Ils font chanter le vin


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Verres de vin

 

 

 

Sébastien Durand et Franck Rudelle deux hommes à la base d’un projet innovant ont participé dernièrement à Vinisud 2017, le salon International des Vins et Spiritueux Méditerranéens à Montpellier. Pourtant ils n’ont pas de caves, ne sont pas vignerons mais ils mettent à la disposition de ces derniers un outil permettant d’innover, de diversifier leur production et de se différencier. Ainsi une cave pourra monter en gamme, valoriser son image et marquer sa notoriété grâce à leur technique, si elle le souhaite.

Il y a quatre ans, Sébastien et Franck, ont eu l’idée de tenter une expérience au fond de leur garage avec quelques hectolitres de vin, dans deux cuves, une équipée de musique, l’autre non. S’apercevant qu’après fermentation, le vin obtenu était bonifié par la musique, ils ont tenté l’expérience à plus grande échelle à la Cave des Terroirs de la Voie Domitienne à Cournonsec, puis au Domaine de l’Octroi en Agde.

Parallèlement, ils ont fondé leur société, « Swing it », pour lancer cette vinification musicale, avec un protocole effectif durant la fermentation (3 semaines) afin d’agir sur les organismes vivants, les levures, qui contribuent à révéler les arômes et qui apportent une plus grande typicité ainsi qu’une structure gustative plus complexe et plus riche. "Dans de nombreuses régions, la Musique est connue pour ses effets bénéfiques sur le monde animal et végétal. Il nous fallait l’essayer sur les fameuses levures. Et le constat fut à la hauteur des espérances car les qualités organoleptiques du vin obtenu étaient supérieures à celles des autres vins" précisent-ils.

Un procédé scientifique

Comme chacun sait, la musique comme tous les sons est constituée d'énergie acoustique due aux vibrations du milieu parcouru. La fréquence des sons audibles par l'oreille humaine va de 16 hertz (son très grave) à 16 000 hertz (son très aigu) en dehors de cette plage, on trouve les infra-sons et les ultra-sons qui eux aussi peuvent être émis par les instruments de musiques mais ne sont pas perçus par l'homme. Le son se propage particulièrement bien en milieu aqueux et donc dans le vin. L'atténuation due à l'absorption et à la diffusion est beaucoup plus faible pour les ondes acoustiques que pour les ondes électromagnétiques. Chaque musique est donc associée à un ensemble de fréquences de vibration dont les effets sur le milieu traversé sont spécifiques.
Une mystérieuse alchimie des ondes se superpose ainsi à l'alchimie de la vinification, l'art de la musique bonifiant l'art du vigneron. Une mystérieuse alchimie des ondes se superpose ainsi à l'alchimie de la vinification, l'art de la musique bonifiant l'art du vigneron. A musique différente, ondes et effet différents. Si la musique classique a été concluante à Cournonsec (Quatre saisons de Vivaldi), en Agde ce fut du Jazz.

Un procédé breveté

Beaucoup de personnes ont encore du mal à admettre l'impact de la musique sur la qualité du vin. Pourtant des tests de dégustation menés en aveugle et des analyses organoleptiques le prouvent.
Travaillant avec des chercheurs et des spécialistes dans les domaines musical et scientifique, Swing-it a pu déposé un brevet sur la base d'un solide dossier, étayé par des expériences concluantes. La jeune société pionnière désire maintenant aller plus loin, elle optimise son procédé avec des moyens techniques très élaborés et des capteurs connectés pour mesurer les paramètres à contrôler.

Un procédé innovant à fort potentiel

Certains voient déjà dans le procédé Swing-it une innovation aussi porteuse de développement en terme de qualité et de marketing que ne le fut il y a quelques années celle du conchyliculteur Tarbouriech avec le procédé d'exondation des huîtres.

« Nous recherchons donc des partenaires pour continuer" précisent les dirigeants de la start-up ajoutant que "si certains sont prêts à tenter l’aventure avec nous, dans la Région que nous aimons, nous sommes prêts, car cette technique a de l’avenir. "

L'aventure commence mais le parcours sera difficile. De même que Tarbouriech à ses débuts a eu du mal à être crédible auprès des conchyliculteurs, Swing-it rencontre encore beaucoup de scepticisme chez les viticulteurs.

Pourtant, comme pour Tarbouriech, il y a gros à parier qu'une fois encore, et presque par définition, les modernes l'emporteront sur les anciens. Sébastien et Franck, ces précurseurs qui font chanter le vin, finiront par être reconnus.

Pour en savoir plus :
Facebook : Swing it - Le vin qui chante
Tel : 06.84.11.77.45

Le botaniste Pierre Magnol, cet illustre méconnu

Les voies du vin sont impénétrables. Cherchant des renseignements sur les cépages anciens, il arrive de découvrir une œuvre, un homme.

Une célébration est passée inaperçue en 2015, celle du tricentenaire de la mort d’un de nos plus grands botanistes. Pierre Magnol (1638-1715) a ouvert la voie à une école renommée d’études botaniques, à Montpellier, qui trouve ses prolongements depuis le XIXe siècle dans les recherches sur la vigne et le vin. De Charles Flahaut à Francis Hallé, du premier Jardin des Plantes créé en France en 1593 à Montpellier Sup’ Agro, en passant par Jules-Emile Planchon identifiant le phylloxéra, des hommes et des structures universitaires entrent dans la continuité de cet homme, en son temps le plus célèbre botaniste de France.
Il ne subsiste pourtant de lui qu’une plante, ramenée d’Amérique par Charles Plumier, baptisée en son honneur magnolia , un buste dans le Jardin des plantes et un nom de rue, discrète, dans Montpellier. Ironie du sort pour ce protestant mis à l’écart des postes prestigieux, la voie s’étire à quelques pas de la Cathédrale Saint-Pierre.
Issu d’une lignée d’apothicaires, Pierre Magnol poursuit ses études au sein de la prestigieuse université de Montpellier. Il obtient brillamment son Doctorat en médecine en 1659, puis le brevet, honorifique, de médecin royal en 1663. Mais c’est pour la botanique qu’il se passionne. « Il se livra entièrement à l’étude de la science aimable, parcourant pendant près d’un quart de siècle la campagne languedocienne et cévenole» écrit le Dr Dulieu à son sujet[1]. Sa réputation grandit en France, passe les frontières. Les principales sociétés savantes d’Europe s’attachent ses services. Les étudiants, dont Joseph Pitton de Tournefort, ou plus tard Antoine et Bernard de Jussieu, se pressent nombreux à ses herborisations. Après avoir abjuré la foi protestante en 1685, il se voit confier le titre de professeur royal, puis de directeur du Jardin des plantes de Montpellier, avant d’en être nommé inspecteur à vie. En 1706, il fait partie des fondateurs de l’Académie Royale des Sciences de Montpellier, puis entre à celle de Paris en 1709.
Pierre Magnol recense les plantes du Languedoc, en dénombre plus de deux mille, cherche à les ordonner. Jusqu’alors, elles étaient le plus souvent rangées en fonction de vertus médicinales. Mais un flot de variétés nouvelles afflue en Europe au XVIIe siècle. Ses travaux, notamment son court (79 pages) mais décisif Prodromus historiæ generalis plantarum (1689), débouchent sur une nouvelle classification, en « familles », en espèces, puis en affinités d’espèces comme pour les animaux, selon des caractères communs d’ensemble.[2]
Sa remarquable finesse d’analyse inspire son élève, Bernard de Jussieu, sur le chemin des classifications botaniques modernes. En décédant en 1715, il quitte la lumière et une gloire qui s’est toujours refusée à lui.

