Opération daurades pour les fêtes : le bilan








 

Le 17 octobre, des pêcheurs professionnels de la Pointe Courte (Kévin, Robert et Denis), le Cépralmar et le Lycée de la Mer Paul Bousquet initiaient avec l'appui technique d'Ifremer un premier essai consistant à conserver vivantes, des daurades de pêche.
L'objectif, à terme, est de pouvoir décaler une partie de la commercialisation sur la période des fêtes de fin d'année . A cet effet, trente kilos de daurades avaient ainsi été prélevées.
En cette fin d’année les pêcheurs ont souhaité communiquer sur cette expérience et en faire le bilan devant les institutionnels, attentifs à cette expérience, les professionnels de la pêche, eux aussi attentifs, ainsi que les médias.

Cette rencontre au lycée de la Mer a débuté par l’excellent film de David Garcia, un film financé par le Crédit Maritime. Et venu ensuite le bilan de cette expérience, un bilan énuméré par Jean-François Holley du Cépralmar.


La première tentative de capture de daurades vivantes a connu quelques soucis de taille, en effet, peu de daurades sont restées vivantes. Il a donc fallu profiter de la fin de la période de migration et recommencer des captures avec plus de « douceur » pour éviter de choquer les poissons. Et fort de leur précédente expérience il s’est avéré que les poissons ont survécus au transbordement dans les bassins du Lycée de la Mer. Une fois installées dans les deux bassins, elles ont été observées afin de déterminer tout changement de leur condition physique. Comme remarqué par les pêcheurs, le mucus est important car il protège des bactéries et les frottements lors du premier prélèvement ont entraîné leur mort. Tout le problème semble être de pouvoir éliminer « l’agression mécanique » lorsqu’elles sont prélevées des eaux et avoir le moins de manipulations possible.
A titre d’exemple, pour leurs captures, les équipes de l’Ifremer de Palavas-les-Flots utilisent, par expérience, des salabres à mailles fines, souples et surtout sans nœud pour éviter toute zone de frottement.
Pour la prochaine saison en 2017, il sera nécessaire de déterminer la définition de la cage qui, après réflexion, sera ajoutée à la capéchade. Cette cage allant permettre aux poissons capturés de ne plus trop se frotter dans verveux trop étroit.
Est-ce que la cage est et restera un engin de pêche ou non ? Les autorités seront attentives à cette définition.
Un autre choix qui a été fait pour l’avenir, c’est de ne pas traiter (contre les bactéries toujours possible) les daurades et de les laisser le plus proche possible de leur état sauvage et donc de limiter tout ce qui ne serait pas naturel.
Pour cette première expérimentation, les daurades capturées ont été exclusivement nourries avec des moules ouvertes et avec des crabes verts. A la satisfaction des pêcheurs, les daurades les ont bien mangés. Le but n’étant pas de les engraisser mais de les maintenir « sauvages » en décalant leur vente jusqu’aux fêtes de Noël en sachant qu’en mars la pêche à la battue reprend.
Aux deux lots basés au Lycée de la Mer est venu se rajouter celui installé chez l’entreprise Murex à Sète. Là, fort d’une expérience confirmée, les poissons déposés seront laissés tout l’hiver dans des bassins qui font 50 m3.
Il sera aussi prévu, en 2017, de créer deux lots distincts dont l’un sera alimenté avec des moules et des crabes verts et l’autre sans aucune nourriture en apport pour voir si d’un point de vue qualitatif de la chair on peut arriver à des choses différentes ou pas. Une étude économique sera aussi entreprise pour essayer de se projeter.

