Amour…à mort,

Dans Amour…à mort, c’est dans les Pyrénées que l’auteur nous entraîne pour nous dévoiler au fil de la lecture un étonnant chemin de vie, indécelable et libérateur. La découverte d’un corps sur les berges d’une rivière entraîne une enquête… Une chute en montagne entraîne la perte de mémoire d’une randonneuse qui la retrouvera peu à peu grâce à sa relation avec l’homme qui l’a secourue. Au travers de destins qui se croisent, la petite histoire rejoint la grande dans l’évocation des conflits de 14-18, de 40-45 et de l’indépendance de l’Algérie et s’inscrit le récit d’un crime incertain qui nous interpelle, car il s’agissait bien d’amour au départ… Un amour dévié de sa trajectoire ?
Extrait : « Pour commencer, elle était allée le chercher dans son atelier de peintre et de sculpteur, là où il travaillait le plus souvent…(…) elle était montée jusqu’aux ruines de l’ancien cloître, où ils avaient partagé de si belles rencontres. Mais là non plus, il n’y avait personne.
C’est alors qu’elle eut l’intuition de se rendre sur le chemin du premier jardin, le long de la rivière… »

Les dessins sont de René Bascands, artiste et sculpteur, né à St Girons en 1930 dans l’Ariège, diplômé des Beaux-Arts de Toulouse et de Paris. Décédé en 2015 à Toulouse, il enseigna la poterie et les arts plastiques successivement à Tulle, St Germain en Laye et à l’Ecole normale de Toulouse. Vous pouvez acquérir ce livre au tabac-presse, rue de la chapelle, à Cournonterral, à la cave coopérative des Terroirs de la Voie Domitienne à Cournonsec et à la librairie-papéterie du Kiosque de Poussan. Il est aussi possible de l'obtenir par téléphone au 06 07 93 10 69 ou par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

M-H Bascands-Bonnel, née en 1957 à Toulouse a grandi dans un milieu intellectuel et artistique, entourée d’enseignants, de chercheurs et d’artistes. La recherche de la beauté, de l’authenticité et de l’harmonie faisait partie de son quotidien.
Son grand-père, Pierre Bonnet, professeur à l’université des sciences de Toulouse, spécialiste des araignées cavernicoles, aimait lui faire découvrir et aimer la nature lors des randonnées estivales en Haute-Ariège où la famille avait des attaches.
Son père l’initiait aux différents courants artistiques, sa mère à la littérature.
Le sens particulier des mots et de leur « accord » musical, décelé dans l’enfance, la poussait à inventer des poèmes et l’écriture lui devint vite nécessaire, comme une seconde respiration.
Mariée en 1978 à un fils de viticulteur, elle le suivit de l’Aude à la Champagne avant de devenir héraultaise d’adoption en 1983 et de se consacrer simultanément à ses enfants et à une carrière d’enseignante en pointillées avant de revenir à sa première passion, l’écriture.

Michel Puech : "En attendant le faiseur d’ombres"

