L’audition des premières baleines

L’organe auditif des premières baleines, les protocètes, vient d’être reconstitué virtuellement par des paléontologues de l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE). Ces cétacés aujourd’hui éteints, étaient, malgré des moeurs essentiellement aquatiques, pourvus de membres postérieurs leur permettant de se mouvoir sur la terre ferme. La reconstitution virtuelle de leur cochlée, l’organe siège de l’audition, suggère que leurs capacités auditives étaient très différentes de celles de leurs cousins actuels.

Les protocètes, « baleines à pattes » disparues il y a 38 millions d’années, ont aujourd’hui laissé place à deux grands groupes de cétacés qui diffèrent considérablement par leur mode de communication et leurs capacités auditives. Les mysticètes, baleines à fanons, sont sensibles aux basses fréquences et émettent des infrasons pour communiquer sur de très grandes distances. Au contraire, les odontocètes, baleines à dents, produisent des ultrasons utilisés pour l’écholocalisation.

Jusqu’ici, deux hypothèses s’opposaient concernant la mise en place de ces capacités auditives remarquables : l’une proposait que l’ancêtre commun des cétacés soit sensible aux infrasons, l’autre qu’il le soit aux ultrasons. Dans une étude publiée le 8 juin 2017 dans Current Biology, Mickaël Mourlam et Maeva Orliac, paléontologues à l’Institut des sciences de l'évolution de Montpellier (CNRS/Université de Montpellier/IRD/EPHE), proposent un nouveau scénario évolutif de la mise en place des capacités auditives des cétacés.

En utilisant la micro-tomographie à rayons X, les chercheurs ont extrait virtuellement le moulage 3D de la cochlée, l’organe siège de l’audition, à partir de restes crâniens fossilisés de protocètes. Ces derniers, vieux d’environ 45 millions d’années, provenaient d’une mine de phosphate du Togo et étaient conservés dans les collections de l’Université de Montpellier. Cette étude montre que la forme et les caractéristiques de la cochlée des cétacés protocètes différent nettement de celles des deux grands groupes actuels de cétacés. Cela implique que la spécialisation vers les infrasons et les ultrasons est intervenue au sein des cétacés modernes après la séparation historique entre les mysticètes et les odontocètes.

Les capacités auditives des protocètes étaient finalement proches de celles de leurs cousins ongulés pleinement terrestres : ils n’étaient vraisemblablement sensibles ni aux ultrasons, ni aux infrasons. Cette absence de spécialisation suggère que les protocètes n’utilisaient pas l’écholocalisation et, contrairement aux baleines actuelles, ne communiquaient pas sur de longues distances grâce à des basses fréquences, ce qui est en accord avec leur habitat préférentiel supposé, proche des côtes. Selon le nouveau scénario évolutif proposé, l’ancêtre commun des cétacés ne présentait pas non plus de spécialisation auditive : ses capacités couvraient une gamme de fréquence optimale à la fois sur terre et dans l’eau correspondant à son mode de vie amphibie.

Ces découvertes soulignent l’importance de l’étude des premiers cétacés pour comprendre l’adaptation à la vie aquatique chez ce groupe de mammifères hors-normes. En effet, les protocètes nous permettent d’obtenir une image plus précise de l’histoire évolutive des cétacés, qui s’avère plus complexe que celle proposée jusqu’alors. Jusqu’à présent les chercheurs ont pu documenter l’oreille de deux des trois espèces retrouvées au Togo. Ils espèrent, lors de leur prochaine mission en décembre, mettre la main sur un fossile qui leur permettra d’explorer l’oreille de la troisième.


Figure 1
: illustration du modèle 3D de la cochlée de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164, vue ventrale), une des espèces de protocète du Togo. © M. J. Orliac
Figure 2 : os pétreux isolé de Carolinacetus sp. (UM-KPG-M164), une des espèces de protocète du Togo et reconstruction in situ du moule de la cochlée (en rouge vif) visible au travers d'un rendu transparent de l'os pétreux (vue ventrale). © M. J. Orliac
Figure 3 : portrait d'un protocète du Togo © illustration M. J. Orliac d'après une reconstruction du crâne réalisée par Róisín Mourlam.

