Le député idéal

Dans la vie ordinaire, le vrai patron est celui qui paye. C’est celui qui décide d’augmenter votre salaire ou de vous licencier. Dans la vie politique, c’est un peu la même chose. Le vrai patron, celui qui recrute les députés en CDD de 5 ans et qui les paye, avec ses impôts et ses taxes, c’est le peuple, c’est-à-dire vous et moi.

La représentation parlementaire est indispensable à la démocratie. Un bon député est donc utile mais ceci dit il coûte très cher. On estime qu’il revient à plusieurs centaines de milliers d’euros par an en prenant en compte son salaire, ses frais de fonctionnement, ses avantages annexes et le personnel qui l’assiste. C’est une dépense très importante et donc mieux vaut ne pas se tromper et rechercher le meilleur rapport qualité/prix possible au moment du vote.

Les députés représentent le peuple et contrôlent l’action du gouvernement. Ils font surtout des lois. C’est leur rôle principal. Ils en votent d’ailleurs beaucoup mais, selon les législatures, entre une loi sur trois et une loi sur deux n’est jamais mise en œuvre, faute de décret d'application. C’est beaucoup de temps perdu pour rien si ce n’est pour tirer parti des effets d’annonce.

Tous les députés ne se valent pas. Certains sont souvent absents de l’Assemblée, d’autres ne produisent aucune proposition de loi, aucun rapport et ne lisent même pas les dossiers qu’on leur prépare : ils se contentent de voter selon les consignes du groupe dont ils dépendent.

A l’évidence de grosses économies sont donc possibles. Réduire le nombre des députés apparaît alors comme une mesure de saine gestion.

Mais au-delà du nombre souhaitable de nos représentants, quel est le profil idéal du bon député ?

La politique ne doit pas être une opportunité de carrière mais un engagement au service de la nation. Un bon député ne devrait donc pas être un politicien de profession et sa mission devrait être limitée dans le temps à une ou deux mandatures.
Un député, en place pendant des décennies, perd toute authenticité. Il finit par savoir ce qu’il faut dire pour être réélu sans avoir besoin de donner du sens à ce qu’il dit. Son objectif premier devient de préserver son emploi et son train de vie.

Par ailleurs la politique doit rester une activité noble, essentielle à la préparation de l’avenir. Les exemples récents que nous avons connus montrent que les élus corrompus n’ont plus leurs places dans le jeu démocratique.

Si l’intégrité est une qualité incontournable pour un député, il doit également être compétent Un bon député doit avoir une expérience réussie de la vie réelle. Il doit avoir exercé un métier en dehors du militantisme et avoir connu les conditions de vie et les expériences ordinaires d’un citoyen adulte. Une fois sa mission terminée pour le bien commun, il devrait pouvoir retrouver son activité professionnelle d’origine ou toute autre activité de son choix en dehors du champ politique.
Le devoir d’un député, élu d’un territoire, est aussi de se faire l’écho des préoccupations de sa circonscription. S’il doit toujours donner du sens à son action et garder un cap, il ne peut le faire indépendamment de l’avis des citoyens et des citoyennes. Il doit donc dialoguer avec eux et savoir faire entendre leurs voix non par démagogie mais pour que l’action politique profite réellement au bien commun.
Enfin, le bon député reste concentré sur sa mission et garde ses convictions, ce qui demande souvent du courage. Il attache davantage de prix aux résultats de son travail pour ses concitoyens qu’aux retombées médiatiques de sa communication. Bref il agit, il refuse le facile et ne brasse pas du vent.

Jacques Carles

Visiteurs

A l’Est de l’Occitanie, notre région, de Montpellier à Beziers, ne cesse de voir le nombre de visiteurs augmenter. Alors que la Cote d’Azur constate une baisse de fréquentation…

Les études des Offices de tourisme font ressortir que la motivation de base repose avant tout sur l’authenticité. Rentrent aussi en compte la compétitivité des tarifs,  la qualité de la gastronomie et, plus étonnant, la gentillesse de l’accueil… Certains avancent aussi la beauté des paysages et l’abondance des manifestations culturelles.

