Il n’est de richesses que d’hommes

Beaucoup voient dans le tourisme la panacée pour l’avenir du Languedoc-Roussillon. 

Certes les bienfaits du tourisme ne sont plus à démontrer en terme d’emplois et de revenus, mais est-ce bien raisonnable de mettre tous ses œufs dans le même panier ?

Le tout tourisme a aussi ses effets négatifs.
Une bonne part des coûts des infrastructures et des services liés au tourisme est supportée par ceux qui ne tirent aucun avantage de cette activité.
Outre les taxes et les impôts locaux qui s’accumulent, les habitants doivent faire face à l’augmentation des loyers ou du prix du foncier, ils doivent s’accommoder du trafic automobile étouffant et de l’impact de plus en plus visible de la pollution sur terre comme sur mer.
Les emplois créés pour les locaux sont généralement des emplois peu qualifiés, souvent précaires tandis qu’une bonne partie des sommes investies pour developper les infrastructure échappent aux populations locales et vont simplement grossir les profits de sociétés étrangères à la région.
Enfin la concurrence pour l’usage du sol entre l’agriculture et tourisme provoque une augmentation des prix qui rend la terre inaccessible aux producteurs locaux.
Dans leurs projets, certains confondent l'industrie des hôtels et des congrès avec le vrai tourisme, celui qui motive un voyage de vacances ou un long week-end. D’autres ne rêvent que de marinas géantes ou d’implanter un de ces éléphants blancs dont la France a le secret.
Sous le faux prétexte de développement économique le risque est grand de ne voir au bout du compte qu’une simple politique de bétonnage et de création de structures artificielles.

Alors, oui, développons le tourisme mais de façon raisonnable.
Ne sous-estimons pas l’importance des activités traditionnelles. Pensons aux immenses perspectives offertes par les industries culturelles et les industries immatérielles des nouvelles technologies peu gourmandes en capitaux.
Il n’est de richesses que d’hommes affirmait déjà Jean Bodin au XVIème siècle. Identifions les créateurs et les porteurs de projets. Aidons les. Et pour ces entrepreneurs qui ne sont pas encore chez nous, allons les chercher et séduisons les pour venir s’épanouir et créer emplois et richesses dans un pays où il fait bon vivre.

Jacques Carles