First Man : Le Premier Homme sur la Lune

Ffilm biographique américain, réalisé par Damien Chazelle, et produit entre autres par Steven Spielberg.

Pilote jugé « un peu distrait » par ses supérieurs en 1961, Neil Armstrong sera, le 21 juillet 1969, le premier homme à marcher sur la lune. Durant huit ans, il subit un entraînement de plus en plus difficile, assumant courageusement tous les risques d’un voyage vers l’inconnu total. Meurtri par des épreuves personnelles qui laissent des traces indélébiles, Armstrong tente d’être un mari aimant auprès d’une femme qui l’avait épousé en espérant une vie normale.

Après deux films à dominante jazzy, Damien Chazelle revient sur un épisode marquant de l’histoire américaine et par delà de l’histoire de l’humanité: avoir été les premiers à envoyer des hommes sur la Lune.

Le First man qui a laissé depuis son nom dans l’Histoire, c’est Neil Armstrong. En 1961, alors qu’il est pilote d’essai pour la NACA, personne n’aurait sans doute pensé qu’il deviendrait le premier homme à marcher sur la Lune. Après avoir fait explosé un prototype, il est mis à pied en quelque sorte, mis sur le banc de touche. Parallèlement, son bonheur familial s’ébranle: sa fille, Karen, meurt à l’âge de 3 ans.
Damien Chazelle, en se basant sur la biographie écrite par James R. Hansen en 2005 (First man: the life of Neil A. Armstrong), choisit de se focaliser sur cet événement tragique. L’angle est intéressant: montrer l’histoire pour parler de l’Histoire, Histoire que tout le monde connaît et qui est presque dépassée à présent que la Guerre froide n’est plus qu’un lointain souvenir. Il y a donc cet enjeu pour Chazelle de capter l’attention du spectateur qui a vu beaucoup de films se passant dans l’espace et qui connaît l’issue de l’histoire. Le focus sur Neil et ses tourments, son apparente froideur, son éloignement, son isolement vis-à-vis de ses proches, sa fuite finalement est quelque chose de nouveau dans le genre “films de l’espace”.
On voit très peu l’espace. On est avec Neil tout le temps, au plus près, de son oeil vide, de ses poils de barbe. Chazelle use peut-être trop des gros plans et des flash-backs. Mais qu’importe. Malgré les longueurs et la froideur de l’astronaute (rôle parfait pour Ryan Gosling), il parvient à nous refaire vivre l’Histoire en passant par le biais de l’intime et de ce deuil qui ne se fait pas. On a beau savoir comment ça doit finir - il n’y a au fond pas de suspens - on est quelque part happé par le destin de cet homme, marqué par le sceau de la mort (sa fille mais aussi ses nombreux collègues).
Quelques scènes sortent du lot: l’incipit et son explosion comme si on y était, le petit passage avec des manifestants anti conquête de l’espace qui se plaignent de leur condition alors que l’état donne beaucoup d’argent à la nasa, la scène d’au revoir avant le départ d’apollo 11 remarquable de froideur. Claire Foy, dans le rôle de l’épouse qui aurait rêvé d’une vie normale, est très bien, très différente de son rôle dans le Paranoïa de Soderbergh.

Delphine C.
Mon Ciné à moi.