Avertissement

Montpellier-infos et tous les journaux en ligne du réseau Oc-infos connaissent une croissance très rapide de leurs audiences depuis leurs créations. Gratuits, actualisés 24 h/24 et 7 jours/7, ils sont devenus aujourd’hui des leaders régionaux de l’information en ligne. Ils assurent enfin une présence concrète et quotidienne pour la diffusion de l’information indépendante, locale et régionale, sur les réseaux sociaux.

De plus en plus de lecteurs anglophones lisent Montpellier-infos, des amis qui vivent ici avec nous ou des amis qui nous visitent aux vacances ou qui souhaitent venir nous visiter et partager notre culture et notre mode de vie pendant quelques jours ou quelques semaines. C'est à leur intention que nous nous avons décidé de proposer sur les journaux du réseau Oc-infos, des articles  ainsi que certains éditos  bilingues français/anglais. Un façon pour nos lecteurs anglophones de progresser en français.... et pour nos lecteurs francophones qui le souhaitent de se familiariser avec l'anglais.

Par ailleurs, comme leurs noms le soulignent, les journaux Oc-infos sont enracinés dans les pays d'Oc. C'est pourquoi certains éditos ou articles sont également proposés en version bilingue français/occitan comme l'édito ci-dessous écrit par " Lo Mouissau " (le moustique).

Réformer l’école ?

Imaginons un hôpital spécialisé pour les personnes en bonne santé. Les technocrates chargés de l’évaluation du système de soins le donnerait en exemple : très faible taux de mortalité, coût des médicaments maîtrisé et excellente note pour la satisfaction de la clientèle.

Notre système éducatif se rapproche de cet hôpital. Il est très performant pour les enfants déjà bien dotés par la nature ou par le milieu social dans lequel ils vivent. Les enseignants s’occupent d’abord des enfants sans problème. Les belles écoles et les infrastructures modernes se trouvent en priorité dans les beaux quartiers des métropoles. Malheur aux enfants dont l’intelligence ne correspond pas aux critères étroits définis par l’éducation nationale, malheur à ceux qui sont différents, malheur à ceux qui vivent dans les banlieues ou les zones rurales. L'éducation nationale a bien prévu ces derniers temps de corriger cette situation mais les moyens techniques et humains mis en œuvre ne permettent que des aides ponctuelles. Celles-ci ne sont pas inscrites dans un cadre d'objectif général pour permettre à chacun d'aller le plus loin possible en fonction de ses capacités.

Depuis les lois scolaires de Jules Ferry de 1880, le système français a donc globalement peu évolué malgré les nombreuses réformes que n’ont pas manqué de faire presque tous les ministres de l’éducation nationale. Le monde, par contre, a beaucoup changé depuis plus d’un siècle. Tout ne s’apprend plus à l’école et il est devenu clair qu’il existe de multiples formes d’intelligence. De même avoir un diplôme et être instruit ne veut pas forcément dire être intelligent.

Dans le nouveau contexte du 21ème siècle, la performance du système éducatif français diminue au fil des ans comme l’indique le classement international PISA (*).
Pour la lecture la France arrive en 19ème position, pour les sciences et les mathématiques, le résultat est pire encore : la France arrive en 26ème position loin derrière les pays asiatiques (Singapour, Japon, Chine, etc.) ou les pays d’Europe du Nord (Finlande, Estonie, Norvège, etc.). Plus grave encore, les inégalités d’éducation se creusent en France de façon très inquiétante pour la cohésion sociale.

Tous ces pays qui nous dépassent ont des systèmes scolaires différents et aucune martingale magique n’explique leurs performances. Par contre tous ces pays partagent quelques principes et quelques caractéristiques :

