Quand l'emballage se fait écolo

Des chercheurs  du laboratoire IATE (Université de Montpellier, INRA, CIRAD, Montpellier Sup Agro) ont mis au point des emballages totalement biodégradables fabriqués à partir de nos déchets. Une véritable révolution.

Cinq millions de tonnes. C’est la quantité d’emballages ménagers jetés chaque année en France . Un iceberg de déchets dont seul e la partie émergée - à peine 1% - est biodégradable. Pour réduire notre empreinte sur la planète, Nathalie Gontard, chercheuse au laboratoire Ingénierie des agropolymères et technologies émergentes (IATE / Université de Montpellier – INRA – Cirad - Montpellier Sup Agro) planche sur la mise au point de nouveaux emballages plus écologiques. « On remplace les plastiques issus de la chimie du pétrole par des matériaux issus de ressources renouvelables et biodégradables en conditions naturelles », explique la spécialiste . Si les « bioplastiques » existent déjà, ils posent encore un problème majeur : ils sont fabriqués avec de l’amidon qui provient de ressources alimenta ires : blé, maïs ou pomme de terre. "Affamer une moitié de la planète pour permettre à l’autre moitié de consommer écolo, ça n’aurait pas de sens", souligne la chercheuse.

Et si l’on imaginait des emballages issus non pas de ressources alimentaires mais ... de nos déchets ? Un véritable défi. Car il faut répondre à des contraintes importantes : préserver le plus longtemps possible les qualités nutritionnelles et organoleptiques des aliments pour limiter leur perte après récolte. Mais aussi démontrer une inn ocuité totale pour le consommateur, et une absence d’impact sur l’environnement.

Du déchet à l’emballage

Dans le cadre du projet européen Ecobiocap coordonné par Nathalie Gontard, les chercheurs ont relevé le défi. Et mis au point une nouvelle génération d’emballages, à partir des résidus des industries agro- alimentaires. Ingrédients de cette recette révolutionnaire : un polymère issu de la fermentation de déchets liquides des industries laitières, et des fibres ligno - cellulosiques issues du broyage de p aille de blé. En mélangeant le tout suivant un savant protocole et en l’assemblant grâce à des technologies innovantes, les chercheurs obtiennent un matériau qui ressemble comme un frère au plastique. En version totalement biodégradable.

La barquette ainsi réalisée est parfaitement adaptée à la conservation de fruits et légumes frais. "Il suffit de la jeter au compost avec le reste de vos déchets alimentaires", précise Nathalie Gontard. Une véritable révolution. Car cette innovation ouvre la voie à une forme d’économie circulaire qui fonctionnerait en boucle et ne génèrerait donc plus de déchets. "On crée un système durable qui respecte la planète , se réjouit la chercheuse . L’objectif désormais c’est de bannir les emballages non biodégradables".

source : Université de Montpellier - Nathalie Gontard (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Lancement du premier dictionnaire scientifique d’agroécologie !

Un dictionnaire scientifique, libre, gratuit, participatif et accessible à tous : telle est la définition de cet outil innovant et original ! Issu d’un dispositif de veille territoriale né à l’Inra de Toulouse, le dictionnaire d’agroécologie définit les contours sémantiques de ce domaine pour permettre au plus grand nombre d’en comprendre les enjeux et les pratiques.

Denmark
nature
Sunflower
 

Sujet d’actualité aux contours flous, parfois sujet à controverse, fortement médiatisé, l’agroécologie revêt plusieurs dimensions. C’est à la fois un mouvement social, un modèle agricole souvent associé à une agriculture écologiquement et socialement plus responsable et un domaine scientifique. Ce dictionnaire répond aux besoins du citoyen, de l’agriculteur, des acteurs du développement des chercheurs pour comprendre le sens de chaque terme aujourd’hui couramment utilisé par les différents acteurs investis dans ce domaine.

