Première observation d’un cycle magnétique de type solaire

61 Cyg A : Une étoile dont le champ magnétique varie comme celui du Soleil

Les astronomes se demandent depuis longtemps si les caractéristiques du Soleil en font un objet particulier, ou bien juste une étoile typique parmi tant d’autres. Après neuf années d’observations intensives, une équipe de scientifiques, dont des chercheurs du Laboratoire Univers et particules de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier) et de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/Université Paul Sabatier), vient de découvrir la toute première étoile dont le champ magnétique varie comme celui du Soleil. Ce résultat est publié en ligne le 6 octobre 2016 dans Astronomy & Astrophysics.

Depuis de nombreuses années, nous savons que la grande majorité, voire toutes les étoiles, sont actives – à des degrés divers, et que cette activité (détectable à travers les variations de luminosité des étoiles par exemple) résulte de leur champ magnétique. Le Soleil, l'étoile la plus proche de la Terre, ne fait pas exception : ses variations, tout au long du cycle magnétique de 22 ans, s'accompagnent de l'inversion de la polarité de son champ magnétique chaque onze ans. Les fluctuations solaires sont relativement faibles et plutôt lentes comparées à celles des étoiles magnétiquement actives connues, qui pour la plupart varient considérablement en terme de luminosité, sont le siège d'intenses et violentes éruptions stellaires, et dont la variabilité sur des durées de quelques mois à quelques années est beaucoup plus complexe que le cycle solaire. Pour cette raison, les astronomes se sont longtemps demandés si notre Soleil était particulier, ou si d'autres étoiles arboraient la même variabilité.

L'activité du Soleil est intrinsèquement liée à son champ magnétique, directement responsable de l'apparition de taches en surface ainsi que d'éruptions. Ce même champ alimente en outre le vent solaire, véritable flux de matière diffusé en continu dans l'espace. Sur une période de quelque vingt-deux ans, l'ensemble de ces caractéristiques varie, augmentant et diminuant régulièrement. Deux "périodes actives" sont ainsi entrecoupées de "minima solaires", plus calmes. Durant plus de quarante ans, les astronomes ont observé les étoiles proches, à la recherche d'un astre se comportant similairement à notre Soleil. Ces observations ont révélé l'existence d'étoiles dotées d'une semblable variabilité – décennale. La question de la concordance de cette variabilité et de l'inversion de champ magnétique est toutefois demeurée sans réponse.

L'avènement, voici une dizaine d'années, d'instruments dédiés baptisés "spectropolarimètres stellaires", a permis de cartographier les champs magnétiques d'étoiles proches de type Soleil. Grâce à cette nouvelle technologie, qui équipe le Télescope Bernard Lyot installé au Pic du Midi, les astronomes de l'équipe Bcool ont effectué le suivi observationnel d'un certain nombre d'étoiles proches, parmi lesquelles 61 Cyg A. De dimensions plus petites et de luminosité plus faible que celles du Soleil, cette étoile située dans la constellation septentrionale du Cygne est à peine visible à l'oeil nu.

Ces observations on révélé la grande similitude de 61 Cyg A et du Soleil. A la différence de ce dernier, 61 Cygni constitue un système binaire dont les deux composantes, 61 Cyg A et 61 Cyg B, sont de taille et de luminosité légèrement inférieures à celles du Soleil. En dépit de ces différences, 61 Cyg A arbore des variations d'activité qui coïncident avec les changements de polarité de son champ magnétique – ces changements surviennent tous les 7 ans, et la durée complète du cycle magnétique s'établit à 14 ans. En outre, le champ magnétique de 61 Cyg A se révèle d'autant plus complexe à l'approche de ces "inversions" (illustration 1). Ce comportement est parfaitement analogue à celui du Soleil. C'est la toute première fois qu'une telle similitude est observée.

