Vendanges de la Saint-Vincent à Frontignan

Avec un jour d’avance sur le calendrier, c’est le 26 septembre qu’un joyeux convoi s’est dirigé vers les vignes, à la sortie de Frontignan, pour célébrer la Saint-Vincent.
Elle est bien là, la vénérable dame, en surplomb de la ville et de la route, faisant face à la Gardiole qu’elle regarde d’un côté, la mer de l’autre comme horizon et comme origine : la viticulture est venue de là... Christophe Miron, son propriétaire, président de la Cave coopérative, n’en connaît plus vraiment l’âge, 100 ans, 150 ans peut-être.  Son père, à 89 ans, l’a toujours connue vieille. Comme Mathusalem en somme. Elle a subi le gel de 1956, ses souches ne tiennent plus très bien, l’espace entre les rangs de plus en plus étroit autorise peu de mécanisation, mais ses racines puisent encore dans la terre son alimentation. Aussi, cette vigne conserve-t-elle sa vivacité : de belles feuilles abondantes et vertes, quelques « dimanches »[1], mais pas de maladie, et un état sanitaire impeccable, sans pourriture. Et sans stress hydrique, précise Christophe Miron, qui poursuit : « Les cépages traditionnels résistent bien au stress hydrique. Historiquement, les muscats se plantaient dans des endroits cultivables. On n’a pas planté partout ici, non. Si nous continuons à travailler comme nous le faisons, sans trop de rendement, en respectant l’implantation du vignoble, nous n’aurons pas besoin d’irriguer pour nos vins en IGP. En AOP, la méthode est interdite dans nos cahiers des charges. Les clones sont devenus productifs ici. Nous devons faire attention, une vigne, c’est comme un enfant, il faut lui laisser le temps de s’enraciner, tomber les raisins les premières années pour ne pas la surcharger. C’est ce type de vignes, et de vin sans mutage, qui a fait la renommée de Frontignan. Cette future cuvée, c’est un peu un retour aux sources ».

      

Les conditions météorologiques sont idéales, avec du soleil, de la douceur, sans pluies sinon celles, régénératrices de mi-septembre. De jolies grappes se cueillent, presque sans l’aide du sécateur. Elles se sont concentrées en sucres, ont perdu du volume et du jus, mais gagnent en arômes ... et en degrés. La cave de Frontignan renoue ainsi avec la pratique antique de la surmaturation du raisin. Sur cette vieille vigne de 32 ares, le passerillage s’opère naturellement. A vendange exceptionnelle, moyens exceptionnels.  Des coopérateurs, des salariés de la cave, personnel technique ou administratif, sont venus, l’œnologue Deborah Donnadei, a délaissé le temps d’une matinée les vinifications en cours, jusqu’au Directeur commercial, Bernard Germain,  qui a quitté ses bureaux, tous récoltent le précieux petit grain, qui prendra le nom de « Vendanges de la Saint-Vincent » une fois en bouteille. « La dernière cuvée date de 6 ans, je n’étais pas encore là » raconte Deborah Donnadei. « Le raisin sera vinifié en moelleux, après un pressurage long de 8h dès la fin de la récolte. » Elle estime le volume à 11 hl environ, qui donneront un peu plus de 14 000 bouteilles. Beau rendement pour une vénérable vigne ! Les coopérateurs sont ravis : « le raisin est joli, magnifique, nous allons faire une très bonne cuvée de la Saint-Vincent. J’aimerai la goûter quand elle sera prête » espère M. Duquesnoy,  pendant qu’Aline Brigliozzi, viticultrice et administratrice à la cave, insuffle entrain et bonne humeur au groupe, soudé par cette vendange inaccoutumée.

 

Bernard Germain le rappelle, la cuvée ne sort pas tous les ans. Elle est soumise à des contraintes, du temps, « il faut que l’année s’y prête », et d’écoulement des stocks. « Nous avons adapté notre commercialisation à ces contraintes. C’est le seul produit de la cave qui échappe à notre contrôle ».
Christophe Miron fait remonter cette tradition à une vingtaine d’années. Il m’a été rapporté qu’elle aurait été inspirée par l’éminent œnologue bordelais Denis Dubourdieu, venu étudiant en stage puis conseiller à la cave de Frontignan. Le futur « pape des blancs », récemment décédé, s’était intéressé à ce cépage à petits grains qui produisait des vins naturellement doux, des moelleux ou liquoreux comme il en connaissait à Sauternes avec le sémillon. Il avait tissé des ponts entre Bordeaux et Frontignan, longtemps concurrents dans l’histoire, réunis dans la passion pour les vins doux. Une passion toujours vivante, en cette Saint-Vincent, dans la cité muscatière.

Florence Monferran


[1] Terme local qui désigne une partie de parcelle où les pieds morts n’ont pas été remplacés.

 

Un monde viticole retrouvé à Vic-la-Gardiole

L’affluence record du parcours commenté dans le village de Vic-la-Gardiole témoigne de l’engouement pour les Journées du patrimoine. Une soixantaine de personnes rejointes par un flot grandissant de curieux se pressait devant la Mairie autour d’une thématique 2016 sur « patrimoine et citoyenneté ».


