Les Héritières de Bacchus, le petit salon qui grandit

Après un coup d’essai en 2015, les Héritières de Bacchus ont réussi un coup de maître pour leur 2ème édition.
Ils étaient peu nombreux, au soir de la première édition, à parier sur l’avenir de cette expérience originale et unique en Languedoc de réunir un salon vigneron entièrement féminin. Avec patience, énergie et détermination, Laurent Lafont, son président, entouré d’une solide et joyeuse équipe de bénévoles, a tissé une toile d’amitié, un réseau solide de partenaires publics et privés pour pérenniser la manifestation. Pari réussi, la deuxième édition, dimanche 13 mars, a réuni des vigneronnes venues de toute la France, des entreprises et start’up viticoles, ainsi que des élus locaux de Claret, de la Communauté du Pic Saint-Loup, du département et de la région LRMP, venus tous inaugurer le salon. Le public a répondu en nombre sur la place du 3e Millénaire, sous un doux soleil printanier. De nombreux amateurs, des cavistes se sont pressés sur des stands toute la journée. Vins blancs, rosés et rouges, cépages locaux et classiques, vins rares, ces vigneronnes ont montré leur savoir-faire et une qualité de haut niveau. Les ateliers de dégustation de Christine Dardé et l’exposition photographique de Didier Page sur les vigneronnes dans leur quotidien ont apporté des éclairages complémentaires sur la femme dans le vin.
Au bilan, 1 500 verres ont été vendus, les vigneronnes ont d’ores et déjà pris rendez-vous pour l’année prochaine, et Laurent Lafont a repris son bâton de pèlerin pour donner une grande envergure à ce projet, occasion pour lui « de belles découvertes gustatives et humaines ». Fabienne Bruguière (Mas Thélème), Agnès Bourgeron (Domaine de Fournaca), Elisabeth Villeneuve (La robe pourpre) ont représenté la production locale, près du Pic Saint-Loup qui offrait un écrin paysager et patrimonial à la manifestation. Françoise Ollier-Taillefer, du Domaine éponyme en Faugèrois, remercie les Héritières pour « leur gentillesse et leur professionnalisme », Carine Fitte, du Domaine de Herrebouc en Gascogne, loue « une superbe ambiance ». Dans leurs commentaires, les vigneronnes ne tarissent pas d’éloge sur l’événement, qui met dans la lumière leur travail, la qualité de leurs vins et leur vision du monde viticole, qu’elles contribuent, en Languedoc et ailleurs, à faire progresser depuis trois décennies.

Un millésime 2015 tout en fraîcheur sur le littoral héraultais

 


