Muscats de l'Hérault, le fruité à l'état pur

Avec Saint-Jean-de-Minervois, Frontignan, Lunel et Mireval, le Département de l’Hérault abrite 4 des 7 appellations muscat en France. Dans l’Hérault, le cépage utilisé est toujours le muscat à petits grains. Le muscat se décline en plusieurs variantes

  •  Les Vins doux naturels (VDN) : ce sont des vins mutés, c'est-à-dire des vins vinifiés de façon traditionnelle à partir des raisins récoltés à bonne maturité, mais dont la fermentation est stoppée par addition d'alcool vinique neutre. Ce procédé permet d’augmenter la richesse alcoolique du vin tout en conservant une grande partie des sucres naturels du raisin. Ces muscats, qui se conservent après ouverture de la bouteille, sont traditionnellement servis à l’apéritif et peuvent sublimer certains fromages et des recettes…
  • Les muscats secs : ce sont des vins vinifiés de façon traditionnelle aux arômes de pétales de rose, parfaits pour l’apéritif !
  • Les muscats moelleux : vinifiés de façon traditionnelle, ce vin exprime fruité et gourmandise. 
Muscat

4 terroirs de muscats

Situé autour de Lunel, le vignoble de l’AOC Muscat de Lunel est implanté sur un sol de grès à cailloutis silicieux rouges, datant du quaternaire (1,5 à 3 millions d’années). Les vins se distinguent par des arômes fruités de muscat frais, légèrement citronnés. A la fois frais, amples et riches, ils présentent des notes d’agrumes en bouche. Après plusieurs années, des notes de fruits confits se révèlent et l’onctuosité est caractéristique.

Muscat de Lunel : AOC depuis 1943 / 357 ha / 4 caves particulières / 1 cave coopérative / 1 négociant / 3500 hl/an

Constitué d’un sol aride, calcaire et caillouteux et d’un climat doux et sec l’été, ensoleillé et abrité du vent du nord l’hiver par les collines de la Gardiole, l’AOC Muscat de Frontignan est idéal pour la culture du Muscat à petits grains. Ce cépage muscaté et le savoir-faire des vignerons depuis des siècles permettent d’élaborer un vin doux naturel harmonieux et puissant, doté d’arômes de fleurs et de fruits. Fin et frais, ce muscat dévoile des parfums de fruits exotiques, de menthe et de citron. L’équilibre en bouche allie sucrosité et fraîcheur. En vieillissant, la robe prend des reflets ambrés et les arômes évoluent vers des notes de miel, de fruits et d’agrumes confits.

Muscat de Frontignan : AOC depuis 1936 / 603 hectares / 1 cave coopérative (150 adhérents et 85% des volumes de l’appellation) / 9 caves particulières
Le Saviez-vous ?

La bouteille communément appelée bouteille bordelaise est en fait née à Frontignan. Cette forme cylindrique a été conçue pour s’empiler plus facilement. Il n’est pas rare que les Bordelais l’appellent encore la « Frontignan ».

La légende raconte qu’Hercule torsada la bouteille pour en boire la dernière goutte…

Le vignoble de l’AOC Muscat de Mireval s’étend au bord de l’étang de Vic-la-Gardiole, sur un terroir argilo-calcaire. Les influences maritimes sont fortes et apportent de la fraîcheur l’été. Jeunes, ils révèlent des arômes de muscat frais et de fruits exotiques. Après plusieurs années, ils se dotent de reflets ambrés et les arômes évoluent vers des notes de fruits confits. En bouche, ils expriment onctuosité et saveurs miellées.

Muscat de Mireval : AOC depuis 1959 / 288 ha / 4 caves particulières et 1 cave coopérative / 2500 hl/an

L’AOC Muscat Saint-Jean-de-Minervois se situe exclusivement sur la commune éponyme, à une altitude entre 250 et 280m sur un plateau calcaire. Ce sol blanchâtre et pierreux restitue pendant les nuits fraîches la chaleur accumulée pendant le jour, ce qui favorise la maturation du raisin. L’appellation produit des vins à l’équilibre alcool, sucre et acidité exceptionnel et aux arômes de fruits exotiques, agrumes et fruits à chair blanche. En bouche, ils offrent un formidable équilibre, alliant puissance et fraîcheur, harmonie et persistance.

L’appellation Muscat de Saint-Jean de Minervois est la seule qui est située loin de la mer en altitude. Cela lui confère une typicité unique ! 

Muscat de Saint-Jean de Minervois : AOC depuis 1948 / 200 ha / 6 caves particulières et 1 cave coopérative / 6000 hl/an

Bilan des vendanges positif en 2018

Prévisions de vendange pour le bassin viticole Languedoc-Roussillon – octobre 2018, un Millésime prometteur  pour une majorité des producteurs

Alors que les vendanges sont désormais terminées dans l'ensemble du bassin, le bilan est satisfaisant avec des situations toutefois très contrastées pour les volumes récoltés.

Si la qualité organoleptique et sanitaire de la vendange inspirent l'optimisme, les volumes récoltés sont extrêmement variables. Dans les secteurs à bonne alimentation hydrique qui ont échappé à la grêle et aux dégâts de mildiou, la production est généreuse et souvent supérieure aux attentes. Par contre, dans les secteurs grêlés, dans les vignobles de coteaux ayant souffert de la sécheresse en fin d'été ainsi que dans les parcelles où le mildiou n'a pas pu être bien contrôlé, les volumes récoltés sont faibles à très faibles, certaines parcelles ravagées par le mildiou n'ayant pas été vendangées.

Dans la majorité des situations, l'absence de stress hydrique a favorisé un grossissement régulier des baies et une bonne maturité combinée à un état sanitaire très satisfaisant. Il en résulte des vins majoritairement bien équilibrés, fruités et très prometteurs en termes qualitatifs que se ce soit en blanc, rosé ou rouge.

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Le volume estimé de récolte est de 12,6 millions d’hectolitres, niveau supérieur à la moyenne des 5 derniers millésimes.

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Département de l’Hérault 

Prévisions de vendange pour le bassin viticole Languedoc-Roussillon

Septembre 2018

Des conditions de vendanges optimales, propices à la qualité

Source : http://www.prefectures-regions.gouv.fr/occitanie/Actualites/Previsions-de-vendanges-en-Occitanie/

Raisins, Grappes, Vigne, Vendanges

Alors que les vendanges touchent à leur fin ou sont terminées dans une bonne partie du vignoble, le bilan provisoire est globalement positif et prometteur avec des situations toutefois très contrastées. Les conditions météorologiques des dernières semaines sont optimales, avec des précipitations limitées et courtes, un air sec et des températures favorables présentant des écarts jour-nuit assez marqués.


Ce contexte climatique propice a permis de récolter les raisins à leur optimum de maturité dans la majorité des parcelles. Les dates de récolte sont revenues cette année dans la norme, avec un retard d'une semaine à dix jours sur 2017 qui était extrêmement précoce.

Si la qualité de la vendange est très satisfaisante, les volumes récoltés sont extrêmement variables. Dans les secteurs à bonne alimentation hydrique qui ont échappé à la grêle et aux dégâts de mildiou, les productions sont généreuses.
Par contre, dans les parcelles où le mildiou n'a pas pu être bien contrôlé ainsi que dans les secteurs grêlés et dans les vignobles de coteaux ayant reçu peu de précipitations en fin d'été, les volumes récoltés sont assez faibles. Certaines parcelles ravagées par le mildiou ne sont pas vendangées.

Les vins issus des premiers raisins vendangés sont majoritairement bien équilibrés, fruités et très prometteurs en termes qualitatifs, que se ce soit en blanc, rosé ou rouge.

Les conditions climatiques très favorables depuis le début des vendanges et l'absence de stress hydrique dans les secteurs à bon potentiel productif permettent d’estimer le volume de récolte à 12,3 millions d’hectolitres.

Prévision de vendanges du bassin Languedoc-Roussillon – septembre 2018

en millions d'hectolitres Aude Gard Hérault Pyrénées Orientales Languedoc-Roussillon
2013 (bilan) 3,89 3,20 5,72 0,77 13,58
2014 (bilan) 3,62 3,53 4,73 0,83 12,71
2015 (bilan) 3,88 3,37 5,55 0,84 13,65
2016 (bilan) 3,59 3,47 4,63 0,67 12,36
2017 (bilan)   3,15 2,58 4,04 0,67 10,44
2018 (estimation)    3,40  3,20 4,93  0,77 12,30

Pour en savoir plus :

Méthode de prévision :

Enquête téléphonique réalisée par le service régional de l'information statistique et économique et territoriale de la Draaf (SRISET) de juillet à octobre. Par sondage les trois premiers mois (52coopérativesinterrogées), exhaustive le dernier mois pour les caves coopératives et complément avec échantillon de caves particulières.
Les prévisions de récolte faites par les caves coopératives sont ensuite extrapolées à l’ensemble de la région (y compris les caves particulières). La prévision est arrêtée au 27 septembre et ne prend pas en compte les événements climatiques qui auraient eu lieu après cette date. Les résultats de l’enquête sont analysés avec les experts du service
régional de FranceAgriMer.