Oenochoe, IVe s., Nécropole, Vic


Reconnaissance du château de Vic, 1161


Manifestation à Montpellier,
L'Eclair, 10 juin 1907

 

 Le vigneron antique était-il un citoyen?
Nous avons pu nous poser la question, en surplomb l’étang de Vic, témoin de l’installation de la viticulture sur nos rivages au Ier siècle avant JC. Villa (domaine agricole) et vicus (regroupement d’hommes libres) ont dialogué pour nous parler de lui, puis des apports des réfugiés de l’Espagne wisigothique au VIIIe s., installés dans l’ecclesia sancta de leocadia in valle. Effacé derrière le religieux, le citoyen devient paroissien, asservi, libre ou vassal. Nous le voyons au travail, dans les rues près de l’Eglise, possession des  évêques et prévosts de la puissante Maguelone.
Nous observons ses traces dans les compoix (registres fiscaux) et contrats de vente, imaginons sa vie dans la maison du XIVe s., son cellier, le tinal, où il loge ses tonneaux et ses récoltes. Nous nous interrogeons sur sa production, ses pratiques, d’excellence, qui font la renommée du terroir, malgré les accidents climatiques et la pauvreté du lieu La vie communautaire au sein des assemblées et des délibérations des consuls en porte l’empreinte.
Grande propriété, lopin de terre ou arrivée massive de bourgeois de Montpellier, nous évoquons la possession des vignes, les lieux où elle est installée, où elle se développe lors des expansions successives (XIVe, XVIe) pour envisager ses grands développements, bien avant le XIXe de la révolution industrielle et du vin-aliment, dès le XVIIIe et « la fureur de planter » qui s’empare de la région.
Après la révolution française, et la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789, le vigneron devient citoyen dans les textes. Ce sont des bourgeois, aisés vignerons, qui prennent les rênes économiques, et parfois politiques, du village. S’ensuit un double chemin pour la viticulture locale : de masse, en vins rouges, ou hautement qualitative avec le maintien d’une culture en muscats d’excellence, œuvre de toute une vie parfois, à l’exemple  de Frédéric Cazalis-Allut en son Domaine d’Aresquiers.
Les portes ouvertes par Magali Potet-Legros sur l’ancien chai viticole de sa maison vigneronne n’étaient pas assez larges pour accueillir tout le monde, sur le boulevard symbole de l’expansion viticole du XIXe et de ses corollaires architecturaux: c’est toute une armature nouvelle que le passage à la monoculture de la vigne a engendré dans nos villages. Puis les crises viticoles se succèdent au XXe siècle, 1907 reste dans toutes les mémoires, mais ce sont les années 1980 qui scellent le déclin de la pratique, recul des vignes au profit d’une nouvelle extension du village, à usage d’habitation et touristique, marquant d’une nouvelle empreinte architecturale et paysagère un village doublement millénaire.
Quoi de mieux qu'une dégustation, offerte par Sabine Nadal, caviste en vins bios et nature au Placard à Pinard, pour clore le parcours, conjuguer mots et écrits avec travaux pratiques sur le muscat à petits grains, en toute modération et en toute convivialité.

Un grand merci à tous, vicois depuis plusieurs générations ou d'adoption, touristes auvergnats, savoyards, belges et autres pour cette participation active, attentive et joyeuse!

Florence Monferran

 


Le village dans le cadastre napoléonien, 1807

Les vins du Pic Saint Loup reconnus en Appellation d’origine contrôlée (AOC)

 

L’Institut National des Appellations d’Origine (INAO) vient de reconnaître l’AOC pic-saint-loup en vins rouges et rosés.
Après La Clape et les Terrasses du Larzac, un pas supplémentaire est franchi dans la hiérarchisation des vins du Languedoc avec la reconnaissance de ce terroir pionnier dans la production de vins de qualité.  Dominée par le Pic Saint-Loup et le Causse de l’Hortus, l’appellation, située à 30 kilomètres de Montpellier, comptera 17 communes, adossées aux premiers contreforts cévenols. L’influence du climat continental, qui se mêle à celle du climat méditerranéen associé à une belle palette de sols et de reliefs, façonne les vins de Pic Saint Loup, réputés pour leur finesse et leur fraicheur inhabituelle en bord de Méditerranée. Les rouges à base notamment de syrah, de grenache et de mourvèdre sont majoritaires (90 %) et donnent des vins profonds et veloutés, avec une bonne capacité de garde. Quant aux rosés qui représentent 10 % de la production, ils se caractérisent par leur joli équilibre fruité, tout en minutie.
L’obtention de l’AOC est considérée par les vignerons comme la reconnaissance d’un travail mené depuis trente ans, qui offre à la région des domaines de référence et de vraies pépites. Elle sonne comme du baume au cœur de ces hommes courageux qui font face à l’épisode dramatique du 17 août qui a ruiné une partie du vignoble sur le secteru Claret/Valflaunès/Lauret/Sauteyragues. Le Président du syndicat, Régis Valentin, le rappelle : « il s’agit d’une belle récompense du travail accompli par tous les Hommes de l’appellation qui se sont impliqués depuis des générations dans une démarche qualitative. C’est également une reconnaissance méritée pour cette appellation historique qui existe depuis 60 ans et un beau symbole pour les vignerons dont les vignobles viennent d’être durement touchés par la grêle. »
Une fois le décret paru au Journal officiel, les vignerons poursuivront leur travail de reconnaissance en AOC pour leurs vins blancs, et pour sortir d’ici une dizaine d’années un premier Cru, tout en haut de la pyramide des vins du Languedoc.