Un groupe d’action locale sur le bassin de Thau est en train de se monter et c’est un projet qui pourrait tout à fait être intégré dedans.
(Dans le cadre du Fonds Européen pour les Affaires Maritimes et la Pêche (FEAMP) quatre groupes d’Action Locale Pêche et Aquaculture (GALPA) ont été sélectionnés en réponse aux réponses aux candidatures exprimées par les territoires Vidourle-Camargue, Bassin de Thau, Grand Narbonne et Pays Pyrénées Méditerranée dans les Pyrénées-Orientales).
Le challenge pour les professionnels porteurs du projet est de vite et de bien réfléchir à la réalisation de cette cage afin d’être opérationnels pour la prochaine dévalaison d’octobre 2017.

Les pêcheurs porteurs de cette expérimentation ont été invités en Italie pour aller constater les méthodes de leurs confrères. Mais ils ont aussi conscience qu’ils devront se servir de l’expérience des pêcheurs japonais qui pratiquent eux aussi des captures presque identiques. Ils ont cette « culture » des captures vivantes.
Un chercheur aquacole de la FAO, Valério Crespi, est chargé de réfléchir à ce type de captures pour des implantations de fermes aquacoles dans le Monde et il est en contact avec Robert Rumeau l’un des porteurs du projet.

En fin de réunion, un remerciement appuyé a été exprimé par Jean-François Holley (Cépralmar) en direction de tous les partenaires sur cette opération : "Pour moi c’est le bel exemple d’un projet collaboratif et ce n’est pas quelque chose que l’on réussit tout le temps".

Jean-Marc Roger

Le CEPRALMAR : coopérer avec les gens de métier

Un entretien avec André Lubrano, Président du Cépralmar

Le Cépralmar (Centre d'étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes ) est un acteur régional reconnu au niveau national et international. Apprécié des professionnels de la mer comme des élus des collectivités territoriales, il intervient depuis plus de 30 ans pour favoriser le développement durable du secteur des pêches et des cultures marines mais également la gestion intégrée des zones côtières.

Le Cépralmar est néanmoins très peu connu du grand public. Thau-info a voulu en savoir plus sur cette structure associative soutenue par la Région et qui a inspiré nombre de décisions et de réglementations nationales. Son président André Lubrano a bien voulu répondre à nos questions.

 

 

CEPRALMAR

Depuis 2016 le CEPRALMAR est implanté à Sète, la ville-port appelée à jouer un rôle majeur dans la grande région LRMP.

Association loi 1901, créée en1981 le Cépralmar, soutenu par la Région, a pour objet statutaire :

  • de favoriser et de promouvoir les actions visant à sauvegarder l'exercice de la pêche et des cultures marines en mer et dans les étangs et à encourager les tentatives, menées par les professionnels, destinées à une meilleure exploitation du milieu lagunaire et marin,
  • de mettre en œuvre toutes formes d'études techniques pour le compte des maîtres d'ouvrage et d'assurer leur suivi pour la bonne exécution des programmes définis dans le cadre de l'association",
  • de contribuer à la définition d'une politique à long terme concernant la mise en valeur du milieu côtier de la région.

Une originalité structurelle :

Avec sa représentation paritaire élus - professionnels de la mer, le CEP¨RALMAR est une véritable "chambre des métiers de la mer".
Le Cépralmar a un conseil d’administration composé de 12 membres représentant l’ensemble des acteurs de la mer.
Ces membres sont répartis en 2 collèges :

  • collectivités Territoriales et Syndicats mixtes gestionnaires de milieux lagunaires et marins
  • représentants professionnels.

Depuis 2010, le Cépralmar est présidé par André LUBRANO, Conseiller Régional.

   

MTP-INFO : A quoi sert le Cépralmar ?

Andre Lubrano :
Le Cépralmar est un outil qui permet d'abord aux professionnels de la mer et aux élus ou gestionnaires de syndicats mixtes de se parler, d'échanger et de construire ensemble. Les professionnels tiennent à son existence car il permet aux gens de métier de s'exprimer librement et de coopérer. C'est leur outil.
Au fait des évolutions économiques, techniques, réglementaires et sociales, le Cépralmar propose une ligne d’actions adaptée aux réalités régionales et la traduit en programmes d’interventions sur le terrain.