Bibliographie
Infrasonic and Ultrasonic Hearing Evolved after the Emergence of Modern Whales, Mickaël J. Mourlam et Maeva J. Orliac, Current Biology, 08 juin 2017. DOI: 10.1016/j.cub.2017.04.061

La Maison Tarbouriech explore les propriétés du byssus de moules

Des produits innovants et écologiques

Et si la barbe des moules était un matériau du futur ?


L’entreprise : La Maison Tarbouriech (société Medithau) située à Marseillan au bord de l’étang de Thau, conchyliculteur et leader de la production de moules et d’huîtres haut de gamme en France, se distingue par une politique de qualité à travers des démarches d’amélioration continue au service de ses produits et des consommateurs mais aussi par des efforts constants en matière d’innovation, de développement durable et d’économie circulaire.

Le byssus :
Appelé « soie marine » ou « soie des rois », ou plus trivial « barbe de moules », le byssus est une fibre naturelle fabriquée par la moule pour s’accrocher aux rochers. Il est reconnu depuis l’Antiquité pour sa souplesse, sa brillance et sa résistance. Il se compose de protéines dont le collagène, ses fibres très robustes permettent à la moule de résister aux vagues.

Le projet :
Comment valoriser les déchets conchylicoles ? Telle est la question que se pose Florent Tarbouriech au quotidien dans sa quête de développement durable depuis le début de son aventure. C’est pourquoi il s’intéresse au byssus de moules comme une matière renouvelable pouvant s’intégrer dans la conception de nouveaux produits.

La recherche :
Des réflexions et des expérimentations, sur le byssus en tant que matière première, ont été menées depuis 2011 en collaboration avec l’Ecole Supérieure d’Art et de design de Saint-Etienne et se poursuivent depuis au sein du laboratoire Prod’IA.

Ambitions :
Fortement engagée dans une démarche d’éco-conception, la Maison Tarbouriech a la volonté de valoriser les nombreuses propriétés du byssus dans la création de produits innovants et respectueux de l’environnement.
Grâce à la valorisation des biomatériaux tels que le byssus, des papiers de création destinés aux artistes ont été mis au point.
Mais les ambitions de l’entreprise ne s’arrêtent pas là : Des résultats prometteurs sont enregistrés dans l’élaboration de tissus techniques, de matériaux propres à l’ameublement et à la décoration, ou encore dans les cosmétiques.

lire aussi les moules utiles à la science

Traquez le tueur de Palmier avec le Cirad

Les chercheurs du Cirad ont besoin de vous pour lutter contre le sphinx du palmier, redoutable papillon palmivore originaire d’Amérique du Sud. Vos palmiers sont infectés et vous envisagez un abattage ? Contactez le Cirad !

Le sphinx du palmier (Paysandisia archon) est un papillon qui ne passe pas inaperçu : certain représentants de cette espèce peuvent atteindre 11 cm d’envergure. Ce n’est toutefois pas sa taille qui a valu sa célébrité à ce papillon d'origine sud-américaine, mais bien les ravages que ses chenilles causent aux palmiers.

Identifié pour la première fois en France en 2001, dans le Var, ce papillon s’est rapidement répandu dans les départements voisins. Probablement introduit en Europe via le commerce de palmiers avec l’Amérique du Sud, au milieu des années 1990, ce terrible passager clandestin s’est bien implanté dans son nouvel environnement, et y a rapidement progressé. Paysandisia est aujourd’hui le plus important ravageur de palmiers du Languedoc-Roussillon : il provoque la régression de certaines espèces, voire les menace d'extinction.

Les scientifiques du Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) étudient ce redoutable nuisible afin de mieux le comprendre et d'améliorer les moyens de lutte en protégeant les palmiers des pontes. Pour y parvenir, ils ont notamment besoin de cocons et de chenilles contenus dans les stipes de palmiers infestés.

