Dogmatisme

Le Languedoc possède un patrimoine exceptionnellement varié, témoin d'une histoire religieuse mouvementée et d’un brassage de cultures.
Si on connaît bien les Cathares et les Huguenots, on connaît moins l’apport des juifs qui sont présents en Languedoc dès le 1er siècle et celui des musulmans qui n’ont pas fait qu’occuper Narbonne au VIIIe siècle.
Au moyen-âge, les juifs de culture arabe installés en Andalousie fuient les persécutions de la dynastie almohade et s’installent en pays d’oc. Ils vont traduire de l’arabe Averroès et d’autres érudits. Ils vont ainsi introduire la pensée arabo-andalouse dans les milieux intellectuels des villes languedociennes. Au XIIe la dynastie des Ibn Tibbon venue à Montpellier est à l’origine du  développement de l'étude de la philosophie et des sciences de l’une des premières villes universitaires de France.
Au XIIIème siècle, les ports du littoral languedocien créent des entrepôts au Maghreb et sur le pourtour méditerranéen. Les vases à décoration islamique découverts dans l’Hérault et exposés au musée de l’Éphèbe d’Agde illustrent cette activité commerciale.
A l’époque, le Languedoc était une terre de tolérance ouverte à toutes les cultures. Les temps ont bien changé, la faute au dogme, l’ennemi mortel des religions.

La Torah, la Bible, le Coran  les textes sacrés des  grandes religions monothéistes n’ont pas été écrits par Dieu mais par des hommes. Des hommes qui ont été très nombreux au cours des siècles à transcrire  les paroles ou les pensées des prophètes.
Au fil des ajouts et des traductions, la forme a fini par prendre le pas sur le fond, l’accessoire est devenu l’essentiel. Les interdits,  et les rites deviennent les ingrédients d’un discours qui prône la haine entre les personnes et les peuples. Le dogme empêche le croyant de penser par lui-même, il pervertit la foi dès lors qu'il promet le Salut par l'extermination de l'autre.
La haine et la sauvagerie qui opposent aujourd’hui sunnites et chiites n’a  pas grand chose à envier aux guerres de religions de chez nous au cours desquelles  catholiques et protestants s’entretuaient au nom de Dieu.

 Malgré les innombrables versions et variantes, un trait commun se dégage néanmoins des religions du Livre : l’amour du prochain et l’espérance d’un monde où chacun est respecté dans sa dignité.

 Celui qui affiche les signes extérieurs de sa foi, exprime haut et fort son amour de Dieu, suit des rites et des traditions strictes, peut très bien n’être qu’un individu méprisable dont le comportement personnel est aux antipodes de la religion qu’il prétend défendre.

Le vrai croyant est celui qui accorde ses actes avec un message d’ouverture et d’amour aux autres. Le respectable est celui qui se préoccupe de son prochain, qu’il aille à l’église, à la mosquée, à la synagogue ou qu’il ne fréquente aucun lieu de culte. Tout le reste n’est qu’apparence, idéologie ou manipulation dangereuse au profit de quelques uns.

 Jacques Carles

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Et si MMM montrait le chemin

Les dirigeants nationaux ne voient plus  les  signaux émis par le peuple ou bien ne veulent pas en tenir compte. Les tensions ne peuvent donc que croître.

Les syndicats ne sont pas en mesure d’arrêter la marche du temps mais ce n’est pas en refusant le dialogue qu’un gouvernement  peut faciliter l’adaptation du système social à son environnement.
L’Europe est une avancée pour la paix mais on ne peut nier les régressions sociales qu'elle apporte sous sa forme actuelle ni son  impuissance face aux problèmes des migrants. Ce n’est pas en accusant l’extrême droite de fascisme qu’on peut gommer ces problèmes et rejeter une part importante du pays qui trouve dans le FN une manière d'exprimer son mécontentement ou ses frustrations.

La professionnalisation de la politique  ayant bloqué le jeu démocratique, les électeurs n’utilisent leur bulletin de vote que pour sanctionner les sortants. Ceux là qui à peine élus trahissent leurs promesses, savent d’ailleurs à quoi s’en tenir : tous les 5 ans, l’Elysée déploie une activité intense pour recaser le personnel surnuméraire du pouvoir en place.