Florence Monferran


 

[1] Dr Louis Dulieu, Revue d'Histoire des sciences et de leurs applications, Année 1959
[2] « J'ai reconnu que les animaux se divisaient en familles, distinguées par des caractères spéciaux… J'ai retrouvé tous ces degrés d'affinités dans les plantes. (…) Il y a entre certaines plantes une ressemblance et une affinité qui n'apparaît pas dans les parties séparées, mais qui résulte de l'ensemble »

 

Pierre Magnol et les cépages du Languedoc

 

C’est pour son jeune auditoire d’étudiants qu’il décide de publier, en 1676, un catalogue alphabétique des plantes de la région, Botanicum monspeliense, sive plantarum circa Monspelium nascentium index. Le succès est tel qu’une nouvelle édition, augmentée, paraît en 1686. Il y décrit avec précision les plantes, leur habitat et leurs vertus. Ainsi pour le produit de la vigne, à laquelle il consacre un article : « Je dirai seulement que, dans toute la famille des remèdes pour le cœur et l’estomac, aucun n'est plus excellent que le vin. »
A la suite d’Olivier de Serres, dans son Théâtre d’agriculture (1600), Pierre Magnol énumère et hiérarchise les cépages locaux. Il commence par les raisins blancs, puis noirs. Les voila, les cépages anciens du Languedoc! Au premier rang, exporté dans l’Europe toute entière, principalement de Frontignan, le muscat, l'apiana des Anciens (raisin aimé des abeilles). Suivent le piqardan, ou augebin ou peut-être l’Alzibil arabe (il confond raisins secs et vins vinifiés en sec) puis l’ugne, le servan et l’agrumel blanc à usage médicinal (fièvres), et la clarette, « dont il est fait le meilleur vin ». Parmi les cépages noirs, l'espiran est recommandé, tant à la table qu’en vin, le marrouquin, l’agrumel negre. Les vins rouges sont élaborés à partir des tarret, piquepoule, efoiran, ouliade « et un très grand nombre d'autres». Puis il nomme un raisin rouge « qu'on appelle barberoux et duquel, dit-on, on élabore le meilleur vin ».
Ces cépages connaissent des fortunes diverses au cours des siècles. Le piquepoul vit aujourd'hui une nouvelle jeunesse, quand d’autres déclinent. L’aspiran, devenu ribairenc, ou l’œillade (ouliade), reviennent en production pour entrer, seuls ou en assemblage, dans des cuvées languedociennes.

 


 

Sur les traces de Pierre Magnol

Mort en 1715, Pierre Magnol est inhumé dans l’Eglise Saint-Anne, proche de l’Hôtel particulier où il résidait, au 10 rue de Bayle et 1, rue Philippi. Cette magnifique résidence, en particulier son escalier et sa cour intérieure, accueille désormais des manifestations culturelles et des événements professionnels, ainsi que l’atelier du luthier Frédéric Chaudière.


Buste de Pierre Magnol
(Jardin des plantes- Montpellier)

Hôtel Magnol
(photo :OTM)
 

Millésime Bio : une grande famille réunie à Marseille


Photo: Millésime Bio

Fidèle à une organisation sans hiérarchie, d’appellation ou de pays, attaché à son indépendance, Millésime Bio s’est installé pour trois jours à Marseille. Du 30 janvier au 1er février, il a offert le visage d’un salon en pleine expansion, à l’image d’une production croissante, qui se diffuse dans le monde entier.
Plus de 900 exposants, venus de 16 pays, de nouveaux clients, cavistes et importateurs, des acheteurs de plus en plus internationaux confirment cette montée en puissance de Millésime Bio, qui se revendique comme le 3e plus grand salon viticole en France. Côté exposants, la liste était complète dès juillet dernier. Cendrine Vimont, chargée de communication de Sudvinbio, l’association organisatrice, se félicite d’avoir été bien suivis par les producteurs dans le déménagement de Montpellier et même, « rançon de la gloire », par quelques off, Roots 66 et Biotop Wines. Le poids économique, le dynamisme des vins biologiques, Patrick Guiraud, président de Sudvinbio, les a soulignés dans son discours inaugural. La bousculade du premier jour aux portes du Parc Chanot, la fréquentation en hausse en ont également attesté.
L’immense hall s’est offert à la rencontre avec les producteurs, tous logés à la même enseigne : une table, deux chaises, un crachoir, rien ne perturbe la dégustation. Valérie Tabariès, du Domaine de Roquemale à Villeveyrac décrit cette ambiance : « Nous sommes tous réunis pour la première fois dans le même hall. On se perd, on découvre des vins étrangers, son voisin de stand. »


La culture en vins biologiques entre dans la cour des grands. Elle bénéficie à Marseille d’une desserte plus vaste et plus variée, dans une région PACA devenue le vignoble le plus bio en France (24 % des vignes). Le salon a accueilli, à son habitude, tous les vins biologiques sous condition d’être certifiés. Pas de vins en conversion, mais les procédés d’élaboration peuvent suivre de principes de biodynamie ou de vins nature si le producteur certifié le souhaite. Jusqu’au premier vin vegan, exempt de composés ou trace animale à la vigne comme en cave, présenté au Château Beaubois à Beauvoisin (Gard).
Millésime Bio ouvre des chantiers pour l’avenir de la culture biologique, que Patrick Guiraud trace vers une plus grande technicité, pour réduire en particulier les risques liés aux aléas climatiques, et plus d’information des professionnels comme des publics sur les bienfaits de la culture en vins biologiques. Une deuxième génération succède aux pionniers du bio en France, il y a trente ans. Il est temps maintenant de conquérir le monde des vins conventionnels, le monde tout court.
Florence Monferran

Bilan chiffré du salon, et retour à Montpellier en 2018 ?
Les chiffres communiqués par Sudvinbio confirment le bilan très positif de cette Edition.
Fréquentation globale : 4850 visiteurs (+ 8%)
+ 20 % de visiteurs étrangers (Europe, Amérique du Nord, Asie)
La filière poursuit sa croissance, avec un chiffre d’affaires qui ne cesse de progresser en France (+17%) et à l’export (+ 26%)
Dès la fin du salon, désir ou réalité?, son retour à Montpellier a été évoqué dans la presse. Sudvinbio ne confirme pas ces dires. De nouveaux épisodes sont à prévoir dans le feuilleton avec l'autre grand événement viticole, Vinisud. L'attente est forte en Languedoc que les deux grands salons viticoles basés à Montpellier se succèdent, afin de conserver le rôle leader de la métropole régionale à l’international, en tant que vitrine des vins du Sud, et vitrine des vins biologiques.

 

IGP Pays d’Oc, premier acteur du bio en grande distribution
Les Vins de Pays d’Oc communiquent les derniers chiffres sur les ventes de bio en grande distribution, qui rassemble environ 19 % des ventes en France. Ils y affirment leur rôle leader, en volume, avec plus de 780 500 bouteilles (24% des ventes) et en valeur (21,5 %), dans un marché en forte hausse.
La consommation bio aussi plébiscite les vins de cépages, merlot et chardonnay en tête. 30 ans après sa création, le label pays d’Oc a suivi les grandes évolutions viticoles. Il concentre aujourd’hui près de 50 % de la production biologique régionale.