  • L’éducation est une valeur fondamentale de la culture nationale et constitue le levier du développement économique du pays. L’éducation n’est pas qu’une priorité de communication : elle s’exprime concrètement par la grande considération accordée aux enseignants, les salaires qui leur sont versés et la très forte sélectivité de leur recrutement, contreparties du haut degré d’implication et de compétence que les citoyens exigent d’eux.
  • L’enseignement public montre la voie. Il est la référence. Il innove et constitue le premier choix des parents. Le privé sert uniquement de complément. En Finlande le privé est même pratiquement inexistant : il n’accueille que 3% des élèves.
  • Aucun enfant n’est abandonné par le système d’éducation. Les élèves qui éprouvent des difficultés reçoivent très tôt, de la part des enseignants et de leurs assistants, l’attention nécessaire pour atteindre le niveau attendu pour leur âge. Au besoin des moyens supplémentaires sont mis en place pour y parvenir.
  • Le haut niveau et les études supérieures concernent autant les filières d’enseignement général que les filières professionnelles, y compris pour les métiers de l’artisanat
  • Le savoir-faire et l’expérience de terrain des enseignants locaux sont privilégiés pour la définition des méthodes et des contenus. Le personnel des administrations centrales, peu nombreux, est chargé essentiellement de fixer les référentiels nationaux et de régler les problèmes d’intendance ou d’allocation de moyens.

Ces traits communs aux systèmes éducatifs performants dans le monde montrent que ce ne sont pas seulement les méthodes qui sont importantes. Les notions d’équité, de solidarité et d’exigence qui sous-tendent la politique éducative sont tout aussi fondamentales. C’est en donnant réellement et concrètement des chances égales à chacun de réussir sa vie que le système éducatif contribue à la réussite d’un pays. Ce n’est donc pas d’une nouvelle réforme de l’éducation dont la France à besoin mais d’une refonte plus en profondeur de la société française et de ses valeurs, dans le cadre d’une ambition collective qui reste encore à exprimer clairement.

Jacques Carles et Jean-Marie Philipon

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[*] PISA  :  Programme for International Student Assessment (programme international pour le suivi des acquis des élèves).

 

» Anciens éditos

Parking

Agde, Sète, Béziers, Montpellier… Un peu partout les ouvertures ou les projets de nouveaux parkings sont annoncés dans les médias. Il faut y voir un signe du dynamisme actuel des villes de notre région qui apportent une réponse à leurs citoyens et à leurs commerçants qui demandent depuis longtemps une offre supplémentaire de stationnement. 

Souhaitons que ces projets soient aussi l’occasion de réflexions prospectives qui intègrent les évolutions technologiques et sociétales à venir car toutes les études réalisées dans le monde montrent que, si on n’y prend pas garde, plus on facilite le stationnement, plus le trafic augmente et plus les villes sont congestionnées ce qui nuit à la santé des citadins, au commerce et à l’économie en général.

En Europe, environ 30 milliards de m2 sont utilisées pour le stationnement des automobiles. De plus cet espace n’est pas utilisé au mieux : les parkings publics sont vides la nuit et peu utilisés les week-ends tout comme les parkings des supermarchés et ceux réservés aux employés dans les administrations et les entreprises. Par ailleurs la voiture individuelle est utilisée en moyenne une heure par jour. Elle est donc inactive 95% de son temps ce qui est une aberration économique justifiée uniquement par l’absence de solution alternative satisfaisante pour répondre aux besoins de mobilité des citoyens. 

Dans les villes où la qualité de vie des citadins redevient la priorité, l’urbanisme cesse d’être pensé autour de la voiture. Les gens ne vont pas en ville parce qu’il y a des parkings mais parce qu’ils y trouvent de l’emploi, des commerces attractifs ou des activités de loisirs. La question pertinente n’est donc plus : « doit-on créer un parking ? » mais « comment un nouveau parking peut-il préparer la mobilité du futur ? » 

Un peu partout, la tendance est à la réduction de la place de la voiture pour favoriser la marche à pied, le vélo ou les transports en commun. A cette fin, le stationnement devient plus restrictif et les tarifs dissuasifs.

Pour l’architecte danois Jan Gehl, très écouté des urbanistes, le modèle en terme d’aménagement est Venise, la ville avec ses canaux, ses petits ponts, ses places et ses innombrables ruelles où le piéton est roi. Pour ce défenseur de la cité à l’échelle humaine, les villes dédiées au tout automobile, comme Brasilia ou Los Angeles, sont des modèles dépassés.

Pour Jan Gehl, la ville doit être conçue pour encourager le vélo et plus encore la marche, le mode de déplacement naturel de l’homme. Copenhague, sa ville natale, fut ainsi la première ville d’Europe à réduire la circulation automobile et le nombre des places de stationnement en centre-ville. En 40 ans, malgré un climat rigoureux, le vélo s’est imposé comme moyen de transport et la superficie allouée aux piétons a été multipliée par 7. Résultat : 84% des habitants n’utilisent plus la voiture pour se rendre au travail et l’activité économique du centre-ville s’est accrue avec l’augmentation de la fréquentation piétonnière.