Si les français n’attendent plus rien des politiciens qui ont colonisé le système, cette situation  ne peut durer indéfiniment. La rupture interviendra tôt ou tard. La seule question qui se pose est de savoir quand. Mais alors que faire pour éviter le pire ? Que faire pour que les citoyens retrouvent la maîtrise de leur futur ?

Les politiques doivent humblement reconnaître leur incapacité à régler par les problèmes qui sapent notre société. Ils doivent aussi admettre leur incompétence pour gérer l’entreprise France et laisser faire ceux dont la gestion est le métier. De Gaulle ou Churchill n’étaient pas des contrôleurs de gestion ni des experts-comptables. Les politiques doivent se recentrer sur les projets de société et sur  la refonte des règles du jeu. Leur rôle est de fixer le cap au pays, d’être visionnaires et d’écouter le peuple.

Pour sortir de la pensée unique, la liberté d’expression doit être fortement encouragée. Le débat d’idées doit prendre le pas sur la rhétorique. L’information doit  être totalement  libre  et ne pas être un outil de propagande qui permet au pouvoir de manipuler l’opinion. Elle doit être le moyen qui permet de prendre les bonnes décisions.

Le parlement lui-même mériterait d’être réformé car il n’est plus représentatif de la réalité socio-professionnelle du pays. Il  gagnerait à être complété par des structures vraiment à l'image de la population en faisant appel au tirage au sort, seul système réellement démocratique.

Le succès de formes alternatives de l’expression populaire comme les pétitions ou les débats organisés sur les réseaux sociaux de l’internet montre  bien que la population n’a pas démissionné. Mieux, elle aspire à renouveler les pratiques citoyennes.

Confronter des opinions contraires et permettre le dialogue entre les adversaires est la seule voie pour rapprocher les points de vue, réduire les antagonismes et retrouver une cohésion sociale. Faute de quoi, les tensions continueront de s’accumuler et à terme, la rupture n'en sera que plus traumatisante.

A compter de janvier 2017, Montpellier Méditerranée Métropole exercera de nombreuses nouvelles compétences sur l'ensemble de son territoire. Nos élus de terrain sont pragmatiques, ils sauront sortir des débats de façade qu’on nous sert lors des campagnes électorales nationales, avec des candidats qui récitent leur programme ou leurs  promesses à toute question posée.

Au-delà des querelles de chapelles, nos représentants communautaires sauront-ils dépasser les manœuvres politiciennes et penser avant tout à l’essentiel : l’avancée des idées et des projets au profit du territoire.

La confrontation comme mode d’action politique étant peu productive,  sauront-ils mettre la participation au cœur du système ?  Sauront-ils  impliquer les hommes et les femmes à la construction de leur cadre de vie dans toutes ses dimensions ?

Montpellier Métropole et sa culture créative se confirmera-t-elle comme lieu d’innovation politique avec un système organisé qui permette que toutes les idées constructives des citoyens soient examinées de manière efficace, d’où qu’elles viennent, sans exclusive partisane ni censure ?
 Les citoyens sont bien plus inventifs et intelligents que ne le croient nos élites nationales, prouvons-le au plan local.

Jacques Carles

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Développer le port de Frontignan-Sète

Entre Allemagne et Espagne, entre Angleterre et Italie, la France était au cœur de l’Europe avant son élargissement aux pays de l’est. Depuis, elle a perdu sa position centrale. L’Allemagne a pris sa place. Avec l’arrivée des pays de l’ex bloc soviétique, elle a en outre bénéficié d’un réservoir de main d’œuvre à bas coût et d’un marché pour ses produits manufacturés. Ce double atout compétitif lui a permis de se créer un excédent commercial, au détriment de ses voisins du sud.
Entrainée par l'Allemagne, avec un euro qui ressemble de plus en plus au mark, l’Europe devient la plaque tournante des échanges mondiaux.
Dans ce contexte, la France, pour ne pas devenir une simple province de la Germanie, ne peut plus négliger un atout stratégique majeur: ses façades maritimes, atlantique à l’ouest, méditerranéenne au sud, et sur tous les océans du globe avec les départements et territoires d’outre-mer.

La France possède en effet le deuxième espace maritime du monde, avec 18 000 kilomètres de côtes. Elle, devrait être une puissance maritime de premier plan. Il y a 50 ans, elle était encore la 4ème puissance maritime mondiale, elle est aujourd'hui reléguée à la 30ème position. La moitié des marchandises qui arrivent en France continentale par la mer sont débarquées dans un port étranger. Les ports français continuent de s’affaiblir alors que le transport maritime concerne 90% du commerce extérieur mondial.

