Deuxième Edition des Héritières de Bacchus à Claret

Les Héritières de Bacchus, salon viticole original dédié aux vigneronnes, a vu le jour en 2015. Unique dans la région, il accueille des productrices de toute la France. La 2e édition le 13 mars à Claret, dans la foulée de la Journée internationale de la femme, conserve son concept de mettre en lumière leur travail et leurs cuvées. Au pied du Pic Saint Loup, des paysages et des vignobles de référence serviront d’écrin à l’accueil de ces dignes descendantes du dieu du vin.
Président de l’association organisatrice, Laurent Lafont ne ménage pas sa peine pour la pleine réussite de l’événement. « Nous avons renouvelé à 75% les exposantes, les grandes régions de la Bourgogne et du Bordelais nous rejoignent cette année. Nous remercions également les fidèles de la première heure ». Il souhaite donner une plus grande ampleur à l’événement dans les prochaines années et fourmille de projets en ce sens. Mairie de Claret et Communauté du grand Pic saint loup ainsi que des partenaires viticoles soutiennent la manifestation, relayée toute la semaine par France Bleu Hérault.

Au programme : Dégustations sur les stands de 11 h à 19h
Droit d’entrée : 5 € le verre sérigraphié
Bar à vins et restauration sur place avec le Traiteur d’Amélie
Christine Dardé, œnologue, animera deux ateliers (matin et après-midi) sur « les us et coutumes de la dégustation»
Didier Page, photographe, présentera ses clichés de vigneronnes et œnologues dans leurs vies quotidiennes, à la maison du Parc

Contact : Laurent LAFONT, Président des "Héritières de Bacchus"
06 19 88 11 46 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Place du IIIème Millénaire au centre du village de Claret.
Repli prévu en salle au cas où la météo ne serait pas sereine.
http://lesheritieresdebacchus.fr/

 

Les raisins de la colère

un vin chilien choisi comme vin officiel du tour de France

Afficher l'image d'origineLes coureurs du tour de France ne carburent pas au gros rouge et l'eau minérale est toujours leur breuvage préféré tout au long de la Grande Boucle. Mais il existe un "vin officiel" du Tour, c'est le le vin présenté lors des Grands Départs et étapes du Tour de France se déroulant l’étranger, où la Loi Evin ne s’applique pas, en Suisse et en Espagne par exemple.
Cette année le « vin officiel » sélectionné par ASO (Amaury Sport Organisation), l’organisateur du Tour de France, est... chilien et c’est le groupe Cono Sur qui a été retenu pour installer son véhicule promotionnel dans la caravane publicitaire du Tour de France, avec sa cuvée « Bicicleta ».
"Le Tour de France est une vitrine du patrimoine culturel, économique et social. Je trouve ça incroyable qu'il soit représenté par un vin étranger lors des étapes hors de nos frontières", regrette Frédéric Rouanet, président du syndicat départemental des vignerons de l'Aude, interrogé par Le Figaro.
Les vignerons sont prêt à entrer en guerre contre cette décision et menacent déjà de bloquer la route du tour. Carole Delga, la présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, a adressé un courrier au président du Tour, Christian Prudhomme, pour déplorer ce choix. Par ailleurs huit députés de l'Hérault viennent également de signer un courrier adressé à Stéphane Le Foll pour lui demander d'intervenir : cliquez ici pour lire la lettre.

Vinisud 2016, Ode à la Méditerranée

Vinisud, salon des vins de la Méditerranée a refermé ses portes sur une fréquentation stable. De vins, de terroirs, de cépages, il n’a été question que de cela pendant trois jours à Montpellier. Des grands stands des interprofessions aux plus petits, des plus sophistiqués aux plus simples, le vin a jailli dans toutes ses dimensions, dans tous ses métiers.
Des vins à profusion, avec 26 000 références disponibles à la dégustation, des vins du Languedoc-Roussillon très présents, qui racontent le Sud, avec leurs AOP, ancrées depuis trente ans dans leur terroir et leur histoire, avec leurs IGP, à l’instar des Pays d’Oc qui parlent cépages en 56 variétés. La référence au terroir, omniprésente, court à travers les couloirs du salon, dans les noms, tels Vignerons et patrimoine, les cuvées, comme « Les galets dorés » du domaine de Nizas, sur les bouteilles armoriées de la Compagnie Rhodanienne, dans les cépages honorés au cours des dégustations, à l’image des meilleurs grenaches du monde.
Ressurgis de leurs terroirs, les cépages anciens ont tenu le haut du pavé. Le succès des nombreuses conférences consacrées aux cépages  autochtones, oubliés en atteste. Un espace entier, « Expression méditerranéenne », a rassemblé vins et vignerons sous l’égide de Wine Mosaïc. La jeune association  a fait de la protection d’un patrimoine végétal et historique l’enjeu du maintien de la « vinodiversité » qu’elle défend. Vingt cépages rares ont ainsi été recensés en Languedoc-Roussillon, prêts à revivre.
Ces terroirs vivants (nom choisi par un négoce montpelliérain), Vinisud a invité à les parcourir dans leur multitude. C’est d’ailleurs un itinéraire culturel, Iter Vitis, les chemins de la vigne, qui a reçu le prix de l’ « Oenotouriste de l’année». « Prix gratifiant pour tous les membres de l’association qui font connaître les paysages culturels, historiques mais aussi scientifiques de la vigne et du vin », souligne sa représentante, Viviane Coursières. 
De la balade proposée directement  depuis le salon par le Clos Bagatelle pour rejoindre les terroirs de St Chinian, jusqu’à l’organisation Sud de France, qui présente des circuits « à la carte » ou des suggestions de son Club Oenotourisme, ces chemins variés incitent à la découverte des plus beaux vignobles et domaines. L’accent est mis sur l’innovation, par le numérique, la diversification des offres, le développement des hébergements, la gastronomie… André Deyrieux, créateur de Winetourism in France, définit le mouvement comme « un tourisme culturel qui se déguste sur un territoire  (…) Le vin est une clé pour ouvrir ce territoire, une énorme encyclopédie. Chaque fois qu’on tourne une page, on découvre quelque chose ».
Cette invitation n’est possible que par la qualité des vins. Tout nous ramène à eux, y compris lorsqu’on emprunte des chemins de traverse, qui mènent les pas sur le salon Demeter de la biodynamie, à Palavas , chez les Outsiders, vignerons étrangers installés en Languedoc, ou chez les Vinifilles un soir de Saint Valentin … aux chandelles, à la Gazette Café. Dans une ambiance feutrée et chaude, nourrie de monde, de musique, et derrière les sourires et les grands éclats de rire, perce le travail, tout le travail de ces vigneronnes,  pour mener à une qualité, dégustée dans un instant privilégié. Cette qualité affichée, démontrée reconnue, des vins du Languedoc-Roussillon et du sud de la France, Vinisud l’a célébrée , dans une ode à la diversité, une ode à la Méditerranée, à ce pourtour de  mare nostrum, notre mer, mère de la diffusion de la viticulture. 

Florence Monferran

Quelques sites à parcourir :

 
Stand IGP Pays d'Oc                                                                       Stand "Les beaux nez rouges">

 

 
Stand Wine Mosaïc                                                                         Intervention Laurent Audeguin sur les cépages anciens du Languedoc

 
André Deyrieux et Viviane Coursières

©photos : Alain Reynaud, photographe officiel de Vinisud

Marie Ferré à Vinisud

C’est en 1970 que Léo Ferré s’installe, avec son épouse Marie-Christine, en Italie, entre Sienne et Florence, à Castelina in Chianti. C’est dans ce paysage de collines hérissées de pins, parmi les rangées de vignes et d’oliviers qu’il se  posera pour amorcer une nouvelle tranche de vie. «Je ne sais pas d’où je viens mais je sais que je suis là à reverdir dans cette campagne toscane" (Et basta...). Pendant qu’il compose et écrit quelques unes de ses plus belles musiques, poèmes et chansons, Marie-Christine bichonne ses quelques hectares de vignes. Léo Ferré s’en est allé un quatorze juillet, en 1993, Marie-Christine, toujours installée dans les collines toscanes, est aujourd’hui aidée par ses enfants dans l’exploitation. Elle est présente au salon Vinisud pour nous proposer, toujours sous l’emblème du hibou signé Picasso, toute la gamme de Chianti classico, chargés de fruits et d’épices, aux noms aussi mélodieux qu’un langoureux cantilène : Poggio ai Mori, Fumino, I Campacci, Eretico, Barbagianni, Musico, Diaccio, Lunatico. Elle produit également une savoureuse huile d’olive et le fils Mathieu s’est lancé dans la fabrication de bières fort appréciées.

