René Frégni

René Frégni est l’auteur d’une quinzaine de romans, dont les derniers, «Je me souviens de tous vos rêves» et  «Les vivants au prix des morts», ont été édités chez Gallimard. Il a exercé divers métiers, dont celui d’infirmier psychiatrique, et a longtemps animé des ateliers d’écriture à la prison des Baumettes. Sa vie se partage entre Manosque et Marseille, mais il évoque aussi Montpellier, en particulier dans «Je me souviens de tous vos rêves», ainsi ces échanges avec un SDF alors qu’il rend visite à sa fille :
« Vous dormez où par un froid pareil ? » Il a un peu levé les yeux vers moi, sans découvrir son cou. «Dormir ?… Allez-y, faites le 115… Les gens n’appellent plus le 115, parce que les gens du 115, c’est malheureux, leur répondent chaque fois: “Il n’y a plus de places, il n’y a plus de places, il n’y a plus de places…” À Montpellier il y a un problème de places. Allez-y, faites le tour de la ville, de la rue de la Loge au Corum, de la gare aux Arceaux, des types qui dorment dehors il y en a partout ! Le 115 vous renvoie vers la Croix-Rouge et la Croix-Rouge, ils n’ont que trente-cinq places. La Croix-Rouge elle est au bout, du bout, du bout. Ils récupèrent toute la misère que le 115 ne peut pas gérer, ils font leur taf, c’est déjà beaucoup. » Cet homme n’avait pas plus de trente-cinq ans, il s’exprimait bien, n’était pas ivre. Il ne m’avait pas écarté. Parler le réchauffait. « Et pour manger, c’est dur ? — À Montpellier on mange. On mange bien, très bien. Des distributions alimentaires il y en a toute la semaine. Il y a des plans pour manger, ce n’est pas le souci...»
L’oeuvre de René Frégni se partage entre des romans noirs et écrits moins définissables, évocations poétiques, souvenirs, portraits, réflexions, méditations sur la nature, les saisons, les femmes, l’amour... bref, sur la vie, ses joies, ses souffrances, ses déceptions, ses réussites... Le tout dans un style d’écriture fluide, au vocabulaire simple mais puissamment évocateur. René Frégni, qui se dit «du côté des fous, des voyous, des marginaux» déclare : «Je suis comme Giono, j’écris en marchant. Je fais un pas, je ramasse un mot, je fais un autre pas, j’attrape un autre mot. Nos collines sont pleines de lumière, de personnages étranges et de mots.»
Titulaire de plusieurs prix, 1989 prix Populiste pour "Les chemins noirs" (1989), prix spécial du jury du levant et le prix Cino del Luca pour "Les nuits d'Alice" (1992), prix Paul Léautaud pour "Elle danse dans le noir" (1998),  prix Antigone pour "On ne s'endort jamais seul" (2001), Prix Jean-Carrière 2011, pour La Fiancée des corbeaux, entre autres, construit une oeuvre originale, profonde et populaire. Une oeuvre dans laquelle, comme chez Charles Juliet ou Jean-Claude Pirotte, le récit dépasse le cadre du roman, de l’histoire elle-même, pour témoigner et exprimer un profond humanisme.

M. P.

Des lectures performées, c'est la ZAL

La Zone Autonomie Littéraire édition 2017, c'est une suite ininterrompue de lectures performées, des rencontres littéraires scéniques dans la salle Pétrarque au cœur de Montpellier dans l'Ecusson. Samedi 18 novembre 2017, les auteurs mettent leurs écrits en scène, les amoureux de la poésie et autres genres littéraires n'hésitent pas à accompagner leurs prestations de vidéo, d'accompagnement musical...

La programmation scènique continue se déroulera de 14h30 à 23h, une fenêtre ouverte sur des histoires d'amour avec les mots, des rencontres à l'issue des lectures publiques, on vient quand on veut, on déguste des gourmandises dans une joyeuse ambiance, on feuillette les ouvrages de l'éditeur indépendant alésien Simorgh du Gard et on découvre les lectures extraites du Manuel de Castration d'Isabelle Simon ou comment apprendre à écraser tout ce qui grouille autour de nous, à destination des conjoints, parents, professeurs...

