Le grand Dugrand s'en est allé

Montpellier, le 18 février, a rendu hommage à Raymond Dugrand, décédé dans cette ville à 92 ans. A juste titre, car celui qui fut adjoint à l'urbanisme après une carrière d'enseignant à l'université Paul Valéry a joué un rôle déterminant dans la constitution de Montpellier-métropole. Et l'homme, s'il ne fut pas sans défauts, avait un rayonnement exceptionnel.

Dugrand était né en 1925. Probablement dans un milieu modeste car il fut élève-maître à l'école normale de Châteauroux. En 1943 à 18 ans, il rejoint les maquis de FTP de la Haute Vienne. Et, en 1945, logiquement suivra l'adhésion au Parti communiste et les études de Géographie à l'Institut de Géographie de Paris. Il arrivera à Montpellier étiqueté "Ile de France", mais agrégé et enseignant-assistant à l'université. A Paris, il avait côtoyé les maîtres de la Géographie urbaine : P. Georges, J. Dresh.

Une prise de position

Et puis ce sera la thèse qui lui vaudra la notoriété : Villes et campagnes du Bas-Languedoc où il allie une exceptionnelle connaissance du milieu et de l'activité des hommes à un éclairage de l'histoire et de l'économie du Languedoc de son temps. Il pointe la lourde responsabilité de la bourgeoisie locale dans le mal-développement du Languedoc des années soixante. Comment une région, "colosse industriel" à l'orée du XIXème siècle, était-elle devenue dépendante d'une seule activité, la culture de la vigne ? Et R. Dugrand, documents à l'appui, montre comment, dès le Ier Empire, l'or issu des grands domaines enrichissait les propriétaires non résidents.

Le pédagogue

Et c'est autant qui ne s'investissait pas sur place. Pour lui, ce fut la notoriété et une démarche pédagogique hors du commun. S'il a rompu avec le PC en 1956 (Hongrie), il ne s'engage pas moins dans l'action anti colonialiste, participant à des réseaux d'hébergement de condamnés à mort. Marxiste sans doute, mais à l'écoute du milieu et des hommes. Ses étudiants d'abord, qu'il pouvait rebuter ou fasciner par sa forte présence, son savoir étendu. Certains quittèrent son cours de Géographie urbaine après qu'il eut déclaré que la quête de sources, de référence devait être permanente et que la Géographie pouvait trouver dans l'Histoire l'origine de certains faits actuels, révélés par les cartes.

Et quand il cita la thèse (!) de Leroy-Ladurie, Paysans du Languedoc, il y eut "quelques remous" dans le public. 

 S'il jouait parfois au "mandarin" (il fallait avoir lu sa thèse, impérativement), il avait le sens de la pédagogie, était proche, accessible. Et puis, après 1977, pendant 25 ans, Dugrand sera le grand inspirateur de la politique urbaine de Georges Frêche. Leur plus belle réussite : le quartier d'Antigone, monumental, dû à l'architecte catalan Bofill, "vert et méditerranéen" avec ses vastes avenues ombragées de platanes et socialiste grâce à une mixité sociale réussie. Et il y aura les autres quartiers avec leur école, crèche, mairie annexe, maison pour tous.

Le géographe, l'enseignant, l'urbaniste font penser au proverbe : "le temps rehausse tout ce qui est grand…" Raymond Dugrand s'en est allé.

Roselyne LB

Gaston Baissette

Gaston Baissette (1901-1977) était un médecin renommé et un grand écrivain, auteur sur notre région de L’Etang de l’or, Ces grappes de ma vigne ou encore du Soleil de Maguelone.

L'enfant du pays polygraphe

Du fait de son attachement particulier à la ville de Montpellier, ses archives personnelles ont d'abord été léguées en 1983 à la médiathèque municipale de Montpellier, avant d'être déposées à la médiathèque centrale Emile Zola en 2012.


C’est un homme aux multiples facettes  : le poète, ami des Surréalistes, l’homme des revues, le grand médecin, l’homme engagé dans la Résistance, le pacifiste, le fin connaisseur de Denis Diderot qui aimait plus que tout sa région, les étangs de Mauguio, rejoignant volontiers sa famille à Fabrègues et à Montaud.

