Les chimères du marquis de Castries

Charles Eugène Gabriel de la Croix, marquis de Castries (1726-1801), compte tenu de sa carrière, n'était sans doute pas un rêveur. Celui qui valut à l'armée française un de ses rares succès lors de la guerre de 7 ans (1756-1763), qui accéda au maréchalat et au ministère de la Marine ne devait pas se complaire dans le domaine de l'imaginaire. Pourtant, son souvenir est associé à un curieux monument à Montpellier : l'ex "fontaine des licornes", place de la Canourgue.



C'est une des plus anciennes de Montpellier. Elle doit son nom (en occitan canorga) à un bâtiment, habitation de chanoines (sens du mot occitan) chassés de Maguelone à une époque troublée et s'installant à Montpellier. La maison des chanoines fut détruite au XVIème siècle et au XVIIème, fut élevé l'hôtel de Belleval qui, en 1816, devint l'Hôtel de ville. Le "plan" (agrandi en 1860) ne comportait pas de monument au XVIIIème siècle. Or, lorsque l'aqueduc des Arceaux amena à Montpellier l'eau en abondance, il alimenta trois fontaines : une place de la Comédie, une place Chabanneau où une sculpture commémore toujours l'arrivée du précieux liquide et une "place des Etats du Languedoc". Qu'est-ce à dire ? Selon Barral (Les noms de rues à Montpellier, Espace éditions 1989), dans le renfoncement de la rue de la Loge face à la place Jean Jaurès, se situait l'église Notre Dame des Tables dont il ne reste plus que la crypte. L'église, si importante pour la vie du clapas, fut démolie en 1652 et, sur son emplacement devenu "place des Etats du Languedoc", s'éleva la troisième fontaine, "la fontaine aux licornes" ou "des chevaux marins" (sic).

Bien. Mais le marquis ? Cet homme d'épée entra dans l'armée à 13 ans. Il apprend son métier dans un régiment prestigieux, régiment du "Roi Infanterie". Il est lieutenant en 1742. Et lorsqu'éclate la guerre de 7 ans en 1756, il se guerroie aux Caraïbes, en Allemagne. Le marquis échappe à l'opprobre du désastre de Rossbach (1757). Car les puissances européennes s'affrontent en Allemagne. Face à une puissance prussienne menaçante (celle de Frédéric II) soutenue par l'Angleterre, sont liguées la Russie, l'Autriche et la France. En 1760, les anglo-prussiens visent le contrôle de la province de Hesse. Leur généralissime, Ferdinand de Brunswick, prend Kassel, Göttingen en bousculant les forces du maréchal de Broglie. Or, le 16 octobre 1760, à Klosterkamp (au nord de Düsseldorf), il se heurte aux 16 000 Français du "jeune marquis de Castries" (Voltaire, Précis du règne de Louis XV). Et Brunswick recule. L'exploit du marquis de Castries sera immortalisé par un bas relief évoquant ce combat et sculpté sur le socle de la "fontaine des licornes". On peut penser que fut alors ajouté le "putto" arborant une couronne de lauriers. Curieusement, l'inscription n'évoque pas le marquis de Castries.

Il était pourtant gouverneur de Montpellier et de Cette, baron des Etats du Languedoc, maréchal de camp (officier général). Menait-il une existence trop parisienne ? Et la fontaine, aux chimères (issues d'un monde idéal) ? Il faudra plus de place pour donner suite à l'histoire...

Hervé Le Blanche

Nouvelle expo à Lattes "collection de torques"

 

Explorée depuis le XIXe siècle, la craie champenoise a livré un nombre considérable de nécropoles généreuses en objets qui ont aidé les générations successives d’archéologues à forger des références partagées pour construire et reconstruire l’image des Gaulois.
D’abord convoités pour leurs qualités antiques et esthétiques, les torques, ces colliers rigides caractéristiques, faits de bronze ou d’or, mis au jour en Champagne sont rapidement considérés comme des indices incontournables pour concevoir la chronologie de l’âge du Fer européen.

« Torques et compagnie. Cent ans d’archéologie des Gaulois dans les collections du musée d’Épernay », c'est le thème de la nouvelle exposition de Lattara au Musée Henri Prades de Lattes qui sera présentée jusqu'au 2 septembre 2019.

Une riche collection de 350 objets retraçant 100 ans d’archéologie des Gaulois en Champagne...

» Echos/Lattes