 

Des terroirs se racontent à Vinisud

Photo: AOC Languedoc

Les portes des salons viticoles se sont closes. Loin de l’agitation viticole et médiatique, subsistent des images et des conversations, des vins et des émotions, dont un des fils conducteurs a trait à ce qui anime cette rubrique : des terroirs et des vins de qualité. Les terroirs, une histoire à raconter ? C’est ce qu’a démontré leur présence, en filigrane ou en vedette, dans les stands, les conférences et autres master classes. Une histoire conjuguée à tous les temps.


Au passé simple, les terroirs nous parlent des cépages qu’ils portaient sur leurs sols. Anciens, oubliés, modestes, l’association Wine Mosaïc milite pour leur préservation et leur promotion, dans une vinodiversité. Signe des temps, l’espace qui leur était dédié n’a pas désempli, offrant à la dégustation des vins issus de ces très vieux cépages constitutifs de terroirs en Grèce, leur berceau, et sur tout le pourtour méditerranéen. Les Rencontres des cépages modestes œuvrent à la remise en lumière … et en plantation des cépages français. A l’opposé des recherches actuelles sur des cépages résistants (aux maladies et au réchauffement climatique), destinées à refaire des croisements et créer des hybrides producteurs, l’association invite au retour aux cépages anciens « qui sont souvent moins forts en degré, ont plein de qualité, un goût différent de ce que nous avons l’habitude de boire», explique son vice-président, Jean Rosen. Un gout de terroir qui, autrefois, avait valeur péjorative et qui, aujourd’hui, est recherché. La cuvée Mailhol, du Domaine Henry à Saint-Georges d’Orques, composée de rivairenc, œillade, morrastel, terret, illustre ce retour aux sources. Acclimatés à de fortes chaleurs pendant des centaines d’années, ces cépages résistent mieux aux changements que nous connaissons, selon Jean Rosen. Il n’est qu’à regarder la syrah, importée en Languedoc, qui y dépérît. « Des gens replantent et font des vins très intéressants. Nous sommes dans le domaine du patrimoine, de la biodiversité, d’histoire locale, de fierté locale» conclut-il.
A deux pas de l’espace méditerranéen consacré à ce patrimoine vivant, une master class passionnante emporte les dégustateurs dans l’histoire des AOC Languedoc depuis leur création, il y a trente ans, afin de mieux comprendre les raisons de leur succès présent à l’international. Elisabeth Gabay, Master of Wine américaine, apporte un regard extérieur sur cette réussite qui « tient à des vins authentiques, qui reflètent leur terroir et leur histoire, et sont d’une grande diversité, en rouge, blanc, rosé, doux ou effervescent ». Ils sont aussi le produit d’une grande diversité de sols et de paysages dans un climat méditerranéen chaud baigné de vents forts. Loin de l’image longtemps conservée de vignobles de masse, le Languedoc recèle des petits bijoux. La dégustation balaie les AOP du Languedoc, du Pic Saint Loup aux Corbières, de Saint-Chinian, Faugères au Minervois et à La Clape, des littoraux aux arrière-pays d’altitude (relative). Les cépages blancs rhodaniens descendus en Languedoc (roussanne, marsanne, viognier) côtoient la combinaison gagnante en rouge, grenache/ syrah/ mourvèdre, que chaque vigneron, tel un artiste manie, dose à sa guise. La pyramide des AOP s’affine au fil de la dégustation, les rendements diminuent à chaque strate de la hiérarchie qui finit de s’installer entre AOP générique, dénomination et cru.

Des terroirs pour le futur, Vinisud l’a envisagé avec deux nouveaux espaces créés dans le salon. Le premier, consacré à La nouvelle vague, a mis en avant les acteurs viticoles de demain. Il a donné l’opportunité à 41 jeunes vignerons, installés depuis moins de cinq ans, de se présenter, à un tarif préférentiel, aux acheteurs nationaux et internationaux. Le renouvellement des générations, la transmission des domaines sont au cœur d’une réflexion des professionnels, à l’instar des IGP Pays d’Oc qui ont décidé en décembre, lors de leur assemblée générale, de créer une ligne budgétaire pour aider les jeunes à s’installer.
Levier économique, mais aussi levier culturel, l’oenotourisme s’est installé dans un espace méditerranéen sur le salon, sous la houlette d’André Deyrieux, consultant en stratégies oenotouristique. Marketing territorial, oenoculture, mise en scène paysagère, stratégies de territoire, autant de sujets qui ont été débattus dans les tables rondes. L’oenotourisme raconte les paysages, les hommes, les vins, cette combinaison magique qui a constitué un terroir, à un endroit donné. La discipline tend aujourd’hui, après une uniformisation du discours en vue de la labellisation en Vignobles et Découvertes, à vouloir rendre en compte la spécificité de chaque territoire. Un pas vers la mise en lumière de l’originalité des terroirs qui composent ces destinations, dans une région qui affiche ses ambitions en matière de tourisme. Le vin se vend aussi comme un produit culturel. « Il y a mille histoires qui peuvent être racontées. Surtout, sortons de la bouteille de vin, et faisons jouer cette 3e dimension, de l’oenoculturel ! », s’exclame André Deyrieux.

Photos Claude Cruells

Pour preuve, l’espace oenotouristique offrait un lieu d’exposition au projet mémoriel du photographe Claude Cruells « Méditerranée terroir divin ». Les photos présentées en panneaux lumineux feront l’objet d’un livre d’art rassemblant les plus beaux paysages viticoles et oléicoles de tout le bassin méditerranéen, sur 19 pays. « Le livre recueillera le témoignage de vignerons silencieux, c’est-à-dire ceux qui font du vin vivant, sur une terre vivante, qui respectent la nature et transmettent un message d’avenir pur pour notre planète » explique Claude Cruells. Les photos, les panoramiques à 360°, des vidéos, tout sera transmis aux jeunes générations, dans une sorte de conservatoire vivant. « Notre objectif est vraiment mémoriel. Nous faisons un état de lieux de la Méditerranée pour le siècle à venir » ajoute le photographe, qui fait le lien entre des patrimoines millénaires, des cépages, des hommes pour tendre des ponts vers les prochaines générations.
Un patrimoine méditerranéen, des terroirs languedociens nous parlent et se racontent, sur tous les tons, dénouant ce fil conducteur d’une histoire qui continue à s’écrire, d’un devenir qui cherche ses voies.

Florence Monferran

Les Vinifilles au Musée: art, vins et solidarité

Il y a des soirées qui ont fière allure. En avant-première de Vinisud, salon des vins de la Méditerranée, les Vinifilles ont investi le Musée Fabre à Montpellier. « L’association réunit des vigneronnes du Languedoc-Roussillon, « des copines, des femmes qui ont appris à se respecter, à se connaître, qui découvrent que faire les choses à plusieurs, c’est beaucoup plus facile » explique leur présidente, Valérie Tabariès-Ibanez (Domaine de Roquemale à Villeveyrac). Après avoir éclairé aux chandelles le Gazette-Café pour la Saint-Valentin l’an dernier, les Vinifilles ont offert à leurs clients un moment de dégustation privilégiée, entre art et solidarité, éclats de rire et émotion.
Selon leur habitude, c’est en toute décontraction qu’elles ont marié bons vins, musique et produits de la Méditerranée, dans un buffet concocté par leurs soins. En toile de fond des dégustations, l’exposition François Rouan, Tressages ajoute à la magie du lieu, fleuron de l’art que beaucoup d’acheteurs découvrent. Une visite les invite à parcourir les ailes du Musée choisies par les Vinifilles, des maîtres languedociens à Pierre Soulages.