Étiquetage des vins, comment s'y retrouver ?

Les vins font l'objet d'une réglementation très stricte permettant d'assurer la traçabilité des produits. Les étiquettes sont une source d'informations précieuse pour le consommateur. Décryptage.

©Creative Commons CC0

Les typologies de vins

LES VINS SANS INDICATION GÉOGRAPHIQUE

Certains vins ne font apparaître aucune appellation protégée ou indication géographique sur leur étiquette. Ils répondent néanmoins à une catégorie spécifique anciennement dite « vin de table » et qu'on appelle aujourd'hui « vin sans indication géographique (VSIG) ». Cette catégorie a l'obligation de faire apparaître sur l'étiquette la mention du pays où les raisins ont été collectés et transformés. Par exemple, si un vin est produit en France, il devra obligatoirement faire apparaître la mention « vin de France ».

À noter que depuis 2009, les vins sans indication géographique disposent d'une autorisation à faire figurer sur leur étiquette le cépage et le millésime, sous réserve d'un agrément spécifique de l'opérateur et d'une certification de FranceAgriMer.

Lire aussi : Comprendre les labels bios

LES VINS AVEC UNE INDICATION GÉOGRAPHIQUE OU UNE APPELLATION CONTRÔLÉE

Cette catégorie correspond à des vins dont les raisins sont récoltés et vinifiés sur un périmètre géographique défini ou qui sont le fruit d'un terroir. Il existe plusieurs types de mentions :

  • L'appellation d'origine protégée (AOP)

La mention AOP sur une étiquette signifie que le vin est lié à un terroir et un savoir-faire spécifiques. Pour faire figurer ce sigle à valeur européenne, le vin doit au préalable obtenir l'équivalent français de cette mention, l'appellation d'origine contrôlée (AOC). Ce n'est qu'une fois acquise que le produit pourra être inscrit dans le registre européen des dénominations protégées (placé sous l'autorité de la Commission européenne).

  • L'indication géographique protégée (IGP)

L'IGP se base également sur le rapport du produit à un terroir donné et répond aux mêmes contraintes d'enregistrement au niveau national et européen. L'Institut national de l'origine et de la qualité (INAO) indique que, pour qu'un produit obtienne l'IGP, il faut « qu'une étape au moins parmi la production, la transformation ou l’élaboration de ce produit doit avoir lieu dans cette aire géographique délimitée ».

Lire aussi : Quelle réglementation pour l’origine géographique des produits alimentaires ?

Les mentions obligatoires

Pour qu'un vin soit considéré comme respectant la réglementation, il doit obligatoirement faire apparaître sur son étiquette les éléments ci-dessous :

  • La catégorie réglementaire du vin

Type de vin (vin pétillant, vin…), appellation ou indication géographique protégées.

  • Le message sanitaire (boissons > 1,2 % d’alcool)

Message ou pictogramme déconseillant la consommation d’alcool pour les femmes enceintes.

  • Le titre alcoométrique volumique acquis (TAVA)

Pourcentage d’alcool (en unités ou demi-unités).

  • Le numéro de lot

Indication de la quantité de vin produit et conditionné dans des conditions similaires. Le numéro est toujours précédé d’un « L ».

  • La provenance
  • La présence d’additifs ou d’allergènes
  • Le volume nominal

Volume de liquide censé être présent dans le contenant.

  • Les informations relatives à l’embouteilleur

Lire aussi : Alimentation : comment lire les étiquettes nutritionnelles ?

Les informations complémentaires

Il existe des informations complémentaires qui peuvent vous aider à vous assurer de la conformité d'un produit. Ces mentions, sans être obligatoires, sont néanmoins soumises à réglementation :

  • Le millésime

Pour pouvoir faire valoir une année de millésime, le producteur doit avoir récolté au moins 85 % des raisins pendant l'année indiquée sur la bouteille.

  • Le cépage

De la même manière que le millésime, un cépage indiqué sur une bouteille de vin indique qu'en principe 85 % des raisins correspondent à la variété indiquée (100 % dans le cas d'un assemblage).

  • La méthode de production

Les producteurs peuvent décider de mettre en avant certaines pratiques de production. Par exemple, il peut être indiqué sur la bouteille le type de contenant dans lequel le vin a été élevé. À noter que pour utiliser ces informations, il faut répondre à des conditions spécifiques.

  • Exploitation agricole

La mention de l'exploitation agricole est normalement réservée aux IGP ou aux. Pour avoir la possibilité de la faire apparaître sur une bouteille, le vin doit avoir été récolté et vinifié exclusivement sur le domaine.

Lire aussi : Les labels « Fabriqué en France » pour les produits non alimentaires

L'écho du millésime 2018

Soutien infaillible de la filière viticole héraultaise, le Président du Département Kléber MESQUIDA a visité une quarantaine de caves coopératives pendant les vendanges. Chaque année, c’est un rendez-vous attendu pour parler de l’état de la récolte et échanger sur les attentes, les besoins, les difficultés que les caves rencontrent.

Après une année de gel et de sécheresse en 2017, ce qui avait entraîné une vendange d’un niveau historiquement bas, 2018 est un millésime humide, touché par le mildiou, mais dont la récolte estimée à 5 millions d’hectolitres se place au-dessus de la moyenne décennale.

 En 2018, le Département consacre un budget de près de 17M€ aux filières agricole et viticole dont 11M€ fléchés pour l’irrigation. Il accompagne aussi les viticulteurs dans l’accès au foncier agricole, leur propose des solutions innovantes et agri-environnementales pour lutter contre le ver de la grappe et les soutient suite aux aléas climatiques survenus en 2017 (2M€ ont été votés lors de la session de septembre).

En créant l’Œnotour cette année, le Département s’investit fortement dans le développement de l’œnotourisme, en capitalisant sur tous ses points forts : la viticulture, les paysages, les traditions, les activités culturelles et de pleine nature… Ces atouts sont valorisés dans 59 caveaux-étapes situé sur les 515kms de route de l’Œnotour, à retrouver dans le guide et sur le site internet dédié. 

A lire pour aller plus loin

Les vendanges d’autrefois

Dans les années soixante, c’était une fête, on les préparait longtemps à l’avance.

Le tracteur gagne du terrain

Je vous parle d’un temps que les moins de 50 ans ne peuvent pas connaître.

Il y avait d’abord la foire des vendanges fin août, on s’équipait, bottes, chapeau, sécateur. On sortait les comportes, il fallait les arroser pour les rendre étanches, les plus abîmées étaient amenées chez le tonnelier pour changer une douelle ou une cornaillère.

Elles pouvaient contenir 80 kg de raisins environ.

Pour les évacuer de la rangée, le moyen le plus utilisé était le pal - technique du sémaillé - barres de bois tenues par les porteurs de la comporte. Certains utilisaient la brouette, mais il ne fallait pas que le terrain soit détrempé, rocailleux, ou à fort dénivelé.

C’est à la fin de la décennie que les bennes vont faire leur apparition. 

Les vendanges de 1942

Les petits propriétaires vendangeaient à la journée alors que les grandes propriétés le faisait à forfait, on payait le raisin au kilo, plus on en ramassait et plus on était rémunéré; dans ce cas, il n’y avait pas de place pour le folklore. De la vigne à la cave, tout était bruyant, tracteurs, motoculteurs, camionnettes et même quelques chevaux qui faisaient de la résistance. La colle se composait de 8 coupeurs dont la meneuse, un videur de seaux et deux porteurs.

Le travail était dur en cette période, le matin il faisait frais pour ne pas dire plus, parfois avec la rosée on était trempé Au fur et à mesure que l’heure avançait, on enlevait le ciré, puis le gilet pour finir vers 11 heurs torse nu, les hommes bien évidemment ! Malgré tout, le soir on trouvait le temps de se rencontrer, de boire un verre, dans les villages on dansait avec un électrophone, une simple guitare.

A la fin de la vendange il y avait la capounade qui consistait à barbouiller le visage d’un vendangeur, et enfin le non moins traditionnel repas de fin de vendange. La main d’œuvre venait d’Espagne, les polonais, des mines de Cransac, les aveyronnais et même des italiens. 