 

Gaston Baissette

Né à Albi en 1901, Gaston Baissette passe toutes ses vacances à Fabrègues et à Montaud dans la maison familiale. Son père est issu d'une famille de viticulteurs du village de Fabrègues et sa mère descend d'une lignée de viticulteurs de Mauguio. Jusqu'à la fin de sa vie, il témoigne d'ailleurs de son attachement pour la commune de Montaud.

La période du devoir

À partir de 1912, il suit ses études secondaires d'abord au Lycée d'Albi, puis au Lycée de Toulouse. En juillet 1915, après la mort de son père, il abandonne le droit pour se diriger à la Faculté de médecine.

Le scientifique

En 1932, Gaston Baissette est nommé médecin phyisiologue des dispensaires d'hygiène sociale de l'Eure. En 1937, il devient inspecteur départemental d'hygiène, spécialisé dans la lutte contre la tuberculose. Cette même année, il est l'auteur des chapitres consacrés à La Médecine grecque dans l'Histoire générale de la médecine dirigée par le professeur Maxime Laignel-Lavastine. Suite à son courageux engagement dans La Résistance en tant que médecin et écrivain, il est nommé, en novembre 1944, au Cabinet du ministre de la santé publique, chargé de la lutte contre la tuberculose. En janvier 1946, il occupe les fonctions de médecin-chef du Service d'hygiène sociale du Département de la Seine.

Auteur sur des sujets multiples

Dès 1923 et jusqu'en  1974, il écrit des poèmes, des romans dès 1926. En 1977, il fait paraître un second livre de vulgarisation intitulé Aux Confins de la Médecine, avec une très belle préface de Bernard Clavel et il étudie L'Évolution des idées médicales depuis la Préhistoire et s'éteint la même année le 5 novembre à Quissac dans le Gard.

 

 

Juliette Gréco

Juliette Gréco, née le 7 février 1927 à Montpellier, est une chanteuse et actrice française d'un père d'origine corse, Gérard Gréco, commissaire de la police des jeux, et d'une mère bordelaise, Juliette Lafeychine.

Adrien Puech

ADRIEN PUECH : « architecte », conseiller d’art, peintre, penseur et chercheur indépendant et libre d’esprit, apôtre de la prolongation de la vie, écologiste actif, né et mort à Montpellier (1915-1993).
(Extrait du Dictionnaire de biographie héraultaise, édition Pierre Clerc, Montpellier 2001, p.1180).

Il montre vers l’âge de 10 ans un don  pour le dessin épuré  d’une étonnante élégance. Elève de Gallix à l’Ecole des Beaux Arts de Montpellier, il obtient le prix Bonnet Capmarty d’architecture, puis entre chez Carlier, l’architecte. Il approfondit ses connaissances par une démarche personnelle, négligeant la poursuite du diplôme D.P.L.G.,  pour rencontrer de nombreux  architectes comme Auguste Perret, Beaudouin, ou  Charles Jeanneret (Le Corbusier) qui lui dit  :» Avec ton  dessin  tu ne manqueras jamais de travail », il lui propose une place dans son atelier. Mais Mme Jean De Richemond, épouse à Montpellier de l’architecte des Monuments Historiques atteint subitement d’une maladie invalidante, vient frapper à sa porte, ses enfants en bas âge à la main.   Par compassion  (écrira plus tard Puech ) il accepte de venir en aide à l’architecte  auprès duquel il est le véritable chef d’agence, à la tête de sept dessinateurs. 

Institut de Biologie de Montpellier

Chez cet architecte, il conçoit -en relation avec les recteurs- les  plans pour la construction de l’Institut de Biologie de Montpellier,  pour lequel Adrien Puech recevra lors de l’inauguration les félicitations d’André Marie, ancien Président du Conseil. S’en suivront, l’extension de la Faculté de Médecine, de Pharmacie, l’Institut de Botanique, l’immeuble EDF (bld Frédéric Miustal) la caserne des Gardes Mobiles, et des immeubles d’habitation où il développe ses idées humanistes sur l’urbanisme social moderne  : « L’architecture fait les mœurs, les mœurs font la politique,  des gens heureux ou malheureux » écrit-il.

