Muscats

Une personnalité éminente de la viticulture reçue aux 15èmes Muscats du Monde

Henri-Laurent Arnould, Pierre Galet et Michel Salade gauche à droite : Henri-Laurent Arnould, Pierre Galet et Michel Sala

 

Pierre Galet

Né en 1921 à Monaco, il  est le père de l’ampélographie moderne (étude des cépages). Nommé en Janvier 1944 à la protection des végétaux (bois et plants de vigne), il devient chef de travaux à l’Ecole Nationale d’Agronomie de Montpellier. Il y enseigne l’ampélographie, le greffage, la pathologie de la vigne jusqu’en 1987.
Traduit et publié dans le monde entier, il continue de donner des conférences et de participer à des colloques

Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes
(Edts Libre 1 Solidaire)

Première édition en 2000, épuisée

Réactualisée et augmentée aujourd’hui. Les Edts Libre et Solidaire rendent hommage à "un travail unique et monumental ".

Un regret : qu’il ait fallu faire appel à une levée de fonds (par FundoVino) pour en assurer la publication. 1200 p, 3 000 photos, 100 € (98 € chez Amazon)

   

Pierre Galet a consacré sa vie à reconnaître, répertorier, classifier les cépages, tous les cépages. Auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont un « Précis d’ampélographie pratique » paru en 1952, il s’impose comme la référence mondiale en la matière.

A l’occasion de la réédition de son « Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes » (Edts Libre & Solidaire), il était l’invité, jeudi 2 juillet, au Centre culturel François-Villon, de Henri-Laurent Arnould et de Michel Sala, représentant la ville de Frontignan, co - organisateurs de la 15e confrontation des Muscats du Monde. Pour se repérer dans la jungle des cépages, ce Dictionnaire savant en livre la description, le tracé, les aptitudes, la répartition, et les synonymes selon les pays ou les régions. Réticent à l’arrivée des décodages génétiques, il prône l’observation, la reconnaissance visuelle, pratique, sur le terrain.

Dans un passage en revue haut en couleurs, Pierre Galet évoque, par un jeu de questions/réponses, les quelques 10 000 cépages qu’il a identifiés dans le monde entier, cultivés ou non. Il nous entraîne en Chine, avec des vignes porteuses d’épines ou de poils, en Afrique, avec des vignes tubéreuses ou baobab, de plus de deux mètres de haut, au Brésil, où, « intelligents », les plants se bouturent eux-mêmes. Toutes ces observations feront l’objet de son prochain ouvrage de botanique. Il précise, pour la France, qu’après le phylloxéra dans les années 1880 et jusque dans les années 1960, date de leur interdiction, 1/3 des cépages étaient des hybrides (croisements) produits sur 400 000 ha.

A la demande d’HL Arnould, il comptabilise les trois grands cépages muscats dans le monde : le muscat blanc, dit  de Frontignan, à petits grains, aux origines grecques, le muscat d’Alexandrie, à gros grains et aux usages multiples (raisin de table, sec, vin, alcool) et le Muscat de Hambourg (raisin de table). Pourquoi un « Muscat de  Frontignan » ? Chaque région s’approprie un cépage, quand il donne du bon vin ! Il est certain que le petits grains tient de ses composés chimiques de plus grandes qualités aromatiques.

Une question sur le tokay plonge dans l’histoire européenne. Importé par les officiers de Napoléon Ier, vainqueur de l’empire austro-hongrois, le cépage s’installe dans la région du Languedoc (Costières, Capestang) et y révèle une belle adaptation. Pierre Galet entraine ensuite l’auditoire dans le Caucase, berceau du vin, évoque les 600 cépages géorgiens, les vignes turques, le premier vin vinifié, arménien, dont on ignore l’origine mais dont le tokay serait le descendant.

Interrogé sur la disparition de cépages locaux dans la mondialisation, Pierre Galet note avec humour que les cépages français y sont très présents (Amérique du Nord, du Sud, Chine, Australie) … parce qu’ils sont bons. La question essentielle à se poser n’est pas de savoir si l’on peut faire du bon vin, mais ce que l’on veut faire du vin : de la qualité, comme sur les coteaux de Californie, des rendements, un moindre coût. Quel avenir pour les hybrides gros producteurs dont certains souhaitent le retour ? Il ne croit pas que ces vins, dont on a changé la nature, de qualité ordinaire, à bas prix, soient une solution économique. Pour conclure sur une dimension religieuse, à la demande de Michel Sala sur quel vin a bu le Christ, Pierre Galet s’excuse: les Juifs, tout comme les Romains, n’ont pas décrit les cépages, qu’ils considéraient trop variables !

En guise de conclusion, il lance à son auditoire : « si vous avez des insomnies, lisez quelques lignes de mon livre », ce que le public de connaisseurs s’empresse de faire. Une séance de dédicaces conclut ce brillant survol d’une ampélographie vivante, par un scientifique de terrain, incarnation vivante de ce patrimoine viticole qu’il nomme, éclaire, illumine de sa malice.

Florence Monferran

Succès des assises de l’œnotourisme et du terroir

L'édition 2015 des assises de l’œnotourisme se tenait cette année à l’abbaye de Valmagne.
Ces rencontres ont réuni plus de 120 professionnels qui se sont mobilisés pour participer aux tables rondes et aux échanges, autour d’une problématique commune : le Pays de Thau.
Vignerons, conchyliculteurs, restaurateurs, hébergeurs, agences réceptives, guides touristiques et représentants des structures de tourisme et de loisirs ont ainsi fait un bilan des actions menées en 2014 (Montmartre…) avant de lancer des pistes pour développer l’attractivité du territoire.

L'image du vin en France : le vin, un plaisir raisonnable

Chaque année le baromètre IFOP/Vin & Société réalise un sondage qui mesure la perception qu'ont les Français de leur trésor national. La dernière enquête publiée (2014) incite à l'optimisme comme l'illustre la vidéo ci-dessous. Espérons que le sondage de cette année confirme cette image positive.