Né d’un dispositif de veille territoriale en région Occitanie
Depuis 2013, les informations traquées à partir de sources scientifiques, règlementaires, associatives, administratives, issues de pages Web, de sites internet, de flux RSS, de blogs, de la presse générale et spécialisée, sont collectées, analysées puis validées. Aujourd’hui, ce sont plus de 300 termes qui ont été capitalisés à partir de l’observation et l’analyse des réalités du terrain et de l’expertise de scientifiques de différentes disciplines : agroécologie, agronomie, sciences de gestion, écologie, zootechnie, économie, sciences des organisations, géographie.

Expertise et validation par un comité scientifique
Chaque entrée du dictionnaire  est rédigée par un expert scientifique. Certaines définitions associent des étudiants ingénieurs de l’Ecole de Purpan.
Lors de séminaires mensuels, les définitions sont mises en débat au sein d’un comité d’experts favorisant ainsi les échanges interdisciplinaires sur les termes ou concepts de l’agroécologie. Une fois validée collectivement, la définition est mise en ligne.
Ce projet de dictionnaire est adossé à un projet scientifique, ATA-RI* issu du Programme pour et Sur le Développement Régional.

Un dictionnaire accessible à tous et participatif !
Son édition en ligne permet une consultation libre et gratuite. Sa structuration et son organisation offrent différents niveaux de lecture et en font un outil dynamique grâce aux images, aux vidéos, aux interviews d’auteurs et aux infographies. Il est une ressource pédagogique conçue pour apporter à un large public des définitions claires rédigées et validées par la recherche.

Il s’agit également d’un outil évolutif qui doit permettre à d’autres acteurs et territoires de s’en emparer et de participer à son enrichissement.

» Accéder au dictionnaire

Chicxulub

un cratère unique pour mieux comprendre les surfaces planétaires

Il y a 66 millions d’années, la chute d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatán (Mexique) aurait mis fin au règne des dinosaures. Elle créait aussi le cratère d’impact de Chicxulub, le seul cratère connu sur Terre à posséder encore un anneau central, alors que ce type de structure est fréquent à la surface de nombreux objets du Système solaire. Pour ces différentes raisons, et bien que le cratère soit enfoui sous plusieurs centaines de mètres de sédiments, les scientifiques du monde entier sont prêts à tout pour percer ses secrets. L’expédition IODP/ICDP 364, réalisée par une collaboration internationale1 impliquant notamment une chercheuse CNRS du laboratoire Géosciences Montpellier, publie ses premières analyses dans la revue Science du 18 novembre 2016 : les 835 mètres de carottes récupérées permettent pour la première fois de retracer l’histoire des roches lors de la formation de ce type de cratère.


Plateforme de forage
©LeBer@ECORD_IODP

Vue des carottes prélevées lors de l’expédition
© lofi@ECORD_IODP 

L’expédition IODP/ICDP 364 a débuté par deux mois de forage en mer, d'avril à mai 2016, à bord du L/B Myrtle. Cette première phase de la mission a permis, grâce à un forage en eaux peu profondes, de récupérer 303 carottes de grande qualité (de sédiments et d’impactites2) et près de 6 km de données de puits cumulées. Ces données ont été analysées par une équipe internationale d’une trentaine de scientifiques, dont quatre provenant des laboratoires français : les premiers à pouvoir découvrir les roches formant l’anneau central d’un cratère d’impact.
C’est en effet la première fois qu’un forage est réalisé dans l’anneau central (ou « peak ring ») d’un cratère d’impact météoritique. Le peak ring est une structure circulaire constituée de monts souvent discontinus, localisés à l’intérieur de grands cratères. Fréquemment observées à la surface des corps silicatés du Système solaire tels que la Lune, Mercure ou Vénus, ces structures topographiques sont le sujet de nombreux débats quant à leur formation et n’avaient, jusqu'à présent, jamais été échantillonnées.
Les chercheurs ont notamment découvert que l’anneau central est majoritairement constitué de roches granitiques, mélangées à de la roche fondue, qui ont été non seulement choquées mais aussi déplacées de plusieurs kilomètres vers la surface lors de l’impact. Ces roches sont également traversées par des zones de cisaillement. Leur analyse montre que le choc a généré des flux verticaux et réduit la densité dans la croûte terrestre. La nature des roches qui forment l’anneau central du cratère de Chicxulub et leurs caractéristiques physiques permettent ainsi de confirmer l'un des modèles de formation de ces structures dit « par soulèvement dynamique suivi d'un effondrement ». Ces résultats sont les premiers d’une longue série qui lèveront une partie du mystère de ce type de cratère, depuis leur rôle dans la géologie des planètes jusqu’à leur impact sur le climat. Les chercheurs espèrent par ailleurs déterminer si une vie microbienne, ancienne ou moderne, a pu se développer dans les roches du peak ring. Source : www.cnrs.fr