Mécanisation de la vendange

Aujourd’hui tout est mécanisé, les entreprises viennent avec machines à vendanger, tracteurs et bennes. De plus on travaille souvent de nuit, donc cette activité passe inaperçue car il n’y a plus de caves particulières dans le village qui répandaient cette odeur de fermentation et où régnait une certaine agitation. 

Bernard Bals

La Grange de Berlou

A Berlou au nord de Saint Chinian, au 3 rue de Caladou, sont situées les installations du domaine viticole "La Grange Léon". C'est là que sont vinifiées et vendues les récoltes des vignes de cette zone particulière des Hauts Cantons. Véronique et Joël Fernandez y élaborent des nectars bien propres à réjouir les palais régionaux et internationaux.

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Comme disait Brassens, Joël Fernandez a dû "naître au pied d'une souche". Une de ces souches bien racinées qui vont chercher dans les schistes nourriture, chaleur et saveurs. Depuis des siècles, les hommes ont su, avec le jus des fruits de la vigne, élaborer des liquides que les anciens Grecs trouvaient dignes des dieux. Mais, élaborer ces boissons, c'est tout un art et n'est pas vigneron – un vrai selon J. Fernandez – qui veut.

Il faut tenir compte de l'exposition des parcelles, de l'ensoleillement. Savoir quel raisin se récolte "le matin très tôt", quel est son degré de maturation. Pour cela, le maître de La Grange Léon a recours à un œnologue, son "toubib". Et les prescriptions de celui qui veille sur la maturation tous les 2 jours permettent de produire des vins blancs à 12°, dont le "Petit Marcel", léger, rafraîchissant. Chaque cépage a ses exigences, telle la Syrah ou le Mourvèdre.

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Ce dernier doit subir une sorte de pré-vendange. Il faut couper une grappe sur deux pour que les grains n'entrent pas en contact. Sinon, la pourriture gagne. Cela ne peut être fait qu'à la main, comme d'ailleurs toute la récolte. Certes, les nouvelles machines sont plus sélectives et le coût de la main d'œuvre est élevé.

A La Grange Léon, même cueillie à la main, la récolte est triée sur un tapis roulant ! Bien sûr, en cette année pluvieuse, il a fallu traiter. Mais M. Fernandez pratique une agriculture raisonnée. Il serait tenté de passer en "bio".

Il n'a pas pu le faire cette année, devant surmonter deux terribles épreuves de santé et ne pouvant s'impliquer autant qu'il le faudrait.

L'envie est là pourtant. Cette envie qui lui a fait quitter la coopérative fondée par son grand-père au milieu des années 60 et lui a permis de faire face à d'importantes difficultés en 2008.

On ressentait alors la crise économique et la récolte était payée non plus en AOC, mais comme vin de table. L'exploitation de 6 ha permettrait-elle de s'en sortir ? Arracher ? Autant s'arracher les tripes ! Et puis, ce fut le début d'une nouvelle aventure : récolter, vinifier, commercialiser sur 20 ha.

Et aujourd'hui, 19 cuves de 10 à 50 hl - selon les besoins de la vinification - alimentent la vente des blancs, rosés et rouges du domaine. Au total, une vraie PME familiale qui commercialise 27 000 cols par an. Alors, M. Fernandez démarche les particuliers, fréquente les salons.

Et il exporte au Luxembourg, en Belgique, en Allemagne, en Ecosse. Ses vins, plusieurs fois primés, figurent au guide Hachette. Nous nous en sommes entretenus en pleine vendange.

Et M. Fernandez a parlé aux gens de la ville de schistes et de soleil, de terroirs et de racines, et de passion.

H. Le Blanche.

(Avec le portrait du grand-père à l'arrière plan des photographies)

Agenda d'automne de Vignes en Transition

Sur le littoral méditeranéen entre Frontignan et Vic-la-Gardiole dans l'Hérault, une Actualité riche pour Vignes en Transition cet automne.

Vignes en Transition

D'abord un site web avec toutes les infos et bulletins.

http://www.vignesentransition.org/

  • 2 formations à venir 
Module 1 :  Faire (re)vivre son sol – les 22 et 23 octobre 2018
 
Module 2 : Diversifier son vignoble méditerranéen - les 19 et 20 novembre 2018
  • La 1ere rencontre annuelle des actrices et acteurs des vignes en transition - le 10 novembre 2018
  • le portrait d'un "transitionneur" xavier BOUCHER 

La démarche VIGNES EN TRANSITION est un projet interdisciplinaire de diversification fruitière et agro-environnementale des vignes méditerranéennes.

Pourquoi une telle démarche ?

Les modes de culture actuels de la vigne (monoculture) engendrent le plus souvent les conséquences suivantes : Dégradation et érosion des sols (disparition de la matière organique).

Perte de biodiversité, naturelle et cultivée due à la monoculture.

Pollutions des nappes phréatiques et du bassin versant (fleuves, lagunes et littoral) par les biocides. Problèmes de santé humaine, liés aux traitements et à la proximité des zones viticoles et zones d’habitations.

Aggravation des phénomènes de crue par la disparition de la porosité biologique des sols (tassement donc ruissellement) Augmentation des phénomènes de sécheresse des sols (tassement, évaporation…).

Perte de qualité de la production alors que le consommateur recherche des produits sains.

Dépendance à d’autres régions ou pays pour l’approvisionnement de produits alimentaires de base pouvant être produit sur place.

De plus le dérèglement climatique, avec l’intensification de périodes de sécheresse et d’événements pluvieux, impacte lourdement le vignoble méditerranéen. Ces deux problématiques conjuguées (monoculture plus climat) mettent en péril l’avenir écologique donc économique des territoires viticoles.

Malgré un nombre croissant d’exploitation en AB, des usages restreints de biocides, et un intérêt certain des vigneron-ne-s vers une diversification des pratiques, une proportion encore trop faible de producteurs-trices met en œuvre de nouveaux modes de culture sur les 347 000 ha de vignoble méditerranéen français (Occitanie, PACA, Corse).

Pour en savoir plus : http://www.vignesentransition.org/

La vigne sous surveillance

Au niveau phénologique, la vigne en est actuellement au stade de la véraison, avec une petite semaine de retard par rapport à une année 2017 précoce, mais cela la place donc dans un cycle normal. En effet, la vigne semble bien résister à la canicule actuelle grâce à d’importantes pluies printanières et suivant les sols elle continue même à pousser.

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« Il faut s’attendre donc à une récolte correcte sur l'Hérault, dans tous les cépages, pour les viticulteurs qui n’auront pas été trop impactés par un mildiou galopant. »

« Celui-ci a pu rapidement se développer toute la saison grâce à l’humidité, depuis fin avril ».

Le mildiou est un nom générique qui désigne différentes maladies cryptogamiques, c’est-à-dire des maladies causées aux plantes par des champignons parasites.

Il existe non pas une mais plusieurs formes de mildious, qui sont causées par différents champignons microscopiques, par exemple :
• Plasmopara viticola qui attaque la vigne.

trepP1110310• Phytophthora infestans qui attaque la pomme de terre et la tomate

D’autres champignons provoquent des dommages comparables sur les laitues, les rosiers ou les carottes.

Ces champignons parasites se développent très rapidement en cas d’humidité élevée et de températures comprises entre 12 et 25°C.

Ils produisent des spores qui assurent la propagation de la maladie. Ils sont même capables d’hiverner sur les résidus de plantes mortes et de repartir au printemps suivant.« Il a fallu traiter raisonnablement mais régulièrement avec des produits systémiques pour proposer à chaque étape les nouvelles pousses. »

« Par contre, actuellement, l’on traite contre le ver de grappe qui est un ravageur de la vigne de l’ordre des lépidoptères. Le papillon mesure de 5 à 8 mm de long et de 10 à 13 mm d’envergure : il est légèrement plus petit que cochylis. Il possède une touffe d’écailles sur la partie dorsale du thorax. Les ailes antérieures sont bleutées avec des taches sombres et les ailes postérieures sont grises. Et il faudra s’occuper de la cicadelle de la flavescence dorée (La cicadelle de la flavescence dorée qui ne cause aucun dégât direct mais elle est vectrice du phytoplasme de la flavescence dorée. Cette maladie cause aux ceps infectés des symptômes graves, décoloration foliaire, non aoûtement des bois, dessèchement des bois entraînant la mort du cep.) ainsi que contre le ver de grappe (papillon, dont la taille varie selon 3 espèces). »

L’on traite aussi avec du cuivre, quand nécessaire pour maintenir le feuillage de la vigne atteinte par le mildiou.

Question météorologie, que le beau temps continue sans chaleurs excessives.

Rendez-vous vers le 25 août 2018 pour commencer à préparer les vendanges.