On ne peut que se réjouir de constater la bonne santé du tourisme chez nous. Et bravo à tous ceux à qui on doit ces bons résultats : commerçants, hôteliers, restaurateurs, et animateurs. Une mention aux responsables d’établissements de plage qui améliorent leurs installations d’année en année. Même si la législation abusive les contraint à tout démonter en fin d’été alors  que même en hiver il y a de belles journées sur les plages. Et leurs concessions ne sont pas automatiquement renouvelables, ce qui rend leurs investissements très risqués…

Bernard Barraillé

Dirigisme

Il y a d’abord l’Europe qui met son nez partout, fixant par exemple la largeur des nouvelles routes, rétrécies pour soi-disant faire baisser la vitesse des autos. Résultat : énormes bouchons au moindre pépin.

Mais l’Europe a bon dos, les technocrates bruxellois ont aussi des émules en France qui trompent l’ennui en légiférant grâce à la passivité des élus. Leur dernière foucade est d’astreindre les pêcheurs en mer au contrôle d’alcoolémie, comme les automobilistes. Comme si les pêcheurs qui partent en mer en pleine nuit pour revenir dans l’après-midi abusaient du pastis ou du pinard pendant leur rude journée. Les Affaires maritimes vont donc perdre leur temps à faire souffler dans l’alcootest les travailleurs de la mer.

Un autre technocrate, plus récemment, a fait adopter le port du casque pour les enfants en vélo. Comme si les parents étaient idiots et incapables de décider eux-mêmes de protéger leur progéniture. Bientôt peut-être obligera-t-on les piétons à porter eux aussi un casque car s’ils trébuchent et tombent, ils peuvent se blesser à la tête…

Nul n’étant censé ignorer la loi, n’oublions pas non plus qu’en France il est interdit de s'embrasser sur les rails et qu’aucun cochon ne doit se faire appeler Napoléon par son propriétaire…

A un niveau plus modeste, dans certains conseils municipaux, on travaille même du chapeau. Depuis 1954, la ville de Chateauneuf-du-Pape a pris un arrêté municipal interdisant « le survol, l'atterrissage et le décollage d'aéronefs dits soucoupes volantes ou cigares volants, de quelque nationalité que ce soit, sur le territoire de la commune sous peine de mise en fourrière immédiate ». L'arrêté est toujours en vigueur. Apparemment il a prouvé son efficacité…

Et l’on repense à la fameuse apostrophe en Conseil des ministres du président Pompidou irrité par un projet liberticide et s’adressant à Jacques Chirac et ses amis : "Mais bon sang, foutez la paix aux Français !"

Bernard Barraillé

Journalistes

Paul Valéry avait été étonné du nombre important d’artistes peintres sétois. Parmi les autres particularité de l’île singulière, il en est une autre assez étonnante : le nombre important de journalistes qui en sont issus. On ne rencontre cette spécificité nulle part ailleurs dans le département et même au-delà.

Dans les années 40, deux sétois faisaient les beaux jours de L’Eclair : Mourailles et le poète Francis Octave Balma qui signait Colibri ses chroniques. Après guerre, Roger Therond devint directeur de Paris Match où officiait un autre sétois Victor Laville. Tous deux utilisèrent leurs relations pour aider leur copain Georges Brassens à sortit de la misère et accéder à la gloire.
Toujours à Paris, Alain Rollat était une des grandes signatures du Monde.

A Sète, le bouzigot Paul Baqué dirigeait l’agence locale de Midi Libre mais son talent le faisait rapatrier à Montpellier où il devint grand reporter. De nombreux jeunes sétois débutèrent à l’agence sétoise de Midi Libre : Jacky Vilacèque, Jean-François Garcia, Philippe Mouret, Olivier Schlama mais leur talent étant évident, le siège de Montpellier les fit tous venir à la rédaction centrale.

Autre plume remarquable ; Paul-René Di Nitto qui après avoir présenté le journal des FR3 Montpellier devint à sa retraire chroniqueur du passé de Sète dans Midi Libre.