M. P.

Chronique de Vinisud

Inaguration du salon par Carole Delga

C’est par des propos dynamiques et rassurants sur la nouvelle grande région LRMP que Carole Delga, sa présidente, a inauguré le salon Vinisud 2016. Après avoir rappelé que le vignoble méditerranéen est le premier producteur et exportateur de vins en volumes et en valeur, que « la vigne a façonné nos paysages et nos économies » elle a dressé les lignes forces d’une action régionale pour la filière viticole, 3e secteur d’exportation française.
La région va continuer à investir auprès des professionnels pour la bataille de la qualité, avec Sud de France marque phare pour la notoriété à l’international, pour développer l’oenotourisme, ici, dans l’Hérault avec Kléber Mesquida. En termes économiques, la viticulture peut être un pourvoyeur d'emplois pour les jeunes, de l’amont jusqu’à l’aval. Elle soutient ainsi le projet d'école nationale de la sommellerie. Au travail dès aujourd’hui avec les responsables de la filière pour coordonner les marques Sud de France et vins du Sud-Ouest, pour innover, elle annonce des mesures pour une irrigation raisonnée, et pour débattre sur la question foncière. Elle sera "attentive et volontaire pour aider les vins". Carole Delga salue la réussite du salon Vinisud, et souhaite que cette édition soit « commerciale et conviviale »
Fabrice Rieu, président de Vinisud, rappelle dans son discours ce que le salon doit à ses prédécesseurs, aux différents présidents de la région LR, aux acteurs de la filière, tous « fous de leur territoire et de leur terroir, qui prétendaient tutoyer les plus grands ». Et de citer Jean-Claude Gayssot : « nous n’avons désormais aucune raison d’avoir peur ». Il a rendu ensuite différents hommages, aux oenologues qui ont forgé le Palais Méditerranéen (2500 références en libre service), à la femme, dans tous les métiers et places qu’elle occupe dans la filière viticole. Il invite à « grandir ensemble en gardant taille humaine ».
Fabrice Rieu a bien voulu souligner pour Montpellier-Info « l’expansion exceptionnelle de Vinisud. Nous avons ouvert notre offre à d’autres régions que la Méditerranée (Bordeaux) et nous lançons l’expérience de devenir annuel. Il y aura une édition en 2017, et une en 2018, c’est acté ».

Florence Monferran

 

Vinisud : les vins méditerranéens tiennent salon à Montpellier

La 12e édition de Vinisud, carrefour des vins de la Méditerranée, se tiendra du 15 au 17 février au Parc des expositions à Montpellier. Le salon, présidé par Fabrice Rieu, se présente comme la vitrine du premier vignoble mondial (plus de 53 % de la production et 63 % des échanges à lui seul).

 
Fabrice Rieu
Fabrice Rieu au micro

Elodie Le Drean
Elodie Le Drean (Sud de France développement)

Jacques Gravegeal
Jacques Gravegeal
Président du Syndicat des Producteurs de vins de pays d'OC

   

 

Espace de transactions à destination des acheteurs professionnels de tous les continents, de l’importateur au caviste, des restaurants à la grande distribution, Vinisud a pour objectif « d’ouvrir la Méditerranée aux nouveaux marchés du vin, (…) de tout mettre en œuvre pour attirer les acheteurs et poursuivre la dynamique export des vins méditerranéens ».

32 000 visiteurs sont attendus, dont 9 600 internationaux. 1 700 exposants leur feront découvrir et déguster plus de 26 000 références de vins dans leur grande diversité, du Sud de la France et de l’ensemble du pourtour méditerranéen, du Portugal au Proche-Orient, des Balkans au Maghreb.

Le salon fournit également l’occasion pour les vignerons et négociants de dévoiler des nouveautés, de lancer des initiatives marketing. De nouvelles tendances s’y dessinent, comme le boum sur la consommation des effervescents ou le poids du rosé, symbole de la culture méditerranéenne.

Le salon fait aussi la part belle à l’œnotourisme

Au lendemain de l’ouverture du portail français Visit french wine par le gouvernement (Visitfrenchwine.com). Sud de France Développement y lancera les premières routes œnotouristiques dans la région (www.destinationsuddefrance.com).
Un espace sera dédié à la richesse du patrimoine viticole, culturel, culinaire de la Méditerranée, avec une nouvelle sélection de cépages rares présentée par Wine Mosaïc, une exposition du photographe régional Claude Cruells. Un éventail d'animations, conférences, et autres expositions de livres, peintures appuyera l’ensemble de ces thématiques.

Les AOP et IGP du Languedoc, représentant 350 entreprises de la filière, arrivent en force à Vinisud.

Pays d’Oc IGP, avec ses 6 millions d’hl mis en bouteille sous la bannière aisément reconnaissable du cépage, se présente comme le leader français en la matière. Le Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc lance quant à lui une campagne de sensibilisation des professionnels, afin de mettre en lumière la qualité du millésime, né sur des terroirs variés. Vinisud permet en effet aux acheteurs de découvrir en avant-première les nouveaux crus. Entre Millésime Bio, à Montpellier, et ProWein à Dusseldorf, Vinisud se positionne à un moment-clé de la période des achats et souhaite devenir annuel.

Loin d’une actualité brûlante, le salon propose de poser notre regard sur la Méditerranée, creuset d’une viticulture, qui a servi de ciment commun à tous ses pourtours.

Florence Monferran

 

 

Le vignoble méditerranéen
1er producteur et 1er exportateur mondial en volume et en valeur

Les vins méridionaux, nouvelle puissance économique
+59% en valeur à l’export des vins méridionaux en 5 ans

Le rosé symbole de la culture méditerranéenne
76% des échanges mondiaux de rosé sont réalisés par les vignobles méditerranéens

Le boom des effervescents
+30% d’augmentation de la consommation mondiale de vins effervescents entre 2003 et 2013

Palmarès de Challenge Bio

Photo : Sudvinbio

Le concours attaché au salon Millésime Bio de Sudvinbio organisé pour la première fois en partenariat avec la section régionale de l'Union des Oenologues de France, présidé par l'oenologue suédois Lars Torstenson, a décerné 419 médailles. Le Languedoc-Roussillon récolte 47 médailles d'Or, dont 21 dans le seul département de l'Hérault.

Pour le Bassin de Thau: Château Stony (Frontignan), Ametièr, Pays d'Oc IGP muscat à petits grains 2014, Paul Mas (Montagnac), Cuvée secrète, Pays d'Oc IGP rouge 2014, Cave de l'Ormarine (Pinet), Simplement Ormarine, Pays d'oc IGP rosé 2015, Domaine de Roquemale (Villeveyrac), Male, Languedoc Grès de Montpellier AOP rouge 2013

Pour le grand Montpellier: Domaine St Jean de l'Arbousier (Castries), Gourmandise, Languedoc AOP rosé 2015, Domaine de la Triballe (Guzargues), La capitelle, Languedoc Grès de Montpellier AOP rouge 2014, et Aphylianthe, Languedoc AOP Blanc 2014, Château Cazeneuve (Lauret), Les Calcaires, Languedoc Pic-saint-Loup AOP rouge 2014, Terroirs vivants (Montpellier), Réserve naturelle, Pays d'Oc IGP rosé 2015, Le Clos d'Isidore (Murviel-lès-Montpellier), Dolia Pays d'Hérault IGP rouge 2014, Mas de Figuier (Vacquières), Cabernet, Pays d'Oc IGP rouge 2014, Vins Folle Avoine (Vendargues), Cantarille, Pays d'Oc IGP rouge 2014

