Un tourisme presque parfait/An almost perfect tourism business...

Un tourisme presque parfait...

Dans notre monde globalisé, plus d’un milliard de touristes devraient franchir une frontière en 2017. Ils n’étaient que 25 millions à le faire en 1950. Le tourisme représente aujourd’hui 9% de l’économie mondiale, soit un emploi sur onze.

La France reste la première destination mondiale depuis plus de 40 ans. Le tourisme est le premier poste de la balance des paiements de notre pays, il représente plus de 7% du PIB et emploie directement ou indirectement 2,2 millions de personnes. Près d’un emploi sur deux nouvellement créé l’est dans le secteur touristique.

Tout n’est pas rose pour autant. Si la France reste le pays le plus visité, elle est en perte de vitesse. Elle n’est plus qu’à la quatrième place dans le classement mondial en terme de revenus. Dans les 15 dernières années, le chiffre d’affaires du tourisme a crû de 68% en France quand il augmentait de 111% en Espagne et de 132% en Allemagne. Ainsi le nombre de touristes chinois venant en France augmente bien moins vite que chez nos voisins les plus proches. Un constat qui devrait nous inciter à réfléchir quand on sait que les chinois sont devenus les premiers touristes internationaux avec presque 200 milliards de dollars dépensés l’an dernier.

Les pays émergents envoient de nouveaux touristes mais ils deviennent aussi des concurrents sérieux.

En Chine, Shanghai devient un haut lieu du tourisme culturel. Avec son marché de l’art, le deuxième du monde, il rayonne aujourd’hui au même titre que Paris, Londres ou New-York au siècle dernier.

Entre l’Asie et l’Europe, Abu Dhabi s’affirme comme une nouvelle destination de choix. Son quartier culturel, sur l’île de Saadiyat, acquiert une attractivité d’une ampleur sans précédent, avec le Musée national Zayed, un gigantesque centre d’art contemporain, le Guggenheim Abu Dhabi de FrankGehry et le Louvre Abu Dhabi de Jean Nouvel. Du ski dans le désert aux marinas futuristes en passant par les hôtels de prestige, l’émirat draine une clientèle planétaire haut de gamme. Et pour compléter le tout, l’université Paris Sorbonne Abu Dhabi et des dizaines de grandes écoles de rang international y attirent des étudiants étrangers par milliers.

En Occitanie, nos élus locaux les plus dynamiques ont senti la menace et ont compris que notre potentiel touristique, fut-il le plus exceptionnel, ne vaudrait pas grand chose sans une image positive et un environnement adapté : accessibilité aérienne, maritime et terrestre, sécurité, accueil professionnel en français et dans la langue de nos visiteurs ou au minimum en anglais, animations culturelles et de loisirs variées et de qualité.

Ces responsables d’avant-garde utilisent les outils de communication modernes, conscient que l’internet était devenu le premier pourvoyeur de ventes en ligne et que les nouvelles technologies, avec la réalité virtuelles et les spectacles qu’elles produisent devenaient à leur tour un produit touristique en tant que tel.

Pour rendre les flux moins saisonniers, ils jouent aussi intelligemment la carte dela diversification : tourisme culturel, tourisme d’activités physiques et sportives, tourisme de découverte et de nature, tourisme de bien-être et de santé, tourisme de jeux et de divertissement, tourisme œnogastronomique porteur de signes d’authenticité et de traditions, etc.

Les professionnels du secteur quant à eux ne sont pas en reste et font la preuve de leur capacité de générer de la créativité et de l’innovation, levier essentiel de toute économie, comme l’illustrent les huîtres Tarbouriech à Marseillan ou les Thermes à Balaruc-les-bains.

Notre territoire a donc des atouts indéniables, si les mesures annoncées fin juillet par le gouvernement pour renforcer l’attractivité touristique de notre pays sont réellement mises en œuvre : formation des personnels et revalorisation de leur travail, financement des équipements adaptés aux rythmes saisonniers, environnement fiscal qui ne soit pas un handicap par rapport à la concurrence internationale, etc.

Encore faut-il que nos concitoyens servent notre image collective par leur comportement au quotidien, qu’ils respectent notre nature, qu’ils évitent de jeter n’importe où leurs détritus, qu’ils soient courtois et polis, bref qu’ils aient un sens civique et qu’ils donnent l’exemple .

