Elles ont commencé à striduler...

C’est la belle saison pour les cigales qui ont commencé à « chanter » depuis un mois dans le Grand Montpellier. On dit que la cigale (mâle) cymbalise, craquette ou stridule. Un bruit très strident, mais seul le mâle le produit pour attirer la femelle lors de la saison de reproduction.

cigale sortant de son “exuvie”

Les œufs sont pondus en été (la femelle pondra de 300 à 400 œufs) à la base du tronc ou d'arbustes. Les œufs donnent des larves qui vont s'enfouir dans le sol, pour plusieurs années en général (17 ans pour la Magicicada septendecim) que l’on trouve dans l'est des États-Unis, de la Louisiane au Massachusetts. Les cigales vivent de quatre à six ans sous la terre sans jamais voir le soleil, suivis de trois à quatre semaines à l'air libre en été. Aucune cigale n'a jamais passé l'hiver. 
Adulte ou à l'état de larve, elle se nourrit exclusivement de sève, et de rien d'autre. Ni mouches ni vermisseaux... n'en déplaise à Monsieur Jean de La Fontaine. Après quoi elle mourra, car les cigales ne vivent qu'une saison. C'est l'insecte le plus bruyant de la planète.
Plus de 4500 espèces de cigales existent de par le monde. Le Sud de la France en compte une vingtaine.
 » écoutez le chant des cigales sur YouTube

Georges Cantin

La "médecine prédictive" : Une révolution en Cancérologie

Le site historique de la faculté de Médecine de Montpellier accueillait ce 12 et 13 juin 2015  le 1er congrès de La Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée.
Le Professeur Pascal Pujol, chef du département d'oncogénétique du CHU de Montpellier présentait dans un lieu symbolique, la plus ancienne faculté de médecine française, ce nouvel outil diagnostic qu'est la médecine préventive et personnalisée.

Conférence de presse avec le professeur Henri Pujol et le comité scientifique

Le public et intervenants comptaient les plus éminents médecins oncologues, généticiens, chercheurs  mais aussi éthiciens pour exposer cette nouvelle discipline sous l'œil attentif de l'ancien ministre de la santé  Jean-François Mattei.
 
La médecine prédictive et préventive, qu'est-ce que c'est ?
 
Les avancées technologiques et scientifiques permettent désormais l'examen des caractéristiques génétiques d'une personne et d'une pathologie précise. La France possède en ce domaine une avance significative. L'objectif est de prévenir , dépister voir traiter une maladie  désormais  avec une prise en charge adaptée aux spécificités génétiques de l'individu. L'actrice Angelina Jolie à largement contribué à la médiatisation de cette pratique par le dévoilement de sa mastectomie prophylactique, ou plus communément, l'ablation préventive de ses glandes mammaires.   Car oui, on peut désormais proposer après analyse du génome de l'individu une ablation préventive  des glandes mammaires ou des ovaires grâce à la détection de gènes facteurs de risques ou ayant subit une mutation aggravant ce facteur de risque.
La décision médicale sera évalué selon 3 paramètres : la fréquence du risque, sa gravité et bien sûr la possibilité d'actions médicales.
Et c'est là où la  création de la SFMPP  Société Française de Médecine Préventive et Personnalisé prend  tout son  sens afin d'encadrer et d'accompagner l'évolution de cette technique en conciliant les enjeux  éthiques, médicaux mais aussi sociétaux et économiques qu'ils impliquent.
 
Les applications
 
La médecine prédictive et préventive ouvre un nouvel horizon et terme de traitement de certains cancers  mais aussi de maladies génétiques notamment celle avec une consonance familiale telles le syndrome de Lynch,  ou les polyposes familiales.
Mais les techniques d'analyse et de dépistage  pourraient être dans un futur proche communément utilisées pour les diagnostiques prénataux  directement sur les embryons humains.
De même concernant le diagnostique pré-implantatoire où l'on féconderait in vitro par exemple l'ovule et le spermatozoïde d'un couple présentant un risque de transmettre une maladie génétique majeure, afin de séquencer  et analyser l'ADN des toutes premières cellules embryonnaires, et si le risque  n'est pas avéré, d'implanter cette embryon sain dans l'utérus de la mère.

