Montpellier sous la libération

Les archives municipales de la ville de Montpellier viennent de faire l’acquisition exceptionnelle de 23 photographies et cartes postales du général Jean de Lattre de Tassigny (1889-1952), commandant de la Première armée française (1944-1945). Cet ensemble de photographies est issu du Service cinématographique de l’Armée. Il s’agit de portraits officiels ou de scènes prises sur le terrain des opérations. L’ensemble a été acquis pour 1000 euros auprès d’un couple de collectionneurs-historiens de la région montpelliéraine.

Un témoignage historique de Montpellier

C’est un couple de collectionneurs-historiens qui est tombé sur le gros lot pour la somme de 100 euros. Tous les visuels sont relatifs à la période 1944-1945 et à la libération de la France. Ils présentent par conséquent un intérêt historique et patrimonial de premier ordre. Plusieurs concernent le débarquement de Provence, dont un où le général est accompagné de son jeune fils Bernard de Lattre, engagé volontaire. L’épisode de la poche de Colmar à l’hiver 1945 est également bien représenté. Il y a notamment le général de Lattre de Tassigny qui donne ses instructions aux généraux américains placés sous son commandement, ainsi qu’une photo de la cérémonie où le général de Gaulle remet la grand-croix de la Légion d’honneur à de Lattre. Le lot comprend en outre et surtout, une photographie au format carte-postale du défilé de l’Armée française de Libération commandée par de Lattre dans les rues de Montpellier le 2 septembre 1944. On y voit les chars du 2e RD descendre la place de la Comédie vers le boulevard Victor-Hugo, sous le regard des Montpelliérains, avec le théâtre en arrière-plan pavoisé aux couleurs des alliés et de la France libre.

Jean de Lattre de Tassigny

Le parcours du général de Lattre de Tassigny France est lié de près à la commune de Montpellier. En janvier 1942, il est nommé commandant de la 16e division militaire à Montpellier. Il demeure dix mois au QG (hôtel Montcalm), jusqu’à son entrée en résistance en novembre 1942. Les Allemands envahissent en effet la « zone libre » le 11 novembre, et le général refuse de se soumettre et de livrer la ville à l’ennemi. Il quitte son poste de commandement pour rallier l’Afrique du Nord libérée. Arrêté par Vichy, emprisonné à Toulouse puis à Riom, il parvient néanmoins à s’évader en septembre 1943. Il rejoint alors la France libre à Londres. Le général de Gaulle lui confie le commandement d’une armée, l’armée B, qui devient plus tard la Première armée française de libération qui s’illustre le 15 août 1944 par le débarquement en Provence. La Première armée fait son entrée dans Montpellier le 2 septembre 1944. Le général de Lattre de Tassigny est accueilli en héros par les habitants. En effet, « c’est à Montpellier que le général de Lattre de Tassigny leva l’étendard de la révolte, faisant écho aux espoirs de tous ceux qui dans l’Armée et le pays n’acceptaient pas le joug de l’étranger » (citation extraite de l’ouvrage Montpellier, 2 septembre 1944, Au général de Lattre de Tassigny). Il continue ensuite la campagne de Libération de la France vers le nord jusqu’en Alsace, puis passe le Rhin le 31 mars 1945 et poursuit son avancée en Allemagne et en Autriche. Il représente la France à Berlin le 8 mai 1945, lors de la signature de la capitulation par l’Allemagne.