Voyage sur le toit du monde à Maguelone

Dans le cadre du festival Les Voix de Maguelone, la cathédrale Saint-Pierre de Maguelone vibrera des chants sacrés des moines tibétains de Gyutö. Ces derniers en tournée en France donneront 2 cérémonies de musiques et de chants spirituels samedi 23 septembre à 20 h 30 et dimanche 24 septembre 2017 à 15 h. Une immersion totale au plus près d'une spiritualité différente dans la tradition du rituel tantrique accompagné de chants à voix grave et d’une musique élaborée qui a valu une renommée internationale aux moines de Gyutö.

 

Les Voix de Maguelone 2017
9ème saison

Les Voix de Maguelone ont installé un nouveau rendez vous dans le paysage musical de notre région. Créées par la volonté de l’association Les Compagnons de Maguelone d’animer le lieu qu’ils ont en responsabilité et de permettre à des groupes vocaux d’exprimer leurs talents dans une cathédrale, faite et pensée dès sa construction (au 12ème siècle) pour la musique vocale. De nombreux chœurs ont ainsi pu, au fil des années, vivre et partager avec un public fidèle leur émotion de chanter dans ce lieu magique, et cher aux cœurs des amoureux de Maguelone. Avec le rayonnement du festival, des ensembles vocaux régionaux, puis internationaux, de plus en plus prestigieux venant de pays et d’horizons musicaux élargis se sont produits.
Nous en sommes, en 2017, à la neuvième édition. Et ce qui était au départ un festival, ramassé dans le temps, tend à devenir une véritable saison musicale sous la pression amicale des fidèles du festival. Forte est en effet l’attente de rendez-vous musicaux réguliers dans la cathédrale de Maguelone. Attente d’un plaisir renouvelé de découvrir (ou de retrouver) des groupes musicaux de grande qualité et très variés.
Nous avons voulu, dès l’origine, que la programmation de ces concerts soit ouverte, éclectique, accessible au plus grand nombre - populaire au sens noble du terme. Car la musique et le chant sont partages et découvertes. Les Compagnons de Maguelone se sont impliqués pleinement dans l’organisation de ces évènements musicaux. Cette année musicale 2017 ne dérogera pas à cette ambition d’éclectisme et d’ouverture.
Les musiciens désormais nous font l’honneur de leur confiance. Nombreux sont ceux qui aspirent à venir chanter à Maguelone et à faire résonner la célèbre nef. Nous avons aussi nos coups de cœur et nos fidèles amis que nous avons plaisir à reprogrammer années après années. Cette année sera assurément un très grand cru. La programmation est à l’image du nouveau rayonnement des Voix de Maguelone. Nous accueillerons ainsi des hôtes très lointains avec les Moines Tibétains ou plus proches comme nos amis Suisses ou Anglais. Les concerts promettent d’être remarquables.
Enfin nous avons pu fidéliser un pool de mécènes qui nous font confiance depuis 4 ans et nous permettent de pérenniser les Voix de Maguelone, sans subventions publiques. Nous les en remercions chaleureusement. Grace à eux nous pouvons nous montrer ambitieux dans notre programmation.

Bernard AZEMA, Président des Compagnons de Maguelone.

» billetterie

   

Les Voix de Maguelone accueillent pour la première fois les Moines tibétains de Gyutö repliés à Dharamsala dans le nord-ouest de l'Inde depuis l’invasion du Tibet par la Chine en 1959. Les Moines de Gyutö ont assuré en 2003-2005, la partie musicale du spectacle Loungta de la Compagnie Zingaro, dirigée par Bartabas. Leurs sorties de Dharamsala sont rares et d’autant plus précieuses.

Le CHANT des moines GYUTÖ

La voix est spécialement cultivée, non seulement en vue d'obtenir les sons les plus graves possibles, mais aussi pour pouvoir se maintenir pendant des heures dans ce registre extrême. Ceux qui entendent pour la première fois un cérémonial tibétain sont toujours étonnés par cette technique très spéciale. L'émission vocale utilise parfois des glissés de gorge très soulignés, mais surtout se sert de la bouche et de la gorge comme d'un filtre-modulateur, toujours en état de lente évolution d'un phonème à l'autre. En répétant de très longues durées un phonème ou un groupe de phonèmes, le méditant tente d'assimiler les forces que ces phonèmes symbolisent. Il essaie de réaliser sa propre transformation en s'identifiant à eux par la construction et la fonction du mantra. On parle à propos de cette voix, de la « voix de buffle » (dzo). Il s’agit d’un chant diphonique : des harmoniques, sons très aigus se développent à partir d'un son de base très grave transporte ceux qui l'entendent dans le monde subtil de l'harmonie de l'esprit. Dans le bouddhisme tantrique, les sons deviennent par leur puissance particulière des outils de transformation de l'état d'esprit tant de celui qui les récite que de celui qui les écoute. Ce chant a valu aux moines de Gyütö une renommée internationale. Ils ont été nominés au Grammy Awards en 2011.