Enfin, il importe d’être conscient que notre territoire singulier vit à présent dans un monde pluriel et que notre culture ne prendra toute sa valeur qu’en reconnaissant et en respectant celles des autres. La diversité des hommes et de leur histoire, loin de nous faire perdre notre moi, doit alors nous donner l’envie de participer à l’aventure humaine dans son ensemble en partageant ici, chez nous, cet art de vivre dont nous sommes si fiers à juste titre.

Jacques Carles / Florence de Martino

 

An almost perfect tourism business...

In our globalized world, over a billion of tourists should cross a border by 2017. They only were 25 millions to do so in 1950. Tourism today represents 9% of worldwide economy, which means one job out of eleven.

France remains the first destination for over 40 years. Tourism represents over 7% of our economy and employs directly or indirectly 2,2 million people. 1 job out of two is created within the touristic industry.

Not everything is ideal however. Although France is still the most visited country, it's losing its first place... It's the 4th country in terms of revenues generated by tourism. Within the past fifteen years, Tourism turnover has increased in France by 68%, whereas Spain's increased by 111% and 132% in Germany. As an example, Chinese tourists tend to visit more often our neighbours than France. This fact should make us think it over when you think that Chinese tourists are the first international clients in terms of spending with almost 200 billions dollars spent last year.

Emerging countries send new tourists but they also become serious competitors.

In China, Shanghai has become a highly touristic place in terms of cultural sites to visit. With its art market, the second most important in the world, it's as high as Paris, New York, or London.

Between Asia and Europe, Abu Dhabi also imposes itself as a destination. Its cultural quarter, on the island of Saadiyat, enormously attracts with its national Zayed museum, a gigantic contemporary art museum, Frank Gehry's Guggenheim Abu Dhabi and the Jean Nouvel's Abu Dhabi Louvre. From skiing in the desert to futuristic marinas through prestigious hotels, the Emirates have been able to attract a highly prestigious clientele. And to complete the picture, Abu Dhabi's Paris Sorbonne and dozens of highly prestigious schools have been able to attract foreign students by thousands.

In Occitania, our most dynamic local elected politicians have felt the threat and understood that our tourism potential would be nothing without a positive image or an adapted environment: an easy access thanks to airlines, roads and boats, security, professional welcome in French and in our visitors' languages, or at least in English, various cultural and leisure activities of high quality.

Those avant-garde people in charge use modern communication tools, understanding that the Internet is the first online seller and that new technologies, with virtual reality, produce shows and have become a touristic product on their own.

In order to get people all over the year, they also smartly play the hand of diversification: cultural tourism, sport activities, discovery and nature tourism, health and well being tourism, wine and gastronomic tourism...

Other professionals also use their imagination and produce creative and innovative “products” such as Tarbouriech oysters in Marseillan and Balaruc-les-bains thermal baths.

Our territory therefore has obvious assets, if the political decisions announced late July by the government in order to reinforce touristic activity in our country are really voted: that is training its agents, financing equipments adapted to seasonal rhythms, and maintaining the fiscal environment so as to prevent it from being a handicap compared to international competition.

And if possible, it would be nice if our French citizens contributed everyday to this collective image by respecting nature, stopping throwing anything here and there, being polite and courteous. In other terms, it’s their duty to start giving the right example.

As a conclusion, it's important for us to recognize that we live in a plural world and that our culture will only be attractive if we recognize and respect that of others. Men diversity and their history, far from frightening us, should inspire us to share this human adventure as a whole by sharing, here, in our Occitanie, this « art de vivre » that we are rightly proud of.