L'escale des caves Richemer

Les caves Richemer, idéalement situées entre terre et mer produisent des vins de qualité médaillés chaque année au salon de l'Agriculture.
Pour autant, l'encadrement jeune et dynamique ne se repose pas sur ses lauriers, et ne cesse de rechercher des projets innovants pour la mise en valeur de la production en évolution permanente, mais également pour une mise en synergie avec la richesse des produits locaux et la beauté de ce territoire d'exception.
Encouragé par le succès sans précédent de la soirée animée par un groupe musical à Marseillan-Plage l'été dernier où 10 food-trucks proposaient des plats variés à marier avec les différents crûs en fonction des goûts de chacun, il  a été décidé de développer le concept et de diversifier les activités liées au vin en les associant à la pêche, l'ostréiculture, le transport et le tourisme. Avec l'appui méthodologique au chef de projet tourisme de Muriel Bousquet consultante et formatrice en tourisme (Territour).

Les 3 caveaux en raison de leur localisation, offrent un potentiel extraordinaire mais pour faire aboutir les projets il fallait développer le relationnel avec divers partenaires : les conchyliculteurs, le Belvèdère de la criée du Grau d'Agde, les hôtels et restaurants.
La cave  de Marseillan-Plage est en pleine transformation et il est prévu d'y organiser des séminaires dans les 2 salles Hippocampe (275m2) et Domaine de Maraval (110m2)  et des ateliers de cuisine avec le chef Jacques Vinas cuisinier de la Guinguette Richemer pendant la saison estivale.

De plus idéalement située au croisement de l'Eurovélo 8, du Véloroute Méditerranée et Canal des 2 Mers à vélo, elle a été aménagée en garage à vélo et historiquement partenaire de Handi Thau Accès, on y trouve également des vélos handis et un atelier de réparation.

Pour les groupes de plus de 20 personnes et les CE (Comités d'Entreprise) 2 programmes de 2 jours seront proposés pour une découverte de notre territoire.
Entre Thau et Méditerranée une découverte depuis Sète en autocar avec arrêts et visite pédestre des sites remarquables ( St Clair, la plage, le port), un déjeuner de spécialités locales, une croisière en bateau (traversée de Sète) et pour finir cette 1ère  journée en beauté installation au Grand Hôtel et dîner au Quai 17 avec présentation des vins Richemer.
Le 2ème jour après un accueil au caveau du port à Marseillan présentation des caves suivie d'une visite du Belvèdère de la Criée au Grau d'Agde, d'une dégustation dans un mas ostréicole, une visite du Bagnas cet espace naturel site Natura 2000 et pour conclure un atelier de dégustation à la cave de Marseillan-Plage.
Au choix un 2ème programme en direction de  la cité agathoise.
Après un accueil  à la cave de Marseillan par les Guides gourmands Maxime et Emmanuelle , sortie en bateau sur la lagune de Thau pour la découverte des tables ostréicoles, une restauration dans la cité agathoise, une visite au Belvédère de la Criée et une installation à l'hôtel Palmyra.
Et le 2ème jour, visite du musée de l'Ephèbe, repas servi par Jacques Vinas au Domaine de Maraval, rencontre avec des viticulteurs pour une connaissance du cépage local le terret qui donne un vin blanc idéal pour accompagner les produits de la mer.
La journée s'achèvera à la cave de Marseillan-Plage avec une éventuelle balade à vélo vers le Canal du Midi ou à la plage, ou  pour certains par un temps de repos dans cette cave historique.

C. Gressier

 

» pour en savoir plus :
Votre escale entre terre et mer
détails du programmes de découvertes - détail du programme séminaires et réunions

 

Programme de formation ViGNES EN TRANSITION 2018-2019

Dans le cadre du programme « Vignes en transition », démarche de diversification fruitière et agro-environnementale des vignes méditerranéennes, voici le premier cycle de formation 2018-2019 en 4 modules.

GNI

Ce cycle de formations s’inscrit dans  une démarche plus globale nommée Vignes en Transition dont l’objectif consiste à réintroduire la polyculture dans le paysage viticole méditerranéen.  Cette dynamique est à l’initiative de Pierre-Yves PETIT (Cyclanthère.com) paysan-chercheur et formateur en agro-écologie et en permaculture.

  Ce cycle de 4 modules a pour but d'accompagner prioritairement les viticulteurs et viticultrices,  ainsi que les candidat-e-s à l'installation dans leur transition viticole. Il s’agira d’établir un état des lieux de la fertilité des exploitations/territoires, d’acquérir les compétences nécessaires à une amélioration de cette fertilité et d'apprendre à «piloter» cette fertilité naturelle grâce à la diversification des cultures et des pratiques et ainsi obtenir davantage d'autonomie décisionnelle et financière. Pour enrichir les échanges et les savoir-faire, les formations pourront également accueillir les agriculteurs-agricultrices, les  arboriculteurs/arboricultrices ainsi que les organisations disposant de foncier (collectivités, CEN, cdl, AFB, département, Région, etc.). 
 
Structure porteuse : Pierre Yves PETIT est entrepreneur salarié au sein de la coopérative d’économie sociale et solidaire ARIAC dans l’Hérault, référencée comme organisme de formation. 
 
Participation : inscriptions prioritaires mais non obligatoires aux 4 modules. Prise en charge Vivea ou autres OPCA (FAFSEA, FONGECIF…) possibles. 
 
 Déroulement : ce cycle de 4 modules de formation se déroulera au Camping à la ferme des Aresquiers, sur l'exploitation de Claire Cazalis et Henri Boissié en muscat petit grain (en AB depuis 2005)  et en cours de diversification fruitière (EARL le Bosquet). Adresse : 36 bis route des Aresquiers 34110 Vic la Gardiole (34). 
 
Coût pédagogique : prise en charge Vivea ou autre OPCA possible. Financements personnels : nous contacter. Hébergement possible dans les environs à la charge des stagiaires. Restauration : repas tiré du panier. 
 
Inscriptions : auprès d’Émilie Rousselle au 06 03 58 44 99 ou à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. Effectif : entre 12 et 15 personnes maximum.  

vignesentransition.org (site en cours )

 Pour toute demande d'information:  Émilie Rousselle  06 03 58 44 99 / Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 https://www.facebook.com/VignesEnTransition/

Le 27, Mai de l’art dans ton vin !

Initié par Les Clos de Miège, expérience viticole et historique, Mai de l’art dans ton vin fait dialoguer arts, vins bio et patrimoine au plus près de la nature. Parcours artistique et littéraire dans les vignes, dégustation de vins, tous biologiques, balade patrimoniale se succèdent dans une ambiance musicale.

 



cliquez sur le plan pour l'agrandir

   

Pour sa 2è édition, la manifestation s’installe sur le Domaine de la Belle Dame de Jean-Luc et Béatrice Mazas, en cours de conversion bio. Elle se place avec eux sous le signe de la préservation. Préservation viticole, de terres menacées, préservation environnementale, de paysages hors du commun, des ressources en eau proches, préservation mémorielle avec une balade au cœur des origines antiques de notre viticulture.  Le parcours artistique, éphémère, réunit dans cette optique sculptures et photographies, dessins et installations*. Plusieurs artistes se sont prêtés au jeu d’une création spécifique à cette journée. Vins et vignerons présenteront quant à eux une culture bio dans toute sa diversité : en biodynamie, sans sulfites ajoutés, en vins nature patrimoniaux, accordée, pour le repas, avec les mets bio également de la Cambuse.

 *Avec : les Présences de Joël Bast, Rainer Büchner, Jo Château, Jean-Jacques François, Florence H, Kitoo, Michèle Malaval, Jean Milon      

 

Le 27, Mai de l’art dans ton vin ! en pratique :

De 10h à 19 h, Caves du Domaine de la Belle Dame, RD 116 à Mireval. (En face de la gare de Vic-Mireval) - Entrée libre - Accueil Tourisme et Handicap

Au programme de la journée :

  • « Vernissage » à 11 h
  • Dégustation avec les vignerons à 11h30
  • Restauration sur place avec le Food truck bio La Cambuse, ses accords mets-vins et une assiette spéciale « Fête des Mères »
  • Dans l’après-midi : Conversation autour d’outils agricoles anciens
  • Balade patrimoniale à 17h30 suivie d’une master class en bord d’étang de Vic (sur réservation, participation 5 €)

Renseignements :

Les Clos de Miège
06 25 55 16 96 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. - http://lesclosdemiege.fr

Domaine de la Belle Dame
06 62 24 10 10 - https://www.belledame.fr

 

La circulade des vins à Saint-Pons de Mauchiens

Le petit marché aux vins bio
dimanche 27 mai 2018 de 10h à 18h

La Circulade des vins de Saint-Pons-de-Mauchiens est une nouvelle manifestation, lancée par deux professionnels passionnés par les vins bio : Patrick Suat, caviste dans le village, et Philippe Poitevin, agent de plusieurs domaines languedociens. Les vins bio sont des vins produits sans engrais chimiques et sans pesticides de synthèse, conformément à un cahier des charges européen.