" Depuis trois ans, la poésie prend davantage de place, les auteurs n'ont jamais été plus nombreux. Pour cette 7e édition de la ZAL, des univers d'auteurs différents se croisent sur la scène de la salle Pétrarque que ce soit la poésie contemporaine ou le théâtre. Ils viennent de Sète, de Montpellier, du Gard, du Lubéron, de Toulouse, de Paris, de Marseille et au-delà de Bruxelles. Ils prennent la parole, lisent quelques extraits de leurs textes dans de courtes mises en scènes, précise Renaud représentant l'association Squeeze. Avec ce concept de la lecture augmentée à la croisée de la musique, la video et le spectacle vivant, nous proposons une interface littéraire innovante entre les auteurs-acteurs et le public, un regard différent sur l'écriture et le livre, une occasion de se laisser entraîner par les amis dans l'Ecusson de Montpellier, ajoute Renaud. Nous sommes chaque année encouragés par les visiteurs,  c'est une formule organisée par une vingtaine de bénévoles qui accompagnent les auteurs, ce qui nous démarque des foires aux livres, des conférences et des dédicaces d'auteurs, généralisées sur notre territoire."

Une invitation libre à se laisser porter par les rencontres de nouveaux talents dans une ambiance chaleureuse et propice au partage intergénérationnel, jeunes et moins jeunes sont conviés à ce grand rassemblement littéraire qu'on ne raterait pour rien au monde ! Peut être des livres de chevet à partager...

Pour mieux connaître l'association Squeeze

Le coup de cœur du mois


» disponible en ligne

 

Le voyage des mots : De l'Orient arabe et persan vers la langue française
d'Alain REY (calligraphie de Lassaâd Metoui).

Tel un cortège de Rois mages apportant à l'Europe les richesses de l'Orient, un trésor de mots arabes est venu enrichir les moyens verbaux qui nous permettent de nommer le monde. Du Ciel à la Terre, des sciences aux croyances, des substances naturelles aux étoffes et aux vêtements, de la guerre à la paix, maints domaines de notre expérience peuvent cacher ou dévoiler leur origine orientale, qu'elle soit savante, poétique ou familière. Les mots arabes en français sont souvent surprenants, inattendus, comme la houle de l'océan, le chiffre des calculs, l'élixir et l'ambre, et, dans la vie commerciale, le magasin ou la douane. Le confort n'est pas absent ; non seulement le divan et le sofa sont "arabes", mais aussi le matelas. Que les mots "babouche" et "fez" soient orientaux, on ne s'en étonne guère ; mais le "châle", le "gilet", la "jupe" ? Et la "coupole", le "masque" et la "mascarade" ?
Le Voyage des Mots de l'Orient arabe, persan ou turc vers le français, souvent par l'Italie et l'Espagne, est évoqué ici précisément, mais aussi poétiquement et artistiquement. Car l'écriture arabe, avec ses "arabesques", est un lieu de beauté et de plaisir, en admirables calligraphies décoratives.
Un amoureux des langues et des cultures, ALAIN REY et LASSAÂD METOUI, un artiste de l'écriture, plasticien et calligraphe, se sont retrouvés pour créer un lieu de célébration pour la rencontre de deux cultures, l'orientale et l'occidentale, sous la forme française. Ce lieu ne pouvait être qu'un livre, un livre de Pelles images, celles des mots, à la fois graphiques, mentales et colorées, celles des idées, qui sont aussi des "arabesques" tracées par l'esprit, qui conduit la main.

 

Le Grand Montpellier et ses Peintres

par Alain Laborieux/Robert Faure - Editions du Papillon Rouge

Depuis le XIIe siècle, Montpellier est un lieu de brassage, une ville savante, bourgeoise, raffinée où l’art a pris une place remarquable. Le nombre des peintres qui y sont nés, ou y ont vécu, est ainsi devenu très important au fil du temps. Citons par exemple Raoux, Ranc, Bourdon, Vien, Cabanel, Glaize, Bazille, Castelnau, Leenhardt… ou plus près de nous Dezeuze, Pradalié et Bioulès… qui ont immortalisé sur leur chevalet la capitale languedocienne. Un hommage rendu aux peintres qui sont nés ou ont vécu à Montpellier

En 1779, quelques Montpelliérains fondent même une Société des Beaux-Arts et posent les bases d’un musée qui, avec François-Xavier Fabre, deviendra l’un des plus riches de province ; si bien qu’en 1888, Van Gogh et Gauguin, séjournant alors à Arles, viennent le visiter.