Et dans le reste de l'Hérault: Domaine de l'ancienne Mercerie (Autignac), Les petites mains rouges, Faugères AOP rouge 2013, Mas Onésime (Cabrerolles), Le sillon rouge, Faugères AOP rouge 2013, Domaine de Valambelle (Laurens), Florentin Abbal Faugères AOP rouge 2011; Domaine des Jougla (Prades-sur-Vernazobre) Sarremale, Saint-Chinian AOP rouge 2013, Mas de Cynanque (Cruzy), Althéa, Saint-Chinian AOP Blanc 2013; Domaine de Virgile Joly (Saint-Saturnin-de-Lucian), Virgile, Languedoc Saint-Saturnin AOP rouge 2010; Domaine de la réserve d'O (Arboras), Alliance, Languedoc AOP Blanc 2014; Vignobles jeanjean (Saint-Félix-de-Lodez), Senteur nature, Pays d'Oc IGP rosé 2015; Mas Gabriel (Caux) Clos des papillons, Pays d'Oc IGP blanc 2014

Ce palmarès reflète la diversité actuelle de la culture en vins biologiques, mesurée au gré des rencontres sur le salon. Y figurent des négociants, comme Paul Mas et sa Cuvée secrète, ou Terroirs vivants à Montpellier. Mais les Domaines sont principalement familiaux, installés depuis plusieurs générations (Mas de Figuier, Folle Avoine, Domaine de la Triballe, Château Stony...), ou créés directement en bio (Domaine de la Réserve d'O, Clos d'Isidore par ex). Quel impact de ces médailles pour les vignerons? Récompense bien entendu du travail accompli, la médaille d'or amène sur les stands des acheteurs qui découvrent l'ensemble de la gamme, notent Edith Bez (Clos d'Isidore) ou Gilles Pagès (Mas de Figuier). Les médailles sonnent comme une confirmation, quand elle récompensent, deux années d'affilée, la même cuvée. C'est le cas pour Valérie Ibanez, au Domaine de Roquemale, ou Marie et Frédéric Chauffray au Domaine de la Réserve d'O. "La médaille donne une crédibilité, mais les cavistes et les restaurateurs ont envie d'avoir leur propre jugement" relativise Frédéric, étonné de voir récompensés "des vins de terroirs, très typés, en biodynamie".
Ce sont également des démarches pour limiter l'impact sur l'environnement et développer la biodiversité qui sont mises en lumière. Ainsi Guillaume Daumond (Folle Avoine) voit le retour de mésanges bleues sur son Domaine, Nicolas Viguier (Domaine de Saint Jean de l'Arbousier) celui de faucons et petit ducs, lui qui recycle ses coffrets en bois ... en nichoirs.

Florence Monferran

Le vin biologique, une culture de plus en plus partagée

L'édition 2016 de Millésime Bio a fermé ses portes sur une belle fréquentation. Coup de projecteur sur la production mondiale de vins biologiques, l'événement a consacré l'ancrage bio de la région Languedoc-Roussillon élargie à Midi-Pyrénées (24 000 ha, 1 million d'hl), et la qualité des vins présents, expression d'un travail maîtrisé à la vigne comme en cave. Pour Jean-Philippe Granier, Directeur des AOP Languedoc, "la pratique biologique a été un des fers de lance du renouveau du Languedoc". Cendrine Vimont, chargée de la communication de Sudvinbio, organisateur du salon, le confirme. La pluie de médailles décernées à la région (dont 21 médailles d'or pour le seul département de l'Hérault) "reflète ce renouveau qualitatif depuis une vigntaine d'années". C'est d'ailleurs l'association régionale qui continue de porter un salon devenu international.

Les stands ont conservé leur taille et leur philosophie des origines, en 1993: deux mètres sur un pour tout le monde.
Le souci du terroir et du patrimoine ressort des échanges avec les vignerons, facilités par ce contact direct: cailloux, fossiles, et même des vestiges romains extraits des vignes tapissent les tables. Le souci de la terre y est constant, au-delà de la seule pratique viticole labellisée en vin biologique. Des démarches Déméter, label en biodynamie, des vins sans sulfites ajoutés ... les vignerons bios continuent de creuser de nouvelles pratiques.



Vin en biodynamie Déméter
Médaille d'Or

Vin sans sulfites
Médaille d'Or
 

Car s'ils ont été taxés de passéistes, par leur retour à des méthodes anciennes, comme le labour à cheval, l'observation du cycle lunaire ou des vents, ces hommes et ces femmes font figure aujourd'hui de novateurs. Leurs démarches visant à limiter l'impact de leur activité sur l'environnement (économie d'eau, stations d'épure, usage limité de la mécanique ou de l'électricité, jusqu'à la bouteille ou le bouchon recyclable) élargies à l'attention sur la biodiversité, le vivant qui les entoure (plantation de haies, enherbement, utilisation des insectes et des animaux) inspirent les chercheurs. Dans le sillage de Millésime Bio, qui accueille toutes les pratiques à condition d'être certifié vin biologique, ont foisonné encore cette année salons, rencontres, échanges, valorisant cette viticulture, labellisée ou non. La pratique biologique innove sans cesse, et la profession se place dans la prospective avec une étude lancée depuis six mois. Francevinbio, en partenariat avec SupAgro et France Agrimer, porte un projet de recherche et développement "sur une vision stratégique de la viticulture bio du futur, avec différents paramètres, des cycles de consultation". Cendrine Vimont n'en dira pas plus, les résultats seront connus en 2017, au prochain Millésime Bio. A la possibilité d'un scénario Toutes vignes bio en France en 2040 ou 2050, élaboré par l'INRA dans la lutte contre les changements climatiques, elle répond que "techniquement, c'est possible. Les vignerons bios sont très pointus, anticipent les problèmes par habitude de faire de la prophylaxie." Leur expérience peut servir à tous. La culture du bio, pratique culturale et culturelle, est prête à relever les défis.

Les choix des manifestations off

Petit tour dans le vivier de manifestations qui proposent de nouvelles alternatives en culture biologique, tout en souhaitant garder l'esprit qui a présidé à la création d'une culture autour du bio: une relation humaine privilégiée (pas plus d'une cinquantaine d'exposants), une ambiance propice au partage, un peu éloignée de l'extension fulgurante que doit gérer Millésime Bio, avec ses trois halls d'exposition, ses 900 exposants venus de 15 pays.
Laetitia Laure, ancienne communicante parisienne reconvertie sommelière, organisatrice du salon de vins nature "Les Affranchis" au Château de Flaujergues, "sélectionne les vignerons sans posture, sur le seul critère de qualité". Depuis quatre ans, elle observe "le décollage des vins nature, qui deviennent un argument de vente"


I. Villemade, A. Mosse et L. Laure

"De chemins en pistes", Véronique Attard, artiste--peintre devenue vigneronne à Cabrières, a accueilli dans les salons de l'Aéroport Hotel à Fréjorgues, "sans obligation de label, mais dans le respect de la terre" des vignerons certifiés, en conversion, Déméter. Tous partagent des conseils, leurs repas, leurs fichiers, s'entraident et ouvrent leur table le soir aux visiteurs. La relation vigneron / acheteur est privilégiée, dans une ambiance à la fois décontractée et passionnée de vin, de terroirs, d'amitié.


V. Attard

Florence Monferran

Pour se retrouver parmi les vins biologiques

Vendange en vignoble bio. ph: Sudvinbio

Le consommateur doit se frayer un chemin au milieu des labels, normes et expressions propres aux vins biologiques, qui dessinent la famille d'une viticulture propre en trois grands traits.


Les vins biologiques
Pour obtenir le label, il est obligatoire d'être certifié par un organisme agréé, après trois campagnes de conversion de son vignoble. Le vin peut alors revendiquer la mention vin biologique sur l'étiquette.
Vins de raisins issus de l'agriculture biologique jusqu'en 2012, c'est-à-dire cultivés sans produits chimiques de synthèses (pesticides, désherbants, engrais) ni OGM, protégeant le vignoble par des procédés ou produits naturels (sélection des plants, prédateurs naturels contres les insectes)
Vins biologiques depuis la charte européenne qui remplace le label AB par l'eurofeuille, et étend la réglementation à la vinification. Raisin, sucre (en cas de chaptalisation), alcool pour les mutages, moûts concentrés doivent être 100 % bios, les produits oenologiques et levures également. Les teneurs maximales en SO2, antioxydant et antiseptique, sont limitées par rapport à la viticulture conventionnelle pour réduire l'ajout de sulfites dans le vin. Certains intrants (additifs) sont interdits, comme l'acide malique, ainsi que des procédés comme la flash-pasteurisation ou la cryo-extraction. "La certification vin biologique est une sécurité pour le consommateur. Tous les producteurs sont soumis aux mêmes règles, à la vigne et au chai. En cas de manquement au cahier des charges, ils doivent recommencer toute la certification à zéro" explique Cendrine Vimont, chargée de communication à Sudvinbio. Plus de 150 contrôles ont été effectués sur les vins présentés au salon Millésime Bio, afin de vérifier le bon suivi du label, garantie pour les acheteurs et les futurs consommateurs.