Montpellier Info : Nous connaissons de Michel Puech ses peintures, dessins et gravures qu’il expose régulièrement depuis de nombreuses années. Nous découvrons à présent ses poèmes dans un livre nouvellement paru, «En attendant le faiseur d’ombres», que représente l’écriture pour lui ?
Michel Puech : J’ai toujours aimé écrire comme j’ai toujours aimé dessiner. Les deux activités sont pour moi très proches : elles n’exigent que peu de moyens, peu d’outils, il suffit pour s’y exercer d’un peu de calme et de disponibilité. J’avais déjà édité une dizaine de livres en micro-édition comportant dessins et textes poétiques. J’en avais assuré la mise en page, l’impression et la reliure. J’avais envie à présent de faire paraître un livre un peu plus conséquent en nombre de textes.
Montpellier Info : C’est un éventail assez large de thèmes qui sont abordés dans cet ouvrage, sans classement vraiment didactique, mis à part les textes concernant les peintres et dessinateurs.
Michel Puech : J’ai souhaité que les textes se présentent sans ordre précis, comme ils ont été écrits, sans plan préétabli, au fil des jours, des impressions, des réactions à certains évènements, des sensations personnelles. Et effectivement les «exercices d’admiration» ont été regroupés en fin d’ouvrage pour des questions de présentation et de mise en regard texte-illustration.
Montpellier Info : Certains textes relèvent d’une certaine analyse politique critique en ce qui concerne l’écologie, la corruption... ils sont, pour certains, assez sévères.
Michel Puech : L’écriture poétique n’est pas l’oeuvre d’un individu exclusivement éthéré, rêveur et étranger aux préoccupations quotidiennes, sociales et humaines. C’est le fait d’un individu qui vit au sein d’une communauté et qui peut avoir sur elle un regard critique. L’époque actuelle n’incite pas à l’admiration béate ni à l’optimisme effréné. Le pillage des ressources naturelles, la destruction de la nature, de la biodiversité, la corruption de certains hommes, et femmes, politiques, la voracité des financiers, les moyens guerriers mis à la disposition de fanatiques... seraient plutôt sources d’inquiétudes.
Montpellier Info : La pratique de l’écriture est donc importante, sous la forme de textes poétiques, est-ce le genre exclusivement abordé ?
Michel Puech : J’aime également les textes courts, genre nouvelles, il m’arrive d’en écrire et j’aimerais y consacrer un peu plus de temps, peut-être l’objet d’un prochain livre ?

Michel Puech : En attendant le faiseur d’ombres
le livre est en vente au prix de 10 euros
plus 3 euros de frais d’expédition
sur le site de l'association Sous l'aile des chansons
ou sur le site de Michel Puech

Le tramway et Nestor

La Saint-Clémentoise Anne-Sophie Peyre, auteure de livres pour enfants, s'est mise à l'illustration pour concevoir son dernier ouvrage Nestor à Montpellier.

La jeune illustratrice a écrit ce livre qui se passe à Montpellier dans les différents quartiers de la ville. Son personnage, Nestor se déplace grâce au tramway transformé en grande chenille.

Elève au Pic Saint-Loup et au lycée Joffre de Montpellier, détentrice d'un BTS en communication visuelle à IPESUD toujours à Montpellier, elle a étudié les arts graphiques à  Sup de Création à Lille et la publicité à Montréal avant de de lancer dans l'écriture de livres pour enfants. Son livre destiné aux enfants de 3 à 5 ans est en vente aux éditions Madame P. à la librairie Polymômes de Montpellier.


les villages de l'hérault

De la révolution à la guerre de 14-18, les villages de notre département n’ont guère changé. Au début du XXème siècle, l’Hérault ne comptait que 480 000 habitants et 340 communes dont 41 seulement rassemblaient plus de 2000 habitants, et de ce fait étaient considérées comme des villes. Mais c’est au cours du XXème siècle que ces villages ont le plus évolué.
«Au cours du siècle passé, la vie dans les villages héraultais bénéficie d’une vie moins trépidante qu’aujourd’hui. C’est une existence rythmée par les saisons, identique d’une année sur l’autre. On ne voyage pas, on ne se déplace pas pour son travail. La vie familiale est stable, avec moins d’imprévus. Elle est plus rassurante, moins stressante. On se marie dans son village ou dans le bourg voisin, avec des gens que l’on connaît. On fait souvent le même métier que son père, on le maîtrise donc très jeune. Et si l’on veut changer, les possibilités sont larges car le chômage est inexistant. La vie des villageois est par essence proche de la nature...» C’est bien évidemment la description d’un monde révolu que nous exposent Louis Secondy et Hubert Delobette. A travers l’architecture, les structures sociales et familiales, l’éducation, la religion, les modes de transport, l’économie -essentiellement la viticulture, les successives migrations de population, la vie politique... ils nous montrent ou nous rappellent comment s’organisait ce monde villageois et comment il a évolué jusqu’à nos jours. Un siècle d’histoire locale passionnante et admirablement illustrée.

