Intégration ou désintégration

 Avec les derniers crimes des illuminés de la guerre sainte, le climat de guerre civile  se renforce un peu plus en France.

 En abandonnant les valeurs de la république laïque une et indivisible, nos représentants, par faiblesse ou simplement pour assurer leurs élections, sont pour partie responsables de cette situation. Les hommes d’état ont disparu pour laisser la place aux politiques faisant carrière
Par laxisme ou par calcul ces derniers ont fait rentrer la religion dans la sphère publique offrant un  boulevard  pour le retour des idées délétères de l’extrémisme et du racisme.

 La France n’est pas une réalité ethnique fondée sur la pureté du sang. Elle est une réalité politique qui a eu le génie de regrouper bretons, alsaciens, occitan, basques, catalans, savoyards, etc. autour de valeurs républicaines. Ce sont ces valeurs qui lui ont permis d’attirer puis d’assimiler les dernières générations arrivées au 20ème siècle.

 Partout dans le monde l’immigration a toujours eu un effet positif pour le pays accueillant.
Ce fut le cas dans notre Languedoc.  Sète,  avec son port créé à la même époque que New-York,  est ouvert sur le monde depuis au moins 350 ans. Sa population est pour  une bonne part issue de flux migratoires ininterrompus depuis le  17ème siècle. Le phénomène s’est accéléré ces dernières décennies sur l’ensemble du midi avec l’arrivée de pieds-noirs et aujourd’hui avec l’attractivité croissante de Montpellier, des jeunes du monde entier viennent étudier dans nos universités et de nombreux entrepreneurs étrangers s’y installent et réussissent.

Aujourd’hui,  outre le français au moins sept langues sont parlées couramment sur le littoral héraultais, chacune par des centaines de personnes : l’espagnol, l’anglais, l’arabe, le néerlandais, l’allemand, l’italien, et le portugais. D’autres langues, comme le russe, le serbe, le polonais, le vietnamien ou le chinois,  sont parlées par un nombre significatif d’habitants.

Ce multilinguisme peut devenir un vrai trésor pour l'économie locale et l'intégration sociale.

En 2016, ici comme ailleurs, l’immigration est toujours une richesse potentielle. Encore faut-il le  courage politique pour qu’elle s’exprime réellement.

Le  courage politique c’est d’adapter le flux migratoire à nos moyens pour accueillir dignement les nouveaux arrivants et leur permettre d’apporter leur pierre à l’édifice commun. Le courage politique c’est de combattre toute forme de communautarisme qui conduit dans certains quartiers  à substituer une population par une autre. Le courage politique c’est de prendre les mesures pour que la continuité culturelle soit assurée et que ne s’instaure pas des ghettos où la loi maffieuse finit par remplacer la loi de la république.

Sans une politique active d’intégration et de fermeté sur nos valeurs, c’est la république elle-même qui sera désintégrée.

Jacques Carles