Les vins en biodynamie
Le vigneron peut choisir d'aller plus loin dans sa démarche, avec le label Déméter, dont le cahier des charges plus strict , dans les dosages de SO2 par exemple, et des pratiques soucieuses de la terre et du vivant garantissent des vins en biodynamie. En favorisant une plus grande biodiversité des sols et en renforçant la santé des plantes, la biodynamie se définit comme une agriculture durable. Elle travaille dans le respect des cycles naturels, des rythmes lunaires et planétaires, fertilise et traite la terre par des compostages, infusions, décoctions naturelles, refuse la mécanisation des tâches. Le vigneron peut aussi choisir de ne pas labelliser sa démarche en biodynamie.

Les vins naturels
Poussant dans ses limites la démarche, il peut choisir de produire un vin naturel, pour lequel il n'existe aucun cahier des charges ou label officiel. Après une démarche propre à la vigne, le vigneron n'ajoute aucun intrant, même des levures. L'association des Vins Naturels autorise les sulfites ajoutés dans des doses minimales, si possible en soufre naturel, produit par les volcans.Labellisés ou pas, entre sécurité et liberté de création, c'est ensuite au consommateur de faire son choix.

Florence Monferran

Dosages de sulfites ajoutés selon la catégorie de vin

Source: Sudvinbio

Promotion des vins héraultais en Chine

 16 communes métropolitaines de l'Hérault impliquées dans la mission Chine pour booster les ventes de vin de la métropole de Montpellier en Chine

La Chine est devenue en 2015 le 3ème consommateur de vin dans le monde. Les vins français sont les premiers vins étrangers consommés. Depuis deux ans et la baisse des exportations de Bordeaux, les vins du Languedoc-Roussillon ont connu la plus forte croissance sur le marché chinois avec + 30% par an pour les AOP.

Montpellier Méditerranée Métropole conduit une stratégie d’internationalisation reconnue sur le plan économique depuis plusieurs années. Parmi son réseau de partenaires, le territoire montpelliérain entretient avec la Chine des relations riches et fructueuses avec notamment un jumelage avec la ville de Chengdu depuis 1981. Ainsi, en 2016, la Métropole de Montpellier souhaite consolider ses relations avec la Chine et poursuivre son engagement pour la promotion des vins grâce à l’attribution d’une subvention pour la « filière viticole export » à hauteur de 40 000 €. 

Chengdu, une ville partenaire

Le partenaire principal de la Métropole à Chengdu est l’organisme European–Union Project innovation Centre (EUPIC), programme bilatéral crée en 2006 afin de permettre et de favoriser le développement économique entre les Etats Membres partenaires et les provinces centrales chinoises.  Depuis 2011, les partenaires de Chengdu se sont engagés aux côtés de la Métropole dans un nouvel axe de développement économique dédié à la filière vin.

Les axes majeurs du programme mis en place avec l’EUPIC

Les actions réalisées dans le cadre de la mise en place d’une plateforme de promotion des vins du territoire à  Chengdu et dans neuf provinces chinoises ont été :

- Des actions médiatiques au niveau national et local,
- Des opérations de dégustations ciblées,
- Des participations à des salons dédiés,
- Une formation viticole et aux aspects culturels et historiques.

Grâce à la subvention attribuée pour la filière viticole, ces actions pourront être poursuivies en 2016.

Un bilan très positif

Les projets qui ont été mis en place en Chine ont été particulièrement fructueux. Le bilan est aujourd’hui très positif. En effet, a été comptabilisé depuis 2013 :

- 1 million d’euros de chiffre d’affaires réalisé,
- plus de 900 contacts professionnels établis lors des salons,
- 17 communes de la Métropole impliquées indirectement par leurs vignerons (Montpellier, Saint-Geniès-des-Mourgues, Sussargues, Saint Georges d’Orques, Castries, Saint-Drézéry, Murviel-lès-Montpellier, Villeneuve-lès-Maguelone, Cournonterral, Fabrègues, Juvignac, Lavérune, Montferrier, Pérols, Pignan, Saint Jean de Védas, Vendargues),
- 23 producteurs sur 52 font partie de l’opération,
- 19 producteurs, dans le cadre de l’action, ont déjà vendu du vin en Chine,
- 15 producteurs ont été accompagnés en Chine dans le cadre de 10 missions,
- 10 producteurs ont réalisé un chiffre d’affaires compris entre 50 et 150 k€.

Sans oublier, les nombreux articles de presse dans les médias nationaux chinois (par exemple « China Daily » tirage à 5,2 millions d’exemplaires) et les participations à des galas de bienfaisance ou encore les dégustations ciblées pour plusieurs importateurs chinois à Beijing, Canton, Shenzhen, Shanghai, Qingdao.

Montpellier à l'heure bio


Du 25 au 27 janvier, le salon Millésime Bio, organisé par Sudvinbio, parera le vin et la ville de vert. Réservé aux vignerons certifiés bios, il réunira au Parc des expositions 900 producteurs de 15 pays de l'hémisphère nord comme sud. Le Languedoc-Roussillon, première région bio de France, sera très largement représenté avec 233 exposants, dont une cinquantaine venue du grand Montpellier et du Bassin de Thau. Conférences, dégustations des meilleures cuvées avec Sud de France, rencontres, feront un tour d'horizon de la qualité des vins, des techniques menées à la vigne et en vinification, les réglementations et marchés ouverts à la culture biologique.

Une kyrielle de manifestations s'agrège dès dimanche 24 janvier au salon officiel, dans et autour de Montpellier. Le vin de mes amis à Castelnau-le-Lez, les Affranchis à Flaujergues, les Vignerons de l'irréel et les Outsiders à Montpellier, De chemins en pistes à Fréjorgues, Biotop wines à Palavas, une Battle carignan-grenache salle Pétrarque proposeront des dégustations, des assiettes toutes simples ou des dîners, des animations musicales ou des soirées concert. "Ca va guincher!" promettent les vignerons.
Autour du vin bio, c'est toute une culture du partage qui s'installe pour quatre jours aux couleurs du bon, du naturel et de la fête.

Florence Monferran

 

Consommation

Une étude commandée en 2015 à l'institut de sondages Ipsos à l'échelle européenne révèle que la consommation de vins bios n'est plus anecdotique, dans un contexte général favorable. 35 % des européens boivent du vin bio.

Ils sont 51 % en Suède, 35,8% en France. La consommation est plus jeune que la moyenne (23 % ont moins de 35 ans), plus féminine (50,5% des consommateurs réguliers sont des femmes) et plus réfléchie (soucieuse de traçabilité et d'environnement).
A télécharger sur : www.millesime-bio.com



Les nouveaux habits du Languedoc

En ce début d'année 2016, les vignobles languedociens affirment leur dynamisme dans les premiers bilans chiffrés qui nous parviennent. IGP et AOP démontrent que le tournant qualitatif et structurel pris depuis une trentaine d'années porte ses fruit en un temps éclair. 245 000 ha ont produit 13,6 millions d'hl, sur des vignes dont 60 % ont moins de vingt ans. Le millésime que d'aucuns annoncent exceptionnel, laisse augurer de beaux présages. Les premiers blancs et rosé mis en bouteille en confirment la qualité.
Des fruits économiques viennent récompenser ce travail sur le produit, mais aussi sur le positionnement et les prix. En 2015, le Languedoc a vu ses ventes s'envoler, notamment à l'exportation (+ 14 %). dans un marché national morose, les AOP Languedoc ont connu la plus forte augmentation sur toutes les couleurs, en particulier ne grande distribution, et s'enorgueillissent d'être les appellations les plus diffusées chez les cavistes parisiens.
Les vins de la région connaissent de vrais succès auprès des publics, venus en masse à la rencontre des vignerons, que ce soit aux Estivales (300 000 personnes à Montpellier, 25 000 à Saporta, sans compter Sommières, Pézenas et Narbonne) dans les Balades gourmandes (Pic Saint Loup, Terrasses du Larzac, La Clape) ou dans les caves et domaines (400 000 visiteurs estimés). Ces rendez-vous avec le public confortent une notoriété que les medias relaient largement. Pour preuve, le magazine Terre des Vins consacre son premier numéro de l'année aux 100 meilleurs vins du Languedoc. La Revue du Vin de France, qui décerne ses trophées aux hommes de l'année, élit deux languedociens: Gérard Bertrand, "négociant de l'année" à Narbonne, et Philippe Catusse, "caviste de l'année" au Chameau ivre à Béziers.