Le visionnaire danois a fait des émules en Suisse où la municipalité de Zurich a figé le nombre de places de stationnement dès 1996 : tout projet de nouveau parking n’a été accepté qu’avec la contrepartie d’éliminer des places de stationnement ailleurs en ville. Comme à Copenhague, l’usage de la voiture reflue peu à peu à Zurich et de l’espace public est rendu aux piétons et aux cyclistes.

A New-York la création de zones sans voitures autour de Madison Square, Herald Square et Time Square se sont traduits par une pacification et une baisse de la criminalité dans ces quartiers.

Dans les villes dynamiques d’Australie, “walkability” et “cyclability” (facilité pour se déplacer à pied et vélo) sont devenus des critères essentiels pour sélectionner le quartier où il fait bon vivre.

Paris, São Paulo, San Francisco, Philadelphie, Beijing, Shenzhen, Guangzhou et d’innombrables villes, petites ou grandes, suivent à présent ces exemples. Partout la tendance est à la densification des zones urbaines et aux mesures pour regrouper travail, vie sociale et loisirs sur le même espace urbain. 

Enfin, dans les villes en pointe, les responsables de l’urbanisme anticipent par ailleurs le tsunami des évolutions sociétales et des nouvelles technologies qui va bientôt modifier profondément les déplacements en ville.

Pour les jeunes générations la voiture n’a déjà plus la même importance qu’elle avait pour les aînés. Posséder une voiture n’est plus aussi indispensable que par le passé. Le co-voiturage ou l’auto-partage se développent. Blablacar connaît une croissance à deux chiffres. Car2go, avec son offre de location en libre service total, rencontre un franc succès dans de nombreuses villes d’Europe. Les parkings eux-mêmes se mutualisent comme l’illustre la ville de Nantes avec son projet Îlink.

Cette tendance vers la mobilité partagée ne pourra que s’accentuer avec l’électrification du parc automobile et, plus encore, avec l’arrivée, dans les prochaines décennies, de la voiture autonome sans chauffeur. Cette dernière va transformer radicalement l’organisation des voies de circulation et l’infrastructure urbaine. Elle va non seulement rendre obsolètes les feux tricolores ou les panneaux de signalisation mais elle va aussi libérer de l’espace public pour les piétons et les vélos.

Comme les véhicules autonomes circuleront en permanence pour récupérer les usagers qui commanderont le service depuis leurs smartphones, le nombre de véhicules circulant en ville pourrait être réduit de 90% à terme estime Philippe Crist, un expert reconnu travaillant pour l’OCDE. Le besoin en places de stationnement et en parkings diminuera alors considérablement. Certains opérateurs travaillent d’ailleurs déjà à leur reconversion : Indigo par exemple envisage que ses parkings puissent devenir des relais pour le chargement électriques ou même un drive pour les produits de l’agriculture urbaine. 

Dans ce contexte, les projets de nouveaux parkings dans les villes de notre littoral peuvent être d’excellentes opportunités pour aller plus loin et préparer l’avenir à moyen terme de la mobilité douce dans notre région. 

Jacques Carles

En 2026 le président de Montpellier Métropole sera … une femme.

In 2026, the President of the Montpellier Conurbation will be... a woman !

Philippe Saurel, Maire de Montpellier est aussi l’actuel Président de Montpellier Méditerranée Métropole. Dynamique, il a une excellente image auprès d’une grande partie de la population et il faut bien reconnaître qu’il a su faire bouger sa ville et l’agglo. Il a donc de grandes chances d’être reconduit dans ses fonctions en 2020 lors des prochaines élections locales. Mais au delà ? La donne pourrait changer et une femme pourrait lui succéder.

Les femmes nées en 1927 terminaient leur scolarité en moyenne à 15 ans. Celles nées en 1977, soit 50 ans plus tard, finissaient leurs études en moyenne à l’âge de 21 ans soit déjà un peu plus que les hommes qui eux entraient dans la vie active en moyenne vers 20 ans. En terme d’éducation les femmes ont donc déjà rattrapé les hommes depuis longtemps mais le mouvement lancé au siècle dernier ne va pas s’arrêter là. Tout laisse à penser que les femmes vont maintenant prendre le pouvoir dans les années à venir.