L’AOC pic-saint-loup en chiffres
Superficie de production : 1 000 ha
Aire de production : 17 communes
Les Matelles, Saint-Gély-du-Fesc, Le Triadou, Saint-Jean-de-Cuculles, Cazevieille, Saint-Mathieu-de-Tréviers, Valflaunès, Corconne, Sauteyrargues, Lauret, Claret, Fontanès, Sainte-Croix-de-Quintillargues, Vacquières, Assas, Guzargues, Brouzet-lès-Quissac).
Nombre de producteurs : 60 domaines, dont 3 caves coopératives
Production annuelle : 40 000 hl
Rendement moyen : 38 à 40 hl/ha
Couleurs : rouge (90%) et rosé (10%)

Des vendanges bouleversées


Vendanges au Château La Peyrade (Frontignan)

 

La pluie a déserté le Languedoc, causant une forte sécheresse dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales, qui s’est étendue au Biterrois, à la vallée de l’Orb et au Piscénois, jusqu’à ronger le bassin de Thau. Cruauté du temps, c’est la grêle qui a frappé Montpellier et ses alentours. L’année 2016, marquée en viticulture du sceau des calamités, produit anormalité sur anormalité. Des chardonnays vendangés avant des muscats, des mourvèdres avant des syrah, la chaleur affole les cépages, sans parler des sinistrés du Pic Saint-Loup et de l’est de Montpellier obligés de vendanger avant tout le monde pour sauver ce qui peut l’être. L’absence de pluie, conjuguée en fin d’été à de très fortes chaleurs, dessèche le grain, induit une perte de jus, donc de rendement. La baisse de récolte, déjà sensible partout, est évaluée à - 10 % en France par le Ministère de l’Agriculture. Les professionnels parlent d’une « récolte maigrichonne » en Languedoc. 
Loin des prévisions, vignerons et coopérateurs s’affairent à la vigne. La maturation des raisins, contrariée par un printemps humide, vecteur de maladies, avait retardé le début des vendanges. Elle s’accélère de façon galopante ces derniers jours pour tous les cépages. De quoi donner le tournis aux vignerons, et chambouler l’organisation des vendanges: il faut resserrer les dates de récolte pour ne pas trop perdre de jus ou ramasser des degrés trop élevés. En 3 jours, 2 à 3 degrés ont été pris sur les syrahs à Pomerols, avec un vent desséchant qui est levé. Vendanger au rythme des maturations, en accéléré? La plupart des vignerons et caves coopératives s’y résolvent, par crainte qu’un épisode climatique violent ne vienne tout ruiner. Valérie Ibanez, au Domaine de Roquemale à Villeveyrac, condense ses dates de récolte « sur douze jours au lieu d‘un mois » . De même, à la cave de Bessan, « Les maturités avancent tellement vite, nous vendangeons à plein. Nous passerons de 25 jours à 15 jours de vendanges cette année » commente son directeur, Robert Cabrol. Les caves rentrent des volumes plus importants sur une journée. Mais la chaleur laisse peu de temps pour ramasser le raisin, y compris la nuit. Olivier Azan, au Domaine du petit Roubié à Pinet, notait 23° à 4h du matin. « On commence avec la machine à vendanger à 2h du matin au lieu de 5h, les cadences sont plus importantes pour presser, on récolte plus. ». Et d’ajouter: « Les fortes chaleurs perturbent tout: les raisins, et les hommes. Il faut garde la tête froide, rester méthodique, concentré sur les vinifications ». 
Sauvignon et chardonnay ouvrent le bal des vins de pays, suivis des cépages régionaux, roussanne, marsanne. Le Piquepoul, cépage tardif, fermera la marche pour produire l’AOP picpoul de pinet. Bien adapté à sa zone de production littorale, il résiste mieux à la chaleur que le sauvignon, qui souffre cette année. 
A Pomerols, à Bessan, les caves  finissent  de rentrer les blancs, pour débloquer l’arrivée des rosés. A Montagnac, les grenaches, magnifiques, entrent en cave. Ils répondront à des marchés très pointus sur des rosés pâles.
 Puis vient le tour des rouges. Quelques jolies syrahs et autres cépages en agriculture biologique au Domaine de Roquemale, auréolées de trois étoiles au Guide Hachette 2017 sur la cuvée LEMA, ont donné une jolie sortie, le nombre de grappes compensant la perte de jus. 

 
Marsanne et Syrah du Domaine de Roquemale (Villeveyrac)

L’enjeu, pour tous, tient à garder le cap sur la juste maturité souhaitée. Sur le Bassin de Thau, blancs et rosés sont récoltés pour répondre très rapidement, d’ici la fin de l’année à d’importants marchés, en particulier à l’export. Ils obéissent à des critères très précis d’élaboration: peu de couleur mais une belle acidité et de la fraîcheur. Chaque année, les vignerons relèvent le défi de produire une qualité égale, alors que les conditions d’élaboration varient considérablement,. Les Costières de Pomerols se sont par exemple dotées d’outils prédictifs de la maturité, en plus des contrôles habituels sur le terrain. Joël Julien, leur Directeur le précise: « il s’agit de vendanger à l’optimum pour satisfaire ses clients et ses marchés ». Cette année plus qu’une autre, les vinifications moduleront les assemblages, moins de merlot, trop concentré, par exemple, dans les rosés de Cotes de Thau à Pomerols. 

Cuve en fermentation (Mas de la Plaine Haute - Vic-la-Gardiole)  

 Les avis sont unanimes, de Bessan à Mireval, de Villeveyrac à Pinet, pour parler d’une plus petite quantité, mais d’une bonne qualité, voire d’un très bon niveau qualitatif sur ce millésime difficile, avec de la concentration, du fruit.
 Les grands millésimes naissent dans la douleur en Languedoc comme ailleurs. Une fois de plus, les vendanges, à la fois rendez-vous immuable et sans cesse renouvelé, nous interrogent sur l’incertitude du temps, la fragilité de productions agricoles même dans un siècle où nous pensons tout maîtriser par la technique, l’informatique et nos savoirs scientifiques. Que faire de ce temps, comment composer avec lui? Les chercheurs de l’INRA et du CNRS proposaient, à l’occasion de la Conférence sur le climat à Paris COP 21 en décembre 2015, des pistes de réflexion et d’actions, sur l’irrigation, les cépages, les modes de conduite de la vigne. Elles entrent à nouveau dans le feu de l’actualité. Avec un enjeu de taille pour la viticulture régionale: le maintien des qualités, de la qualité des vins du Languedoc, après trente ans d’efforts, de sacrifices et de profondes mutations, que la prestigieuse Revue des Vins de France vient de récompenser[1]