La période de travail est relativement courte : l’activité du papillon peut commencer mi-juin, pour atteindre un pic durant les quinze premiers jours de juillet. La collecte des cocons doit donc s’effectuer en amont, soit en mai et juin. Si vous abattez votre palmier, contactez le Cirad : ses chercheurs se déplaceront chez vous, selon vos disponibilités, pour collecter des échantillons. Vous participerez ainsi à la production des connaissances qui permettront peut-être un jour de sauver les palmiers méditerranéens.

CONTACTS :
Laurence OLLIVIER : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Frédéric DEDIEU : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
tél : 06.98.53.83.93

Un montpelliérain lauréat de la médaille de l'innovation 2017 du CNRS


Frédérique PLAS/IGMM/CNRS Photothèque

La médaille de l'innovation 2017 du CNRS est décernée à Jamal Tazi, professeur de l’Université de Montpellier et chercheur à l’Institut de génétique moléculaire de Montpellier1. Il est l’un des 4 lauréats aux côtés de Raphaèle Herbin, Jean-Pierre Nozières, Jean-Marie Tarascon. Cette récompense leur sera remise le 15 juin 2017 lors d'une cérémonie à la Maison des océans, à Paris. La médaille de l'innovation du CNRS récompense des recherches scientifiques exceptionnelles ayant conduit à une innovation marquante sur le plan technologique, thérapeutique ou social et valorisant ainsi la recherche scientifique française.

Âgé de 57 ans, ce professeur spécialisé en génomique fonctionnelle dirige une équipe de recherche au sein de l'Institut de génétique moléculaire de Montpellier.
Il est à l'origine de découvertes majeures dans le domaine de l'épissage alternatif des ARN pré-messagers – un processus qui permet d'obtenir plusieurs protéines différentes à partir d'un même gène. Ces travaux ouvrent de nouvelles pistes pour le traitement de maladies virales et génétiques.
Il a fondé, en 2008, la société de biotechnologie Splicos, devenue Abivax en 2013, pour développer des candidats médicaments antiviraux. Il dirige le laboratoire coopératif CNRS-Abivax, nommé Abivax Therapeutics (ex-Splicos Therapeutics), créé en 2009. Il est l'inventeur de neuf familles d'innovations brevetées. La molécule ABX464, ciblant le virus du Sida, est actuellement en phase 2 d'essai clinique.

Découvrez un portrait détaillé des quatre lauréats dans CNRS Le Journal
Et retrouvez le palmarès de la médaille de l'innovation du CNRS

Archives Grothendieck numérisées

Les 28 000 pages d’Alexandre Grothendieck

Il a changé le paysage des mathématiques. Alexandre Grothendieck a laissé derrière lui quelques 28 000 pages inédites. Ce trésor où se cachent peut-être les ultimes fulgurances du maître va enfin être dévoilé : le 10 mai 2017 à 16h30, le site consacré aux archives Grothendieck fera son apparition sur la Toile. En 1973, il fut recruté par la faculté des sciences de Montpellier.
Alexandre Grothendieck s’est éteint le 13 novembre 2014, à l’âge de 86 ans. Depuis longtemps déjà, l’enfant terrible des mathématiques s’était mis en marge de la communauté scientifique. Réfugié à Lasserre, petit village des Pyrénées, il y menait une vie d’ermite, ayant refusé les honneurs et la notoriété. Le refondateur de la géométrie algébrique, le plus grand mathématicien du XXe siècle – ainsi que le nommaient nombre de ses pairs – avait choisi le silence.

Lancement du site dédié aux archives d'Alexandre Grothendieck
Mercredi 10 mai 2017, 16h30
Campus Triolet, place Eugène Bataillon
Bâtiment 9 dit des "Mathématiques", salle 02 au RDC

En présence de :
Philippe Augé, Président de l’Université de Montpellier
Jean-Michel Marin, Directeur de l’Institut Montpelliérain Alexandre Grothendieck
Jean Malgoire, enseignant-chercheur à l’Université de Montpellier et dépositaire du fonds Grothendieck

VIH : une nouvelle piste pour éliminer le virus


© Fabrice Hyber, pour Organoïde/Institut Pasteur
La révélation de CD32A comme marqueur des cellules réservoir du VIH1 par Hyber
 

