Jeanne Galzy : une auteure montpelliéraine en avance sur son temps

Il y a 90 ans, Jeanne Galzy, romancière et biographe, décrochait le prix Fémina. Mais qui est donc cette Montpelliéraine, née Louise Jeanne Baraduc et issue d'une famille protestante aisée, qui demeurait dans la splendide Villa Beauséjour, rue Guillaume de Nogaret, entre Arceaux et Figuerolles ?


Jeanne Galzy (1883 - 1977)

Fille d'un mercier installé dans la Grand-Rue, Jeanne Galzy bouscule son époque à plus d'un titre. Tout d’abord, parce qu’elle est l’une des premières à oser faire ce que les filles de l’époque ne faisaient pas, à commencer par des études supérieures. Quelques années plus tard, lorsque Jeanne Galzy quitte l'école normale supérieure avec une agrégation de lettres classiques, elle décide alors de se tourner vers l’enseignement. 
Frappée par une tuberculose osseuse, l’enseignante est contrainte de stopper ses activités et se retrouve déplacée à Berck pour un long séjour de soins. Malgré la dégradation de sa maladie, et sa rechute, Louis Jeanne Galzy, de son vrai nom, ne cessa jamais d’écrire. Son ouvrage Les Allongésqui évoque les souffrances de sa maladie, reçoit même le prix Femina en 1923.

L’amour lesbien sans tabou

Son état de santé ne lui permettant pas de regagner ses fonctions de professeurs, Jeanne Galzy poursuit alors sa carrière d’écrivaine. Avec son ouvragel'initiatrice aux mains vides, publié aux éditions Rieder, Jeanne Galzy est considérée comme la première de son temps à écrire sur l’amour lesbien. Cet ouvrage n'évoque jamais le sexe mais le trouble est permanent tout comme l'attirance pour une autre. 

Membre du jury du Prix Femina

Jeanne Galzy devint membre du jury du Prix Femina en 1964, et le resta jusqu'en 1977. En 1969, elle commença une tétralogie située dans le milieu protestant au début du xxe siècle, La Surprise de vivre . On y retrouve sur plusieurs générations le désir lesbien en butte à la morale bourgeoise, spécialement dans la société protestante du Midi.
Elle est inhumée au cimetière protestant de Montpellier le 7 Mai 1977, à l'âge de 94 ans.

De Montpellier à Louisville : le parcours de la statue de Louis XVI

En 1815, lors du rétablissement de la Restauration, la ville de Montpellier marque son attachement au nouveau régime. Elle envisage alors, d'ériger sur la place du Marché aux Fleurs, ancienne place des Capucins, une importante statue représentant le monarque martyr de la Révolution, Louis XVI.

14 550 francs

La première pierre du piédestal de la statue de Louis XVI fut posée le 11 novembre 1819. Il coûta la bagatelle de 14550 francs. Mais dix ans seront nécessaires pour que cette statue soit définitivement livrée et enfin posée sur son socle. Son inauguration, était prévue le 19 août 1829 en présence du sculpteur et de la duchesse d'Angoulême, la fille du modèle. Mais celle-ci ne put à nouveau venir à Montpellier et c'est aux cris de "Vive le Roi", que le public montpelliérain accueillit en nombre leur ancien roi.
Peu de temps après, cette statue fut rapidement victime des changements de pouvoir, et l'installation de Louis Philippe après les Trois Glorieuses fut pour la mémoire de Louis XVI une nouvelle tragédie... Son souvenir devait disparaître de l'espace public. La statue devint l'objet de querelles entre les divers camps royalistes et dès 1831, le 19 juillet, après seulement 23 mois, elle fut déposée et entreposée dans une casemate de la citadelle où elle demeura près d'une soixantaine d’années.

Le don à Louisville

En 1900, la sculpture de Louis XVI fut transférée au musée des Moulages de la faculté des Lettres, et en 1913, abandonnée dans les dépôts des archives départementales. Elle aurait pu aujourd'hui retrouver sa place et devenir un des éléments majeurs du patrimoine de Montpellier, si François Delmas, ancien maire de Montpellier, prédécesseur de Georges Frêche, n'avait souhaité la donner à Louisville, ville jumelée à Montpellier en 1966. Louis XVI traversa l'Atlantique et trouva asile dans cette ville, dans le Kentucky, et reçut les honneurs de la "sister city" de Montpellier le 12 juillet 1967, en présence des deux maires et de l'ambassadeur de France aux USA...
Le piédestal demeura orphelin de tout groupe jusqu’en 1885, année où l’on décidant de le céder au plus offrant. Cette cession rapporta tout de même cent francs alors que son aménagement avait coûté quelques quatorze mille cinq cent cinquante francs en 1827.

