Insecticides « tueurs d’abeilles ».

Le 12 Mai 2016, une majorité de sénateurs s’est opposée à l’interdiction totale des insecticides néonicotinoïdes, une famille de pesticides suspectés d'être nocifs pour les abeilles et les insectes pollinisateurs et, plus généralement, pour l’environnement et la santé. Les sénateurs n'ont donc pas suivi les députés qui en mars avaient adopté au terme d'un débat houleux l’article 51 de la loi pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages qui prévoyait d'interdire tous les néonicotinoïdes,
En ce qui concerne les représentants de l'Hérault, les sénateurs Commeinhes et Jean-Pierre Grand ont voté contre, Henri Cabanel s'est abstenu et Robert Navarro n'a pas pris part au vote.

 

Les néonicotinoïdes sont une classe de produits toxiques employée comme insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Ces substances sont utilisées principalement en agriculture pour la protection des plantes (produits phytosanitaires) mais aussi par les particuliers ou les entreprises pour lutter contre les insectes nuisibles à la santé humaine et animale (produits biocides).
Leur faible biodégradabilité, leur effet toxique persistant et leur diffusion dans la nature (migration dans le sol et les nappes phréatiques) commencent au bout de vingt ans à poser d'important problèmes d'atteintes à des espèces vivantes qui n'étaient pas ciblées : insectes (abeilles, papillons,..), de prédateurs d'insectes (oiseaux, souris, taupes, mulots, chauve-souris), d'agents fertilisants des sols (vers de terre).
De nombreux apiculteurs mettent en cause ces molécules pour expliquer le syndrome d'effondrement des colonies d'abeilles. La Commission Européenne a suspendu 3 néonicotinoides en 2013 sur la base des travaux de l'EFSA. Plusieurs études scientifiques ont mis en évidence la toxicité de ces insecticides sur les abeilles et bourdons, en laboratoire et lors de tests en conditions contrôlées. Ces observations sont difficiles à confirmer par les travaux de terrain, ce qui alimente une discussion scientifique. Plus généralement, il est considéré que « l'exposition chronique à ces insecticides largement utilisés pourrait affecter les abeilles et de nombreux autres invertébrés ».
L'usage de plusieurs néonicotinoïdes a été interdit dans certains pays, notamment en France l'imidaclopride sur le tournesol depuis 1999, l'imidaclopride sur le maïs depuis 2004 mais à ce jour, les preuves ne sont pas jugées suffisantes par les pouvoirs publics pour interdire totalement ces produits.