M. P.

Les villages de l'Hérault - cent ans d'une passionnante histoire
de Louis Secondy et Hubert Delobette
Le Papillon Rouge Editeur

Femmes hors contrôle

par Bernadette Boissié-Dubus
publié aux Éditions Clair de Plume 34

Femmes hors contrôle

Bernadette Boissié- Dubus signe ici son dix-huitième roman. Rompant pour une fois avec la tradition d'écrivaine régionale, elle abandonne l'Occitanie et prend le pari d'écrire une histoire se déroulant dans la capitale. Un pari à Paris...

Dans un Paris déjà en ébullition - crues de la Seine, manifestations, état d’urgence - un étrange criminel sème la panique chez les cover-girls et sejoue des meilleurs éléments du 36 quai des Orfèvres en mettant ses victimes bien en vue dans des jardins de la capitale : parc Georges Brassens, square Vert Galant, parc Monsouri, jardin japonais Albert Kahn, square Saint-Gilles Grand Veneur Pauline Rolland, jardin Anne Frank, Clos des blancs manteaux. De l’hôtel des Anges où cohabitent familles africaines et prostituées au musée des Arts Primitifs, huit femmes, venues d'horizons totalement différents et ne se connaissant pas pour la plupart, vont s’unir et mettre les pieds dans le plat en enquêtant en marge de la justice.
Un thriller qui révèle l'intimité de chacune d'entre elles concernées de près ou de loin par les victimes, et la capacité qu'ont les femmes à s'unir lorsqu'on touche à l'une d'elles.

Ma muse en vadrouille

par Joseph Teyssier
publié aux Éditions Clair de Plume 34

Ma muse en vadrouille

Dans le troisième de recueil de poèmes de Joseph Teyssier, l'eau de cette rivière ardéchoise paraît innocente, pourtant elle n'est pas au bout de ses peines durant son voyage mouvementé dans la nature, avec les aléas de la vie.

Elle descend de la montagne, de cascades en torrents et rencontre les rapaces qui tentent de lui faire barrage.

Cette sauvageonne rivière ira jeter sa destinée dans un fleuve cruel, il faut bien le dire, le Rhône, pour s'entendre dire des vertes et des pas mûres.

Enfin la mer ! La mer Méditerranée, du côté de l'étang de Thau l'accueillera avec honneur.

"Joseph Teyssier nous livre l’âme humaine et la vie telle qu’elle est, mais à travers le prisme de la sensibilité du poète. " - Bernadette Boissié-Dubus

Philosophie de la corrida

Un livre de Francis Wolff publié aux éditions Fayard
par Bruno Modica


Philosophie de la corrida

 

Comment un tel ouvrage peut-il susciter l’intérêt de professeurs en dehors de ceux qui sont aficionados, c’est-à-dire de ceux qui ont la passion de la tauromachie de tradition espagnole ? Cette question n’est pas aussi simple qu’il n’y parait lorsque l’on se plonge dans cet ouvrage, que l’on soit amateur de ce type de « spectacle » ou non. Francis Wolff est directeur de département à l’école normale supérieure et il est spécialiste de Socrate et d’Aristote, des philosophes qui ne connaissaient pas à leur époque les pratiques tauromachiques apparues sur la péninsule ibérique à la fin du XVIIIe siècle.

Ce compte rendu de lecture n’est en aucune manière une apologie de la tauromachie, et l’ouvrage lui-même n’a pas cette prétention. Il vise simplement à donner des clés de réflexion, en utilisant des concepts étudiés par les philosophes, à une activité paradoxale en ce début du XXIe siècle qui consiste pour un homme à donner la mort en acceptant de s’y exposer lui-même.