Depuis 1996, la communauté scientifique s’accorde à penser que la guérison du VIH passera par le ciblage des « cellules réservoirs » qui abritent le virus dans les organismes des patients sous trithérapie. Le VIH, en latence, peut se cacher dans ces réservoirs pendant plusieurs dizaines d’années, échappant à la réponse immunitaire et aux traitements antirétroviraux, sans qu’aucune protéine virale ne soit exprimée. Mais en cas d’arrêt du traitement, le virus se multiplie massivement et la maladie progresse de nouveau. Les patients sont ainsi contraints à un traitement à vie. Pour envisager d’éliminer ce virus dormant, une première étape est de distinguer les cellules réservoirs infectées par le VIH de leurs cellules homologues saines, très ressemblantes. C’est ce que vient de réaliser une équipe de chercheurs qui a identifié un marqueur des cellules réservoirs : une protéine présente uniquement à la surface des cellules infectées.

Partant de l’hypothèse que le VIH pourrait laisser une empreinte à la surface de sa cellule hôte, les chercheurs de l’Institut de génétique humaine (CNRS/Université de Montpellier) ont tout d’abord travaillé in vitro sur un modèle d’infection développé dans leur laboratoire. Une comparaison entre cellules infectées et cellules saines1 les a conduits à remarquer une protéine particulière, codée par un gène parmi la centaine exprimés de manière spécifique par les cellules infectées. Présente uniquement à la surface des cellules infectées, la protéine CD32a remplissait dès lors in vitro les critères d’un marqueur de cellules réservoirs. Et les expérimentations sur échantillons cliniques l’ont confirmé. En étudiant des prélèvements de sang de 12 patients vivant avec le VIH et sous traitement2, les chercheurs ont isolé les cellules exprimant le marqueur et ont constaté qu’elles étaient quasiment toutes porteuses du VIH. In vitro, l’activation de ces cellules a induit une production de virus capables de réinfecter des cellules saines tandis que leur élimination a provoqué un retard important de la production virale.
Dans la lutte contre le VIH, cette découverte ouvre la voie à une meilleure connaissance fondamentale des réservoirs viraux, qui pourront désormais être isolés facilement et analysés directement. A plus long terme, elle devrait déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer de l’organisme le virus latent.
Ces travaux ont reçu le soutien de l’ANRS, de MSD Avenir, de la Commission européenne, de la Fondation Bettencourt Schueller, de la Fondation pour la recherche médicale et de l’Institut de recherche vaccinale (VRI).

source : communiqué CNRS

Succès pour le projet Montpellier Université d’Excellence !

Succès pour le projet Montpellier Université d’Excellence ! C’est un succès majeur pour toute la communauté scientifique montpelliéraine et une belle reconnaissance de son potentiel et de ses projets.  Après son audition par un jury internatioanal ce 21 février, le projet Montpellier Université d’ Excellence ( MUSE ) a décroché la labellisation  Initiative - Sciences- Innovation - Territoires - Economie (I-Site) . MUSE  sera un formidable accélérateur pour l’avenir de l’ensemble du site et pour sa visibilité sur la scène nationale et internationale de l’enseignement supérieur et de la recherhche.

Résultat de recherche d'images pour "universite montpellier"

 

Carole Delga se félicite de l'obtention du Label I-Site pour le projet MUSE de Montpellier
 
« Je suis fière que le projet MUSE, « Montpellier University of Excellence », porté par la communauté scientifique de Montpellier et soutenu activement par la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée, ait obtenu aujourd'hui le label I-SITE, Initiatives - Science - Innovation - Territoires - Economie.
 
Ce label d'excellence reconnaît et salue aux yeux du monde un projet ambitieux, collectif et exemplaire : la création d'une université thématique de recherche en santé, environnement et agriculture à Montpellier. Grâce à cette labellisation, l'avenir de l'enseignement supérieur et de la recherche se pense véritablement à l'échelle internationale. Quel atout pour le développement de notre Région !
 
