La récolte et la vente des huîtres, des moules toujours suspendue

Depuis le 3 novembre 2017, la récolte et la vente des huîtres, des moules et des palourdes en provenance de l'étang de Thau est toujours suspendue depuis le 3 novembre 2017.

Les huîtres, les moules et les palourdes récoltées antérieurement au 30 octobre 2017 ou provenant d’autres zones de production, ne sont pas soumises à cette mesure de restriction.

Plusieurs centaines de tonnes ayant été mises à l'abri les professionnels peuvent donc continuer à commercialiser ces coquillages dans la mesure où ils présentent les qualités sanitaires requises pour garantir la sécurité des consommateurs. Cette mesure temporaire sera levée dès lors que les conditions de sécurité sanitaire seront réunies pour une réouverture de la zone de production.

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Une surveillance de l'étang effectuée par l'Ifremer, l'Institut Français de Recherche pour l'Exploitation de la Mer, avait en effet permis de "mettre en évidence des résultats d'analyses phyto-planctoniques et de leurs toxines PSP et alexandrium avec des taux supérieurs à la norme autorisée dans l'étang", expliquait la Préfecture dans un communiqué.

La présence de toxines PSP  avait été précisée. Il s'agirait d'alexandrium avec un taux  supérieur à la norme autorisée Si elles sont consommées, ces toxines peuvent provoquer des troubles neurologiques et des symptômes gastro-intestinaux.

Car les coquillages filtreurs, notamment les moules, les huîtres et les pectinidés , peuvent accumuler dans leur organisme des toxines produites par des micro-algues. Lorsqu’ils sont contaminés par les toxines de ces algues , ces coquillages deviennent toxiques pour l’homme, du fait de leur action potentiellement paralysante.

Des mesures de gestion sanitaire (fermeture de zones de production de coquillages contaminées notamment, correspondant à l'interdiction de commercialisation des coquillages) sont alors prises par le préfet lors de la contamination de zones, en fonction des espèces de coquillages existants sur la zone.

Actuellement, l'alexandrium pose problème : Selon l'Ifremer, car l'Alexandrium peut même  proliférer à des concentrations très importantes (plusieurs millions ou même centaines de millions de cellules par litre), formant alors des eaux rouges. Les cellules d'Alexandrium peuvent se transformer en kystes, qui sont des formes de résistance leur permettant de passer l'hiver en s'enfouissant dans le sédiment. Dans l'étang de Thau (Languedoc-Roussillon), il s'agit d'Alexandrium tamarense / catenella.

Ces toxines pouvant être paralysantes et potentiellement dangereuses pour l'être humain. Elles provoquent chez le consommateur de coquillages contaminés, une intoxication dont les effets apparaissent en moins de trente minutes. En cas d'intoxication faible ou modérée, les symptômes sont des fourmillements aux extrémités, des engourdissements autour des lèvres, des vertiges et des nausées, un pouls rapide, une incoordination motrice. Si l'intoxication est forte, la paralysie et les troubles respiratoires qui s'ensuivent peuvent être mortels. Les toxines PSP étant stables à la chaleur, la cuisson des coquillages ne diminue pas leur toxicité.

Entre octobre et décembre, l'étang de Thau est prédisposé à ces phases toxiques. Depuis le 3 novembre dans les analyses effectuées le taux d'Alexandrium a baissé de moitié. Il faut donc attendre encore en utilisant les stocks et travailler en amont tant que l'on ne revient pas à une situation normale.