Vendanges chez Laurent Mazas à Mireval

Les modes de conduite la vigne en question
Au centre des débats, en pleines vendanges, l’absence de pluie en août remet sur le tapis la question des méthodes culturales pour mener la vigne. Laisser de l’ombre au raisin, de la surface foliaire, ne pas écimer, voire, pour les adeptes d’une culture en accord avec son environnement, enherber ses parcelles, pratiquer l’agroforesterie (complanter des arbres) pour redonner de l’humidité au sol et au cep apportent des réponses concrètes à la gestion du stress hydrique. Un travail en amont, auprès des viticulteurs, de formation, d’éducation pour suivre un travail adapté à de nouvelles conditions de production apparaît comme criant de nécessité. 
De même, le débat sur l’irrigation des vignes s’invite dans les discussions. Le syndicat du Bas Rhône Languedoc et la Chambre d’agriculture mènent un projet de 1500 ha pour 2020 sur le secteur de Montagnac, Pinet, Pomerols. Les réunions se multiplient mais les vignerons trouvent le temps long. Olivier Azan, qui a inscrit des parcelles dans le projet, constate que « même les vignes irriguées, en IGP, souffrent. Le cep tient bon, mais ne crée pas du végétal. Chaque année, nous assistons à des perturbations des vendanges liées à des épisodes climatiques. Nous sommes vraiment dans un changement climatique, ça y est». Jean-Louis Reffle, direction des Vignerons de Montagnac n’a pu que constater les dégâts de la chaleur sur ceux qui n’ont pas pu irriguer.
 Outre ce paramètre, le choix des cépages implantés alimente déjà le débat. Dans les faits, les cépages anciens tiennent bien le choc, le muscat à petits grains en tête. Joël Julien le constate: « les cépages traditionnels, comme en 2012 ou 2014, sont plus faciles à vinifier. Cette année, terret, carignan, et grenache tiennent mieux. ». Les vignerons tentent partout sur le Bassin de Thau des expérimentations personnelles. Les Costières de Pomerols sortent une production en gewurztraminer dans un mois. Du sangiovese, cépage italien, sera incorporé dans le rosé d’assemblage en Cotes de Thau. Le pinot, lui, souffre de la chaleur. Des croisements de cépages sont également implantés. La liste proposée s’allonge chaque année! Le château La Peyrade, à Frontignan expérimente ainsi les effets et la qualité de cépages venus d’un peu partout, pour produire un rosé atypique, et personnel. Les solutions seront-elles à la fois globales et très individuelles?

Florence Monferran


[1] Guide 2017, Revue des Vins de France (21e édition)

Les vignerons de Pézenas sur le chemin de l’obtention du Cru

L’Hôtel de Peyrat, qui abrite l’Office de tourisme de Pézenas Val d’Hérault, servait d’écrin, le 2 septembre, à la présentation de la cuvée Côté Mas, Pézenas, terroir fusionnel.  Dans la salle de la cheminée, ornée de tableaux en exposition, les producteurs de l’appellation Languedoc-Pézenas faisaient découvrir lemillésime 2015 de ce vin collectif, porteur du terroir. La cuvée en effet est issue, à l’initiative de Jean-Claude Mas, négociant-vigneron, de raisins d’adhérents volontaires pour cette démarche, sélectionnés pour leur typicité représentative de la dénomination Pézenas. A cette occasion, une sélection des anciens millésimes était offerte à la dégustation, avant une dernière soirée des Estivales entièrement consacrée aux vins en AOP Languedoc.
La Dénomination Pézenas a été reconnue dans le cadre de la hiérarchisation des AOC Languedoc en 2007. Une mosaïque de sols  la composent : cailloutis, schistes, calcaire et grès, liés entre eux par une coulée de basalte. C’est elle qui confère à ce terroir sa spécificité et un paysage caractéristique, dans une succession de petites vallées et de plateaux, traversés par plusieurs cours d’eau, sous influence du climat méditerranéen. Les vins qui en sont issus s’appuient sur des cépages anciens (carignan, cinsault et grenache) et plus récents (syrah et mourvèdre).
Les vignerons souhaitent aller plus loin et oeuvrent à l’obtention du cru AOP Pézenas, à l’instar des terroirs des Terrasses du Larzac ou de la Clape. Rassemblés autour d’une terre commune, ils viennent de tous horizons. Installés depuis plusieurs générations ou nouveaux venus issus de différents univers (chef d’entreprises, journalistes, professions libérales) le projet commun d’accéder au statut de Cru les réunit.
Cette étape supplémentaire dans la reconnaissance de la typicité de ses vins exige des identifications, puis des délimitations parcellaires, ainsi que des cahiers des charges rigoureux. Stéphane Martin, trésorier du syndicat, explique que « les vignerons pensent parvenir au bout de la démarche avec l’Institut National des Appellation d’Origine d’ici deux ans pour les vins rouges. Le travail  portera ensuite sur les blancs et les rosés. Le conseil technique syndical est déjà au travail ».
L’obtention du cru doit démontrer la spécificité et la typicité du terroir en question Jean-Claude Mas, implanté dans le vignoble et fortement impliqué dans la démarche, joue un rôle moteur, à l’exemple de sa proposition de cuvée « fusionnelle ». Un opérateur puissant qui joue le rôle de locomotive, un oenotourisme fort, avec des démarches syndicales structurées (Vins,Vignes et Terroirs au printemps, Estivales, des partenariats avec les cavistes, hôtels et restaurants), l’AOP Languedoc-Pézenas s’appuie sur de nombreux atouts dans son cheminement vers l’obtention du Cru.