Attentives aux ambiances propices à la dégustation, « aux transmissions de culture, de gastronomie » comme le dit Marie Chauffray (Domaine de la Réserve d’Ô à Arboras), les Vinifilles le sont aussi à communiquer leur passion du terroir. Françoise Ollier (Domaine Ollier-Taillefer à Fos) donne le la avec sa Grande Réserve, issue de vieilles vignes aux racines très profondes sur des schistes du Faugérois. « On voulait mettre en valeur le schiste, qui donne ce côté fumé, tout ce que le terroir nous amène, l’altitude. Ce que j’aime nous, et chez beaucoup de Vinifilles, c’est la fraicheur et l’équilibre des vins. Des vins digestes, pas de gros mastodontes bodybuildés ». Pascale Rivière (Jasse de Castel à St Jean de Fos)) poursuit, parlant des Terrasses du Larzac : « Nous nous situons juste à la fin du Massif central. Nos sols sont différents, caillouteux ou argileux, mais ils ont la particularité d’être en terrasses, avec une nappe phréatique proche qui conserve aux vins toute leur fraîcheur ». Son blanc, en effet, respire cette minéralité. Et son rouge, Bleu Velours 2014, vient d’obtenir une médaille d’Or à Challenge Bio. De l’exaltation du terroir au respect de l’environnement, la plupart des Vinifilles ont obtenu le label en vins biologiques, voire Déméter (Marie Chauffray). Françoise Frissant (Château Coupe-Roses à La Caunette) a choisi l’option d'une cuvée nature.


Françoise Ollier

Valérie Tabariès-Ibanez

Marie Chauffray

Pascale Rivière

Moment fort de la soirée, la vente aux enchères rondement menée par Me Aude Andrieu propose trois lots exceptionnels, vieux millésimes sortis des caves personnelles des Vinifilles au profit de l’une d’entre elles, Fabienne Bruguière (Mas Thélème). Ses vignes en Pic-Saint-Loup ont été entièrement ravagées par la grêle le 17 août 2016.
Dix-huit Vinifilles, dix-huit bouteilles, y compris un Exultet 2005 de Fabienne, le premier millésime de Mâle, 2008, à Roquemale, le plus beau, un 2008, au Château de l’Ou à Montescot, Les galets roulés 2010 de Château de Rey à Canet-en-Roussillon, magnifique, Hissez Ô 2009 de la Réserve d’Ôet ses 36 mois d’élevage à la réserve d’Ô … 1220 € sont récoltés et entièrement reversés à Fabienne, tout comme le bénéfice de coffrets de Noël. Solidarité de vigneronnes, solidarité de filles, solidarité d’amies avant tout, qui s’est manifestée dès le jour du désastre pour lui dire « On va te donner du vin ». La vente aux enchères, le don de vin de leur propre récolte pour élaborer deux cuvées et emplir à nouveau le chai participent à la reconstruction du Mas Thélème, pour que Fabienne et son mari, Alain, aient du vin à vendre, tiennent courageusement debout au milieu des malheurs. Fabienne évoque avec émotion cet « élan de solidarité exceptionnel » vers eux.

Présente à la dégustation, Sylvie Tonnaire, rédactrice en chef du magazine Terre de Vins, a participé, on le sait peu, à la création des Vinifilles en 2009. Elle remarque « une puissance des femmes dans la région ». Une montée en flèche qui se traduit, par exemple, par la prise de présidence de caves coopératives, ou, projet en cours de réalisation, du plus gros groupement de caves de l’Hérault. L’organisation de Master classes à Vinisud confiée à quatre expertes internationales, ou la constitution récente d’une association, #womendowine, pour donner de la visibilité à cette présence féminine dans le vin, en fournissent de nouvelles illustrations.
Outre l’image de femmes agissantes, les Vinifilles offraient lors de leur soirée au Musée Fabre un visage de réussite joyeuse, de cohésion dans la complémentarité, des vins comme des caractères, juste avant l’ouverture des deux grands salons du vin dans le sud, l’un à Montpellier, l’autre déplacé à Marseille.
Florence Monferran

Les vins de la Méditerranée en salon à Vinisud

Vinisud, salon de référence à l’international pour les vins du pourtour méditerranéen, revient dès 2017 avec l’ambition de devenir annuel. Du 29 au 31 janvier, il attend au Parc des Expositions à Montpellier plus de 20 000 visiteurs, professionnels du vin, dont 6000 étrangers venant de 70 pays. Plate-forme d’affaires, il accueille 922 exposants et 400 grands acheteurs, dont 200 acheteurs VIP recrutés par Sud de France dans le cadre du Forum International d’Affaires.
Deux nouveaux espaces thématiques suivent les évolutions du monde viticole: en réponse aux besoins de renouveler les générations et installer la relève,  La nouvelle vague by Vinisud , espace collectif, donnera un coup de pouce à 41 jeunes vignerons. Un vaste espace consacre la place de l’oenotourisme, nouveau levier économique pour la production de vin, sous la houlette d’André Deyrieux et son Winetourisminfrance.
Afin d’anticiper les tendances de demain, Vinisud met en place des outils d’observation, avec le premier Observatoire international des vins de la Méditerranée. Une enquête exclusive sur les tendances de consommation des Millenials (21-35 ans) est publiée à l’occasion du salon.
Regard en avant et regard en arrière, Vinisud se penche sur le patrimoine viticole, avec son Espace Expression méditerranéenne , et sur la découverte de tous ses vins, mis en dégustation libre dans le palais méditerranéen, animé par l’Union des Oenologues de France.
Des terroirs, des vins, les évolutions, les tendances de demain, Vinisud brasse les temps, balayant tout le spectre de la production méditerranéenne.
Florence Monferran

Millésime Bio ouvre le monde aux vins biologiques


C’est dans un contexte régional tendu que s’ouvrent les deux grands salons internationaux, Vinisud, les vins de la Méditerranée à Montpellier, et Millésime Bio, déplacé à Marseille. Une production en baisse, peu de mouvements dans les contrats d’achats de vin conventionnel, une consommation en berne, inquiètent la profession, sans compter de nouvelles actions de viticulteurs contre la concurrence des vins venus d’Espagne.
Le bio, valeur refuge dans la morosité ? L’association Sudvinbio, organisatrice du salon, l’affirme : « Tous les indicateurs sont au vert ». La culture biologique affiche sa bonne santé. Des surfaces en progression (+ 4%), une production en plein développement, une hausse structurelle du marché en France (+ 17%), un mouvement généralisé dans le monde, l’ascension se poursuit. Des vins élaborés dans le respect de l’environnement, contrôlés, labellisés en Vins biologiques rassurent un consommateur plus attentif à ses choix. Qui plus est, la filière s’avère créatrice d’emplois, d’après une étude inédite de l’INRA et de SupAgro Montpellier. Les domaines viticoles certifiés emploient 1,5 fois plus de salariés que les conventionnels, pour des postes plus permanents et plus qualifiés. « Le bio, c’est bon pour l’emploi » tel pourrait être le slogan de cette 24e édition.
L’Occitanie, forte de son poids (30 % des surfaces françaises), s’y présente en rangs serrés, à l’instar de l’Hérault propulsant ses jeunes appellations. Terrasses du Larzac, Languedoc Grés de Montpellier ou Pézenas, y sont appuyées par des piliers, AOP Faugères, Saint-Chinian et vins de Pays IGP en tête. Auréolée des médailles décernées à Challenge Bio, la région élargie à Midi-Pyrenées, fer de lance de la culture biologique en France, récolte les fruits de sa persévérance, essaime dans une viticulture conventionnelle en mutation pour conquérir de nouveaux adeptes, tant du côté des producteurs que des acheteurs.