"Les preuves observationnelles de l'existence d'une activité magnétique semblable à celle du Soleil au sein d'étoiles telle 61 Cyg A nous permettront de simuler, via des modèles informatiques, la création de champs magnétiques stellaires de type solaire, de mieux comprendre les processus dynamos à l’œuvre au sein des étoiles analogues au Soleil, et donc au sein du Soleil lui-même", précise Julien Morin, enseignant-chercheur au LUPM, l'un des co-auteurs. Comprendre la façon dont les étoiles de type solaire génèrent leurs champs magnétiques et les effets de ces champs magnétiques sur l'évolution des planètes et le développement de la vie constitue l'un des thèmes clés de l'astrophysique moderne. L'étude des autres étoiles nous permettra par ailleurs de mieux comprendre les processus générateurs du champ magnétique solaire ainsi que son impact sur la technologie terrestre et embarquée. Le vent solaire et surtout les éjections de matière coronale produites par les éruptions solaires peuvent en effet avoir des répercutions importante sur Terre. Lorsque ces flots de plasma atteignent la Terre, ils produisent non seulement les aurores boréales et australes qui illuminent les nuits hivernales des régions polaires (illustration 2), mais ils peuvent également perturber les communications radio et les réseaux électriques au sol, ainsi qu’endommager les satellites voir menacer la santé des astronautes en orbite terrestre.

en savoir dans Astronomy & Astrophysics (en anglais).

 

Le réseau de lignes magnétiques de l’étoile 61 Cyg A.
A gauche, une observation en juillet 2010 révèle un champ magnétique à la géométrie complexe, alors que l’étoile est proche de son maximum d’activité. A droite, une observation réalisée cinq années plus tard montre l’étoile à son minimum d’actrivité. Cette observation d’août 2015 montre une structure magnétique plus simple, de nature dipolaire, assez semblable dans sa géométrie au champ magnétique d’un simple barreau aimanté, ou à celui d’une planète comme la Terre. Cette évolution montre une similitude frappante avec le cycle solaire.

 

Les racines des plantes perçoivent les inondations et y répondent

On savait déjà les racines des plantes capables de percevoir séparément de nombreuses propriétés du sol (disponibilité en eau, en nutriments et en oxygène), sans comprendre comment elles intègrent les variations simultanées de ces différents signaux pour y réagir de manière adaptée. Des chercheurs du CNRS et de l’Inra viennent de découvrir un mécanisme permettant à la plante d’ajuster son statut hydrique et sa croissance en fonction des conditions d’inondation des sols. Publiés le 15 septembre 2016 dans la revue Cell, leurs travaux décrivent comment les racines perçoivent de manière conjointe la teneur en potassium et en oxygène du sol afin de moduler leur capacité à absorber l’eau. Outre leur importance fondamentale, ces résultats permettent d’envisager une optimisation de la tolérance des plantes cultivées aux inondations.


http://www.devbio.biology.gatech.edu/wp-content/uploads/2014/04/a.thalianaWIKI.jpgCela ne se voit pas au premier coup d’oeil mais la croissance et la survie des plantes reposent largement sur leurs racines, dont les ramifications dans le sol permettent d’y prélever l’eau et les nutriments nécessaires. Ces activités souterraines requièrent de l’énergie et donc une respiration intense des racines, qui utilisent l’oxygène présent dans les cavités du sol. En cas d’inondation, l’oxygène, qui diffuse mal dans l’eau, vient à manquer, générant un stress sévère pour les racines et la plante. En conséquence, la perméabilité à l’eau des racines de nombreuses plantes est réduite. C’est ainsi que les plantes poussant dans un sol inondé voient parfois leur teneur en eau réduite, et leurs feuilles flétrir – un paradoxe bien connu des agronomes.
En utilisant différentes lignées de la plante modèle Arabidopsis thaliana, des chercheurs du Laboratoire de biochimie et physiologie moléculaire des plantes de Montpellier (CNRS/Inra/Université de Montpellier/Montpellier SupAgro) et de l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra/AgroParisTech/CNRS) ont identifié un gène qui contrôle la perméabilité à l’eau des racines, sous l’influence conjointe des teneurs en oxygène et en potassium du sol. Nommé HCR1, il réduit l’entrée d’eau dans les racines quand l’oxygène fait défaut… mais uniquement quand le sol est aussi riche en potassium, un sel minéral indispensable à la croissance des plantes. De fait, ces conditions sont favorables à une meilleure récupération une fois l’inondation passée. Aussi, le gène HCR1 déclenche toute une série de réactions métaboliques de « survie » qui contribuent à la résilience de la plante. Lorsqu’elle retrouve un sol oxygéné, la plante réhydrate ses feuilles et croît davantage que si elle avait été précédemment privée de potassium.
Outre leur intérêt fondamental, ces recherches ouvrent des perspectives importantes en agronomie. L’utilisation de l’eau par les plantes et les performances des racines sont des cibles cruciales pour les sélectionneurs de variétés cultivées. Mais dans la nature, les plantes ne sont jamais exposées à un seul stress ; aussi les sélectionneurs s’intéressent-ils aussi aux capacités des plantes à résister aux contraintes multiples de l’environnement. L’identification d’un mécanisme reliant disponibilité en oxygène, teneur en minéraux et perméabilité à l’eau des racines est donc une avancée importante pour l’agronomie. Ce mécanisme représente une cible prometteuse pour de futurs travaux dans le domaine de l’amélioration des plantes.