Deux autres sétois furent tout aussi remarquables : Pierre Lasne, dit Piero, qui créa « Le Petit sétois illustré », hebdomadaire satirique dont beaucoup ont la nostalgie. Mais devenu éditeur, Piero a abandonné le journalisme. Dommage…

Il y a aussi Pascal Granger, afficheur mais aussi bonne plume taquine, qui publié de temps à autres le truculent « Œil de Moscou ».

Que de talents journalistiques sont nés à Sète ! Comment expliquer cette prolifération?

Bernard Barraillé

A quoi sert un président de la République ?

Les français n’aiment plus l’actuel président de la République. Ils n’aimaient guère davantage son prédécesseur. Il y a gros à parier que le suivant ou la suivante deviendra, lui ou elle aussi, vite impopulaire. Dans ces conditions, avant de savoir pour qui voter,  ne serait-il pas utile de se poser une question préalable : à quoi sert le Président ?

Fait sur mesure pour le général de Gaulle, le costume de Président de la 5ème République apparaît, un demi siècle plus tard, bien grand pour ses successeurs et surtout bien mal adapté au contexte du 21ème siècle. Le destin du pays n’est plus entre ses seules mains. Il est certes élu par la nation toute entière mais quelle souveraineté incarne-t-il quand son pouvoir se trouve désormais partagé avec vingt-sept autres pays d’Europe. Quelles sont ses marges de manœuvre  quand des acteurs  aux poids considérables, institutionnels ou privés, assument une gouvernance de fait au niveau planétaire.

L’élection au suffrage universel directe d’un monarque absolu, franco-français, est-elle donc encore pertinente ?

En Europe, la France fait figure d'exception. Son président n’est soumis à aucun contrôle et n’est responsable que devant lui-même. En Grande Bretagne, en Espagne, en Suède et dans tous les royaumes, le roi ou la reine n'ont qu'une fonction symbolique de représentation. En Allemagne, en Italie et dans tous les autres pays républicains du continent, le président n'a qu’une autorité morale. Partout, le vrai pouvoir est exercé par le premier ministre ou son équivalent, le Chancelier en Allemagne ou le Président du Conseil en Italie. Dans toutes les démocraties d’Europe, le pouvoir est exercé par la représentation parlementaire qui désigne le premier ministre. Seule, la France accepte que son assemblée nationale ne soit qu’une chambre d’enregistrement des volontés du chef de l’état.

En Amérique, les Etats-Unis, république fédérale à l’échelle d’un continent, le président élu au suffrage indirect par les grands électeurs de chaque état, cumule le rôle de chef d’état et de premier ministre.

La théâtralisation de l'élection présidentielle française ne doit pas faire illusion. Dépassée, elle n’est démocratique qu’en apparence. La fonction présidentielle n’est plus que le poste couronnant la carrière d’un politicien professionnel.

Le débat d’idées est totalement vidé de sens au profit de l'apparence. Promesses inconsidérées, voire dangereuses et discours réducteurs font croire le temps d’une campagne électorale que des solutions simplistes suffisent à régler des problèmes complexes. La forme prime le fond. L’affect l’emporte sur le raisonnement. Le « look » des candidats ou leurs vies privées a valeur d’arguments. Slogans et incantations ont valeur de programmes. Les batailles d’ego  occultent les vrais enjeux.

Les français le supportent de moins en moins. Dans le contexte actuel de méfiance envers la politique, le risque est grand de voir un jour le système accoucher d’un despote, éclairé ou borné, à l’opposé de l’idéal démocratique de notre république.

Un escalier se balayant par le haut, il est alors grand temps d’attaquer le mille-feuille par le bon côté. Avant de supprimer des fonctionnaires par démagogie pour dégrader un peu plus nos hôpitaux, notre police et nos services publics en général, posons nous la question de savoir  s’il ne faut pas supprimer la fonction présidentielle sous sa forme monarchique actuelle.

Ne faudrait-il pas aussi se demander comment retrouver au sommet de l’état  des représentants qui redeviennent représentatifs de la volonté populaire?

Face aux problèmes posés à notre démocratie par la globalisation et par l’existence de l’Union européenne, la solution du repli est une vue de l’esprit. A l’heure où le seul cadre national est inopérant, ce n’est pas d’un monarque, fut-il républicain, dont nous avons besoin mais d’un premier ministre et d’un gouvernement ouverts sur le monde, capables de porter à Bruxelles les choix politiques des français pour reconstruire l’Europe.

