Le député idéal

Dans la vie ordinaire, le vrai patron est celui qui paye. C’est celui qui décide d’augmenter votre salaire ou de vous licencier. Dans la vie politique, c’est un peu la même chose. Le vrai patron, celui qui recrute les députés en CDD de 5 ans et qui les paye, avec ses impôts et ses taxes, c’est le peuple, c’est-à-dire vous et moi.

La représentation parlementaire est indispensable à la démocratie. Un bon député est donc utile mais ceci dit il coûte très cher. On estime qu’il revient à plusieurs centaines de milliers d’euros par an en prenant en compte son salaire, ses frais de fonctionnement, ses avantages annexes et le personnel qui l’assiste. C’est une dépense très importante et donc mieux vaut ne pas se tromper et rechercher le meilleur rapport qualité/prix possible au moment du vote.

Les députés représentent le peuple et contrôlent l’action du gouvernement. Ils font surtout des lois. C’est leur rôle principal. Ils en votent d’ailleurs beaucoup mais, selon les législatures, entre une loi sur trois et une loi sur deux n’est jamais mise en œuvre, faute de décret d'application. C’est beaucoup de temps perdu pour rien si ce n’est pour tirer parti des effets d’annonce.

Tous les députés ne se valent pas. Certains sont souvent absents de l’Assemblée, d’autres ne produisent aucune proposition de loi, aucun rapport et ne lisent même pas les dossiers qu’on leur prépare : ils se contentent de voter selon les consignes du groupe dont ils dépendent.

A l’évidence de grosses économies sont donc possibles. Réduire le nombre des députés apparaît alors comme une mesure de saine gestion.

Mais au-delà du nombre souhaitable de nos représentants, quel est le profil idéal du bon député ?

La politique ne doit pas être une opportunité de carrière mais un engagement au service de la nation. Un bon député ne devrait donc pas être un politicien de profession et sa mission devrait être limitée dans le temps à une ou deux mandatures.
Un député, en place pendant des décennies, perd toute authenticité. Il finit par savoir ce qu’il faut dire pour être réélu sans avoir besoin de donner du sens à ce qu’il dit. Son objectif premier devient de préserver son emploi et son train de vie.

Par ailleurs la politique doit rester une activité noble, essentielle à la préparation de l’avenir. Les exemples récents que nous avons connus montrent que les élus corrompus n’ont plus leurs places dans le jeu démocratique.

Si l’intégrité est une qualité incontournable pour un député, il doit également être compétent Un bon député doit avoir une expérience réussie de la vie réelle. Il doit avoir exercé un métier en dehors du militantisme et avoir connu les conditions de vie et les expériences ordinaires d’un citoyen adulte. Une fois sa mission terminée pour le bien commun, il devrait pouvoir retrouver son activité professionnelle d’origine ou toute autre activité de son choix en dehors du champ politique.
Le devoir d’un député, élu d’un territoire, est aussi de se faire l’écho des préoccupations de sa circonscription. S’il doit toujours donner du sens à son action et garder un cap, il ne peut le faire indépendamment de l’avis des citoyens et des citoyennes. Il doit donc dialoguer avec eux et savoir faire entendre leurs voix non par démagogie mais pour que l’action politique profite réellement au bien commun.
Enfin, le bon député reste concentré sur sa mission et garde ses convictions, ce qui demande souvent du courage. Il attache davantage de prix aux résultats de son travail pour ses concitoyens qu’aux retombées médiatiques de sa communication. Bref il agit, il refuse le facile et ne brasse pas du vent.

Jacques Carles