Bibliographie
A potassium-dependent oxygen sensing pathway regulates plant root hydraulics, Zaigham Shahzad, Matthieu Canut, Colette Tournaire-Roux, Alexandre Martinière, Yann Boursiac, Olivier Loudet, Christophe Maurel. Cell, 15 septembre 2016. DOI : 10.1016/j.cell.2016.08.068.
Contacts Chercheur CNRS l Christophe Maurel l T +33 (0)4 99 61 20 11 l Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ifremer lance "Popstar"

Le projet « Popstar » vient d'être lancé à l'Ifremer. Il a pour but d'étudier l'état physiologique des poissons migrateurs en Méditerranée, associé à leurs déplacements collectifs, en développant un système innovant de marquage électronique de nouvelle génération. Testée sur le thon rouge, la marque sera plus petite, moins chère et capable d'acquérir une grande gamme de données biologiques et environnementales. Objectif : identifier les zones d’alimentation et de reproduction du thon rouge, et mieux gérer son exploitation en étudiant les variations de ses réserves de gras au cours du temps. Cette espèce, observée du ciel par survols aériens réguliers, le sera maintenant sous l’eau grâce à la future marque électronique « Popstar ». Une opération de marquage d'un banc entier de 200 spécimens est déjà programmée en Méditerranée au cours de l’été 2019... source Ifremer

CNRS et de MSDAVENIR main dans la main

LES AVANCÉES SUR LE SIDA ET LE CANCER GRÂCE À L'ASSOCIATION DU CNRS ET DE MSDAVENIR

Le CNRS et MSDAVENIR s’associent pour lancer deux projets de recherche majeurs conduits par l’Institut de Génétique Humaine dans le domaine des traitements contre le virus du sida et les cancers chimio-résistants.

Ghislaine Gibello, déléguée régionale du CNRS en Languedoc-Roussillon et Dominique Blazy, président du conseil scientifique de MSDAVENIR ont signé le 6 juillet deux partenariats visant à soutenir la recherche fondamentale contre le VIH et le cancer en France. Les deux projets de recherche, seront conduits par l’Institut de génétique humaine, unité de recherche fondamentale de rang mondial du CNRS et soutenus par MSDAVENIR avec un fond de dotation à hauteur de 4,7 millions d’euros, étalée sur 3 ans. « En soutenant deux projets de recherche fondamentale, nous faisons converger les forces des acteurs privés et des instituts de recherche publics pour imaginer les ruptures médicales de demain sur des pathologies majeures, » a déclaré Dominique Blazy, président du conseil scientifique de MSDAVENIR, lors de la signature du partenariat avec le CNRS.