Les femmes nées à partir des années 1950 ont été plus nombreuses que les hommes à décrocher le baccalauréat, celles nées à partir des années 1960 ont été plus nombreuses que les hommes à entrer à l’université et à obtenir une licence.

Compte tenu de l’inertie induite par les délais des déroulements de carrière et par l’évolution des mentalités, les effets du dépassement éducationnel des hommes par les femmes ne commencent à être perçus que maintenant.

Aujourd’hui le taux de féminisation des cadres issus de l’enseignement supérieur dépasse les 60% et frôle parfois les 80% dans les secteurs des sciences humaines, de la littérature, de l’économie, du sanitaire ou du social. Les hommes restent malgré tout encore majoritaires dans les sciences dures, l’agronomie, les sciences de la vie et les écoles d’ingénieurs mais même dans ces domaines la proportion de femmes progresse de façon continue.
Les grandes écoles de l’élite, Polytechnique et l’ENA, symboles du pouvoir économique et politique, résistent encore. La part des femmes y progresse néanmoins aussi peu à peu. Dans les années1970, moins de 5%des élèves de polytechnique étaient des femmes, aujourd’hui elles sont environ 20%. A l’ENA, la proportion de femmes est déjà un peu plus élevée : 30%.

Même si tout ne s’apprend pas à l’école, la supériorité du niveau d’instruction des femmes a d‘énorme conséquence pour la société. Cela fait déjà longtemps qu’elles ne se consacrent plus uniquement à la famille et à l’activité domestique. Le développement de l’emploi féminin commencé dans les années 1950 conduit aujourd’hui à une convergence des taux d’activité des hommes et des femmes. Les inégalité de salaires qui perdurent encore entre eux seront de moins en moins justifiées et de moins en moins acceptées. Les femmes devenues financièrement autonomes sont aussi devenues plus libres ce qui n’est pas sans incidence sur la vie des couples. Enfin dans la sphère économique, avec l’évolution vers l’immatériel et les services, de plus en plus de femmes s’imposent par leur compétence aux postes de direction.

Le dernier bastion qui résistait à la féminisation, celui du champ politique, est lui aussi en train de céder.
Au niveau des nations, de nombreux pays ont élu des femmes à leur tête : l’Allemagne, la Grande Bretagne, la Suisse, la Croatie, l’Estonie, la Lituanie, Malte … Les femmes représentent déjà environ un dixième des dirigeants dans les États membres de l’ONU. Une proportion que l’on retrouve au plan local : 2 des 20 communes qui constituent l’agglomération Hérault-Méditerranée, Portiragnes et Saint-Pons de Mauchiens, ont une femme pour maire. Au plan régional, l’Occitanie a déjà une présidente : Carole Delga et au niveau des grandes villes d’Europe, la féminisation avance aussi à grands pas. A Paris, Rome, Madrid ou Barcelone, pour ne citer que les métropoles les plus importantes, les femmes ont pris le pouvoir dans les mairies.
Les femmes apportent souvent une vision innovante de la vie publique et introduisent des débats sur des sujets qui ne sont pas souvent abordés par les hommes ou qui le sont sous un angle différent.

Les femmes, plus éduquées que les hommes, sont bien en train de prendre le pouvoir en politique comme dans la société civile mais la femme ne sera vraiment l'égale de l'homme que le jour où, pour reprendre la formule de Françoise Giroud, on désignera une femme incompétente à un poste important.

Jacques Carles / Florence de Martino

 

 

 

 

Welcome to our English Speaking Friends!

 

Montpellier-infos and all of the other online Oc-infos magazines have rapidly taken off since their creation. Free, with news and articles every day, they now are online magazine leaders in local information. And guess what? We are fully independent.

As more and more of you read Montpellier-infos, we decided to translate some of the news and editorials in English, our common language. Not that we don't like French, but we thought it could be interesting for you as an exercise to have both languages next to another. That will work both ways also for French readers eager to brush up their English. You're also welcome to help us by contributing to sending us articles, from time to time, or becoming the correspondent for your village, and transferring our links. More hits we have, higher in the ranking we'll go.

