Daviler, le Parisien de Montpellier

Charles Daviler (d'Aviler), architecte de la ville de Montpellier en 1692, des États du Languedoc en 1693, œuvra dans toute la province languedocienne

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L'église Saint Louis est un des rares monument classique de Sète. Elle a été érigée à la limite du quartier Haut, dans l'espace compris entre la rue des Trois Journées (ex rue St Louis) et la rue Villaret-Joyeuse (ex rue St Charles). Elle fut construite de 1699 à 1703 sur les plans d'Augustin, Charles Daviler (d'Aviler) – 1653-1701 – dont la destinée fut brève (il meurt à Montpellier à 48 ans), mais singulière.

 Il naquit à Paris dans une famille de petite noblesse de robe. Grâce à l'honnête aisance de sa famille, Augustin Charles suivit des études classiques et les cours de l'Académie d'architecture. Elève prometteur, il fut envoyé parfaire sa formation à Rome, à l'Académie de France. Parti de Marseille à destination de Gênes, son navire fut intercepté par les barbaresques et il resta captif deux ans (1674-1676) à Alger puis à Tunis. Libéré, il gagna Rome et le palais Cafarelli où étudiaient peintres, sculpteurs, architectes.

Il y acquit rigueur et précision, connaissance des œuvres classiques comme des auteurs anciens. De retour en France après le 2ème prix au concours d'architecture, il fut remarqué par Jules Hardouin Mansard, le plus influent membre de l'Académie qui lui ouvre les portes de l'Agence des bâtiments du roi. C'est l'époque du mécénat louisquatorzien (Trianon, Marly, Versailles). Mais c'est en Languedoc que Daviler fera carrière, marquant la province d'une empreinte classique et royale.

 On ne connaît pas les circonstances dans lesquelles les Etats du Languedoc lui confient la réalisation de son premier monument monarchique, la porte "en façon d'arc de triomphe" du Peyrou à Montpellier. Il n'a pas 40 ans et sa personnalité peut s'épanouir en Languedoc. Formé auprès des meilleurs, ayant fréquenté Versailles, cultivé, homme de goût, il est apprécié des élites. C'est dans ce milieu qu'il rencontrera celle qui sera sa femme.

Côté métier, il était l'auteur d'un cours d'architecture qui s'imposa comme référence. Il maîtrisait les techniques de construction les plus évoluées et, affirme T. Verdier (Saint Denis de Montpellier Genèse et évolution d'une paroisse, éd. de L'Espérou, 2008), "évaluait avec précision les coûts de construction, dissertait sur les devis et savait diriger un chantier en homme de métier". Aussi, architecte de la ville de Montpellier en 1692, des États du Languedoc en 1693, il œuvra dans toute la province : "Il offrit au Languedoc sa parure d'églises, de châteaux, de fontaines, d'hôtels de ville, de palais épiscopaux, de monuments publics, de places, de maisons…" 

Et c'est à Augustin Charles d'Aviler, le bâtisseur, que l'Intendant Basville confie la construction de l'église destinée à remplacer la chapelle édifiée par Riquet lorsque les consuls de Cette lui en font la demande. Belle occasion pour Basville de magnifier l'action royale dans le port créé sous le Grand roi.

Hervé Le Blanche

Montpellier : l'obélisque de la place Chaptal

Il est un monument curieux qui peut intriguer le promeneur peu pressé. Il est situé place Chaptal et cet obélisque est en fait un hommage à certains cheminots disparus.

 

La place Chaptal est située en bordure du boulevard Renouvier, non loin du Centre des Finances publiques.

D'ailleurs, une brasserie, au carrefour du boulevard et de la place Chaptal, porte une enseigne dédiée "aux finances".

Si vous traversez le boulevard et allez vers le Centre des Contributions, vous trouverez, en bordure de la place, un square. Une partie a été aménagée en espace canin. Sur l'autre partie, se dresse un obélisque tronqué d'un peu plus de deux mètres de haut. Il a été érigé après le premier conflit mondial à la mémoire "des employés et ouvriers des chemins de fer de l'Hérault morts pour la France".

Sur trois de ses côtés, sont gravés dans le marbre les noms des disparus.