Un partenariat qui ne cible pas seulement le cancer, puisque le projet HIDE INFLAMME & Seq s’attaquera bel et bien au virus du sida : « La guérison du VIH/SIDA réclame encore un long effort de recherche. Il nous faut trouver des pistes nouvelles, qui découleront nécessairement d'une recherche fondamentale ambitieuse et risquée, » à quant à lui souligné Monsef Benkirane, directeur de l’Institut de génétique humaine du CNRS. Si les traitements antirétroviraux (HAART) traitent de manière efficace l’infection par VIH, ils ne peuvent pas pour autant apaiser le réservoir viral persistant. Cibler les sources de la persistance virale est donc nécessaire en plus des HAART pour envisager la guérison.

Les comorbidités, telles que les maladies rénales ou métaboliques, sont actuellement les causes principales de mortalité chez la majorité des personnes vivant avec le VIH. Cette étude permettrait donc de proposer une médecine personnalisée pour la prévention des comorbidités associées à l’infection par le VIH.

Photo 1 © CNRS / Cyril Sarrauste : Monsef Benkirane, directeur de recherche CNRS et directeur de l’Institut de génétique humaine et Philippe Pasero, directeur de recherche Inserm

Photo 2 © CNRS / Cyril Sarrauste  Ghislaine Gibello, déléguée régionale du CNRS et Dominique Blazy, président du conseil scientifique de MSDAVENIR

Le projet GnoStiC : pour une meilleure compréhension des mécanismes de réparation de l’ADN dans les cellules tumorales.

Les cancers se développent à cause de l’altération de l’ADN présent dans nos cellules lorsqu’elles se divisent. Il existe des enzymes, des protéines aux propriétés spécifiques, qui réparent l’ADN et représentent une des principales barrières contre le cancer. Cependant, ces enzymes sont fréquemment détournées par les cellules tumorales afin de résister aux traitements utilisés en chimiothérapie. Malgré des avancées notables dans la compréhension de ces phénomènes, la prise en charge des patients atteints de tumeurs chimio-résistantes reste donc limitée. C’est précisément là que le projet GnoStiC intervient.

« Les progrès récents de la recherche biomédicale nous ont permis de mieux comprendre le mode d’action des molécules utilisées en chimiothérapie, mais l’apparition de mécanismes de résistance dans les cellules tumorales limite encore trop souvent l’efficacité des traitements existants. Le projet GnoStiC va nous permettre de progresser encore plus vite dans la lutte contre le cancer en permettant le développement de thérapies innovantes ciblant des structures spécifiques présentes dans les tumeurs chimiorésistantes, » a indiqué Philippe Pasero, directeur de recherche à l’Institut de génétique humaine, porteur du projet GnoStiC.
Ces structures dont l’apparition dans les cellules tumorales, permettrait de rassembler les enzymes de réparation au niveau des lésions de l’ADN et ainsi ouvrir la voie à des traitements novateurs et performants.

 

Expirer en inspirant

Le comportement anormal d’un matériau nanoporeux

Véritables éponges high-tech de l’infiniment petit, les matériaux nanoporeux permettent de capturer et libérer de manière contrôlée les composés chimiques, gaz ou liquides. Une équipe franco-allemande comprenant des chercheurs de l’Institut de recherche de Chimie Paris (CNRS/Chimie ParisTech) et de l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/ENSCM)1 a mis au point et décrit un de ces matériaux au comportement totalement contre-intuitif, le DUT-49. Lorsque la pression augmente pour faire entrer davantage de gaz dans un échantillon de DUT-49, celui-ci se contracte subitement et libère son contenu comme si, au cours d’une inspiration, les poumons se rétractaient et expulsaient l’air qu’ils contiennent. Publiés le 6 avril 2016 sur le site de la revue Nature, ces travaux permettent d’envisager des comportements innovants en science des matériaux.

La capture de molécules toxiques dans l’air ambiant, le stockage de l’hydrogène ou la libération ciblée de médicaments… Autant d’applications qui peuvent faire appel à des matériaux nanoporeux flexibles. Ces matériaux utilisent la grande surface déployée par leurs pores pour capter et stocker les molécules de gaz ou de liquide : c’est le phénomène d’adsorption2. Leurs pores peuvent ainsi adsorber des quantités impressionnantes de produits, s’agrandissant dans la limite de leur flexibilité.