Aujourd'hui les statues de Louis XVI sont très rares en France - on n'en compte que trois - et cette disparition est largement regrettée à Montpellier. 

 

Pierre-Jean David

Le sculpteur, auteur de la statue de Louis XVI, fils de menuisier ébéniste, est né à Angers en 1788. Il décèdera à Paris en 1856. Il quitte sa ville natale en 1807 pour Paris où il fut élève du sculpteur Roland puis du peintre David qui l'avait remarqué. Il obtint le Grand Prix de sculpture à l'école des Beaux-arts. L'obtention du Grand Prix lui permit de séjourner à Rome pendant 4 ans de 1812 à 1816. Très vite, les commandes du pouvoir royal affluent dont celle de la statue du Grand Condé qui figure dans la cour d'honneur de Versailles. Sa grande œuvre sera la réalisation en 1830 du fronton du Panthéon, bas-relief qui met à l'honneur les artistes et les philosophes, les écrivains et les grands savants "Aux grands hommes, la patrie reconnaissante". Aujourd'hui, Montpellier peut compter sur quelques bustes installés place de la Révolution française, tels que ceux de Saint-Just, Georges Couthon, Joseph Lakanal, tous trois hommes politiques et celui du poète français André Chénier, de celui qui avait signé en accolant à son patronyme d'Angers, dès 1840, « David d'Angers ».

 

Montpellier sous la libération

Les archives municipales de la ville de Montpellier viennent de faire l’acquisition exceptionnelle de 23 photographies et cartes postales du général Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), commandant de la Première armée française (1944-1945). Cet ensemble de photographies est issu du Service cinématographique de l’Armée. Il s’agit de portraits officiels ou de scènes prises sur le terrain des opérations. L’ensemble a été acquis pour 1000 euros auprès d’un couple de collectionneurs-historiens de la région montpelliéraine.

Un témoignage historique de Montpellier

C’est un couple de collectionneurs-historiens qui est tombé sur le gros lot pour la somme de 100 euros. Tous les visuels sont relatifs à la période 1944-1945 et à la libération de la France. Ils présentent par conséquent un intérêt historique et patrimonial de premier ordre. Plusieurs concernent le débarquement de Provence, dont un où le général est accompagné de son jeune fils Bernard de Lattre, engagé volontaire. L’épisode de la poche de Colmar à l’hiver 1945 est également bien représenté. Il y a notamment le général de Lattre de Tassigny qui donne ses instructions aux généraux américains placés sous son commandement, ainsi qu’une photo de la cérémonie où le général de Gaulle remet la grand-croix de la Légion d’honneur à de Lattre. Le lot comprend en outre et surtout, une photographie au format carte-postale du défilé de l’Armée française de Libération commandée par de Lattre dans les rues de Montpellier le 2 septembre 1944. On y voit les chars du 2e RD descendre la place de la Comédie vers le boulevard Victor-Hugo, sous le regard des Montpelliérains, avec le théâtre en arrière-plan pavoisé aux couleurs des alliés et de la France libre.

Jean de Lattre de Tassigny

Le parcours du général de Lattre de Tassigny France est lié de près à la commune de Montpellier. En janvier 1942, il est nommé commandant de la 16e division militaire à Montpellier. Il demeure dix mois au QG (hôtel Montcalm), jusqu’à son entrée en résistance en novembre 1942. Les Allemands envahissent en effet la « zone libre » le 11 novembre, et le général refuse de se soumettre et de livrer la ville à l’ennemi. Il quitte son poste de commandement pour rallier l’Afrique du Nord libérée. Arrêté par Vichy, emprisonné à Toulouse puis à Riom, il parvient néanmoins à s’évader en septembre 1943. Il rejoint alors la France libre à Londres. Le général de Gaulle lui confie le commandement d’une armée, l’armée B, qui devient plus tard la Première armée française de libération qui s’illustre le 15 août 1944 par le débarquement en Provence. La Première armée fait son entrée dans Montpellier le 2 septembre 1944. Le général de Lattre de Tassigny est accueilli en héros par les habitants. En effet, « c’est à Montpellier que le général de Lattre de Tassigny leva l’étendard de la révolte, faisant écho aux espoirs de tous ceux qui dans l’Armée et le pays n’acceptaient pas le joug de l’étranger » (citation extraite de l’ouvrage Montpellier, 2 septembre 1944, Au général de Lattre de Tassigny). Il continue ensuite la campagne de Libération de la France vers le nord jusqu’en Alsace, puis passe le Rhin le 31 mars 1945 et poursuit son avancée en Allemagne et en Autriche. Il représente la France à Berlin le 8 mai 1945, lors de la signature de la capitulation par l’Allemagne.