Vu d’Asie ou d’Amérique, Barcelone, Gênes ou Marseille c’est la même chose : un point sur la côte sud de l’Europe. Alors pourquoi Sète ne deviendrait-il pas aussi un grand port au sud de l’Union ? D’autant qu’avec le nouveau canal de Suez la Méditerranée est elle-même une mer interocéanique (océan Atlantique-océan Indien) et que, pour le sud du Vieux Continent, le transport par cabotage est important.

Puisse la création du grand Languedoc renforcer la mobilisation déjà forte de la Région en ce sens. Toulouse et Midi-Pyrénées auront en effet avec Sète un accès à la mer et un port de commerce, atout essentiel dans les flux de mondialisation qui dessinent l'économie de demain. Pierre-Paul Riquet qui construisit le canal du Midi et relia Sète à Toulouse en était déjà convaincu.

Développer le port de Sète et sa zone portuaire à cheval sur les communes de Sète et de Frontignan permettrait la création de centaines d’emplois. Investir dans de coûteuses installations pour attirer les navires suppose malgré tout une réflexion préalable pour identifier la bonne stratégie et les cargaisons pertinentes. Le port de Sète est déjà en dynamique positive, suivons-le, il ne manque pas de compétences pour suggérer les bonnes pistes.

Déjà en 2005, Jean-Philippe Huchet rappelait que « c'est le navire qui va à la marchandise et non l'inverse". Les grandes heures du port de Sète furent celles où le vin ou les produits chimiques attiraient les bateaux. Les pinardiers sont passés de mode et les usines du littoral ont quasiment disparues. Heureusement au 21ème siècle, l’hinterland (l’arrière pays) ne s’arrête pas à Poussan. La vision de la desserte du port, la profondeur de son marché, devient continental. Le foreland (l’avant-pays) avec les lignes maritimes susceptibles de toucher le port s’appréhende au niveau mondial et mérite au moins autant d’attention que l’hinterland.

Mais restons lucides. Le transport maritime est aujourd’hui mondialisé, complètement ouvert à la concurrence, sans aucune protection ni restriction. Il n'existe aucune relation de nationalité entre aucun des intervenants, depuis le propriétaire du navire jusqu'à son équipage, et encore moins avec les propriétaires de la marchandise. La notion de pavillon est pervertie.

Dans cette jungle, développer le port de Frontignan-Sète ou tout autre port français implique une politique maritime forte au niveau national, c’est à dire une politique qui prenne en compte les ports mais également d’autres volets tout aussi importants, par exemple l'armement des navires (le transporteur, propriétaire ou affréteur) et la construction navale. Une politique portuaire ambitieuse ne peut se concevoir en restant fortement dépendant de puissances étrangères tant pour transporter les marchandises (ou les personnes) que pour construire les navires. Une telle politique ne se contente pas de mobiliser des fonds publics pour simplement compenser une compétitivité insuffisante des installations portuaires. Elle est exigeante pour servir au développement, à l’innovation et à la performance.

Au nord les pays scandinaves ont su développer leur efficacité économique, leurs flottes, leurs ports et l’emploi avec une politique maritime « intégrée « touchant à la fois l'économie, la recherche, le tourisme, l'environnement et les conditions de travail

Au sud, faire du port de Frontignan-Sète un grand port euro-méditerranéen en préservant l’environnement, celui du port comme celui du littoral est encore un challenge pour ne pas dire un pari. Ce pari ne pourra être gagné sans une réelle volonté au sommet de l’état et sans la poursuite de la forte  implication de nos élus régionaux, actuels et futurs.

Jacques Carles

 

lire aussi : actualité : le pot de Sète en dynamique positive

Misons futés

Le très haut débit pour améliorer la circulation

En France, le coût annuel des bouchons dépasse les 17 milliards d’euros, soit environ 2000 euros par an pour chaque foyer se déplaçant en voiture. Selon l’INRIX le leader de services d’info-trafic, ce chiffre atteindra à 22 milliards d’euros en 2030, soit une hausse de plus de 30% par rapport à la situation actuelle.
Au-delà de l’aspect financier, du carburant et du temps perdu, les bouchons ont un impact environnemental considérable : le carburant consommé lorsqu’un véhicule est immobilisé dans la circulation résulte en l’émission de gaz à effet de serre et de polluants divers ayant pour conséquence une dégradation de la qualité de l’air.
Avec un taux de congestion de 28% en 2015, Montpellier est devenue la troisième ville la plus embouteillée de France, juste derrière Marseille et Paris. Sur le littoral, Sète, en regard à sa taille, n’est guère mieux lotie : aux heures de pointe, la traversée de l’île singulière devient un véritable calvaire.