Une équipe franco-allemande a conçu un nouveau type de matériau nanoporeux : le DUT-49. Formé par auto-assemblage d’un squelette carboné et d’atomes de cuivre, sa structure est à la fois organique et métallique. Il se présente sous la forme d’une poudre incroyablement poreuse : la superficie interne3 d’un seul gramme de ce matériau couvre 5000 m². Le DUT-49 est ainsi capable d’adsorber l’équivalent du tiers de son poids en méthane. Tout comme les autres matériaux « intelligents » de sa famille, ses propriétés changent selon les stimulations extérieures, comme la pression, la température ou la lumière. Si l’on augmente la pression lors de la capture d’un gaz, on augmente à la fois la quantité de gaz adsorbée et, dans le cas le plus courant, la taille des pores du matériau. La très grande flexibilité du DUT-49 provoque cependant un phénomène imprévu : alors que le matériau se remplit de gaz jusqu’à une certaine pression, il va se contracter brutalement et voir son volume diminuer de moitié si la pression continue d’augmenter

Les chercheurs ont d’abord cru à une erreur d’instrumentation, car aucun autre des millions de matériaux connus qui adsorbent les gaz ne se comporte ainsi. Ce phénomène « d’adsorption négative » a pourtant bien été confirmé par des mesures complémentaires et l’équipe est parvenue à en décrire le mécanisme. Les molécules de gaz stockées dans les pores du DUT-49 établissent des interactions fortes avec la structure de ce solide ce qui, selon la quantité de gaz adsorbée, perturbe la disposition des atomes qui le composent et finit par provoquer sa contraction. Testé avec le butane et le méthane, ce comportement caractéristique du DUT-49 serait généralisable à d’autres composés gazeux.

DUT-49 rejoint les récentes découvertes de matériaux aux propriétés physiques « anormales », comme ceux à expansion thermique négative qui se contractent lorsqu’ils sont chauffés. Ce résultat ouvre un grand champ d’étude dans la compréhension des matériaux poreux flexibles et permet d’envisager des comportements innovants en science des matériaux. Il pourrait ainsi conduire à développer des interrupteurs et des capteurs à échelle nanométrique. Le dégonflement du matériau correspond en effet à une réponse forte à un petit évènement, déclenché à partir d’une valeur seuil facilement détectable.

source : CNRS

M-Lab officiellement lancé le 5 avril

L’Agence nationale de la recherche a créé un dispositif afin d’'inciter les acteurs de la recherche publique à développer de nouveaux partenariats à travers la création de "Laboratoires Communs" ou Labcom avec une PME ou une ETI. Un Labcom nommé M-Lab est officiellement lancé ce 5 avril entre l’Institut européen des membranes de Montpellier (IEM, unité mixte de recherche CNRS / ENSCM / UM) et la société POLYMEM.

L’IEM, laboratoire internationalement reconnu dans le domaine des matériaux et procédés membranaires et POLYMEM, PME fabricant de membranes fibres creuses polymères pour le traitement d’eau et d’effluents vont unir leurs efforts pour la maîtrise des procédés de fabrication des membranes développés par l’entreprise et le développement de matériaux innovants.
Il s’agit ici d’approfondir les connaissances sur les mécanismes fondamentaux intervenant dans la fabrication et l’utilisation des membranes, tels que l’étude de leur structuration au niveau nanométrique ou encore les mécanismes de vieillissements des membranes mises en œuvre sur site. Ce partenariat permettra de développer des procédés innovants de fabrication de membranes destinées au traitement de l’eau.
 