 

Le MONASTERE - Université Tantrique de Gyutö

Au Tibet, l'essor de la spiritualité touche tous les aspects de la vie du peuple tibétain. Depuis l'arrivée du bouddhisme, au 7ème siècle, les communautés monastiques ne cessèrent de s'étendre jusqu'à l'invasion du Tibet par la Chine. Quatre grandes écoles ont vu le jour : Nyingma, Kagyu, Sakya et Gelug.
En 1474 Jetsun Kunga Dhondup ( 1419-1487) créa le collège tantrique de Gyutö dans l'école Gelug. Il est un des monastères tantriques les plus renommés du Tibet. Sa tradition perdure jusqu'à aujourd'hui sans avoir été transformée.
Spécialisée dans les hautes études de la philosophie bouddhiste et de la pratique des rituels tantriques les plus importants (Guyasamaja, Chakrasambhava, Yamantaka...et leurs mandalas) l'Université Tantrique de Gyutö est un haut lieu de la pratique de la méditation transcendantale et d'arts rituels ésotériques les plus complexes. Ces pratiques du Bouddhisme Vajrayana ont pour but l'obtention de l'état de Vajradhara qui permettra d'œuvrer pour le bien-être de tous les êtres vivants et de leur apporter le bonheur ultime.
Ainsi les Lamas-Gyupas (détenteurs de la lignée de la voie ininterrompue des Maîtres spirituels) accomplissent-ils quotidiennement les puissants rituels de purification pour l'élimination de la souffrance et d'accumulation de mérites pour la satisfaction des désirs d'autrui, en neutralisant tous les obstacles d'une part et d'autre part en réunissant toutes les conditions positives à la réalisation de l'objectif fixé. Les moines de Gyutö sont par conséquent très sollicités par les Tibétains pour la puissance de leurs rituels de purification, de protection et d'accumulation de mérites et de sagesse.
Le chant diphonique - des harmoniques, sons très aigus se développent à partir d'un son de base très grave parfois appelée voix de buffle - transporte ceux qui l'entendent dans le monde subtil de l'harmonie de l'esprit. Dans le bouddhisme tantrique, les sons deviennent par leur puissance particulière des outils de transformation de l'état d'esprit tant de celui qui les récite que de celui qui les écoute, ils permettent d'atteindre la paix intérieure. Ce chant a valu aux moines de Gyutö une renommée internationale.
A la suite de l'invasion totale du Tibet par la Chine en 1959, le monastère fut reconstitué dans l'extrême nord-est de l'Inde sous la direction de Sa Sainteté le XIVème Dalaï Lama puis à Dharamsala dans le nord-ouest de l’Inde. Aujourd'hui, il compte plus de cinq cents moines et la durée moyenne de la formation est de 18 à 30 ans... Les moines de Gyutö sont appelés régulièrement pour participer aux rituels officiels organisés par le Gouvernement tibétain.
Ils donnent des concerts de par le monde, mais doivent néanmoins faire appel à des donateurs pour aider au fonctionnement des deux monastères et des centres d'accueil de Delhi et de Dharamsala. Ils soutiennent également moralement et matériellement les Tibétains laïcs, quand c'est nécessaire en apportant une aide financière à certains projets. Leur rôle est aussi d'aider par les prières ou un soutien psychologique tous ceux qui font appel à eux dans le monde entier et leur aide est appréciée partout où ils interviennent.
L'enseignement bouddhiste est offert gracieusement selon leur tradition à tous ceux qui en font la demande que ce soit en Inde où ils résident ou bien dans les divers pays où ils sont invités. Ces moines d onnent sans compter leur temps et leur savoir mais du fait de leur exil, ne pouvant plus être aidés par les familles ou la communauté tibétaine, ils dépendent de la générosité des donateurs pour continuer leur œuvre d'éducation et de pacification.

 

source texte : Bernard Long