Saint Roch

Saint Roch (Sant Ròc en occitan) né à Montpellier, vers 1340 est le patron des pèlerins et de nombreuses confréries ou corporations : chirurgiens, dermatologues, apothicaires, paveurs de rues, fourreurs, pelletiers, fripiers, cardeurs, et aussi le protecteur des animaux (SPA, refuges pour animaux). Son culte, très populaire, s'est répandu dans le monde entier.
Chaque année, à la mi-août, notre cité accueille des pèlerins venus du monde entier pour célébrer St Roch : ce sont les fêtes de St Roch.
La maison natale de saint Roch est située au 19 bis rue de la Loge (autrefois, rue Dorée, daurada au Moyen Age, du fait de la présence des argentiers et orfèvres).

 

De la maison natale de Saint Roch subsiste le puits



le pélerin dans l' église St Roch

Frédéric Bazille

Frédéric Bazille  est né en1841 à Montpellier dans une famille de la bourgeoisie protestante. Sa famille l'incite à faire des études de médecine mais le jeune Bazille est plus attiré par les arts. Dès 1859, il suit des cours de dessin et de peinture dans l'atelier du sculpteur Baussan et délaisse ses études de médecine.

En 1862, il monte à Paris où il s'inscrit à l'atelier du peintre Charles Gleyre sous les conseils de son cousin peintre Eugène Castelnau. Dès lors il sera peintre. Dans cet atelier il rencontre Claude Monet puis Auguste Renoir. Très vite, un groupe se forme qui intègre Edgar Degas, Alfred Sisley, Édouard Manet, Berthe Morisot, Paul Cézanne, Camille Pissarro, Émile Zola, Paul Verlaine... 
À partir de 1866, il est présent au Salon de peinture de Paris, sans grand succès. Sa palette s'éclaircit et se colore. 

En août 1870, il rejoint l'armée et participe à la guerre franco-prussienne dans un régiment de zouaves. Il est tué, à 29 ans, au cours de l'attaque de Beaune la Rolande dans le Loiret.

La première exposition des Impressionnistes, où plusieurs de ses toiles seront exposées, aura lieu en 1874, quatre ans après sa mort.

Le musée du Louvre possède plusieurs de ses œuvres, mais la majorité est visible au musée Fabre de Montpellier. 

Paul Dardé, sculpteur socialo-libertaire

Paul Dardé Paul Dardé, né en 1888 à Olmet (Hérault) et mort à Lodève (Hérault) en décembre 1963, est un des artistes français dont certaines oeuvres se retrouvent au musée d'Orsay dans quelques autres grands musées prestigieux en France et à l'étranger. Homme au tempérament trempé, Paul Dardé reste largement méconnu et quand on le ressort de l'ombre c'est pour occulter le combattant qu'il était et lui fabriquer l'image nette d'un artiste entouré de beaux esprits. Christian Puech, son biographe rétablit la vérité sur ce sculpteur-dessinateur de l’âme humaine.

Paul Dardé : trop grand, trop vrai, pour être redécouvert avant mille ans 
par Christian Puech.

A quoi sert aujourd’hui un Artiste en politique ? Surtout à attirer des touristes avec ses œuvres. Mais, quand les engagements et messages humanistes qu’elles sous-tendent, dépassent ou contrarient les pouvoirs en place, les écrits de l’artiste ou ceux de son biographe sont souvent censurés.

La redécouverte espérée, n’est plus alors que l’enterrement d’une œuvre dans un musée. Aujourd’hui encore à Lodève, les hommages à Dardé éludent l’engagement politique de l’artiste, et se cantonnent dans le détail, comme un : « Colloque sur les dessins préparatoires au faune ». Il n’y a pas de justice sans vérité, et encore moins d’évolution de la conscience et de la dignité des peuples.