Première observation d’un cycle magnétique de type solaire

61 Cyg A : Une étoile dont le champ magnétique varie comme celui du Soleil

Les astronomes se demandent depuis longtemps si les caractéristiques du Soleil en font un objet particulier, ou bien juste une étoile typique parmi tant d’autres. Après neuf années d’observations intensives, une équipe de scientifiques, dont des chercheurs du Laboratoire Univers et particules de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier) et de l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (CNRS/Université Paul Sabatier), vient de découvrir la toute première étoile dont le champ magnétique varie comme celui du Soleil. Ce résultat est publié en ligne le 6 octobre 2016 dans Astronomy & Astrophysics.

Depuis de nombreuses années, nous savons que la grande majorité, voire toutes les étoiles, sont actives – à des degrés divers, et que cette activité (détectable à travers les variations de luminosité des étoiles par exemple) résulte de leur champ magnétique. Le Soleil, l'étoile la plus proche de la Terre, ne fait pas exception : ses variations, tout au long du cycle magnétique de 22 ans, s'accompagnent de l'inversion de la polarité de son champ magnétique chaque onze ans. Les fluctuations solaires sont relativement faibles et plutôt lentes comparées à celles des étoiles magnétiquement actives connues, qui pour la plupart varient considérablement en terme de luminosité, sont le siège d'intenses et violentes éruptions stellaires, et dont la variabilité sur des durées de quelques mois à quelques années est beaucoup plus complexe que le cycle solaire. Pour cette raison, les astronomes se sont longtemps demandés si notre Soleil était particulier, ou si d'autres étoiles arboraient la même variabilité.

L'activité du Soleil est intrinsèquement liée à son champ magnétique, directement responsable de l'apparition de taches en surface ainsi que d'éruptions. Ce même champ alimente en outre le vent solaire, véritable flux de matière diffusé en continu dans l'espace. Sur une période de quelque vingt-deux ans, l'ensemble de ces caractéristiques varie, augmentant et diminuant régulièrement. Deux "périodes actives" sont ainsi entrecoupées de "minima solaires", plus calmes. Durant plus de quarante ans, les astronomes ont observé les étoiles proches, à la recherche d'un astre se comportant similairement à notre Soleil. Ces observations ont révélé l'existence d'étoiles dotées d'une semblable variabilité – décennale. La question de la concordance de cette variabilité et de l'inversion de champ magnétique est toutefois demeurée sans réponse.

L'avènement, voici une dizaine d'années, d'instruments dédiés baptisés "spectropolarimètres stellaires", a permis de cartographier les champs magnétiques d'étoiles proches de type Soleil. Grâce à cette nouvelle technologie, qui équipe le Télescope Bernard Lyot installé au Pic du Midi, les astronomes de l'équipe Bcool ont effectué le suivi observationnel d'un certain nombre d'étoiles proches, parmi lesquelles 61 Cyg A. De dimensions plus petites et de luminosité plus faible que celles du Soleil, cette étoile située dans la constellation septentrionale du Cygne est à peine visible à l'oeil nu.

Ces observations on révélé la grande similitude de 61 Cyg A et du Soleil. A la différence de ce dernier, 61 Cygni constitue un système binaire dont les deux composantes, 61 Cyg A et 61 Cyg B, sont de taille et de luminosité légèrement inférieures à celles du Soleil. En dépit de ces différences, 61 Cyg A arbore des variations d'activité qui coïncident avec les changements de polarité de son champ magnétique – ces changements surviennent tous les 7 ans, et la durée complète du cycle magnétique s'établit à 14 ans. En outre, le champ magnétique de 61 Cyg A se révèle d'autant plus complexe à l'approche de ces "inversions" (illustration 1). Ce comportement est parfaitement analogue à celui du Soleil. C'est la toute première fois qu'une telle similitude est observée.