Grâce à de nouveaux partenariats efficaces, par la recherche, la formation et l'innovation, Muse a pour ambition d'apporter des réponses qui impacteront positivement la société autour de trois problématiques principales : la promotion d'une agriculture innovante, contribuant à la sécurité alimentaire et à la qualité environnementale ; la transition vers une société respectueuse de l'environnement et l'amélioration de la santé humaine.
Je tiens à féliciter Philippe Augé, président de l'Université de Montpellier, François Pierrot, coordonnateur du projet MUSE et l'ensemble des partenaires. Riche de ses 6 000 scientifiques et de ses 50 000 étudiants, le succès du projet MUSE est le fruit d'une collaboration et d'un investissement sans précédent de 10 organismes de recherche (BRGM - CEA - Cirad - CNRS - Ifremer - Inra - Inria - Inserm - IRD - Irstea), 4 écoles (Architecture Montpellier - Chimie Montpellier - Mines d'Alès - SupAgro), 3 établissements de santé (CHU Montpellier - CHU Nîmes - Institut du Cancer de Montpellier) et une organisation internationale (CIHEAM-IAMM). Je veux vivement remercier les hommes et les femmes qui se sont mobilisés au sein de ces structures, ainsi que les 150 partenaires qui ont soutenu MUSE dans la course à la labellisation : PME, grands groupes, pôles de compétitivité et ONG.
L'obtention du label I-SITE va renforcer l'attractivité et la compétitivité internationale de l'Université de Montpellier. C'est une contribution importante pour constituer un véritable projet de territoire avec les autres établissements de la Région, en particulier avec la construction d'un établissement expérimental à l'Université de Toulouse en vue de la reconquête de l'Idex, et qui aura un impact majeur en faveur du développement de notre grande Région ».
La Région soutient ce projet exemplaire dans le cadre du Schéma régional de l'enseignement supérieur, la recherche et l'innovation (SRESRI), voté lors de la session plénière du 2 février dernier. Sa mise en œuvre se traduit par une politique régionale volontariste avec un budget de près de 70 M€ par an, soit 350 M€ sur la période 2017-2021, pour accompagner l'ensemble des sites universitaires de la Région Occitanie / Pyrénées-Méditerranée. L'I-SITE MUSE pourra ainsi compter sur cet accompagnement majeur de la Région, en plus de la contribution régionale de 41 M€ déjà prévus dans le cadre du CPER 2015-2020.
 

   

Une ambition scientifique confortée

Ce résultat conforte l’ambition du projet MUSE, le plus vaste projet scientifique jamais imaginé sur le site montpelliérain, de relever trois défis majeurs pour le XXI e siècle : nourrir, protéger et soigner . « En pariant sur la force de frappe de Montpellier dans le domaine des sciences du vivant, de l’environnement et de l’agriculture et apportant une réponse collective à ces trois défis interdépendants , MUSE a joué la carte gagnante » se félicite le président de l’Université de Montpellier, Philippe Augé . Par la recherche, la formation et l’innovation, MUSE va s’engager dans la conquête d’espaces scientifiques et économiques nouveaux et contribuera à la sécurité alimentaire, à la gestion durable des ressources naturelles et des écosystèmes ainsi qu’ à l’amélioration des traitements des maladies infectieuses émergentes, des maladies chroniques et des cancers . « Muse a vocation à hisser Montpellier au rang de référence internationale en santé, sciences de l’ environnement et agriculture » se réjouit François Pierrot, le coordonnateur du projet qui implique autour de l’Université de Montpellier, 10 organismes de recherche (BRGM - CEA - Cirad - CNRS - Ifremer - Inra - Inria - Inserm - IRD - Irstea ) , 4 écoles (ENSAM - ENSCM - EMA - SuAgro), 3  tablissements de santé (CHU Montpellier - CHU Nîmes - Institut de Cancérologie de Montpellier ) et une organisation internationale (CIHEAM - IAMM).

