Pays d’Oc IGP dévoile son palmarès Collection 2016

Le label Pays d’Oc IGP vient de dévoiler les cuvées ambassadrices de son trophée. Pour l’édition 2016, 21 flacons ont été retenus par un jury international de professionnels, confirmant ainsi la créativité du label en vins mono-cépages, bi-cépages ou assemblages.

56 vins proposés à la dégustation sur une présélection de 223 cuvées

8 blancs et 13 rouges, c’est le nombre de vins qui ont été retenus pour cette nouvelle édition du palmarès « Pays d’OC IGP. » Organisée le 29 Juin dernier, la séance de dégustation réunissait un jury international composé de pas moins de 11 journalistes et professionnels du vin. A l’issue de la délibération, tous ont été unanimes. Parmi les (§ vins proposés à la dégustation sur une présélection de 223 cuvées, « les 21 cuvées retenues procuraient énormément de plaisir. » Ce palmarès Collection 2016, par sa qualité, ne peut que renforcer l’image prestigieuse des vins de la région sur les Salons où ces cuvées seront présentées à l’étranger », témoigne Dominique Laporte, Meilleur Ouvrier de France-Sommelier, qui faisait parti du jury de cette année.

Le trophée Collection : un tremplin pour les viticulteurs

Créé en 2007 à l’initiative du Syndicat des producteurs de Vins de Pays d’Oc, le trophée Collection souhaite avant tout faire émerger, à travers ses cuvées ambassadrices, les vins les plus remarquables des vignerons répondant au cahier des charges Pays d’Oc IGP (Indication Géographique Protégée).
« Pour ce palmarès Collection 2016, nous avons privilégié les vins ceux qui nous interpellaient par leur supplément d’âme et leur originalité. (…) Cela montre bien la prise de risque, le dynamisme et l’offre très vaste des vins des pays d’Oc… Avec Collection 2016, le Languedoc est certainement un peu ce Nouveau Monde de la France, » déclarait Olivier Dauga, consultant en vis bordelais et président du jury collection 2016.

Liste des cuvées sélectionnées :

Collines du Bourdic - « Le Prestige » - Chardonnay - Blanc - 2015

Domaine Gayda BIO - « Figure Libre Chenin Blanc » - Chenin blanc - Blanc - 2014

Domaine La Provenquière - « P Sémillon Vermentino » - Semillon / Vermentino - Blanc - 2015

Paul Mas BIO - « Mas des Tannes Grenache Blanc » - Grenache blanc - Blanc - 2015


Les Costières de Pomerols - « Beauvignac » - Chardonnay - Blanc – 2015

Les Hauts de Janeil - « Grenache-Viognier » - Grenache Blanc / Viognier - Blanc – 2015

Mas de Madame - « Muscat sec » - Muscat à petits grains - Blanc – 2015

Mas La Chevalière - « Vignoble Peyroli » - Chardonnay - Blanc - 2013

Aigues-Belles BIO - « Cuvée Nicole » - Assemblage - Rouge - 2013


Alma Cersius - « Terra Patres » - Assemblage - Rouge – 2012

Calmel & Joseph - « Villa Blanche Marselan » - Marselan - Rouge – 2014

Condamine Bertrand - « Elixir » - Assemblage - Rouge - 2014




Domaine de Brau BIO - « Pure Pinot Noir » - Pinot Noir - Rouge - 2015


Domaine de la Baume - « Syrah – La Jeunesse » - Syrah - Rouge – 2015

Valensac - « entre nous selon Valensac » - Petit Verdot - Rouge – 2014

Domaine du Grand Chemin - « JMF » - Cabernet-Sauvignon / Pinot Noir - Rouge – 2014

Domaine du Grand Chemin - « Clos Rogé » - Assemblage - Rouge - 2013



Picaro’s - « Amano » - Syrah / Grenache - Rouge - 2013




Domaine Gayda BIO - « Chemin de Moscou » - Assemblage - Rouge - 2013

Vignobles Foncalieu - « Le Versant Syrah » - Syrah - Rouge - 2015


Mas du Salagou BIO - « Cinérite » - Assemblage - Rouge - 2013

Vin et art au Musée Fabre

 
Grappillages en Languedoc

Quelques instants de légèreté offerts au Musée Fabre ont fait tutoyer vin et œuvres d’art dans les collections, puis dégustation et architecture dans la cour Joseph Marie Vien. Les amateurs étaient en effet conviés à un parcours à travers des peintures et des cuvées choisies, en compagnie de David Cabot, guide-conférencier du Musée, et de Noëlle Bardou, animatrice oenotouristique.
Ils ont pu observer Grappillages en Languedoc (vers 1905), de Max Leenhardt, jeune cousin de Frédéric Bazille, honoré actuellement. Le tableau, accroché à titre temporaire, rend compte de la culture viticole qui fit la fortune de Montpellier et nourrit l’effort de la révolution industrielle par le vin – aliment. On le sait peu, le père de Frédéric Bazille, Gaston, travailla avec Jules Planchon sur le phylloxéra qui sévit fin XIXe s. Noëlle Bardou retrace que le Languedoc, berceau de la vigne de France, y reste le plus grand vignoble d’un seule tenant.
A la différence de ce vin de masse, les tableaux proposés à la visite, tous flamands, évoquent une consommation d’élite avec des accents moralisateurs.


 Les noces de Cana, de Baellieur (XVIIe siècle) rappellent, par la présence de grandes jarres d’eau en pierre, que Jésus la changea en vin.

 


Per Boch dépeint dans Jeune Hollandaise versant à boire (vers 1650) les effets pernicieux du vin, la vulgarité de l’ivresse de l’homme, mais aussi comment la femme peinte se verse du vin en vraie dégustatrice, tenant le verre par la cive (rondelle terminant le pied). Nous apprenons ainsi que le verre à vin existait déjà, produit et diffusé largement depuis l’Angleterre.


Avec Comme les vieux chantent, les enfants piaillent (vers 1662), Steen renvoie l’image d’une famille bourgeoise, cossue. Scène de genre hollandaise typique de légèreté, joie, et bonne chère, elle contient elle aussi une mise en garde, car même les enfants boivent.

 

Son «Repos devant l’auberge (vers 1660) nous montre un client fortuné qui boit du vin et non de la bière.
Le verre, conique, est là aussi tenu par la cive, invitation à boire, et peut-être plus … avec la noix aux cerneaux en forme de cœur.

 

 

La dégustation avant achat par un négociant est évoquée dans Deux muletiers à l’auberge  de Dujardin ((1658).De cette leçon de peinture, David Cabot conclut, avec Pline l’Ancien, et humour : « L’homme doit au vin d’être le seul animal qui boit sans soif ».

   

L’accès privilégié à la cour Joseph Marie Vien, havre de fraîcheur à l’ombre d’un olivier et d’un cyprès, à l’intérieur des murs du Musée Fabre conduit le groupe à la dégustation évoquée dans les tableaux. « L’art, le vin, ancrent Montpellier dans son terroir viticole » introduit Noëlle Bardou, qui présente trois cuvées sélectionnées: Edmond le démon, Rosé 2015 du Chai d’Emilien à Sussargues, Blanc, 2014 du Clos Sorian à Poussan, et la Cuvée Turenne, Rouge 2013, en vin biologique, de l’Abbaye de Valmagne à Villeveyrac.