Pour le philosophe, mais également pour tout un chacun, la corrida de tradition espagnole est à envisager sous l’angle des valeurs. On ne sait pas ce qu’est la corrida, un art, un spectacle ? Peut-être les deux mais plus encore puisqu’elle touche à la question centrale de tout être vivant, celui de la vie et de la mort, mais aussi pour l’homme, celui de l’être. Etre torero, ce n’est pas simplement un état, au sens professionnel, mais une dimension de l’existence.

Et c’est là que cet ouvrage permet de rejoindre le monde de l’enseignement. On est peut-être professeur de métier, car cela correspond à une catégorie socio professionnelle bien délimitée, mais l’être même se révèle lorsqu’il entre en communication avec ceux qui reçoivent des connaissances, c’est-à-dire son public. Il y a dans ces deux activités une relation ambivalente, le public ou un auditoire d’enseignés et la matière, ou le savoir. D’ailleurs dans la tauromachie comme dans l’enseignement, le savoir est utilisé dans le même sens. La connaissance de la discipline enseignée et celle de l’adversaire, le taureau de combat. Ensuite, l’on passe à une autre dimension, le pouvoir, celui de transmettre une émotion au public, des connaissances à un auditoire, mais aussi celui de dominer l’animal sauvage pour le torero, un auditoire rétif pour le professeur.

Arrêtons là cette comparaison, les risques ne sont pas les mêmes et les finalités non plus, mais j’ai pris cet exemple pour montrer que la démarche de Francis Wolff dans son ouvrage va au-delà de la tauromachie elle-même. Il la connaît, et même très bien, il cite avec bonheur des références car la corrida est une mémoire, qui fait vibrer les amateurs, mais surtout, il touche à l’universel lorsqu’il interroge sur les relations entre les hommes et la nature, les sacrifices et leur ritualisation, l’éthique de l’être et celle de la liberté, enfin, sur l’esthétique du sublime.

Toutes ces questions sont développées sans aucun a priori ni tabou. Oui, la corrida est un affrontement, un combat, entre 500 kg de force brute naturelle et un homme, représentant lui, le savoir, la ruse et qui va, en livrant sa vie aux cornes inscrire dans l’espace une esthétique. Pourquoi ces risques alors, pourquoi donner si peu de prix à sa vie ? C’est que la mort, la fin de vie est partie intégrante du vivant, et que dans la confrontation à la nature sauvage, dans l’affrontement ritualisé, on affirme sa liberté, celle de l’homme au centre de l’arène, qui se livre et qui transmet au public des émotions, des sensations, une histoire, de l’art et en même temps qui livre un combat.

Dans le même temps, la vie de l’homme est un capital précieux, pour reprendre le titre de l’ouvrage d’un chef d’état qui en faisait bien peu de cas, et c’est dans cette certitude de la mort du taureau que réside le caractère acceptable de la corrida. Oui, la vie de l’homme a plus de prix que celle de toute bête sauvage ou domestique. Tirer un trait d’égalité entre les deux serait une intolérable régression dans l’échelle des civilisations.

Point n’est besoin en lisant cet ouvrage d’être familier des ruedos et des ferias. Francis Wolff est un professeur qui déploie une pédagogie adaptée aux non initiés, et il fait même, dans un dialogue imaginaire découvrir la corrida à Socrate et à ses élèves, qui s’affrontent sur ce sujet comme aujourd’hui, dans ces tertullias qui suivent les corridas, lorsque les spectateurs libèrent leurs émotions ou leurs déceptions.

Pas de déception vraiment, une fois la dernière page refermée. Simplement, lorsque l’on est soi-même aficionado, l’envie de dire à ceux que l’on apprécie le plus « regarde ! Partage avec moi ces émotions uniques, celles qui donnent un sens à notre condition d’homme, mortel, et finalement goûte la vie ! »

Lorsque l’on est professeur dans les terres françaises de tradition taurine, on croise aussi ces élèves, rarement les plus brillants élèves au sens classique du terme, qui ont cette lumière au fond des yeux dès qu’approche le moment où ils vont, jeunes novilleros revêtir l’habit de lumière. C’est l’armure fragile de soie et d’or qui évoque la pureté, celle du combat que l’on va livrer, face aux cornes nues, sans dopage ni tromperie. Car, au moment de la mise à mort, que l’on appelle très justement le moment de vérité, il y aura ce face à face fondamental, celui de l’homme et de la nature sauvage. Comme le disait dans son histoire de la tauromachie Bartolomé Benassar, il n’y a plus beaucoup, dans notre société si policée et par certains aspects si cruelle, de lieux où l’on puisse revenir à l’essentiel.