Le Palmarès de Challenge Bio
Le 17 janvier, la 10e édition du concours international a réuni à Montpellier plus de 1400 échantillons sous la présidence de Joris Snelten, importateur de vins biologiques néerlandais. 125 médailles d’or, 201 d’argent et 87 de bronze ont été décernées.
Sur 96 médailles d’or françaises, 39 ont été attribuées au Languedoc-Roussillon, Dans ce palmarès bien réparti sur toute la région, équilibré entre vins en IGP (20) et en AOP (19), les Rouges se taillent la part du lion (26). Blancs (10) et Rosés (3) sont tous en IGP.
Il se confirme quelques valeurs sûres dans l’Aude (Châteaux Beaureagrd-Mirouze,, Caraguilhes, Maris, Domaine Bertrand-Bergé et le négociant Gérard Bertrand), comme en pays catalan (Domaine Cazes, Mas Baux).Dans l’Hérault, très représenté avec 21 récompenses en Or, le Domaine Roquemale (2 médailles) à Villeveyrac et le Clos d’Isidore à Murviel-lès-Montpellier poursuivent leur progression, tandis que les négoces Domaines Paul Mas à Montagnac (5 médailles) et Terroirs Vivants à Montpellier (4 médailles) trustent les récompenses. Les lauréats s’appuient sur les cépages-phares du Languedoc : grenache, mourvèdre et syrah, carignan et cinsault en rouge, grenache, muscat à petits grains en blanc.

Florence Monferran

 

Hérault
Abbaye SYLVA PLANA, Le songe de l’abbé 2013, Faugeres AOP, Rouge
Château BOUSQUETTE, Cuvée prestige 2013, Saint‐Chinian AOP, Rouge
Château COUJAN, Bois joli 2014 Saint‐Chinian AOP, Rouge
Château de la LIQUIERE, Cistus 2014, Faugères AOP, Rouge
Château LA ROQUE, La Cupa 2014, Pic Saint Loup AOP, Rouge
Domaine BASSAC, XIV 2014, Cotes de Thongue IGP, Rouge
Domaine de ROQUEMALE, Lema 2014, Languedoc Grés de Montpellier, Rouge
Domaine de ROQUEMALE, Male 2014, Languedoc Grés de Montpellier, Rouge
Domaine du CLOS ROCA, Symbiose 2014, Languedoc Pézenas AOP, Rouge
Domaine Pierre CLAVEL, Bonne pioche 2014, Pic Saint Loup AOP, Rouge
Domaines Paul MAS, Claude Val 2016, Pays d'Oc IGP, Blanc
Domaines Paul MAS, Côté Mas Rosé, Pays d'Oc IGP, Rosé
Domaines Paul MAS, Cuvée secrète, Pays d'Oc IGP, Blanc
Domaines Paul MAS, Les Tannes 2015, Pays d'Oc IGP, Rouge
Domaines Paul MAS, Rural par nature, Pays d'Oc IGP, Blanc
La JASSE CASTEL, Bleu velours 2014, Languedoc Montpeyroux AOP, Rouge
Le CLOS D'ISIDORE, Les sentiers pourpres 2013, Languedoc Terroir Saint-Georges AOP, Rouge
PLAN DE L'HOMME, Alpha 2013, Terrasses du Larzac AOP, Rouge
TERROIRS VIVANTS, Les Terrelles Chardonnay 2016, Pays d'Oc IGP, Blanc
TERROIRS VIVANTS, Réserve naturelle prestige 2015, Pays d'Oc IGP, Blanc
TERROIRS VIVANTS, La Marouette 2016, Pays d'Oc IGP
TERROIRS VIVANTS, Les Terrelles Cinsault 2016, Pays d'Oc IGP

Languedoc-Roussillon
AUBAI MEMA, Lunatico 2013, Gard IGP, Rouge

Château BEAUREGARD MIROUZE, Lauzina 2014, Corbières AOP, Rouge
Château de CARAGUILHES, Solus 2014, Corbieres‐Boutenac AOP Rouge
Château de CARAGUILHES, Domaine de l'Olivette 2015,Aude IGP, Rouge
Château MARIS, Les Planels 2014, Minervois‐La Liviniere AOP, Rouge
Domaine BERTRAND‐BERG, L'Ancestrale 2014, Fitou AOP, Rouge
Domaine CAZES, Cap au Sud 2016, Cotes Catalanes IGP, Blanc
Domaine GAYDA, Chemin de Moscou 2014, Pays d'Oc IGP, Rouge
Domaine PY, Jules 2016, Corbières AOP, Rouge
Domaine VORDY, Alice 2013, Minervois AOP, Rouge
Gérard BERTRAND, Autrement 2016, Pays d'Oc IGP, Rosé
Gérard BERTRAND, Naturalys Grenache Rosé, Pays d'Oc IGP, Rosé
Gérard BERTRAND, Une note de Cabernet Bio, Pays d'Oc IGP, Rouge
Les DOMAINES AURIOL, Montmija 2015, Pays d'Oc IGP Rouge
Mas BAUX, Baux blond 2016, Cotes Catalanes IGP, Blanc
SCEA des Domaines GEORGES ORTOLA, Château Ymys 2016, Languedoc AOP, Rouge
SCEA des Domaines GEORGES ORTOLA, Domaine Ortola 2016, Pays d'Oc IGP Rouge

 

Les vins biologiques en chiffres

24e Edition de Millésime Bio
30 janvier-1er février 2017 Réservé aux professionnels
900 exposants, venant de 15 pays, dont : Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud, Chili, Argentine, USA
40 % de l’offre française représentée
Que des vins certifiés biologiques (pas de vins en conversion)

Chiffres-clés 2015

68 565 ha en vignes bio (AB et conversions)

  • + 4 % en un an
  • 8,7 % du vignoble français
  • 203 caves coopératives (70 en 2009)


Le poids des Vignerons d’Occitanie

  • 25 000 ha, 800 000 hl
    Soit 30 % des surfaces en vignes bio

Achats de vins biologiques en France

  • + de 1,5 million d’hectolitres sur le marché français
  • 68% en AOP, 25 % en IGP
  • 670 millions d’euros
  • + 17 % en un an
  • 41% des achats en vente directe, 23% en magasins spécialisés bio, 15 en RHD

Une progression généralisée dans le monde
80 % de la production en Europe, sur plus de 281 000 ha

Une cinquantaine de pays ont un vignoble bio

SudvinBio (association Loi 1901, créée en 1991 - Président : Patrick Guiraud) organise Millésime Bio et Challenge Bio et représente 70 % de la production régionale, environ 950 000 hl - www.sudvinbio.com