  

Le rosé Edmond le démon, vin plaisir, hommage au grand-père d’Emilien Fournel, réunit les cépages emblématiques du sud et du rosé : grenache, cinsault, syrah, aux arômes de pêche de vigne, framboise, pamplemousse. Blanc, 2014 du Clos Sorian, petit domaine de 7 ha, se compose de roussanne, marsanne, venus des Côtes du Rhône, et de  grenache blanc, « fils d’Espagne ». Elevé sur lies fines, ce vin offre des arômes de fleurs blanches (aubépine, tilleul) et agrumes, à la belle persistance aromatique. L’AOP Languedoc Grés de Montpellier, sa bouteille syndicale et ses cépages reconnaissables sont abordés avec la Cuvée de Turenne. A Valmagne, « le vin fait l’association entre  culture, art et religion dans cette cathédrale des vignes », commente Noëlle Bardou. Ce rouge, à base de syrah et de mourvèdre élevés un an en fût, présente des arômes typiques de l’appellation en nez, beaucoup de jambe. « Le vin est un être vivant, il change selon les jours ». Pour ce vin de garde, elle recommande de le goûter à plusieurs étapes de son évolution dans le temps.
Dans la discussion ouverte, Noëlle Bardou met en valeur l’identité d’artisans vignerons, de « petits  qui ont progressé, qui viennent de loin. On ne peut pas juger l’époque du vin aliment, il était là pour accompagner un effort. Il y a eu des évolutions énormes, le Languedoc a su s’adapter ». L’auditoire, attentif et curieux, goûte à toutes ces informations, interroge, participe aux commentaires de dégustation et se sépare, enthousiaste. Devant le succès de la formule, un partenariat régulier est sur le point de voir le jour, pour une animation tous les mois ou tous les deux mois.

Florence Monferran

Prochaine visite le vendredi 21 octobre (à 11h et 16h)
Une Visite guidée œnologique est également pendant  la Fête des vignes en novembre.
Musée Fabre  39, boulevard Bonne Nouvelle
 34000 Montpellier
04 67 14 83 00 - www.museefabre.montpellier3m.fr

Les vins d’Hérault mis à l’honneur lors du tour de France 2016

Cette année, Le Département de l’Hérault, 1er vignoble de France, a choisi le Tour de France pour valoriser ses vignobles du 13 au 14 Juillet.

11e étape Carcassonne/ Montpellier 

« Le Département a la volonté de travailler avec la profession viticole et de faire découvrir ses vignobles. La viticulture en Hérault c’est un circuit, une invitation à la dégustation, une histoire, des atouts et le vivre ensemble héraultais, » a déclaré Kléber Mesquida au sujet du tour de France qui tiendra place dans le département du 13 au 14 Juillet. En effet, lors cette nouvelle édition, dès l’entrée dans le territoire héraultais, le Département a fédéré 25 communes pour mettre en avant ses vignobles, (AOC Appellation d’Origine Contrôlée et IGP Indication Géographique Protégée). Dans chaque commune, située sur le tracé de la Grande Boucle, une banderole de promotion des vignobles sera donc installée.

12e étape Montpellier/ Mont Ventoux

En partenariat avec « Hérault tourisme, » dès le 14 Juillet le Département installera un stand dans le village du Tour de France, afin de poursuivre sa promotion de ses vins.
Toujours sur le village, une dégustation de vins de terre et de mer sera organisée. Deux vignerons de l’Hérault ont été sélectionnés par le Pays Haut Languedoc et Vignobles pour venir à la rencontre des Héraultais et faire découvrir leur savoir-faire et leur terroir. Le domaine de Savary sera représenté par Christophe Savary, vigneron à Montagnac et le Domaine Mari par Eric Mari, vigneron à Siran.

Durant cette journée, le village du Tour de France deviendra incontestablement un lieu privilégié de rencontre et de partage entre les partenaires du Tour.
Les invités du jour et les coureurs, ouvre ses portes le matin environ 3 heures avant le départ de la course, et les ferme une fois le départ officiel donné.

A la rencontre d'un nouveau souffle en caves coopératives


Rebaptisées en « vignerons de » ou parées de noms antiques, à l’instar d’Héraklès à Vergèze, ancrées dans leurs villages languedociens comme un clocher à son église, les caves coopératives, symboles de la viticulture de masse du XXe s. en vins rouges courants, ont changé de patronymes ... et de visage. 

Après le grand tournant des arrachages, des fusions entre elles, elles ont pris le chemin de la qualité et de l’innovation par le biais d’options économiques diverses. Ces « cathédrales de Bacchus » d’une époque révolue se muent en caveaux de vente ultra-modernes, à l'exemple de Florensac, Mèze ou Celleneuve. Elles offrent aujourd’hui des vins de toutes les couleurs, produits en AOC, IGP, IGP Oc ou Vin de France. Artisans du patrimoine aux cuvées historiques, coopérateurs à une échelle industrielle assumée, le cépage chevillé au corps, comme Pomerols au picpoul, tournés vers la résurgence d’une très vieille histoire, à Saint-Georges d’Orques, ou à la pointe du marketing, ces viticulteurs partagent une souplesse à s’adapter à l’évolution des marchés économiques, et aux modes de consommation actuels. Ils démontrent une inventivité dont les inaugurations qui se succèdent depuis le mois de juin, à Montagnac, à Pomerols,  apportent une illustration vivante. Tout un symbole: la cuve historique d’une capacité de 41 00 hl, la plus grande d’Europe dans les années 1960, a été démolie à Montagnac pour laisser place à un projet « ambitieux et moderne », d’ateliers de vinification à la pointe de la technique. Tous ces exemples éclairent, dans sa multiplicité, le nouveau souffle du secteur coopératif en Languedoc, en particulier dans le grand Montpellier et en Pays de Thau.

Cette coopération reste porteuse de valeurs anciennes, de travail en commun, de solidarité, dans le souci de bien rémunérer ses adhérents. « Les vignerons du Pic gardent ce précepte au centre de leurs préoccupations » explique leur Directeur, Bruno Daneluzzi. Mais des valeurs remises au goût du jour, en sachant si possible anticiper l’avenir. Joël Julien, son Directeur, le résume pour la cave de Pomerols : « dans notre conception, la coopération est avant tout une aventure humaine, et une mise en commun de moyens pour mettre en œuvre des stratégies d’entreprise efficaces. » Ces stratégies ont entraîné une  mutation dans les mentalités: l’investissement n’est plus considéré comme une prise de risque, ou une part qui vient amputer la rémunération de l’adhérent.

Le renouveau coopératif passe par la qualité. Rupture avec le passé, tout ou majeure partie du vin est conditionné sur place (Assas, Pomerols), quand il partait autrefois massivement en vrac, en citernes. La recherche de la qualité peut passer par la limitation de la production de la cave. A Assas, qui produit en AOC Languedoc - Pic Saint-Loup et Grés de Montpellier,  le Conseil d‘administration a acté de ne produire que ce qui peut être vendu. Pas toujours simple à faire passer: il faut convaincre les adhérents, mettre au point un cahier des charges qualitatif (sol, conduite de la vigne, jusqu’à la surmaturité des rouges).
La coopération partie prenante de la recherche d’excellence? A Saint Georges d’Orques, la cave participe main dans la main avec les vignerons indépendants et le syndicat au travail pour l’obtention d’un cru communal. Tous s’appuient et valorisent ensemble une démarche historique sur ces vins fins, naturellement élégants célébrés par Thomas Jefferson dans son voyage en France, avant de devenir Président des Etats-Unis d’Amérique.