Face à cette situation préoccupante, les pouvoirs publics investissent pour développer les transports en commun et les modes de déplacement doux. L’Hérault est aujourd’hui le département qui a le réseau de pistes cyclables le plus étendu de France et la grande région est engagée dans une politique active en faveur du train avec les billets de TER à 1 euro. Montpellier Métropole et Thau agglo ont des plans ambitieux pour moderniser et rationaliser leurs réseaux de bus, elles subventionnent l’acquisition de vélos électriques et créent des voies réservées aux cyclistes.

Toutes ces politiques sont positives. Le fait d’améliorer les transports publics et de proposer une offre multimodale compétitive améliore les conditions de la mobilité. Le voyageur a davantage de choix, y compris celui de ne plus prendre systématiquement sa voiture.
Mais ne devrions-nous pas réfléchir à des approches complémentaires plus innovantes ?
Plutôt que de chercher à optimiser nos déplacements ne devrions-nous pas d’abord chercher à les éviter ? Supprimer une bonne partie des raisons de se déplacer serait moins coûteux et en définitive plus satisfaisant.

Près de la moitié des déplacements sont motivés par l’activité professionnelle (ou les études) le reste se répartit à part presque égales entre les loisirs, les achats et les affaires personnelles (démarches administratives, médecin, etc.)

La France se lève chaque matin à la même heure, pour prendre sa voiture ou son bus. Le soir, elle fait le trajet inverse pour rentrer à la maison. Ça pollue, ça fait perdre du temps à tout le monde, ça génère du stress...
Dans les pays scandinaves, le télétravail via internet est déjà une réalité depuis de nombreuses années. En Suède, par exemple, à peine un actif sur deux va tous les jours dans son entreprise, les autres alternent entre travail à la maison et travail au bureau. L’état encourage le mouvement. Les salariés qui utilisent leur domicile comme lieu de travail ont droit à une réduction d’impôt et les entreprises bénéficient d’avantages fiscaux pour équiper leurs salariés d’outil modernes de communication (ordinateurs, visiophones, etc.).

On l’ignore souvent mais l’Hérault est un des départements les plus innovants de France en matière de nouvelles technologies.
Le Conseil Départemental s’est engagé à ce que d’ici 2022 tous les habitants du département aient accès à internet à très haut débit. Sur le littoral, la fibre optique permettra de télécharger un DVD en quelques secondes. Mais au-delà des applications de loisirs, avec le très haut débit, Frontignan, Montpellier et Sète déjà en pointe pour les démarches administratives en ligne devraient développer encore davantage l’e-administration pour faciliter la vie des gens et leur éviter de se déplacer.
En lançant sur l’internet la plateforme achat-ville en pays de Thau, la CCI de Sète fut parmi les premières à réaliser que le commerce traditionnel et l’e-commerce n’étaient pas antinomiques mais complémentaires.
La télésanté avance également à grands pas. Inutile de se déplacer pour aller chercher ses résultats d’analyses, ils deviennent disponibles en ligne sur le site internet du laboratoire. Des sociétés médicales commencent aussi à proposer des conseils médicaux en ligne ou par téléphone. Elles visent d'autres prestations : suivi de maladies chroniques et même consultations à distance.

A l’horizon 2030, les experts s’accordent à dire qu’une politique affirmée en faveur des nouvelles technologies pourrait réduire de 30% les besoins de déplacement. C’est considérable mais pour réussir une telle révolution encore faut-il convaincre les citoyens que bitume et parking ne sont pas l’alpha et l’oméga de la mobilité.

Jacques Carles

Respirons

Notre vie ne se résume pas aux fluctuations du CAC40 ni à la croissance du PIB. Si le produit intérieur brut a doublé durant ces 30 dernières années, nous ne sommes pas deux fois plus heureux pour autant.  La santé,  les relations familiales,  le logement, le travail,  la sécurité et bien d’autres facteurs encore influent sur notre qualité de vie.