Pour la première fois, un livre rend hommage à tous ces peintres de talent qui ont laissé de leur ville-lumière un regard, un souvenir, une impression… En tout cas, une vision impérissable. 

Disponible à partir du 3 novembre 2017

Hôtels particuliers et demeures remarquables de Béziers



Escalier du XVIIème rue des Balances

 

A paraître en décembre

Béziers hôtels particuliers & demeures remarquables,
Des Racines, des Pierres & des Hommes, histoire d’une évolution urbaine,

en souscription auprès de la Société Archéologique, Scientifique & Littéraire de Béziers au prix de 33 euros au lieu de 38€ (télécharger ici le bulletin de souscription)

 

Que resterait-il aujourd’hui en Biterrois des fastes lointains dus à la viticulture, si de riches propriétaires n’avaient pas immortalisé leur fortune en ville comme à la campagne dans le marbre, la pierre, le fer forgé, la brique et l’ardoise?

L’ouvrage auquel a participé l'excellent Denis Nepipvoda, relate les différentes époques traversées par la ville, grecque, romaine, médiévale, baroque, classique, haussmannienne et actuelle. Ces périodes de calme, de révoltes, d’immobilisme ou de grands travaux, laissent, pour notre plus grand plaisir, quelques témoignages d’hôtels particuliers, de prestigieuses demeures et d’immeubles remarquables.

 

plan de l'ouvrage : 

  • Un chapitre d’introduction de 120 pages retrace l’évolution de la ville depuis l’antiquité jusqu’à nos jours: urbanisme, société, architecture, décoration…
  • Hôtels et édifices anciens du cœur de ville.
  • Le grand Axe des Allées Paul Riquet.
  • La percée haussmannienne de la Victoire à Garibaldi.
  • Extension de la ville à l’Est
  • le grand éventail architectural et urbain.
  • Le xxe siècle: l’Art Nouveau
  • l’Art Déco
  • les Années 50 et suivantes.
  • Architectures contemporaines.
  • Annexes: notices sur les architectes, sculpteurs, décorateurs, mosaïstes, ferronniers et sur les portes historiques, etc.

 Un volume format 21 x 29 cm, 500 pages environ, très riche iconographie, tout couleur avec de nombreux dessins originaux de Robert Guibal et Frédéric Mazeran. Commande auprès de: Société Archéologique, Scientifique & Littéraire BP 4009 – 34565 Béziers cedex. au prix de 33 € l’exemplaire, porté à 38 € à parution 3 exemplaires pour 90 € (en cas d’envoi postal prévoir 10€ par ouvrage). - télécharger ici le bulletin de souscription

Joseph Delteil

"La Delteilherie est le domaine imaginaire de ma création, comme la Tuilerie de Massane est le domaine réel où je vis... Ah! La Tuilerie, je n'y suis pas né, mais je considère que c'est ma maison sur la terre. C'est celle où j'ai le plus souvent habité, celle où j'ai fait ma coquille, comme un escargot... "
Joseph Delteil, né le 20 avril 1894 à Villarenval dans l’Aude d’un père bucheron et d’une mère illettrée, sera très vite attiré par l’écriture. Installé à Paris dès sa démobilisation en 1919, il rencontra le succès dès ses premières publications, «Le coeur grec» et «Le cygne androgyne» qu’il dédia à Henri de Régnier qu’il visitait souvent. Après le succès d’édition de «Sur le fleuve Amour» et de «Choléra», Aragon le présenta à André Breton. Il resta proche du mouvement surréaliste jusqu’en 1925, date à laquelle il en est exclu après la parution de sa «Jeanne d’Arc». Il se lie d’amitié avec Pascin qui projetait d’illustrer «Don Juan» mais qui se suicide le 2 juin 1930, ainsi qu'avec Henry Miller, Robert et Sonia Delaunay...
Souhaitant renouer avec ses racines paysannes, Delteil projette de se fixer près de Montpellier. Séjournant d’abord à Gigean dans la propriété de Mme Bouscaren, il se porte acquéreur de La Tuilerie de Massane, propriété proche de Grabels. C’est dans ce domaine, qu’il baptise «La Delteilherie», qu’il vivra jusqu’à son décès le 12 avril 1978. «La cuisine paléolithique» et «La Delteiherie», ses deux derniers ouvrages lui apporteront la reconnaissance littéraire.