Pascal Pujol, Président de la Société Française de Médecine Prédictive et Personnalisée


Une soixantaine de gènes sont actuellement concernés, mais la liste est exponentielle et nécessite  pour des questions d'éthique d'être scrupuleusement étudiée afin d'être encadrée légalement et éviter des dérives via des organismes privées, ce que souligne Le Pr Pujol ainsi que Dominique Stoppa Lyonnet , du comité scientifique.
Patrick Oscar, du Club Inter Pharmaceutique de Paris souligne quant à lui avec prudence l'utilisation qui pourrait être faite de ses futurs données "Big Data" par des tiers, comme les compagnies d'assurance par exemple.
 
L'ensemble des bénéfices et risques de ce progrès majeur qui pourrait améliorer la vie de milliers de personnes en France est donc à surveiller minutieusement et c'est une des missions de la SFMPP.
Reste à voir comment ces progrès seront gérés hors de nos frontières pour le meilleur, ou pour le pire.
 
Simon Bacle

New Horizon, à l'approche de la planète Pluton

Parmi les découvertes spatiales, il en est qui captivent plus particulièrement le public et revêtent ainsi une notoriété historique. Ces dernières années, un robot laboratoire au nom évocateur de Curiosity fut déposé sur Mars, un atterrissage plus ou moins réussi de Philae sur une comète en route vers le soleil intrigua toute la population et peut-être dans un futur proche, assisterons-nous aux premiers pas de l'homme sur Mars, l'ultime exploit du 3ème millénaire ? Or, dans quelques jours, le 14 juillet 2015, notre jour de fête nationale sera aussi le jour de gloire de la conquête spatiale. New Horizon, un télescope spatial de la NASA, lancé en 2006, après un périple de neuf années à une vitesse 30000 km/h, atteindra une planète nommée Pluton située aux confins du système solaire.

Les planètes lointaines ont depuis longtemps intéressé les astrophysiciens. La route avait été ouverte en 1989 par la sonde Voyageur 2 afin d'étudier Neptune et sa lune Triton. Plus loin c'était l'horizon encore inconnu, où se situe Pluton, vers la « Ceinture de Kuiper » où rodent de nombreux débris rocheux provenant probablement d'anciennes planètes désagrégées. Aujourd'hui, au fur et à mesure de son approche, New horizon nous dévoile les mystères de ces objets lointains du système solaire.
Cette mission de longue durée commanditée par la NASA a été confiée à Alan Stern, leader d'une équipe de chercheurs et d'ingénieurs en partenariat avec l'université John Hopkins, l'université de Stanford, des instituts de recherche, des entreprises privées de l'espace. Depuis plusieurs mois, le télescope embarqué dans le vaisseau spatial New Horizon transmet à la terre des images de cette planète plus petite que la lune, de 2300 km de diamètre, située à 4,7 milliards de km de la terre. Pluton fut découverte en 1930 par l'astronome américain Clyde Tombaugh. Toutes ces données permettront de déterminer sa structure, son atmosphère. Y aurait-il des océans sous une croûte de glace comme certains satellites de Jupiter ou son intérieur serait-il agité avec des éléments lourds radioactifs, comme Triton le satellite de Neptune ? Déjà, un des instruments embarqués dans le vaisseau spatial, l'imageur LORRI, nous révèle une surface structurée comme un puzzle avec des zones claires alternées avec des zones sombres. Dans les prochains jours, les données recueillies devraient apporter des réponses à cette énigme. Les cinq lunes de Pluton ont été confirmées. L'une d'elles, Charron, atteint 700 km de diamètre, une taille gigantesque par rapport à celle de la planète. Les systèmes d'imagerie à bord permettent aussi de s'assurer que la voie ne contient pas obstacles dans cette région relativement chaotique, une collision, même avec un débris rocheux de petite taille pourrait compromettre la réussite du projet. New Horizon dispose d'un propulseur qui lui permet de corriger sa trajectoire, une correction a été réalisée le 14 juin afin d'améliorer l'approche du vaisseau spatial auprès de Pluton.

Après le 14 juillet, New Horizon continuera sa route. Un long chemin restera à parcourir pour s'échapper de l'étreinte des forces gravitationnelles et magnétiques du soleil. Puis si tout va bien, New Horizon pourrait atteindre un système stellaire étranger... dans 200 ans. Ce long voyage à une allure folle de New Horizon vers Pluton apportera sans aucun doute des informations précises à Alan Stern et son équipe afin de mieux comprendre notre système planétaire. Mais cette mission du lointain nous a permis aussi d'évaluer l'immensité de l'espace. Il a fallu une décennie pour atteindre cette planète de notre propre étoile, alors qu'il existe des milliards d'étoiles dans l'univers dont la plupart possèdent, elles aussi, des planètes. L'aventure spatiale se situe toujours entre réalité et fiction, la fiction c'est d'aller plus loin, certes, elle a tendance à céder le pas. Mais atteindrons-nous la limite? Il faudra de nouveaux moyens techniques mais plus sûrement un esprit créatif de recherches basées sur des théories gravitationnelles audacieuses pour que nous puissions enfin toucher d'autres étoiles.