 

Côté dégustation
A la dégustation, les vins présentent une couleur relativement soutenue, du grenat au pourpre, sans excès. La palette aromatique décline surtout des arômes épicés comme le poivre blanc, la cannelle, la figue, accompagnés de quelques notes de garrigue et de petits fruits rouges  out de mûre. Le profil en bouche est très caractéristique de par sa structure tannique très fine et élégante, fondue. Les millésimes présentés, de 2007 (année de création) à 2015,  confirment que ces types de vins s’épanouissent au bout d’un an minimum, d’où la nécessité d‘un élevage qui dure entre 12 et 24 mois. Sur le conseil de Frédéric Ducros, sommelier, ces vins rouges se dégustent sur de belles viandes rouges grillées (côte de boeuf ou de toro), sur une daube provençale ou de toro, un civet de lièvre. 

Présent, Guy Cazalis de Fontdouce, vigneron à la Font des Ormes à Caux, se réjouit de la qualité du millésime 2015 mis en dégustation. « Caux, Fontès et Nizas forment un triangle d’or du Languedoc, directement sur une coulée de basalte. La qualité, des vins de garde, le Languedoc a progressé à grands pas en trente ans.  Que de chemin parcouru depuis le vin  de mes grands-parents! ».

Côté Mas 2015 est un vin jeune à la robe brillante, fruité et rond en bouche, vanillé par l’apport d’un élevage sous bois. C’est un vin gourmand.
Côté Mas 2013: la robe est plus mate, les arômes évoluent, sur un nez de fruits noirs, compotés, et une bouche  puissante, mais sans agressivité.

Mas Gabriel 2013, Peter et Deborah Core, Gabian: finesse et élégance dans un nez de fruits noirs, force de la matière en bouche, c’est une belle cuvée.

Latude 2007,  Vignerons de Fontès: sur ce premier millésime en AOP Languedoc-Pézenas, les terroirs de basalte et argilo-calcaires offrent une robe soutenue, un nez épicé, et une belle évolution en bouche.Les coopérateurs démontrent que la qualité est valable pour eux aussi. « La diversité des terroirs, des vignerons, des façons de voir apportent un réel dynamisme » selon Stéphane Martin, qui est coopérateur à Fontès.

Les cuvées suivantes sont des vins biologiques ou en biodynamie :

Domaine de Magellan 2009, Bruno LAFON et Sylvie LEGROS, Magalas, certifié: le vin offre un nez gourmand de fruits rouges, très épicé en bouche. Le Grenache apporte rondeur et alcool, notes de griotte. C’est un vin suave.

Domaine Leconte de Floris, Six rats 2015, à Caux Daniel Leconte de Floris: ce vin jeune minéral, acidulé respire la fraîcheur. Présent aux Estivales, Daniel Leconte de Floris propose un marsanne-carignan en vin blanc, avec une  fraîcheur et une minéralité égales.

Pour terminer, nos hôtes présentent à la dégustation un millésime 2008 un des plus beaux vins du Languedoc, duPrieuré Saint Jean de Bébian, à Pézenas, aujourd’hui repris par un investisseur. La robe intense, le nez fin, complexe, envoûtant, les arômes, la bouche n’a pas pris une ride, équilibrée, sans sécheresse. C’est un vin vinifié par Karen Turner, élue meilleure winemaker de l’année. Son mari, Emmanuel Pageot, présent aux Estivales, élabore des vins atypiques, en biodynamie, fruit de ses recherches sur leDomaine Turner-Pageot à Gabian.

Les Estivales de Pézenas
Dans la foulée de la dégustation, débutent les dernières Estivales. « un super concept » pour Frédéric Ducros, « qui mêle les générations, le vin, la musique, la gastronomie, avec des produits culinaires de qualité  en partenariat avec la chambre d’agriculture». Les Estivales de Pézenas se sont ouvertes, avec la ville et l’agglomération, à des partenaires de la route des vignerons et de pêcheurs, et des producteurs des Côtes de Thongue, qui viennent compléter l’offre « entre terre et mer ». Elle clôturent une saison estivale très fréquentée, à l’heure où les vignerons ont commencé à vendanger les blancs, sauvignon et chardonnay en tête. Les cailloux sont semés sur le chemin de l’obtention du cru Pézenas.

Florence Monferran

   

 

 

 

Quelques chiffres

AOP Languedoc-Pézenas depuis 2007, uniquement en vins rouges
- Superficie en production AOC : environ 1500 ha
- Aire de production sur 15 communes :
Adissan, Aspiran, Caux, Fontès, Fouzilhon, Gabian, Lieuran-Cabrières, Montesquieu, Neffiès, Nizas, Paulhan, Péret, Pézenas, Roujan, Vailhan

- Producteurs :
3 caves coopératives,
29 caves particulières

- Production en 2015 :
environ 27 200 hl en AOP Languedoc 
dont 6 100 hl en AOP Languedoc-Pézenas pour une dénomination en progression.