La REVUE SOUFFLES organise le Grand Prix de Poésie Joseph Delteil
date limite d’envoi des manuscrits: 31 décembre 2017
Ce prix est destiné à couronner un manuscrit (poèmes ou prose poétique) dont la sensibilité et l’écriture poétique suscitent une émotion esthétique profonde et durable.
40 poèmes maximum / format A4
L’œuvre primée, sera éditée et le lauréat en recevra 100 exemplaires (valeur 1000 euros).
Droits à concours : 30 euros.
Voir : Règlement de Prix

La REVUE SOUFFLES lance un appel pour sauver la Tuilerie de Massane à Grabels  
Au-delà des mots et de l’encre, il est des lieux poétiques de mémoire et de patrimoine à préserver.
La Deltheillerie, maison de l’écrivain Joseph Delteil, fait partie de ceux-là.
Rejoignez le Comité de sauvegarde en signant l’appel « UN NOUVEAU SOUFFLE POUR DELTEIL«   lancé par la Revue Souffles, avec le soutien de Pierre SOULAGES, Fabrice LUCHINI, Christian LACROIX, Catherine FROT, Vénus KHOURY-GHATA, Jean-Claude DROUOT, Françoise BOB TER SCHIPHORST, Salah STETIÉ, Jean-Baptiste HUGO, Madeleine ATTAL…

Pour signer la pétition cliquez ICI

« Je serai compris dans trente ans. Dans trente ans quand reviendra le règne de l’instinct. »

crédit photos Bob Ter Schiphorst et autres

Montpellier, Hier | aujourd'hui

par Jocelyne Fonlupt-Kilic / Jeanne Davy - Editions Wartberg

Si elle n’est pas encore tout à fait « la façade maritime entre Gênes et Barcelone » qu’aurait souhaitée sonancien maire Georges Frêche, la ville de Montpellier n’en demeure pas moins un bel exemple de dynamisme en termes de croissance démographique et de création de nouveaux quartiers. Revers de la médaille, il reste peu d’anciens monuments en dehors de l’Écusson, centre historique de la ville. Le XIXe siècle s’inspire des travaux d’Haussmann à Paris : larges avenues, grands magasins, palais de justice et préfecture. Sans oublier la célèbre place de la Comédie avec son Grand Théâtre…

L’auteure
Née à Lyon, Jocelyne Fonlupt-Kilic a longtemps vécu à Paris avant de poser définitivement ses valises à Sète. Elle a exercé trente-six métiers, de la vente au journalisme en passant par l’enseignement. Aujourd’hui à laretraite, elle peut se consacrer pleinement à ses passions : l’écriture, la photo et les voyages.

La photographe
Jeanne Davy découvre la photographie après ses études de lettres. Elle collabore à de nombreuses revuesavant d’intégrer le service culturel du Conseil départemental du Gard pour lequel elle couvre des manifestationsculturelles durant quinze ans, sans pour autant délaisser ses travaux personnels qu’elle continue d’exposer.

 

Une ville conjuguée au passé et au présent

La collection Hier| aujourd'hui (Editions Wartberg) retrace par l'image l'histoire d'une ville française en privilégiant l'évidence de l'iconographie à l'évocation littéraire. Ces livres de photographies raviront les férus d'histoire et les amoureux de leur ville. Fondés sur un principe simple et efficace, mettant en regard une image d'archives avec un cliché contemporain d'un lieu emblématique effectué dans le même axe et avec la même perspective, ils apportent au lecteur un outil de comparaison indispensable à la bonne compréhension de l'évolution de la ville. Chaque paire de photographies s'accompagnant d'un texte éclairant sur l'historique du site présenté.Ce va-et-vient entre passé et présent révèle l'âme d'une ville, ce qui la rend unique, au-delà des transformations voulues par ceux qui en ont eu la charge et des marques laissées par l'histoire.Chaque titre de la collection est le fruit du travail combiné d'un auteur et d’un photographe.

 

Retour au bercail, de Guangzhou à Saint-Aunès

Robert Pialot auteur de La Courtisane Rouge à la médiathèque Willaime de Saint-Aunès, vendredi 20 octobre à 18h30.