Beaucoup de ces noms sont probablement des Héraultais : ainsi pour Costesèque, Dussol, Guayraud ou Garrigou. D'autres sont plus répandus ailleurs que dans le département : Pichon, Servel ou même Vidal. Et le très courant Durand qui revient trois fois : Durand P., Durand A., Durand M.

La camarde a fauché trois fois la famille cheminote. Au total, près de 50 noms sont cités. Ce qui est intriguant, c'est cet hommage rendu aux victimes de la Grande Guerre de la Compagnie des chemins de fer de l'Hérault. C'était l'époque où la nationalisation n'avait pas unifié le réseau ferroviaire français. D'autre part, cette société n'appartient pas à une ligne importante comme la "Paris-Lyon-Méditerranée" qui desservait Montpellier vers Sète. 

Et sa localisation peut s'expliquer par la proximité du site de l'ancienne gare Chaptal sur une ligne d'intérêt local. La compagnie propre à l'Hérault a peut-être voulu marquer, pour les voyageurs venus de l'est du département, le sacrifice des cheminots.

Hervé Le Blanche 

Les Halles Laissac d'aujourd'hui

Au cœur des halles Laissac, ce vendredi 29 août, s'est tenue la présentation du livre intitulé  "Halles Laissac, un lieu dans la ville" par Philippe Saurel Maire de Montpellier, et Président de Montpellier Méditerranée Métropole.

Cet ouvrage - édité à 1 000 exemplaires et totalement gratuit - présente toutes les étapes de la conception à la réalisation des nouvelles Halles Laissac inaugurées le 1er décembre 2018. « Ce livre ''Halles Laissac, un lieu dans la ville''  raconte l'histoire du projet sous la facette de son processus architectural et l'originalité de la démarche qui tient à la particularité que toutes les étapes du projet ont été concertées avec les Montpelliérains, les riverains et les commerçants. Une démarche qui souligne la qualité et la souplesse du travail réalisé par les services de la Ville de Montpellier », souligne Philippe Saurel.

Après une vingtaine de réunions de concertations et de séances ouvertes entre les services municipaux de Montpellier, les commerçants des Halles, et les Montpelliérains informés par voie postale ou par les panneaux de la Ville, les travaux ont débuté le 31 octobre 2017 et les nouvelles Halles Laissac ont été inaugurées le 1er décembre 2018.

l'architecte Madame Christine Bridon au côté de l'édile

Les halles Laissac sont également un véritable trait d'union entre le centre-ville et les faubourgs urbains, une « locomotive » qui vient relancer la dynamique du coeur de ville

Des plans ont été confiés à une architecte Madame Christine Bridon. s'ensuivirent les travaux conçus avec des méthodes traditionnelles, une structure selon les Halles de l'architecte Victor Baltard, des matériaux modernes, et des panneaux photovoltaïques répondant aux règles de l'urbanisme moderne. Ils assurent la dépense énergétique nécessaire au fonctionnement.

Avec des dalles de béton teinté désactivé et en son centre un puits de lumière, les Halles vous accueillent avec 24 commerçants au lieu de 18 précédemment.
Concernant les tout prochains ajustements, il a été prévu un aménagement extérieur comprenant des rails de vélos, des poubelles, et 8 micocouliers. Un sanitaire a été mis en place, mais par mesure de sécurité, il est accessible aux heures d'ouvertures des Halles de 8h30 à 18h.

Le coût de la construction et d'aménagement s'élève à 8,6 millions d'euros, financé par moitié par la ville.

"Les Halles Laissac ont donc été conçues par l'ensemble des Montpelliérains et les services publics de la Ville, et ce livre rend hommage à ce travail réalisé dans le cadre d'une démarche participative. Une mise en lumière du travail des services municipaux et de l'implication citoyenne autour de ce projet."

Les Halles Laissac un peu d'histoire

Elles ont été construites en 1880, et démolies en 1966 pour édifier à la place un "marché rond" avec un parking au-dessus.
Après 38 ans d'existence, elles ne répondaient plus aux exigences de l'urbanisme moderne.
Le parking du dessus apportait de l'insécurité, il était délabré et obsolète, avec des commerçants fermés, et pas de vie autour. Les Halles souffraient de mésusage et ce sont les riverains qui ont souhaité la démolition de ces Halles-parking.