7 Vignerons présents

Pour cette première édition, le grand public pourra rencontrer sept vignerons du Languedoc et en déguster les vins : le Mas Coris (AOC Languedoc Cabrières), le Mas des Rompudes (IGP Hérault), Guillaume Chamboredon (IGP Coteaux de Béziers), le Domaine de Bassac (IGP Côtes de Thongue), le Domaine de Bon Augure (IGP Haute Vallée de l’Orb), le Domaine de Campaucels (AOP Picpoul de Pinet) et le Domaine de Roquemale (AOC Languedoc Grès de Montpellier).

Un verre sérigraphié sera mis à la disposition des visiteurs, soit à l’achat, soit avec caution.

Nombreuses animations

À 12h et 14h, Patrick Suat proposera deux ateliers d’initiation à la dégustation à partir d’expériences ludiques à base de fioles odorantes et de dégustation à l’aveugle dans des verres opaques. Un questionnaire sera également remis aux participants avec des questions concernant l’ensemble des vignerons présents pour tenter de gagner des bouteilles de vin. Enfin, il sera possible de se restaurer sur place.

Des acteurs de l’agriculture numérique au Domaine du Chapitre de Montpellier SupAgro

Pascal Mailhos, préfet de la région Occitanie, et Pierre Pouëssel, préfet de l’Hérault, ont rencontré des acteurs de l’agriculture numérique au Domaine du Chapitre de Montpellier SupAgro, à Villeneuve-lès-Maguelone.

L’image contient peut-être : 12 personnes, personnes souriantes, personnes debout et costume

Ce vendredi 6 avril 2018, la visite a débuté par une première présentation de Thomas Crestey, responsable de Montpellier SupAgro, à propos du Mas Numérique qui est un dispositif unique sur l'agriculture numérique et un outil de démonstration et de formation pour les étudiants et les professionnels du secteur viticole.

Véronique Bellon-Maurel de l’Institut de Convergences #DigitAg, BrunoTisseyre, professeur à Montpellier SupAgro et Léo Pichon, responsable de la chaire AgroTIC à Montpellier SupAgro leur ont ensuite présenté les éléments-clés du continuum recherche, formation, innovation en agriculture numérique dans le département.

La matinée s'est terminée par un exposé du projet OccitANum "Occitanie Agriculture Numérique" par Pascal Augier, Directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de la région Occitanie, Denis Carretier, Président de la Chambre Régionale d’Agriculture d’Occitanie et Jérôme Despey, Président de la Chambre Départementale d’Agriculture de l’Hérault.

La viticulture au Domaine de Valmagne certifiée "qualité environnement"

Les vins du Domaine de Valmagne, ouvert tous les jours

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C'est en 1820 que les 18 foudres en chêne de Russie furent installés dans la nef de l'église et lui valurent son surnom de 'cathédrale des vignes'.
Depuis plus de 8 siècles…
Déjà les moines cisterciens, au 12ème siècle, avaient planté de la vigne à Valmagne, comme dans toutes leurs abbayes, (la plupart des grands vignobles bourguignons sont d'origine cistercienne). Depuis, ce terroir à toujours porté de la vigne. Les vins étaient exportés au Mexique au 19ème siècle, vendus à Paris rue Mouffetard entre les deux guerres et sont de nos jours exportés dans le monde entier et distribués chez les Cavistes dans toute la France.


La technique et le respect du terroir...
La culture de la vigne est faite mécaniquement en évitant l'emploi de produits et d'engrais chimiques néfastes à l'environnement. Depuis 1999, le domaine a été reconverti en agriculture biologique. "Nous sommes fiers d'avoir obtenu en 2005 la certification "Qualité Environnement" sous le contrôle de l'AFAQ. La vinification et la mise en bouteille font appel aux techniques les plus modernes, sélection parcellaire, pressurage pneumatique, maîtrise des températures, conditions d'hygiène scrupuleuses (respect des normes HACCP), climatisation des chais de stockage, la technique étant toujours au service de l'expression du terroir."

Les nouvelles AOC...
Les parties les plus escarpées du domaine ont été classées en Appellation Contrôlée en 1985 et représentent près de 30 ha. On trouve là deux terroirs bien distincts. Au sud une partie argilocalcaire où sont produits les vins génériques de l'Appellation, et au nord, séparé par une barrière rocheuse et niché dans les garrigues, un terroir de grès rouges où l'on produit les Grés de Montpellier, échelon supérieur des Coteaux du Languedoc. C'est sur le plateau sud de l'Abbaye que l'on trouve les vins de pays.

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Les Vins AOP

Cuvée Portalis :
C'est en 1982, et dans la perspective d'un classement en Appellation Contrôlée qu'ont été plantés de la Syrah, du Mourvèdre et du Grenache dont la première vinification a eu lieu en 1986. Dans ces terrains pentus et bien drainés, les rendements ne dépassent jamais 30 hl à l'hectare. Ce sont des vins typiques de l'appellation, frais aux arômes de garrigues et fruits rouges dont les tanins souples et fondus autorisent la dégustation après 18 mois de vieillissement.

Cuvée de Turenne :
Le Comte Henri-Amédée-Mercure de Turenne qui acheta l'Abbaye en 1838 et la sauva de la ruine mérite qu'une grande cuvée de Valmagne porte son nom. Cette cuvée provient d'un terroir marqué par des sols de grès rouges cités dans les ouvrages les plus anciens traitant de notre viticulture méridionale. L'élégance et la finesse caractérisent les vins qui en sont issus.


Cuvée Cardinal de Bonzi :
Au 17ème siècle le Cardinal Pierre de Bonzi, gouverneur des états du Languedoc, fut nommé par Louis XIV Abbé de Valmagne. Il répara, aménagea l'Abbaye et en fit sa résidence privilégiée. Les plus hauts personnages du royaume y séjournèrent régulièrement. Valmagne lui doit beaucoup et c'est justice que notre meilleure cuvée porte son nom.

Ce grand vin rouge provient principalement des meilleures parcelles de Grenache et de Mourvèdre du domaine. Perdus entre les pins, le thym et les oliviers, ces terroirs méticuleusement délimités par les moines au 12 ème siècle, sont unique et destinés aux vins d’exception. Cette cuvée est un chef d'œuvre d'équilibre subtil entre la puissance, l'élégance des tanins soyeux et la fraîcheur. C'est un vin de garde qui se déguste à partir de 5 ans.

Les vins de Pays :
La cuvée Vitrail sur l’Abbaye donne une belle impression des vins de Valmagne. Les terroirs de vins de pays représentent 15 ha, mais avant 1985, la totalité du domaine produisait des Vins de Pays.

On trouve toujours les cépages traditionnels de la région, tels que le Cinsault, le Grenache et le Carignan. Certains Carignan, plantés en 1948, produisent encore des vins dont la structure et les qualités aromatiques sont étonnantes. Le Morrastel, cépage oublié depuis le phylloxéra et reconnu par les moines amène en assemblage fraîcheur et plaisir.

A déguster avec modération...

Du 01/01/2018 au 14/06/2018
Ouvert le(s) : Tous les jours, de 14:00 à 18:00

Du 15/06/2018 au 30/09/2018
Ouvert le(s) : Tous les jours, de 10:00 à 12:00 et de 14:30 à 18:00

Du 22/10/2018 au 31/12/2018
Ouvert le(s) : Tous les jours, de 14:00 à 18:00

Autres horaires sur RDV.

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Vinisud, une invitation au voyage

A l’intérieur de Vinisud, salon professionnel des vins de la Méditerranée où se brassent des affaires à l’international, s’immisce, à travers stands et halls, une invitation au voyage. Tout autour de Mare Nostrum, notre mer commune fondatrice d’une civilisation du vin, nous voguons, dans le sillage d’Ulysse, du Portugal au Liban, de la Slovénie au Maroc, faisant halte dans les îles de Chypre et de Malte.
Le voyage se fait invitation à une découverte touristique, vins, art, gastronomie, histoire entremêlés, dans une dimension plus culturelle du vin, portée par le développement de l’oenotourisme. Un large espace dédié appuie et suscite des démarches pour asseoir les régions viticoles comme destination de choix, à l’instar de l’Occitanie.
Avec les master classes, conférences et Talk and Taste qui se succèdent, le voyage part à la découverte de terroirs et de cépages, éclaire des pratiques et des choix. Les sommelières Elizabeth Gabay et Sarah Abbott, Master of Wine, Adriano Zago, ingénieur agronome, nous ouvrent des portes inconnues sur la plaine argilo-calcaire de la Bekaa au Liban, les terroirs volcaniques de l’ile de Santorin, les montagnes de l’Atlas ou de Turquie, les sols littoraux de Bandol (Var), les terres grillées de soleil des Pouilles ou argileuses du nord de l’Italie. Nés de cépages importés ou autochtones, des goûts très divers libèrent des fraîcheurs insoupçonnées sur des vins blancs grecs, libanais, marseillais, une élégance inattendue sur d’anciens cépages rouges italiens[1].

