Accusations

C’est fou ce qu’on trouve en ce moment de procureurs et dénonciateurs divers et variés. C’est à qui dénoncera telle pratique ou telle corporation. Derniers en date à être montrés du doigt et du bras vengeur : les pêcheurs plaisanciers dans les canaux et en mer, chasseurs sous-marins compris. Ifremer les accuse de vider la mer de ses poissons ! Nos braves pescofis n’en reviennent pas. Les voilà mis au rang des gros chalutiers et de leurs immenses filets. On pourrait en rire mais les plus avertis voient là un prélude à l’instauration du permis de pêche en mer. Jusque là gratuit, cette pêche échappait à l’onéreux permis qui, depuis toujours, frappe les pêcheurs en rivières et en lacs. Déjà, l’amarrage des petits bateaux dans les canaux, gratuits jusque la; est en train de devenir payant. Gratuité est un mot qui hérisse les gouvernants.

Autre cible à la mode : les maires accusés de trop construire et de favoriser les promoteurs. En cette période pré-électorale, c’est même l’argument favori des opposants candidats au fauteuil si convoité de premier magistrat. Souvent, ce sont les mêmes qui militent pour le droit au logement. J’ai bien aimé la réflexion de la pétulante Marion Devineau, sétoise qui a inventé le soutien critique à la majorité dont elle est l’élue : « Ils râlent contre le béton, mais veulent accueillir toute la misère du monde. Ils envisagent comment, alors… Des tentes pour tous, des camping-cars ? » On ne saurait mieux dire… …

Bernard Barraillé