Nouveauté : Love Hunters

LOVE HUNTERS, un film australien de Ben young, qui a fait sensation aux festivals de Venise (Prix d’Interprétation Féminine), Tribeca, Bruxelles (Prix de la Meilleure réalisation, Prix d’Interprétation Féminine), et Austin (SXSW) !  Avec Ashleigh Cummings, Emma Booth, Stephen Curry.

S’inspirant de vrais couples meurtriers, le encore jeune Ben Young signe un premier film à la fois captivant et malaisant, un vrai thriller comme on aimerait en voir plus souvent.

C’est vrai qu’en regardant Love hunters (”Hounds of love” dans sa version originale, qui signifie sensiblement la même chose, puisque le “hound” est le chien de chasse en anglais), on ne peut s’empêcher de penser à l’intérêt de ces femmes, complices mais à quel point? de meurtres sordides. C’est à la personnalité présumée de l’une d’entre elles que Ben Young décide de s’intéresser en focalisant finalement son film plus sur la femme et ses relations tour à tour à la victime et à son compagnon criminel.
Le film commence au ralenti, des jeunes lycéennes font du sport sur le terrain de sport de l’école. Nos chasseurs sont à l’affût. C’est la femme - comme bien souvent dans ce genre d’affaire - qui aborde la victime. Le petit manège se répète un soir. Vicki vient de se disputer avec sa mère à qui elle en veut d’avoir quitté son père. Elle sort en cachette de sa chambre pour se rendre à une soirée à laquelle on lui a formellement interdit d’aller.
Arrive ce qui doit arriver. Malgré ses premières réticences, la jeune fille rassurée par la présence de Evie et de sièges-auto enfant à l’arrière de la voiture se laisse embarquer chez le couple diabolique. Durant les trois quarts du film, nous allons vivre son calvaire de l’intérieur. Ben Young réussit ainsi là où M. Night Shyamalan échouait dans Split en faisant monter la tension progressivement et en réussissant à nous y maintenir tout au long du film.
La psychologie criminelle est tout aussi simpliste que plausible. Les crimes les plus affreux tiennent parfois à peu de choses. L’horreur naît tant du réalisme du film, de sa mise en scène qui suggère plus qu’elle ne montre et des trois acteurs tous impeccables dans leur rôle respectif (Emma Booth, Ashley Cummings et Stephen Curry). Si on ajoute à cela une bande originale au poil - avec pour climax “Atmosphere” de Joy Division - on peut dire qu’on n’est pas loin de la perfection.

D.C.