Un grand reporter français, qui a longtemps vécu en Chine, vient enquêter sur une importante affaire de contrebande à l'importation de produits de luxe, survenue dans un petit port tranquille de la côte sud de la Chine. Parmi les interviews que lui a ménagées un ami journaliste à Hong Kong, une belle Chinoise, cultivée et ouverte, ayant quelques liens avec les leaders locaux. Arrivé sur les lieux, le reporter ira de surprise en surprise...

 

Robert Pialot est, selon le mot du peintre Pierre François, un "sétois de l'exil". Son père avait vu le jour au bas de la rue Arago à Sète où ses grands-parents l'accueillirent si souvent jusqu'aux années de l'adolescence où il venait fréquenter, notamment, les bals de quartiers, nombreux à l'époque. Ainsi que les tribunes des Métairies où brillaient les "vert et blanc".
Son exil exil l'a d'abord conduit à Paris où il a terminé ses études d'ingénieur à l'école des Mines puis, plus tard, en Chine où il a dirigé la filiale d'un grand groupe français située dans l'extrême sud du pays. Tout ceci se passait dans une ville de 1 million d'habitants, une ville "moyenne" pour la Chine où plus de150 villes dépassent le million d'habitants et où il fréquenta durant 17 ans tous les milieux, notamment politiques et socio-économiques. Dans ces latitudes tropicales, la faconde, la facilité de contact, la violence aussi parfois, s'y expriment beaucoup plus facilement. D'où peu à peu l'envie puis le besoin de raconter tout cela certes sous forme romancée mais fort fidèle à la réalité.

 

Thierry Metz : Poésies de 1978 à 1997

Né en 1956, Thierry Metz a choisi en 1997 de poser sa plume et de nous fausser compagnie. Pour la vingtième année de sa disparition les éditions Pierre Mainard font paraître un ensemble de poèmes jamais parus en livre mais pour la plupart extraits de la revue Résurrection qu’animait Jean Cussat-Blanc. Celui-ci, le premier à croire en la force et la sincérité de cette parole simple et pourtant puissante, l’aidera à rentrer chez Gallimard  qui publiera Le Journal d’un manœuvre en 1990 et Lettres à la bien-aimée en 1995. Manoeuvre dans le bâtiment ou ouvrier agricole, Thierry Metz ne cessera d’écrire, de puiser dans les mots familiers, ordinaires, de bâtir une œuvre intense, souveraine, qui résonne encore longtemps après la lecture tant elle touche à une vérité profonde, à une authenticité déconcertante. Le drap déplié, Dolmen, Dans les branches, Terre, L’homme qui penche et d’autres textes encore qui offrent une poésie dans laquelle les mots, les images, les rythmes et les silences sont ciselés comme des pièces d’orfèvrerie. 

Michel Puech



Ainsi fait
rien ne conspire
comme le mot

Obstacle à tout
au seuil
à l’issue
à rien
dans une langue
qui n’aura vu que son sommeil

une main
servant d’appeau

 

Thierry Metz
Poésies de 1978 à 1997
Editions Pierre Mainard
Texte hommage de Thierry Courcaud

 

Jean-Michel Guenassia : La valse des arbres et du ciel

Dans notre région où les artistes sont légion, nul doute que le dernier livre de Jean-Michel Guenassia, vif et pétillant, à contre-courant des idées reçues sur Van Gogh, devrait connaître un beau succès.