L’environnement est aussi une composante essentielle de notre bien-être, en particulier la qualité de l’air car contrairement à l’eau que nous buvons qui peut être traitée avant d’être distribuée, l’air ambiant ne peut être filtré avant que nous le respirions.

Chez nous, s’il fait bon vivre,  Il arrive cependant que l'on se pince le nez et  que de mauvaises odeurs gâchent la vie de nos concitoyens.  Il faut donc se réjouir des récentes créations d'observatoires des odeurs par Air Languedoc- Roussillon qui œuvre depuis longtemps au maintien de la qualité de l’air de notre région.

Les activités industrielles, si utiles par ailleurs, sont souvent à la source des nuisances mais il existe d’autres causes,  parfois  naturelles comme celles liées à la malaïgue des étangs du littoral, ou, le plus souvent,  liées à l’activité humaine comme la circulation automobile. Cette dernière, outre l’odeur, génère une pollution plus pernicieuse encore : un automobiliste émet chaque année en moyenne 2,5 fois le poids de sa voiture en dioxyde de carbone (CO2) et la moitié de son propre poids en  particules fines et polluants divers.  Une commission d’enquête sénatoriale a récemment estimée le coût annuel de la pollution de l’air en France à 101 milliards d’euros, l’équivalent de  la charge de la dette et des dégâts du tabac réunis. Chaque année, elle provoque la mort prématurée de plus de 40 000 personnes en France. La pollution de l’air, qui n’a pas de frontière, devrait d’ailleurs, selon l’O.M.S, devenir la première cause environnementale de mortalité prématurée au niveau mondial à l’horizon 2050

Améliorer la qualité de l’air sera donc un des enjeux majeurs de ce siècle pour tous les pouvoirs publics de la planète. Mais pour le moment, en France, la Cour des comptes, dans son rapport annuel, a dénoncé l’incohérence des politiques nationales successives  de lutte contre la pollution de l'air  et donc  leur faible efficacité. En revanche elle souligne l’importance du niveau local qui est le niveau le plus pertinent pour agir.  On ne saurait mieux dire et l’exemple de nos élus du littoral en ce domaine le prouve.

Souhaitons maintenant que nos représentants mettent aussi de coté leurs différences partisanes pour développer l’économie locale et agir pour la grande priorité des citoyens qui n’est pas la prochaine élection présidentielle mais l’emploi et le chômage des jeunes.

Jacques Carles

ça grogne !

Suite à l’installation généralisée des caméras de surveillance à Montpellier et à Sète, le nombre d’amendes infligées par les polices municipales a explosé. Au point que les conducteurs commencent à renâcler et à exprimer leur ras le bol. Le moindre stationnement pour acheter un pain ou poster une lettre est aussitôt sanctionné, même s’il ne gène pas la circulation. Huit jours plus tard, l’avis à payer arrive au domicile…
Lorsqu’elles furent créées, dans les années 80, ces polices municipales étaient présentées comme devant servir au bien être des citoyens. Le temps a passé et elles sont devenues des machines très performantes à punir.
Les victimes de ces verbalisations à outrance sont très remontées contre leurs maires et annoncent qu’ils ne voteront pas pour eux aux prochaines municipales. Mais qu’ils s’appellent Saurel, Commeinhes ou Ettore, les premiers magistrats n’ont que faire des menaces des verbalisés. Car à l’heure où l’Etat baisse ses dotations, ces amendes sont d’un très bon rapport pour les finances locales. Parmi les grandes villes de Thau, seule Frontignan où le sationnement est encore gratuit, échappe à cette  nouvelle fiscalité…

Bernard Barraillé

Du bon et du mauvais

A Montpellier, la Mairie  a fait baisser le prix de l’eau. Mais en même temps, elle installait des caméras de surveillance dans le centre ville. Vu l’extrême efficacité de ce système, les PV pleuvent. L’économie réalisée par le prix de l’eau risque de ne pas suffire à payer les amendes car ces caméras ne pardonnent pas le moindre écart dans le stationnement si difficile au cœur du Clapas.

A Sète, la baisse des dotations de l’Etat va contraindre la Mairie à augmenter les impôts locaux, déjà parmi les plus élevés de France. Et certains suggèrent plutôt de baisser les subventions sportives et culturelles. Mais c’est grâce à ces subventions que Sète connaît un dynamisme étonnant, qui se traduit par de belles affluences d’étrangers profitant à la ville. Alors, dilemme…

Fin Mars, Escale à Sète et le 350ème anniversaire du port sétois sera un de ces rassemblements géants. Au point que les organisateurs n’ont qu’une peur : que la foule soit trop importante et suscite maints problèmes de circulation et stationnement.