Claude Marchis

Le lac éphémère du Larzac

La presse en parle, certains sont allés le voir. Jean-Marc Roger, pour ceux qui ne peuvent aller sur le Larzac, vous le montre sur la vidéo ci-dessous.
Dix ans après sa "disparition" ou disons plutôt son retrait, le lac éphémère est revenu.
Voici l'explication de ce phénomène avec deux intervenants, tout d'abord le propriétaire des lieux qui l'a vu 10 fois dans sa vie et un scientifique qui rétablit la vérité sur ce phénomène local.

» Retouvez Jean-Marc Roger et ses reportages sur sa chaîne YOU TUBE.

Candidature de Montpellier auprès de l'AFB

L'Etat venant de créer l'Agence française de la biodiversité, Montpellier qui dispose de nombreux atouts, se porte candidate à l'accueil du siège de la nouvelle structure. La communauté scientifique en agro-environnement - biodiversité du Languedoc-Roussillon dont le Cirad fait partie soutient cette position.

La mairie de Montpellier, Montpellier Méditerranée Métropole et la Région Languedoc-Roussillon, ainsi que d'autres collectivités et élus, ont manifesté auprès de l'Etat leur souhait d'accueillir le siège de l'AFB à Montpellier.

La région abrite, en effet, de nombreuses zones protégées, site Natura 2000, un Parc national et plusieurs Parcs naturels, terrestres et marins. Plusieurs composantes de l'AFB sont par ailleurs déjà présentes sur le territoire régional. Les recherches menées en écologie, évolution et sciences sociales, couvrent l’ensemble des domaines des sciences de la biodiversité avec un fort intérêt pour les environnements méditerranéens et tropicaux, qu’ils soient terrestres ou marins. La communauté scientifique régionale impliquée dans cette thématique constitue à elle seule un ensemble exceptionnel de 76 unités de recherche dont, à Montpellier, 31 unités regroupant plus de 1200 scientifiques et 400 doctorants. Ce positionnement assure une ouverture unique vers les pays du Sud et les zones les plus riches en biodiversité, qui sont aussi les plus fragiles sur le plan environnemental, social et économique.

Montpellier, pionnière de l’écologie parasitaire,

Pour mieux gérer les effets des parasites sur la santé humaine, il faut comprendre comment ils s’inscrivent dans leur écosystème. C’est l’objet de l’écologie parasitaire, une discipline née à l’Université de Montpellier avec les travaux de Louis Euzet.

C’est un bien étrange organisme vivant. Qui utilise un autre organisme vivant, appelé hôte, comme habitat et comme source d’énergie. Le parasite peut être responsable de maladies humaines parfois graves : le paludisme, la bilharziose, la dengue ou encore le chikungunya. Pour maîtriser ces maladies, les médecins ne peuvent pas se passer de l’apport des chercheurs en écologie parasitaire. Leur travail : "comprendre comment les parasites circulent dans les écosystèmes, décrypter leurs relations avec leurs hôtes ainsi que les paramètres qui les font évoluer", explique Catherine Moulia, enseignante chercheuse à l’Institut des sciences de l’Évolution de Montpellier (ISEM).
Si des chercheurs du monde entier pratiquent aujourd’hui cette discipline, elle doit beaucoup aux travaux du professeur Louis Euzet qui a dirigé le laboratoire de parasitologie comparée à l’Université Montpellier 2 de 1969 à 1990. Père de "l’école montpelliéraine de parasitologie", il compte avec Claude Combes, son élève, parmi les précurseurs de cette écologie parasitaire dont l’un des objectifs est de comprendre les aspects évolutifs des interactions entre hôtes et parasites. "Nos équipes montpelliéraines, ISEM, MIVEGEC… sont les héritières de cette école Euzet-Combes", souligne Catherine Moulia.

QUAND LE PARASITE PREND LES COMMANDES

Les élèves du laboratoire de Louis Euzet ont ainsi été parmi les premiers à montrer que les parasites pouvaient modifier le comportement de leur hôte pour augmenter leur chance d’être transmis à un autre hôte. "C’est ce qu’on appelle le phénomène de favorisation", explique Alain Lambert, ancien enseignant chercheur aujourd’hui retraité qui a fait sa carrière à l’UM2 avec Louis Euzet. Exemple : la petite douve du foie. Au cours de son cycle biologique, la petite douve parasite d’abord une fourmi. Pour continuer son cycle et devenir adulte elle doit ensuite parasiter un mouton.
Problème : comment passer de l’un à l’autre sachant que les moutons ne sont pas particulièrement friands de fourmis ? La douve du foie a trouvé une réponse fascinante : elle modifie le comportement de la fourmi qui au lieu de vaquer autour de la fourmilière avec ses congénères va se jucher au sommet d’un brin d’herbe pour augmenter ses chances de se faire manger par un mouton qui brouterait par là. "Le parasite prend le contrôle du cerveau de son hôte", résume Alain Lambert. "Combes a montré que toute une partie de la chaîne alimentaire est contrôlée par les parasites, précise Laurent Gavotte, enseignant chercheur à l’ISEM. C’est une donnée-clé dans la gestion des populations et des écosystèmes ".

COUPER LA TRANSMISSION ENTRE L’HÔTE ET LE PARASITE

Et lorsqu’il s’agit de lutter contre les maladies humaines, la connaissance la plus fine possible du mode de vie du parasite et de ses interactions avec son hôte est capitale. Les chercheurs ont ainsi réussi à limiter la transmission de la bilharziose, maladie tropicale qui a longtemps sévi en Guadeloupe. "Il ne s’agit pas d’éradiquer le schistosome, parasite responsable de cette maladie, mais de mettre en œuvre des mesures sanitaires pour éviter que les gens ne soient en contact avec les eaux où vivent ces parasites ", explique Catherine Moulia. "Cela revient à couper la transmission entre l’hôte et le parasite". De la même façon, le paludisme qui sévissait en France — et dans l’Hérault en particulier — a été éradiqué après-guerre. Comment ? "En procédant à l’assainissement des gîtes larvaires et en généralisant l’utilisation de la quinine", explique Alain Lambert.
Mais la disparition d’un parasite n’est parfois pas sans conséquence sur son hôte. "Il y a des zones en Afrique où sévissent à la fois des vers intestinaux et une forme neurologique grave de paludisme. On s’est aperçu que les enfants qui avaient reçu des soins pour éliminer ces vers attrapaient beaucoup plus fréquemment le neuropaludisme, qui est beaucoup plus dangereux ", explique Laurent Gavotte. Il est donc vital de comprendre les interactions croisées entre parasites pour soigner au mieux les pathologies qui en découlent.

TROUVER DES SOLUTIONS ENVIRONNEMENTALES

"L’apport des scientifiques non médicaux est capital pour comprendre ces interactions", souligne Catherine Moulia. Des chercheurs de plus en plus sollicités par les médecins, qui ont besoin d’avoir une vision plus globale de la situation. "Il faut avoir une approche multifactorielle qui implique de comprendre chaque système et chaque contexte environnemental ", précise Alain Lambert. « Et tenir compte des dynamiques globales changeantes », complète Laurent Gavotte. Ce fut là l’un des apports fondamentaux de Louis Euzet : dépasser le cadre médical pour apporter une vision plus large. Aujourd’hui les chercheurs en écologie parasitaire s’attachent à trouver des solutions environnementales durables. "On n’éradique jamais totalement un parasite, explique Catherine Moulia, on essaye de le maintenir à un taux supportable pour limiter l’impact, notamment économique, des maladies qui y sont associées". Un travail sans fin dans un environnement en changement perpétuel. L’écologie parasitaire et sa fille l’épidémiologie ont de beaux jours devant elles…

source : Université de Montpellier

Un nouvel indice positionne l'Homme au même niveau que l'anchois dans la chaîne alimentaire !

Le niveau trophique détermine la position d'une espèce dans la chaîne alimentaire. On pourrait penser que l'homme est le dernier maillon de la chaîne alimentaire. Les scientifiques viennent de découvrir qu'il n'en est rien !

Sur la chaîne alimentaire, le phytoplancton, premier fournisseur de matière organique, est la base de l'écosystème. Il représente donc le niveau 1. Un animal herbivore exclusif se situera au niveau 2. Au dessus, les carnivores qui mangent ces herbivores se situent donc au niveau 3, et ainsi de suite.
Bien que ce niveau trophique soit un indice connu pour la majeure partie des espèces terrestres et marines, cet indice n'avait jamais été calculé pour l'Homme. La revue PNAS publie les résultats d'une équipe de chercheurs Ifremer/IRD/Agrocampus-Ouest, qui a estimé, pour la première fois, le «niveau trophique humain» (Human trophic level, HTL). 

En utilisant les données de la FAO (Food and Agriculture Organization) sur la consommation humaine pour la période 1961-2009, les scientifiques ont défini un niveau trophique de 2.2 pour l'Homme... résultat surprenant puisque c'est un niveau proche d'un anchois ou d'un cochon, et bien loin de l'indice 5,5 que peuvent atteindre des prédateurs supérieurs, comme l'ours polaire et l'orque, au régime alimentaire exclusivement carnivore.
source : Ifremer

L'huître s'ouvre enfin et dévoile les gènes coupables de la mortalité estivale

Depuis que le génome de l'huître a été décrypté (voir encadré ci-dessous) des avancées importantes ont été réalisées par les chercheurs, en particulier par l'Ifremer.  Ces découvertes sont brillamment expliquées par Arnaud Huvet (Ifremer Pouzané) dans une condérence intitulée "Des gènes coupables dans la mortalité estivale de l’huître Crassostrea gigas".

Des mortalités massives de l’huître creuse Crassostrea gigas (huître de Bouzigues) sont rapportées dans toutes les régions du monde où cette espèce est exploitée. Ces mortalités, considérées comme un véritable fléau pour la profession ostréicole, résulteraient d’une interaction complexe entre l’hôte, l’environnement et des pathogènes, le principal étant un virus de type Herpes (OsHV1).

Afin d’élucider les bases moléculaires de la résistance de l’huître à la mortalité estivale, une approche transcriptomique a été réalisée sur des familles d’huîtres sélectionnées pour leur résistance (R) ou leur sensibilité (S) à la mortalité estivale. Les gènes apparus différentiellement exprimés entre R et S appartiennent principalement aux catégories fonctionnelles « reproduction », « métabolisme énergétique » et « stress oxydant » et seraient révélateurs d’une fragilité physiologique des huîtres S durant la période précédant les mortalités. De plus, une sur-représentation très significative de gènes associés à la catégorie « défense/immunité » avant le pic de mortalité suggère que la réponse immunitaire est primordiale dans la capacité à survivre à un épisode de mortalité.

Parmi ces gènes, nous trouvons notamment des acteurs de la voie immunitaire NF-κB. Les gènes ainsi identifiés constituent des candidats à étudier en priorité. Pour identifier leur fonction et les incriminer (ou disculper) dans ces phénomènes de mortalité estivale, des expériences d’inhibition fonctionnelle par ARN interférence ont été mises en place, ainsi que des recherches de zones du génome associées à la survie (Quantitative Trait Loci).

Cette liste de gènes identifiés permet d’avancer dans la compréhension des mécanismes conduisant à la mortalité estivale des huîtres, de disposer de marqueurs moléculaires utilisables pour du profilage diagnostique, et pourrait à terme aider à l’amélioration génétique en développant de la sélection assistée par marqueurs chez cette espèce. 

» lire aussi :Ifremer - Rapport final du programme de recherche sur les mortalités d’huîtres creuses Crassostrea gigas dans l’étang de Thau

 

LE GÉNOME DE L'HUÎTRE DE BOUZIGUES 

Le génome de l'huître creuse (Crassostrea gigas), la plus cultivée sur la planète et en particulier dans le bassin de Thau, a été décrypté par une équipe internationale majoritairement composée de chercheurs chinois.
Le généticien Guofan Zhang, de l'académie chinoise des sciences, et ses collègues ont aussi analysé les caractéristiques de la Crassostrea gigas, comme sa réponse au stress ou la formation de la coquille.
Selon les chercheurs, dont les travaux sont publiés dans le magazine Nature, elle a développé plusieurs traits nécessaires à la survie d'un organisme pris en permanence entre les marées, parfois aussi entre eau douce et salée, et condamné à filtrer des fluides souvent douteux pour s'alimenter.
Les chercheurs ont comparé son génome à celui de sept autres espèces séquencées. Ils ont ainsi pu identifier plus de 8600 gènes spécifiques à ces mollusques.
Par exemple, ils ont notamment découvert que le génome de la Crassostrea gigas comportait 88 gènes HSP70 (pour heat shock proteins) qui jouent un rôle important dans la protection des cellules contre les agressions, en particulier les substances toxiques tels les métaux lourds (arsenic, cadmium, mercure, etc.).
Par comparaison, les oursins ont 39 gènes HSP70 et les humains seulement 17.
Cette huître possède aussi de nombreux gènes associés à l'antioxydation et au blocage de la mort cellulaire.