"Les preuves observationnelles de l'existence d'une activité magnétique semblable à celle du Soleil au sein d'étoiles telle 61 Cyg A nous permettront de simuler, via des modèles informatiques, la création de champs magnétiques stellaires de type solaire, de mieux comprendre les processus dynamos à l’œuvre au sein des étoiles analogues au Soleil, et donc au sein du Soleil lui-même", précise Julien Morin, enseignant-chercheur au LUPM, l'un des co-auteurs. Comprendre la façon dont les étoiles de type solaire génèrent leurs champs magnétiques et les effets de ces champs magnétiques sur l'évolution des planètes et le développement de la vie constitue l'un des thèmes clés de l'astrophysique moderne. L'étude des autres étoiles nous permettra par ailleurs de mieux comprendre les processus générateurs du champ magnétique solaire ainsi que son impact sur la technologie terrestre et embarquée. Le vent solaire et surtout les éjections de matière coronale produites par les éruptions solaires peuvent en effet avoir des répercutions importante sur Terre. Lorsque ces flots de plasma atteignent la Terre, ils produisent non seulement les aurores boréales et australes qui illuminent les nuits hivernales des régions polaires (illustration 2), mais ils peuvent également perturber les communications radio et les réseaux électriques au sol, ainsi qu’endommager les satellites voir menacer la santé des astronautes en orbite terrestre.

en savoir dans Astronomy & Astrophysics (en anglais).

 

Le réseau de lignes magnétiques de l’étoile 61 Cyg A.
A gauche, une observation en juillet 2010 révèle un champ magnétique à la géométrie complexe, alors que l’étoile est proche de son maximum d’activité. A droite, une observation réalisée cinq années plus tard montre l’étoile à son minimum d’actrivité. Cette observation d’août 2015 montre une structure magnétique plus simple, de nature dipolaire, assez semblable dans sa géométrie au champ magnétique d’un simple barreau aimanté, ou à celui d’une planète comme la Terre. Cette évolution montre une similitude frappante avec le cycle solaire.

 

Les racines des plantes perçoivent les inondations et y répondent

On savait déjà les racines des plantes capables de percevoir séparément de nombreuses propriétés du sol (disponibilité en eau, en nutriments et en oxygène), sans comprendre comment elles intègrent les variations simultanées de ces différents signaux pour y réagir de manière adaptée. Des chercheurs du CNRS et de l’Inra viennent de découvrir un mécanisme permettant à la plante d’ajuster son statut hydrique et sa croissance en fonction des conditions d’inondation des sols. Publiés le 15 septembre 2016 dans la revue Cell, leurs travaux décrivent comment les racines perçoivent de manière conjointe la teneur en potassium et en oxygène du sol afin de moduler leur capacité à absorber l’eau. Outre leur importance fondamentale, ces résultats permettent d’envisager une optimisation de la tolérance des plantes cultivées aux inondations.