Toujours à Sète, six platanes malades ont dû être abattus sur l’Esplanade centrale. Les Sétois craignaient que tous les arbres soient abattus. Bonne nouvelle : le chancre n’a touché que les arbres abattus, tous les autres sont sains. Il y aura donc de l’ombre cet été sur cette grande place.

A Florensac, la mairie voulait transformer l’ancienne décharge en vaste zone photovoltaïque qui aurait fourni la commune en électricité gratuite. Hélas, les naturalistes ont signalé qu’un lézard ocelé, le plus grand d’Europe, y habitait en grand nombre. Les Florensacois devront continuer à payer leur facture d’EDF et les grands lézards continueront à batifoler sur ce vaste terrain.

C’est partout la vie avec du bon et du mauvais…

Bernard Barraillé

Joie de vivre

Comme partout en France et dans le monde, les tragiques évènements de Paris ont suscité une émotion considérable. A Montpellier et à Sète, aussi, des rassemblements spontanés ont marqué l’émotion suscitée par ce carnage. Mêmes réactions solidaires dans le monde entier l’Australie à la Russie et à la Chine. Le président Obama a rappelé aux Américains que la France était le plus ancien allié des USA. Le New York Times a aussi publié un commentaire  d'un de ses lecteurs qui illustre bien la singularité française :

« La France a toujours embrassé ce que les fanatiques religieux détestent le plus : la joie de vivre.

Et pour les Français, elle se trouve dans de nombreuses petites choses du quotidien : un café délicieux et un croissant doré le matin, les femmes aux jolies robes marchant libres dans la rue, l’odeur de la baguette chaude, le vin partagé entre amis, la touche de parfum, les enfants s’amusant dans un jardin public, le droit de ne croire à aucun Dieu, celui de ne pas se préoccuper des calories, de draguer, de fumer, de faire l’amour (même en dehors du mariage), de prendre des vacances, de lire n’importe quel livre, d’aller à l’école gratuitement, de jouer, de rire, d’argumenter, de se moquer de la politique et des politiciens et de ne pas se préoccuper de la vie après la mort.

Aucun autre pays dans ce monde ne sait autant apprécier la vie que les Français ».

Sympathique portrait !

Bernard Barraillé

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Changements

A Montpellier, la Mairie va utiliser les vastes terrains laissés par l’Armée pour y créer un nouveau quartier. A la place des vieux bâtiments et sur les vastes espaces où évoluaient les militaires vont être édifiés de nombreux immeubles entourés de parcs. Les montpelliérains mal logés sont ravis. Par contre, les riverains de cette immense zone sont mécontents : finie leur tranquillité. A la place des oiseaux, seuls habitants actuels de l’immense superficie, ils vont hériter de milliers d’habitants avec ce que cela comporte de bruits et de nuisances.

Le maire Saurel est venu les apaiser, leur dire qu’il y aurait beaucoup d’espaces verts, ils restent mécontents et protestent contre la création de ce nouveau quartier. Beaucoup annoncent qu’ils vont déménager vers les villages des alentours. Sont ils bien raisonnables ?

A Sète, se prépare pour 2017 le regroupement aux Chais des Moulins de tous les services culturels dont le Conservatoire, les Beaux Arts, etc. Ce qui attriste les permanents de ces institutions, habitués à leurs vieux bâtiments historiques, tel la belle villa et son parc où officiaient les artistes.

Toujours à Sète est en cours la modernisation du Centre funéraire sis face au Cimetière Le Py. Les locaux seront embellis et le four crématoire sera changé dès la fin de cet été. Un conseil à ceux qui doivent mourir : attendez l’automne pour décéder : vous bénéficierez ainsi d’un matériel moderne et vos parents et amis pourront vous pleurer dans des salons du dernier cri. Alors, elle est pas belle la mort ?

Bernard Barraillé

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Recherche d’une église

Jules Romain me pardonnerait d’avoir emprunté le titre d’un des tomes des Hommes de bonne volonté. Mais ce sont les mots qui viennent à l’esprit face aux réactions de la société française confrontée aux drames que nous vivons depuis janvier 2015.