Pour entreprendre sa mue, la région s'est défait de ses vieux habits et a plongé au coeur de l'innovation. Une innovation culturale d'abord, avec le passage pionnier en agriculture biologique, qui fait aujourd'hui du Languedoc le leader de la production en France. Adaptée au climat et aux sols de nos contrées, la culture biologique s'étend sur 21 000 ha, soit un tiers du vignoble bio français, touche 1200 producteurs et rallie les grands groupes viticoles régionaux. L'innovation passe aussi par des packaging audacieux. Un vent créatif a dépoussiéré noms de cuvées, étiquettes, bouchons et bouteilles. Dernière en date, la création de la styliste Chantal Thomass, qui reprend les codes de l'élégance en osant un style très féminin, a séduit le négociant Gérard Bertrand. Issu de leur collaboration novatrice, mais s'appuyant sur des cépages emblématiques produits localement de l'Etang de Thau à celui de Leucate, un Languedoc blanc, Baies des perles, vient de sortir, Au coeur de l'innovation scientifique, dans la ligne de l'Ecole d'Agriculture de Montpellier, Sup'Agro pour l'enseignement et l'INRA pour la recherche ont bâti une expertise qui se fond aujourd'hui en un pôle unique. La profession et les vignerons sont sollicités pour participer à l'élaboration des vignobles du futur, adaptés à de nouvelles conditions climatiques et de production. L'innovation par la révolution numérique pour le vin, dont The conversation se fait l'écho, trouve avec le label French Tech à Montpellier les moyens de son expression. Les outils développés par les nouvelles technologies se mettent au service du vigneron, du drone dans les vignes à le-commerce, des outils de réalité augmentée ou d'interaction avec le consommateur aux applications liées à l'oenotourisme, à l'exemple de Geovina en Languedoc.

En 2016, un festival destiné à la jeune génération, les "Vino Days", de la pédagogie avec l'Ecole des Vins, u Mas e Saporta au centre du tourisme vinicole, à Montpellier, les AOC fourmillent d'idées. Le salon mondial Millésime Bio confirmera du 25 au 27 janvier, l'ancrage nature de nos terroirs. Vinisud, grand rendez-vous des vins de la Méditerranée, s'élargit et ouvrira ses portes, en février, à plus de 1700 exposants et deviendra annuel. 2016 sourit déjà aux projets d'un Languedoc amarré à ses terroirs, abouti dans son chemin qualitatif, innovant et audacieux, témoin de la vitalité de vignobles et de vignerons en pleine reconnaissance de leurs efforts.

Florence Monferran

cliquez sur une image pour l'agrandir
No images found.

Bonne année viticole 2016 !

Des travaux et des jours représentés au XIIe siècle à travers plantation et taille (mars),
vendange et foulage du raisin (septembre). Psautier, artiste inconnu, Normandie, 1180

Des travaux et des jours: le calendrier vigneron égrène l'année viticole. Puissent ces jours, en 2016, porter la prospérité de nos vignobles, des acteurs de nos terroirs, et d'un patrimoine vivant en plein renouveau. Puisse le millésime 2015 remplir toutes les promesses et les espoirs qu'il laisse entrevoir!

Florence Monferran

Les Costières de Pomerols, un succès qui s'exporte

Un entretien avec son directeur, Joël Julien, par ailleurs Président régional des oenologues de France

Créée en 1932, la cave de Pomerols a pris tous les tournants économiques pour reconvertir 1 700 ha à ce jour en vignobles fers de lance de l'AOP picpoul de pinet, d'IGP blancs et rosés. En opérant plusieurs fusions, se dotant d'outils de vinification, mise en bouteille et stockage, ainsi que de caveaux de vente, les Costières de Pomerols ont démontré leur capacité à s'adapter aux nouvelles conditions des marchés, y compris à l'export. Elles illustrent le nouveau souffle du secteur coopératif en Languedoc, en particulier en Pays de Thau. Plongée à l'intérieur de la cave à Pomerols, qui incarne avec le caveau de Beauvignac à Mèze, ultramoderne, les deux versants de cette réussite.

Thau-Info: Qu'en est-il du millésime 2015, qu'on prédit exceptionnel, à Pomerols ?

Joël Julien:
Le millésime 2015 a été, de par sa climatologie, particulier. Les conditions de vendanges, dans la zone du bassin de Thau, ont été un peu délicates, à cause d'un été sec en juillet, puis de pluies abondantes en août et septembre, qui ont retardé les maturités. Il a fallu être patient, gérer une certaine hétérogénéité au vignoble, l'état sanitaire et la fragilité des baies ... et le stress des vignerons. La climatologie de la seconde partie des vendanges a été beaucoup plus favorable, vent du nord, temps sec et ensoleillé ont levé les inquiétudes. Le millésime s'inscrit globalement dans les profils de produits que nous souhaitons: une belle expression aromatique, de l'élégance, de l'harmonie, des niveaux d'acidité et de fraîcheur intéressants pour les blancs et les rosés. Nous sommes très satisfaits de la qualité. Ces vins avec une belle typicité sont bien commercialisés, les premiers retours de nos clients, exports comme français, le démontrent.

Thau-Info: Pouvez-vous nous parler des AOP en blanc, qui sont productions phares ?

Joël Julien:
Dans notre zone, l'AOP emblématique est le picpoul de pinet, notre meilleur ambassadeur, notamment à l'export. C'est une production qui se développe, grâce au succès économique qu'elle rencontre. Mais le taux d'occupation de l'aire de production laisse peu de possibilités de reconversion de parcelles. La croissance du potentiel est donc limitée, elle va beaucoup moins vite que celle du marché. La totalité de la récolte est commercialisée, essentiellement en bouteilles, avec une très forte proportion à l'export. Le produit nous permet d'intéresser une clientèle amatrice de vins blancs, notamment sur les Etats-Unis et l'Angleterre, et de servir d'appel pour d'autres produits.

Thau-Info: Quelles sont les raisons de ce succès à l'export, selon vous ?

Joël Julien:
Il y en a plusieurs. Nous avons traversé une crise économique où le consommateur cherche à identifier des produits de très bon rapport qualité/prix, ce qui est le cas du picpoul de pinet. D'autre part, le vin est doté d'une véritable identité, qui s'exprime à travers son cépage atypique, sa bouteille personnalisée. Un travail, une réflexion par rapport à l'intégration du produit dans son environnement, son territoire ont été menés. La communication sur le picpoul de pinet "son terroir, c'est la mer", l'association du vin avec les crustacés, les fruits de mer, voire les poissons, qui paraissait un peu réductrice au départ, s'est avérée pertinente. Le produit répond aux attentes du consommateur. Notre originalité tient aussi à ce que nous sommes la seule grande appellation de vin blanc en Languedoc. Cette singularité est un atout, car notre zone de production est également très touristique, avec la proximité du Cap d'Agde. être un grand vin du Languedoc, d'origine France, attire à l'étranger, et nous prédispose à rencontrer un certain succès.

Thau-Info: Vous revenez récemment de Chine. Quelle est votre vision des nouveaux marchés ?

Joël Julien:
L'export, c'est le code génétique de l'entreprise, qui exporte depuis très longtemps. Elle l'a fait sur l'Europe et les Etats-Unis, qui sont maintenant des marchés matures. Le marché anglais s'est énormément développé ces six dernières années, il est devenu notre premier marché devant les Etats-unis. Pour découvrir de nouveaux clients, nous avons mis en place une politique sur l'Asie depuis cinq ans pour travailler davantage sur le Japon, où nous progressons, et sur la Chine, où la demande en vin blanc est encore faible, mais les évolutions rapides. L'important est d'y être présent, grâce à une commerciale sur Shanghai. Elle renforce notre efficacité, permet une meilleure compréhension de ce qui se passe sur le marché chinois, et fait un travail de prospection. Nous sommes prêts.