Quand l’art et vin se rencontrent : célébrations sétoises

Port de Sète, 1934

Ils sont bien là, dans la ville dont son sénateur-maire, François Commeinhes, dit un jour qu’elle compte autant d’artistes que d’habitants. Ils participent à ces fééries sétoises décrites par le philosophe Michel Onfray[1], dans un port encore imprégné de la fièvre des déchargements, des odeurs de bois brûlé et de vin transbordé, du roulis des barriques chargées sur les quais, ventres ouverts de la tonnellerie et des négoces.
Des artistes entretiennent ce rapport continu avec le vin dans l’Ile singulière, chère à Paul Valéry, mais aussi à Pierre Soulages, André Cervera ou la famille François. Un rapport prolongé dans les lieux même d’expression artistique. L’Ecole des Beaux-Arts n’appartenait-elle pas à une famille de négociants en vin ? Et le Musée International des Arts Modestes (MIAM) fondé en 2000 par Hervé di Rosa n’est-il pas abrité dans un ancien chai ? Il y propose, comme une mise en bouche, une manifestation intitulée Miam Miam Glouglou.
Les arts plastiques ont toujours accompagné le vin, en ont donné une représentation graphique, émotionnelle ou conceptuelle. Un lien continu, intemporel s’est tissé depuis que le breuvage, porté par Dionysos, dieu de la vigne, mais aussi du théâtre et des arts, a servi de vecteur de civilisation dans la conquête romaine.

 

Hervé di Rosa,
Sérigraphie, 1988

L’art pictural, de nos jours, n’a de cesse de fleurir dans les caves. Tous les étés, il pousse la porte des caveaux de vente, s’invite sur les murs des chais, appelle à la réflexion ou au voyage. Un rapport plus intime s’est installé à Sète quand Robert Skalli, pionnier des vins de cépages en France, mais aussi mécène d’art contemporain, a collectionné les œuvres, les a exposées dans son chai, et a soutenu la création avec sa marque Fortant. Les IGP Pays d’Oc n’oublient pas son rôle éminent, dans la célébration de leur trentenaire cette année.

     

Joël Bast
présences,2016

Les artistes sétois déploient toutes formes d’expressions pour glisser le divin nectar en support, élément annexe ou central de leurs œuvres. Jusqu’à l’art-textile d’Isabelle Piron brodant des sarments de vigne, ou les Présences de Joël Bast qui ont semé tels des grains ici un vendangeur, là un barman, les contenants du vin, étiquettes, bouteilles, barriques, offrent un écrin précieux à la fois à la création artistique et à leur contenu.

 

Dans la lignée de Philippe de Rothschild qui, considérant dès 1945 que « un grand vin est un art », avait lancé la création d’une étiquette signée par un grand artiste, les peintres se sont prêtés à l’exercice : Soulages, di Rosa, ou récemment encore André Cervera pour un muscat de Frontignan.


Pierre Soulages, 1976,


Hervé di Rosa, 1987,

André Cervera, 2016

(photo: MIAM)

Des peintres, sollicités par Gérard Bru, propriétaire du Château viticole Puech-Haut à Saint-Drézery, alimentent depuis 2000 une collection inaccoutumée, dans laquelle chaque artiste s’acquitte librement d’une figure imposée : habiller une barrique du château réformée. La collection reprend le chemin en sens inverse quand, déclinée sur des Bib’ Art, elle propose du vin à consommer dans ses petites barriques de 5 litres en tôle peinte.


Barrique et bouteille, Jean-Jacques François, 2016,
Photos: Philippe Fontaine

Dernier en date à se prêter à l’exercice, le sétois Jean-Jacques François en a fait « Le vin dans l’art, l’art du vin. Et le divin dans l’art du vin». Il a d’abord réalisé un projet sur tableau, avant de peindre sur le tonneau. La bouteille de vin elle-même se transforme en œuvre, quand, une fois son contenu bu, sa forme esthétique inspire le peintre. Jean-Jacques François, qui s’intéresse à tous les supports dans son art du détournement, dit s’amuser à « tout voir, tout oublier, tout recréer ».

Quelques artistes approfondissent ce rapport sur leur terrain, dans les tableaux.

Villes invisibles, Alain Vaissière, 2014
(photo: A.Vaissière)
 

Arrivé à Sète en 2014, Alain Vaissière a quitté sa ville rose et son travail pour se consacrer à son digital Art, dans lequel il mélange ses ingrédients (photo, dessin, dessin numérique). En créant des mosaïques, il invente un nouvel espace que chacun peut s’approprier.
« J’assemble, comme le vin » explique-t-il. Dégustation , Grand cru ou Villes invisibles s’en inspirent.

Une célébration hédoniste des plaisirs voire des excès du vin, dans la droite ligne des banquets antiques et festins rabelaisiens, s’affirme chez Robert Combas, André Cervera ou Jean-Jacques François encore. Elément d’un prochain tableau, un déjeuner sur l’herbe ludique librement inspiré de Manet, le vin figurera naturellement pour lui, posé dans l’herbe comme un plaisir, dans une convivialité qu’il recherche dans le breuvage.

Vin-Roi, Robert Combas Festin totémique, André Cervera, 1996

Une telle célébration figure chez André Cervera, « électron libre » ainsi qu’il se définit, qui prônait dans sa jeunesse, non loin des transes bacchanales, une transe poétique. Compilant les mythologies, il rapporte de ses voyages dans le monde ou de son rapport au monde un Festin totémique ou autre Festin minuscule, peint en résidence d’artiste en Chine, tout comme Bloody cocktail ou A kind of chinese repas où le vin s’invite à table, même loin de Sète.
Robert Combas, chantre de la figuration libre, célèbre la vie, cherche à saisir la nature, avec tout son talent de coloriste. En décryptant le monde, il y découpe des fenêtres et nous amène dans son aventure. Le vin y est roi, La Bouteille de vin rouge également. Michel Onfray voit dans son travail, en 2012, une dimension dionysiaque, qu’il décrit dans « Transe est connaissance »[2] . Ce à quoi l’artiste répond dans le Figaro : « J'imagine qu'il parle de ma façon de célébrer les choses plus que de mon goût pour le vin. (…) Je dis que l'on peut voir les couleurs avec le nez, sentir avec la bouche. J'aime cette vision décalée des sensations. Si je me joue des stéréotypes, c'est pour mieux souligner la typicité de l'art. Dans ma peinture, le terroir, c'est moi ! ».


La bouteille de vin rouge, R.Combas , 1986

Bloddy cocktail, A.Cervera
Caveau du Domaine Gaujal à Pinet  

Ces éminents artistes sétois se sont retrouvés ces derniers mois sous les feux de l’actualité, dans des expositions d’ampleur nationale et internationale : Hervé di Rosa à la Maison Rouge à Paris, Robert Combas en Avignon et à Monaco, ou acceptant de s’exprimer dans une émission télé sur France 2 en début d’année.
Loin des lumières, Pierre François tissa sa toile, à part. Jean-Jacques François, son jeune frère, évoque cet homme discret humble, dont peu connaissent le parcours (cinéma, dessin animé scientifique, décors de théâtre à Avignon par exemple). Inspiré par Raoul Dufy, « son graphisme léger et ses couleurs vives et harmonieuses », décrits par ses amis, ont tracé un lien tant avec la nourriture qu’avec le vin. Un lien qui trouva un lieu, passant sur l’autre rive de l’étang de Thau, à Pinet. Dans le caveau de vente de son ami Ludovic Gaujal, caveau – musée transmis à son fils Laurent, se côtoient œuvres et gammes de vin, collection d’étiquettes et bouteilles. Un lieu à part où Pierre François ouvrait un horizon à des vins encore peu connus, Picpoul de Pinet ou rosés du rivage.

