Assises Nationales de la Pêche 2017

« Valdora », primé coup de cœur de l’innovation.

La daurade est un produit typique de la pêche des petits métiers d’Occitanie, notamment en lagune. Elle est exploitée essentiellement de mars à octobre. En effet, à l’arrivée de l’automne, elles quittent en masse les lagunes pour retourner en mer.
Cette dévalaison entraine une offre importante et un effondrement des prix, autour de 4€/kg en halle à marée. Le produit n’est ensuite quasiment plus disponible jusqu’en mars.
L’engin de pêche traditionnel utilisé dans nos lagunes est la capéchade, c'est-à-dire un ensemble de verveux qui permettent de capturer le poisson vivant. Le souhait d’un groupe de professionnels de l’étang de Thau, et auxquels le Cépralmar a apporté son soutien, a été de conserver une partie de cette production en bassins pour la commercialiser fin décembre.
Un premier essai fin 2016 a été très positif avec la survie du petit cheptel transféré. L’objectif est actuellement de lever les freins techniques afin de passer à une échelle professionnelle. « Nous devons donc adapter l’engin de pêche avec l’ajout d’une cage qui permet de transférer la production sur un bord à quai et tester la nécessité de nourrir ou non les individus sachant qu’en dessous de 13°C, elles arrêtent naturellement de s’alimenter. »

Les premières réponses devraient arriver en fin d’année. Si une phase de nourrissage (crabes et moules) s’avèrent nécessaire, il conviendra de travailler sur le statut de ce poisson afin qu’il ne soit pas considéré comme un « simple » poisson d’aquaculture.
Ce projet est un peu l’invention d’un nouveau métier à l’interface entre pêche et aquaculture. « Ce que nous sommes en train de faire sur la daurade devrait pouvoir être fait à terme sur d’autres espèces. » L’ambition est de permettre aux pêcheurs professionnels de mieux valoriser leur production.