Une présence exceptionnelle au Sud renforcée

Avec 400 chercheurs actuellement installés de manière permanente dans la zone intertropicale , Muse dispose en effet d’un réseau et d’une expertise sans équivalent au niveau mondial dans les pays du Sud , en particulier grâce au savoir - faire du Cirad, de l’IRD et du CNRS . Premier site national en agro - environnement - biodiversité, Montpellier est aujourd’hui le leader français de la recherche sur les nouveaux modèles agricoles ou la gestion environnementale. De même, le site montpelliérain fait figure de référence sur l’étude des maladies infectieuses émergentes et des vecteurs de transmission. Deux enjeux qui concernent au premier chef les pays du Sud et qui sont au cœur du projet labellisé.

Une dynamique de coopération reconnue qui va s’ accélérer.

Riche de ses 6 000 scientifiques et de ses 50 000 étudiants, le projet MUSE bénéficie du soutien actif de la Région Occitanie / Pyrénées – Méditerranée et de Montpellier Méditerranée Métropole La création d’une université thématique de recherche internationalement reconnue capable d’entraîner dans une dynamique positive toutes les communautés scientifiques (non seulement celles de l’agronomie, de l’écologie et de la biologie, mais aussi de la chimie, des sciences dures, de l’ingénierie et des sciences sociales) est en effet un atout stratégique pour le développement du territoire. Ce sont, en outre, plus de 150 partenaires qui ont soutenu MUSE dans la cours e à la labellisation et se sont engagés à s’investir davantage dans des partenariats université – entreprise : PME, grands groupes (dont cinq partenaires privilégiés : la Banque Populaire du Sud, BRL, Horiba, Invivo et MSD) et pôles de compétitivité (Derbi , Eau, Eurobiomed, Mer, Optitec, Qualiméditerranée et Trimatec) . Objectif  : mettre sur pied de s laboratoires communs de renommée mondiale , envoyer des équipes de recherche sur les campus, co - élaborer des enseignements adaptés aux enjeux de demain, co-construire des projets européens ... « L’obtention de la labellisation I - SITE va permettre d’amplifier à tous les niveaux le partenariat entre les acteurs du monde socio - économique et le pôle d’excellence scientifique de MUSE » conclut Jacques Mercier, vice - président chargé de la recherche de l’UM.

 

 

Robusta 1 B dernier né de l'Université de Montpellier

Après Robusta 1A lancé en 2012 depuis Kourou en Guyane, étudiants et chercheurs montpelliérains  travaillent sur un nouveau nanosatellite avec de nombreux débouchés pour les étudiants, tandis qu'au même moment, des entreprises aéronautiques toulousaines viennent s'implanter sur le campus Saint-Priest, Centre Spatial Universitaire de Montpellier soutenu par la Fondation Van Allen qui finance la formation des étudiants.

Une nouvelle mission scientifique en 2017

Robusta 1 B, un minuscule boîtier bourré de composants et de hautes technologies, à l'abri des poussières dans une salle blanche, est prêt à être envoyé en orbite autour de la terre. Le nanosatellite doit décoller en février 2017 depuis la Californie. Sa mission consistera à tester et à mesurer la résistance des composants électroniques face aux radiations dans l'espace.

Une dynamique pour la région

Côté emploi, ce secteur d'activités présente de nombreux débouchés pour les étudiants formés aux nanosatellites au sein du CSU. Depuis la création de la filière en 2006 autour de ce premier centre spatial universitaire en France, les industriels embauchent en masse à tous les niveaux les jeunes diplômés employables après avoir travaillé sur les mêmes méthodes que sur des vrais nanosatellites.

Quand l'emballage se fait écolo

Des chercheurs  du laboratoire IATE (Université de Montpellier, INRA, CIRAD, Montpellier Sup Agro) ont mis au point des emballages totalement biodégradables fabriqués à partir de nos déchets. Une véritable révolution.