Photos: IGP d'Oc et AOC Languedoc

Après les événements montpelliérains, la présentation des vins aux professionnels s’est poursuivie au Salon International de l’Agriculture à Paris, grand rendez-vous annuel viticole également.S’y dessinaient les contours d’un millésime 2015 qui tient ses belles promesses dans l’Hérault. Terre antique de vins blancs, puis de rosés, les clairets, il déploie sur son littoral, d’Agde à Lunel, une viticulture encore massivement basée sur ces couleurs. Le raisin a bravé les épisodes climatiques. Sécheresse tout l'été, orages ou pluies abondantes au moment des vendanges ont  contrarié la maturation du raisin, mis à rude épreuve son état sanitaire, et les nerfs des vignerons, entre nécessité de laisser mûrir et impératif de récolter avant les ondées.  Leur art et leur maîtrise ont eu tout loisir de s’exprimer sur ce millésime difficile. La quantité était globalement au rendez-vous et une belle qualité se confirme partout. Restait à reconduire, en vinification, un même profil de vin « pour que le consommateur retrouve son produit » explique  Frédéric Bailleux, directeur des Vignerons de Lunel.
Sur le terroir des muscats, les blancs secs se sont révélés d’une grande richesse aromatique typique du cépage  à petits grains, marqués cette année par le fruit de la passion, le pomelos, le citron, ainsi qu’une dominante pêche des vignes, avec de la rondeur et du gras sur les vins biologiques, très présents sur le littoral. Olivier Robert, au Mas de la Plaine Haute à Vic-la-Gardiole, met en avant une année peu commune pour le muscat, retardé dans sa maturation pour l’élaboration des vins doux naturels (VDN). Du gras, de la rondeur, un bel équilibre ressortent aujourd’hui en dégustation. A la cave de Frontignan, où ils occupent encore 73 % de la production, Deborah Donnadei confirme les notes dominantes de fruit, « expression des beaux raisins récoltés » sur les muscats en AOP. Après les pluies, le vent du nord qui séchait les grains a œuvré pour les passerillages. Les raisins récoltés tardivement ont développé une grande complexité.
2015 consacre le picpoul, avec une vendange abondante compensant une faible récolte en 2014. Ce cépage tardif, qui n’a pas subi les pluies, a, par nature,  la peau dure! Très floral, d’un bon équilibre en bouche, il révèle de Florensac jusqu’à Mèze, en passant par Castelnau-de-Guers, « une belle expression aromatique, avec de l'élégance, de l'harmonie » note Joël Jullien, directeur des Vignerons de Pomerols. Olivier Azan, au Domaine du Petit Roubié à Pinet,  met l’accent sur « une belle acidité, du fruit, de la longueur en bouche, et de la vivacité». Sur les hauts terroirs, les picpouls expriment « du volume, de la matière, de la rondeur travaillée sur lies » chez les Vignerons de Montagnac.
D’une manière générale, 2015 préfigure une grande année pour les AOP Blancs, issues d’un grenache et vermentino au mariage harmonieux, d’un viognier remarquable quand récolté bien mûr, roussanne et marsanne apportant de la complexité.
Les Vins de Pays blancs et rosés se parent de belles robes franches, limpides, avec une bonne maturité en général, des niveaux d'acidité et de fraîcheur intéressants. « Les pluies ont été très opportunes, nous avons eu très peu de corrections à faire sur les acidités, beaucoup d’arômes en Cœur d’Hérault » ajoute Jean-Louis Reffle, directeur des Vignerons de Montagnac. Le grenache blanc, emblématique du Languedoc, se découvre très floral  en Pays de Thau. Quant au cépage - roi cette année, le vermentino, il se révèle tout en  rondeur.
Symbole de la culture méditerranéenne, les rosés seront eux aussi très frais, avec de bonnes acidités. La star en sera le grenache, marqué fruits rouges et fruit de la passion, à la belle robe très pâle, expressive. Le muscat aussi prend des couleurs, à l’exemple de la cuvée Terres roses à Frontignan, aux arômes musqués, assemblage de muscat blanc et de muscat rouge.
Blancs secs et rosés sont déjà mis en bouteille et commercialisés depuis quelques semaines, avec un bon  démarrage des ventes. La fraîcheur du millésime 2015 séduit, les résultats du Concours Général Agricole de Paris en attestent, avec une  moisson de médailles sur le littoral. Le lent cheminement de ces vins arrive dans la dernière étape: la rencontre avec les consommateurs, pour être bus dans l’année avec toute leur vivacité, leur belle typicité d’une vendange 2015 … entre les gouttes.

Florence Monferran

Palmarès complet du concours général agricole de Paris sur : www.concours-agricole.com/vins_palmares_rech.aspx

Deuxième Edition des Héritières de Bacchus à Claret

Les Héritières de Bacchus, salon viticole original dédié aux vigneronnes, a vu le jour en 2015. Unique dans la région, il accueille des productrices de toute la France. La 2e édition le 13 mars à Claret, dans la foulée de la Journée internationale de la femme, conserve son concept de mettre en lumière leur travail et leurs cuvées. Au pied du Pic Saint Loup, des paysages et des vignobles de référence serviront d’écrin à l’accueil de ces dignes descendantes du dieu du vin.
Président de l’association organisatrice, Laurent Lafont ne ménage pas sa peine pour la pleine réussite de l’événement. « Nous avons renouvelé à 75% les exposantes, les grandes régions de la Bourgogne et du Bordelais nous rejoignent cette année. Nous remercions également les fidèles de la première heure ». Il souhaite donner une plus grande ampleur à l’événement dans les prochaines années et fourmille de projets en ce sens. Mairie de Claret et Communauté du grand Pic saint loup ainsi que des partenaires viticoles soutiennent la manifestation, relayée toute la semaine par France Bleu Hérault.