Jacques Carles

Du « low cost » au local

1,2 milliard de touristes ont voyagé dans le monde l’an dernier. Le tourisme est un des secteurs économiques à la croissance la plus rapide de la planète.  En France, première destination touristique mondiale,  le secteur représente 8 % de l’emploi et 7 % du PIB national.

Grâce aux compagnies aériennes à bas coût de nombreux français ont la possibilité de connaître d’autres horizons et d’autres cultures. Il faut s’en réjouir. Mais derrière les cartes postales le tourisme de masse planétaire a aussi ses effets pervers : dégâts pour l’environnement, pillage des ressources naturelles au détriment des population, etc.

Pour quelques heures de plongée aux Maldives ce sont deux tonnes de CO2 que chaque touriste rejette dans l’atmosphère avec le kérosène consommé par son avion pour son aller-retour entre Paris et Malé. Pour un hôtel de luxe au Maroc avec sa piscine et sa pelouse  verdoyante ce sont des millions de litre d’eau qui sont gaspillés aux portes du désert.

 En contrepartie les retombées économiques sont faibles pour les pays fragiles : l’essentiel de l’argent du tourisme est capté par les intermédiaires et les chaînes internationales d’hôtellerie et de loisirs.  Dans la plupart des pays du sud on estime que les trois quarts des développements touristiques sont entre des mains étrangères.

Plus pervers encore, dans ces pays, le tourisme fait reculer les terres agricoles, les paysans ne nourrissent plus leur concitoyen et préfèrent vendre des souvenirs aux touristes. Des déséquilibres de toutes sortes  s’accentuent entre les poches touristiques et les campagnes. Les hôtels bien climatisés de Dakar se multiplient comme des petits pains alors que l’intérieur du pays doit bien souvent se contenter de s’éclairer à la bougie.

Le tourisme est aussi une source importante d’emplois mais dans les pays pauvres cet impact positif doit lui aussi être fortement nuancé : l’exploitation de personnels peu qualifiés y est la règle sans parler du travail des enfants ou des dérives du tourisme sexuel. Le magazine Alternatives économiques rapporte qu’à Cuba les jineteras (prostituées) sont mineures et un seul client représente l’équivalent de trois mois de salaire d’un enseignant.

Alors certes il faut voir du pays mais commençons par le nôtre.

Le Conseil Régional lance actuellement une nouvelle campagne pour promouvoir les richesses touristiques de notre région. Classée première en France en terme de fréquentation, l’Occitanie Pyrénées Méditerranée accueille chaque année plus de 30 millions de touristes. Cette activité génère 13 Mds € de consommation touristique, 1,42 Mds € d'investissements annuels et 108 000 emplois touristique.

Plus proche de nous encore le Département de l’Hérault soutient le développement d’un réseau de grands sites et de sites majeurs, d’un tourisme vigneron, et d’une gamme complète de loisirs de nature dans le cadre d’un Tourisme durable. Le Département soutient également l’hébergement touristique et agit en faveur de la qualité, reconnue par des labels.

Ces initiatives au bénéfice d’un tourisme de proximité doivent être saluées. Redécouvrir notre région, son patrimoine architectural, ses paysages et sa nature, sa gastronomie et sa culture est une aventure que nous pouvons renouveler sans cesse.

 Il n’est pas nécessaire de courir à l’autre bout du monde pour trouver la beauté et le bonheur. Il y a mieux à faire : privilégier la richesse accessible et saine de notre terroir.  Aux bas coûts illusoires des « tour operators », préférons le local  au low cost.

Jacques Carles

Pays de vieux, pays foutu ?

Au Japon, la vente des couches pour séniors est plus élevée que celles pour bébés et l’économie stagne depuis des années.

En France, nous n’en sommes pas encore là car le renouvellement des générations est presque assuré avec un taux de la natalité de 2 enfants par femme mais le pays vieillit néanmoins rapidement car la mortalité diminue grâce aux progrès de la science et à une politique de santé publique jusqu’alors préservée. En Languedoc-Roussillon, selon l’INSEE, en 2030, il y aura 89.300 personnes âgées ayant besoin d'aide pour accomplir les actes essentiels de la vie courante.

Ce vieillissement a des conséquences considérables.

Il est d’abord perçu comme un déclin face à la montée des pays jeunes. L’Europe vieillissante est globalement  immensément riche mais,  dans la plupart des pays européens,  les inégalités se creusent  et  les populations ont le sentiment que la chute est là.  Chacun craint de voir sombrer son pays, sa culture et lui avec.
L’autre, l’immigré ou le réfugié est alors perçu comme une menace d’autant plus forte que souffle un vent moyenâgeux de guerre de religions et de racisme.

C’est bien connu, plus on prend de l’âge et plus on craint le changement. La classe politique conservatrice au pouvoir est l’émanation de cette population majoritairement âgée qui a connu les 30 glorieuses, le plein emploi et la montée régulière du pouvoir d’achat. Cette population  a pour référence le passé. Chaque réforme lui faisant perdre chaque fois  un peu plus  de ses acquis, elle n’aspire à rien d’autre qu’au statut quo.

Les jeunes générations aspirent davantage au changement car ils réalisent que leurs aînés leur laissent en héritage une dette astronomique, une économie exsangue, des centrales nucléaires à problèmes et aucun projet d’avenir. Ils peuvent être  tentés par les extrêmes de droite ou de gauche. Mais ce que leur vendent les gourous populistes entrés en politique depuis des décennies n’a d’anti-système que le nom. Ce n’est pas un repli sur soi et un conservatisme encore plus accentué qui fera bouger la société. L’illusion aura tôt fait de se dissiper. Voter ne veut pas dire qu’il faut croire au miracle.

Alors que faire ? Que peut faire en particulier une jeunesse devenue minoritaire dans un pays où les grands-parents votent en plus grand nombre que les jeunes? 

La seule issue de la jeunesse est de reprendre confiance en l’avenir, d’entreprendre et de refaire des enfants pour redonner de la vitalité au pays et lui donner un nouvel élan.

Encore faut-il créer les conditions favorables pour créer ce dynamisme et consacrer de vrais moyens à la jeunesse et à leurs parents. Hélas, nos dirigeants préfèrent la guerre à l’amour. Ils dépensent des milliards d’euros en « opérations extérieures » : Lybie, Mali, Irak… Pour quels résultats ?

Quel leader politique obligera les élites vieillissantes à abandonner leur égoïsme et à penser au long terme pour les générations futures? Qui aura le courage  de mettre l’essentiel, la démographie, la famille et la jeunesse,  au cœur du débat électoral ?

Jacques Carles

 

Du travail

 En Extrême-Orient, les asiatiques voient leur salut dans le travail. Au Moyen-Orient, les fanatiques islamistes n’ont que faire du travail et voient leur salut dans la religion et le retour au moyen-âge. En occident, le travail disparaît ou change de nature.

Dans nos pays la fin de l’ère industrielle annonce sans doute la fin du salariat capable de procurer un revenu stable et une protection sociale.
L’entreprise d’aujourd’hui tend à transférer aux travailleurs le risque lié à l’activité économique. Après l’externalisation des services, la sous-traitance généralisée, les contractuels qui remplacent les salariés permanents, l’entreprise en vient à confier à des travailleurs « libres » les tâches qu’elle confiait jadis aux salariés, telles celles des chauffeurs Uber avec leurs terminaux mobiles reliés à l’internet.

Parallèlement, l’automatisation  des taches, l’intelligence artificielle et l’ensemble des nouvelles technologies détruisent des millions de postes de travail.

En France, contrairement à d’autres pays, la création d’emplois est insuffisante pour compenser cette déperdition. Le chômage de masse s’installe durablement et la précarité crée un climat anxiogène. Ceux qui ont encore un emploi se voient  assigner des objectifs de plus en plus difficiles à tenir. Leur travail devient source de frustrations ou de stress.

Sans perspective professionnelle, les salariés s’impliquent moins. Le travail  n’est plus une valeur en soi. Comme dans l’antiquité il est vécu comme la punition des esclaves.

