Une cité gallo-romaine à Murviel-lès-Montpellier

Les chantiers de fouilles se poursuivent sur la zone monumentale de la cité gauloise, place bordée de portiques et de monuments publics, centre de la vie religieuse, commerciale et politique de la cité gallo-romaine des Samnagenses. Aujourd'hui, sur le site archéologique du Castellas à Murviel-lès-Montpellier, pour partie propriété de Montpellier Méditerranée Métropole, la métropole de Montpellier participe au financement de ces campagnes de fouilles menées par les archéologues du laboratoire ASM (UMR 5140 - Archéologie des sociétés méditerranéennes) via une subvention annuelle.

Plongée dans l'Histoire à  l'est de Montpellier

Le secteur monumental, dont l’exploration méthodique a commencé en 2001, est désormais presque entièrement dégagé. Les deux dernières travées du portique nord ont été entièrement fouillées. L’avant-dernière salle, dont les murs étaient revêtus d’enduits peints, comporte un sol orné d’une mosaïque parfaitement conservée. La dernière salle est, quant à elle, particulière. À la différence des autres, elle ne communique pas avec le portique sur toute sa largeur mais seulement par un passage réduit dans l’angle sud-ouest, et ne comporte aucun aménagement construit, juste le rocher nu sur lequel une partie des murs est construite. L’hypothèse d’un lieu de culte naturel est actuellement la plus vraisemblable.

L'agglomération antique du Castellas, chef-lieu des Samnagenses (peuple gaulois)

L’agglomération antique du Castellas, identifiée récemment comme le chef-lieu des Samnagenses (peuple gaulois mentionné par Pline l’Ancien), naît au début du IIe siècle av. J.-C. Cette période correspond à un développement important des sociétés gauloises du Midi ainsi qu’à une présence de plus en plus sensible de Rome, qui se concrétise par la conquête de toute la région à la fin du IIe siècle av. J.-C. Cette communauté prospère ne résiste toutefois pas à la croissance des grands centres urbains. Elle perd son indépendance vers la fin du Ier s. apr. J.-C. et est intégrée dans la cité de Nîmes. Au milieu du IIIe s., la plus grande partie de la ville semble désertée.

Dotée d’un système de fortifications en grande partie conservé, qui englobe une surface de plus de 20 ha, l’agglomération du Castellas est l’un des établissements anciens les plus vastes du Midi languedocien, et peut être considéré comme l’établissement principal entre les cités de Nîmes et de Béziers.

Les fouilles archéologiques qui y sont conduites depuis les années 1970, et plus particulièrement celles menées depuis 2001 par l’université Paul-Valéry dans le cadre du laboratoire de recherches Archéologie des sociétés méditerranéennes, révèlent un site de prédilection pour étudier la question de la romanisation d’une cité gauloise.