Au programme : Dégustations sur les stands de 11 h à 19h
Droit d’entrée : 5 € le verre sérigraphié
Bar à vins et restauration sur place avec le Traiteur d’Amélie
Christine Dardé, œnologue, animera deux ateliers (matin et après-midi) sur « les us et coutumes de la dégustation»
Didier Page, photographe, présentera ses clichés de vigneronnes et œnologues dans leurs vies quotidiennes, à la maison du Parc

Contact : Laurent LAFONT, Président des "Héritières de Bacchus"
06 19 88 11 46 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Place du IIIème Millénaire au centre du village de Claret.
Repli prévu en salle au cas où la météo ne serait pas sereine.
http://lesheritieresdebacchus.fr/

 

Les raisins de la colère

un vin chilien choisi comme vin officiel du tour de France

Afficher l'image d'origineLes coureurs du tour de France ne carburent pas au gros rouge et l'eau minérale est toujours leur breuvage préféré tout au long de la Grande Boucle. Mais il existe un "vin officiel" du Tour, c'est le le vin présenté lors des Grands Départs et étapes du Tour de France se déroulant l’étranger, où la Loi Evin ne s’applique pas, en Suisse et en Espagne par exemple.
Cette année le « vin officiel » sélectionné par ASO (Amaury Sport Organisation), l’organisateur du Tour de France, est... chilien et c’est le groupe Cono Sur qui a été retenu pour installer son véhicule promotionnel dans la caravane publicitaire du Tour de France, avec sa cuvée « Bicicleta ».
"Le Tour de France est une vitrine du patrimoine culturel, économique et social. Je trouve ça incroyable qu'il soit représenté par un vin étranger lors des étapes hors de nos frontières", regrette Frédéric Rouanet, président du syndicat départemental des vignerons de l'Aude, interrogé par Le Figaro.
Les vignerons sont prêt à entrer en guerre contre cette décision et menacent déjà de bloquer la route du tour. Carole Delga, la présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, a adressé un courrier au président du Tour, Christian Prudhomme, pour déplorer ce choix. Par ailleurs huit députés de l'Hérault viennent également de signer un courrier adressé à Stéphane Le Foll pour lui demander d'intervenir : cliquez ici pour lire la lettre.

Vinisud 2016, Ode à la Méditerranée

Vinisud, salon des vins de la Méditerranée a refermé ses portes sur une fréquentation stable. De vins, de terroirs, de cépages, il n’a été question que de cela pendant trois jours à Montpellier. Des grands stands des interprofessions aux plus petits, des plus sophistiqués aux plus simples, le vin a jailli dans toutes ses dimensions, dans tous ses métiers.
Des vins à profusion, avec 26 000 références disponibles à la dégustation, des vins du Languedoc-Roussillon très présents, qui racontent le Sud, avec leurs AOP, ancrées depuis trente ans dans leur terroir et leur histoire, avec leurs IGP, à l’instar des Pays d’Oc qui parlent cépages en 56 variétés. La référence au terroir, omniprésente, court à travers les couloirs du salon, dans les noms, tels Vignerons et patrimoine, les cuvées, comme « Les galets dorés » du domaine de Nizas, sur les bouteilles armoriées de la Compagnie Rhodanienne, dans les cépages honorés au cours des dégustations, à l’image des meilleurs grenaches du monde.
Ressurgis de leurs terroirs, les cépages anciens ont tenu le haut du pavé. Le succès des nombreuses conférences consacrées aux cépages  autochtones, oubliés en atteste. Un espace entier, « Expression méditerranéenne », a rassemblé vins et vignerons sous l’égide de Wine Mosaïc. La jeune association  a fait de la protection d’un patrimoine végétal et historique l’enjeu du maintien de la « vinodiversité » qu’elle défend. Vingt cépages rares ont ainsi été recensés en Languedoc-Roussillon, prêts à revivre.
Ces terroirs vivants (nom choisi par un négoce montpelliérain), Vinisud a invité à les parcourir dans leur multitude. C’est d’ailleurs un itinéraire culturel, Iter Vitis, les chemins de la vigne, qui a reçu le prix de l’ « Oenotouriste de l’année». « Prix gratifiant pour tous les membres de l’association qui font connaître les paysages culturels, historiques mais aussi scientifiques de la vigne et du vin », souligne sa représentante, Viviane Coursières. 
De la balade proposée directement  depuis le salon par le Clos Bagatelle pour rejoindre les terroirs de St Chinian, jusqu’à l’organisation Sud de France, qui présente des circuits « à la carte » ou des suggestions de son Club Oenotourisme, ces chemins variés incitent à la découverte des plus beaux vignobles et domaines. L’accent est mis sur l’innovation, par le numérique, la diversification des offres, le développement des hébergements, la gastronomie… André Deyrieux, créateur de Winetourism in France, définit le mouvement comme « un tourisme culturel qui se déguste sur un territoire  (…) Le vin est une clé pour ouvrir ce territoire, une énorme encyclopédie. Chaque fois qu’on tourne une page, on découvre quelque chose ».
Cette invitation n’est possible que par la qualité des vins. Tout nous ramène à eux, y compris lorsqu’on emprunte des chemins de traverse, qui mènent les pas sur le salon Demeter de la biodynamie, à Palavas , chez les Outsiders, vignerons étrangers installés en Languedoc, ou chez les Vinifilles un soir de Saint Valentin … aux chandelles, à la Gazette Café. Dans une ambiance feutrée et chaude, nourrie de monde, de musique, et derrière les sourires et les grands éclats de rire, perce le travail, tout le travail de ces vigneronnes,  pour mener à une qualité, dégustée dans un instant privilégié. Cette qualité affichée, démontrée reconnue, des vins du Languedoc-Roussillon et du sud de la France, Vinisud l’a célébrée , dans une ode à la diversité, une ode à la Méditerranée, à ce pourtour de  mare nostrum, notre mer, mère de la diffusion de la viticulture. 

Florence Monferran

Quelques sites à parcourir :

 
Stand IGP Pays d'Oc                                                                       Stand "Les beaux nez rouges">

 

 
Stand Wine Mosaïc                                                                         Intervention Laurent Audeguin sur les cépages anciens du Languedoc

 
André Deyrieux et Viviane Coursières

©photos : Alain Reynaud, photographe officiel de Vinisud

Marie Ferré à Vinisud

C’est en 1970 que Léo Ferré s’installe, avec son épouse Marie-Christine, en Italie, entre Sienne et Florence, à Castelina in Chianti. C’est dans ce paysage de collines hérissées de pins, parmi les rangées de vignes et d’oliviers qu’il se  posera pour amorcer une nouvelle tranche de vie. «Je ne sais pas d’où je viens mais je sais que je suis là à reverdir dans cette campagne toscane" (Et basta...). Pendant qu’il compose et écrit quelques unes de ses plus belles musiques, poèmes et chansons, Marie-Christine bichonne ses quelques hectares de vignes. Léo Ferré s’en est allé un quatorze juillet, en 1993, Marie-Christine, toujours installée dans les collines toscanes, est aujourd’hui aidée par ses enfants dans l’exploitation. Elle est présente au salon Vinisud pour nous proposer, toujours sous l’emblème du hibou signé Picasso, toute la gamme de Chianti classico, chargés de fruits et d’épices, aux noms aussi mélodieux qu’un langoureux cantilène : Poggio ai Mori, Fumino, I Campacci, Eretico, Barbagianni, Musico, Diaccio, Lunatico. Elle produit également une savoureuse huile d’olive et le fils Mathieu s’est lancé dans la fabrication de bières fort appréciées.

M. P.

Chronique de Vinisud

Inaguration du salon par Carole Delga

C’est par des propos dynamiques et rassurants sur la nouvelle grande région LRMP que Carole Delga, sa présidente, a inauguré le salon Vinisud 2016. Après avoir rappelé que le vignoble méditerranéen est le premier producteur et exportateur de vins en volumes et en valeur, que « la vigne a façonné nos paysages et nos économies » elle a dressé les lignes forces d’une action régionale pour la filière viticole, 3e secteur d’exportation française.
La région va continuer à investir auprès des professionnels pour la bataille de la qualité, avec Sud de France marque phare pour la notoriété à l’international, pour développer l’oenotourisme, ici, dans l’Hérault avec Kléber Mesquida. En termes économiques, la viticulture peut être un pourvoyeur d'emplois pour les jeunes, de l’amont jusqu’à l’aval. Elle soutient ainsi le projet d'école nationale de la sommellerie. Au travail dès aujourd’hui avec les responsables de la filière pour coordonner les marques Sud de France et vins du Sud-Ouest, pour innover, elle annonce des mesures pour une irrigation raisonnée, et pour débattre sur la question foncière. Elle sera "attentive et volontaire pour aider les vins". Carole Delga salue la réussite du salon Vinisud, et souhaite que cette édition soit « commerciale et conviviale »
Fabrice Rieu, président de Vinisud, rappelle dans son discours ce que le salon doit à ses prédécesseurs, aux différents présidents de la région LR, aux acteurs de la filière, tous « fous de leur territoire et de leur terroir, qui prétendaient tutoyer les plus grands ». Et de citer Jean-Claude Gayssot : « nous n’avons désormais aucune raison d’avoir peur ». Il a rendu ensuite différents hommages, aux oenologues qui ont forgé le Palais Méditerranéen (2500 références en libre service), à la femme, dans tous les métiers et places qu’elle occupe dans la filière viticole. Il invite à « grandir ensemble en gardant taille humaine ».
Fabrice Rieu a bien voulu souligner pour Montpellier-Info « l’expansion exceptionnelle de Vinisud. Nous avons ouvert notre offre à d’autres régions que la Méditerranée (Bordeaux) et nous lançons l’expérience de devenir annuel. Il y aura une édition en 2017, et une en 2018, c’est acté ».

Florence Monferran

 

Vinisud : les vins méditerranéens tiennent salon à Montpellier

La 12e édition de Vinisud, carrefour des vins de la Méditerranée, se tiendra du 15 au 17 février au Parc des expositions à Montpellier. Le salon, présidé par Fabrice Rieu, se présente comme la vitrine du premier vignoble mondial (plus de 53 % de la production et 63 % des échanges à lui seul).

 
Fabrice Rieu
Fabrice Rieu au micro

Elodie Le Drean
Elodie Le Drean (Sud de France développement)

Jacques Gravegeal
Jacques Gravegeal
Président du Syndicat des Producteurs de vins de pays d'OC

   

 

Espace de transactions à destination des acheteurs professionnels de tous les continents, de l’importateur au caviste, des restaurants à la grande distribution, Vinisud a pour objectif « d’ouvrir la Méditerranée aux nouveaux marchés du vin, (…) de tout mettre en œuvre pour attirer les acheteurs et poursuivre la dynamique export des vins méditerranéens ».

32 000 visiteurs sont attendus, dont 9 600 internationaux. 1 700 exposants leur feront découvrir et déguster plus de 26 000 références de vins dans leur grande diversité, du Sud de la France et de l’ensemble du pourtour méditerranéen, du Portugal au Proche-Orient, des Balkans au Maghreb.

Le salon fournit également l’occasion pour les vignerons et négociants de dévoiler des nouveautés, de lancer des initiatives marketing. De nouvelles tendances s’y dessinent, comme le boum sur la consommation des effervescents ou le poids du rosé, symbole de la culture méditerranéenne.

Le salon fait aussi la part belle à l’œnotourisme

Au lendemain de l’ouverture du portail français Visit french wine par le gouvernement (Visitfrenchwine.com). Sud de France Développement y lancera les premières routes œnotouristiques dans la région (www.destinationsuddefrance.com).
Un espace sera dédié à la richesse du patrimoine viticole, culturel, culinaire de la Méditerranée, avec une nouvelle sélection de cépages rares présentée par Wine Mosaïc, une exposition du photographe régional Claude Cruells. Un éventail d'animations, conférences, et autres expositions de livres, peintures appuyera l’ensemble de ces thématiques.

Les AOP et IGP du Languedoc, représentant 350 entreprises de la filière, arrivent en force à Vinisud.

Pays d’Oc IGP, avec ses 6 millions d’hl mis en bouteille sous la bannière aisément reconnaissable du cépage, se présente comme le leader français en la matière. Le Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc lance quant à lui une campagne de sensibilisation des professionnels, afin de mettre en lumière la qualité du millésime, né sur des terroirs variés. Vinisud permet en effet aux acheteurs de découvrir en avant-première les nouveaux crus. Entre Millésime Bio, à Montpellier, et ProWein à Dusseldorf, Vinisud se positionne à un moment-clé de la période des achats et souhaite devenir annuel.

Loin d’une actualité brûlante, le salon propose de poser notre regard sur la Méditerranée, creuset d’une viticulture, qui a servi de ciment commun à tous ses pourtours.

Florence Monferran

 

 

Le vignoble méditerranéen
1er producteur et 1er exportateur mondial en volume et en valeur

Les vins méridionaux, nouvelle puissance économique
+59% en valeur à l’export des vins méridionaux en 5 ans

Le rosé symbole de la culture méditerranéenne
76% des échanges mondiaux de rosé sont réalisés par les vignobles méditerranéens

Le boom des effervescents
+30% d’augmentation de la consommation mondiale de vins effervescents entre 2003 et 2013

Palmarès de Challenge Bio

Photo : Sudvinbio

Le concours attaché au salon Millésime Bio de Sudvinbio organisé pour la première fois en partenariat avec la section régionale de l'Union des Oenologues de France, présidé par l'oenologue suédois Lars Torstenson, a décerné 419 médailles. Le Languedoc-Roussillon récolte 47 médailles d'Or, dont 21 dans le seul département de l'Hérault.

Pour le Bassin de Thau: Château Stony (Frontignan), Ametièr, Pays d'Oc IGP muscat à petits grains 2014, Paul Mas (Montagnac), Cuvée secrète, Pays d'Oc IGP rouge 2014, Cave de l'Ormarine (Pinet), Simplement Ormarine, Pays d'oc IGP rosé 2015, Domaine de Roquemale (Villeveyrac), Male, Languedoc Grès de Montpellier AOP rouge 2013

Pour le grand Montpellier: Domaine St Jean de l'Arbousier (Castries), Gourmandise, Languedoc AOP rosé 2015, Domaine de la Triballe (Guzargues), La capitelle, Languedoc Grès de Montpellier AOP rouge 2014, et Aphylianthe, Languedoc AOP Blanc 2014, Château Cazeneuve (Lauret), Les Calcaires, Languedoc Pic-saint-Loup AOP rouge 2014, Terroirs vivants (Montpellier), Réserve naturelle, Pays d'Oc IGP rosé 2015, Le Clos d'Isidore (Murviel-lès-Montpellier), Dolia Pays d'Hérault IGP rouge 2014, Mas de Figuier (Vacquières), Cabernet, Pays d'Oc IGP rouge 2014, Vins Folle Avoine (Vendargues), Cantarille, Pays d'Oc IGP rouge 2014

Et dans le reste de l'Hérault: Domaine de l'ancienne Mercerie (Autignac), Les petites mains rouges, Faugères AOP rouge 2013, Mas Onésime (Cabrerolles), Le sillon rouge, Faugères AOP rouge 2013, Domaine de Valambelle (Laurens), Florentin Abbal Faugères AOP rouge 2011; Domaine des Jougla (Prades-sur-Vernazobre) Sarremale, Saint-Chinian AOP rouge 2013, Mas de Cynanque (Cruzy), Althéa, Saint-Chinian AOP Blanc 2013; Domaine de Virgile Joly (Saint-Saturnin-de-Lucian), Virgile, Languedoc Saint-Saturnin AOP rouge 2010; Domaine de la réserve d'O (Arboras), Alliance, Languedoc AOP Blanc 2014; Vignobles jeanjean (Saint-Félix-de-Lodez), Senteur nature, Pays d'Oc IGP rosé 2015; Mas Gabriel (Caux) Clos des papillons, Pays d'Oc IGP blanc 2014

Ce palmarès reflète la diversité actuelle de la culture en vins biologiques, mesurée au gré des rencontres sur le salon. Y figurent des négociants, comme Paul Mas et sa Cuvée secrète, ou Terroirs vivants à Montpellier. Mais les Domaines sont principalement familiaux, installés depuis plusieurs générations (Mas de Figuier, Folle Avoine, Domaine de la Triballe, Château Stony...), ou créés directement en bio (Domaine de la Réserve d'O, Clos d'Isidore par ex). Quel impact de ces médailles pour les vignerons? Récompense bien entendu du travail accompli, la médaille d'or amène sur les stands des acheteurs qui découvrent l'ensemble de la gamme, notent Edith Bez (Clos d'Isidore) ou Gilles Pagès (Mas de Figuier). Les médailles sonnent comme une confirmation, quand elle récompensent, deux années d'affilée, la même cuvée. C'est le cas pour Valérie Ibanez, au Domaine de Roquemale, ou Marie et Frédéric Chauffray au Domaine de la Réserve d'O. "La médaille donne une crédibilité, mais les cavistes et les restaurateurs ont envie d'avoir leur propre jugement" relativise Frédéric, étonné de voir récompensés "des vins de terroirs, très typés, en biodynamie".
Ce sont également des démarches pour limiter l'impact sur l'environnement et développer la biodiversité qui sont mises en lumière. Ainsi Guillaume Daumond (Folle Avoine) voit le retour de mésanges bleues sur son Domaine, Nicolas Viguier (Domaine de Saint Jean de l'Arbousier) celui de faucons et petit ducs, lui qui recycle ses coffrets en bois ... en nichoirs.

Florence Monferran

Le vin biologique, une culture de plus en plus partagée

L'édition 2016 de Millésime Bio a fermé ses portes sur une belle fréquentation. Coup de projecteur sur la production mondiale de vins biologiques, l'événement a consacré l'ancrage bio de la région Languedoc-Roussillon élargie à Midi-Pyrénées (24 000 ha, 1 million d'hl), et la qualité des vins présents, expression d'un travail maîtrisé à la vigne comme en cave. Pour Jean-Philippe Granier, Directeur des AOP Languedoc, "la pratique biologique a été un des fers de lance du renouveau du Languedoc". Cendrine Vimont, chargée de la communication de Sudvinbio, organisateur du salon, le confirme. La pluie de médailles décernées à la région (dont 21 médailles d'or pour le seul département de l'Hérault) "reflète ce renouveau qualitatif depuis une vigntaine d'années". C'est d'ailleurs l'association régionale qui continue de porter un salon devenu international.

Les stands ont conservé leur taille et leur philosophie des origines, en 1993: deux mètres sur un pour tout le monde.
Le souci du terroir et du patrimoine ressort des échanges avec les vignerons, facilités par ce contact direct: cailloux, fossiles, et même des vestiges romains extraits des vignes tapissent les tables. Le souci de la terre y est constant, au-delà de la seule pratique viticole labellisée en vin biologique. Des démarches Déméter, label en biodynamie, des vins sans sulfites ajoutés ... les vignerons bios continuent de creuser de nouvelles pratiques.



Vin en biodynamie Déméter
Médaille d'Or

Vin sans sulfites
Médaille d'Or
 

Car s'ils ont été taxés de passéistes, par leur retour à des méthodes anciennes, comme le labour à cheval, l'observation du cycle lunaire ou des vents, ces hommes et ces femmes font figure aujourd'hui de novateurs. Leurs démarches visant à limiter l'impact de leur activité sur l'environnement (économie d'eau, stations d'épure, usage limité de la mécanique ou de l'électricité, jusqu'à la bouteille ou le bouchon recyclable) élargies à l'attention sur la biodiversité, le vivant qui les entoure (plantation de haies, enherbement, utilisation des insectes et des animaux) inspirent les chercheurs. Dans le sillage de Millésime Bio, qui accueille toutes les pratiques à condition d'être certifié vin biologique, ont foisonné encore cette année salons, rencontres, échanges, valorisant cette viticulture, labellisée ou non. La pratique biologique innove sans cesse, et la profession se place dans la prospective avec une étude lancée depuis six mois. Francevinbio, en partenariat avec SupAgro et France Agrimer, porte un projet de recherche et développement "sur une vision stratégique de la viticulture bio du futur, avec différents paramètres, des cycles de consultation". Cendrine Vimont n'en dira pas plus, les résultats seront connus en 2017, au prochain Millésime Bio. A la possibilité d'un scénario Toutes vignes bio en France en 2040 ou 2050, élaboré par l'INRA dans la lutte contre les changements climatiques, elle répond que "techniquement, c'est possible. Les vignerons bios sont très pointus, anticipent les problèmes par habitude de faire de la prophylaxie." Leur expérience peut servir à tous. La culture du bio, pratique culturale et culturelle, est prête à relever les défis.

Les choix des manifestations off

Petit tour dans le vivier de manifestations qui proposent de nouvelles alternatives en culture biologique, tout en souhaitant garder l'esprit qui a présidé à la création d'une culture autour du bio: une relation humaine privilégiée (pas plus d'une cinquantaine d'exposants), une ambiance propice au partage, un peu éloignée de l'extension fulgurante que doit gérer Millésime Bio, avec ses trois halls d'exposition, ses 900 exposants venus de 15 pays.
Laetitia Laure, ancienne communicante parisienne reconvertie sommelière, organisatrice du salon de vins nature "Les Affranchis" au Château de Flaujergues, "sélectionne les vignerons sans posture, sur le seul critère de qualité". Depuis quatre ans, elle observe "le décollage des vins nature, qui deviennent un argument de vente"


I. Villemade, A. Mosse et L. Laure

"De chemins en pistes", Véronique Attard, artiste--peintre devenue vigneronne à Cabrières, a accueilli dans les salons de l'Aéroport Hotel à Fréjorgues, "sans obligation de label, mais dans le respect de la terre" des vignerons certifiés, en conversion, Déméter. Tous partagent des conseils, leurs repas, leurs fichiers, s'entraident et ouvrent leur table le soir aux visiteurs. La relation vigneron / acheteur est privilégiée, dans une ambiance à la fois décontractée et passionnée de vin, de terroirs, d'amitié.


V. Attard

Florence Monferran

Pour se retrouver parmi les vins biologiques

Vendange en vignoble bio. ph: Sudvinbio

Le consommateur doit se frayer un chemin au milieu des labels, normes et expressions propres aux vins biologiques, qui dessinent la famille d'une viticulture propre en trois grands traits.


Les vins biologiques
Pour obtenir le label, il est obligatoire d'être certifié par un organisme agréé, après trois campagnes de conversion de son vignoble. Le vin peut alors revendiquer la mention vin biologique sur l'étiquette.
Vins de raisins issus de l'agriculture biologique jusqu'en 2012, c'est-à-dire cultivés sans produits chimiques de synthèses (pesticides, désherbants, engrais) ni OGM, protégeant le vignoble par des procédés ou produits naturels (sélection des plants, prédateurs naturels contres les insectes)
Vins biologiques depuis la charte européenne qui remplace le label AB par l'eurofeuille, et étend la réglementation à la vinification. Raisin, sucre (en cas de chaptalisation), alcool pour les mutages, moûts concentrés doivent être 100 % bios, les produits oenologiques et levures également. Les teneurs maximales en SO2, antioxydant et antiseptique, sont limitées par rapport à la viticulture conventionnelle pour réduire l'ajout de sulfites dans le vin. Certains intrants (additifs) sont interdits, comme l'acide malique, ainsi que des procédés comme la flash-pasteurisation ou la cryo-extraction. "La certification vin biologique est une sécurité pour le consommateur. Tous les producteurs sont soumis aux mêmes règles, à la vigne et au chai. En cas de manquement au cahier des charges, ils doivent recommencer toute la certification à zéro" explique Cendrine Vimont, chargée de communication à Sudvinbio. Plus de 150 contrôles ont été effectués sur les vins présentés au salon Millésime Bio, afin de vérifier le bon suivi du label, garantie pour les acheteurs et les futurs consommateurs.

Les vins en biodynamie
Le vigneron peut choisir d'aller plus loin dans sa démarche, avec le label Déméter, dont le cahier des charges plus strict , dans les dosages de SO2 par exemple, et des pratiques soucieuses de la terre et du vivant garantissent des vins en biodynamie. En favorisant une plus grande biodiversité des sols et en renforçant la santé des plantes, la biodynamie se définit comme une agriculture durable. Elle travaille dans le respect des cycles naturels, des rythmes lunaires et planétaires, fertilise et traite la terre par des compostages, infusions, décoctions naturelles, refuse la mécanisation des tâches. Le vigneron peut aussi choisir de ne pas labelliser sa démarche en biodynamie.

Les vins naturels
Poussant dans ses limites la démarche, il peut choisir de produire un vin naturel, pour lequel il n'existe aucun cahier des charges ou label officiel. Après une démarche propre à la vigne, le vigneron n'ajoute aucun intrant, même des levures. L'association des Vins Naturels autorise les sulfites ajoutés dans des doses minimales, si possible en soufre naturel, produit par les volcans.Labellisés ou pas, entre sécurité et liberté de création, c'est ensuite au consommateur de faire son choix.

Florence Monferran

Dosages de sulfites ajoutés selon la catégorie de vin

Source: Sudvinbio