Bruno Modica
© Clionautes - https://clio-cr.clionautes.org/philosophie-de-la-corrida.html

50 ans de football

par Daniel Monteil
publié aux Éditions Clair de Plume 34

 

"50 ans de football" n'est pas simplement un livre de mémoire, c'est aussi un témoignage sur le monde du football amateur vécu de l'intérieur. Un document qui incite à une belle réflexion sur le sport.

On proclame partout les vertus du sport : socialité, fraternité, émulation... Mais dans l'univers sur-médiatisé d'aujourd'hui, le sport ou ce qui s'affiche comme tel n'a plus grand chose à voir avec lui. Il est trop souvent devenu un marché avec ses professionnels de la performance et du spectacle. Les vedettes d'aujourd'hui sont surtout des modèles de superficialité, d'esbrouffe et d'immaturité. L'argent pollue tout. 

Les nombreuses qualités attribuées au sport tiraient leur essence d'une pratique amateur. Qu'en est-il aujourd'hui? Le livre de Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.llustre à merveille les dérives qui guettent le football à tous les niveaux, y compris les plus modestes. Vivant et vivifiant, ce livre rappelle malgré tout avec plein de bon sens que "le ballon sera toujours rond" pour le sport le plus populaire de la planète.

 

Né en 1947, Daniel Monteil est instituteur retraité. Lozérien de souche, il vit actuellement à Mèze dans l'Hérault. Fils d'enseignants, il a passé l'essentiel de sa première jeunesse à la campagne. Ensuite c'est la pension. Pas du tout "branché sport" à son arrivée au Collège de Marvejols (1958), c'est à l'internat qu'il rencontre le football, un football qu'il ne quittera plus. Joueur de petit talent, il s'impliquera du côté des dirigeants.

Il sera président "multifonctions" de Marvejols Sports de 1974 à 1979. Ensuite, jusqu'en 1982, il occupera le poste de secrétaire de club et celui de responsable de l'école de foot. Parallèlement, dès 1980, il dirigera la Délégation départementale de Foot Lozère pendant 8 ans, tout en continuant à pratiquer. Muté dans les Alpes-Maritimes, il assume la gestion des documents du stade de Vallauris (3ème division) de 1991 à 1996. 1998 : la France gagne sa première Coupe du Monde. C'est le retour en Languedoc-Roussillon. Depuis, plus de responsabilités officielles, mais on le voit souvent avec son appareil photo ou en spectateur, du coté du stade de la Mosson à Montpellier ou un peu partout sur les terrains de la région.

Des vignes aux tranchées, la grande guerre en pays biterrois

Un livre de Béatrix Pau publié par les éditions du Mont
par Bruno Modica

Des vignes aux tranchées 1

Les éditions du Mont sont situées à Cazouls les Béziers, dans un de ces bourgs de l’Ouest du département de l’Hérault à 13 km de la ville de Béziers. L’ouvrage présenté est l’œuvre d’une historienne Béatrix Pau, professeur dans l’un des deux grands lycées de Béziers, le lycée Jean Moulin.

Cet ouvrage va très au-delà d’une monographie locale sur la situation matérielle et morale de l’arrière pendant la Grande guerre. Il permet, avec une organisation thématique, de trouver des exemples extrêmement précis sur tous les aspects de la vie économique et sociale d’une ville – centre, implantée dans une zone agricole, marquée par la monoculture de la vigne.