Le vigneron, un artiste lui aussi?

Le travail de quelques grands élaborateurs, leur image d’orfèvres a conduit à oser l’analogie, et à ériger en art la fabrication de quelques flacons rares et chers. Comme l’artiste, le vigneron crée, en un rituel renouvelé chaque année, reproduisant des gestes mêmes aux effets différents. Il mobilise les sens, suscite émotions et expérience esthétique. Comme l’artiste, il travaille la matière, la couleur même, se soumet au jugement d’experts. Soudain, le sang de la vigne se métamorphose en matière première de l’art pour quelques-uns qui vont jusqu’à peindre avec du vin ! Mais l’art transfigure la nature et le réel, quand le vin est œuvre de ses éléments, et le vigneron son simple interprète. L‘oenotourisme tend actuellement à intégrer la production viticole dans un monde culturel, jouant de ses rapports et ses interactions avec des paysages, une histoire, des patrimoines, des apports culturels multiples.


Photo: Claude Cruells

On connaît le vin sous une autre encre, celle des écrivains, et sous des rapports nouveaux explorés avec les notes de musique, jouée dans les vignes, dans le chai, et sensées accompagner la création du vin à ses différentes étapes : pendant les vendanges, pour la vinification ou l’élevage et même la mise en bouteille.
Les arts, tous les arts, s’unissent avec la ville-île, détachent le vin de ses manifestations contextuelles, estivales ou autres, pour pérenniser un lien intemporel dont ils assurent la transmission. Ces artistes réécrivent une magie, dans cette ville si singulière, bruyante et colorée, libertaire et provocatrice, une poésie, une féérie même, écrit Michel Onfray dans son dernier ouvrage, inspiré par ses textes antérieurs sur Robert Combas.
Le vin déserte peu à peu celle qui fut sa capitale méridionale, pour le meilleur et pour le pire. Les quais se vident et les chais des négociants se muent en lieux de tournage télévisuels, prenant une nouvelle vie, artistique elle aussi. Le fil s’en déroule, encore, à Sète.

Florence Monferran


[1] Michel Onfray, Robert Combas et Topolino, Fééries sétoises, Paris, Dans la boîte, 2016, 92 p.

[2] « Les encyclopédies et les histoires de l’art associent son nom à la « Figuration Libre ». Mais, au-delà de l’étiquette, on peut aussi le voir comme un baroque lyrique, autrement dit : un peintre compagnon de route et de fortune de Dionysos, le dieu des vignes, du vin, de l’ivresse, de la fermentation, de la danse, de la folie, de la transe, des substances vitales (sang, sperme, sève, lait), des animaux puissants (taureaux, boucs, béliers), de l’extase, de la végétation luxuriante, de la musique percussive, mais également l’inventeur de la tragédie et de la comédie, donc du verbe sculpté. Comme Dionysos, il chevauche le tigre et prend donc chaque jour le risque de se faire dévorer par son art. Sa peinture est l’une des plus dionysiaques de l’histoire de la discipline. »

Vins et Gastronomie à la carte en 1929

Le journal Sud-Ouest rapporte la mise en ligne par Gallica, site numérique de la Bibliothèque Nationale de France, d’une nouvelle pièce à verser à notre patrimoine immatériel : une carte gastronomique de la France datée de 1929. Y figurent pour chaque région tant les spécialités culinaires que les vins. Le découpage du « Languedoc » par son auteur, Alain Bourguignon, inclut Toulouse et la Haute-Garonne, l’Ariège, le Tarn, une partie du Tarn-et-Garonne. Une sorte d’Occitanie avant l’heure, sans le Roussillon.
La carte répartit les spécialités : à Toulouse les confits, à Carcassonne et au Lauraguais le cassoulet, à l’Hérault les vins, prépondérants entre Béziers, Bédarieux (et son estouffade de tripes) et Montpellier. Se distinguent les grenaches et rancios vers Perpignan, miel, bouillabaisse, et vin de Quatourze autour de Narbonne. A Gignac, escargots et olives vertes vont de pair avec les vins de Grézors. Au menu à Montpellier : escargots à la Gayouparde, bourride de poissons, olives confites, biscotins et pâtés, que les contemporains accompagnaient de muscat de Frontignan et vins de Lunel. Au large, entre Sète et le Rhône figurent des poissons, mollusques,… et vin Muscat. Immergeait-on déjà des bouteilles en mer à l’époque ? La carte recense 31 variétés de poissons dans le Golfe du Lion jusqu’à Marseille. Certaines font encore les beaux jours de notre pêche locale, d’autres noms évoquent des espèces moins connues, à l’exemple de l’aiguille orphie, le cavillon, la mostèle, l’oblade, ou la scorpèle.
Sous le mot-dièse #MaCarteParLeMenu, ce document rencontre une seconde vie en circulant sur les réseaux sociaux. Pour vous mettre l’eau à la bouche ou retrouver des saveurs anciennes, la carte est disponible sous ce lien : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52504043q/
Florence Monferran

 Carte gastronomique de la France, 1929, Alain Bourguignon,E.Girard Editeur, Paris

Bonne année! Viticolement vôtre


Etude pour une vendange, Frédéric Bazille, 1869

Décembre, janvier… le calendrier vigneron ralentit la marche de ses travaux. La nature s’est endormie sous de belles gelées. La vigne, privée de sève nourricière, s’abandonne à la taille pied à pied, parcelle après parcelle.
Après les fêtes, pic intense pour la vente des vins, vient le temps rituel des vœux, pour une nouvelle année emplie de bonnes résolutions et d’espoirs formulés. De grands rendez-vous attendent la viticulture languedocienne qui, après ceux des AOC en 2015, fêtera les trente ans des vins de Pays d’Oc-IGP. Trente ans, un bel âge, de jeunesse et de maturation, de grandes idées mises en pratiques pour bouleverser les structures, la qualité et l’image des vins du Midi. Vinisud et Millésime Bio, même déplacé à Marseille, offriront la plus belle des vitrines dès la fin du mois de janvier à une culture florissante, en particulier en vins biologiques, sans oblitérer les questions cruciales pour la pérennité de la pratique viticole. Comment le plus vaste vignoble d’un seul tenant au monde évoluera-t-il  face aux changements climatiques, quels cépages résistants aux maladies et au réchauffement faudra-t-il planter, comment le Languedoc-Roussillon s’intègrera-t-il dans les nouvelles dispositions de plantations de vignes qui entrent en vigueur en Europe, quelle place, quels moyens seront accordés aux jeunes pour s’installer, comment réagira la profession à la nouvelle Organisation Commerciale du Marché (OCM) qui menace les vins de Pays? La région possède des atouts uniques face à ces lourds enjeux. Elle se tourne notamment vers l’oenotourisme, conçu comme un levier économique, créé des routes des vins, multiplie ses offres en packages, autour de ses produits. Elle s’appuie, pour valoriser la filière viticole, sur son histoire deux fois millénaire, son patrimoine, ses paysages façonnés par le travail des hommes à la vigne.
Alors oui, souhaitons le meilleur à la viticulture languedocienne, à ses vins, à ses acteurs pour que vive cette filière économique majeure, porteuse d’une culture et d’une douceur de vivre. Alors, oui, que 2017 soit pour vous, touristes de passage ou natifs anciens du lieu, une année emplie de découvertes, de terroirs et de crus surprenants, d’hommes et de femmes passionnés, de cépages emblématiques de ce berceau du vin en France.
Florence Monferran