Contact chercheur : André Deratani, directeur de recherche CNRS, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., 04 67 14 91 20

Ces nouveaux immeubles qui purifient l’air

The Manuel Gea González Hospital in Mexico City
l'hôpital Manuel Gea González à Mexico

Le projet Sapphire à Berlin (source : libeskind.com)

Il y a une cinquantaine d’années les chercheurs de l’université de Tokyo furent les premiers à travailler sur des matériaux capable de photosynthèse c’est-à-dire de se comporter comme les plantes : absorber du CO2 pour rejeter de l’oxygène et de la vapeur d’eau.
Depuis cette idée a fait son chemin et la technologie a progressé pour sortir du laboratoire et devenir une réalité concrète.

C’est ainsi qu’à Mexico, une des villes les plus polluées au monde, les murs de l’hôpital Manuel Gea González « mangent le smog » selon l’agence Bloomberg. Construit en 2013, les façades de l’hôpital sont recouverts de dioxyde de titane spécialement traité pour épurer l’atmosphère. Les émissions nocives, en provenance de voitures par exemple, sont alors emprisonnées et transformées en eau et en gaz carbonique.

A Berlin, le cabinet d’architecte Daniel Libeskind vient de présenter le projet d’un complexe immobilier en plein centre ville futuriste. Les 73 appartements prévus sont spacieux et présentent des larges baies angulaires vitrées qui laissent entrer la lumière naturelle et donnent du volume et de l’espace. Le toit est un patio paysagé avec une vue imprenable sur la ville. Mais si le design est d’avant-garde, les matériaux utilisés le sont plus encore puisqu’ils incorporent des panneaux céramique, qui purifie l’air et élimine la pollution

Ces dalles développées par société Casalgrande Padana en collaboration avec le groupe japonais Toto, sont capables, en présence de lumière solaire, de réduire les polluants présents dans l’air. Elles sont également auto-nettoyantes car elles décomposent les saletés déposées en surface qui sont ensuite éliminées par l’action naturelle de l’eau de pluie.

Le Languedoc-Roussillon qui est déjà en avance sur la qualité de l'air grâce à  Air LR devrait suivre ces développements. On pense en particulier aux grands projets de Montpellier ou encore à celui futuriste de l’entrée Est de Sète dont les enjeux sont multiples (économie, habitat, environnement ou encore identité culturelle) pour les 20 ans à venir.

Monsef Benkirane reçoit la Médaille d’argent du CNRS

 Mardi 12 janvier 2016, au GENOPOLYS (141 rue de la cardonille à Montpellier) Monsef Benkirane, directeur de recherche CNRS et directeur de l’Institut de génétique humaine, recevra à Montpellier la Médaille d’argent du CNRS. Cette médaille distingue un chercheur pour l’originalité, la qualité et l’importance de ses travaux, reconnus sur les plans national et international. En France, 17 chercheurs sont lauréats de la Médaille d’argent du CNRS pour l’année 2015.

Monsef BenkiraneGuérir le Sida plutôt que le soigner par trithérapie en éradiquant le réservoir viral. Tel est l’ambitieux objectif des recherches menées par Monsef Benkirane.

Ses travaux ont permis d’élucider plusieurs étapes clés de l’infection par le VIH mais aussi de comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans la régulation de la transcription du virus.

La carrière de ce scientifique est jalonnée de plusieurs articles précurseurs dans le domaine de la virologie moléculaire. Dans une étude publiée dans Science, en 2007, il démontre le rôle de la machinerie cellulaire de petits ARN dans le contrôle de la réplication virale. Quatre ans plus tard, sa découverte d’un facteur de restriction capable de bloquer la réplication du VIH dans les cellules humaines lui vaut un article dans Nature. En 2014, il montre dans un article publié dans Cell que les protéines de réparation de l’ADN sont utilisées par le VIH pour échapper au système immunitaire.
À l’origine de trois brevets, ses recherches ont été distinguées, en 2012, par le Grand prix Jaffé de l’Académie des sciences.
Il est actuellement directeur de l’Institut de génétique humaine à Montpellier.