Le 29 décembre 1963, Paul Dardé s’éteignait à Lodève dans la misère et l’oubli injustes. En 1920 la presse voyait en lui : « Le nouveau Michel-Ange, successeur de Rodin ».Ce sculpteur socialo libertaire était devenu célèbre à Paris avec son malicieux « Vieux Faune » duquel il disait aux journalistes: « Il ricane et son rire est méprisant pour les hommes… » de pouvoir et d’argent médiocres. Visionnaire. Alors que la fortune lui tendait les bras, il était revenu s’installer près de Lodève, pour aider la population exploitée contrainte de se taire, à s’informer, et à prendre en mains son destin. Mais dans ce pays encore timoré par l’Inquisition, la critique était dangereuse ; on ne se fiait à personne, on ne bougeait pas. Après 1789 de « nouvelles féodalités »(1) avaient été réintroduites par cumul des mandats. Et les banquiers avaient repris la main.

Pour cet engagement, Dardé fut persécuté pour délit d’opinion par quelques notables radicaux et médiocres qui contrôlaient tout, et surtout la liberté d’expression, d’opinion. Ils reprochaient à l’artiste autodidacte -dont ils jalousaient les projets pour la ville ruinée- son indépendance et sa liberté d’expression critique par l’art, le verbe et la plume. Ces persécutions inspirèrent à Dardé un Christ aux Outrages (3 m.) symbole du calvaire d’une partie de la population soumise. Ainsi, la poursuite de son œuvre de sculpture monumentale fut brisée en 1926 par sa mise en faillite. Ses courriers sollicitant le soutien financier de ses débiteurs et amis parisiens avaient été détournés à la poste de Lodève pour l’empêcher de rembourser ses créanciers, écrira l’artiste. Une I.V.G. : Interruption Volontaire de Génie. Pour survivre, le paria s’exila plus de vingt ans sur le Larzac, terre de vérité. Cela, non sans avoir au préalable édité et publié en 1932 un journal avec ses « Lettres Ouvertes aux conseillers municipaux » encore taboues : » J’ai fait face à des manœuvres criminelles…J’estime que j’ai un grand devoir (envers ceux) qui n’ont pas pu se défendre et ont du succomber dans des cas pareils… ». (Mon livre p.139 à 146 ). Dardé vendait son journal dans la rue, le quotidien régional faisant surtout la politique des notables.

En 1964, lors d’une exposition posthume, un notable qui avait eu demi- siècle pour rendre justice à Dardé, s’adressant aux « amis » du sculpteur, demanda théâtralement « Pardon à Dardé !…Nous n’avons pas su faire notre devoir à l’égard de cet artiste. Pendant que nous, les petits les nains, allions à nos activités mesquines…Il faut…Il faut…Il faut… ».( P.219).Quand vanité et orgueil, dépassent la capacité à faire, l’homme en arrive là ! Et, souvent plus bas. Nous allons le voir. La mythologie était bavarde à ce sujet. Ce décalage avec l’envergure de l’artiste rendait impossible la redécouverte véridique de Dardé à partir du Languedoc. D’ailleurs, une chape de plomb politico-médiatique locale (encore d’actualité) tomba sur les écrits de Dardé, voués à passer à la trappe de l’histoire du Languedoc et de l’Art français. Après avoir ferraillé quatre ans avec le sous-préfet et la mairie, le 1er août 1967 le conseil municipal de Lodève refusait à la veuve désargentée la modeste rente dont elle rêvait « pour lui permettre de vivre décemment… » (P.V. d’huissier). Mme Dardé refusait d’enterrer plus du tiers de l’œuvre dans une ville où l’artiste persécuté n’avait jamais voulu effectuer le moindre legs. Pourtant, manipulée, elle y sera amenée pour diverses raisons, contre une rente de 700 francs par mois environ (110 euros) ; nécessité économique oblige.