Comme beaucoup de villes de cette taille, Béziers est un centre de recrutement, avec le 96e régiment d’infanterie, le 1er hussard et un détachement de la 16e section de commis ouvriers. La cité est alors peuplée par 52 000 habitants.

La ville mobilisée

La première partie de l’ouvrage traite de questions générales de la mobilisation et du maintien de l’ordre dans la ville, avec la création d’une garde civique volontaire en l’application des lois sur l’état de siège qui remonte du 9 août 1849. Les nouvelles officielles sont apposées dans différents lieux publics, et les officiers en charge de la place d’armes de Béziers ont cherché à tout moment à contrôler la propagation d’informations. Face à la mobilisation la population de Béziers n’a pas eu des comportements fondamentalement différents de ceux du reste du pays. La ville avait pourtant une assez mauvaise réputation depuis la mutinerie des soldats du 17e, lors de la révolte vigneronne de 1907. Cet épisode qui n’a pas été oublié, lors des premiers combats en Alsace en 1914, par les chefs militaires, et qui a contribué à entretenir la légende noire des soldats du Midi. Lire à ce propos, de Jean-Yves Le Naour, la légende noire des soldats du Midi. 

En réalité, la population biterroise, si l’on se base sur cet ouvrage, n’a pas agi très différemment, par rapport à celle d’autres régions de France. En matière de mobilisation, Béatrix Pau montre que les cas de désertion ont été extrêmement rares, et elle ne mentionne que deux exemples, en avril 1915.

Face aux réquisitions, prévues en temps de guerre, l’attitude de la population a été diverse. Les propriétaires fonciers ont pu être satisfaits car l’intendance payait est souvent très fort mais la lenteur des paiements, la priorité donnée aux agriculteurs pour conserver certaines de leurs bêtes, ont pu susciter des réactions de résistance. La nécessité de fournir les tranchées en « pinard » a conduit l’autorité militaire à procéder à des réquisitions massives entre le quart et le sixième des récoltes, entre 1915 et 1916.

La ville solidaire

Le deuxième chapitre présente la solidarité et la générosité qui se sont manifestées dès les premiers jours de la guerre. Les collectes des différents comités de charités qui se sont constitués, la souscription aux emprunts de la Défense nationale ont été qualifiée de satisfaisants. 17 novembre 1914, et cela peut rejoindre la lutte contre les préjugés « anti méridionaux » évoqués plus haut, le préfet de l’Hérault qui est demandé aux maires du département d’inciter leurs administrés « à verser leur vin pour la patrie », met en avant le patriotisme mais aussi la vertu du vin et la qualité de celui du Midi. « Les enfants du Midi, en dépit de certaines légendes désormais abolies, atteste chaque jour l’héroïsme et la vigueur de votre race. Trop de mort glorieuse dont vous êtes fiers, en fournissent le témoignage incessamment renouvelé. Le vin a retrouvé son antique renommée. Demain, s’il vous plaît, il ira vers le front soutenir l’ardeur de nos soldats, ceux du Nord, d’Angleterre et de Belgique apprendront à le connaître, ceux du Midi seront joyeux de le reconnaître. Le triomphe du vin accompagnera la victoire de la France. »  Béatrix Pau a pu se livrer à un inventaire précieux des dons des propriétaires viticoles et des caves coopératives. Au 22 janvier 1915, l’œuvre du « vin aux soldats » avait déjà reçu 38 399 hl de vin. Si on ajoute cela aux réquisitions, il est possible de considérer que les biterrois ont été particulièrement généreux.

Dans le troisième chapitre, Béatrix Pau présente les conséquences de l’absence des hommes dans une zone agricole, avec une guerre qui commence quelques semaines avant les vendanges. Comme ailleurs, les femmes se sont mobilisées, ont assuré les travaux agricoles et certaines lettres montrent que si les hommes se préoccupent de la conduite des affaires, les femmes n’hésitent pas à demander des conseils à leurs compagnons partis au combat.