Les enjeux environnementaux de la conchyliculture

La France accueille et préside actuellement la 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) afin d’aboutir à un nouvel accord international sur le climat.
Dans ce contexte, le Comité National de la Conchyliculture (CNC) souhaite mettre mettre l’accent sur les enjeux environnementaux d’un secteur socio-économique important et structurant du littoral français et européen. Les ressources, les activités et la compétitivité de la conchyliculture dépendent du bon état des écosystèmes. Elles sont impactées par les effets du changement climatique. Une meilleure prise en compte de l’évolution du climat et ses conséquences pour les ressources côtières et l’aquaculture est indispensable.

L’ACIDIFICATION DES OCEANS : QUELS IMPACTS ?

L'acidification de l’océan est la diminution progressive de son pH. Elle est la conséquence de l’augmentation des émissions de dioxyde de carbone (CO2) dans l'atmosphère qui est ensuite absorbé par les eaux marines les rendant plus acides. L’acidification des eaux peut influencer :

  • la formation de coquille, la croissance et potentiellement la survie des mollusques bivalves (stade larvaire important),
  • la composition des eaux (côtières) et de son écosystème (phytoplanctons, sédiments, etc).


« Des observations suggèrent que les moules et les huîtres seront particulièrement menacées par le bouleversement en cours de la composition chimique de l'eau de mer, avec vraisemblablement d’importantes conséquences socio-économiques. Des recherches en laboratoire ont notamment permis de constater les impacts de l’acidification sur les mollusques : des effets très négatifs sont observés, en particulier lorsque la larve forme sa première coquille, peu avant la période de captage (fixation de la larve sur son premier support d’élevage). »
Frédéric Gazeau, Chargé de recherche au Laboratoire d’océanographie de Villefranche (CNRS).


Pour le secteur conchylicole, les enjeux de l’acidification des eaux côtières est un enjeu majeur.
A propos de l’acidification des océans :

  • quelle influence sur les microorganismes marins pathogènes pour les coquillages et sur d’autres facteurs de stress des coquillages ?
  • peut-elle remettre en cause le cycle de vie et de développement des ressources conchylicoles ?
  • peut-elle remettre en cause la capacité de captage en milieu naturel et la reproduction en milieu contrôlé ?
 

Les chiffres clés de la conchyliculture en France

  • Production : 200 000 tonnes de coquillages élevés par an, dont 65 % d’huîtres, 30 % de moules et 5 % d’autres coquillages.
  • Chiffre d’affaires : 780 millions d’euros/an.
  • 20 500 emplois directs à la production correspondant à 10 500 emplois à temps plein et 10/000 emplois saisonniers, auxquels il faut ajouter les opérateurs des circuits de distribution et le commerce.
  • 4 800 exploitations, pour 4 000 entreprises (majoritairement très petites entreprises familiales) se répartissant 20 000 hectares de concessions sur le domaine maritime public et privé.
  • Près de 300 zones de production classées dans des lieux naturels uniques (estrans, etc.), régulièrement surveillées pour la protection des eaux conchylicoles et des consommateurs.
 

Le Comité National de la Conchyliculture souhaite la création d’une plateforme d’échange pour un travail en collaboration à la fois avec les professionnels mais aussi les scientifiques, du monde entier pour mesurer l’importance de l’acidification et de ses impacts en particulier sur la conchyliculture.

« L’acidification des océans doit devenir une préoccupation pour la filière. Le partage d’expériences entre professionnels est essentiel pour trouver des solutions aux enjeux auxquels nous sommes tous confrontés. A ce titre, les récents échanges que nous avons eus avec nos homologues américains soulignent la convergence des intérêts conchylicoles. Et nous amènent à nous soutenir les uns les autres dans la nécessité de reconnaître l’importance et le rôle de la conchyliculture dans la préservation des écosystèmes ». - Gérald Viaud, Président du CNC.

Parmi les sujets de discussions, le Comité National de la Conchyliculture souhaite aussi souligner la nécessité de mettre en place le suivi de paramètres permettant d’appréhender l’évolution de la composition chimique des eaux conchylicoles (ex : taux d’aragonite, indispensable pour la formation de la coquille).