Thau-Info: Quels appuis recevez-vous pour vos démarches ?

Joël Julien:
Nous agissons dans le cadre des actions de Sud de France, nous étions à Shanghai avec eux, ainsi que dans le cadre de missions du CIVL, et des Budgets OCM/pays tiers. Nous avons mis en place des budgets sur les Etats-Unis, la Chine et le Japon, qui nous permettent de travailler vers ces pays lointains, où les déplacements demandent du temps et des moyens significatifs. Ils nous aident à être plus pertinents et plus présents pour rencontrer nos clients.

Thau-Info: Comment la cave de Pomerols s'est-elle adaptée aux nouvelles conditions du marché ?

Joël Julien:
Des stratégies ont été bâties, puis poursuivies durablement. Les vignerons des Costières de Pomerols ont souhaité développer, depuis les années 1990, l'activité conditionnée, convaincus que c'était la seule façon de pérenniser un revenu agricole, et de mieux vivre de leur savoir-faire. Ce travail a nécessité des investissements pour se doter de nouveaux outils de production. Un certain nombre d'indicateurs sont aujourd'hui au vert et accélèrent notre développement. La taille de l'entreprise, qui a un peu grossi, les vignerons qui plantent, investissent, font que la croissance interne de la structure, liée à sa bonne santé économique, met plus de volumes, commercialement conditionnés, à disposition. L'outil de production, déjà performant, est sans cesse amélioré. Nous avons des ratio à la fois de coûts de production et de rapport qualité/prix vraiment très bons. L'entreprise s'adapte vite aux conditions du marché. Notre volume de production nous permet, avec nos outils de conditionnement, de vinification, notre savoir-faire, nos équipes en place, de répondre aux demandes des clients. Nous travaillons avec des partenaires commerciaux (agents, distributeurs ou enseignes) qui maîtrisent la distribution et nous accompagnent dans notre développement commercial. Depuis presque trente ans, cela fonctionne bien: tout en restant sur une structure aux effectifs maîtrisés nous atteignons un chiffre d'affaire conséquent.

Thau-Info: ce succès de la cave de Pomerols peut-il être mis en lien avec le nouveau souffle de la coopération en Languedoc, en particulier ici, sur le bassin de Thau ?

Joël Julien:
Dans notre conception de la coopération, il s'agit avant tout d'une aventure humaine, et d'une mise en commun de moyens pour mettre en oeuvre des stratégies d'entreprise efficaces et performantes. Elle est un formidable outil pour aller plus vite, plus loin. Alors que l'investissement était souvent considéré comme une prise de risque, ou une part qui venait amputer la rémunération, nous constatons une mutation dans les mentalités. Les adhérents ont pris conscience qu'aujourd'hui la coopérative est aujourd'hui une entreprise, qui doit comme toute entreprise investir, se doter d'outils performants. C'est à ce titre qu'elle parviendra à capter de la valeur ajoutée, à valoriser son activité et bien rémunérer ses adhérents.

Thau-Info: Il a été beaucoup question, à la COP 21, de changements climatiques. Ressentez-vous ces changements? Envisagez-vous des méthodes pour vous en prémunir ?

Joël Julien:
Il est toujours difficile sur des échelles de temps aussi courtes d'affirmer des changements. Pour corriger les excès d'eau comme de sécheresse, qui ne sont pas bons dans noter métier, nous avons mené une réflexion sur l'accompagnement de la maturation du raisin, via un projet d'irrigation assez ambitieux sur le bassin de Thau. En relation avec Aqua Domitia, nous voudrions, à l'échelle de plusieurs coopératives, avec nos voisins de l'Ormarine et Florensac, capter l'eau du Rhône pour irriguer nos vignobles. Notre démarche s'inscrit non dans une logique productiviste, mais dans une approche qualitative de régulation du stress hydrique de la vigne, du mûrissement du raisin. Nous espérons concrétiser ce projet d'ici 2020.

Thau-Info: Pour terminer sur une note festive, quels vins conseillez-vous pour accompagner les repas de fin d'année ?

Joël Julien:
Les fêtes de fin d'année sont l'occasion de se retrouver en famille ou entre amis, d'apprécier des produits découverts dans l'année ou que l'on connaît bien. Le mariage du picpoul de pinet avec les fruits de mer est une bonne association. Je dirai plutôt les picpoul, car à l'intérieur de l'AOP, nous avons des styles différents à proposer. Si nous avons élevé ensemble le niveau qualitatif de cette 'appellation, chaque producteur a travaillé différentes expressions de ses propres terroirs. Nous produisons également, à Pomerols, des vins atypiques moelleux, en IGP Cotes de Thau, blancs, à base de piquepoule, particulièrement recommandés pour les foies gras. Nous sommes également gros producteurs de vins rosés, vins-plaisir agréables à l'apéritif ou pour accompagner des mets légers et certains desserts fruités. Ce sont nos trois produits-phares, complétés par une large offre de vins, qu'on retrouve sur nos deux points de vente à Mèze et à Pomerols. J'invite les clients à venir les déguster, les découvrir. C'est compliqué de parler de tous ses enfants, comme on les aime tous!

Thau-Info: Comment va se passer la commercialisation du millésime 2015?

Joël Julien:
Elle a déjà commencé. Nous avons eu pas mal de ruptures sur le millésime 2014, liées à la faible production. Nous avions besoin d'une belle récolte, ce qui est le cas, et de la commercialiser rapidement. Aujourd'hui, plusieurs vins blancs sur le marché, l'AOP picpoul de pinet, les rosés Cotes de Thau, les rosés de grenache et les chardonnay, sauvignon, viognier en pays d'Oc. Nous sommes allés relativement vite, un peu à l'inverse du marché vrac qui démarre plus tranquillement.

Thau-Info: Les fêtes se passeront avec le millésime 2015 à Pomerols?

Joël Julien:
Oui, sauf pour les rouges qui attendront encore.

Propos recueillis par Florence Monferran

 

Les Costières de Pomerols en quelques chiffres

  • 1 700 ha
  • 350 coopérateurs environ
  • 132 000 hl en 2015
  • 81 % de blancs et de rosés
  • 26 000 hl en AOP picpoul de pinet,
    dont 60 à 70 % vendus à l'export
    IGP Oc et IGP Cotes de Thau

Costières de Pomerols
Avenue de Florensac
34 810 POMEROLS
04 67 77 89 94

Caveau de Beauvignac
Route de Pézenas
34 140 MEZE
04 67 43 80 48

Mél: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Site internet: www.cave-pomerols.com

 

Marché vrac: vin vendu en citerne
Marché conditionné: vin vendu conditionné, en bouteille ou en bag-in-box (BIB)CIVL: Comité interprofessionnel des Vins du Languedoc
OCM: Organisation commune du marché vitivinicole

La viticulture languedocienne au coeur des changements mondiaux

 
Domaine du Chapitre, Villeneuve-lès-Maguelone, Agenda de 1915

 


Stand "Recherche et innovation" au Sitevi, Montpellier

La viticulture languedocienne connaît en cette fin d'année une intense activité, avant les fêtes qui la clôtureront. Il en ressort trois thématiques principales, objet de toutes les attentions, à l'instar des changements climatiques et des marchés à l'export, ou souci récurrent, comme peut l'être la question de la transmission des exploitations. Trois enjeux, dont le fil directeur, le tronc commun, le socle les relient à un patrimoine millénaire propulsé dans un nouveau monde en train de se dessiner.