- Rendement maximum : 45 hl/ha

Des vignobles dévastés, des vignerons meurtris

Le mercredi 17 août 2016 restera une date noire dans la viticulture héraultaise. Dans l’après-midi, un couloir de grêle, venu du Gard vers Montpellier, emporte sur son passage toutes les productions agricoles, maraîchage, fruits et raisins  prêts à être vendangés. En un peu plus de quinze minutes, il saccage la moitié du vignoble Pic Saint Loup, descend vers Teyran, Vendargues. Sur une zone très étendue, la grêle frappe aveuglément. Des vignobles ne sont pas touchés, d’autres fauchés à 100 % quand les grêlons atteignent la taille d’un œuf de pigeon. Ils laissent  derrière eux une scène hivernale de routes, rues et campagnes glacées en plein été. Des vignes où il ne reste que le sarment, des vignerons sans voix, de solides gaillards qui pleurent… Le maire de la commune de Valflaunès Gérard Fabre confiait à France Bleu : "Les gens sont choqués, on n'a jamais vu un orage aussi violent. Certains viticulteurs sont touchés à 100%. C'est dramatique pour le Pic Saint-Loup. »
Pour panser les plaies, il faut faire vite. Si certains espèrent arriver au bout de la maturité du raisin, d’autres doivent aider la vigne à cicatriser. Les départs de pourriture compromettent ce qui reste. En vins biologiques, la tâche s’avère plus compliquée encore. Guy Ratier du Domaine de la Vieille à Saint-Mathieu-de-Tréviers, explique que les vignerons ont trouvé des produits et traitements biologiques en Allemagne. Panser le traumatisme ? La solidarité vigneronne joue, l’entraide et les mots pour réconforter plus atteint que soi. Guy Ratier le raconte « On s’appelle. C’est important de libérer la parole, laisser les sentiments s’exprimer. »
Après la stupeur, vient le temps des évaluations officielles. « Les territoires viticoles du Pic Saint Loup et des Grés de Montpellier sont plus particulièrement touchés avec plusieurs centaines d’hectares de vignes endommagés à 100 % » analysent les services de la préfecture de l’Hérault. Autour de Vendargues, et dans un périmètre Claret/ Sauteyrargues/Valflaunès/Lauret, les productions sont très lourdement atteintes. C’est à ces communes meurtries que Pierre Pouëssel, préfet, Olivier Jacob, secrétaire général de la préfecture et Jérôme Despey, Président de la chambre d’agriculture de l’Hérault réservent leur visite le 19 août « pour assurer les agriculteurs touchés de leur soutien et examiner les mesures de solidarité pouvant être mises en place. ». Des reports ou modérations gracieuses auprès des services fiscaux, de prise en charge des cotisations sociales des exploitants ou d’incitation à la mansuétude des banques sont envisagées. Une procédure de demande de classement des zones sinistrées au titre des calamités agricoles pour les pertes de fonds est lancée. La perte de récoltes due à la grêle, quant à elle, ne pourra être traitée que par les assurances agricoles de chacun. Les syndicats viticoles demandent aux pouvoirs publics de laisser les vignerons qui n’ont plus rien recevoir ou acheter des raisins, ce qui sera possible si l'état de catastrophe naturelle est reconnu.
Certains ne vendangeront pas cette année, et l’année prochaine sera bien maigre, tellement les vignes ont été martyrisées. Cruel coup du ciel dans un vignoble languedocien jusque là épargné par les épisodes climatiques que la France viticole a connu cette année. Le millésime 2016 sera partout un millésime bien sombre.
Florence Monferran

La famille Clavel à Trinque Fougasse

Trinque Fougasse, institution montpelliéraine élue « meilleur bar à vin du Languedoc » par le Comité Interprofessionnel des vins du Languedoc, poursuit sa découverte de vignerons tout l’été, avec une soirée spéciale Estival’Off le jeudi soir. Le 18 août, il accueillait la famille Clavel.
Jean, figure fondatrice du syndicat des Coteaux du Languedoc (devenu AOC Languedoc), promoteur inlassable de la qualité des vins du sud, de leur identité propre et de leur très longue histoire, a transmis le flambeau à Pierre, son fils. Avec son épouse, Estelle, il a lancé son domaine en 1986, « intransigeant sur la qualité et l’harmonie avec la nature ». Leurs vins sont donc biologiques. Antoine et Martin incarnent la troisième génération de cette grande famille du vin languedocien. Ils forgent actuellement leur expérience viticole dans tous les vignobles.
Aller à leur rencontre, déguster leurs vins, au son des Cocuts (chœur occitan dans lequel chante Jean) et des Assortis, c’est partir, dans leurs pas, vers des racines chevillées au corps, le regard droit vers l’horizon, verre à la main.
Florence Monferran

Les vignerons présents font déguster leurs cuvées, les bouteilles sont proposées au prix propriété. Formules repas habituelles
Trinque Fougasse O’Nord 
A partir de 19h30
1581 Route de Mende
34 090 Montpellier
Réservation conseillée: 04 99 23 27 00 et http://www.trinquefougasse.com

 

 

Début des vendanges le 16 août

http://www.thau-info.fr/images/Monferran-F/8.jpg

On s’oriente vers un début de vendanges le 16 août sur le littoral héraultais avec une semaine à dix jours de retard. Quelques muscats secs et vermentinos ouvrent le bal à Lunel et Frontignan. Les contrôles de maturité à partir du 16 août seront décisifs pour déterminer la date de vendange de l’ensemble des blancs secs.