 
Nouvelle cuverie à Montagnac                                          Chaîne d'embouteillage à Pomerols

Dans une option de modernisation à grande échelle, des caves n’ont pas hésité à s’équiper en matériel pour traiter vins blancs et rosés au froid. Les vignerons de Montagnac en sont un bel exemple. Ils inauguraient le 21 juin dernier leur nouvel atelier de vinification, d’une capacité de 45 000 hl, tout en cuverie inox, à l’abri de l’oxygène dès l’arrivée du raisin jusqu’en cuve de fermentation. Des jus automatiquement sélectionnés, pressés dans d’immenses pressoirs mis au point sur place, sont ensuite refroidis et distribués en cuves de débourbage. Cout: 3,7 millions d’euros. Ces investissements font dire à Boris Calmette, président régional de Coop de France « qu’en cave coopérative, les investissements réalisés au service des adhérents le sont également pour les générations à venir ». Deux jours après Montagnac, les Costières de Pomerols inauguraient leur nouvelle ligne d’embouteillage, entièrement automatisée. D’une valeur de 1,5 millions d’euros, elle constitue la dernière étape d’une modernisation complète, entamée à partir des années 2000, « dans l’ordre » rappelle le Président sortant Cyr Gaudy, partant de l’encépagement, puis la vinification jusqu’à la commercialisation. « Ce n’était pas évident. Le premier investissement coûtait 6,5 millions d’euros. Tout le monde a suivi » raconte celui qui, après 14 ans à la barre, passe le relais, serein, à la tête d’une coopérative qui fait figure aujourd’hui de locomotive. En opérant plusieurs fusions, se dotant d’outils de vinification, mise en bouteille et stockage , ainsi que de caveaux de vente, les Costières de Pomerols ont démontré leur capacité à élaborer et poursuivre durablement des stratégies commerciales, s’adapter aux nouvelles conditions des marchés.
Ces caves ont répondu à la crise. « Nous avons traversé une crise économique où le consommateur cherche à identifier des produits de très bon rapport-qualité/prix » analyse Joël Julien. La crise analysée, la cave a préparé, anticipé les reconversions. Henri Cabanel, sénateur de l’Hérault, le rappelle : « la viticulture languedocienne, aujourd’hui connue et reconnue, dans une agriculture malade, s’est prise en mains, n’a pas ménagé sa peine et ses efforts ». 
Elles ont construit des marchés: Assas en réseau cavistes France (60% de son activité), Pomerols à l’export (pays anglo-saxons, Asie maintenant), St Georges d’Orques avec Montpellier Méditerranée Métropole en Chine.
 
Les résultats sont là: une progression à deux chiffres à Assas, des bouteilles bien valorisées, des frais de vinification qui n’ont pas augmenté à Pomerols, malgré la lourdeur des investissements.
Le succès économique tient aussi à une démarche marketing pensée, qui définit un profil de produit à vinifier (Pomerols, Assas), avec une belle typicité en Picpoul de Pinet, Languedoc - Pic Saint Loup et Grés de Montpellier. Bouteille personnalisée, vins dotés d’une véritable identité,  à l’instar du slogan « son terroir, c’est la mer » en picpoul, le travail de communication a intégré le produit dans son environnement.

 
Terroir d'Art à Montagnac                                                                               Cuvée Jefferson de Saint-Georges d'Orques

Ces caves savent aussi surfer sur des vagues montantes, celle, en particulier, des nouvelles appellations: en picpoul de pinet depuis 2013 (Montagnac, Pomerols), en dénomination Grés de Montpellier depuis 2003 (Assas, Saint Georges d’Orques), qui constituent des valeurs porteuses d’image.  Ces caves ont observé et géré de nouveaux modes de consommation, à l’exemple d’Assas et de Saint-Georges d’Orques avec des vins féminins, gourmands, qui s’adressent à un consommateur plus jeune. Elles ont utilisé l’aspiration touristique, comme pour Pomerols près du Cap d’Agde, Assas et Saint Georges d’Orques près de Montpellier, métropole régionale tournée vers l’international. 
Elles ont glissé vers l’oenotourisme, aidées en cela par le département ou la marque régionale Sud de France pour s’offrir un nouvel élan. Les circuits oeno-rando inaugurés en juin à Montagnac et Pomerols en sont la preuve pour Jean-Louis Reffle, directeur des Vignerons de Montagnac : « L’oenotourisme fait partie du renouveau de la Cave, de notre dynamisme ». Il permet d’y renouer avec un « Terroir d’art » à parcourir avec Nadine, vigneronne et conteuse de sa terre. Cette oenoculture allie sans complexe vins et mets, à l’exemple  des ateliers de Beauvignac à Mèze, musique, photo, art, paysages … et démontre un attachement au terroir. A Saint-Georges d’Orques, il n’est question que de patrimoine, et d’histoire. Une Cuvée Jefferson a vu le jour à la demande de l’ambassadeur des Etats-Unis venu il y a cinq ans dans le village perpétuer son souvenir.
Le récent concours national de l’oenotourisme en caves coopératives à Marseille ne s’y est pas trompé. Il a largement récompensé les initiatives héraultaises[1].

Une amorce plus timide en vins biologiques fait jour. Les inaugurations ont vanté la pratique de la confusion sexuelle à Montagnac et  Pomerols, qui limite l’usage de traitements. Trois productions bio  sont vinifiées et mises en bouteille en prestation à Montagnac. Tout le matériel de l’ancienne cuverie détruite y a été recyclé, et l’installation d’une toiture photovoltaïque fait montre d’un souci environnemental. Mais d’une manière générale, le bio en cave coopérative, en Languedoc-Roussillon ne prend qu’une part relativement faible: moins d’un quart du vignoble bio est en coopérative, 1 coopérative sur 4 produit du bio (66/210 en Languedoc).

Caveau des Vignerons du Pic à Assas

Vous croiserez peut-être cet été un rouge en Grés de Montpellier de Saint-Georges d’Orques ou Assas, un picpoul de Pomerols ou de Montagnac, … ou un rosé de Bessan en bord de mer. Vous saurez alors par vous-mêmes combien ces caves coopératives ont progressé sur le chemin de la qualité et de la création, comment, à leur mesure, elles contribuent par leurs efforts et leurs compétences au renouveau de la viticulture languedocienne tout autour de Montpellier.

Florence Monferran


[1] Les circuits « Oeno-rando» – démarche portée par un groupe de 10 caves coopératives de l’Hérault en Catégorie "Balades vigneronnes" » et L’Art en Cave – démarche portée par la cave de Saint-Chinian en Catégorie "Evénements, animations"

Montagnac et Pomerols : entre investissements colossaux et oenotourisme

 

Les Vignerons de Montagnac :
Créés en 1937
Président : René Moréno, Directeur : Jean-Louis Reffle
Fusion avec Lézignan, Tourbes, Loupian
2000 ha - 130 000 hl
50% en rouge, 25% en rosé, 25% en blanc
AOC Picpoul de pinet, AOC Languedoc Rouge, IGP Coteaux de Bessilles, vins de cépages
Circuit oeno-rando « Terroir d’art »

15 Avenue d'Aumes - 34530 MONTAGNAC
04 67 24 03 74 - www.lesvignoblesmontagnac.com et www.terroir-dart.com 


 

Les Costières de Pomerols : 
Créées en 1932
Président  depuis juin 2016 : Jean-Louis Atienza, Directeur : Joël Julien
Fusion avec Castelnau de Guers, Mèze
1800 ha, dont 430 en picpoul - 130 000 hl
65 à 70 % conditionnés 
AOC picpoul de pinet, IGP Oc, IGP Cotes de Thau
60 % blanc, 20 % rosé, 20% rouge
6 millions de cols, capacité portée à 8-10 millions avec la nouvelle chaîne d’embouteillage
Circuit oeno-rando  et Thaucyclette ( à vélo)
Avenue de Florensac - 34810 POMEROLS
04 67 77 89 94
Et Caveau de Beauvignac - Route de Pézénas -34140 MEZE
04 67 43 80 48
www.cave-pomerols.com 

 Assas et Saint-Georges d’Orques: un passé prestigieux dans l’aspiration de Montpellier
Les deux lieux produisaient des crus très réputés aux 17e et 18e siècles


 