   


Les zones traditionnelles de vigne rétrécissent au sud (en rouge) et de nouvelles aires apparaissent au nord(en bleu)

Migration vers le nord ? Master class,Sarah Abbott

 

Voguer à Vinisud procède également d’un voyage dans les temps. C’est le futur qui s’invite, études de marchés, de modes de consommation, outils numériques ou neurœnologie en tête.
Omniprésent dans les esprits, le changement climatique interpelle nos pratiques culturales, menace la pérennité de nos terroirs, redessine la carte des vignobles. Une migration vers les pôles - le vin progresse à pas de géants en Pologne, par exemple - et vers des vignobles en altitude est envisagée.

La question de l’eau, cruciale sur le pourtour de la Méditerranée promis à un assèchement, l’augmentation des degrés alcooliques des vins font de la biodiversité un enjeu, imposent des pratiques éco-responsables dont Vinisud se fait l’écho. Les bouleversements conditionnent des adaptations novatrices, comme celles de la propriété de Pierantonio Fiorentino dans les Pouilles, à l’extrémité sud de l’Italie. Entrepreneur pionnier dans les énergies renouvelables, il a développé à la vigne un programme de développement durable complet.[2]  Sur une zone très ensoleillée et très sèche, il donne l’exemple d’une culture de cépages anciens adaptés au lieu et sans irrigation. Car gestion de l’eau – il faut 632 litres d’eau pour concevoir une bouteille de vin – et arrosage des vignes font débat, tandis que les pratiques biologiques et en biodynamie, versant de la bio travaillant en accord avec la nature et le cosmos, s’installent dans les stands et les discussions.

  Elizabeth Gabay et Sarah Abbott

Jusqu’à quel point nos cépages seront-ils capables de s’adapter? Quel rôle joueront les cépages résistants en cours de création ? Quelle part prendront les cépages anciens ?[3] Dans cette interrogation sur le devenir de la viticulture, Vinisud nous emporte au cœur d’une vinodiversité ancienne, de pratiques viti-vinicoles que l’association Wine Mosaic s’attache depuis 2013 à mettre en lumière. On assiste dans le monde depuis une quinzaine d’années à une  réappropriation  de ses cépages locaux, porteurs de vins d’un lieu, d’histoire et de fiertés. La terminologie varie, tâtonne encore. Cépages rares, oubliés, autochtones, historiques, modestes reflètent le continuum que seule une viticulture industrielle, appuyée par la destruction des vignobles par le phylloxéra, a mis à mal pendant plus d’un siècle. Préservation de souches identifiées, remise en culture sans repère, micro vinifications, les patients pionniers ont travaillé à l’aveugle. La vinodiversité qu’ils ont retrouvée s’expose dans la richesse de ses noms, barbera italienne, bogazkere « gratteur de gorge » turc, ribairenc et œillade languedociens, comme dans la richesse de ses goûts, ressurgis, surprenants, loin de la standardisation opérée les trente dernières années. Elle s’accompagne d’usages fort anciens, dans la gestion de la canopée[4] ou la protection millénaire contre les vents asséchants qu’Elizabeth Gabay et Sarah Abbott observent tout autour de la Méditerranée.

Photo: vignes dans des nids à Santorin (S.Abbott)

Adriano Zago

 

 

 

 L’élaboration actuelle de vins en amphores, dont la plus ancienne a été retrouvée … au Portugal, illustre cette réinterprétation de traditions anciennes. Nés de la terre, de l’eau, de l’air et du feu, ces contenants sont encore fabriqués de la main de l’homme en Géorgie (qvevris), Espagne et Italie, à l’identique des pots des Médicis, à base d’argile bleue. Le travail en amphores n’a rien de spécifique, c’est le travail avec l’amphore qui amène une spécificité. On utilise l’œnologie différemment, avec des macérations longues pour affiner les vins. La dimension artisanale de l’amphore, et sa dimension comme un fil rouge pour raconter une histoire, un vigneron » prédominent, explique Adriano Zago, spécialiste des vins bio et biodynamiques.

Les vignerons qui mènent ce travail de réappropriation posent eux-mêmes la question du prix et de la viabilité économique des vins élaborés. Jean-Luc Etievent, co-fondateur de Wine Mosaic, en rappelait la pertinence aux AOC Languedoc réunis à Montpellier. Ces vins portent une différenciation, appréciée notamment par les Anglo-saxons, ouvrent des marchés de niche, sur lesquels l’Espagne et Italie ont pris de l’avance, dans un processus mondial lui aussi.
Quelques cépages se distinguent : assyrtico blanc de Grèce, barbera et sangiovese du nord et negroamaro des Pouilles, cinsault, star actuelle des dégustateurs. Le Liban le redécouvre, il fait figure d’ancien en Argentine et au Chili, le Languedoc le remet au goût du jour, sur la base de résultats splendides, en rosé comme en rouge.

Les patrimoines viti-vinicoles interprétés dans leur dimension historique et culturelle, agronomique et œnologique insufflent un nouveau regard sur nos vignobles. André Deyrieux, spécialiste de l’oenotourisme, propose un retour à l’esthétique des vignobles, qui s’appuie sur la vision du monde de Virgile et des auteurs romains. « Pour faire un bon vin, il faut un beau vignoble, qui corresponde à un ordre du monde, une richesse, une vitalité, une fertilité ». A son avis, les chartes paysagères établies par des domaines viticoles, la biodynamie, se mettent en accord avec cette harmonie du monde.
Le même angle est développé dans le projet Méditerranée, terroir divin du photographe Claude Cruells, de Laurence Crinquant et l’équipe de Ca CarttooN Spirit, qui livre sur cinq ans, à travers 19 pays de la Méditerranée, un instantané de la viticulture pour les générations futures. « Parcours à la fois artistique, mémoriel et initiatique » à l‘écoute des terroirs et des hommes, de « la vivance de la terre » qu’ils laisseront en héritage, la transmission patrimoniale se fait par la beauté des paysages photographiés, remarquables tout autant que les hommes qui les façonnent.

 Vinodiversité et pratiques patrimoniales sources d’innovation ? Joëlle Brouard, qui a défendu pendant dix ans le dossier des Climats de Bourgogne à l’Unesco, cite Marguerite Yourcenar : « la tradition est une innovation qui a réussi ». L’éminent agronome et chercheur Alain Carbonneau rappelle que, dans tous les cas, la tradition ne signifie pas le conservatisme. Il place « le retour à une grande vertu : celle de l’observation » comme essentielle pour la vigne, ainsi qu’une plus grande diversité dans les modes de conduite, de taille par exemple, l’introduction de nouvelles technologies pour épauler le vigneron, et de réflexion sur la génétique : pourquoi ne pas sélectionner des cépages anciens comme nouveaux géniteurs ?

Cet aller-retour entre les temps a enrichi les débats, nourri les pistes pour le futur à un moment où l’histoire viticole, convoquée comme source de connaissance du passé et d’enseignement pour innover, connaît un engouement non démenti sur le salon. La conclusion appartient à Adriano Zago, dont la jeunesse n’a d’égal que la sagesse: ne pas refuser le progrès, y compris dans les pratiques biologiques et biodynamiques qui gagnent du terrain. « Il faut oser, aller vite et loin ».

Florence Monferran

Des vins en amphores, en bio et biodynamie
Sept vins présentés, sept vins différents confortent cette idée simple: c’est le vigneron qui fait le vin, et son mode de conduite, ici en biodynamie, qui imprime sa marque. Un Château Gand Boise près de Marseille à la salinité, la minéralité, la complexité remarquables sur un Vermentino-sémillon, ou un mélange d’anciens cépages du Valais (Suisse) sur un blanc de la brillante Valentina Andrei, des cépages anciens italiens longuement macres, avec ou sans leurs peaux, produisent des vins intenses, qui demandent du temps avant de s’affiner (barbera , sangiovese, negroamaro)

  • 1701 Franciacorta, Surnat 2016, Cazzago San Martino (Lombardie)
  • Château Grand Boise, cuvée 1610, 2016, à Trets (13)
  • Domaine Zénitude, Solstice 2016 à Saint Jean de Fos (34)
  • Valentine Andrei 2016, Valais (Suisse)
  • Al di là del Fiume, Dagamo 2016 (Emilie-Romagne)
  • Merriggio, Corte d’Aibo 2016, Monteveglio (Emilie-Romagne)
  • Montalcino, Sileo 2016 (Toscane)

[1] Vins dégustés : 
[2] leds, utilisation des reflets du soleil, nettoyage à la vapeur, toits thermiques, recyclage de l’eau par exemple
[3] Voir l’article de novembre 2017 « La vigne à la croisée des chemins » http://montpellier-infos.fr/index.php/terroirs/vigne/les-nouvelles-de-la-vigne/13358-la-vigne-a-la-croisee-des-chemins-quels-cepages-demain-en-occitanie
[4] Taille créant de l’ombre, soin à éviter l’évaporation

Voguer à Vinisud avec les vins de la Méditerranée

Telle est l’invitation au voyage que propose Vinisud, salon professionnel des vins de la Méditerranée les 18, 19 et 20 février au Parc des Expositions de Montpellier. 