 Survenue le 29 juillet 1890 à Auvers sur Oise, la mort de Vincent Van Gogh ne cesse de susciter nombre d’hypothèses et suppositions.
Il est vrai que les zones d’ombre, certaines pour le moins surprenantes, favorisent ces interrogations. L’absence d’enquête sérieuse sur les circonstances de l’évênement, aucune recherche pour retrouver l’arme ayant occasionné la blessure fatale, aucune reconstitution du drame...
Tout cela permet à présent d’imaginer toutes sortes de causes et d’effets. Toutes sortes de thèses ont été échafaudées pour ne retenir finalement que celle du «suicidé de la société», de l’artiste maudit, exalté, fatigué de ne pouvoir vivre de sa peinture alors moquée et rejetée par les courants officiels.
Jean-Michel Guenassia dans son ouvrage "La valse des arbres et du ciel" n’admet pas cette interprétation. Il décrit plutôt un artiste sûr de son talent, ayant retrouvé la santé après son séjour pour le moins perturbé en Arles, troubles dont il repose la cause plus sur l’abus de l’alcool que sur la déficience mentale. Guenassian met au centre du récit Marguerite Gachet, c’est elle la narratrice qui est censée noter tous les évênements dans son journal intime. L’autre personnage est son père le docteur Gachet à qui Théo Van Gogh a confié son frère et lui a demandé de veiller sur sa santé. Mais en juillet 1890 Vincent écrit à son frère Théo : "je crois qu’il ne faut aucunement compter sur le docteur Gachet. D’abord, il est plus malade que moi, à ce qu’il m’a paru..." Ce livre offre donc une vision iconoclaste du peintre, toujours passionné mais plus humain et équilibré que présenté habituellement, et une dramaturgie pour le moins surprenante, mais toutefois plausible à l’examen des documents et témoignages.

Michel Puech

 

Description de l'image Jean-Michel Guenassia.jpg.Jean-Michel Guenassia

Avocat pendant six ans, Jean-Michel Guenassia vit de sa plume en écrivant des scénarios pour la télévision.
Il publie un roman policier en 1986, Pour cent millions (éditions Liana Lévi, prix Michel-Lebrun), dont il dit : "Je ne le renie pas,... mais je n'ai pas donné suite, il me fallait autre chose" , puis il fait jouer des pièces de théâtre, notamment, Grand, beau, fort, avec des yeux noirs brûlants..., en 2008 en Avignon. Son roman, "Le club des incorrigibles optimistes", paru à la rentrée littéraire 2009, a obtenu le Prix Goncourt des lycéens. Jean-Michel Guenassia est aussi le Lauréat du Prix du Roman Chapitre 2012 pour "La vie rêvée d'Ernesto G."

 

Des arbres & des hommes

Architecture et marqueurs végétaux en Provence et Languedoc

Cette deuxième édition "Des arbres et des hommes" est considérablement enrichie tant en photos entièrement renouvelées (qu'en citations d'auteurs occitans, remarques et analyses diverses.

Pourquoi le cèdre est-il toujours associé aux prestigieuses propriétés et le micocoulier aux modestes chapelles romanes ? Pourquoi le figuier, le cyprès, la treille ont-ils inspiré tant d’écrivains de langue d’oc, alors que le platane et le marronnier les ont laissés indifférents ? Pourquoi des espèces remarquablement adaptées au climat méditerranéen tombent-elles peu à peu dans l’oubli et pourquoi cet engouement effréné pour le palmier ? C’est que les arbres n’ont jamais été plantés par hasard. Certains, par leur forme, leur feuillage, leur odeur – par leur histoire et leur charge symbolique aussi – parlent aux humains plus que d’autres : les arbres sont porteurs d’une sociologie qu’il est passionnant de décrypter. La vocation de ce livre est donc d’initier à une lecture culturelle des arbres utilisés dans le Midi près des architectures traditionnelles (maisons de village, maisons bourgeoises, masets, cabanons,
portails, puits, tombes), et d’analyser leur évolution en usage contemporain. Leurs noms, leur évocation dans la littérature occitane, leur place dans le discours ou les dictons populaires apportent un éclairage inédit sur les paysages méditerranéens. Héritiers d’une culture ancienne ou témoins plus récents du rang social des propriétaires, aimables fournisseurs d’ombre ou orgueilleux étendards municipaux, les arbres ont beaucoup à nous apprendre… sur les hommes.
Dis-moi ce que tu plantes, je te dirai qui tu es.

Format : 17x24 cm, 364 pages, ~800 photos couleur Prix : 28 euros
Éditions EDISUD

 

Josiane Ubaud

Lexicographe et ethnobotaniste en domaine occitan (Languedoc et Provence), Josiane Ubaud étudie le lexique des plantes et le regard que l’homme occitan porte sur son environnement, par l’analyse des textes littéraires et des enquêtes sur le terrain. À travers des conférences sur la végétation méditerranéenne, des articles, des sorties botaniques ou des émissions de radio, elle essaie de faire partager sa passion pour les plantes et les paysages, toujours en liaison avec la culture et la langue d’oc.

 

 

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon