tragiques de Pyrame et Thisbé, divertissement présenté par une troupe de comédiens amateurs à tous les futurs mariés.

Ce Songe fut remarquablement interprété et chanté par des comédiens qui se lâchaient avec beaucoup de fraîcheur, de gaieté, de lyrisme et de violence aussi. L'amour est ainsi.

L'un d'entre eux, Gérard Watkins, vient d'être récompensé par le prix du syndicat de la critique meilleur comédien 16/17 pour sa prestation dans ce spectacle.

Publié le 30 juin 2017 par A.K.

« Democracy in America » de Romeo Castelluci

Jeudi 15 juin 2017, les spectateurs sont sortis fort perplexes du théâtre Jean Claude Carrière où ils avaient assisté à la dernière création de Romeo Castellucci « Democracy in America » présenté en avant-première à Montpellier.

Le spectacle, constitué d'une suite de tableaux est d'une grande puissance esthétique que ce soit sur les plans visuels ou sonores mais fort mystérieux quant au sens qu'il recèle. "C'est le spectateur qui, au final, construit le sens selon ses ressentis, sa culture et ses aspirations," répond le metteur en scène. Umberto Eco, dans « Lector in fabula » ne dit pas autre chose. Cependant, si l'on s'appuie sur l'œuvre qui a inspiré le metteur en scène : le livre d'Alexis de Tocqueville « De la Démocratie en Amérique », le spectateur peut trouver des pistes de réflexion. L'une d'elles est l'importance de la langue et de la compréhension entre les humains. L'ouverture uniquement sonore avec cartouches informatifs sur les propos entendus disserte sur l'approximation des significations des langues avant d'approfondir la réflexion en jouant avec les différents anagrammes qu'offre le titre de la pièce et dont chaque lettre est portée par l'une des dix-huit comédiennes de la troupe qui ne compte aucun homme même pour les rôles masculins : choix de l'auteur...

Une réflexion complexe sur l'Amérique

La démocratie américaine n'a pas le même sens que la démocratie athénienne car elle a été fondée sur une théocratie par les premiers pèlerins qui étaient des calvinistes puritains. Puritanisme évoqué par le tableau éminemment tragique du couple obligé de vendre son enfant pour continuer à vivre. Ensuite, d'une scène de brouillard sortent, flous, de magnifiques tableaux de danses sacrificielles ou orgiaques qui laissent voir l'enfant vendue aux mains de ce qui semblent être des aristocrates précieux. Puis toujours derrière ce rideau, sorte de nuage transparent qui embrume l'image, d'autres danses semblent diviniser le symbole de la construction de la « démocratie » aux Etats-Unis dont les dates essentielles défilent dans le désordre sur ce rideau d'avant-scène.

Ce sont ces tableaux qui ont le plus marqué chaque spectateur par leur beauté. Dans la dernière scène, deux indiens discourent sur le langage. Et les propos qui terminent leur dialogue portent sur l'irréductibilité du langage : « ils n'ont pas de mots pour nos choses », « Nous n'avons pas de mots pour leurs choses ». Et donc sur la frontière entre les hommes qui peut devenir violence - ce qu'elle sera avec l'extermination des indiens par les blancs - ou richesse si l'on dépasse cette fracture linguistique. Ce thème de la langue était aussi l'enjeu de la pièce « Lenga » de Christophe Rulhes du GdRA donnée peu avant au Printemps des Comédiens 2017. Thème éminemment actuel si l'on s'intéresse aux rôles que jouent dans notre société la vérité, le mensonge, le réel et la virtualité.

Prochains spectacles Songes et Métamorphoses, de Guillaume Vincent et la Cie Midiminuit. Printemps des Comédiens à Montpellier du 23 au 25 juin.

Publié le 22 juin 2017 par A.K.

Fall, Fell, Fallen à la Sisyphe

Devant un parterre d'enfants mêlés aux adultes, le duo du Lonely Circus composé de Jérôme Hoffmann et Sébastien Le Guen a donné cette semaine au domaine d'Ô dans le cadre du Printemps des Comédiens, un spectacle original : « Fall, Fell, Fallen » conjugaison du verbe allemand signifiant tomber. Le premier est musicien, bidouilleur de musique électroacoustique et le deuxième, acrobate circassien et fildefériste. Leur numéro consiste à composer une œuvre de musique concrète sur la prestation acrobatique et en partie au moyen des instruments connectés de l'équilibriste. Cela donne une musique polyvalente faite d'hésitations, de suspense, de forces selon les exercices proposés suivant une construction en crescendo.

Au début, les enfants, médusés, pouvaient se demander si Sébastien Le Guen s'essayait aux exercices ou si ses chutes étaient maîtrisées. La suite les rassura, elles étaient maîtrisées. Ils riaient de bon cœur. De toutes les façons, à la fin de l'exercice, l'acrobate retombe au sol. Quoi qu'on fasse pour échapper à l'attraction, au final, celle-ci l'emporte. C'est une leçon à la Sisyphe.

Publié le 22 juin 2017 par A.K

Isabelle Huppert lit Sade à Montpellier

Grande déception hier soir à l'amphi d'Ô à la lecture de Sade par Isabelle Huppert. Entendait-on aussi mal dans tout l'amphithéâtre ? Nous ne comprenions pas les fins de phrases, certains mots étaient inaudibles. Nous devinions plus que nous n'entendions. Était-ce la logorrhée d'Isabelle Huppert qui ressemblait plus à une performance qu'à un désir d'entrer en communication avec un public ? Son comportement, ce soir-là, a été plus proche de celui d'un automate que de la femme de chair que nous attendions.

Isabelle Huppert dans la peau de deux sœurs aux destins opposés

Après la lecture off de la lettre passionnée d'Anne-Prospère de Launay, belle-sœur et grande amoureuse de Sade, elle surgit du noir se dirigeant d'un pas sûr et précipité directement sur le pupitre qui supporte le livre. Aucune attention au public. Pour une lecture, le quatrième mur s'est solidement maintenu entre elle et nous. Il est vrai que son choix est de jouer plus que de lire. Elle est tour à tour, accompagnée de la lumière, Justine dans toute sa naïveté et Juliette dans toute sa rouerie, sa forfanterie mais en même temps, elle est Le Marquis, jubilant, sûr de lui quand il s'agit de Juliette, narquois, moqueur, méprisant, lorsqu'il dépeint Justine et Isabelle Huppert tire quelques rires du public. Le jeu est fin mais bien rodé, mécanique.

Reste le texte de Sade, auteur réhabilité dans les années 70 parce qu'il écrit bien. On comprend pourquoi Gilles de Rais ne l'a pas été, la muse ne l'avait pas choisi.

 

Des textes sélectionnés par le philosophe Raphaël Enthoven

A trois siècles de nous, le français du XVIIIe paraît une autre langue, belle, précise, descriptive, riche. Mais la pensée que véhicule Sade, reflet de ses actes que racontent les minutes de ses multiples procès, se heurte souvent à celle des lecteurs. Aux récits de Justine que l'on dit « érotiques » déferlent dans la mémoire du public d'autres récits : ceux des femmes martyrisées de toutes les guerres jusqu'à aujourd'hui et ceux que l'on découvre aussi dans les faits divers. A travers les récits de Juliette, on entend le désir de vivre plus fort que la peur, la contrainte, le châtiment qui menaçaient toutes les femmes et qui les menacent encore. Le vice, pourquoi pas, à condition que les humains impliqués soient librement consentants. Etre libre, c'est très difficile.

Publié le 20 juin 2017 par A.K.