MTP-INFO : Quels sont les grandes missions du Cépralmar?

André Lubrano :
Nous avons trois grands axes:

  • développement des filières maritimes : avec sa vision transversale de la filière des produits aquatiques, le Cépralmar conseille les professionnels et leurs organisations dans la définition stratégique, le montage et l'évaluation de leurs projets de développement. Cette présence quotidienne auprès des exploitations et des entreprises du secteur maritime lui permet de recenser les besoins, de promouvoir la diversification des activités de production, d'encourager les initiatives privées vers une démarche innovante en lien avec les marchés. L'équipe technique travaille au côté des organisations professionnelles dans la conduite de leurs missions et dans la construction de projets collectif.
  • gestion intégrée et durable du territoire littoral : La qualité de l’environnement littoral conditionne le maintien de l’ensemble des activités maritimes. Porte-parole des métiers de la mer, le Cépralmar agit pour faire reconnaître leur importance dans la vie économique régionale et leur contribution au maintien des équilibres de la bande côtière. Il contribue à l’élaboration de documents de planification (SCOT, SAGE, ...), s’implique dans des opérations d’aménagement (récifs artificiels, restauration des lagunes...) et de gestion (contrats d’étang, réseaux de suivi) et intervient dans des programmes de recherche appliquée au niveau national et européen. L’ensemble de ces actions est résolument inscrit dans une approche de gestion intégrée et durable du littoral régional.
  • coopération entre les acteurs : Interface entre le monde scientifique, professionnel et les institutions, le Cépralmar joue un rôle fédérateur dans la mise en œuvre de réseaux de collecte et de transfert des “connaissances” et des “savoirs”. Il organise la concertation entre tous. Enfin, il coordonne l’élaboration de réponses appropriées et concertées à destination des collectivités publiques et des professionnels.

MTP-INFO : De quels moyens dispose le CEPRALMAR ?

André Lubrano :
Malgré un très vaste champ d'intervention, l'équipe permanente est très réduite. Elle est constituée de 4 chargés de mission de haut niveau : Erika GERVASONI pour l'aquaculture, Adeline FOURRIER pour la gestion du milieu maritime et la planification, Matthew HEBERT pour la gestion des lagunes et Jean-François HOLLEY pour la pêche. Sylvie MERIC, directrice administrative et Perine CAZORLA responsable du secrétariat complète l'équipe.
Le budget du Cépralmar, de ce fait très raisonnable - 600.000 euros par an - est financé pour environ 80% par la Région.
Les moyens pour lancer les études ou les projets doivent donc être trouvés à l'extérieur auprès de partenaires privés ou institutionnels, régionaux, nationaux ou européens.

 

L'équipe du Cépralmar

 

MTP-INFO : Existe-t-il des synergies entre les métiers de la mer et ceux de la terre ?

André Lubrano :
Pour la qualité de l'eau des lagunes, ce qui se passe et se déverse à terre, revient dans l'eau, la coopération et le dialogue entre les deux est une évidence et une nécessité. Sur les plans des produits, des actions de valorisations complémentaires sont déjà en cours et le seront de plus en plus. Hier par exemple on a fêté à Marseillan les médailles obtenues au concours général agricole par Philippe Ortin, le Président du CRCM, pour la qualité de ses huîtres et par les Caves de Richemer pour ses vins (voir ici).

Propos recueillis par Jean-Marc-Roger et Jacques Carles

Cuisine à la Graulenne

Quand Frédéric Alacer fait appel aux Graulens et Graulennes pour créer un superbe livre dédié à La mer cuisinée à la  Graulenne

Un ouvrage expliquant la richesse du patrimoine culinaire des produits de la mer que la cité du Grau-du-Roi recèle. Au travers de 31 recettes, les Graulens eux-mêmes ont rédigé les premiers chapitres du livre gastronomique pour fêter les 5 ans des Graulinades et faire connaître la cuisine du pêcheur.  Deuxième port en Méditerranée après Sète , ce sont les grandes familles de pêcheurs et les figures historiques qui constituent le véritable trésor du Grau du Roi.