Le développement à l'international

"La concurrence n'est plus avec son voisin, mais avec les régions viticoles du monde entier" rappelle l'élu Yvon Pellet. Dans l'optique de redonner une place de choix à notre viticulture à l'international, l'Observatoire viticole du département de l'Hérault organisait le 4 décembre à Montpellier un colloque sur "les nouvelles dynamiques viticoles internationales". 30% des volumes produits dans le département sont destinés à l'export, en premier lieu vers l'Europe (Allemagne, Belgique, Pays-Bas, Royaume-uni). Chine et Etats-Unis constituent également d'importants marchés. Des délégations de Sud de France Développement , dans une action régionale, et de Montpellier Méditerranée Métropole, liée à des accords historiques avec Chengdu, étaient d'ailleurs reçues en Chine au mois de novembre. Des vignerons, notamment de Pomerols, Pic-Saint-Loup et de l'AOP Grès de Montpellier, faisaient partie du voyage. Pour exemple, 22 vignerons de la Métropole réalisent un chiffre d'affaire d'un million d'euros avec la Chine, appuyés par un système de paiement garanti à la commande par les instances chinoises. Les exportations de vin du Languedoc progressent de + 6,6 % en 2014, et + 7 % déjà en 2015.

Le changement climatique dans la viticulture, notamment en zone méditerranéenne

Hausse des températures, baisse de la pluviométrie, variabilité du climat, modification des terroirs et des caractéristiques des vins touchent et impacteront le Languedoc. COP 21 oblige, le sujet fleurit depuis plusieurs mois dans la presse, occupe conférences et tables rondes, mobilise les chercheurs du monde entier. La métropole languedocienne y prend toute sa part. Un programme national multidisciplinaire, le projet LACCAVE, est co-animé par Jean-Marc Touzard, directeur de recherches à Montpellier. Un pôle unique INRA (recherche) / SupAgro (enseignement supérieur) va être mis sur pied, au service des viticulteurs. Il travaillera sur la diversité génétique, la création de cépages, les pratiques culturales et oenologiques, le marketing, la communication, avec l'aide de start'up locales.

D'un autre point de vue, un mouvement propulsé par la conversion en agriculture biologique et en vins naturels, oppose au tout scientifique, qui a longtemps négligé les questions écologiques, une manière plus libre et plus diversifiée de conduire la vigne et la cave. Basées sur l'observation, le retour aux cépages anciens par exemple, ces pratiques ont posé au coeur de leur action le respect du raisin, du vigneron et du consommateur, de l'environnement. Deux visions, entre scientisme et empirisme, que l'urgence climatique, les défis lancés à l'échelle mondiale feront, qui sait?, marcher dans le même rang. Les solutions préconisées par les chercheurs passeront par des actions collectives et multiformes dont certaines intègrent déjà des méthodes bio et douces, de l'enherbement des parcelles jusqu'aux circuits courts de distribution.

La transmission des exploitations viticoles

Pour parler de marchés à l'export, d'avenir, d'adaptation à de nouvelles conditions de production, encore faut-il qu'il reste des viticulteurs. Troisième défi, et non des moindres, le devenir des exploitations fait souci. La viticulture occupe encore 50% des terres agricoles , mais la pyramide des âges montre un vieillissement inquiétant. Partout, les repreneurs font défaut: 70 % de vignes n'ont pas de successeur dans le pourtour montpelliérain. Les syndicats, les présidents de caves coopératives alertent sur la difficulté à installer des jeunes, de par la lourdeur des investissements, la faiblesse de la rentabilité, la dureté du métier. Montpellier Méditerranée Métropole l'évoquait récemment en conférence de presse, un Plan Local d'Urbanisme à l'échelle intercommunale est en réflexion. Il est conçu comme un outil marquant la volonté de réserver des terres à l'agriculture, à côté de terres vouées au développement démographique et aux autres secteurs économiques.

Les initiatives se multiplient en Languedoc, tant institutionnelles que professionnelles, collectives qu'individuelles, locales qu'internationales. Un mouvement est en marche, autour d'une viticulture traditionnelle en pleine mutation qualitative depuis une vingtaine d'années, au coeur de l'innovation et de l'inventivité, dynamique à la vigne aussi bien que sur un salon à l'étranger. Une viticulture, comme le rappelait le chercheur Jean-Marc Touzard, "qui s'adapte au monde, et le fait depuis 5000 ans"

Florence Monferran

Partageons les fruits de la vigne, d'ici et d'ailleurs

Après des jours éprouvants, se pose à tous la question: faut-il continuer à se divertir, à se rassembler dans la convivialité, à célébrer le vin en ce mois de novembre qui lui était dédié en Languedoc? A Paris, restaurants, bars à vin, lieux de spectacle, incarnant un art de vivre à la française visé par les attentats, multiplient les initiatives, à l'instar de "Tous au Bistrot!". Bernard Baraillé le rappelle, cette joie de vivre nous distingue aux yeux du monde et marque une forme de résistance à la peur aujourd'hui.

Le 3ème jeudi de novembre, revient le Beaujolais Nouveau, comme un rendez-vous immuable sur nos agendas. Un rendez-vous dont Gilles Paris, Président d'Inter Beaujolais fixe les contours cette année: "A l'heure où notre culture et notre art de vivre sont attaqués, il nous semble indispensable de maintenir les principaux événements marquant l'arrivée des Beaujolais Nouveaux 2015 (...) Ils maintiendront la tradition, fiers, plus que jamais, d'être français! Par respect pour les victimes et leurs proches, une minute de silence sera respectée lors des différents événements."

Le SITEVI (salon international des équipements et savoir-faire pour des productions vigne-vin, olive, fruits-légumes), inscrit dans tout agenda vigneron après les vendanges, débutera mardi 24 novembre sous le signe de la question environnementale avec des moyens de sécurité renforcés, annonce sa directrice, Martine Degremont. La 12ème Fête des vignes de Montpellier Métropole est maintenue, du 27 au 29 novembre sur l'Esplanade à Montpellier et dans les caves et domaines de l'agglomération, où les vignerons partageront leur passion avec les visiteurs, dans un moment de découverte et d'échange. "L'art et le vin rapprochent les hommes" disait Goethe. Nous dirons de cet art de vivre qui intègre depuis quelques jours la peur dans son quotidien qu'il est aussi accessoire qu'indispensable.
Ultime pied de nez à une année bien sombre, dont il éclaire les derniers jours, le millésime 2015 sera de l'avis de tous, vignerons et professionnels, un grand cru en France, un grand cru en Languedoc.

Florence Monferran

Des terroirs et des vins

La vigne et le vin occupent une place particulière en Languedoc. Une place physique: 80 % de l'espace agricole est couvert de vignes dans l'Hérault. Une place économique, procurant plus d'un tiers de l'emploi régional, et ressource unique sur certains terroirs. Une place historique: c'est sur ses rivages que la viticulture il y a 27 siècles, près des comptoirs grecs, puis avec l'installation du plus grand vignoble d'un seul tenant par les Romains. Un patrimoine écologique s'est constitué au fil des siècles, tissé de cépages, façonné de paysages d'une grande beauté. Il n'est qu'à voir en ces jours coteaux et plaines se couvrir de couleurs d'automne et s'offrir aux objectifs des photographes. L'attachement des habitants à la vigne, aux productions et aux traditions qu'elle a engendrées se couple à l'intérêt de touristes de plus en plus nombreux sur nos côtes et dans l'arrière-pays, curieux de partir à la découverte des vignerons et de leurs caves.

Ainsi entrent dans la lumière des vins de plus en plus qualitatifs, abordables, et respectueux de leur environnement, confortant le Languedoc comme première région de production bio de France. Ainsi, après des mutations viticoles parfois traumatisantes, renaissent une viticulture, des terroirs depuis longtemps réputés. Muscat de Frontignan, Clairettes, Saint-Georges-d'Orques, Saint-Christol, Saint-Drézery, Assas, la hiérarchie des vignobles prestigieux depuis le XVIe siècle est connue. Elle englobe de nos jours le pourtour de Montpellier et de Sète, villes-phares dans l'histoire viticole. Les vins y font figure de fers de lance, en Appellations d'Origine Protégée Languedoc Rouge Pic-Saint-Loup, Coteaux de la Méjanelle, Grès de Montpellier, comme en blancs, en AOP Muscat de Frontignan, de Mireval ou Picpoul de Pinet, sans oublier les dynamiques vins de pays sous différentes Identifications Géographiques Protégées.

Un réseau de manifestations qui mettent le vin en lien avec les arts (musique, peinture et sculpture, littérature, théâtre et bande dessinée), la gastronomie, les traditions (fêtes des vendanges, du vin nouveau) contribue à faire briller, autour de ces productions, une culture du vin multiforme, festive, élément constitutif de cette civilisation du vin installée dès l'Antiquité.
Des terroirs et des vins, des hommes et des femmes, des paysages et une histoire, une culture, retrouvez-les désormais dans les colonnes de Thau-Info et de Montpellier-Info.