Jacques Gravegeal dresse les défis pour les vins de pays d’Oc

   


Jacques Gravegeal

   

Regroupés en 1987, et commercialisés pour la première fois par le négociant sétois Robert Skalli, les vins de pays d’Oc ont fait émerger le concept de cépage, rivalisant avec le Nouveau monde et anticipant sur de nouveaux modes de consommation.
30 ans plus tard, leur Président, Jacques Gravegeal, le rappelle, chiffres à l’appui : « Nous avons connu une résurrection, et une résurrection qualitative avec les Pays d’Oc. Peu d’IGP, voire d’AOP ont autant de rayonnement »

Le poids économique des Pays d’Oc IGP

En 2015 :
23 bouteilles d’IGP pays d’Oc vendues chaque seconde dans le monde
120 000 ha de vignoble (sur 236 000 ha) en Languedoc-Roussillon
58 cépages autorisés sur les trois couleurs
5,5 millions d’hectolitres mis sur le marché chaque année
76% des vins produits en IGP en France et 9 bouteilles sur 10 sont des Pays d’Oc IGP
1,8 million d’hectolitres de vin est vendu en Pays d’Oc IGP en grande distribution
1er exportateur français de vins tranquilles en volume avec 2,5 millions d’hectolitres, dans 170 pays
5e exportateur mondial de vins de cépages

Mais la situation viticole actuelle vient assombrir le tableau d’une très  belle réussite. A l’occasion de l’assemblée générale du syndicat des producteurs de Vin de Pays d’Oc, Jacques Gravegeal dresse devant la presse bilan et enjeux pour la filière, aborde sans ambages quelques sujets sensibles et prône le dialogue entre professions.
Le syndicat fait face à une forte interpellation des producteurs, devant une récolte en baisse, en IGP Oc, dans la région, en France, et partout dans le monde. Des sorties de chais atones et des négociations de prix inférieures à l’an passé renforcent l’inquiétude. Pour la première fois, les Vins de Pays d’Oc IGP affrontent une baisse de leur valeur ajoutée. « Nous sommes aujourd’hui menacés ».
Dans ce contexte, leur président choisit l’ouverture, en proposant d’entamer des discussions avec le négoce et la grande distribution. En guise de premier sujet, les vins de Pays d’Oc ne peuvent pas lutter contre la concurrence des vins espagnols sans IG vendus à des prix très inférieurs sur les linéaires des supermarchés, ce qui a conduit cette année à des opérations spectaculaires de déversement de citernes ou de cuves dans l’Aude et à Sète. « Nous voulons que le consommateur puisse identifier l’origine du produit, que ce soit écrit sur le BIB de vins espagnols, et que ce soit clair », déclare Jacques Gravegeal, qui note par ailleurs que ce sont les vins sud-africains les moins chers à l’heure actuelle sur ces marchés. Une discussion s’avère nécessaire avec les metteurs en marché et la grande distribution sur la question des rétributions de chacun.
Entre soutien aux grandes marques (privées ou coopératives) qui véhiculent leur image, et soutien aux vignerons, afin qu’ils ne lâchent pas leurs prix de vente, Jacques Gravegeal concède une  marge de manœuvre étroite pour les vins de Pays d’Oc. D’où l’idée de sécuriser l’amont par des contrats triennaux. 88% des volumes produits sont commercialises en vrac au négoce. « L’enjeu majeur pour les Pays d’Oc, c’est de pérenniser à moyen terme la relation production négoce qui sont deux volets indissociables » explique Florence Barthès, directrice générale des IGP Oc. La recherche d’une régulation (comme autrefois avec la distillation) est envisagée. Jacques Gravegeal propose de « gérer tous ensemble, et de chercher aussi  une solution pour les vins sans IG. Une lourde charge pèse sur nos épaules, il faut que nous la partagions tous ». Et de conclure : « Il faut un Plan Marshall pour donner de l’élan à ceux qui veulent rejoindre notre filière »
L’ouverture prônée par Jacques Gravegeal s’applique aux autres IGP. Une  synergie avec l’IGP Carcassonne, ville joyau de l’UNESCO, est en perspective. « Nous ne pouvons pas rester dans une tour d’ivoire. Nous avons besoin de tout le monde ». Non pour obtenir des volumes supplémentaires, mais pour tendre vers une unité de vue. « Notre stratégie est d’intégrer des filières qualitatives qui vont participer à un entrainement général. »
Les vins de Pays d’Oc s’ouvrent à de nouveaux cépages, qui complètent la palette des 58 autorisés. Deux cépages principaux entrent dans le cahier des charges : le Caladoc et l’Albarino. Le Carignan, emblématique du  Languedoc-Roussillon où il s’épanouit depuis le XIIe siècle, et où il peut vivre plus de cent ans, va voyager à l’export comme sur le marché français, en 100 % cépage Pays d’Oc Rouge, bi-cépages, ou assemblages.
Autre défi majeur, développer et maintenir le foncier viticole passe par un renouvellement de génération qui fait défaut.  La suppression des droits de plantation, dans la nouvelle OCM, prive les jeunes agriculteurs de droits gratuits (sur 6 ha). Les Vins de Pays d’Oc ont décidé de mettre la main à la poche pour les jeunes, en créant une ligne budgétaire qui paye collectivement pour les aider. Jacques Gravegeal  voit un enjeu économique global dans ces deux défis majeurs: gérer tous ensemble, aider les jeunes : « En soutenant la filière, nous donnons de l’espoir aux jeunes ».
Le label IGP , signe de qualité, commel’image des vins de Pays d’Oc sont entretenus par la communication. « Nous allons améliorer la lisibilité de OC entant qu’origine sur le packaging. » annonce Jacques Gravegeal. Un nouveau Club, après celui des marques et des enseignes, est mis sur pied : le Club des CHR (cavistes, hôtels, restaurants), qui vise à gagner en notoriété. Par exemple, les « Pays d’oc IGP Collection 2016 » iront en CHR. Ces cuvées ambassadrices retenues par un jury international de professionnels expriment la créativité du label Pays d’Oc IGP.
Seul point que ce tour d’horizon empreint de gravité  n’a pu évoquer : les cépages résistants, aux maladies mais aussi aux changements climatiques. Un autre défi, et non des moindres pour la viticulture régionale et les vins de cépage.

Florence Monferran

 

Il ressort de leur dégustation une belle unité en rouge autour du fruit (fruits rouges et noirs) et des blancs très aromatiques. Coups de cœur personnels : le « Beauvignac » Chardonnay 2015 des Costières de Pomerols, fin, frais et complexe, aux notes de fleurs blanches, et un « Elixir » 2014, du Domaine de la Condamine Bertrand à Paulhan.

cliquez ici voir la liste des cuvées ambassadrices