La vie continue

Il y a eu le 13 novembre et c’est Noël. A Montpellier, on s’est surpassé dans les décorations, les illuminations. Une énorme mappemonde scintillante trône entre la Comédie et l’Esplanade. Il y a eu la soirée « lumières » qui a embouteillé le centre ville et l’avenue Clemenceau, l’avenue de Toulouse jusqu’à l’entrée de l’autoroute à l’ouest. Et il y avait foule dans le centre historique. Montpellier semble vouloir recueillir "les dividendes de la paix", comme de bons esprits y pensaient après l’effondrement de l’URSS et la fin de la guerre froide. Alors, on tourne le dos à une histoire trop tragique et, puisque « la vie continue », on cherche au fond à conjurer l’angoisse millénaire de l’Homme face à ce qui pourrait être la mort de la lumière. Mais, n’étant plus au temps des mégalithes, on éclaire l’obscurité à en concurrencer Phébus lui-même. Et comme on pense aborder une ère nouvelle (on est au XXIème siècle), on consomme à pleins Caddies. « Si je veux, quand je veux » n’était pas qu’un slogan commercial ; c’était aussi le reflet d’aspirations largement partagées. Les technologies numériques sont là pour tenter de satisfaire un "moi" sans cesse plus exigeant.

Le « grand renfermement »

Alors, à part ce qui abîme l’individu (la crise, le chômage), de quoi se soucie-t-on ? Selon son vécu, d’une prochaine reprise économique, d’un retour à la nature ou à un passé mythifié. Mais on a beau tisonner les braises du Grand Siècle (le XVIIIème disait Michelet), aucune flamme ne brûle dans les esprits. Pour beaucoup, "Dieu est mort". Et les "mille soleils" que Jaurès voulait allumer dans les consciences sont bien pâles. Aujourd’hui, ce qui se dit socialisme n’est plus la foi en la destinée humaine. Le vent ne souffle plus de l’Est, Lénine est bien oublié et les effigies de Marx sont bradées chez les brocanteurs. Alors, pour certains, le salut est dans le passé : l’Eglise d’avant Vatican II ; l’Histoire de France que l’on veut glorieuse (vous savez, Versailles, Chambord, Louis XIV et … Marie Antoinette, si sympathique !). D’autres se tournent vers l’ésotérisme, le bouddhisme, le yoga. Il n’est pas de jour où l’on ne vous invite à réaliser son âme, réveiller les forces cachées du psychisme. Et puis, il y a le web avec les « visites », les « amis », les réseaux… Et une société fragmentée en autant d’atomes que d’individus est attaquée au nom d’une vision totalitariste du monde où l’individu n’est rien.

Bien sûr, autour des statues des Trois Grâces, on a déposé des fleurs, allumé des bougies, déposé des messages. Des messages dont très peu parlaient de courage. Les individus s’agrègent en groupes, tout en restant isolés en eux-mêmes. Dès le lendemain, on a déploré…, mais structure-t-on sa pensée, dirige-t-on son action ? Recherche d’une église, écrivait-on au début du XXème siècle.

Hervé Le Blanche

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Ententes cordiales

Philippe Saurel et Jean-Luc Moudenc, les maires de Montpellier et de Toulouse, ont signé un accord pour que les deux métropoles coopèrent au sein de la nouvelle grande région. Ce partenariat concerne plusieurs secteurs parmi lesquels l'économie, le tourisme ou encore les transports.

A l’heure où la détestation des hommes politiques est à la mode, on se réjouira de ces ententes cordiales entre rivaux politiques.

En Pays de Thau, on peut aussi de réjouir de voir nos élus de tous bords travailler ensemble à la bonne marche du territoire. Le républicain François Commeinhes, le socialiste Pierre Bouldoire, l’écologiste Yves Pietrasanta se retrouvent fréquemment à la même tribune et collaborent étroitement au développement de leurs agglomérations. On ne peut que se réjouir de cette entente profitable à tous.

Bravo aussi à Carole Delga, présidente socialiste de la Région, qui est venue à Sète affirmer au républicain Commeinhes son soutien total aux investissements pour le port sétois.

Notre région a bien de la chance d'avoir des élus  responsables capables de coopérer ainsi au delà de leurs clivages politiques quand l'intérêt général l'exige.

Certes, extrême droite et extrême gauche persistent dans leur opposition systématique mais cela n’est que le jeu démocratique. Encore qu’on aimerait bien qu’il se limite aux périodes électorales.

Bernard Barraillé

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