Un tourisme viticole flamboyant dans l'Hérault

Le vin omniprésent cet été dans l’Hérault ? Dès le mois de juin, le magazine Decanter, référence publiée dans 90 pays, faisait figurer neuf Héraultais dans son Top 10 des domaines à visiter en Languedoc. Du littoral jusqu’aux hauts cantons, il confirmait des valeurs sûres, ainsi que quelques « outsiders », étrangers devenus vignerons ici. L’Hérault, terre de tous les accueils, y explore les facettes de la rencontre du vin et d’une culture multiforme, touchant touristes comme locaux à la (re)découverte du département.
Fêtes traditionnelles magnifiant le terroir, lors de la 22e Fête du Grand Saint-Jean à Faugères, ou le cépage, à l’occasion du 30e Festival du muscat de Frontignan, coup de projecteur intimiste sur une appellation, à Trinque Fougasse à Montpellier, ou dans un bar à vin éphémère à Gruissan, dans l’Aude toute proche, le vin tisse la convivalité. Des salons annuels fleurissent, celui d’Aniane devient même Festival, sur trois jours. Il rassemblait en juillet de grands chefs, des artistes et des talents vignerons, là où Aimé Guibert, disparu cette année, fit croire en la renaissance d’un Languedoc qualitatif.
Fêtes villageoises, où des spectacles de revues viennent tournoyer près des cuves historiques des Costières de Pomerols, jusqu’aux incontournables Estivales, occasion de découvrir des vins et des vignerons, d’apprendre, par le biais d’ateliers d’initiation, le vin attire les foules. Initiées par le syndicat des AOC Languedoc, ces animations populaires font converger des milliers de personnes dans la célébration du vin et de ses harmonies culinaires. Le principe fait des émules, jusque dans les villages, à l’exemple de Pignan ou de Pérols.
Des conditions de dégustation optimales, c’est ce qu’offrait Le rosé qui fait des vagues à Marseillan le 28 Juillet. Douceur encore chaude du soir, brise marine, soleil descendant sur l’étang de Thau, musique enjouée, vignerons souriants… tout concourrait à un moment idéal en toute décontraction.


Du théâtre à Saint-Drézery, des expositions d’art qui s’accrochent dans chais et caveaux de vente, et même des défilés de mode à la Croix Gratiot (Montagnac), mais aussi un parcours oenologique au Musée Fabre, ou une balade patrimoniale de place en place à Montpellier, finissant chaque vendredi soir aux Estivales, les pas des visiteurs sont guidés vers un vin qui s’invite à tous les rendez-vous culturels. Des fleurons oenotouristiques innovent chaque année, à l’image des Domaines Paul Mas à Montagnac initiant des cours de cuisine pendant le service dans leur restaurant Côté Mas, ou l’Abbaye de Valmagne inaugurant une visite théâtralisée, découverte de la cathédrale des vignes et de ses vins. Autre lieu religieux emblématique, la cathédrale de Maguelone offrait, le 7 aout, un concert et des vins dans le cadre du 6e Festival des Abbayes. Occasion de rappeler combien le religieux a joué un rôle dans le maintien de la viticulture, assurant une continuité de production depuis l’antiquité sur nos terres.
L’attrait confirmé pour la culture en vins biologiques suscite des événements particuliers : Estivale de la Bio à Olargues, le 15 août, ou soirée gustative à Saint-Saturnin, chez Virgile Joly, suivie d’une projection sous les étoiles du film-documentaire « Demain ». Le vin se fait aussi respect de l’environnement.
Ses chemins prennent des accents musicaux, des plus classiques à Valmagne ou Maguelone, aux plus contemporains, à l’instar des soirées qui essaiment l‘Hérault, de Montagnac à Viavino (Saint-Christol), jusqu’à Narbonne. Ainsi au Château de l’Hospitalet, dans le massif de la Clape, les soirées Jazz de Gérard Bertrand rassemblent 1500 convives au pied des vignes, autour de buffets et de vins à profusion, festivals de saveurs. Dans la cour centrale, intimiste, résonnent ensuite les plus grandes voix et les plus beaux instruments. Alors, l’alchimie opère et mène à des sommets.
Balisés en routes oenotouristiques par le label Sud de France, organisés en circuits par le Conseil départemental, ou sentier buissonnier à la découverte d’un petit producteur local, parsemés de chambres et tables d’hôtes, ces chemins mettent en valeur un patrimoine viticole vivant et agissant, une histoire, une gastronomie, des cultures et des hommes.
Qu’est le vin, dans une consommation individuelle maîtrisée, si ce n’est ce point de partage, mélange de sons, de senteurs et de goûts, de convivialité entre gens venus de tous horizons? Continuons à cultiver ce principe simple : faire de la rencontre entre un consommateur et un vin, bon si possible, un instant privilégié, mémorable, en un lieu devenu unique. Pour que vivent la vigne, le vin et le vigneron sur nos rivages et dans nos terres.

Florence Monferran

Un avis étranger
Au milieu de splendides paysages (Pic Saint-Loup, Mont Baudile) entourant Montpellier, ou près de villes pittoresques comme Pézenas, associée à Molière, le magazine Decanter distingue des vignobles réputés, Pic Saint Loup, Faugères , Montpeyroux, mais aussi des IGP comme les Cotes de Thongue. Il évoque le rôle du vin blanc, « en train de devenir incroyablement important dans la région », à travers la popularité croissante du Picpoul de Pinet.
Si le développement du tourisme du vin en Languedoc est récent, la journaliste Rosemary George MW note que «les choses changent petit à petit. (…) La variété de vins et de terroirs d’accès facile depuis Mtp est considérable ».

Top 10 des Domaines à visiter en Languedoc : l’avis et les commentaires de Decanter

  • Domaine de l’Hortus, de Jean Orliac, un des pionniers du Pic St Loup, à Valflaunès
  • Prieuré Saint-Jean de Bébian, planté dans les treize cépages de l’appellation Châteauneuf du pape aujourd’hui propriété russe, à Pézenas
  • Mas Gabriel, des néozélandais Peter et Deborah Core, installés en 2006, à Caux
  • Domaine Ollier-Taillefer, en AOP Faugères, à Fos
    Une des appellations favorites de la journaliste. Difficile de sélectionner un vigneron parmi les 50 de l’appellation. Elle choisit Luc et Françoise Ollier-Taillefer et la qualité de leur accueil
  • Domaine La Croix belle, un des plus grands domaines en Cotes de thongue, à Puissalicon
    Jacques Boyer y produit un large éventail de vins

Deux folies montpelliéraines à l’honneur, en AOP Languedoc Grés de Montpellier:

  • Château l’Engarran, Diane Losfelt et Constance Rerolle, à Juvignac
  • Château de Flaugergues Pierre de Colbert, descendant du ministre de Louis XIV, à Montpelliert

et

  • Villa Dondonna, Jo Lynch et André Suquet, au délicieux Mourvèdre. En AOP Terrasses du Larzac, dans le village attrayant de Montpeyroux, qui a beaucoup gagné en importance.
  • Château Saint-Martin la Garrigue à Montagnac. Le domaine produit un de meilleur picpoul de pinet.
  • Château Camplazens à La Clape, Susan and Peter Close, des « outsiders » bienvenus en Languedoc

Pour » en savoir plus sur le classement

Egalement une appli pour nos amis anglophones de passage : 15 routes, 500 wineries, The wines and winemakers of Languedoc-Roussillon de Peter Gorley, Disponible sur iPad, iPhone et sur Mac, Hamilton John Publishing

Les Domaines Paul Mas étoffent leurs propositions oenotouristiques


A la tête d’une douzaine de domaines et châteaux, réunis sous la signature Paul Mas,  Jean-Claude Mas vinifie, assemble et élève une cinquantaine de crus, y compris les raisins qu’il achète à ses vignerons partenaires en Languedoc. Son but : maîtriser  toutes les étapes de l’élaboration du vin, de la vigne à la vente. Outre les vignobles, Les Domaines  proposent une table gastronomique au milieu des vignes, Côté Mas, sur le domaine familial de Montagnac, dans un style, fait de recherche d’authenticité et de « luxe rural ».
Etoffant cet été son concept, Côté Mas innove avec plusieurs nouvelles propositions.
Côté cuisine, des cours sont dispensés par groupe de quatre inscrits maximum, directement pendant le service. A 26 ans, le chef Kevin Breugnot voulait, au-delà du plaisir gastronomique d’un cours de cuisine classique, offrir une vision plus authentique du métier : « On ouvre les frigos, on montre nos cuisines, chaque élève choisit une mise en bouche, une entrée, un plat, un dessert et les réalise avec un professionnel au poste ad hoc… Pour savourer ensuite ce menu autour du passe, ou en terrasse ».Il travaille tous les produits, frais, en direct des producteurs locaux. On peut ainsi admirer, au milieu des vignes, les oliviers qui produisent l’huile du Domaine. 

       
Côté caveau, un buffet gourmand est désormais proposé par le chef et son équipe. Jambon haché minute, saumon gravlax, anchois de Collioure, salades de légumes craquants, etc. s’y dégustent en accord avec une carte d’une cinquantaine de vins, et souvent en musique.
Aux soirées jazz, deux fois par mois dans l’année, s’ajoutent des dates tout l’été, notamment les dimanches autour de l’événement « Côté Mas vous fait voir la vie en rosé ».  Au programme également, balade équestre (à cheval ou à poney pour les enfants), dégustation de rosé et brunch. A l’occasion de différentes fêtes ou de balades vigneronnes, la gastronomie prend la route, avec le foodtruck  Airstream du domaine.

Cours de cuisine les vendredis et samedis soir à partir de 18h. 
Tarif : 60€ par personne pour la réalisation d’une mise en bouche, d’une entrée, d’un plat et d’un dessert.  
Buffet gourmand : 12 € à volonté

Infos et Réservations :
D5, Route de Villeveyrac, 34530 Montagnac
Tel. +33 (0)4 67 24 36 10 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 
» en savoir plus : Côté mas

Le concours qui met à l’honneur les vins du Languedoc-Roussillon

Lancé en 2012 par le CIVL* et Sud de France Développement, le concours « Top 100 des vins du Languedoc-Roussillon Sud de France » est un dispositif visant à aider les entreprises viticoles régionales à conquérir le marché britannique. En quatre ans, ce concours est devenu une véritable référence et un rendez-vous majeur pour la planète vin londonienne.
*Conseil Interprofessionnel des AOC du Languedoc et des IGP Sud de France

L’image des vins de la région valorisée

Chaque année, le concours, présidé par Tim Atkin, journaliste, critique et Master of Wine (MW), rassemble un jury composé d’imminents experts britanniques. On y retrouve des journalistes, Charles Metcalfe, Anthony Rose, Jamie Goode, Rosemary George, Simon Woods, ainsi que des acheteurs de grandes chaînes de cavistes ou d’enseignes comme Majestic, Bibendum, Co-Op, Selfridges, Hallgarten ou Ellis of Richmond. Après une méticuleuse dégustation à l’aveugle de 700 vins tranquilles, vins effervescents et vins doux naturels, le jury prime les cent meilleurs : le fameux Top 100 des vins du Languedoc-Roussillon Sud de France, aujourd’hui considéré comme un outil de référencement pour les acheteurs. « La sélection et la qualité sont exceptionnelles, d’où la réputation de ce Top 100. D’un côté, il fournit aux professionnels un large éventail facilitant leurs choix. De l’autre, il propose une « autoroute » aux producteurs qui obtiennent, grâce à lui, de nouveaux débouchés » explique Tim Atkin. Concrètement, le jury favorise le travail des acheteurs en leur proposant une présélection de grands vins adaptés au goût britannique. Les entreprises, elles, ne cachent pas leur satisfaction. Pour Benjamin Bonnafoux, directeur commercial de la cave Saint Maurice, « c’est la récompense au Top 100 de notre Poujol Lacoste Blanc qui nous a permis de trouver un distributeur dans ce pays. » Même écho du côté de Brigitte Barreiro, responsable marketing chez Jeanjean : « Le Trophée Top 100 est non seulement une consécration pour notre nouvelle cuvée Castelbarry-Les Murets mais c’est, surtout, un des éléments clés qui a favorisé son référencement chez Majestic ».

Les "trophy" du top 100