Florence Monferran

Pomerols : Klebert Mesquida en visite au caveau Beauvignac

Dans le cadre de ses déplacements à la rencontre des présidents et directeurs de caves, Kléber Mesquida se trouvait dernièrement aux Costières de Pomerols.
Accompagné des conseillers départementaux, de ses proches collaborateurs et des membres de l’Observatoire Viticole, il a été reçu par le président Cyr Gaudy et le directeur Joël Julien en présence du maire Robert Gairaud et de son premier adjoint Laurent Durban.
Kléber Mesquida a exposé l’objectif de ces rencontres : « Dans le département il n’y a pas une, mais des viticultures et dans chaque territoire, il y a des problématiques différentes. Arrivé à la fin de cette tournée, nous aurons visité 42 caves sur les 62 qui couvrent l’espace départemental, on aura une bonne approche de tout ce qui est ressenti par la profession en termes de besoins, de souhaits, de stratégies. Ce que vous allez nous dire, nous permettra, après, de voir comment nous pourrons réorienter la politique publique. On peut imaginer que les dispositifs d’il y a 20 ans ne sont plus d’actualité. Aujourd’hui il y a d’autres attentes ».
Le président Cyr Gaudy a évoqué la récolte 2015 qui est de bonne qualité, même si la quantité est moins importante cette année. Puis, il a interrogé Kleber Mesquida sur le devenir de l’aide départementale, de 100 euros à l’hectare, apportée depuis 3 ans à l’application de la démarche environnementale de la technique de lutte contre les parasites, la ‘’Confusion sexuelle des papillons’’, précisant : « les vignerons font beaucoup d’effort pour l’environnement afin de produire des produits propres, sans pesticides, ce qui est le souhait de la clientèle pour cette démarche qui va dans le bon sens ». Le président Mesquida, qui connaît bien ce problème, a garanti que l’aide serait maintenue mais peut-être sous une autre forme.
Le directeur Joël Julien a, quant à lui, donné d’autres informations complémentaires sur les différents caveaux de vente et sur les aspects de la production. Il a mis en valeur la cave Beauvignac en tant qu’outil ultra performant.
Des échanges enrichissants tant pour le président du Département que pour le président et le directeur des Costières de Pomerols. La visite s’est terminée devant les premiers présentoirs lumineux en carton recyclé, dans un concept éco-solidaire nouvelle génération.

Claude Stekelorom

Muscats

Une personnalité éminente de la viticulture reçue aux 15èmes Muscats du Monde

Henri-Laurent Arnould, Pierre Galet et Michel Salade gauche à droite : Henri-Laurent Arnould, Pierre Galet et Michel Sala

 

Pierre Galet

Né en 1921 à Monaco, il  est le père de l’ampélographie moderne (étude des cépages). Nommé en Janvier 1944 à la protection des végétaux (bois et plants de vigne), il devient chef de travaux à l’Ecole Nationale d’Agronomie de Montpellier. Il y enseigne l’ampélographie, le greffage, la pathologie de la vigne jusqu’en 1987.
Traduit et publié dans le monde entier, il continue de donner des conférences et de participer à des colloques

Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes
(Edts Libre 1 Solidaire)

Première édition en 2000, épuisée

Réactualisée et augmentée aujourd’hui. Les Edts Libre et Solidaire rendent hommage à "un travail unique et monumental ".

Un regret : qu’il ait fallu faire appel à une levée de fonds (par FundoVino) pour en assurer la publication. 1200 p, 3 000 photos, 100 € (98 € chez Amazon)

   

Pierre Galet a consacré sa vie à reconnaître, répertorier, classifier les cépages, tous les cépages. Auteur de plusieurs ouvrages de référence, dont un « Précis d’ampélographie pratique » paru en 1952, il s’impose comme la référence mondiale en la matière.

A l’occasion de la réédition de son « Dictionnaire encyclopédique des cépages et de leurs synonymes » (Edts Libre & Solidaire), il était l’invité, jeudi 2 juillet, au Centre culturel François-Villon, de Henri-Laurent Arnould et de Michel Sala, représentant la ville de Frontignan, co - organisateurs de la 15e confrontation des Muscats du Monde. Pour se repérer dans la jungle des cépages, ce Dictionnaire savant en livre la description, le tracé, les aptitudes, la répartition, et les synonymes selon les pays ou les régions. Réticent à l’arrivée des décodages génétiques, il prône l’observation, la reconnaissance visuelle, pratique, sur le terrain.

Dans un passage en revue haut en couleurs, Pierre Galet évoque, par un jeu de questions/réponses, les quelques 10 000 cépages qu’il a identifiés dans le monde entier, cultivés ou non. Il nous entraîne en Chine, avec des vignes porteuses d’épines ou de poils, en Afrique, avec des vignes tubéreuses ou baobab, de plus de deux mètres de haut, au Brésil, où, « intelligents », les plants se bouturent eux-mêmes. Toutes ces observations feront l’objet de son prochain ouvrage de botanique. Il précise, pour la France, qu’après le phylloxéra dans les années 1880 et jusque dans les années 1960, date de leur interdiction, 1/3 des cépages étaient des hybrides (croisements) produits sur 400 000 ha.

A la demande d’HL Arnould, il comptabilise les trois grands cépages muscats dans le monde : le muscat blanc, dit  de Frontignan, à petits grains, aux origines grecques, le muscat d’Alexandrie, à gros grains et aux usages multiples (raisin de table, sec, vin, alcool) et le Muscat de Hambourg (raisin de table). Pourquoi un « Muscat de  Frontignan » ? Chaque région s’approprie un cépage, quand il donne du bon vin ! Il est certain que le petits grains tient de ses composés chimiques de plus grandes qualités aromatiques.

Une question sur le tokay plonge dans l’histoire européenne. Importé par les officiers de Napoléon Ier, vainqueur de l’empire austro-hongrois, le cépage s’installe dans la région du Languedoc (Costières, Capestang) et y révèle une belle adaptation. Pierre Galet entraine ensuite l’auditoire dans le Caucase, berceau du vin, évoque les 600 cépages géorgiens, les vignes turques, le premier vin vinifié, arménien, dont on ignore l’origine mais dont le tokay serait le descendant.

Interrogé sur la disparition de cépages locaux dans la mondialisation, Pierre Galet note avec humour que les cépages français y sont très présents (Amérique du Nord, du Sud, Chine, Australie) … parce qu’ils sont bons. La question essentielle à se poser n’est pas de savoir si l’on peut faire du bon vin, mais ce que l’on veut faire du vin : de la qualité, comme sur les coteaux de Californie, des rendements, un moindre coût. Quel avenir pour les hybrides gros producteurs dont certains souhaitent le retour ? Il ne croit pas que ces vins, dont on a changé la nature, de qualité ordinaire, à bas prix, soient une solution économique. Pour conclure sur une dimension religieuse, à la demande de Michel Sala sur quel vin a bu le Christ, Pierre Galet s’excuse: les Juifs, tout comme les Romains, n’ont pas décrit les cépages, qu’ils considéraient trop variables !

En guise de conclusion, il lance à son auditoire : « si vous avez des insomnies, lisez quelques lignes de mon livre », ce que le public de connaisseurs s’empresse de faire. Une séance de dédicaces conclut ce brillant survol d’une ampélographie vivante, par un scientifique de terrain, incarnation vivante de ce patrimoine viticole qu’il nomme, éclaire, illumine de sa malice.

Florence Monferran

Succès des assises de l’œnotourisme et du terroir

L'édition 2015 des assises de l’œnotourisme se tenait cette année à l’abbaye de Valmagne.
Ces rencontres ont réuni plus de 120 professionnels qui se sont mobilisés pour participer aux tables rondes et aux échanges, autour d’une problématique commune : le Pays de Thau.
Vignerons, conchyliculteurs, restaurateurs, hébergeurs, agences réceptives, guides touristiques et représentants des structures de tourisme et de loisirs ont ainsi fait un bilan des actions menées en 2014 (Montmartre…) avant de lancer des pistes pour développer l’attractivité du territoire.