Précieuses graines…

Il y a déjà 10 ans, les "semeurs volontaires" prêchaient pour la biodiversité à Mèze, sur l'Esplanade… c'était un dimanche de janvier 2009. Depuis ce temps, les choses ont-elles évolué ? Rien de moins sûr !

Un grain d'histoire :

"Fin des années 90, les contaminations induites par l'autorisation des OGM transgéniques ainsi que les évolutions réglementaires confortant toujours plus le monopole des semences industrielles mettent en effet en lumière le verrouillage à l’œuvre dans le secteur semencier. Les variétés dites « locales», « de pays » ou encore « anciennes », non inscrites au Catalogue officiel, sont en passe de devenir inaccessibles et la majorité des agriculteurs ont d'ailleurs abandonné la pratique de conserver leurs semences à la ferme : après-guerre, c'est d'abord l'État puis les entreprises privées qui assurent la production de semences standardisées pour une agriculture productiviste…

… Une étude de la Confédération Paysanne et de la FNAB présentant un état des lieux des projets individuels et collectifs de conservation / multiplication / sélection de semences à la ferme est alors réalisée. Elle est présentée devant 350 personnes au lycée agricole d’Auzeville en 2003 dans le cadre des premières rencontres « Semences Paysannes, cultivons la biodiversité dans les fermes ». Une déclaration solennelle engage à cette occasion l'ensemble des participants et les structures organisatrices à défendre les droits fondamentaux des paysans sur leurs semences et à construire une alternative collective aux variétés industrielles. Le Réseau Semences Paysannes (RSP) est né quelques mois plus tard pour mettre en œuvre cet engagement…"

La ville de Mèze a été choisie une nouvelle fois pour l’organisation des rencontres internationales 2019. Le RSP qui regroupe 92 organisations membres (groupements nationaux et locaux d'agriculture biologique, biodynamique et paysanne, associations de préservation de la biodiversité cultivée, artisans semenciers et ONG) a posé "ses graines" au Château de Girard et au foyer municipal. Une affluence record a répondu à l'appel et certainement pas "que pour le plaisir".

Cette manifestation a permis de retrouver les connaissances et les savoir-faire associés aux semences trop souvent perdues dans les pays industrialisés, de construire des liens, des alliances et des projets entre les praticien·ne·s de la biodiversité cultivée des différentes régions du monde engagées dans une agriculture paysanne, écologique et solidaire. Elle sera suivie de bien d'autres actions du même genre : il est certainement grand temps de se réveiller et de "stopper le hors-sol"… Atterrissons !

Daniel Monteil