Les Vignerons du Pic :
Créés en 1939
Président : Yves Euzet, Directeur : Bruno Daneluzzi,
Fusion de 4 coopératives
629 ha en 2015
45 000 hl
AOP Languedoc et dénomination Pic Saint Loup et Grés de Montpellier, IGP Oc
60% de son activité avec les cavistes (400 en France)
20-25 % en vente directe
20 % à l’export
Progression en Grés de Mtp : de 10000 bouteilles il y a dix ans à 100 000 bouteilles285,
Avenue de Sainte Croix-34820 ASSAS
04 67 65 93 55
Et Caveau du Cellier Du Pic
2 Avenue du Pic Saint-Loup - 34 980 SAINT-GELY-DU-FESC
http://vigneronsdupic.net 

 

Saint-Georges d’Orques, « l’émeraude de Montpellier »
Créée en 1947
Président : Robert Vidal, Directeur : Marc Fite
Fusion (la première du département en 1980) avec Celleneuve
412 ha
27 000 hl en 2015
AOP Languedoc, et dénomination Grés de Montpellier, IGP Oc
Objectif : reconnaissance en cru communal en 2018 ou 2019/21
avenue de Montpellier - 34 680 SAINT-GEORGES d’ORQUES
04.67.75.11.16
et Caveau de Celleneuve 
10 rue de Gignac
  -34000 MONTPELLIER
04.67.75.22.79

http://cavesstgeorges.pagesperso-orange.fr 

Crédit photos aux Caves coopératives

Un Palmarès des Muscats du monde à la gloire des arômes

Le rendez-vous est pris chaque année en début d’été à Frontignan pour une confrontation internationale autour des muscats, organisée par l’association Forum Oenologie et la ville de Frontignan. Les 29 et 30 juin, la 16e édition de Muscats du Monde® n’a pas failli à la tradition, dans le cadre dédié de la maison Voltaire. Elle a vu 244 vins venus de 22 pays différents démontrer la richesse aromatique du cépage.

La confrontation a rassemblé des muscats sous toutes les formes: sec, doux, tranquille, effervescent, blanc, jusqu’aux nuances rosées à rouge foncé, des vins jeunes comme de longue garde.  Outre d'une diversité d'élaboration, le concours, vitrine mondiale du cépage, témoigne d’une grande variété géographique d'implantation, avec une forte participation coutumière de pays voisins (Espagne, Italie, Portugal) ou plus lointains, comme l’Afrique du Sud et le Brésil. Pour ce qui concerne la France, toutes les régions productrices de muscat étaient largement représentées, de l’Alsace à la Corse, en passant par les terroirs historiques du Languedoc, du Roussillon, et de la Vallée du Rhône.

Muscats du Monde® a rendu un palmarès expression de cette diversité. 81 vins (33% des échantillons) se sont vus récompensés de 29 médailles d’or, dont 7 pour la France, et de 52 médailles d’argent.  Le tableau d’honneur reflète tout autant la diversité des formes de vinification des muscats. Aux côtés des traditionnels vins doux naturels, très aromatiques, flamboyants, puissants, aux profils modernes, des vins issus de vendanges spéciales valorisant la complexité, la finesse des muscats a séduit les jurés, en vins naturellement doux, muscats « Hors d’âge » ou vins de liqueur, ainsi qu’en vins effervescents, de plus en plus présents dans le concours. Au top 10 (13 cette année en raison d’égalités) huit pays sont distingués, avec une mention spéciale pour le Portugal et la France (trois récompenses).

Le Sud, du Languedoc et du Roussillon à la Provence, récolte une belle moisson de médailles, avec une présence notable, aux côtés de vignerons indépendants, de grands négoces impliqués dans la production de muscats ( Grands Chais de France, Gérard Bertrand).
Frontignan occupe une place d’honneur dans ce palmarès, qui confirme des valeurs sûres, habituées du podium. En Or, le Muscat de Frontignan 20 ans d’âge de la cave coopérative, vieilli en fûts de chêne, se classe au top 10 des meilleurs muscats du monde. La Belle Etoile 2015 du domaine Peyronnet, qui avait décroché une médaille d’or l’an passé, obtient de nouveau une médaille d’argent pour sa cuvée , récompense qui avait déjà distingué deux de ses vins en 2014. Par ailleurs, le Domaine de la Magdeleine, régulièrement primé en Muscat de Mireval, obtient une nouvelle médaille d’argent pour sa cuvée Vent d’anges 2014. Les Costières de Pomerols reçoivent également l'argent cette année pour leur Muscat sec.

La célébration des muscats se poursuivra, du 11 au 17 juillet prochain à Frontignan, à l’occasion du Festival du muscat. Cette année verra le 30e anniversaire du festival coïncider avec le 80e anniversaire de l’Appellation d’Origine Contrôlée muscat de Frontignan. Tous les muscats de l’Hérault, de Saint-Jean de Minervois à Lunel, en passant par Mireval, seront conviés à célébrer une nouvelle fois, le fabuleux cépage à petits grains, sous toutes ses formes, dans tous ses états, dans tous ses arômes.

Florence Monferran

Top 10* des meilleurs Muscats du Monde® 2016
PaysProduitsProducteurs
Portugal Setubal Do Moscatel Roxo - Adegas de Pegoes COOP. AGRICOLA STO ISIDRO DE PEGOES CRL
Australie Morris Cellar Reserve Grand Liqueur Muscat MORRIS WINES
France
Muscat de Rivesaltes Château les Pins 2006 VIGNOBLES DOM BRIAL
Italie
Moscato di Terracina Doc Oppidum Secco 2015 CANTINA SANT'ANDREA AZ. AGRICOLA
Portugal
Moscatel Roxo de Setubal Casa Ermelinda Freitas 2009  CASA ERMELINDA FREITAS - VINHOS LDA
Bulgarie
Muscat Dessert wine 2013 LVK - VINPROM LTD AD TARGOVISHTE
Australie
Morris Old Premium Rare Liqueur Muscat MORRIS WINES
Afrique du Sud
Nederburg Private Bin Eminence Noble Late Harvest 2012 DISTELL - NEDERBURG WINES
Espagne
La Mancha Do - Finca Antigua - Naturalmente Dulce 2015 FINCA ANTIGUA, SA
France
Muscat de Frontignan 20 ans d'Age - Vieilli en fûts de chêne SCA FRONTIGNAN MUSCAT
Brésil
Pietro Felice Moscatel Espumante IRMAOS MOLON LTDA - SINUELO
France
Muscat de Beaumes-de-Venise - Bois doré 2009 VIGNERONS DE BALMA VENITIA
Portugal
Setubal Do - Sivipa - Moscatel Roxo Superior 10 Anos SIVIPA, SOC. VINICOLA DE PALMELA, SA
* Certains vins sont rigoureusement ex-aequo
ainsi le TOP 10 2016 comprend 13 vins.
 

L'AOC Grés de Montpellier se déguste ... aveuglément

Le 20 juin, la jeune AOC Languedoc Grés de Montpellier organisait au Château d’Assas la deuxième dégustation à l’aveugle de son millésime, en l’occurrence 2014.


Dans ce site illustre, dont la façade de « folie montpelliéraine» laisse découvrir une partie renaissance et médiévale, avec donjon et tour pigeonnière, l’hôtesse des lieux, Marie-Claude Demangel, rappelait comment la musique baroque, ses plus grands interprètes ont assuré la renommée internationale du château.

C’est au son d’un clavecin jouant à côté que professionnels, cavistes et journalistes étaient conviés à donner leurs appréciations sur 13 vins sélectionnés à l’aveugle par les vignerons parmi 38 crus, comme représentatifs de l’AOC. Autour de quatre maîtres-mots - volume, finesse, élégance, fruit -, ces vins seront proposés dans toutes les manifestations où l’AOC sera présente. Ils y feront office d’ambassadeurs du cru.