Frédéric Alacer, jeune Graulen attaché à ces traditions maritimes de la Méditerranée, a eu l'idée de mettre en lumière les pratiques de pêche et les divines recettes que les femmes de pêcheurs, ou pêcheurs eux-mêmes, se transmettent depuis des générations. Friture de jols, le pelaù de sèches, le court bouillon d'anguilles, la bourride de baudroie, la morue façon Mamé Marie, et le poulpe en marinade ou en rouille longtemps considéré comme le plat du pauvre n'auront plus de secret pour vous.

 

Point de départ de l'ouvrage

Son idée ? Organiser chaque année une battle, entre Graulens exclusivement, sous l'œil enchanté des copains, des touristes et des gourmands qui assistent depuis le matin à la réalisation de ces plats traditionnels méditerranéens. Ainsi sont nées Les Graulinades en 2011, sorte de Master Chefs gardois ! Devant tant d'enthousiasme pour ce rendez-vous gastronomique, Frédéric décide de poursuivre cette aventure en-dehors du concours annuel et de collecter ces supers recettes familiales afin d'en faire un recueil, celui du partage, des saveurs issues de la mer et de précieux tours de main. Ce livre est un hommage au patrimoine culinaire maritime de ce petit port de pêche devenu une station balnéaire. Courez l'acheter et mettez-vous aux fourneaux !

 

Où trouver le livre ?

- Office de Tourisme du Grau du Roi

- ou au 06 81 30 92 97

Pêche : un potentiel économique régional à valoriser

Afficher l'image d'origineAvec la seconde flotte de pêche française et une représentation de 3 segmentations d’activités complémentaires (thoniers, chalutiers, petits métiers), la filière pêche en Languedoc Roussillon Midi Pyrénées a un potentiel économique qui mérite d'être valorisé. Dans cette perspective, la Région a défini une stratégie régionale pour la pêche que le Centre d'étude pour la promotion des activités lagunaires et maritimes (Cépralmar) basé à Sète, met en œuvre avec l’ensemble des partenaires de la filière.
Thau-info a interrogé Jean-François Holley, responsable du secteur pêche au Cépralmar pour avoir un aperçu des actions menées dans ce domaine par une institution peu connue du grand public mais reconnue au niveau national et international.

 

Jean-François Holley

Ingénieur agro, spécialisé dans l'halieutique, Jean-François Holley, 38 ans,a rejoint le Cépralmar en 2010 où il est responsable sur secteur "pêche".
Avant de se fixer à Sète, Jean-François Holley a réalisé un beau parcours professionnel. D'abord avec l'Ifremer, à Boulogne sur mer puis à Nantes, ensuite au CEMAGREF devenu l'ISTEA (L'Institut de recherche en sciences et technologies pour l'environnement et l'agriculture) et un passage de 2 ans en Nouvelle -Zélande.

 

Chiffres clés du Languedoc-Roussillon

  • environ 1400 marins pêcheurs (dont 64% pour la petite pêche, 15% pour la pêche côtière, 1% pour la grande pêche et la pêche au large et 20% pour la conchyliculture

  • Environ 700 navires de pêche en Languedoc-Roussillon
    (dont 87% de petits métiers, 10% de chalutiers et 3% de senneurs)
  • 11 prud’homies en Languedoc-Roussillon

    Le Grau du Roi, Palavas, Sète - étang de Thau, Sète-Mole, Agde, Valras, Gruissan, Bages,- Port la Nouvelle, Leucate, Saint Laurent-de-la-Salanque - Le Barcarès, St Cyprien