http://www.devbio.biology.gatech.edu/wp-content/uploads/2014/04/a.thalianaWIKI.jpgCela ne se voit pas au premier coup d’oeil mais la croissance et la survie des plantes reposent largement sur leurs racines, dont les ramifications dans le sol permettent d’y prélever l’eau et les nutriments nécessaires. Ces activités souterraines requièrent de l’énergie et donc une respiration intense des racines, qui utilisent l’oxygène présent dans les cavités du sol. En cas d’inondation, l’oxygène, qui diffuse mal dans l’eau, vient à manquer, générant un stress sévère pour les racines et la plante. En conséquence, la perméabilité à l’eau des racines de nombreuses plantes est réduite. C’est ainsi que les plantes poussant dans un sol inondé voient parfois leur teneur en eau réduite, et leurs feuilles flétrir – un paradoxe bien connu des agronomes.
En utilisant différentes lignées de la plante modèle Arabidopsis thaliana, des chercheurs du Laboratoire de biochimie et physiologie moléculaire des plantes de Montpellier (CNRS/Inra/Université de Montpellier/Montpellier SupAgro) et de l’Institut Jean-Pierre Bourgin (Inra/AgroParisTech/CNRS) ont identifié un gène qui contrôle la perméabilité à l’eau des racines, sous l’influence conjointe des teneurs en oxygène et en potassium du sol. Nommé HCR1, il réduit l’entrée d’eau dans les racines quand l’oxygène fait défaut… mais uniquement quand le sol est aussi riche en potassium, un sel minéral indispensable à la croissance des plantes. De fait, ces conditions sont favorables à une meilleure récupération une fois l’inondation passée. Aussi, le gène HCR1 déclenche toute une série de réactions métaboliques de « survie » qui contribuent à la résilience de la plante. Lorsqu’elle retrouve un sol oxygéné, la plante réhydrate ses feuilles et croît davantage que si elle avait été précédemment privée de potassium.
Outre leur intérêt fondamental, ces recherches ouvrent des perspectives importantes en agronomie. L’utilisation de l’eau par les plantes et les performances des racines sont des cibles cruciales pour les sélectionneurs de variétés cultivées. Mais dans la nature, les plantes ne sont jamais exposées à un seul stress ; aussi les sélectionneurs s’intéressent-ils aussi aux capacités des plantes à résister aux contraintes multiples de l’environnement. L’identification d’un mécanisme reliant disponibilité en oxygène, teneur en minéraux et perméabilité à l’eau des racines est donc une avancée importante pour l’agronomie. Ce mécanisme représente une cible prometteuse pour de futurs travaux dans le domaine de l’amélioration des plantes.

Bibliographie
A potassium-dependent oxygen sensing pathway regulates plant root hydraulics, Zaigham Shahzad, Matthieu Canut, Colette Tournaire-Roux, Alexandre Martinière, Yann Boursiac, Olivier Loudet, Christophe Maurel. Cell, 15 septembre 2016. DOI : 10.1016/j.cell.2016.08.068.
Contacts Chercheur CNRS l Christophe Maurel l T +33 (0)4 99 61 20 11 l Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Ifremer lance "Popstar"

Le projet « Popstar » vient d'être lancé à l'Ifremer. Il a pour but d'étudier l'état physiologique des poissons migrateurs en Méditerranée, associé à leurs déplacements collectifs, en développant un système innovant de marquage électronique de nouvelle génération. Testée sur le thon rouge, la marque sera plus petite, moins chère et capable d'acquérir une grande gamme de données biologiques et environnementales. Objectif : identifier les zones d’alimentation et de reproduction du thon rouge, et mieux gérer son exploitation en étudiant les variations de ses réserves de gras au cours du temps. Cette espèce, observée du ciel par survols aériens réguliers, le sera maintenant sous l’eau grâce à la future marque électronique « Popstar ». Une opération de marquage d'un banc entier de 200 spécimens est déjà programmée en Méditerranée au cours de l’été 2019... source Ifremer

CNRS et de MSDAVENIR main dans la main

LES AVANCÉES SUR LE SIDA ET LE CANCER GRÂCE À L'ASSOCIATION DU CNRS ET DE MSDAVENIR

Le CNRS et MSDAVENIR s’associent pour lancer deux projets de recherche majeurs conduits par l’Institut de Génétique Humaine dans le domaine des traitements contre le virus du sida et les cancers chimio-résistants.

Ghislaine Gibello, déléguée régionale du CNRS en Languedoc-Roussillon et Dominique Blazy, président du conseil scientifique de MSDAVENIR ont signé le 6 juillet deux partenariats visant à soutenir la recherche fondamentale contre le VIH et le cancer en France. Les deux projets de recherche, seront conduits par l’Institut de génétique humaine, unité de recherche fondamentale de rang mondial du CNRS et soutenus par MSDAVENIR avec un fond de dotation à hauteur de 4,7 millions d’euros, étalée sur 3 ans. « En soutenant deux projets de recherche fondamentale, nous faisons converger les forces des acteurs privés et des instituts de recherche publics pour imaginer les ruptures médicales de demain sur des pathologies majeures, » a déclaré Dominique Blazy, président du conseil scientifique de MSDAVENIR, lors de la signature du partenariat avec le CNRS.