Situées en face de la tour La Babote, c'est un lieu de proximité de la ville. Elles furent fermées en 2016, et bien que sa rénovation ne faisait pas partie du programme de campagne, le Maire de Montpellier Philippe Saurel et les services municipaux de la ville ont engagé des réunions de concertations avec les Montpelliérains.

Carole, le 29 août 2019

L'âne de Montpellier

Non, le quadrupède têtu n'est pas l'animal totémique de Montpellier. Mais l'"Ane d'Or" participe de l'histoire du Clapas et de l'histoire littéraire. La mosaïque à son effigie au carrefour de la rue de l'Aiguillerie et celle de la Carbonnerie est un authentique lieu de mémoire, renvoyant non seulement aux années soixante, mais aussi – et surtout – aux années 20 du XXème siècle.

 

Les étudiants pourvus de quelques moyens financiers aimaient flâner rue de l'Aiguillerie dans les années soixante. Outre le pittoresque de cette artère ancienne, on y trouvait trois petites librairies de bon niveau. L'Ane d'Or attirait autant par sa mosaïque insolite et sa double vitrine que par la variété des ouvrages à la disposition du chaland. On y trouvait des œuvres en dehors des titres universitaires ou de ceux des éditions plus courantes. Ceux qui n'avaient pas trente ans ne s'interrogeaient pas sur la présence de la mosaïque sur la façade et encore moins de l'enseigne non conformiste, "L'Ane d'Or". Leurs aînés montpelliérains de vieille souche savaient peut-être que ce lieu avait été celui d'une aventure littéraire qui porta les rédacteurs d'une revue d'étudiants à un niveau national. En 1922, des étudiants en droit ou de jeunes avocats délaissèrent La lanterne de Diogène et fondèrent une revue littéraire. Est-ce l'alacrité des réflexions de l'animal magnifié par le poète latin du IIème siècle ap JC, Apulée, qui inspirait leur action ? On le penserait en lisant l'exergue de la revue : "Mais moi, je fus insensible à toute pitié et, d'une ruade, je l'étendis sur le carreau" (L'Ane d'Or, livre IV).

Ces mots sont peut-être la marque d'une rectitude de pensée, peut-être celle d'une certaine exigence intellectuelle. Il est vrai que si les fondateurs se situent politiquement dans la mouvance de l'Action Française, ils ne pratiquent pas l'ostracisme politique. Paul Valéry, qui ne semble pas avoir d'engagement affiché, joua un grand rôle dans la revue, même s'il n'y publia pas. Mais il donne une conférence en janvier 1923 et il fit l'objet de nombreux articles. Et Jean Catel (1891-1950), professeur d'Anglais à l'université, animateur de la vie littéraire et artistique de Montpellier, ouvrira la revue à Jean Cocteau qui sera un des auteurs de référence de la publication.

Les régionaux sont bien présents, mais non pas les régionalistes. Louis-Jacques Thomas (1870-1945), historien de Montpellier, écrira sur Jean Soulairol, poète catholique de Béziers. Pierre Grasset, écrivain confirmé, écrit en 1922 sur la gravure sur bois. Et si G. Duthuit, gendre de Matisse et historien d'art, apporte ses contributions, il faut signaler celles des piliers de la revue : Henri Cabrillac, André Vialles, Eugène Causse, Maurice Chauvet. Tous laisseront une trace dans la vie montpelliéraine. 

Et à cette époque, un certain Valéry Larbaud écrit sur la littérature espagnole dans L'Ane d'Or à qui il offre en 1925 Septimanie. L'auteur de Barnabooth sera honoré d'un tirage à part de luxe. Cela l'attachera un peu plus à Montpellier.

Hervé le Blanche

Les Pénitents à l’honneur avec l’Association Saint Vincent

Ce samedi 28 octobre 2017, Fabrice Bertrand organisait avec l’association Saint-Vincent de Poussan une demi-journée consacrée aux Pénitents en Languedoc.