Pendant ce temps les leaders politiques,  s’enlisent dans des débats secondaires autour de leur propres personnes, du burkini ou d’autres débats dits de société. Les nécessaires réformes que l’on nous présente pour moderniser l’économie ne sont bien souvent que de sombres reculs. Le libéralisme qu’on nous vend, loin d’apporter des libertés nouvelles aliène davantage qu’il n’émancipe. Avec  cette logique, le modèle de protection sociale qui attend, le travailleur devenu intérimaire dans une économie déclinante, est, dans le meilleur des cas, celui des intermittents du spectacle.

La vérité c ‘est que la mondialisation et les nouvelles technologies annoncent  un changement de civilisation aussi important que celui qu’a connu l’espèce humaine avec la maitrise de l’agriculture il y a quelque 10.000 ans

Face à une telle mutation, la France ne peut pas se contenter de  protéger l’environnement. A quoi bon faire de notre pays un musée écologique si on est  incapable de travailler pour payer les importations des biens indispensables à notre vie quotidienne.

Investir massivement dans les infrastructures et les industries de demain est une impérieuse nécessité pour retrouver des emplois de qualité. Investir tout aussi massivement dans les hommes, l’éducation, la recherche et l’innovation est plus essentielle encore.

Aucun des très nombreux candidats à la présidence de la république que l’on entend en ce moment, ne parle sérieusement d’investir. Tous se limitent à des surenchères démagogiques à courte vue. C’est pourtant en investissant que l’on retrouvera « le travail,  ce pain nourricier des grandes nations »  comme le disait déjà Mirabeau en 1789.

Jacques Carles

Les idées sont plus fortes que les armes

Sur les terres du Grand montpelliérain comme partout en France, les hommages de la population aux victimes de Nice ont été unanimes. En revanche, les polémiques engagées par les dirigeants nationaux  illustrent dramatiquement leur incapacité collective à se placer au bon niveau pour analyser la situation et prendre les bonnes décisions. La démagogie et les arrières-pensées politiciennes prennent le pas sur  tout le reste.

Accroître les moyens alloués aux services de police et de renseignement sont indispensables mais il faut être conscient que derrière le terrorisme se cache  l’ensemble des causes dont le terrorisme est la résultante. C’est donc aussi aux causes qu’il faut s’attaquer pour gagner la bataille

Depuis 70 ans, les conflits au Moyen-orient servent de terreau au terrorisme. Les interventions irresponsables de Bush en Irak ou de Sarkozy en Libye n’ont fait qu’aggraver  la situation. Pour les populations locales, les dommages collatéraux des bombardements sont tout aussi inhumains que les attentats en Europe. Ecraser Daesh militairement ne résoudra pas le problème. Le terrorisme repoussera ailleurs et particulièrement en Europe où le ferment existe déjà. Intensifier les bombardements dès le lendemain de l’attentat est une réaction viscérale qui ne sert qu’à donner à l’ennemi une importance qu’il n’a pas et qui incite d’autres fanatiques à perpétrer de nouveaux crimes. Comme le rappelle le général Pierre de Villiers, chef d’État-major des armées : « Une stratégie fondée sur les seuls effets militaires ne pourra jamais agir sur les racines de la violence lorsque celles-ci s’inscrivent dans le manque d’espoir, de justice, de développement, de gouvernance, de considération ».

En France, ce n’est pas la misère qui amène un  individu au terrorisme. C’est le mal être, la frustration et bien souvent le manque de courage personnel. Tous les immigrés et fils d’émigrés ne deviennent pas des criminels. Loin s’en faut. Des milliers ont réussi leur vie à force de travail et de volonté. Ils sont devenus ingénieurs, médecins, professeurs, artisans, artistes, chefs d’entreprise, infirmiers, techniciens, ouvriers qualifiés, journalistes…  Ils ne se sont pas regardés le nombril et posés en victimes permanentes. Ils ont saisi la chance de vivre dans une république qui offre à ses enfants l’école laïque et gratuite. Les médias doivent valoriser ces parcours individuels et arrêter les discours négatifs contre les musulmans sans discernement qui rappellent les discours contre les juifs des années 1930