Ce type de dégustation à l’aveugle  a pour but de «  se recaler entre vignerons sur une unité, la recherche de ce qui leur est commun », commente le président de l’AOC, Olivier Durand.
Pierre de Colbert, vigneron au Château de Flaugergues, résume le défi de la jeune appellation, qui s’étend sur 46 communes, des contreforts des Cévennes à la mer, de Montagnac à Lunel: l’homogénéité. Une robe pourpre, un nez de fruits rouges, des notes poivrées, réglissées en bouche, parfois plus complexes, évoluant sur le tabac, le café torréfié, et une belle rondeur soyeuse, les futurs ambassadeurs des Grés donnent toute leur expression aux cépages languedociens, Grenache, Syrah et Mourvèdre en tête.
Le terroir de grés, sols pauvres et caillouteux, sur un climat méditerranéen mais sous influence marine, est devenu le ciment et le porte-drapeau de l’appellation.
Tous s’en font les ardents défenseurs, de Bruno Daneluzzi, directeur des Vignerons du Pic à Assas, à Pierre de Boisgelin, vigneron en Saint-Georges d’Orques.  Des défenseurs souvent bio, à l’image d’Olivier Durand. La culture  biologique s’est invitée « naturellement » en Grés de Montpellier. « Plus de la moitié de la production est en bio, même sur de très grands domaines. Le reste de la production se fait en souvent en charte  Terra vitis, dans le souci de l’environnement. ». 
La demande en Grés de Montpellier augmente. Pour preuve, négociants et courtiers s’intéressent au plus près à l’AOC, et des importateurs chinois étaient présents en nombre à Assas.
De nouveaux producteurs entrent dans le syndicat, six primo-déclarants cette année. Les vignerons indépendants s’harmonisent avec les caves coopératives, à l’instar d’Assas et de Saint-Georges d’Orques, fleuron du dynamisme coopératif, pour accroître progressivement la production. L’effet « nouveauté » joue à plein. L’appellation produit des vins appréciés des nouveaux consommateurs, notamment de la génération des 20-35 ans, comme des cavistes, à la recherche de renouvellement.

Les Grés prennent l’aspiration de la métropole montpelliéraine, de son image forte et de son rayonnement à l’international. Accolée au terroir, Montpellier, redevenue capitale viticole, illumine l’appellation d’un riche patrimoine, aux multiples joyaux, qui servent de cadre aux dégustations de l’AOC.  L’an dernier au Château de l’Engarran, l’an prochain à l’Abbaye de Valmagne ou au Château de Flaugergues…heureuse appellation qui n’a que l’embarras du choix pour déployer ses activités. Ce patrimoine, les Grés de Montpellier le font volontiers découvrir à de multiples occasions. Le 12 juillet prochain, au Musée Fabre, tableaux évoquant la vigne et la vie viticole dialogueront avec trois vins des Grés.  La balade-phare dans la ville, rendez-vous désormais incontournable pour les amateurs, se tiendra désormais le premier dimanche de juin. La décision a été prise et acte l’affirmation de son identité.

S’exprimant dans des paysages enserrant la métropole comme un amphithéâtre, dans des sites architecturaux majeurs ou dans une histoire pluri-séculaire, les vins en AOC Languedoc Grés de Montpellier réunissent patiemment tous les atouts pour affirmer leur existence, vent en poupe,  parmi les grandes AOC régionales.

Florence Monferran

    

Les 13 ambassadeurs du millésime 2014

  • Chai d'Émilien, Epopée
  • Château de Fourques, L’Ombre du vent
  • Clos de l’Amandaie, Huit Clos
  • Domaine de Roquemale, Grés
  • Vignobles Paul Mas, Clos de Savignac
  • Les Vignerons du Pic, Château d’Assas
  • Mas de Lunés, Grés de Montpellier
  • Vignobles Paul Mas, Jean Claude Mas
  • Château de Flaugergues, La Sommelière
  • Château de l’Engarran, Château
  • Château de l’Engarran, Les Gravières
  • Abbaye de Valmagne, Cardinal de Bonzi
  • Mas du Novi, O de Novi

Le ciel languedocien vire à l'orage

Nous nous prenions ces derniers temps à scruter le ciel afin qu’il devienne définitivement bleu à l’approche de l’été, n’encombre pas de pluie les manifestations viticoles qui fleurissent partout, ne ruine pas les efforts à la vigne d’un coup de grêle. Les cieux instables restaient cléments, épargnant jusque là le Languedoc-Roussillon de catastrophes comme celles connues en Bourgogne, Val de Loire, Bordelais, Cahors, Beaujolais… C’est un séisme de toute autre nature qui secoue aujourd’hui le landernau viticole. La concurrence de dates entre les deux grands salons professionnels se tenant à Montpellier, Vinisud et Millésime Bio, conduit ce dernier à déménager … à Marseille.

 

Thierry Julien, Trésorier de Sudvinbio et fondateur de Millésime Bio s’exprime :« Nous regrettons cette situation. C’est contraints et forcés que nous avons pris notre décision ». Il poursuit sans détours:
Vinisud ? « Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois. Il n’était pas question de se mélanger à eux, nos concepts sont totalement différents ». Il évoque l’incompatibilité entre un salon régional, Vinisud, et un salon international en vins biologiques, ainsi que l’impossibilité à juxtaposer deux salons sur un même lieu, au Parc des Expositions.Pas question de perdre son identité, ni de brouiller le message vis-à-vis des acheteurs de vins biologiques.La région LRPM ? « Elle a tout fait pour sauver les meubles », mais parmi les organisateurs du parc des Expositions ou du salon Vinisud, « nous n’avons pas trouvé les interlocuteurs pour s’entendre, la situation s’est rapidement bloquée. »
Le choix surprenant de Marseille? « Cela aurait pu être Milan ou Barcelone. La PACA, très riche en vins biologiques, possède une grande région viticole avec la Vallée du Rhône, et de grands vins bio. Rester dans l’arc méditerranéen, dans l’accueil méditerranéen et dans une tradition viticole est très important pour nous. N‘oublions pas non plus que Marseille est la 2e ville de France, dotée d’un très grand aéroport international."
Est-ce à dire que ce départ symbolise une ambition plus grande ? Thierry Julien le confirme : « Marseille sera un tremplin, une plate-forme importante pour que Millésime Bio devienne de plus en plus international».Il conclut : « nous ne partons pas de gaieté de cœur. Je faisais partie de ceux qui ont fait venir Millésime Bio à Montpellier, avec le soutien de Georges Frèches. Nous y reviendrons peut-être un jour ».

   

Sudvinbio, organisateur de la manifestation, l’a annoncé après son conseil d’administration du 13 juin, sans attendre la fin du délai demandé par Carole Delga pour trouver un compromis. De quoi mettre en colère la présidente de la région LRMP, qui s’était déplacée à Mauguio célébrer les 10 ans de la marque Sud de France.

 


En cause : la multiplicité de salons pour les acheteurs professionnels, à l’agenda de plus en plus chargé entre Londres, Montpellier, Düsseldorf, et l’Italie, dans un laps de temps très court. Le premier à dégainer, Vinisud a positionné le salon des vins de la Méditerranée à la même date que Millésime Bio, alors que « 77 % de nos exposants sont contre ce rapprochement et que le créneau de fin janvier est occupé depuis 25 ans par Millésime Bio », explique Sudvinbio.
Si le salon a pris une ampleur internationale aujourd’hui, les vignerons en agriculture biologique ont longtemps bataillé seuls, depuis le Mas de Saporta, puis le Narbonne de leurs débuts, où ils n’étaient qu’une poignée, méprisée. Le souvenir s’en est-il ravivé à l’occasion du coup de force de Vinisud ?

La profession navigue entre désarroi, colère et détermination. L’intérêt économique des vignerons doit être préservé : les salons font venir grand nombre d’acheteurs, qu’ils soient importateurs, cavistes ou restaurateurs et génèrent une part importante d’affaires pour les producteurs. Les salons alternatifs, force vive des vins nature et autres accolée à Millésime Bio, prendront-ils l’aspiration d’un Vinisud sans bannière biologique, ou suivront-ils le chemin de Marseille ? De nombreuses questions se posent dont, non des moindres, celle d’une région reprenant le chemin de ses vieux démons, renvoyant une image de division qui ne peut que nuire aux vignerons.

Si l’on peut regretter qu’un terrain d’entente n’ait pas été trouvé, on peut par-dessus tout craindre que l’ancienne région LR ne pâtisse de sa fusion avec Midi-Pyrénées en termes viticoles. Outre ce qui s’apparente à une absence de soutien au principal salon bio – et à la principale région bio - de France, filière qui a été un élément moteur du renouveau des vins du Languedoc-Roussillon, ces dernières semaines voient les projets de création de vignobles bio ou des colloques professionnels majeurs se délocaliser dans le Sud-Ouest (Gers, Tarn). Les prochaines manifestations, oenotouristiques ou artistiques, festivalières ou champêtres risquent se dérouler sous un ciel vraiment obscurci.

Florence Monferran

Aux sources de l’appellation d’origine contrôlée

Un lent cheminement à travers les siècles. L’exemple du muscat de Frontignan

 
Pomologie française mid 1800's Smithsonian Libraries Biodiversity Heritage Library - copiePlanche de muscat blanc,
Duhamel de Monceau, Redouté, 1768

FRontignan - copie 2Estime générale du diocèse de Montpellier,
1519-1520 (ADH) IMG_2245Mémoire Chambre de commerce de Montpellier, 1730 (ADH)

Chais - copieChais Botta, 1906

ADH 20 MAI 1911Lettre du syndicat agricole de Frontignan, 20 mai 1911 (ADH)

Image 1 - copieDécret du 31 mai 1936 (ADH)

Muscat 1942, pblicité papierPublicité papier, 1942

   

La création du Comité National des Appellations d’Origine, en 1935, avalise la singularité de vins, d’usages et d’histoires. Elle donne naissance en 1936 à une salve d’AOC dont, le 31 mai, l’appellation d’origine muscat de frontignan. La célébration de ses 80 ans prête à se pencher sur la lente maturation d’une idée. Le cheminement vers la reconnaissance de pratiques d’excellence court à travers les siècles, s’incruste dans les mentalités, s’immisce, ici dans les privilèges des villes médiévales, là dans des comportements protectionnistes, pour trouver son aboutissement, après un long périple législatif au XIXe et au XXe siècles.

Le cheminement dans les mentalités

A l’origine de nos vignobles, les plantations se soucient peu de cépages. Sur le modèle proposé par les agronomes romains, le sol, l’exposition, le climat priment. Aussi, si nous ne connaissons tout au plus que des familles de vignes antiques, Columelle, Palladius ou Pline l’Ancien laissent-ils dans les esprits l’ébauche de ce qui aboutira, deux millénaires plus tard, à la définition d’un terroir. « Le terroir vitivinicole est un concept qui se réfère à un espace sur lequel se développe un savoir collectif, des interactions entre un milieu physique et biologique identifiable et des pratiques vitivinicoles appliquées qui confèrent des caractéristiques distinctives au produit originaire de cet espace »[1].

Cette notion française intraduisible, que les langues étrangères conservent tel quel, fait son entrée dans l’histoire aux XVIe siècle. L’inscription de la terre du lieu en tant que « terroir » dans les estimes générales et compoix fait entrer le vocable dans l’usage, sans aucune connotation particulière. Une fois la viticulture installée dans nos paysages, se construisent des systèmes de protection de son cru, en réaction à la concurrence. L’instauration de privilèges et droits d’entrée des vins étrangers à sa ville dresse une barrière tant mentale que financière à l’arrivée de vins perçus comme rivaux, conférant au vin local une valeur spécifique et une supériorité économique. Les vins du Languedoc le savent bien, qui sont bloqués par le privilège de la ville de Bordeaux depuis 1271, et ne peuvent vendre qu’après la Saint-Martin, une fois les prix en baisse. Les villes viticoles comme Frontignan régulent aussi l’arrivée de vins, y compris de leurs voisins. Le chapitre cathédral de Maguelone, déplacé à Montpellier, y est obligé de s’acquitter de droits, même moindres, pour rentrer sa récolte intra muros[2]. Le principe est combattu au XVIIIe siècle par les Etats du Languedoc, jusqu’à la libre circulation des vins dans tout le royaume édictée par Turgot en 1776.

Désignation du terroir du lieu, droits d’entrée fixent une sphère géographique contenue à la production, particulièrement en matière viticole. Des signaux jalonnent également la mise en avant d’une exception locale à partir du moment où son vin rayonne économiquement, à l’instar des muscats au sortir du Moyen-Age. Il ne s’agit plus seulement de protéger son vin, mais aussi la qualité de son vin contre les fraudes, et l’origine de son vin, contre les imitations. Il en va de même pour tous les crus réputés, des Cotes du Rhône à Saint-Georges d’Orques[3]. Au XVIIe siècle, Frontignan déploie un arsenal de mesures qu’il va défendre auprès du Parlement de Toulouse: registre de chais, marquage des fûts de muscat de Frontignan, contrôle des vins étrangers, inspections. Et ce, bien qu’un arrêt du Parlement de Toulouse de 1622 ait autorisé l’entrée des vins des villages voisins[4]. La marque d’origine au fer rouge apposée sur les tonneaux est confirmée au XVIIIe siècle[5]. Elle est surveillée par les consuls, qui prennent une part active à la protection du précieux nectar. Les Cahiers de doléances de 1789 inscrivent la nécessité d’une politique protectionniste, reprise après la Révolution. En 1818, Frontignan, qui vise la concurrence de Lunel, demande au préfet l’autorisation de prendre des mesures contre les vins doux produits hors de son terroir, de nommer des contrôleurs de qualité du muscat après vendange. Voici le lien entre lieu et qualité couché sur le papier.

Un autre jalon est posé avec les classements des vins, qui introduisent dans les mentalités la notion de hiérarchisation. L’usage en est fréquent depuis La Bataille des vins d’Henri d’Andeli en 1224. Fin XVIIIe siècle, divers mémoires établissent le muscat de Frontignan et de Lunel tout en haut d’une pyramide qualitative, qui repose ensuite sur les crus rouges, Cotes du Rhône, St Georges d’Orques, St Drezery, St Christol. Fin XVIIIe, les vins sont même délimités en quatre catégories : vins de renom, désignés par des noms de terroirs, comme les Cotes du Rhône et muscats, vins de cépage, par exemple les picardans, puis viennent les produits de distillation, liqueurs et vins parfumés. Le classement interpelle les hiérarchies établies fin XXe s. entre AOC, VDQS et vins de table ![6]

L’installation d’un vignoble de masse au XIXe siècle nuit aux vins doux, dont la part dans la production s’amoindrit. Emporté par le phylloxéra, le muscat doit son salut, autour de Frontignan, à la migration des muscats vers les coteaux.

Des jalons législatifs

C’est un arsenal législatif (loi Arago en 1872 et loi Pams en 1898) qui prend le relais de la protection des meilleurs crus. Ce dispositif, complété en 1907, définit les vins doux naturels (cépages, alcool), les exemptent de lourdes taxes en les maintenant sous le régime fiscal de vins ordinaires.

Nouveau pas en avant, l’Appellation d’Origine est autorisée par la loi du 1 er Août 1905, afin de « protéger contre la fraude les régions productrices de nos produits les + réputés »[7]. Le Petit Méridional publie, en 1909, la tribune d’un propriétaire prônant de « faire délimiter notre région. Le muscat de Frontignan n’est pas un produit de fantaisie ; c’est un vin de cru »[8] . Des commissions locales commencent à se réunir pour procéder à cette délimitation « en vertu d’usages constants », terme ne quittera plus le champ lexical législatif.

Quand bien même le chemin semble tracé, fin XIXe-début XXe siècles, les appellations d’origine trébuchent : Frontignan n’obtient pas la délimitation géographique que le syndicat réclamait avec insistance au Ministre de l’Agriculture, dans un courrier daté du 20 mai 1911.[9] Le Préfet de l’Hérault reconnaît « la très grande renommée » du muscat de Frontignan et la nécessité de se prémunir des nombreuses imitations. Mais il préconise « une grande prudence dans l’examen des délimitations », dans un moment où le sujet est très discuté et un projet de loi en débat. Le Ministre de l’Agriculture suit son avis et ne donne pas suite à la demande du syndicat[10]. Ce n’est qu’en 1919 que la procédure pour la délimitation des futures appellations est introduite dans la loi. Le critère «territorial » est retenu en 1927 pour des vins qui « doivent satisfaire à des conditions d’origine géographique, de cépage, d’aire de production, consacrés par les usages locaux et constants », socle commun aux futures appellations. Des syndicats de défense du cru se forment dans les années 1920, en Minervois, dans les Corbières, et à Frontignan, où l’organisation réunie par Victor Anthérieu reprend les bases des cahiers de doléance de 1789 : « toute personne étrangère à la commune ne peut introduire dans ladite commue du muscat, soit en vin, soit en fruit ». Pour asseoir la notion de terroir vigneron, Louis Chappotin rédige « le muscat à travers l’histoire » La délimitation officielle du vignoble de l’Hérault entérine, en 1932, les hiérarchies anciennes. Elle distingue les « crus récoltés « : vins du Minervois, de Saint-Georges d’Orques et muscats de Frontignan, des « vins ordinaires », dans les autres régions du département[11].

Le 30 juillet 1935, le Conseil National des Appellations d’Origine des vins et eaux de vie (devenu INAO en 1947) est chargé d’organiser le label, dans un contexte de crise viticole et après bien des fraudes sur les qualités. Très actif dans la phase initiale de création d’AOC (1/3 de celles existant aujourd’hui), il privilégie le critère local des appellations, entérinant la position d’influence des syndicats à l’origine des demandes. Les AOC voient le jour sur fond de Front Populaire et de revendications des ouvriers agricoles. Les vendanges se déroulent en septembre dans une grande agitation.[12]

Le muscat obtient l'AOC en 1936 pour trois dénominations: Frontignan, muscat de Frontignan et Vin de Frontignan, sous trois vinifications possibles : vins naturellement doux produits par raisins passerillés, vins de liqueur et vins doux naturels. Le rendement des vignes ne doit pas excéder 20 hl/ha. La forme de la bouteille est même inscrite sur les tablettes.[13] Une commission de contrôle qualitatif des boissons reçues est instituée en 1937. Elle siège dans l’Hérault à partir de Mars 1938 [14]. Le 1er Mai 1939, la grêle s’abat sur le vignoble autour de Frontignan, comme un signe avant-coureur des temps sombres qui s’avancent.
Tout en se gardant de reconstruire le passé avec nos propres schémas et connaissances, des pierres et des jalons nourrissent cette idée protectrice de pratiques et de typicités, porteuse de la création des AOC en 1936. Son cheminement procède d’une maturation longue et complexe. Il n’est en rien inéluctable. A peine croit-on le principe acquis – 80 ans c’est peu au regard du flux historique – que de nouveaux dispositifs viennent le remettre en cause. La négociation actuelle sur le Trans-Atlantic Free Trade Agreement (TAFTA) pointe la fragilité de la protection de nos terroirs. Les Etats-Unis, où seules les marques sont protégées, refusent de cesser d’utiliser 17 appellations d’origine européennes dites semi-génériques[15]. La commémoration de la création des AOC en 1936 prend tout son sens et son relief dans cette actualité brûlante qui en éclaire la singularité du contenu, à l’image du parcours du muscat de Frontignan.

Florence Monferran

 

 

Notes
[1] Définition retenue par l’Organisation Internationale de la Vigne et du Vin en 2011.
[2] Arrêt de la Cour des Comptes, Aides et Finances de Mtp du 5 fév. 1756 portant règlement pour la levée des droits de subvention : un peu plus d’1 livre pour chaque muid « comme vin de terroir » que chaque habitant de Mtp aura recueilli « dans le Terroir » et taillable, et 2 livres hors taillable, ET 10 livres/ muid pour les vins hors taillable appartenant à des étrangers (au terroir). « Les personnes qui favoriseraient, en quelque manière que ce soit, l’entrée de vins étrangers seront déchues de leurs droits et privilèges d’habitant pendant le cours du bail. (Archives Départementales de l’Hérault série C)
[3] Ainsi une requête des consuls et habitants de Roquemaure demande en décembre 1738 un règlement pour empêcher que les vins des terroirs voisins ne soient confondus dans les ventes qui s’en font à l’étranger, avec les vins du cru, bien supérieurs (ADH)
[4] Arrêt du Parlement de Toulouse, Juillet 1665
[5] Arrêt du Parlement de Toulouse, 1718. D’autres communes pratiquent le marquage des tonneaux : St Georges d’Orques, Saint-Christol (instauré en 1785)
[6] Mémoires de la Chambre de commerce de Montpellier, Rapports des Intendants du Languedoc, ADH C2683 et 2684
[7] Le décret d’application de septembre 1907 stipule : il sera « statué ultérieurement sur la délimitation des régions pouvant prétendre exclusivement aux appellations de provenance des produits ». Le Ministre adjoint à ces commissions des députés des régions concernées ; les commissions devront rendre des avis motivés. (ADH) [8] La demande est refusée le 29 janvier 1912 ADH, 7 M 529
[9] Signé par le président du syndicat Provost-Cantagrel, le courrier prie le Ministre « de faire procéder à la délimitation du territoire producteur de muscat de Frontignan », dans le seul but d’« empêcher la fraude qui se fait sur une grande échelle sur le nom de Frontignan, et de sauvegarder une renommée nationale ».
[10] ADH 7 M 544
[11] ADH 6M 1872 [12] Les milieux patronaux craignent un sabotage et agitent les peurs dans une grande campagne de presse. ADH 7 M 541
[13] Degrés minimum : 15° minimum d’alcool acquis dont 123 g de sucre naturel par litre en vin naturellement doux, 15° et 178 g de sucre en Vin Doux Naturel avec apport de 10 % d’alcool après le début de la fermentation, 15° en présence d’un excès de sucre naturel de 125 g par litre en vin de liqueur avec apport de 15% d’alcool avant fermentation [14] Avec Eugène Orsetti, négociant de Frontignan, Maurice Péridier, Négociant de Sète, Gustave Cayrol, et Eugène Cambon, propriétaires à Frontignan.ADH 7 M 554
[15] Le Monde, mai 2016, en particulier 3 mai 2016

 

Festival Œnovideo

Des Ceps d'or pour des hommes et des patrimoines

Les projecteurs du festival international des films sur la vigne et le vin se sont éteints, au Ciné Mistral à Frontignan. Dans la lumière revenue dans la salle, après une ultime séance, les trophées de la 23e édition ont été décernés par le Grand Jury. Ils consacrent, dans une belle unité de choix, des hommes,  - et des femmes -, des patrimoines  et des voyages, à l’instar du Grand Prix remis au film québécois Au pif, sur Véronique Rivest, 2e meilleure sommelière au monde. « Son histoire ressemble à celle d’un film : elle prend son temps et fait preuve d’un mental de sportif » commente le président du jury, Philippe Muyn.
Le palmarès capte un air du temps, sur l’évolution de la vigne et du vin. Deux films géorgiens et un slovène figurent parmi les meilleurs, nous rappelant le déplacement actuel des vignobles européens vers l’est, et leur part accrue dans la production.  Outre la place accordée à la femme, les meilleurs longs comme courts métrages replacent l’homme comme vecteur essentiel du vin, de sa création. Autre mot-clé : la transmission, celle d’un vigneron pionnier du vin nature à son fils dans  Soulève les montagnes, celle d’un patrimoine, avec le très applaudi Lost in vine, sur les méthodes de vinification traditionnelle en Géorgie, berceau attesté de la viticulture il y a 8000 ans. L’invitation au voyage dans le monde de la vigne et du vin qu’offre un tel festival transparaît dans la remise de plusieurs prix : de la découverte attribué au slovène Terre magica, du meilleur film destiné aux professionnels à Chablis vu du ciel, du meilleur scénario pour Les vendanges de l’extrême, récompensé pour « la qualité du voyage, plein de beauté et d’humour, hommage à l’esprit créatif et rebelle de gens du vin ». L’humain, décidément omniprésent.
Le palmarès n’a pas oublié notre région. Hérault Tourisme a produit le meilleur court-métrage, Homme-livre John Bojanowski, un américain devenu vigneron en Minervois. Le film Le midi viticole 2 s’est vu récompensé deux fois (mention spéciale du jury « pour sa dimension historique » et meilleure action d’intérêt général). Le public, invité à voter pour son film préféré après chaque séance, a été séduit, comme le jury, par Soulève les montagnes, montrant, les uns comme les autres, un attachement à une culture, l‘humain au coeur de l’élaboration du vin, l’humain responsable de la transmission de la vigne et de ses pratiques.
La remise des prix aura lieu le 14 septembre prochain, au Sénat à Paris. C’est là que sera divulgué le nom de la prochaine étape de ce festival itinérant, qui transporte, de ville en ville, des images et des savoirs. Philippe Muyn ne conclue-t-il pas non sans humour qu’ignorant des choses du vin, il a beaucoup appris de sa participation, « en voyant des films et en buvant des coups » ?

Florence Monferran

Les trophées 2016

  • Trophée spécial du Grand Jury : Au pif, de Bachir Bensaddeck et Orlanda Arriagada (Québec)
  • Meilleur long métrage : Soulève les montagnes de Baptiste Debicki (France)
  • Meilleur court-métrage : Homme-livre John Bojanowski, d’Olivier Gaches et Sébastien Tuffery (France)
  • Meilleure image : Julie Rénault pour Rivercap, l’artisan capsulier (France)
  • Meilleure réalisation : Lost in vine, de Giorgi Molodinashvhili (Géorgie)
  • Meilleur scénario : Les vendages de l’extrême, d’Emmanuel Ostian et Yann Moaligou (France)
  • Meilleure promotion des ventes : Jean, de Sylvain Dade (France)
  • Meilleur Film destiné aux professionnels : Chablis vu du ciel , de Bourgogne live production (France)
  • Mention spéciale : Le midi viticole 2, de Yannick Séguier pour sa dimension historique, de 1920 à nos jurs (France)

Prix des partenaires :

  • Prix de la Revue des Œnologues : Prime meridian of vine, de Nana Djorjadze (Géorgie)

Prix du public :

  • Soulève les montagnes de Baptiste Debicki (France)

Paysages et environnement :

  • Lost in vine, de Giorgi Molodinashvhili (Géorgie)

Meilleure action d’intérêt général :

  • Le midi viticole 2, de Yannick Séguier (France)

Vin et Santé :

  • Un concert par an, de Sandra Hitouche (France)

Imagination et création :

  • Le vin du crime, de Franck Mairine (France)

Sciences et culture :

  • Le vin des terres lyonnaises, de David Geoffroy (France)

Découverte :

  • Terra magica, de Jure Breceljnik (Slovénie)

La filière vitivinicole présente sur le Tour de France

Photo: ville de Montpellier, Tour 2013

Afin d’apaiser les tensions nées de la présence d’un cru chilien comme vin officiel du Tour de France,  Christian Prudhomme, son Directeur, en tournée dans l’Aude et l’Hérault, a annoncé le 10 mai à Narbonne un accord avec la filière vitivinicole. Frédéric Rouanet, président du syndicat des vignerons de l’Aude, l’a confirmé : « on ne bloquera pas le Tour, puisqu’il y a beaucoup d’avancées ».
Les modalités du partenariat signé ont été présentées, confirmant l’opportunité pour les vignerons de promouvoir leurs productions sur la grande Boucle. La création d’un « pavillon des vins », complétant le pavillon des produits régionaux existant, et des animations vigneronnes les valoriseront à chaque ville-étape, même si le Tour ne traverse pas une région viticole. Jérôme Despey, Président de la chambre d’agriculture de l’Hérault, s’est félicité que « la filière viticole soit présente sur toutes les étapes ». En sa compagnie, Christian Prudhomme a également rencontré Philippe Saurel, Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole, et Carole Delga, présidente de la Région Languedoc Roussillon Midi Pyrénées, qui s’étaient mobilisés pour que la filière viti-vinicole ait toute sa place lors de ce grand événement sportif international. Carole Delga « se félicite vivement » de cet accord. Elle  participera à la promotion des vins régionaux sur le « village départ » de Carcassonne le 13 juillet prochain.
"Le Tour de France est une vitrine internationale exceptionnelle. Il est primordial que notre filière viti-vinicole y soit valorisée" souligne Philippe SAUREL. La métropole, ville étape de l’arrivée Carcassonne-Montpellier le 13 juillet et du départ de la prestigieuse 12e étape Montpellier-Ventoux le 14 juillet, verra les vins régionaux s’installer sur le village du Tour, Esplanade Charles de Gaulle. Les vignerons participeront également à la mise en place d’un buffet pour l’accueil des journalistes internationaux  pendant toute la journée du 13 juillet.
La découverte et la valorisation du patrimoine de notre région, par le biais des produits du terroir local, et maintenant des vins, trouvera une fort belle vitrine, sur la Grande Boucle, mettant un point final, semble-t-il, à la colère de viticulteurs de l’Aude.

Florence Monferran

 

Vinocap 2016

C'est par une belle matinée ensoleillée qu'a été lancée la 7ème édition de Vinocap. Venus faire découvrir leurs vins et rencontrer le public, près de 100 vignerons étaient présents sur les quais de la station touristique du Cap d'Agde.



 
 
 
 

François Commeinhes, le sénateur-maire de Sète et président de Thau agglo ainsi que la presque totalité des maires des communes de l'Agglo « Hérault Méditerranée » étaient là aussi aux côtés du Maire d'Agde, Gilles d'Ettore qui a entamé son discours en exprimant son plaisir de constater que la manifestation allait se dérouler, durant les trois prochains jours, sous un franc soleil. Il a ainsi appelé les visiteurs à venir et à revenir durant ces trois jours pour pleinement profiter des dégustations offertes par les vignerons régionaux présents sur l'Esplanade Pierre Racine.


Gilles d'Ettore a tenu à remercier et à célébrer tous les vignerons et toutes les confréries (la Clairette d'Adissan, la Croustade et le Rosé de Bessan, les Pointus du Grau d'Agde, les Amis de Marseillan, les Bescos Figos de Nézignan l'Evêque, le Picpoul de Pinet, les Mille et Une pâtes du Bassin de Thau, Saint Hippolyte et le Rosé de Fontès.....) présents lors de cette manifestation. Le Maire d'Agde a également rappellé que "toutes ces confréries montrent à quel point nous sommes ici en Languedoc,  attachés à ces traditions, à ces valeurs qui font finalement notre particularité et qui font aussi notre caractère. Et c'est important d'avoir du caractère... CC'est pour nous un grand moment que Vinocap ".
Le désormais traditionnel coupé de ruban a ensuite eu lieu avant une déambulation à la rencontre des vignerons.

Jean-Marc Roger

Gilles d'Ettore, Sébastien Frey,
Marie-Christine Fabre de Roussac et François Commeinhes