Kiosque Bosc labellisé

La richesse architecturale de la ville de Montpellier a été valorisée une fois encore par le Ministère de la Culture. C'est ainsi que le kiosque Bosc a été labellisé "Patrimoine du XXe siècle", pièce maîtresse de l'Esplanade Charles de Gaulle, le 22 juin 2016. Conçu par l'architecte de la ville Marcel Bernard à la demande du Montpelliérain Auguste Bosc, compositeur prolifique et chef d'orchestre pendant la Belle époque, le kiosque Bosc fut le 1er édifice en béton armé de Montpellier. Depuis 1927, avec ses colonnes doriques et ses dauphins décoratifs dissimulés sous la végétation, cet espace emblématique de la ville, lieu de rencontres et de musique trône en plein cœur de ville non loin des aires de jeux qui attirent les enfants.

 

Montpellier, une ville chargée d'histoire

Montpellier et son histoire - source : villedemontpellier

Les origines

Les fouilles réalisées par les archéologue rue de la Fontaine-du-Pila à l'occasion de la construction de la ligne 2 du tramway ont montré que des chasseurs avaient installés leur campement au bord du Verdanson environ dix mille ans avant notre ère.

La région de Montpellier, comme tout le rivage de la Méditerranée entre Alpes et Pyrénées, est une très ancienne terre de peuplement et de passage. Sur le vieux fond préhistorique, Phéniciens, Grecs, Ibères, Ligures et Celtes ont laissé une empreinte plus ou moins importante. Rome sera le dernier creuset de ces influences multiples. Dès 123 avant notre ère, le Languedoc devient colonie romaine. Acteur majeur de la conquête, le consul Domitius marque le pays en créant la route qui porte son nom, la Voie Domitienne. Jusqu'à nos jours, c’est toujours cet axe est-ouest unissant l’Italie à l’Espagne qui structure les échanges et la vie de la région.

Montpellier voit le jour en 985, au sud de ce vieil itinéraire et au nord de la Route du Sel. Une situation stratégique puisque la future ville s’installe sur le Cami roumieu ou Chemin romain qui passe entre les deux routes. Le comte de Melgueil (Mauguio) donne à Guilhem, un seigneur installé dans la moyenne vallée de l’Hérault face au vicomte de Béziers, un manse (domaine agricole) sur le Mons Pestelarium. Le texte de donation nous fait même connaître le nom du serf qui l’exploite : Amalbert. En revanche, l’étymologie du lieu reste mystérieuse. Nombre d'hypothèses ont été avancées - y compris un poétique, mais improbable Mont des jeunes filles -. Montpellier, sur ce point, garde son mystère, même si l’hypothèse la plus sérieuse évoque la position stratégique de la colline : le mont du verrou. Le développement du domaine va de pair avec celui de la maison des Guilhem. Dès la première partie du XIe siècle, cette dernière devient plus puissante que celle des comtes de Melgueil. Des alliances flatteuses illustrent cette montée en puissance du Seigneur de Montpellier : Guilhem VII épouse en 1156 une descendante d’Hugues Capet, Mathilde de Bourgogne et Guilhem VIII, en 1174, se marie avec Eudoxie, nièce de l’Empereur de Byzance.

Née à l’orée de l’an Mil

Montpellier aborde le troisième millénaire, riche de dix siècles d’une histoire parfois tumultueuse, quelquefois dramatique, souvent brillante et toujours peu commune. Dans la plaine languedocienne, dont elle occupe le centre, Montpellier fait figure d’exception : c’est la seule grande ville dont les origines ne remontent pas à l’Antiquité. De cette situation singulière, elle conservera le dynamisme des plus jeunes. Alors que les vieilles cités, vestiges de l’Empire romain, ne cessent de décliner, elle connaît au Moyen-Age un développement d’une rapidité surprenante. De simple domaine agricole, elle devient en quelques siècles une capitale économique et culturelle de tout premier plan. En dépit d’éclipses passagères, Montpellier a su maintenir et développer son rôle de capitale du Bas-Languedoc. A cet égard, le XVIIIe siècle fut aussi pour elle une période faste. La belle Méditerranéenne a donc beaucoup reçu en héritage. Des suzerainetés multiples et parfois lointaines y ont acclimaté le goût de la liberté. Les visiteurs de tous horizons en ont fait une terre de tolérance. Ses savants lui ont donné le respect de la culture et du savoir. Plus récemment, l’afflux de nouvelles populations, sa situation géographique privilégiée et son fort potentiel de matière grise lui ont offert un nouvel élan. Et permis de se forger une image fidèle à la réalité de ville jeune et entreprenante.
Cette nouvelle croissance semble, par sa rapidité, tendre la main à travers le temps aux époques les plus dynamiques de l’histoire de Montpellier.