Mon arrière grand-père, puis mon père Adrien Puech, ayant bien connu l’artiste maudit, (p.200) sa veuve sans enfant m’a confié en 1968 la dangereuse mission d’écrire la biographie véridique de Dardé, et, je cite : « …de m’engager par acte notarié à m’aider à protéger et diffuser l’œuvre de feu mon mari Paul Dardé sculpteur, sachant par avance les difficultés qu’il rencontrera… car toute la vie mon mari et moi nous avons été persécutés par une grande partie de la société qui a voulu nous faire périr( physiquement) ce qui est hélas trop souvent le sort des artistes ».(p.254). Dès lors, les mobiles politiques d’une affaire aussi grave, ayant valeur universelle, ne pouvaient être tus. Et il en fallait du courage intellectuel et du cœur envers la veuve abandonnée de tous, pour se lancer dans pareille aventure. Dans l’élan de ma jeunesse, j’ai donc signé en 1968 le contrat que Mme Dardé « avait composé et écrit en toute conscience et lucidité » -dix neuf ans avant sa mort- devant un huissier qui a établi un P.V., puis un notaire.
En 1968, le souci de vérité et de redécouverte de l’artiste, pour la veuve désargentée défiait des « féodalités » en place, ravivait des remords, égratignait des vanités et prétentions littéraires régionales. La convention signée contrariait aussi de jaloux appétits et emprunts d’œuvres (que Mme Dardé m’avait chargées de récupérer par mandat le 25 octobre 1968,mon livre p.254), ainsi qu’un projet fumeux d’un musée dans sa propriété du Larzac vendue pour 5000 francs (750 euros) ! Pour les manipulateurs de la veuve, j’étais devenu le biographe à abattre. Mais après les persécutions subies par Dardé, la Justice était là en 1969 ! Ce combat inégal et périlleux que j’ai gagné m’honore comme une légion d’honneur méritée sur un champ de bataille. Témoigner sans mise en cause personnelle, ni haine, de ce qui se passe réellement, c’est représenter, défendre la société.

Malgré ces « féodalités » sectaires, après plus de vingt ans de recherches et travail, j’ai publié en 1992 l’importante biographie commandée. Elle rétablit le lien tabou mais indissociable, entre les écrits politiques de Dardé et ses œuvres. Ce livre fait aussi découvrir le sculpteur Dardé comme un merveilleux dessinateur. Il reste le seul ouvrage à reproduire les Lettres Ouvertes de Dardé dont personne n’avait osé parler avant moi depuis 1932. Il est un individualisme qui construit, donne une dignité à la personne. Mais dans l’histoire des hommes, tous ceux qui ont révélé des vérités ont été calomniés. Je n’y échappais pas. Une procédure judiciaire fut entreprise pour faire censurer le contenu de mon livre -qui fut validé en 1994- pendant qu’une version « officielle » de la vie de Dardé était subitement publiée « Avec le concours de la Mairie de Lodève ». Cette version coupe le lien politique avec les œuvres de Dardé, et conclut après un exercice d’érudition que l’artiste aurait dit : « avant de mourir à un de ses amis : J’ai eu la vie que je voulais… » ! Et pendant que cette version « officielle » était mise en vente au musée, mon livre y était interdit. D’ailleurs, il reste encore introuvable vingt et un ans après sa publication dans la bibliothèque de cette sous-préfecture, où se trouvent pourtant les versions locales sur l’artiste. (Ce pays ne fait plus démocratie et pourtant la municipalité a changé en 2008). La vie engagée de Dardé s’en trouve réduite à la dimension de celle d’un artiste local dont l’œuvre serait dénuée de sens.

Ce type de récupération d’un artiste pour attirer quelques touristes est sans avenir. Mon livre et mes interventions auprès des pouvoirs publics, du Ministère, et pour aider la mairie, ont cependant été l’aiguillon jalousé de tout ce qui a été fait pour Dardé. En 2011, j’ai même proposé à l’Agglo le prêt au musée Fabre de quelques œuvres de Dardé. Je n’ai jamais reçu de réponse. Dans pareil contexte Paul Dardé ne peut pas être redécouvert à partir de Lodève, ni même à partir de la France. Mais il y a des précédents avec Van Gogh, Gauguin, Cézanne, redécouvert à partir de l’étranger. Si aujourd’hui la biodiversité en danger est un sujet d’actualité, la « discrimination » politique qui frappe ceux qui s’affranchissent- pour faire progresser les consciences- du discours convenu faussement majoritaire, est un sujet tabou en France. La diversité intellectuelle est pourtant une richesse, un patrimoine. Je constate cependant avec joie que la résistance aux « féodalités » progresse en Languedoc, entre autres pour certains lecteurs de mon livre. Le combat contre la manipulation massive et sophistiquée des consciences, est le plus grand défi lancé aux hommes du troisième millénaire.