Pour l’association qui est une des plus anciennes de Poussan, cette journée se voulait un événement majeur afin de faire renaître son identité au travers de la Chapelle des Pénitents. Fabrice Bertrand remerciait bon nombre d’acteurs et de personnes qui ont permis la réalisation de cet événement : des intervenants pour les conférences aux nombreux pénitents venus de Montpellier, de la Mairie aux membres de l’association pour leur aide efficace.

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Car les Pénitents blancs de Poussan ont eu un lien étroit avec ceux de Montpellier et il était opportun de montrer que ces confréries sont ouvertes encore à Montpellier, en centre-ville. Grâce à deux conférences et interventions, réalisées par le prieur de la dévote et respectable confrérie des Pénitents Blancs de Montpellier, M. Guilhem Vandenhaute, par une pénitente, membre de la dévote et royale compagnie des Pénitents Bleus de cette même ville, Mme Christine Auche-hedounous nous avons d’abord découvert la riche histoire de ces confréries montpelliéraines et les liens qui les unissaient.

 « En 1160 les premiers pénitents apparaissent et ils vivent alors selon l’ancienne règle imposée aux pénitents publics qui désiraient demander réparation. » Ont alors été définis des œuvres de miséricorde avec donc des engagements sociaux dans les différentes confréries. Une sorte de caisse de secours mutuel a été mise en place dans les celles-ci pour aider ceux qui en avaient besoin. Au cours des siècles, évolutions diverses, certaines vers la spiritualité d’autres vers les Ordres avec même à une époque des « Battuti » où l’on se flagellait pour se rapprocher du Christ et de Dieu. La Cagoule était portée avec des gants, pour que l’on n’identifie pas le Pénitent.

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Tous les Pénitents étaient alors placés sur le même plan, manuels ou intellectuels, riches ou moins fortunés.

A Montpellier, les Pénitents blancs aidaient surtout les pauvres. Il faut savoir qu’à une époque il y eut plus de 170 confréries en Languedoc plus ou moins associées entre-elles pour se maintenir et même coordonnées pour s’entraider. Quant aux Pénitents de la dévote et royale compagnie des Pénitents Bleus, ils ont apparu en 1040 et sont toujours opérationnels à la Rue des Étuves, à Montpellier.

Leur mission principale est d’accompagner dans les œuvres de miséricorde les défunts et leurs familles. Puis Fabrice Bertrand a présenté la Chapelle des Pénitents blancs de Poussan et comment ces derniers étaient liés aux autres confréries.fabDSC_0007 (18)

La chapelle des Pénitents de Poussan est très sobre, pourtant elle fut richement meublée et décorée avec plus de 48 tableaux de grande valeur, les lustres de l’église actuelle, et d’autres éléments qui illustrent les anciennes caractéristiques de ce lieu. Si la chapelle fut inaugurée en 1657, la confrérie existait depuis 1590. Et jusque là les Pénitents se réunissaient dans l’église Saint Pierre, « en chapelle » devant un tableau représentant le « Saint Esprit ».

Toujours en blanc, par symbole de pureté, à cette époque là, l’on devenait pénitent pour endiguer la progression de l’église réformée. Les principales œuvres étaient mutualistes pour ces Poussannais.

fabDSC_0030 (6)De nombreuses archives et des documents sont conservées aux Archives Départementales et consultables. Au 19ème, il y eut même des Pénitentes. Un rôle surtout social pour elles. Tous, hommes et femmes, assistaient les Poussannais lors des processions et étaient enterrés dans l’église puis dans la chapelle et quand il n’y avait plus de place, pour en libérer une, la dépouille la plus ancienne prenait la direction du cimetière, alors près de l’église.

En 1910, la chapelle fut désaffectée. Elle servit pour la soupe populaire, comme salle de bal et en 1980 elle faillit être achetée mais les opérations cessèrent suite à des doutes au niveau des Monuments historiques.

 « Plus personne n’en voulait, sauf l’Association Saint Vincent qui put l’acheter à bas prix. »

Pour l’association Saint Vincent, cette journée se veut être un autre départ pour la chapelle, avec certainement bientôt, des travaux au niveau de la toiture. Avant de poursuivre en pénétrant dans la chapelle des Pénitents blancs de Poussan, et en visitant ce bel édifice qui, qui depuis sa construction en 1656, est un des fleurons du patrimoine du Bassin de Thau, un moment de convivialité était partagé.