Cinq millions de tonnes. C’est la quantité d’emballages ménagers jetés chaque année en France . Un iceberg de déchets dont seul e la partie émergée - à peine 1% - est biodégradable. Pour réduire notre empreinte sur la planète, Nathalie Gontard, chercheuse au laboratoire Ingénierie des agropolymères et technologies émergentes (IATE / Université de Montpellier – INRA – Cirad - Montpellier Sup Agro) planche sur la mise au point de nouveaux emballages plus écologiques. « On remplace les plastiques issus de la chimie du pétrole par des matériaux issus de ressources renouvelables et biodégradables en conditions naturelles », explique la spécialiste . Si les « bioplastiques » existent déjà, ils posent encore un problème majeur : ils sont fabriqués avec de l’amidon qui provient de ressources alimenta ires : blé, maïs ou pomme de terre. "Affamer une moitié de la planète pour permettre à l’autre moitié de consommer écolo, ça n’aurait pas de sens", souligne la chercheuse.

Et si l’on imaginait des emballages issus non pas de ressources alimentaires mais ... de nos déchets ? Un véritable défi. Car il faut répondre à des contraintes importantes : préserver le plus longtemps possible les qualités nutritionnelles et organoleptiques des aliments pour limiter leur perte après récolte. Mais aussi démontrer une inn ocuité totale pour le consommateur, et une absence d’impact sur l’environnement.

Du déchet à l’emballage

Dans le cadre du projet européen Ecobiocap coordonné par Nathalie Gontard, les chercheurs ont relevé le défi. Et mis au point une nouvelle génération d’emballages, à partir des résidus des industries agro- alimentaires. Ingrédients de cette recette révolutionnaire : un polymère issu de la fermentation de déchets liquides des industries laitières, et des fibres ligno - cellulosiques issues du broyage de p aille de blé. En mélangeant le tout suivant un savant protocole et en l’assemblant grâce à des technologies innovantes, les chercheurs obtiennent un matériau qui ressemble comme un frère au plastique. En version totalement biodégradable.

La barquette ainsi réalisée est parfaitement adaptée à la conservation de fruits et légumes frais. "Il suffit de la jeter au compost avec le reste de vos déchets alimentaires", précise Nathalie Gontard. Une véritable révolution. Car cette innovation ouvre la voie à une forme d’économie circulaire qui fonctionnerait en boucle et ne génèrerait donc plus de déchets. "On crée un système durable qui respecte la planète , se réjouit la chercheuse . L’objectif désormais c’est de bannir les emballages non biodégradables".

source : Université de Montpellier - Nathalie Gontard (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

Lancement du premier dictionnaire scientifique d’agroécologie !

Un dictionnaire scientifique, libre, gratuit, participatif et accessible à tous : telle est la définition de cet outil innovant et original ! Issu d’un dispositif de veille territoriale né à l’Inra de Toulouse, le dictionnaire d’agroécologie définit les contours sémantiques de ce domaine pour permettre au plus grand nombre d’en comprendre les enjeux et les pratiques.

Denmark
nature
Sunflower
 

Sujet d’actualité aux contours flous, parfois sujet à controverse, fortement médiatisé, l’agroécologie revêt plusieurs dimensions. C’est à la fois un mouvement social, un modèle agricole souvent associé à une agriculture écologiquement et socialement plus responsable et un domaine scientifique. Ce dictionnaire répond aux besoins du citoyen, de l’agriculteur, des acteurs du développement des chercheurs pour comprendre le sens de chaque terme aujourd’hui couramment utilisé par les différents acteurs investis dans ce domaine.

Né d’un dispositif de veille territoriale en région Occitanie
Depuis 2013, les informations traquées à partir de sources scientifiques, règlementaires, associatives, administratives, issues de pages Web, de sites internet, de flux RSS, de blogs, de la presse générale et spécialisée, sont collectées, analysées puis validées. Aujourd’hui, ce sont plus de 300 termes qui ont été capitalisés à partir de l’observation et l’analyse des réalités du terrain et de l’expertise de scientifiques de différentes disciplines : agroécologie, agronomie, sciences de gestion, écologie, zootechnie, économie, sciences des organisations, géographie.