    En France, les prud'homies existent depuis le XIVème siècle. Ces institutions sont chargées de la gestion des ressources, de l'organisation des activités, de l'établissement de réglementations et de l'arbitrage des conflits entre pêcheurs.
  • 5 ports principaux
    Port-Vendres, Port la-Nouvelle, Agde, Sète, Grau du Roi

  • 4 criées ( Port la Nouvelle (gestion CCI) - Agde (gestion SEM municipale + coopérative des pêcheurs) - Sète (gestion Port Sud de France) - Grau du Roi (gestion 2 coopératives maritimes)
  • 72 points de débarquements tout le long du littoral du Languedoc-Roussillon
  • 9.300 tonnes (pour une valeur de 45 millions d’euros)

  • Plus de 80 espèces commercialisées :sardine, anchois, merlu, poulpes, dorade, baudroie, bar, rouget barbet, etc.

 Fishing nets

   

Maintien et soutien de la filière anguille

Pour faire valoir les efforts faits par les professionnels pour assurer la durabilité des pêcheries d’anguilles, le Cépralmar a entrepris une démarche transnationale pour certifier la pêche de l'anguille à l’aide du Sustainable Eel Group (SEG). A cette, fin un cahier des charges de la pêcherie lagunaire d’anguille a été entrepris en vue de la labellisée.
Parallèlement, il semble indispensable de diversifier les circuits de distribution, aussi bien pour les mareyeurs que pour les pêcheurs. Avec l’appui de Sud de France, la démarche vise à développer une consommation régionale de l’anguille puisque si le Languedoc-Roussillon est une région importante en termes de production, la consommation locale y est très faible. La difficulté est de convaincre les acheteurs en criées et les restaurateurs qui n'ont pas l'habitude de travailler ce poisson.
Pour faire également connaitre le produit au grand public diverses manifestations ont été réalisées avec le concours du Cépralmar y a apporté son concours. En ce début juin, par exemple, la 1ère fête de l'anguille a été organisée à Palavas par la Prud’homie des Pêcheurs. Cette manifestation avait pour but de faire découvrir la pêche artisanale de l’anguille sur les lagunes palavasiennes. Très ancienne elle se pratique à l’aide de nasses appelées « capétchades » qui n’ont que très peu évolué avec le temps. Cette pêche artisanale est très respectueuse du milieu lagunaire mais aussi de la sélectivité des espèces. Il est donc très important pour les pêcheurs que cette espèce soit reconnue pour ses qualités gastronomiques mais aussi pour sa pêche responsable et durable. Dan sle même esprit en septembre dernier, Thau Agglo en partenariat avec le Cépralmar et le CRPMEM LR avait organisé la 1ère fête de l’anguille à Marseillan.

 

Filière anguille : le contexte

Depuis la publication par le Commission Européenne en 2007 d’un règlement instituant des mesures de reconstitution du stock d’anguilles, la France a choisi de mettre en oeuvre des plans de gestion triennaux pour atteindre les objectifs de « rechercher l’optimisation de la survie de la civelle jusqu’au stade argentée de retour en mer » et «d’assurer un taux d’échappement vers la mer d’au moins 40% de la biomasse d’anguilles argentées».

Malgré les efforts faits par les professionnels (contingentement de l’activité, PSF, fermeture saisonnière…), la filière anguille se trouve dans une situation critique dû à l’effondrement des élevages aquacoles du nord de l’Europe qui ont déstructuré les marchés traditionnels de la filière régionale.
Fort de ce constat, le CRPMEM LR, avec l’appui du Cépralmar, souhaite engager plusieurs actions pour assurer le maintien de ces activités économiques importantes pour la filière pêche du Languedoc-Roussillon.