Et pour faire revivre cette chapelle, à 17 h 30, avait lieu sa Bénédiction par le père Bogdan Lesko, accompagné par les Pénitents de Montpellier.

Le Père Bogdan précisait que quelque soient les années ou les époques il fallait retenir que ces lieux avaient d’abord abrités des personnes désirant mutualiser leurs efforts autour de certaines valeurs pour aider ceux qui avaient besoin de soutien. Et dans ce sens; les visiteurs et paroissiens présents priaient lors d’une courte cérémonie pour que ce lieu garde son caractère spirituel en lien avec les valeurs de « l’église » Catholique.

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Montpellier, Cette et les marquis de Castries.

L'histoire de la famille de Castries est liée à celle de Montpellier et de Sète. Charles Eugène Gabriel, marquis de Castries, était gouverneur des deux villes. Son fils, issu d'un premier mariage, Armand Charles Augustin fut honoré du titre de duc de Castries et ne fut pas oublié en son temps en Languedoc.

Pourtant, elle semble bien parisienne cette aristocratique famille. Charles Eugène, le vainqueur de Klosterkamp, naquit à Paris et mourut en émigration en Allemagne. Son fils, Armand Charles Augustin (1752-1842), naquit et mourut à Paris. Peut-être dans l'hôtel de Castries (72 rue de Varennes à Paris) ou dans le château d'Ollainville que possédait le marquis. Un héritage le mit à la tête d'une belle fortune qui lui permit d'embellir son hôtel, d'acquérir une autre propriété à Antony et de tenir son rang. Car Charles Eugène, marquis de Castries, devint un des principaux personnages du royaume. La gloire du combat de Klosterkamp, gravée dans le marbre à Montpellier, le servit sans doute, mais sa naissance et ses talents en firent un des dirigeants du pays. Notons pour l'anecdote que "la fontaine aux licornes" et ses étranges quadrupèdes ne gagneront la place de la Canourgue qu'en 1865, après son agrandissement en 1860. Mais le marquis devint maréchal de France et un ministre de la Marine travailleur et efficace. Sont action sera déterminante dans la guerre d'Indépendance américaine. A la paix, il mènera un important effort de législation et de réorganisation. Il fut un grand ministre de la Marine.

Et Cette ? Et bien, dans ce "port royal", compte tenu du poids des hiérarchies sociales et des coutumes d'Ancien Régime, on fêtait les de Castries quand cela paraissait nécessaire. Le 20 mars 1781, la Communauté cettoise offrit au fils du ministre et désormais duc une belle fête pour l'entrée solennelle de Charles  André Augustin de la Croix de Castries dans la bonne ville de Cette. On dressa des arcs de triomphe, on illumina la cité. Les invités furent accueillis par force "décharges de boëtes" (nos bombes à poudre actuelles). Et puis, on a soupé, arrosant le repas de vin de Malaga, on a admiré les "fuzées" du feu d'artifice et l'on a dansé. Bal, feu de joie, fontaines de vin. La fête est belle pour la jeunesse. Et puis, l'on n'oublie pas le père, le gouverneur. Certes, il ne réside pas. Mais ceux qui signent leurs lettres aux autorités "vos humbles et obéissants serviteurs" fêtent l'accession du marquis au maréchalat le 21 septembre 1783. On organise des joutes, bien sûr! On fait repeindre les pavois. Le sieur Lambe, serrurier, ferre les lances. La veuve Marie Gachon apprête drapeaux et écharpes. Un sieur Humbert offre deux montres aux jouteurs (le tiers de la dépense totale tout de même!).

On ne sait qui remporta le tournoi. Ce que l'on sait, c'est que quand le marquis de Castries fut fait maréchal, un grave conflit de préséance, et en fait de pouvoir, opposa les consuls et les officiers de l'Amirauté. On en référa au Parlement de Toulouse, loin de Paris et de M. le marquis

Hervé Le Blanche

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