Vignerons, négociants et distributeurs de l’ensemble du bassin méditerranéen s’y donnent rendez-vous, pour mettre à l’honneur le premier vignoble au monde (près de 29 % de la production et 28 % des exportations).
1 400 producteurs, 26 000 références de vins, 30 000 visiteurs de tous les continents attendus,  une importante colonie de bodegas espagnoles et une démarche durable en fil rouge, le salon 2018 annonce la couleur : efficacité commerciale, découverte de nouvelles pépites grâce à des zones élargies de dégustation libre, et exploration des nouvelles tendances de consommation, études menées à l’international à l’appui, sont à l’ordre du jour. La vitrine des vins du Sud entend présenter de nouvelles grilles de lecture sur le monde viticole, par le biais de multiples conférences, d’espaces mettant en avant l’innovation, avec les acteurs de demain, ou encore l’économie numérique, autant que l’identité des vins et des terroirs, leur valorisation possible, avec l’oenotourisme ou les cépages anciens. Vinisud, révélateur de tendances, et éclaireur de pratiques sur le pourtour de Mare Nostrum, notre mer commune, dispose pour se faire de trois jours, avant de voguer l’année prochaine jusqu’à Paris.
Florence Monferran

Clap de fin à Millésime Bio : regard dans le rétro et cap sur l’avenir

Millésime Bio, salon mondial des vins biologiques, a fermé ses portes le 31 janvier sur un franc succès, avec une fréquentation en hausse de 17 %. 5 700 acheteurs, dont 25 % d’étrangers, en majorité européens et nord-américains, se sont déplacés à Montpellier. Sudvinbio, son organisateur, qui promeut les productions et les valeurs de la viticulture bio, y voit le symbole de la réussite de cette filière en plein essor, véritable locomotive de l’ensemble des productions biologiques en France.
Aujourd’hui, surfaces et volumes de production, ventes et  tendances de consommation, revenus des vignerons, emploi, tous les indicateurs signalent un marché bio en hausse structurelle, tant en France que dans le monde. Dans ce bond en avant, l’Occitanie prend toute sa place. « La vigne est notre identité. Elle existe depuis l’Antiquité » rappelle d’emblée Carole Delga dans son discours inaugural. Une place de leader aussi, l’Occitanie se prévaut d’être la plus grande région viticole du monde, la première de France et la première région bio, ce qui fait dire à Denis Carretier, président de la Chambre régionale d’Agriculture que  « L’agriculture bio est un atout certain dans le développement économique régional, car elle est créatrice de valeur, d’innovation et d’emploi. »

 

Carole Delga (au centre), Denis Carretier (à droite).

 

Dans un contexte où la question alimentaire est décrétée grande cause 2018 en Occitanie, pas le temps de se reposer sur ses lauriers : il est déjà demain. Les défis pointent de toutes parts  pour les vins biologiques. Faire face à la hausse de la consommation implique une hausse de la production, donc une progression nécessaire des conversions de viticulteurs en bio. Il s’agit aussi de trouver des solutions techniques pour un mode de production moins enclin aux rendements, plus sensible aux aléas climatiques. Des chantiers structurels surgissent, comme disposer de services statistiques renseignant mieux sur l’évolution des marchés et les capacités à y répondre. Mobiliser tous les tous les acteurs de la filière,  dans un souci d’efficacité, a conduit d’ores et déjà à la création d’InterBio, association interprofessionnelle qui fédère 5 structures régionales[1].

Il est déjà demain avec le plan Bi’O 2018-2020 pour « produire, consommer et vivre bio en Occitanie », plan de valorisation des produits de qualité dans la restauration des lycées, d’accompagnement à l’installation - transmission en agriculture, à la conversion et d’aide aux investissements spécifiques des exploitations bio. Un prochain projet de loi va demander 50 % de produits locaux et bio dans la restauration collective pour le 1er Janvier 2022. Dans son discours de clôture des Etats Généraux de l’alimentation, le Premier Ministre, Edouard Philippe, a esquissé le 21 décembre 2017 un onjectif assez spectaculaire de 15 % de la surface agricole cultivée en bio en 2022 en France, alors qu’elle n’est actuellement que de 6,5 %.
Produire plus, convertir plus, pour tendre vers quelle(s) forme(s) de consommation de vins biologiques? L’attente des consommateurs est forte, tant en termes d’information sur les différents vins bio, leurs modes d’élaboration que de qualité et de bienfait pour leur santé.
Pour répondre à plus long terme, Millésime Bio s’est projeté après-demain, alors que la région Occitanie bâtit un plan à 30 ans autour de trois enjeux majeurs, dont la préservation du foncier agricole et des ressources en eau. Un travail collaboratif sur les prospectives pour la filière viticole bio à 20-25 ans était présenté en conférence par SupAgro et France AgriMer. Cinq scénarios possibles retenus parmi une cinquantaine, du plus défavorable au plus florissant, ont été élaborés afin de réfléchir et d’agir, de pouvoir peser sur cet avenir[2].

Le monde du vin biologique est arrivé à un carrefour, générationnel – les pionniers parachèvent leur travail de défricheurs - et structurel. Vers quel type de production va s’orienter la culture biologique ? Autour de réglementations souples ou contraignantes (avec ou sans OGM, des cépages résistants, hors sol) intégrant ou refusant des innovations techniques ? Dans quels contextes économiques, climatiques, législatifs ?
Les prospectives remettent également en perspective le chemin parcouru. Présents dans les stands, piliers de ce salon qu’ils ont forgé de leurs mains, quand ils n’étaient qu’une poignée, vignerons bio de la première heure, c’est à eux qu’il revient de donner d’abord la parole.
Florence Monferran


[1] Coop de France, Chambre régionale d’agriculture, Sudvinbio,Bio Occitanie (afédération régionale d’agriculture biologique) et OCEBIO, Occitanie Entreprises Bio
[2] 1. La filière bio essaie de survivre : contexte peu favorable et impasses techniques, le marché régresse.
     2. la filière bio gère sa rente de situation : contexte plus favorable, une viticulture bio qui va bien mais ne cherche pas à prendre toute la place. La filière contrôle son développement de manière restrictive
     3. disparaître pour renaître : contexte hostile, la bio victime de son succès, rejoint la production à Identité Géographique pour créer une IG-Bio ; une tendance plus bio que le bio sort de sa  marginalité  avec des refondateurs
     4. croissance quantitative assumée : la filière bio sort de sa niche dans un contexte où le vin est devenu un produit agro-industriel. La réglementation s’assouplit : Hors OGM et systémiques, tout est possible, le développement est quantitatif et conséquent
     5. filière réduite au segment premium « Vin Bio et Santé »: dans un contexte économique difficile, une réglementation contraignante, les surfaces baissent, la productivité augmente. Supplanté par d’autres labels, le bio joue sur l’argument santé. Ce sont les grandes entreprises qui développent ce segment et jouent perso sur leur marques

Synthèse disponible: http://www.franceagrimer.fr

   

Parole de pionniers

Thierry Julien, Mas de Janiny à Saint-Bauzille-de-la-Sylve, fondateur et actuel Trésorier de Sudvinbio

« A la fin des années 1980, nous voyions des gens malades, la toxicité de produits chimiques, interdits depuis. C’est ce qui nous a alertés et nous a fait peur : c’était un poison pour nous, notre famille, notre environnement (…) Le but ultime serait que toute la viticulture passe en bio. Ce n’est pas possible. Nous avons  aidé à gagner du terrain.

L’enjeu maintenant réside dans une bio pour tous, ne pas rester cloisonné, ne pas rester dans une niche ». 