 

Projet Golion

Le Syndicat des Petits Métiers du Languedoc-Roussillon (SPMLR) a sollicité le Cépralmar afin de mieux mettre en avant le poisson des petits métiers du Languedoc-Roussillon pêché à la ligne. Les loups, dorades, pageots ou merlus capturés à l’hameçon peuvent afficher un niveau de qualité exceptionnel alors qu'ils sont commercialisés sans distinction particulière.
Avec l’appui financier de la Fondation Daniel et Nina Carasso, de la Région Languedoc-Roussillon, le Cépralmar et le GIE GOLION ont élaboré un tag permettant d'identifier le poisson pêché à la ligne à travers la marque Sud de France. Avec ce tag fixé sur l'opercule qui indique le nom du pêcheur professionnel, l'information atteindra le consommateur final quelque soit le circuit de commercialisation du produit. (» en savoir plus : www.golion.fr)

Golion logo

tag-poisson-de-ligne

 

Mise en valeur de la pêche régionale avec Sud de France

Le Cépralmar accompagne les pêcheurs professionnels faisant de la vente directe qui souhaitent mieux promouvoir leurs produits à l’aide de Sud de France. Il réalise également des outils de communication pour informer le grand public grand public de l’existence de professionnels faisant de la vente à quai et les lieux et horaires pour les trouver. Des plaquettes "venez découyvrir la pêche du jour " ont ainsi été réalisées sur plusieurs sites (Palavas, Carp d'Agde, etc.)

Le projet Galion : mieux gérer pour mieux pêcher

Galion est un projet de 3 ans, porté pat l'AMOP en partenariat avec l'IFREMER qui doit permettre de définir de nouveaux modes de gestion pour la pêcherie chalutière du golfe du Lion.
A ce jour, une soixantaine de chalutiers français travaillent sur le golfe du Lion. Ils pêchent entre 10 000 et 15 000 tonnes de poisson par an. Améliorer la gestion des ressources marines est donc un impératif au maintien des entreprises de pêche. Sientifiques, pêcheurs et économistes travaillent ensemble à la collecte des données. Parmi les actions prévues : cartographie de la distribution des captures et rejets, étude de la sélectivité des engins de pêche,  définition des habitats sensibles ou à risque, proposition de stratégies de pêche limitant les rejets (» en savoir plus). 

Soutien à l'aménagement des points de débarquement

Le Cépralmar accompagne les collectivités territoriale pour aménager leurs points de débarquement, une nécessité avec les mutations en cours : diminution du nombre de chalutiers, disparition de la halle à marée de Port-Vendres, mise en place d’une collecte par la halle à marée de Port la Nouvelle, renforcement des normes sanitaires, détermination d’un nombre de jours de mers pour la flottille chalutière… A cela, il convient d’ajouter les réformes en cours : la politique du zéro rejet, la nécessité de pesé ses captures au point de débarquement. Tout ceci conduit les collectivités à aménager leurs points de débarquement pour mieux prendre en compte l’ensemble de ces évolutions et intégrer la place du port de pêche dans l’ensemble des activités portuaires.

Pour être exhaustif citons encore le Projet Sélectivité Palangres (SELPAL). L'objectif de projet, porté par l'AMOP (Association Méditerranéenne des Organisation de Producteurs) et qui se termine, était de mieux comprendre les interactions éventuelles de ce métier avec les oiseaux marins et sélaciens sensibles, d’en estimer les taux de mortalité et si de proposer un guide de bonnes pratiques permettant la poursuite du métier en limitant ses effets négatifs. Le Cépralmar s'est surtout attaché à apporter son appui aux différents partenaires pour mettre en avant le caractère écoresponsable de cette pêcherie.

 

pêche à la palangre

En Languedoc-Roussillon, la pêche à la palangre est globalement peu développée, hormis pour le thon rouge. Ce métier est aujourd’hui l’un des plus rentables économiquement pour les petits métiers. En outre, avec la restauration des stocks, il est raisonnable de croire à une hausse des quotas ces prochaines années.
En lien avec les techniques de pêche à la palangre, la question des captures accessoires est une problématique de plus en plus importante au sein des Organisations Régionales de la Gestion des Pêches. Elle est également mise en avant par certaines ONG sensibles aux captures accidentelles de sélaciens. Malheureusement, les données sur d’éventuelles captures accidentelles sont extrêmement limitées, et même inexistantes dans le cas de la pêche palangrière au thon rouge sur le Golfe du Lion.