LA CONCHYLICULTURE, TEMOIN ET GARANTE DE LA SANTE DE L’ENVIRONNEMENT

  • De l’élevage à la récolte des coquillages (1 à 4 ans), ni solution médicamenteuse, ni produit chimique n’est utilisé. Leur alimentation est totalement naturelle et repose sur la biodiversité phytoplanctonique de la colonne d’eau.
  • La conchyliculture s’intègre aux écosystèmes estuariens et côtiers et participe à leurs fonctionnements : filtration et éclaircissement des eaux, développement d’autres espèces (rôle de nurserie, nourricerie), lutte contre l’érosion côtière, fixation du carbone, régulation des cycles de l’azote etc. Elle contribue au maintien des bons états sanitaires et écologiques du milieu.

  • Les eaux conchylicoles sont situées dans des zones protégées au titre de la Directive Cadre sur l’Eau et de la Directive Cadre Stratégie pour le Milieu Marin.

  • La conchyliculture est le témoin du bon état de santé de l’environnement côtier, elle est sensible aux variations de la qualité de l'eau du littoral et peut ainsi être considérée comme une activité économique « sentinelle » de cette qualité. Elle est concernée par les effets des changements climatiques (pluviométrie, température, acidification, érosion, etc.). Elle constitue une activité durable, en phase avec les valeurs actuelles et qui répond aux besoins alimentaires de demain

En savoir plus :
Film La Perle des mers, reportage au coeur de la filière ostréicole
Sites internet : www.cnc-france.com, www.huitre.com, www.moulesdebouchot.fr

LAG'UNE...Découverte !

Faire connaître les milieux lagunaires au jeune public

Qu'est-ce qu'une lagune ? Par quels phénomènes sont-elles apparues ? Quels sont leurs rôles et valeurs à la fois pour la nature et pour l'homme ? Dédié au grand public et plus particulièrement aux 10-15 ans, ce film de 6 minutes apporte quelques réponses succinctes et pédagogiques pour mieux connaître les lagunes méditerranéennes françaises.

Film produit par le Pôle-relais lagunes méditerranéennes, réalisé par l’association Océanides et cofinancé par l’Union européenne (FEDER PACA), la DREAL PACA et l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse dans le cadre du projet "Films pour la valorisation paysagère des milieux lagunaires méditerranéens" 2014-2015.

Les nanosatellites de l'UM2 à l'honneur au Bourget

La Fondation partenariale Van Allen de l'Université Montpellier 2 (UM2) créée en 2012 a pour mission de développer, promouvoir et financer la formation des étudiants au travers de la réalisation de nanosatellites universitaires, au niveau national et international.

Grâce au Mécénat d'entreprises et du grand public, étudiants et entreprises ont travaillé en synergie sur le premier nanosatellite étudiant français Robusta fabriqué par 300 étudiants UM2 et fut envoyé dans l'espace par le lanceur européen de l'ESA, VEGA en février 2012.

3 ans après, Robusta est revenu vers la terre en février 2015. En effectuant sa rentrée dans l’atmosphère, celui-ci s’est consumé afin de ne pas polluer l’espace – dans le respect de la loi française LOS sur le développement durable en orbite.

Succès de la Fondation Van Allen 

La Fondation Van Allen et le Centre Spatial de l'Université de Montpellier franchissent de nouvelles étapes au salon du Bourget et positionnent Montpellier comme capitale des nanosatellites en juin 2015 

- visite de Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche,

- lancement du Club des partenaires de la Fondation Van Allen

- entrée officielle du Centre Spatial de l'Université de Montpellier parmi le cercle restreint des opérateurs de satellites en France, reconnaissance unique en France pour un organisme de formation. 

 

 Qui est à l'origine du nom Van Allen ? 

Ce nom rend hommage au physicien et astronome américain James Alfred Van Allen  ( né en septembre 1914 - 9 août 2006), qui a découvert que la Terre était entourée de ceintures de radiations. Ce fut la première découverte majeure de l'ère spatiale. Ces ceintures portent aujourd'hui son nom.