Le fanatique religieux est un faible -  parfois même un faible d’esprit - devenu le jouet d’un clergé haineux qui lui offre un sens à une existence faite jusque-là de vide ou d’échecs. Sa certitude d’agir pour une cause juste lui donne sa raison de vivre, de tuer et de mourir. La menace d’une déchéance de nationalité apparaît alors bien dérisoire pour l’arrêter sur la route vers le paradis éternel que lui promettent les prédicateurs. Les jeunes qui se sentent rejetés dans les banlieues sont les plus vulnérables mais on trouve aussi des névrosés sans croyance bien nette ou des jeunes en quête d’idéal dans une société dominée par l’argent. Ces derniers trouvent dans la religion ce qu’en d’autres temps leurs aînés trouvaient dans l’illusion du bolchévisme. Dieu a remplacé Staline.

Par angélisme, par laxisme, voire par calcul électoraliste, la tolérance, valeur essentielle de la démocratie,  est devenue complaisance envers l’islam radical. Il est grand temps de réagir avec vigueur et de ne plus accepter les discours  qui dénigrent notre pays et nos façons de vivre. C’est en restant fidèles à nos valeurs que nous gagnerons le combat contre le fanatisme.

La liberté et la laïcité sont les premières d’entre elles. Ce sont elles qui permettent aux musulmans de notre pays de pratiquer leur religion sereinement. Les minorités d’Arabie saoudite n’ont pas cette chance.
L’égalité, une égalité réelle avec son corollaire l’équité,  est une autre valeur à retrouver tant il est évident que les inégalités trop fortes et les injustices ne peuvent qu’engendrer la violence dans la société.

Enfin, comme le proclame l’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’homme : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité » . Cette utopie française de fraternité adoptée par l'Assemblée générale des Nations unies en 1948 nous vient du siècle des Lumières. Elle reste encore à construire en grande partie mais les enjeux sociétaux ou climatiques d’aujourd’hui en font une nécessité pour toute civilisation humaine.

Pour combattre l’obscurantisme et le terrorisme, la force, pour nécessaire qu’elle soit, ne suffira pas. Il nous faut redonner un lustre aux valeurs qui ont fondé la République. Il nous faut gagner la guerre des idées et des idéaux.

 Jacques Carles

Intégration ou désintégration

 Avec les derniers crimes des illuminés de la guerre sainte, le climat de guerre civile  se renforce un peu plus en France.

 En abandonnant les valeurs de la république laïque une et indivisible, nos représentants, par faiblesse ou simplement pour assurer leurs élections, sont pour partie responsables de cette situation. Les hommes d’état ont disparu pour laisser la place aux politiques faisant carrière
Par laxisme ou par calcul ces derniers ont fait rentrer la religion dans la sphère publique offrant un  boulevard  pour le retour des idées délétères de l’extrémisme et du racisme.

 La France n’est pas une réalité ethnique fondée sur la pureté du sang. Elle est une réalité politique qui a eu le génie de regrouper bretons, alsaciens, occitan, basques, catalans, savoyards, etc. autour de valeurs républicaines. Ce sont ces valeurs qui lui ont permis d’attirer puis d’assimiler les dernières générations arrivées au 20ème siècle.

 Partout dans le monde l’immigration a toujours eu un effet positif pour le pays accueillant.
Ce fut le cas dans notre Languedoc.  Sète,  avec son port créé à la même époque que New-York,  est ouvert sur le monde depuis au moins 350 ans. Sa population est pour  une bonne part issue de flux migratoires ininterrompus depuis le  17ème siècle. Le phénomène s’est accéléré ces dernières décennies sur l’ensemble du midi avec l’arrivée de pieds-noirs et aujourd’hui avec l’attractivité croissante de Montpellier, des jeunes du monde entier viennent étudier dans nos universités et de nombreux entrepreneurs étrangers s’y installent et réussissent.

