Les abeilles attendront encore


 

Dans la nuit du 17 au 18 mars 2016, au terme d’un débat d’une heure, les députés ont adopté un projet de loi interdisant les pesticides  néonicotinoïdes. Aussi appelés «tueurs d’abeilles», leur nocivité a été reconnue par de nombreux experts depuis plusieurs années. Mais les tenants d'une agriculture intensive et les fabricants qui défendent leurs produits ont maintenu une forte pression auprès des élus pour rejeter toute interdiction. C’est donc en apparence une victoire pour les abeilles, les apiculteurs et tous les défenseurs d’une agriculture propre respectueuse de la nature et des consommateurs. Mais peut-être bien en apparence seulement, tant les embûches jusqu’à l’adoption de la loi sont nombreuses. Il s’est déjà avéré que le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll, par une lettre datée du 15 mars, adressée aux parlementaires, leur a demandé de se prononcer contre une interdiction des pesticides  néonicotinoïdes, sous prétexte que cela pourrait créer «des distorsions entre les agriculteurs français et le reste des agriculteurs européens». Cette attitude pourrait être de mauvais augure pour le passage de la loi au Sénat, dans quelques jours, les sénateurs étant peu favorables à une interdiction. Il faudra ensuite que les décrets d’application soient publiés. Et plus grave encore, la loi votée par les députés ne prévoit l’interdiction qu’à partir de 2018. Entre temps il y aura des élections présidentielles... C’est donc dire que c’est loin d’être gagné pour les abeilles, malgré les hécatombes constatées.

M. P.
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