Prospérité et rayonnement

La dynastie des Guilhem, du premier au neuvième du nom, correspond à une longue période de paix pour la ville. Ces conditions favorables lui permettent de se développer de manière spectaculaire. Au XIIIe siècle, la bourgade de l’époque carolingienne est devenue une ville universitaire et marchande importante. Avec Salerne, en Italie, son école de médecine est la plus célèbre d’Occident. En 1289, une bulle du Pape Nicolas IV établit un Studium Generalis (enseignement du droit, civil et canonique, de la médecine et des arts), conférant à l’université de Montpellier un statut égal aux plus grandes, telles Bologne ou Paris. Les étudiants y viennent de loin pour écouter des maîtres réputés dans une cité ouverte aux influences des savants arabes ou juifs. Par le Cami Roumieu, les pèlerins en marche vers Compostelle y affluent aussi. L’activité va bon train et les productions transitent par Lattes, le port de la ville, qui commerce avec l’Orient, où elle a plusieurs comptoirs. De nouveaux remparts réunissent le bourg seigneurial de Montpellier à la cité épiscopale de Montpelliéret. La démographie explose. Avec 35 000 à 40 000 habitants, Montpellier, est une grande cité, la seconde du royaume de France après Paris (80 000 habitants). Le dernier Seigneur autochtone de Montpellier est … une femme, Marie, qui par son mariage avec Pierre d’Aragon, en 1204, rattache la ville au royaume espagnol. La cité est alors une quasi-république avec ses consuls et une Charte des coutumes et libertés. La vente de la Seigneurie à Philippe de Valois, au milieu du XIVe siècle marque le retour dans le giron de la couronne de France, mais aussi le début d’un long déclin. Si vers 1440, la ville connaît un sursaut grâce à Jacques Cœur, le grand argentier du roi Charles VII, elle ne retrouvera sa prospérité, des siècles plus tard, qu’en devenant la capitale administrative du Bas-Languedoc.

Un nouvel élan

Au XVIe siècle, les guerres de religion secouent la ville comme le reste du pays. Seule l’intervention des troupes de Louis XIII mettra fin aux troubles. Pour calmer les ardeurs d’une ville réputée turbulente, le pouvoir royal va ériger une imposante forteresse : la citadelle de l’actuel lycée Joffre. Grâce à Richelieu, puis à Louis XIV, la ville est d’ailleurs une pièce maîtresse de l’administration royale dans le Midi. Elle devient la capitale de ce que l’on nomme alors le Bas-Languedoc. Siège d’une Intendance et de diverses institutions (Cour des comptes, Académie royale des sciences, etc.), la ville connaît à nouveau une période faste. « Un magasin de belles demeures » en dira à cette époque Mme de Staël. Les hôtels particuliers y abondent (hôtels de Montcalm, Jacques-Cœur, de Varennes, de Manse, etc.). Si la ville s’embellit avec, notamment, au XVIIIe siècle, la promenade du Peyrou et l’Arc de Triomphe, les alentours voient la construction de nombreuses et superbes «folies », demeures cossues inspirées des villas vénitiennes qui témoignent de la richesse et du goût des Montpelliérains aisés. Le XIXe siècle sera celui de la vigne. En devenant une monoculture à gros rendement, elle permet l’édification de fortunes dont les retombées économiques se traduisent par de grands travaux urbains : palais de justice, églises Sainte-Anne et Saint-Roch, théâtre de la Comédie ... La crise du phylloxéra et la surproduction viticole vont donner un coup d’arrêt à cette expansion. La révolte de 1907 rassemblera un demi-million de manifestants à Montpellier, mais n’aura pas de lendemain.
Les années 60 seront marquées par l’arrivée en nombre de populations rapatriées d’Afrique du Nord, les Pieds Noirs - on parle de 30 000 - qui y trouvent une terre d’accueil. En retour, ils contribuent avec une énergie de pionniers aux transformations de la ville. A partir des années 70, Montpellier se distingue à nouveau par son dynamisme et sa croissance, sans cesse confirmés depuis. Le 25 mars 1977, Georges Frêche, député et professeur à la faculté de droit, est élu maire. Pendant un quart de siècle il va modeler et incarner ce nouveau visage de Montpellier : celui du dynamisme et d’un souffle nouveau pour la cité. La création du quartier neuf d’Antigone – lancé en 1983 – reste l’empreinte la plus emblématique de cette volonté de transformer une ville somnolente en métropole moderne, qui passera en moins de trente ans de la 25e à la 8e place des villes françaises. Elle devient « la surdouée » qui brûle les étapes pour se retrouver aux avant-postes de la modernité : technologies de l’information, informatique, biotechnologies constituent ses principaux axes de développement.
source : ville de Montpellier