Un partenariat qui ne cible pas seulement le cancer, puisque le projet HIDE INFLAMME & Seq s’attaquera bel et bien au virus du sida : « La guérison du VIH/SIDA réclame encore un long effort de recherche. Il nous faut trouver des pistes nouvelles, qui découleront nécessairement d'une recherche fondamentale ambitieuse et risquée, » à quant à lui souligné Monsef Benkirane, directeur de l’Institut de génétique humaine du CNRS. Si les traitements antirétroviraux (HAART) traitent de manière efficace l’infection par VIH, ils ne peuvent pas pour autant apaiser le réservoir viral persistant. Cibler les sources de la persistance virale est donc nécessaire en plus des HAART pour envisager la guérison.

Les comorbidités, telles que les maladies rénales ou métaboliques, sont actuellement les causes principales de mortalité chez la majorité des personnes vivant avec le VIH. Cette étude permettrait donc de proposer une médecine personnalisée pour la prévention des comorbidités associées à l’infection par le VIH.

Photo 1 © CNRS / Cyril Sarrauste : Monsef Benkirane, directeur de recherche CNRS et directeur de l’Institut de génétique humaine et Philippe Pasero, directeur de recherche Inserm

Photo 2 © CNRS / Cyril Sarrauste  Ghislaine Gibello, déléguée régionale du CNRS et Dominique Blazy, président du conseil scientifique de MSDAVENIR

Le projet GnoStiC : pour une meilleure compréhension des mécanismes de réparation de l’ADN dans les cellules tumorales.

Les cancers se développent à cause de l’altération de l’ADN présent dans nos cellules lorsqu’elles se divisent. Il existe des enzymes, des protéines aux propriétés spécifiques, qui réparent l’ADN et représentent une des principales barrières contre le cancer. Cependant, ces enzymes sont fréquemment détournées par les cellules tumorales afin de résister aux traitements utilisés en chimiothérapie. Malgré des avancées notables dans la compréhension de ces phénomènes, la prise en charge des patients atteints de tumeurs chimio-résistantes reste donc limitée. C’est précisément là que le projet GnoStiC intervient.

« Les progrès récents de la recherche biomédicale nous ont permis de mieux comprendre le mode d’action des molécules utilisées en chimiothérapie, mais l’apparition de mécanismes de résistance dans les cellules tumorales limite encore trop souvent l’efficacité des traitements existants. Le projet GnoStiC va nous permettre de progresser encore plus vite dans la lutte contre le cancer en permettant le développement de thérapies innovantes ciblant des structures spécifiques présentes dans les tumeurs chimiorésistantes, » a indiqué Philippe Pasero, directeur de recherche à l’Institut de génétique humaine, porteur du projet GnoStiC.
Ces structures dont l’apparition dans les cellules tumorales, permettrait de rassembler les enzymes de réparation au niveau des lésions de l’ADN et ainsi ouvrir la voie à des traitements novateurs et performants.

 

Expirer en inspirant

Le comportement anormal d’un matériau nanoporeux

Véritables éponges high-tech de l’infiniment petit, les matériaux nanoporeux permettent de capturer et libérer de manière contrôlée les composés chimiques, gaz ou liquides. Une équipe franco-allemande comprenant des chercheurs de l’Institut de recherche de Chimie Paris (CNRS/Chimie ParisTech) et de l’Institut Charles Gerhardt de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/ENSCM)1 a mis au point et décrit un de ces matériaux au comportement totalement contre-intuitif, le DUT-49. Lorsque la pression augmente pour faire entrer davantage de gaz dans un échantillon de DUT-49, celui-ci se contracte subitement et libère son contenu comme si, au cours d’une inspiration, les poumons se rétractaient et expulsaient l’air qu’ils contiennent. Publiés le 6 avril 2016 sur le site de la revue Nature, ces travaux permettent d’envisager des comportements innovants en science des matériaux.

La capture de molécules toxiques dans l’air ambiant, le stockage de l’hydrogène ou la libération ciblée de médicaments… Autant d’applications qui peuvent faire appel à des matériaux nanoporeux flexibles. Ces matériaux utilisent la grande surface déployée par leurs pores pour capter et stocker les molécules de gaz ou de liquide : c’est le phénomène d’adsorption2. Leurs pores peuvent ainsi adsorber des quantités impressionnantes de produits, s’agrandissant dans la limite de leur flexibilité.

Une équipe franco-allemande a conçu un nouveau type de matériau nanoporeux : le DUT-49. Formé par auto-assemblage d’un squelette carboné et d’atomes de cuivre, sa structure est à la fois organique et métallique. Il se présente sous la forme d’une poudre incroyablement poreuse : la superficie interne3 d’un seul gramme de ce matériau couvre 5000 m². Le DUT-49 est ainsi capable d’adsorber l’équivalent du tiers de son poids en méthane. Tout comme les autres matériaux « intelligents » de sa famille, ses propriétés changent selon les stimulations extérieures, comme la pression, la température ou la lumière. Si l’on augmente la pression lors de la capture d’un gaz, on augmente à la fois la quantité de gaz adsorbée et, dans le cas le plus courant, la taille des pores du matériau. La très grande flexibilité du DUT-49 provoque cependant un phénomène imprévu : alors que le matériau se remplit de gaz jusqu’à une certaine pression, il va se contracter brutalement et voir son volume diminuer de moitié si la pression continue d’augmenter

Les chercheurs ont d’abord cru à une erreur d’instrumentation, car aucun autre des millions de matériaux connus qui adsorbent les gaz ne se comporte ainsi. Ce phénomène « d’adsorption négative » a pourtant bien été confirmé par des mesures complémentaires et l’équipe est parvenue à en décrire le mécanisme. Les molécules de gaz stockées dans les pores du DUT-49 établissent des interactions fortes avec la structure de ce solide ce qui, selon la quantité de gaz adsorbée, perturbe la disposition des atomes qui le composent et finit par provoquer sa contraction. Testé avec le butane et le méthane, ce comportement caractéristique du DUT-49 serait généralisable à d’autres composés gazeux.

DUT-49 rejoint les récentes découvertes de matériaux aux propriétés physiques « anormales », comme ceux à expansion thermique négative qui se contractent lorsqu’ils sont chauffés. Ce résultat ouvre un grand champ d’étude dans la compréhension des matériaux poreux flexibles et permet d’envisager des comportements innovants en science des matériaux. Il pourrait ainsi conduire à développer des interrupteurs et des capteurs à échelle nanométrique. Le dégonflement du matériau correspond en effet à une réponse forte à un petit évènement, déclenché à partir d’une valeur seuil facilement détectable.

source : CNRS

M-Lab officiellement lancé le 5 avril

L’Agence nationale de la recherche a créé un dispositif afin d’'inciter les acteurs de la recherche publique à développer de nouveaux partenariats à travers la création de "Laboratoires Communs" ou Labcom avec une PME ou une ETI. Un Labcom nommé M-Lab est officiellement lancé ce 5 avril entre l’Institut européen des membranes de Montpellier (IEM, unité mixte de recherche CNRS / ENSCM / UM) et la société POLYMEM.

L’IEM, laboratoire internationalement reconnu dans le domaine des matériaux et procédés membranaires et POLYMEM, PME fabricant de membranes fibres creuses polymères pour le traitement d’eau et d’effluents vont unir leurs efforts pour la maîtrise des procédés de fabrication des membranes développés par l’entreprise et le développement de matériaux innovants.
Il s’agit ici d’approfondir les connaissances sur les mécanismes fondamentaux intervenant dans la fabrication et l’utilisation des membranes, tels que l’étude de leur structuration au niveau nanométrique ou encore les mécanismes de vieillissements des membranes mises en œuvre sur site. Ce partenariat permettra de développer des procédés innovants de fabrication de membranes destinées au traitement de l’eau.
 
Contact chercheur : André Deratani, directeur de recherche CNRS, Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., 04 67 14 91 20

Ces nouveaux immeubles qui purifient l’air

The Manuel Gea González Hospital in Mexico City
l'hôpital Manuel Gea González à Mexico

Le projet Sapphire à Berlin (source : libeskind.com)

Il y a une cinquantaine d’années les chercheurs de l’université de Tokyo furent les premiers à travailler sur des matériaux capable de photosynthèse c’est-à-dire de se comporter comme les plantes : absorber du CO2 pour rejeter de l’oxygène et de la vapeur d’eau.
Depuis cette idée a fait son chemin et la technologie a progressé pour sortir du laboratoire et devenir une réalité concrète.

C’est ainsi qu’à Mexico, une des villes les plus polluées au monde, les murs de l’hôpital Manuel Gea González « mangent le smog » selon l’agence Bloomberg. Construit en 2013, les façades de l’hôpital sont recouverts de dioxyde de titane spécialement traité pour épurer l’atmosphère. Les émissions nocives, en provenance de voitures par exemple, sont alors emprisonnées et transformées en eau et en gaz carbonique.

A Berlin, le cabinet d’architecte Daniel Libeskind vient de présenter le projet d’un complexe immobilier en plein centre ville futuriste. Les 73 appartements prévus sont spacieux et présentent des larges baies angulaires vitrées qui laissent entrer la lumière naturelle et donnent du volume et de l’espace. Le toit est un patio paysagé avec une vue imprenable sur la ville. Mais si le design est d’avant-garde, les matériaux utilisés le sont plus encore puisqu’ils incorporent des panneaux céramique, qui purifie l’air et élimine la pollution

Ces dalles développées par société Casalgrande Padana en collaboration avec le groupe japonais Toto, sont capables, en présence de lumière solaire, de réduire les polluants présents dans l’air. Elles sont également auto-nettoyantes car elles décomposent les saletés déposées en surface qui sont ensuite éliminées par l’action naturelle de l’eau de pluie.

Le Languedoc-Roussillon qui est déjà en avance sur la qualité de l'air grâce à  Air LR devrait suivre ces développements. On pense en particulier aux grands projets de Montpellier ou encore à celui futuriste de l’entrée Est de Sète dont les enjeux sont multiples (économie, habitat, environnement ou encore identité culturelle) pour les 20 ans à venir.

Monsef Benkirane reçoit la Médaille d’argent du CNRS

 Mardi 12 janvier 2016, au GENOPOLYS (141 rue de la cardonille à Montpellier) Monsef Benkirane, directeur de recherche CNRS et directeur de l’Institut de génétique humaine, recevra à Montpellier la Médaille d’argent du CNRS. Cette médaille distingue un chercheur pour l’originalité, la qualité et l’importance de ses travaux, reconnus sur les plans national et international. En France, 17 chercheurs sont lauréats de la Médaille d’argent du CNRS pour l’année 2015.

Monsef BenkiraneGuérir le Sida plutôt que le soigner par trithérapie en éradiquant le réservoir viral. Tel est l’ambitieux objectif des recherches menées par Monsef Benkirane.

Ses travaux ont permis d’élucider plusieurs étapes clés de l’infection par le VIH mais aussi de comprendre les mécanismes moléculaires impliqués dans la régulation de la transcription du virus.

La carrière de ce scientifique est jalonnée de plusieurs articles précurseurs dans le domaine de la virologie moléculaire. Dans une étude publiée dans Science, en 2007, il démontre le rôle de la machinerie cellulaire de petits ARN dans le contrôle de la réplication virale. Quatre ans plus tard, sa découverte d’un facteur de restriction capable de bloquer la réplication du VIH dans les cellules humaines lui vaut un article dans Nature. En 2014, il montre dans un article publié dans Cell que les protéines de réparation de l’ADN sont utilisées par le VIH pour échapper au système immunitaire.
À l’origine de trois brevets, ses recherches ont été distinguées, en 2012, par le Grand prix Jaffé de l’Académie des sciences.
Il est actuellement directeur de l’Institut de génétique humaine à Montpellier.