Jacques Carles / Florence de Martino

 

 

» autres éditorials

Morts d'été

Entre Béziers et Montpellier, il n’est pas de jour où on est à déplorer un accident grave en période d’été. Alors que les accidents de sortie de boite ont presque disparu grâce à l’action de la prévention routière et à la collaboration des patrons de discothèques, on déplore quotidiennement des chocs entre voitures. L’alcool n’est plus en cause mais on constate chaque fois un manque de vigilance des conducteurs. L’insouciance des vacances a de bien terribles conséquences.
Autre fléau d’été : les noyades. Dans notre région, on en comptabilise une dizaine  depuis le début de l’été. Cela malgré la présence des secouristes et autres garde-plages nombreux sur notre littoral, de Palavas à Valras. Souvent, ce sont des hommes âgés qui en sont les victimes car ils préjugent de leurs forces et ne comprennent pas que le poids des ans ne leur permet plus les performances de leur jeunesse.
Alors, comment mettre un terme à ces tragiques bilans ? Répéter sans cesse les conseils de prudence afin que l’été ne soit plus meurtrier.

Bernard Barraillé

La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe,  les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité  écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.

Selon l’INSEE, la France compte  près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%, tout comme en Grèce.

Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans interrogés sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur.  Lors des récentes élections présidentielles, seule une minorité de jeunes s’est rendue aux urnes et parmi eux 60% ont voté pour les extrêmes.

Cette défiance entre la classe dirigeante et la jeunesse est révélatrice du divorce entre les élites installées et les nouvelles générations. Elle explique aussi pourquoi les syndicats et les partis ne parviennent plus à mobiliser à leur profit ce potentiel de révolte.  Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les mouvements organisés en coordinations ou en collectifs selon des modèles de démocratie directe.

Pour ces enfants de la société de consommation, l’accès à l’emploi, au confort matériel et à des rémunérations décentes sont des évidences à défendre. Ils ne renoncent pas pour autant aux valeurs fondamentales de la République. Ils aspirent à un idéal de justice et d’équité. Ils veulent s’épanouir et vivre le mieux possible mais pas au détriment des autres. Ils redécouvrent les vertus de la solidarité. Enfin, contrairement aux idéologues, ils prônent la tolérance et non l’uniformité des mœurs et des esprits.
Comme dans le passé les jeunes d’aujourd’hui souhaitent se réaliser et participer utilement à la vie de la société. Ils supportent donc de plus en plus mal cette longue période de marginalité  qui leur est imposée entre la fin des études et l'obtention d'un emploi stable.

La nouvelle équipe au pouvoir semble avoir les moyens et les compétences pour faire bouger les lignes mais le risque est grand qu’elle ne le fasse qu’au seul nom de la rationalité économique.
Certes il est grand temps de retrouver une gestion efficace de la dépense publique et de redonner toute sa place à la valeur travail mais la République ne saurait se réduire à des concepts de productivité ou de flexibilité.

 Si le réalisme économique s’impose à l’État et aux citoyens, le “marché” ne peut être le seul fondement de la puissance publique. Les logiques de compétition et de contraintes qui conduisent à l’exclusion des plus faibles et aux conflits ne sont plus les seules à retenir. Les nouvelles générations sont davantage motivées par les valeurs de liberté, d’initiative, de coopération, de convivialité, de projets  et de créations de lien social. Ces valeurs sont précisément celles de l’économie moderne qui crée les richesses et les emplois de demain.

Ces valeurs vont se généraliser et s’imposer dans un monde en mutation permanente où les technologies, les objets, les organisations, les métiers ne cessent d’évoluer. Nous vivons une époque de changements mais aussi un changement d’époque.

Face aux mutations incessantes de notre société, le rôle de l’État doit être de maintenir la pérennité des valeurs de la République et de garantir aux citoyens la sécurité nécessaire à la construction de leur avenir et donc de celui de la nation. Le nouveau Président et son gouvernement semblent décider à œuvrer en ce sens.  Dont acte ! Il y a urgence à agir : tout laisse à penser que la cocotte-minute va bientôt commencer de siffler.

Jacques Carles

Champions

Elle est très loin l’époque où Béziers dominait le rugby français. Elle est encore plus loin l’époque où Sète était le club numéro un du football.
Actuellement, c’est le Montpellier de Loulou Nicollin qui domine le sport régional tandis que le handball de Patrice Canayer domine son championnat. Il y a aussi parmi les meilleurs les volleyeurs de l’Arago de Sète et les volleyeuses de Béziers .
Mais par rapport au passé, le sport est présent dans toutes les communes de notre région. En football comme en rugby, même les plus petites communes ont leur équipe, fidèlement suivie par les supporters. C’est là un progrès incontestable que cette pratique sportive généralisée/ Tous les sports sont représentés entre Béziers et Montpellier et surtout à Sète où les joutes ne sont pas, loin de là, le seul sport pratiqué.
Et n’oublions pas les basketteuses de Lattes, plusieurs fois championnes de France. Du Biterrois au Montpelliérain en passant par les pays de Thau, la pratique sportive ne cesse de se développer chez les jeunes comme les moins jeunes. Bravo à tous.

Bernard Barraillé

Canicule

Il existe de nombreux moyens de lutter contre la canicule. Mais le plus usité est la baignade. De Vias à Palavas, nos plages sont bondées de baigneurs qui batifolent dans les vagues. Mais il est une autre façon d’échapper à la chaleur et de goûter la fraîcheur des eaux : c’est la baignade en rivière. De Béziers à Montpellier, notre arrière-pays ne manque pas de jolis coins aux eaux accueillantes.

 Les plus remarquables se trouvent dans les Gorges de l’Hérault. Il suffit de se rendre vers Saint Guilhem le Desert  et de prendre la direction de St Bauzille de Putois. Tout au long de ces 20 kilomètres, de multiples arrêts sont possibles. Vous y trouverez de l’ombre et une eau réchauffée par un soleil ardent. Loin des foules maritimes, vous pourrez y trouver un calme complet propice aux siestes bucoliques.

 Un autre coin prisé des connaisseurs ; la vallée de la Vis, que l’on prend à Ganges et que l’on remonte jusqu’au cirque de Navacelles. Là aussi, des centaines d’endroits vous attendent pour vous y rafraîchir.

 Citons aussi le Vidourle à St Hyppolite du Fort et le joli ruisseau à St Jean de Bruel.

Bons bains !

 Bernard Barraillé

Vélo : la mobilité douce pour créer de l’emploi

Ce premier week-end de juin était marqué par la fête du vélo. Chez nous, l’énorme succès rencontré par le tour de Thau organisé  par la ville de Marseillan et son club cycliste témoigne de l’intérêt  de nos concitoyens pour la petite reine.

L’invention du vélo date de  1807. Deux siècles plus tard, après de multiples évolutions et des progrès techniques considérables, le vélo n’a jamais été aussi  riche d’avenir. 

Porté par le dynamisme de l’électrique et du tout terrain la filière est en plein boom. En 2016,   plus de 3 millions de cycles se sont vendus en France pour un chiffre d’affaires qui dépasse à présent le milliard d’euros (+6% par rapport à l’année précédente). Il se vend aujourd’hui 50% de plus de vélo que de voitures.

Autre bonne nouvelle : les Français semblent privilégier l’achat de vélos de meilleure qualité et innovants ce qui fait qu’aujourd’hui un quart des vélos vendus dans notre pays sont fabriqués en France. C’est notamment le cas des vélos à assistance électrique dont la croissance est phénoménale : +33% l’an dernier ! Il est vrai que le vélo électrique est moins cher qu’un scooter tout en étant beaucoup moins encombrant.  
La nouvelle économie du vélo comprend de multiples métiers : conception, fabrication, entretien  des cycles, location et réseaux de vélos en libre service, vêtements pour cyclistes,  livraisons, tourisme, etc.  A l’horizon 2020, on estime qu’en Europe plus d’un million de personnes devront leur emploi à l’industrie du vélo et dans ce contexte la France offre le potentiel le plus prometteur en terme d’activité économique et d’emplois.

Tout concourt en effet à la demande de davantage de vélo : la difficile circulation dans les villes, la  pénurie de places de stationnement, la nécessité de préserver la qualité de l’air et de réduire les émissions de gaz à effet de serre,  le désir de rester en bonne forme, le souhait de faire des économies dans le budget transport, etc.

Bien souvent quand deux cyclistes se croisent ils se sourient ou se saluent.  Le vélo est vecteur de convivialité et de rapprochement entre les citoyens. Aussi rien d’étonnant à ce que le vélo soit déjà la deuxième activité physique préférée des Français.

Selon un sondage récent, 73% d’entre eux souhaitent que leur collectivité encourage le développement de la mobilité douce. Pourtant, seuls 2% des actifs se rendent au travail à vélo selon la dernière étude Insee alors qu’ils sont plus de 30% aux Pays-Bas, 20% au Danemark et 15% en Allemagne, pays où le vélo électrique est 3 à 4 fois plus développé qu’en France.

Certes les nouvelles technologies  et les start-up sont des leviers importants pour l’activité  économique  du futur. Mais soyons réalistes et pragmatiques, 90% des nouveaux emplois sont créés par les PME dans les secteurs traditionnels. Au-delà des enjeux évidents en terme de qualité de vie et de santé, faire progresser l’usage du vélo ne peut que contribuer au développement de l’économie locale.

L’Hérault est déjà le département français qui possède le plus grand réseau de pistes cyclables. Chaque nouvelle piste qui se construit et chaque nouvel adepte de ce mode de déplacement contribuent à créer de l’emploi. Aussi, en matière de transport et de mobilité, investir dans le vélo devrait être la priorité des élus attachés à l’efficacité et à la rentabilité  de la dépense publique.

Jacques Carles

Le député idéal

Dans la vie ordinaire, le vrai patron est celui qui paye. C’est celui qui décide d’augmenter votre salaire ou de vous licencier. Dans la vie politique, c’est un peu la même chose. Le vrai patron, celui qui recrute les députés en CDD de 5 ans et qui les paye, avec ses impôts et ses taxes, c’est le peuple, c’est-à-dire vous et moi.

La représentation parlementaire est indispensable à la démocratie. Un bon député est donc utile mais ceci dit il coûte très cher. On estime qu’il revient à plusieurs centaines de milliers d’euros par an en prenant en compte son salaire, ses frais de fonctionnement, ses avantages annexes et le personnel qui l’assiste. C’est une dépense très importante et donc mieux vaut ne pas se tromper et rechercher le meilleur rapport qualité/prix possible au moment du vote.

Les députés représentent le peuple et contrôlent l’action du gouvernement. Ils font surtout des lois. C’est leur rôle principal. Ils en votent d’ailleurs beaucoup mais, selon les législatures, entre une loi sur trois et une loi sur deux n’est jamais mise en œuvre, faute de décret d'application. C’est beaucoup de temps perdu pour rien si ce n’est pour tirer parti des effets d’annonce.

Tous les députés ne se valent pas. Certains sont souvent absents de l’Assemblée, d’autres ne produisent aucune proposition de loi, aucun rapport et ne lisent même pas les dossiers qu’on leur prépare : ils se contentent de voter selon les consignes du groupe dont ils dépendent.

A l’évidence de grosses économies sont donc possibles. Réduire le nombre des députés apparaît alors comme une mesure de saine gestion.

Mais au-delà du nombre souhaitable de nos représentants, quel est le profil idéal du bon député ?

La politique ne doit pas être une opportunité de carrière mais un engagement au service de la nation. Un bon député ne devrait donc pas être un politicien de profession et sa mission devrait être limitée dans le temps à une ou deux mandatures.
Un député, en place pendant des décennies, perd toute authenticité. Il finit par savoir ce qu’il faut dire pour être réélu sans avoir besoin de donner du sens à ce qu’il dit. Son objectif premier devient de préserver son emploi et son train de vie.

Par ailleurs la politique doit rester une activité noble, essentielle à la préparation de l’avenir. Les exemples récents que nous avons connus montrent que les élus corrompus n’ont plus leurs places dans le jeu démocratique.

Si l’intégrité est une qualité incontournable pour un député, il doit également être compétent Un bon député doit avoir une expérience réussie de la vie réelle. Il doit avoir exercé un métier en dehors du militantisme et avoir connu les conditions de vie et les expériences ordinaires d’un citoyen adulte. Une fois sa mission terminée pour le bien commun, il devrait pouvoir retrouver son activité professionnelle d’origine ou toute autre activité de son choix en dehors du champ politique.
Le devoir d’un député, élu d’un territoire, est aussi de se faire l’écho des préoccupations de sa circonscription. S’il doit toujours donner du sens à son action et garder un cap, il ne peut le faire indépendamment de l’avis des citoyens et des citoyennes. Il doit donc dialoguer avec eux et savoir faire entendre leurs voix non par démagogie mais pour que l’action politique profite réellement au bien commun.
Enfin, le bon député reste concentré sur sa mission et garde ses convictions, ce qui demande souvent du courage. Il attache davantage de prix aux résultats de son travail pour ses concitoyens qu’aux retombées médiatiques de sa communication. Bref il agit, il refuse le facile et ne brasse pas du vent.

Jacques Carles

Visiteurs

A l’Est de l’Occitanie, notre région, de Montpellier à Beziers, ne cesse de voir le nombre de visiteurs augmenter. Alors que la Cote d’Azur constate une baisse de fréquentation…

Les études des Offices de tourisme font ressortir que la motivation de base repose avant tout sur l’authenticité. Rentrent aussi en compte la compétitivité des tarifs,  la qualité de la gastronomie et, plus étonnant, la gentillesse de l’accueil… Certains avancent aussi la beauté des paysages et l’abondance des manifestations culturelles.

On ne peut que se réjouir de constater la bonne santé du tourisme chez nous. Et bravo à tous ceux à qui on doit ces bons résultats : commerçants, hôteliers, restaurateurs, et animateurs. Une mention aux responsables d’établissements de plage qui améliorent leurs installations d’année en année. Même si la législation abusive les contraint à tout démonter en fin d’été alors  que même en hiver il y a de belles journées sur les plages. Et leurs concessions ne sont pas automatiquement renouvelables, ce qui rend leurs investissements très risqués…

Bernard Barraillé

Le sens de l'histoire

 De nos jours rares sont les journaux ou les émissions de télé qui vont au fond des choses. La plupart délivrent de l’infospectacle ou nous abreuvent d’images négatives. Ils nous montrent un monde où tout est danger, un monde qui fait peur. Ils n’expliquent plus, ils mettent en scène des situations plus ou moins vraies à forte dose émotionnelle. L’analyse a laissé la place à l’instantané et à la recherche du sensationnel.

Plus grave encore l’internet avec ses réseaux sociaux et ses blogueurs diffuse maintenant des informations non vérifiées. Chaque jour un tsunami de rumeurs, de demi-vérité voire de purs mensonges inonde la toile.

Et pourtant l’internet n’est pas qu’un simple outil de propagande et de désinformation. En quelques années, il est devenu une formidable place publique qui permet aux citoyens de s’exprimer.
Malgré l’extrême difficulté de faire la part des choses dans les flux d’informations qui nous parviennent de cette agora, il est clair que nos concitoyens sont écœurés, en colère et inquiets. 
Écœurés par ces politiques qui se servent au lieu de servir et ternissent l'image de ceux qui sont honnêtes. En colère de voir les inégalités croissantes et la fiscalité qui laminent la classe moyenne et les plus faibles. Inquiets enfin car ils sentent confusément qu’une crise majeure se prépare.

L’histoire est pleine d’exemples de crises qui débouchent sur des changements radicaux. Si Les citoyens ont encore du mal à clairement identifier ce qui se passe ils sentent bien que notre monde change. Ils peinent encore à donner un nom à leur désespérance mais ils perçoivent cependant qu’avec les nouvelles technologies l’air du temps est aussi aux idées neuves

Depuis toujours les nouvelles techniques et les nouvelles idées ont produit de grands changements dans nos sociétés ; une fois encore elles vont bousculer nos façons de vivre et de penser collectivement.

Avec une mise en commun toujours plus aisée des objets, même une notion aussi ancrée que propriété individuelle se relativise via le développement de la mutualisation des objets, la location, les achats groupés et autres coopératives citoyennes.
L’intelligence artificielle s’intègre aux voitures, aux maisons, aux hôpitaux. Dans l’entreprise ces machines qui prendront au moins en partie la place des cerveaux n’a pas fini de bousculer le marché de l’emploi. Souhaitons simplement que la dignité du travail puisse être prise en compte autant que le profit pour orienter l’économie

Ces évolutions encore difficile à énumérer et à expliciter clairement, ne tarderont pas à se préciser puis à s’imposer.
Suffiront-elles pour résoudre les grands problèmes planétaires de l’environnement et des tensions entre nations ?
En Europe, la France, à la suite de Jean Monnet, a su œuvrer pour que s’instaure une paix durable après deux mille ans de guerres incessantes qui ont ravagé notre continent.
Le peuple français saura-t-il de nouveau orienter l’histoire et faire en sorte que les rêves de liberté, de justice et d’humanité ne se terminent pas par la dictature et l’oppression ?

Jacques Carles

Dirigisme

Il y a d’abord l’Europe qui met son nez partout, fixant par exemple la largeur des nouvelles routes, rétrécies pour soi-disant faire baisser la vitesse des autos. Résultat : énormes bouchons au moindre pépin.

Mais l’Europe a bon dos, les technocrates bruxellois ont aussi des émules en France qui trompent l’ennui en légiférant grâce à la passivité des élus. Leur dernière foucade est d’astreindre les pêcheurs en mer au contrôle d’alcoolémie, comme les automobilistes. Comme si les pêcheurs qui partent en mer en pleine nuit pour revenir dans l’après-midi abusaient du pastis ou du pinard pendant leur rude journée. Les Affaires maritimes vont donc perdre leur temps à faire souffler dans l’alcootest les travailleurs de la mer.

Un autre technocrate, plus récemment, a fait adopter le port du casque pour les enfants en vélo. Comme si les parents étaient idiots et incapables de décider eux-mêmes de protéger leur progéniture. Bientôt peut-être obligera-t-on les piétons à porter eux aussi un casque car s’ils trébuchent et tombent, ils peuvent se blesser à la tête…

Nul n’étant censé ignorer la loi, n’oublions pas non plus qu’en France il est interdit de s'embrasser sur les rails et qu’aucun cochon ne doit se faire appeler Napoléon par son propriétaire…

A un niveau plus modeste, dans certains conseils municipaux, on travaille même du chapeau. Depuis 1954, la ville de Chateauneuf-du-Pape a pris un arrêté municipal interdisant « le survol, l'atterrissage et le décollage d'aéronefs dits soucoupes volantes ou cigares volants, de quelque nationalité que ce soit, sur le territoire de la commune sous peine de mise en fourrière immédiate ». L'arrêté est toujours en vigueur. Apparemment il a prouvé son efficacité…

Et l’on repense à la fameuse apostrophe en Conseil des ministres du président Pompidou irrité par un projet liberticide et s’adressant à Jacques Chirac et ses amis : "Mais bon sang, foutez la paix aux Français !"

Bernard Barraillé

Journalistes

Paul Valéry avait été étonné du nombre important d’artistes peintres sétois. Parmi les autres particularité de l’île singulière, il en est une autre assez étonnante : le nombre important de journalistes qui en sont issus. On ne rencontre cette spécificité nulle part ailleurs dans le département et même au-delà.

Dans les années 40, deux sétois faisaient les beaux jours de L’Eclair : Mourailles et le poète Francis Octave Balma qui signait Colibri ses chroniques. Après guerre, Roger Therond devint directeur de Paris Match où officiait un autre sétois Victor Laville. Tous deux utilisèrent leurs relations pour aider leur copain Georges Brassens à sortit de la misère et accéder à la gloire.
Toujours à Paris, Alain Rollat était une des grandes signatures du Monde.

A Sète, le bouzigot Paul Baqué dirigeait l’agence locale de Midi Libre mais son talent le faisait rapatrier à Montpellier où il devint grand reporter. De nombreux jeunes sétois débutèrent à l’agence sétoise de Midi Libre : Jacky Vilacèque, Jean-François Garcia, Philippe Mouret, Olivier Schlama mais leur talent étant évident, le siège de Montpellier les fit tous venir à la rédaction centrale.

Autre plume remarquable ; Paul-René Di Nitto qui après avoir présenté le journal des FR3 Montpellier devint à sa retraire chroniqueur du passé de Sète dans Midi Libre.

Deux autres sétois furent tout aussi remarquables : Pierre Lasne, dit Piero, qui créa « Le Petit sétois illustré », hebdomadaire satirique dont beaucoup ont la nostalgie. Mais devenu éditeur, Piero a abandonné le journalisme. Dommage…

Il y a aussi Pascal Granger, afficheur mais aussi bonne plume taquine, qui publié de temps à autres le truculent « Œil de Moscou ».

Que de talents journalistiques sont nés à Sète ! Comment expliquer cette prolifération?

Bernard Barraillé