Aujourd’hui,  outre le français au moins sept langues sont parlées couramment sur le littoral héraultais, chacune par des centaines de personnes : l’espagnol, l’anglais, l’arabe, le néerlandais, l’allemand, l’italien, et le portugais. D’autres langues, comme le russe, le serbe, le polonais, le vietnamien ou le chinois,  sont parlées par un nombre significatif d’habitants.

Ce multilinguisme peut devenir un vrai trésor pour l'économie locale et l'intégration sociale.

En 2016, ici comme ailleurs, l’immigration est toujours une richesse potentielle. Encore faut-il le  courage politique pour qu’elle s’exprime réellement.

Le  courage politique c’est d’adapter le flux migratoire à nos moyens pour accueillir dignement les nouveaux arrivants et leur permettre d’apporter leur pierre à l’édifice commun. Le courage politique c’est de combattre toute forme de communautarisme qui conduit dans certains quartiers  à substituer une population par une autre. Le courage politique c’est de prendre les mesures pour que la continuité culturelle soit assurée et que ne s’instaure pas des ghettos où la loi maffieuse finit par remplacer la loi de la république.

Sans une politique active d’intégration et de fermeté sur nos valeurs, c’est la république elle-même qui sera désintégrée.

Jacques Carles

 

Mais où va la culture ?

Quand l'actualité se télescope avec la programmation du festival de Radio France Montpellier - Occitanie

Dernièrement, sur les ondes de France Musique, Jean-Pierre Rousseau, directeur du festival, dut justifier le maintien des concerts qui maillent le festival de musique de Montpellier et sa métropole. Malgré le deuil national instauré par l'Etat français, et le concert FIP annulé sur le parvis Georges Frêche samedi 16 juillet au lendemain de l'attentat de Nice, tous les concerts sont maintenus. In extremis, celui de la 5ème symphonie de Beethoven, hymne d'espoir et de vie, fut organisé au pied levé par l'orchestre national de Montpellier rassemblant un énorme public venu rendre hommage aux victimes de Nice.

Dès le vendredi 15 juillet, une minute de silence fut observée au Corum salle Berlioz avant l'opéra concert « Zoroastre » donné par le groupe Pygmalion. Elle fut répétée le mardi 18 juillet au Corum, salle Berlioz toujours peu avant le concert du pianiste Folrian Noack et un peu partout dans les communes héraultaises. Avec le thème de l'Orient qui traverse le festival jusqu'au 26 juillet 2016, on découvre ces musiques qui n'ont rien à voir avec le fanatisme. Le concerto pour piano Gezi Park I déjà joué par Fazil Say lui-même l'an dernier et redonné cette année dans une adaptation pour 2 pianos et des percussions lors du concert Alla Turca de lundi soir fut écrit en hommage aux jeunes Turcs tués par le policiers lors d'une manifestation en 2013, il résonna comme jamais avec l'actualité de ces derniers jours. Un peu avant dans l'après midi, la délicate voix d'Amel Brahim-Djelloul et l'oud de Marc Loopuyt ethnomusicologue ont dévoilé les multiples facettes d'un Orient lumineux, empreint de douceur et de raffinement.

La musique est une production universelle qui se moque des frontières, les musiques s'irriguent les unes les autres, s'enrichissant de nouveautés. Ce soir, nous écouterons les danses hongroises de Brahms inspirés par les danses tziganes. Le concerto pour percussions de Tan DUN entendu hier soir recèle des influences de musique européenne, ne serait-ce que sa construction en 3 mouvements typique du concerto ainsi que certaines phrases mélodiques. Entre une œuvre de plain-chant et une mélopée orientale, on rerouve certaines similitudes, c'est encore plus net entre l'art du chant corse et celui de chants orientaux.

Afin de rassurer le public sur les concerts à venir, il faut savoir que les artistes des futures soirées consacrées au thème de l'Orient sont arrivés à Montpellier. Thomas Enhco resté bloqué à Istambul est déjà en répétition pour le concert de mardi 19 juillet au soir, les stars de la soirée Iris du mardi 26 avec Sonia Yoncheva et à la direction Domingo Hindoyan maintiennent eux aussi leur concert. Il ne faut pas oublier que ces musiciens ont travaillé pour nous offrir ces concerts et que tout travail mérite salaire.

A.K