Comme ailleurs, la guerre a contribué à une évolution rapide des mœurs, à une restructuration familiale, à une augmentation du nombre de divorces. L’étude des correspondances montre des préoccupations très variées, celles qui relèvent de préoccupations économiques, l’inquiétude à propos de la fidélité du conjoint, mais aussi des demandes très précises de biens pour améliorer l’ordinaire.

Dans la deuxième partie, « vivre en guerre », Béatrix Pau dresse une sorte d’inventaire des difficultés croissantes que subit la population biterroise avec des signes croissants de pénurie. L’absence de pommes de terre a été durement ressentie par la population et en janvier 1917, le retard d’approvisionnement a pu représenter le chiffre de 64 000 wagons, retardés par la priorité accordée aux transports de troupes sur le réseau ferroviaire.

Les prix de tous les produits ont connu une inflation majeure, y compris le prix du vin aux litre qui double dès 1916. Le prix des produits de traitement de la vigne a également connu de très fortes hausses, notamment celui du sulfate de cuivre, [2] évidemment dont le prix attribué jusqu’en 1916. L’intervention de l’État a jeté les bases de ce que l’auteur rappelle un État-providence, avec de fortes incitations à la mise en culture de terres pour les céréales, avec fourniture des semences, mais aussi le développement d’allocations de secours. La partie qui concerne les fraudes à propos de ces allocations est également extrêmement intéressante. Près de 10 000 demandes d’allocations de secours ont été déposées, ce qui représente tout de même 17 % de la population de Béziers. Les cas de fausses déclarations, sont loin d’être négligeables.

À propos des distractions, les biterrois, ont pu pendant la guerre profiter de la réouverture des salles de spectacles à partir du 14 novembre 1914. Les programmes dans les salles de cinéma étaient soumis au visa de l’autorité militaire. Les spectacles lyriques très prisés par les biterrois avant-guerres ont quand même vu leur fréquentation baisser, en raison de la cherté de la vie et c’est surtout le sport qui a permis d’oublier les difficultés liées à la guerre.

La ville meurtrie

La troisième partie montre comment la population à affronté la mort. Le tableau comparatif des biterrois morts pour la France par rapport au total national montre que c’est surtout pendant la première année de la guerre que le tribut a été le plus lourd. Plus de 27 % par rapport à une moyenne nationale de 20,5 %. Pour les autres années de guerre, à l’exception de 1917, les pourcentages sont équivalents.

Ce tableau de Béziers pendant la guerre permet de retrouver un environnement qui nous est familier, celui de ce que l’on appelait « le bas Languedoc viticole ». En réalité, ce bas Languedoc viticole n’existe plus vraiment. Les mouvements de population, la part de plus en plus nombreuse des nouveaux arrivants issus d’autres régions, dans les villages languedociens, ont considérablement modifié la physionomie de cette ville qui a pu être la locomotive économique du département jusqu’au milieu du XXe siècle. Elle ne l’est plus aujourd’hui.

Bruno Modica

Abradacactus

Abradacactus (Le Monde Merveilleux des Florafés t. 1) par [Diané, H.F.]Quand H-F Diané écrit pour les enfants.

C'est bien pour que les 5/6 ans le lisent que M. H-F Diané a écrit et illustré l'histoire d'Abradacactus, un petit ouvrage édité chez Flam à Sète. On peut penser que ce livre peut être lu par un proche pour distraire les plus jeunes qui ne dorment pas à l'heure de la sieste ou quand le marchand de sable, le soir, tarde à se manifester. Mais c'est bien de lecture qu'il s'agit. C'est bien l'intention de l'auteur et il a ses raisons pour cela.