Expertise et validation par un comité scientifique
Chaque entrée du dictionnaire  est rédigée par un expert scientifique. Certaines définitions associent des étudiants ingénieurs de l’Ecole de Purpan.
Lors de séminaires mensuels, les définitions sont mises en débat au sein d’un comité d’experts favorisant ainsi les échanges interdisciplinaires sur les termes ou concepts de l’agroécologie. Une fois validée collectivement, la définition est mise en ligne.
Ce projet de dictionnaire est adossé à un projet scientifique, ATA-RI* issu du Programme pour et Sur le Développement Régional.

Un dictionnaire accessible à tous et participatif !
Son édition en ligne permet une consultation libre et gratuite. Sa structuration et son organisation offrent différents niveaux de lecture et en font un outil dynamique grâce aux images, aux vidéos, aux interviews d’auteurs et aux infographies. Il est une ressource pédagogique conçue pour apporter à un large public des définitions claires rédigées et validées par la recherche.

Il s’agit également d’un outil évolutif qui doit permettre à d’autres acteurs et territoires de s’en emparer et de participer à son enrichissement.

» Accéder au dictionnaire

Chicxulub

un cratère unique pour mieux comprendre les surfaces planétaires

Il y a 66 millions d’années, la chute d’un astéroïde dans la péninsule du Yucatán (Mexique) aurait mis fin au règne des dinosaures. Elle créait aussi le cratère d’impact de Chicxulub, le seul cratère connu sur Terre à posséder encore un anneau central, alors que ce type de structure est fréquent à la surface de nombreux objets du Système solaire. Pour ces différentes raisons, et bien que le cratère soit enfoui sous plusieurs centaines de mètres de sédiments, les scientifiques du monde entier sont prêts à tout pour percer ses secrets. L’expédition IODP/ICDP 364, réalisée par une collaboration internationale1 impliquant notamment une chercheuse CNRS du laboratoire Géosciences Montpellier, publie ses premières analyses dans la revue Science du 18 novembre 2016 : les 835 mètres de carottes récupérées permettent pour la première fois de retracer l’histoire des roches lors de la formation de ce type de cratère.


Plateforme de forage
©LeBer@ECORD_IODP

Vue des carottes prélevées lors de l’expédition
© lofi@ECORD_IODP 

L’expédition IODP/ICDP 364 a débuté par deux mois de forage en mer, d'avril à mai 2016, à bord du L/B Myrtle. Cette première phase de la mission a permis, grâce à un forage en eaux peu profondes, de récupérer 303 carottes de grande qualité (de sédiments et d’impactites2) et près de 6 km de données de puits cumulées. Ces données ont été analysées par une équipe internationale d’une trentaine de scientifiques, dont quatre provenant des laboratoires français : les premiers à pouvoir découvrir les roches formant l’anneau central d’un cratère d’impact.
C’est en effet la première fois qu’un forage est réalisé dans l’anneau central (ou « peak ring ») d’un cratère d’impact météoritique. Le peak ring est une structure circulaire constituée de monts souvent discontinus, localisés à l’intérieur de grands cratères. Fréquemment observées à la surface des corps silicatés du Système solaire tels que la Lune, Mercure ou Vénus, ces structures topographiques sont le sujet de nombreux débats quant à leur formation et n’avaient, jusqu'à présent, jamais été échantillonnées.
Les chercheurs ont notamment découvert que l’anneau central est majoritairement constitué de roches granitiques, mélangées à de la roche fondue, qui ont été non seulement choquées mais aussi déplacées de plusieurs kilomètres vers la surface lors de l’impact. Ces roches sont également traversées par des zones de cisaillement. Leur analyse montre que le choc a généré des flux verticaux et réduit la densité dans la croûte terrestre. La nature des roches qui forment l’anneau central du cratère de Chicxulub et leurs caractéristiques physiques permettent ainsi de confirmer l'un des modèles de formation de ces structures dit « par soulèvement dynamique suivi d'un effondrement ». Ces résultats sont les premiers d’une longue série qui lèveront une partie du mystère de ce type de cratère, depuis leur rôle dans la géologie des planètes jusqu’à leur impact sur le climat. Les chercheurs espèrent par ailleurs déterminer si une vie microbienne, ancienne ou moderne, a pu se développer dans les roches du peak ring. Source : www.cnrs.fr