 

 

 

 

Jacques Frelin, vigneron et négociant en vins bio à Terroirs Vivants, fondateur et actuel Vice-Président de Sudvinbio

« J’ai démarré par hasard en bio, en 1983, car mon beau-père l’était déjà. Peut-être trop tôt. Le respect de l’environnement est une priorité aujourd’hui, pas alors (…) Le plus dur est fait. Une prise de conscience a eu lieu de diminuer l’utilisation de produits chimiques. Cela ne veut pas dire que c’est gagné. Seulement 10 % de l’agriculture est en bio aujourd’hui ».

 

 
Louis et François, fils de Louis Delhon, fondateur de Sudvinbio, Domaine de Bassac à Puissalicon
« Notre père s’est converti en 1985-1986, par éthique et pour lutter contre les résistances de la vigne aux produits chimiques. La réunion de deux domaines a permis le passage en bio. Notre père s’est lié d’amitié avec un acheteur allemand pour mettre en bouteille Lo Bartas (le buisson en occitan), cuvée qui existe toujours ».

 Olivier Azan, Domaine du Petit Roubié à Pinet (Hérault), fondateur et actuel Secrétaire de Sudvinbio

« Tout au début, en 1985, peu de gens consommaient bio. Il a fallu tout de suite faire de l’export, vers l’Allemagne, le Danemark, plus tard la Belgique et la Hollande. (…) Nous sommes la caution morale du salon, nous, les vieux grognards. Un développement de la bio est indispensable dans l’avenir ».

 

 Françoise et Vincent Costes, Domaine Costeplane à Cannes-et-Clairan (Gard)

« Peu de monde était intéressé. Les conseillers poussaient au désherbage total. La pression était très importante, mais nous n’en voulions pas. Nous ne voulions pas d’un sol mort. Nous avons quitté la cave coopérative et sommes passés au bio en 1990. Le domaine n’a jamais grandi et on se porte bien, sans aller jusqu’à la décroissance. Nous sommes passés d’écolo à bio, et à la biodynamie ».  

 

 Jean-Paul Cabanis, Domaine Cabanis à Vauvert (Gard)

« J’ai toujours adoré la nature. Travailler la terre, c’était la respecter, respecter les oiseaux, les fleurs, les plantes. Travailler en conviction, en conscience aussi. Je suis fier de ce que je fais depuis 1986.
Le but est de travailler en équilibre, dans un fonctionnement raisonnable, qui fait que cela marche, avec l’environnement sans prendre de risque financier. L’engouement actuel envers le bio me touche, comme une reconnaissance.

L’avenir sera-t-il bio ? Il sera responsable et citoyen : on dit ce qu’on fait, on fait ce qu’on dit  ».      

 Olivier Durand, Domaine de la Triballe à Guzargues (Hérault), président de l'AOC Languedoc-Grés de Montpellier

"Quand j'ai passé mon diplôme pour devenir vigneron, en 1987-1988, j'étais le seul à être bio, le seul qui décavaillonnait. On était montré du doigt. Alors que la chimie, ça marchait tout seul dans les années 1980, ça ne coûtait pas cher, tu étais tranquille en deux coups de désherbant, deux coups d'engrais chimiques. Pour nous, c'était du travail intense (...) Je pense qu'aujourd'hui, il faut que le bio rejoigne les locavores. Cela paraît logique."  

 JC Daumond, vigneron à la retraite au domaine Folle Avoine à Vendargues

« Intoxiqué en 1984 par un insecticide, je suis passé à une pratiqué bio pour me protéger, puis protéger la terre, pour prendre soin de son corps et de la terre qui nourrit le corps. Il fallait avoir la foi pour le bio. Et pourtant, s’il fallait recommencer, je courrais ! »


FM

Vinifilles et Femmes de vin illuminent le soir montpelliérain

En avant-première de Millésime Bio, les fées se sont penchées sur la soirée des Vinifilles, association de 18 femmes vigneronnes du Languedoc et du Roussillon, à l’image de Caelia et Abonde qui ont donné leur nom à deux cuvées solidaires pour leur consœur du Mas Thélème.

Délaissant les ambiances intimistes et culturelles des dernières années, elles recevaient en grand, dans la Salle des Rencontres de la Mairie de Montpellier, à l’occasion de l’assemblée générale annuelle du Cercle des Femmes de vin. 10 associations régionales, 70 vigneronnes, des terroirs d’Alsace à la Provence, de la Loire au Sud-Ouest, des Appellations prestigieuses de Bourgogne, Champagne  ou de Bordeaux… le monde du vin s’est écrit au féminin pluriel pour une soirée tout feu, tout flammes.



Valérie et Dominique Ibanez

 

 

Des stands qui n’ont pas désempli, des vigneronnes difficiles à approcher, la présence des AOC Languedoc, des medias, France Télévisions, tous les projecteurs étaient braqués sur ces vins de filles, de copines, de vigneronnes. Carole Delga, s’est  déplacée pour passer un long moment parmi elles « C’est la première fois qu’une Présidente de la région Occitanie, vient – peut-être parce que c’est une présidente » souligne Pascale Rivière, de la Jasse de Castel (Saint-Jean-de-Fos).


Fabienne Bruguière

Ces vigneronnes ont décidé de mettre en commun des idées, des moyens, commerciaux ou communicants, des réflexions, sur leurs pratiques techniques par exemple. « Nous avons une belle dynamique. L’association est une bouffée d’oxygène, on peut tout se dire » explique la Présidente des Vinifilles, Valérie Tabariès-Ibanez, du Domaine de Roquemale (Villeveyrac).

Ainsi, l’assemblée générale  des Femmes de vin tenue le matin a dégagé trois projets d’action. La transmission et la formation, présentées par les Femmes de Loire, s’attache à répertorier toutes les formations pour que les jeunes puissent s’investir dans un métier de la vigne et du vin, en particulier en viticulture biologique où les besoins en personnel sont importants. Les Femmes du Sud-Ouest proposent un volet éducatif  de formation ludique sur la vigne et le vin de façon ludique pour les écoles élémentaires. Quant aux Vinifilles, elles ont apporté leur expérience sur une action de solidarité, menée à l’égard de Fabienne Bruguière, entièrement grêlée en Aout 2016 en Pic Saint Loup. Comment mettre en route une action dans des cadres contraignants (administratif, technique) ? Don de vin, assemblage de plusieurs cépages, commercialisation aujourd’hui concrétisent cet élan.
Elle regardent le mouvement Women do Wine, initié en 2017 contre l’absence de visibilité des femmes dans l’ensemble du monde du vin, comme « une mise au point nécessaire, qui libère la parole ». Valérie Tabariès-Ibanez ajoute : « Nous, nous militons pour le bien boire, bien manger, la formation. Plus qu’une entraide de femmes, les Vinifilles sont une entraide de vigneronnes ». Ce que confirme Fabienne Bruguière : « Sans elles, je n’y serai pas arrivée. Je n’ai reçu aucune aide du Syndicat ». En écho, sur un autre salon, le vigneron Vincent Bonnal envoie un message : « Le vin est là pour séduire, qu’on soit homme ou femme. C’est un art, un artisanat. Est-ce qu’on se préoccupe du sexe d’un artiste, plutôt que de son œuvre ? Cela ne changera pas le goût du vin ».

 Le vin, l’essentiel. Un niveau qualitatif irréprochable, grimpant à des sommets avec quelques grands crus, une présence non négligeable de vins biologiques – beaucoup enchaînaient avec le salon Millésime Bio, les dégustateurs ne savaient plus où donner de la tête et des papilles.

L’an prochain, le Cercle des Femmes, créé en 2009, fêtera ses 10 ans. Les Vinifilles du Languedoc aussi. Que nous réserveront-elles ? « Nous allons y réfléchir très vite », répond Françoise Ollier ci-contre, du Domaine Ollier-Taillefer (Fos).

Auréolé d’une Médaillé d’or au concours Challenge Bio, l’Allegro, produit sur une terre de schistes chère à sa famille, prouve encore une fois la qualité des vins blancs du Languedoc.

Délaissera –t-on en 2019 la notion de vin de femme pour parler enfin de femmes de vin, comme le nom de l’association nationale réunie à Montpellier nous y invite ? Voilà qui serait un beau cadeau d’anniversaire.

Florence Monferran

 

 Les dix associations régionales du Cercle des Femmes de vin

Aliénor du vin de Bordeaux ( créée en 1994) 

 

Etoiles en Beaujolais ( créée en 1998)

 

Femmes et Vins de Bourgogne ( créée en 2000) 

 

Femmes Vignes Rhône ( créée en 2004) 

   

 Eléonores de Provence ( créée en 2008)

 

Vinifilles (créée en 2009)

diVINes d’Alsace ( créée en 2011)

SO Femme & Vin ( créée en 2014)

Fa’bulleuses ( créée en 2015)

Dames de Cœur de Loire (créée en 2015)