 

voir aussi notre article : Le CEPRALMAR : coopérer avec les gens de métier

 

La "Noisette de Méditerranée"



 


Depuis 2010, il y a donc peu de temps, une pêche se développe le long de nos côtes. Il s'agit de la pêche de "la nasse changeante" (ou Nassarius Mutabilis) un escargot de mer que nos pêcheurs ont décidé de rebaptiser "noisette de Méditerranée".
On trouve ce gastéropode dans des zones sableuses le long du littoral, à peu de profondeur.

Coquillage connu mais néanmoins, jusqu'à présent, peu pêché, il fait désormais partie des prises de certains pêcheurs de notre littoral, auxquels il assure un revenu non négligeable en complément de ressources.

C'est un escargot de mer apprécié en Espagne et en Italie mais pas ou très peu en France. En effet toutes les prises partent actuellement vers ces deux pays. L'OP du Sud (Organisation Professionnelle basée à la criée du Grau d'Agde) tente d'y remédier.

En liaison avec la criée du Grau d'Agde, cet organisme noue des contacts avec les restaurateurs et anime des opérations de communication / dégustations qui sont destinées aux médias, comme dernièrement la dégustation organisée au lycée de la mer de Sète (voir les photos) et au grand public avec une présence remarquée au Salon de l'Agriculture ainsi qu'aux dernières « Graulinades » du Grau-du-Roi.



Pour limiter les risques de surexploitation de cette nouvelle ressource et mieux la valoriser, l'Organisation de Producteurs (OP) du Sud a sollicité l'appui technique du Cépralmar pour travailler sur l'optimisation des méthodes de tri des captures afin de laisser les plus petits individus dans leur habitat naturel.

Au cours de ces différentes manifestations, cet escargot a été apprécié par un très large public, y compris des enfants. Il ne reste plus qu'à faire connaître la « Noisette de Méditerranée ».

Contacts :
OP du Sud 06 73 53 48 29 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.
Cépralmar 04 99 02 02 30 Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les capéchades du "Corse"

Un reportage Fenêtre sur le Sud - Jean-Marc Roger

Robert Isoird, surnommé « Le Corse », actuellement en retraite, a depuis sa prime jeunesse pratiqué professionnellement la pêche sur l'étang de Thau. Il était ce que l'on nomme un pêcheur "petits-métiers". D'une famille de pêcheurs, il a su profiter de l'expérience de son père, René, ainsi que de ses deux frères.
Comme ses collègues « pointus » il a du s'adapter aux temps nouveaux et développer certaines pêches en abandonnant certaines autres devenues peu rentables.
La pêche à la "capéchade" est l'une des pêches subsistant encore de nos jours.
Robert nous amène, dans ce sujet vidéo, sur l'un de ses lieux de pêche situé dans la Crique de l'Angle, près de Balaruc-le-Vieux. Là, dans cette zone peu profonde et en fonction de la saison, il met en place ses filets afin de capturer des jols, des crevettes ou des anguilles.
Ce type de piège est couramment encore appelé des "maniguières" dans le quartier de La Pointe-Courte à Sète.
Robert nous parle de son métier et de sa passion pour ce métier et pour la nature qu'il côtoie tous les jours, qu'il fasse beau ou mauvais. Il se sent privilégié.
Mais comme nous pouvons le constater les captures peuvent être maigres mais comme il le dit si bien « l'important c'est de faire sa petite journée sans trop pêcher pour penser à la reproduction ».
Mais au final, c'est un métier qu'il ne souhaite pas pour ses enfants et il ne fera rien pour les y inciter La relève n'étant plus assuré nous assistons là aux dernières pêches sur l'Etang de Thau.

Jean-Marc Roger