Car si H-F Diané vit à Montpellier (où il travaille à la librairie Sauramps), il est originaire de l'Afrique de l'ouest. Ce trentenaire cultivé et ouvert a connu dans son enfance la République démocratique du Congo, la Côte d'Ivoire. Oublie-t-on jamais le pays de son enfance ? Jusqu'à l'âge de onze ans, il a vécu, non dans de grandes métropoles, mais dans de petites agglomérations aux maisons avec jardins. Et la nature de cette partie de l'Afrique : abondante, luxuriante, généreuse. Il en retrouve l'écho au Jardin des Plantes de Montpellier. Et puis ce fut l'école, l'université Paul Valéry, et l'étude des langues, anglais, espagnol, italien. Nous voilà loin de l'image convenue de l'Afrique, ses conteurs, ses griots. A la faculté des Lettres de Montpellier, H-F Diané a soupesé le sens des mots, scruté les mécanismes des syntaxes, observé les différents modes d'expression. Car il voulait devenir écrivain. Il l'a su très tôt, dès l'âge de douze ans. Le ressenti d'une nécessité intérieure. Appel qui l'a conduit aujourd'hui à être "auteur-illustrateur" à compte d'auteur après mésentente avec les éditeurs "traditionnels". Il est vrai que le marché du livre est en crise, mais pour les enfants, il en va tout autrement. D'autres facteurs entrent en jeu.

La littérature pour enfant se porte bien. Parce que les parents mettent des livres à la portée des tout-petits. Ils cultivent leurs impressions d'enfance. Et puis, l'imaginaire enfantin doit-il être peuplé par les représentations stéréotypées et parfois stressantes des histoires cathodiques ? Il est d'autres émotions à susciter chez les moins de 12 ans. Et le petit volume sorti des presses sétoises s'y prête à merveille. L'éditeur a bien rendu le dessin épuré des personnages et des objets et leurs coloris gais : même la méchante fleur carnivore est rouge. Car, il était une fois, dans le monde merveilleux des Florafés, un petit magicien coiffé d'un étrange chapeau en forme de cactus. Qu'est-ce que les Florafés ? Ce sont "des petites créatures, des fleurs et chacune a un pouvoir particulier". Elles vivent dans le Village Fleuri et habitent dans de petites maisons en forme de coquilles d'escargot appelées "colimaisons". Et le dessin des colimaisons, en regard du texte, réjouira plus d'un regard juvénile. Le petit magicien était très étourdi, se trompait dans le choix des formules, confondait magie et jardinage.

Un jour, Abradacactus apprit un nouveau tour. Alors ? Alors, le petit homme qui aborde sa sixième année en saura plus en lisant la suite, plongé dans un monde clair, frais et… comment dire ... poétique. Poétique, voilà.

Hervé le Blanche

Yvon Bergon : Comment travailler le bambou

Après avoir fait son apprentissage aux établissements Cogolin, dans le Var, jusqu’en mai 68, Yvon Bergon s’installa à Anduze, près de la Bambouseraie de Parafrance. C’est ainsi qu’il a mis au point les techniques de mise en forme, en particulier celle du brûlage, qui lui permirent d’utiliser les bambous locaux, différents des bambous d’importation jusque là employés pour la fabrication de divers objets et de meubles. Jusqu’à la fin de son activité à la Maison du Bambou, il perfectionna son art et ses techniques. A son grand regret il n’a pas pu transmettre son savoir-faire. «Cet ouvrage pourrait au moins faire revivre cet artisanat disparu depuis mon entrée dans la retraite. Mon voeu le plus cher serait que cette méthode puisse donner le goût et l’envie à tous ceux qui liront ce livre, de tenter l’aventure, et qu’au fil du temps cette théorie s’enracine dans l’empire du Levant et en Europe. Il serait dommage que ce savoir-faire tombe dans l’oubli.» Et nous ne pouvons qu’approuver cette dernière appréciation.
 Dans un ouvrage abondamment illustré, Yvon Bergon aborde avec détails et précision les différentes variétés de bambous dont les plus appropriées à cet artisanat. Les successives étapes du travail, la coupe, le séchage, la conservation, le brûlage, les mises en formes -courbures ou redressement- sont ensuite décrites ainsi que les différents outils utilisés. Il guide enfin l’amateur ou le futur professionnel dans la fabrication de divers meubles, tables, fauteuils, lits, étagères etc...

M. P.

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon