L’AOP Picpoul de Pinet toutes voiles dehors pour une montée en qualité

L’AOP Picpoul de Pinet toutes voiles dehors pour une montée en qualité


photos: AOC Languedoc Picpoul de Pinet
www.picpoul-de-pinet.com

Il est loin le temps où le piquepoul se buvait entre amis, au milieu d’une nature encore sauvage en bord d’étang de Thau, avec quelques huîtres et coquillages. « Un petit vin, pas vraiment pris au sérieux » raconte avec sa faconde le Président du syndicat picpoul de pinet, Guy Bascou. Aujourd’hui, la jeune Appellation d’Origine Protégée, obtenue en 2013, compte parmi les plus dynamiques du Languedoc. La production confidentielle est passée à 80 000 hl, « plus que Faugères ou Fitou » s’enorgueillit son Président. Le marché s’est structuré. Le vin, mis en bouteille dès le mois de décembre, finit chaque année par manquer et le millésime suivant est attendu fébrilement. 56 % des vins partent à l’export, notamment chez les clients anglo-saxons.
Présent dans les archives dès le XVIe siècle dans l’armada de grands vins blancs du Languedoc, avec les Picardans, clairettes et muscats, ce cépage ancien et original offre une typicité particulière - impossible de le confondre avec un autre cépage blanc- qui méritait une bouteille particulière, aisément identifiable. Guy Bascou analyse les raisons de son succès: « Vin de conversation », facile, homogène entre les différents producteurs, il a misé sur un côté plaisir et rafraichissant, à un prix attractif pour le consommateur. Pari gagné, en temps de crise économique et de recherche de nouveaux goûts.
La dégustation primeur de la cuvée 2015 le 14 avril à Carcassonne, lors de l’opération Terroirs et Millésimes, a conforté les choix opérés par l’AOP. Guy Bascou, accompagné de Joël Julien, directeur des Costières de Pomerols, a présenté le vin aux journalistes du monde entier, dont beaucoup d’américains, canadiens, irlandais, allemands et chinois.
Cette « merveilleuse dégustation » selon les mots du président ouvre tous les espoirs au picpoul de pinet. Le terroir recèle bien des qualités, entre terre et mer. Le vignoble se déploie aussi bien sur le littoral que sur les coteaux, plus méconnus, du cœur d’Hérault.
L'appellation en a tiré des enseignements. Sur le solide socle d’un marché stable, forte de ses succès à l’export, elle souhaite offrir à ses vignerons les moyens d’aborder de nouveaux marchés. Elle vise l’entrée chez les cavistes et en CHR (cafés, hôtels, restaurants), avec un vin plus travaillé, plus complexe - le cépage s’y prête -. Après le temps de la réflexion, l’action se met en route. Une réunion est prévue en mai, une bouteille est en cours de création, pour élaborer un vin avec un cahier des charges propre, qui serait vendu autour de 8 € la bouteille. Par sa montée en qualité, picpoul de pinet tourne la tête à la fois vers l’avenir et vers son histoire méconnue. Un livre en cours de préparation appuiera la réflexion globale menée sur le cépage piquepoul et les vins élaborés. Guy Bascou conclut, serein: « le picpoul de pinet existe dans le monde et dans l’histoire. Il faut le faire avancer maintenant. »
Le cap est mis sur une nouvelle tranche de cette histoire, toutes voiles dehors.

Florence Monferran

A noter : balade dans les vignobles, dans le cadre de
Vins, vignes, terroirs le dimanche 22 mai

 

La colère gronde aussi chez les viticulteurs


en 1907, déjà... source : Mémoires de Marcelin Albert

Après la tension agricole liée à la crise de l’élevage, la colère s’est emparée du monde du travail et de la jeunesse face au projet de loi El Khomri. Elle gagne depuis quelques semaines le monde viticole. Un premier signal d’alarme avait été tiré par les viticulteurs audois contre la présence de vins chiliens sur les étapes du Tour de France cycliste (Voir dans ces colonnes « Les raisins de la colère »). Mi-mars, les chiffres du commerce extérieur 2015, divulgués par FranceAgriMer, laissaient présager la fin de l’embellie dans laquelle la viticulture languedocienne baignait ces derniers mois grâce aux résultats économiques des AOP, IGP et de l’export. Un record vient d’être battu, celui des importations de vins étrangers : 7,2 millions d’hectolitres en 2015, + 11 % en un an. 81 % de ces volumes proviennent de vins vendus en vrac à des prix très bas, et les 3/4 sont espagnols. A noter : la présence des vins sud-africains (7% des importations) et la stabilité des entrées italiennes. Ces importations, pour lesquelles les opérateurs envisagent d’atteindre la barre des 8 millions d’hectolitres en 2016, sont pour la plupart destinées à des marchés de BagInBox en grande distribution, à bas coût pour le consommateur.

 

A la publication de ces chiffres, Jacques Gravegeal, président du Syndicat des producteurs de vin de pays d'Oc, exprimait son inquiétude dans une lettre à Stéphane Le Foll, Ministre de l’Agriculture. Il lui demandait de protéger les vins à Identité Géographique français contre l’arrivée massive de ces vins étrangers sans provenance géographique ni cépage, « à des prix totalement cassés ». Les prix du vrac espagnol défient en effet toute concurrence : 0,32 € le litre contre 0,60 € le litre de vin français sans IG, et 1,06 € le litre en IGP

Exaspérés par l’épisode des vins chiliens du Tour de France, inquiets de ces importations massives, voici maintenant des viticulteurs en colère. Le déversement sur la chaussée, début avril, du chargement de cinq citernes en provenance d’Espagne au péage du Boulou, par 150 viticulteurs du Midi vient exprimer cette colère. Il rappelle les actions menées dans les différentes crises de mévente des vins du Sud, dans les années 1970 et 1980.
Le quarantième anniversaire des tragiques événements de Montredon, près de Narbonne le 4 mars 1976, aurait-il servi de détonateur à des viticulteurs subissant la baisse des cours? L’épisode du Boulou restera-t-il un acte isolé, ou fera-t-il tâche d’huile ? Après les vins espagnols, la concurrence du Prosecco italien a été examinée à la loupe. La protestation pourrait gagner d’autres lieux et d’autres cibles symboles de ces importations de vins étrangers.

Florence Monferran

 

De Montredon à aujourd’hui, un marché vrac agité

A partir de 1970, les viticulteurs du Midi entrent en guerre ouverte contre la déréglementation européenne, qui laisse entrer massivement des vins italiens, et engendre l’effondrement des cours de leurs productions. Le 4 mars 1976, à Montredon-des-Corbières, ils protestent contre l’arrestation de membres de leur comité d’action viticole. Un barrage de 3 000 manifestants est dressé. L’intervention des CRS se solde par un très lourd bilan: un viticulteur et un CRS sont tués, les blessés se comptent par dizaines. Montredon résonne dans la mémoire vigneronne et collective comme la fin sanglante d’une époque de lutte, enclenchée avec la révolte de 1907. Dès lors, le Languedoc opère en trois décennies, dans la douleur, une mutation de son vignoble avec des arrachages massifs, l’installation d’une politique de qualité (création des AOC, hiérarchisation des vins). Aujourd’hui, le marché du vrac à bas prix est d’autant plus ouvert aux vins européens que les derniers règlements sur les droits de plantation renouvellent les autorisations annuellement sur toute l’Union. Un nouveau paysage viticole est en train de s’y dessiner.

 

Les costières de Pomérols au top 10 des Chardonnay du monde

 

Le palmarès des Chardonnay du monde, organisé par Forum Oenologie, ont consacré les vignerons des costières de Pomerols, qui obtiennent une grande médaille (top 10).

La 23e confrontation qualitative des meilleurs Chardonnay du Monde s’est déroulée du 8 au 11 mars 2016 dans le cadre du Château des Ravatys, Domaine Viticole de l’Institut Pasteur à Saint Lager en Bourgogne viticole.
782 échantillons représentant 39 pays. Le collège des dégustateurs était composé de 50 % de dégustateurs en provenance de pays étrangers. Après quatre journées de travaux, les Jurys ont attribué 259 médailles sur 782 échantillons présentés, soit 33,1 %, qui se répartissent qualitativement de la manière suivante

 

Répartition des médailles

  • Médailles d’Or : 63
  • Médailles d’Argent : 196
  • Palmarès complet des vins de notre région :

Classement Top 10* des meilleurs Chardonnay du Monde® 2016

8e: Pays d'Oc IGP Cap Cette Chardonnay 2015
Les Costières de Pomerols

Médailles d’or:

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP dA Chardonnay Réserve
2015 Boisé

LES COSTIERES DE POMEROLS
Pays d'Oc IGP Saint Peyre Chardonnay
2015

Argent

LES CAVES RICHEMER
Côtes de Thau IGP Henri de Richemer Chardonnay
2015

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP Astelia Chardonnay
2015 Boisé

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP Jean Claude Mas Les Grès Réserve Chardonnay
2015 Boisé

LES VINS SKALLI
Pays d'Oc IGP Fortant de France Réserve des Grands Monts Chardonnay
2014

LES DOMAINES PAUL MAS
Pays d'Oc IGP Paul Mas Estate Chardonnay
2015 Boisé

LES COSTIERES DE POMEROLS
Pays d'Oc IGP Beauvignac Chardonnay
2015

» en savoir plus: tous les résultats

Les Héritières de Bacchus, le petit salon qui grandit

Après un coup d’essai en 2015, les Héritières de Bacchus ont réussi un coup de maître pour leur 2ème édition.
Ils étaient peu nombreux, au soir de la première édition, à parier sur l’avenir de cette expérience originale et unique en Languedoc de réunir un salon vigneron entièrement féminin. Avec patience, énergie et détermination, Laurent Lafont, son président, entouré d’une solide et joyeuse équipe de bénévoles, a tissé une toile d’amitié, un réseau solide de partenaires publics et privés pour pérenniser la manifestation. Pari réussi, la deuxième édition, dimanche 13 mars, a réuni des vigneronnes venues de toute la France, des entreprises et start’up viticoles, ainsi que des élus locaux de Claret, de la Communauté du Pic Saint-Loup, du département et de la région LRMP, venus tous inaugurer le salon. Le public a répondu en nombre sur la place du 3e Millénaire, sous un doux soleil printanier. De nombreux amateurs, des cavistes se sont pressés sur des stands toute la journée. Vins blancs, rosés et rouges, cépages locaux et classiques, vins rares, ces vigneronnes ont montré leur savoir-faire et une qualité de haut niveau. Les ateliers de dégustation de Christine Dardé et l’exposition photographique de Didier Page sur les vigneronnes dans leur quotidien ont apporté des éclairages complémentaires sur la femme dans le vin.
Au bilan, 1 500 verres ont été vendus, les vigneronnes ont d’ores et déjà pris rendez-vous pour l’année prochaine, et Laurent Lafont a repris son bâton de pèlerin pour donner une grande envergure à ce projet, occasion pour lui « de belles découvertes gustatives et humaines ». Fabienne Bruguière (Mas Thélème), Agnès Bourgeron (Domaine de Fournaca), Elisabeth Villeneuve (La robe pourpre) ont représenté la production locale, près du Pic Saint-Loup qui offrait un écrin paysager et patrimonial à la manifestation. Françoise Ollier-Taillefer, du Domaine éponyme en Faugèrois, remercie les Héritières pour « leur gentillesse et leur professionnalisme », Carine Fitte, du Domaine de Herrebouc en Gascogne, loue « une superbe ambiance ». Dans leurs commentaires, les vigneronnes ne tarissent pas d’éloge sur l’événement, qui met dans la lumière leur travail, la qualité de leurs vins et leur vision du monde viticole, qu’elles contribuent, en Languedoc et ailleurs, à faire progresser depuis trois décennies.

Un millésime 2015 tout en fraîcheur sur le littoral héraultais

 


Photos: IGP d'Oc et AOC Languedoc

Après les événements montpelliérains, la présentation des vins aux professionnels s’est poursuivie au Salon International de l’Agriculture à Paris, grand rendez-vous annuel viticole également.S’y dessinaient les contours d’un millésime 2015 qui tient ses belles promesses dans l’Hérault. Terre antique de vins blancs, puis de rosés, les clairets, il déploie sur son littoral, d’Agde à Lunel, une viticulture encore massivement basée sur ces couleurs. Le raisin a bravé les épisodes climatiques. Sécheresse tout l'été, orages ou pluies abondantes au moment des vendanges ont  contrarié la maturation du raisin, mis à rude épreuve son état sanitaire, et les nerfs des vignerons, entre nécessité de laisser mûrir et impératif de récolter avant les ondées.  Leur art et leur maîtrise ont eu tout loisir de s’exprimer sur ce millésime difficile. La quantité était globalement au rendez-vous et une belle qualité se confirme partout. Restait à reconduire, en vinification, un même profil de vin « pour que le consommateur retrouve son produit » explique  Frédéric Bailleux, directeur des Vignerons de Lunel.
Sur le terroir des muscats, les blancs secs se sont révélés d’une grande richesse aromatique typique du cépage  à petits grains, marqués cette année par le fruit de la passion, le pomelos, le citron, ainsi qu’une dominante pêche des vignes, avec de la rondeur et du gras sur les vins biologiques, très présents sur le littoral. Olivier Robert, au Mas de la Plaine Haute à Vic-la-Gardiole, met en avant une année peu commune pour le muscat, retardé dans sa maturation pour l’élaboration des vins doux naturels (VDN). Du gras, de la rondeur, un bel équilibre ressortent aujourd’hui en dégustation. A la cave de Frontignan, où ils occupent encore 73 % de la production, Deborah Donnadei confirme les notes dominantes de fruit, « expression des beaux raisins récoltés » sur les muscats en AOP. Après les pluies, le vent du nord qui séchait les grains a œuvré pour les passerillages. Les raisins récoltés tardivement ont développé une grande complexité.
2015 consacre le picpoul, avec une vendange abondante compensant une faible récolte en 2014. Ce cépage tardif, qui n’a pas subi les pluies, a, par nature,  la peau dure! Très floral, d’un bon équilibre en bouche, il révèle de Florensac jusqu’à Mèze, en passant par Castelnau-de-Guers, « une belle expression aromatique, avec de l'élégance, de l'harmonie » note Joël Jullien, directeur des Vignerons de Pomerols. Olivier Azan, au Domaine du Petit Roubié à Pinet,  met l’accent sur « une belle acidité, du fruit, de la longueur en bouche, et de la vivacité». Sur les hauts terroirs, les picpouls expriment « du volume, de la matière, de la rondeur travaillée sur lies » chez les Vignerons de Montagnac.
D’une manière générale, 2015 préfigure une grande année pour les AOP Blancs, issues d’un grenache et vermentino au mariage harmonieux, d’un viognier remarquable quand récolté bien mûr, roussanne et marsanne apportant de la complexité.
Les Vins de Pays blancs et rosés se parent de belles robes franches, limpides, avec une bonne maturité en général, des niveaux d'acidité et de fraîcheur intéressants. « Les pluies ont été très opportunes, nous avons eu très peu de corrections à faire sur les acidités, beaucoup d’arômes en Cœur d’Hérault » ajoute Jean-Louis Reffle, directeur des Vignerons de Montagnac. Le grenache blanc, emblématique du Languedoc, se découvre très floral  en Pays de Thau. Quant au cépage - roi cette année, le vermentino, il se révèle tout en  rondeur.
Symbole de la culture méditerranéenne, les rosés seront eux aussi très frais, avec de bonnes acidités. La star en sera le grenache, marqué fruits rouges et fruit de la passion, à la belle robe très pâle, expressive. Le muscat aussi prend des couleurs, à l’exemple de la cuvée Terres roses à Frontignan, aux arômes musqués, assemblage de muscat blanc et de muscat rouge.
Blancs secs et rosés sont déjà mis en bouteille et commercialisés depuis quelques semaines, avec un bon  démarrage des ventes. La fraîcheur du millésime 2015 séduit, les résultats du Concours Général Agricole de Paris en attestent, avec une  moisson de médailles sur le littoral. Le lent cheminement de ces vins arrive dans la dernière étape: la rencontre avec les consommateurs, pour être bus dans l’année avec toute leur vivacité, leur belle typicité d’une vendange 2015 … entre les gouttes.

Florence Monferran

Palmarès complet du concours général agricole de Paris sur : www.concours-agricole.com/vins_palmares_rech.aspx

Deuxième Edition des Héritières de Bacchus à Claret

Les Héritières de Bacchus, salon viticole original dédié aux vigneronnes, a vu le jour en 2015. Unique dans la région, il accueille des productrices de toute la France. La 2e édition le 13 mars à Claret, dans la foulée de la Journée internationale de la femme, conserve son concept de mettre en lumière leur travail et leurs cuvées. Au pied du Pic Saint Loup, des paysages et des vignobles de référence serviront d’écrin à l’accueil de ces dignes descendantes du dieu du vin.
Président de l’association organisatrice, Laurent Lafont ne ménage pas sa peine pour la pleine réussite de l’événement. « Nous avons renouvelé à 75% les exposantes, les grandes régions de la Bourgogne et du Bordelais nous rejoignent cette année. Nous remercions également les fidèles de la première heure ». Il souhaite donner une plus grande ampleur à l’événement dans les prochaines années et fourmille de projets en ce sens. Mairie de Claret et Communauté du grand Pic saint loup ainsi que des partenaires viticoles soutiennent la manifestation, relayée toute la semaine par France Bleu Hérault.

Au programme : Dégustations sur les stands de 11 h à 19h
Droit d’entrée : 5 € le verre sérigraphié
Bar à vins et restauration sur place avec le Traiteur d’Amélie
Christine Dardé, œnologue, animera deux ateliers (matin et après-midi) sur « les us et coutumes de la dégustation»
Didier Page, photographe, présentera ses clichés de vigneronnes et œnologues dans leurs vies quotidiennes, à la maison du Parc

Contact : Laurent LAFONT, Président des "Héritières de Bacchus"
06 19 88 11 46 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Place du IIIème Millénaire au centre du village de Claret.
Repli prévu en salle au cas où la météo ne serait pas sereine.
http://lesheritieresdebacchus.fr/

 

Les raisins de la colère

un vin chilien choisi comme vin officiel du tour de France

Afficher l'image d'origineLes coureurs du tour de France ne carburent pas au gros rouge et l'eau minérale est toujours leur breuvage préféré tout au long de la Grande Boucle. Mais il existe un "vin officiel" du Tour, c'est le le vin présenté lors des Grands Départs et étapes du Tour de France se déroulant l’étranger, où la Loi Evin ne s’applique pas, en Suisse et en Espagne par exemple.
Cette année le « vin officiel » sélectionné par ASO (Amaury Sport Organisation), l’organisateur du Tour de France, est... chilien et c’est le groupe Cono Sur qui a été retenu pour installer son véhicule promotionnel dans la caravane publicitaire du Tour de France, avec sa cuvée « Bicicleta ».
"Le Tour de France est une vitrine du patrimoine culturel, économique et social. Je trouve ça incroyable qu'il soit représenté par un vin étranger lors des étapes hors de nos frontières", regrette Frédéric Rouanet, président du syndicat départemental des vignerons de l'Aude, interrogé par Le Figaro.
Les vignerons sont prêt à entrer en guerre contre cette décision et menacent déjà de bloquer la route du tour. Carole Delga, la présidente de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, a adressé un courrier au président du Tour, Christian Prudhomme, pour déplorer ce choix. Par ailleurs huit députés de l'Hérault viennent également de signer un courrier adressé à Stéphane Le Foll pour lui demander d'intervenir : cliquez ici pour lire la lettre.

Vinisud 2016, Ode à la Méditerranée

Vinisud, salon des vins de la Méditerranée a refermé ses portes sur une fréquentation stable. De vins, de terroirs, de cépages, il n’a été question que de cela pendant trois jours à Montpellier. Des grands stands des interprofessions aux plus petits, des plus sophistiqués aux plus simples, le vin a jailli dans toutes ses dimensions, dans tous ses métiers.
Des vins à profusion, avec 26 000 références disponibles à la dégustation, des vins du Languedoc-Roussillon très présents, qui racontent le Sud, avec leurs AOP, ancrées depuis trente ans dans leur terroir et leur histoire, avec leurs IGP, à l’instar des Pays d’Oc qui parlent cépages en 56 variétés. La référence au terroir, omniprésente, court à travers les couloirs du salon, dans les noms, tels Vignerons et patrimoine, les cuvées, comme « Les galets dorés » du domaine de Nizas, sur les bouteilles armoriées de la Compagnie Rhodanienne, dans les cépages honorés au cours des dégustations, à l’image des meilleurs grenaches du monde.
Ressurgis de leurs terroirs, les cépages anciens ont tenu le haut du pavé. Le succès des nombreuses conférences consacrées aux cépages  autochtones, oubliés en atteste. Un espace entier, « Expression méditerranéenne », a rassemblé vins et vignerons sous l’égide de Wine Mosaïc. La jeune association  a fait de la protection d’un patrimoine végétal et historique l’enjeu du maintien de la « vinodiversité » qu’elle défend. Vingt cépages rares ont ainsi été recensés en Languedoc-Roussillon, prêts à revivre.
Ces terroirs vivants (nom choisi par un négoce montpelliérain), Vinisud a invité à les parcourir dans leur multitude. C’est d’ailleurs un itinéraire culturel, Iter Vitis, les chemins de la vigne, qui a reçu le prix de l’ « Oenotouriste de l’année». « Prix gratifiant pour tous les membres de l’association qui font connaître les paysages culturels, historiques mais aussi scientifiques de la vigne et du vin », souligne sa représentante, Viviane Coursières. 
De la balade proposée directement  depuis le salon par le Clos Bagatelle pour rejoindre les terroirs de St Chinian, jusqu’à l’organisation Sud de France, qui présente des circuits « à la carte » ou des suggestions de son Club Oenotourisme, ces chemins variés incitent à la découverte des plus beaux vignobles et domaines. L’accent est mis sur l’innovation, par le numérique, la diversification des offres, le développement des hébergements, la gastronomie… André Deyrieux, créateur de Winetourism in France, définit le mouvement comme « un tourisme culturel qui se déguste sur un territoire  (…) Le vin est une clé pour ouvrir ce territoire, une énorme encyclopédie. Chaque fois qu’on tourne une page, on découvre quelque chose ».
Cette invitation n’est possible que par la qualité des vins. Tout nous ramène à eux, y compris lorsqu’on emprunte des chemins de traverse, qui mènent les pas sur le salon Demeter de la biodynamie, à Palavas , chez les Outsiders, vignerons étrangers installés en Languedoc, ou chez les Vinifilles un soir de Saint Valentin … aux chandelles, à la Gazette Café. Dans une ambiance feutrée et chaude, nourrie de monde, de musique, et derrière les sourires et les grands éclats de rire, perce le travail, tout le travail de ces vigneronnes,  pour mener à une qualité, dégustée dans un instant privilégié. Cette qualité affichée, démontrée reconnue, des vins du Languedoc-Roussillon et du sud de la France, Vinisud l’a célébrée , dans une ode à la diversité, une ode à la Méditerranée, à ce pourtour de  mare nostrum, notre mer, mère de la diffusion de la viticulture. 

Florence Monferran

Quelques sites à parcourir :

 
Stand IGP Pays d'Oc                                                                       Stand "Les beaux nez rouges">

 

 
Stand Wine Mosaïc                                                                         Intervention Laurent Audeguin sur les cépages anciens du Languedoc

 
André Deyrieux et Viviane Coursières

©photos : Alain Reynaud, photographe officiel de Vinisud

Marie Ferré à Vinisud

C’est en 1970 que Léo Ferré s’installe, avec son épouse Marie-Christine, en Italie, entre Sienne et Florence, à Castelina in Chianti. C’est dans ce paysage de collines hérissées de pins, parmi les rangées de vignes et d’oliviers qu’il se  posera pour amorcer une nouvelle tranche de vie. «Je ne sais pas d’où je viens mais je sais que je suis là à reverdir dans cette campagne toscane" (Et basta...). Pendant qu’il compose et écrit quelques unes de ses plus belles musiques, poèmes et chansons, Marie-Christine bichonne ses quelques hectares de vignes. Léo Ferré s’en est allé un quatorze juillet, en 1993, Marie-Christine, toujours installée dans les collines toscanes, est aujourd’hui aidée par ses enfants dans l’exploitation. Elle est présente au salon Vinisud pour nous proposer, toujours sous l’emblème du hibou signé Picasso, toute la gamme de Chianti classico, chargés de fruits et d’épices, aux noms aussi mélodieux qu’un langoureux cantilène : Poggio ai Mori, Fumino, I Campacci, Eretico, Barbagianni, Musico, Diaccio, Lunatico. Elle produit également une savoureuse huile d’olive et le fils Mathieu s’est lancé dans la fabrication de bières fort appréciées.

M. P.

Chronique de Vinisud

Inaguration du salon par Carole Delga

C’est par des propos dynamiques et rassurants sur la nouvelle grande région LRMP que Carole Delga, sa présidente, a inauguré le salon Vinisud 2016. Après avoir rappelé que le vignoble méditerranéen est le premier producteur et exportateur de vins en volumes et en valeur, que « la vigne a façonné nos paysages et nos économies » elle a dressé les lignes forces d’une action régionale pour la filière viticole, 3e secteur d’exportation française.
La région va continuer à investir auprès des professionnels pour la bataille de la qualité, avec Sud de France marque phare pour la notoriété à l’international, pour développer l’oenotourisme, ici, dans l’Hérault avec Kléber Mesquida. En termes économiques, la viticulture peut être un pourvoyeur d'emplois pour les jeunes, de l’amont jusqu’à l’aval. Elle soutient ainsi le projet d'école nationale de la sommellerie. Au travail dès aujourd’hui avec les responsables de la filière pour coordonner les marques Sud de France et vins du Sud-Ouest, pour innover, elle annonce des mesures pour une irrigation raisonnée, et pour débattre sur la question foncière. Elle sera "attentive et volontaire pour aider les vins". Carole Delga salue la réussite du salon Vinisud, et souhaite que cette édition soit « commerciale et conviviale »
Fabrice Rieu, président de Vinisud, rappelle dans son discours ce que le salon doit à ses prédécesseurs, aux différents présidents de la région LR, aux acteurs de la filière, tous « fous de leur territoire et de leur terroir, qui prétendaient tutoyer les plus grands ». Et de citer Jean-Claude Gayssot : « nous n’avons désormais aucune raison d’avoir peur ». Il a rendu ensuite différents hommages, aux oenologues qui ont forgé le Palais Méditerranéen (2500 références en libre service), à la femme, dans tous les métiers et places qu’elle occupe dans la filière viticole. Il invite à « grandir ensemble en gardant taille humaine ».
Fabrice Rieu a bien voulu souligner pour Montpellier-Info « l’expansion exceptionnelle de Vinisud. Nous avons ouvert notre offre à d’autres régions que la Méditerranée (Bordeaux) et nous lançons l’expérience de devenir annuel. Il y aura une édition en 2017, et une en 2018, c’est acté ».

Florence Monferran

 

Vinisud : les vins méditerranéens tiennent salon à Montpellier

La 12e édition de Vinisud, carrefour des vins de la Méditerranée, se tiendra du 15 au 17 février au Parc des expositions à Montpellier. Le salon, présidé par Fabrice Rieu, se présente comme la vitrine du premier vignoble mondial (plus de 53 % de la production et 63 % des échanges à lui seul).

 
Fabrice Rieu
Fabrice Rieu au micro

Elodie Le Drean
Elodie Le Drean (Sud de France développement)

Jacques Gravegeal
Jacques Gravegeal
Président du Syndicat des Producteurs de vins de pays d'OC

   

 

Espace de transactions à destination des acheteurs professionnels de tous les continents, de l’importateur au caviste, des restaurants à la grande distribution, Vinisud a pour objectif « d’ouvrir la Méditerranée aux nouveaux marchés du vin, (…) de tout mettre en œuvre pour attirer les acheteurs et poursuivre la dynamique export des vins méditerranéens ».

32 000 visiteurs sont attendus, dont 9 600 internationaux. 1 700 exposants leur feront découvrir et déguster plus de 26 000 références de vins dans leur grande diversité, du Sud de la France et de l’ensemble du pourtour méditerranéen, du Portugal au Proche-Orient, des Balkans au Maghreb.

Le salon fournit également l’occasion pour les vignerons et négociants de dévoiler des nouveautés, de lancer des initiatives marketing. De nouvelles tendances s’y dessinent, comme le boum sur la consommation des effervescents ou le poids du rosé, symbole de la culture méditerranéenne.

Le salon fait aussi la part belle à l’œnotourisme

Au lendemain de l’ouverture du portail français Visit french wine par le gouvernement (Visitfrenchwine.com). Sud de France Développement y lancera les premières routes œnotouristiques dans la région (www.destinationsuddefrance.com).
Un espace sera dédié à la richesse du patrimoine viticole, culturel, culinaire de la Méditerranée, avec une nouvelle sélection de cépages rares présentée par Wine Mosaïc, une exposition du photographe régional Claude Cruells. Un éventail d'animations, conférences, et autres expositions de livres, peintures appuyera l’ensemble de ces thématiques.

Les AOP et IGP du Languedoc, représentant 350 entreprises de la filière, arrivent en force à Vinisud.

Pays d’Oc IGP, avec ses 6 millions d’hl mis en bouteille sous la bannière aisément reconnaissable du cépage, se présente comme le leader français en la matière. Le Comité Interprofessionnel des Vins du Languedoc lance quant à lui une campagne de sensibilisation des professionnels, afin de mettre en lumière la qualité du millésime, né sur des terroirs variés. Vinisud permet en effet aux acheteurs de découvrir en avant-première les nouveaux crus. Entre Millésime Bio, à Montpellier, et ProWein à Dusseldorf, Vinisud se positionne à un moment-clé de la période des achats et souhaite devenir annuel.

Loin d’une actualité brûlante, le salon propose de poser notre regard sur la Méditerranée, creuset d’une viticulture, qui a servi de ciment commun à tous ses pourtours.

Florence Monferran

 

 

Le vignoble méditerranéen
1er producteur et 1er exportateur mondial en volume et en valeur

Les vins méridionaux, nouvelle puissance économique
+59% en valeur à l’export des vins méridionaux en 5 ans

Le rosé symbole de la culture méditerranéenne
76% des échanges mondiaux de rosé sont réalisés par les vignobles méditerranéens

Le boom des effervescents
+30% d’augmentation de la consommation mondiale de vins effervescents entre 2003 et 2013