 Christian Puech

Pour en savoir plus : « Paul Dardé sculpteur-dessinateur de l’âme humaine », 
ISBN : 2-9504899-1-5. 
Ouvrage 32 x 24 cm, 
couverture cartonnée, dos carré cousu, 248 pages, 
plus de 500 reproductions en noir et couleur. 
Diffusion : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et 06.03.38.16.98

" Après la publication dans mon livre des écrits tabous de l’artiste maudit à Lodève (p.139 à 145) vouloir accréditer la thèse d’un Dardé entouré de notables, mécènes, érudits et poètes : « Florence sous les Médicis », prête à sourire. Quoiqu’on ne puisse plus douter de rien. C’est d’ailleurs plus à la fabrication de cette image valorisante, qu’à la redécouverte de Dardé qu’on s’est intéressé depuis la mort de l’artiste à Lodève." - Christian Puech

 

Gaston Baissette médecin et écrivain

Fonds Gaston Baissette

Gaston Baissette (1901-1977) était un médecin renommé et un grand écrivain, auteur sur notre région de L’Etang de l’or, Ces grappes de ma vigne ou encore du Soleil de Maguelone.

L'enfant du pays polygraphe

Du fait de son attachement particulier à la ville de Montpellier, ses archives personnelles ont d'abord été léguées en 1983 à la médiathèque municipale de Montpellier, avant d'être déposées à la médiathèque centrale Emile Zola en 2012.


Au travers d'une exposition réunissant 160 lettres personnelles,  manuscrits,  photographies, livres et journaux, dont plusieurs pièces inédites, la bibliothèque a permis au public de découvrir davantage la vie de cet homme aux multiples facettes et son oeuvre.

 

Gaston Baissette

Né à Albi en 1901, Gaston Baissette passe toutes ses vacances à Fabrègues et à Montaud dans la maison familiale. Son père est issu d'une famille de viticulteurs du village de Fabrègues et sa mère descend d'une lignée de viticulteurs de Mauguio. Jusqu'à la fin de sa vie, il témoigne d'ailleurs de son attachement pour la commune de Montaud.

La période du devoir

À partir de 1912, il suit ses études secondaires d'abord au Lycée d'Albi, puis au Lycée de Toulouse. En juillet 1915, après la mort de son père, il abandonne le droit pour se diriger à la Faculté de médecine.

En 1932, Gaston Baissette est nommé médecin phyisiologue des dispensaires d'hygiène sociale de l'Eure. En 1937, il devient inspecteur départemental d'hygiène, spécialisé dans la lutte contre la tuberculose. Cette même année, il est l'auteur des chapitres consacrés à La Médecine grecque dans l'Histoire générale de la médecine dirigée par le professeur Maxime Laignel-Lavastine. Suite à son courageux engagement dans La Résistance en tant que médecin et écrivain, il est nommé, en novembre 1944, au Cabinet du ministre de la santé publique, chargé de la lutte contre la tuberculose. En janvier 1946, il occupe les fonctions de médecin-chef du Service d'hygiène sociale du Département de la Seine.

Auteur sur des sujets multiples

Dès 1923 et jusqu'en  1974, il écrit des poèmes, des romans dès 1926. En 1977, il fait paraître un second livre de vulgarisation intitulé Aux Confins de la Médecine, avec une très belle préface de Bernard Clavel et il étudie L'Évolution des idées médicales depuis la Préhistoire et s'éteint la même année le 5 novembre à Quissac dans le Gard.