 

Philippe Saurel, Montpellier mayor, is also President of the Montpellier Conurbation. Dynamic, his image is excellent among a majority of the population, and we have to say that he moved things with his city and the district. He then has big chances to be reelected in 2020. But beyond ? Things could change and a woman could take his place.

Women born in 1927 finished school at an average of 15 years old. Those born in 1977, fifty years later, finished school at an average of 21 years old, which was slightly above men who started working at 20. In terms of education, women already are beyond men, but this movement will not stop here. Women will take the power in the future coming years.

Women born after 1950's have been more to obtain their bachelor degree than men, and women born after 1960's have been a majority to start university and obtain a degree. There is such an inertia in careers and mentality changes that we only feel these changes now.

Nowadays women in top career jobs coming from universities is superior to 60% and close to 80% in human sciences positions, literature, economy, healthcare or social. Men are still a majority in sciences,agronomics, and engineer schools, but even in these domains women constantly progress.
Top class schools such as Polytechnique and ENA, symbols of an economical and political power still resist. In the 70's, less than 50% of polytechnique school were women, nowadays they are 20%. In ENA, there are more : 30%.

Even if one doesn't learn everything at school, women level of instruction superiority has enormous impact on society. It's been a long time already that they do not live to raise a family and clean houses. Women's employment that started in the 50's produced a merging of activity rates of men and women. Wages disparities between them will be less and less justified, and less and less aproved. Women being financially independent, are also more free and this has consequences on their private lives. Finally in the business world with an evolution towards services and intangible activities, more women are reaching top management levels.

The last bastion resisting to a feminine touch, politics, is also a target. Among nations, many countries have elected women : Germany, Great Britain, Switzerland, Croatia, Estonia, Lituania, Malte... Women represent 1/10th of the ONU members states. Locally too : 
2 out of 20 towns of Hérault-Méditerranée Conurbation, Portiragnes and Saint Pons de Mauchiens, have elected a woman as their mayor. On a regional aspect, Occitania has elected a woman as their president : Carole Delga and among european cities, feminisation is on the way. Paris, Rome, Madrid or Barcelona have elected women as their mayors.

Women often bring an inovative vision of public life and start debates on subjects men not often like to discuss.

Women are definitely on the way to take a position in politics just like in every day's life, but women will only be men's equal the day that we will elect an incompetent woman to an important position, as Françoise Giroud wrote.

Jacques Carles / Florence de Martino

Il y a urgence à penser le temps long

La vie quotidienne demande de la rapidité. On va au fast-food en voiture. Notre pizza doit être livrée en moins de 30 minutes. On met un plat surgelé au four à micro-ondes pour pourvoir le consommer dans les 5 mn. Amazon propose ses livraisons en 1 jour ouvré. La « Caisse éclair » de la banque permet aux clients de retirer de l'argent sans attendre aux guichets. On s’impatiente dès qu’un téléchargement d’une page internet dure plus de 2 secondes. Au travail, la recherche de la productivité est devenue une obsession. Le « juste à temps » s’est généralisé dans la logistique. Pour le responsable de projet, le respect des délais est un impératif de sa feuille de route. Dans tous les secteurs, comme sur un vélo, il nous faut pédaler vite pour éviter de tomber.

Pas de temps à perdre non plus dans la vie sentimentale : on drague en trois clics sur « meetic » ou sur « adopte-un-mec » et si ça ne marche pas on participe à un « speed dating ».

Notre société moderne aime la vitesse : tout ce qui va vite est bien. Le progrès technologique permet de passer de moins en moins de temps pour réaliser une tâche ou une activité donnée. Ce progrès devrait donc nous permettre de gagner du temps. Alors pourquoi avons-nous l’impression d’être débordés en permanence, d’être « surbookés » et de manquer de plus en plus de temps libre? Pourquoi en arrivons-nous à faire plusieurs choses à la fois : manger en regardant la télévision, téléphoner en conduisant, etc ?
La  raison en est que non seulement le progrès va vite mais qu’il multiplie aussi les tâches et les activités à faire. Il y a un siècle, un français écrivait en moyenne une lettre par mois et cela lui prenait une heure. Aujourd’hui il rédige un email en 5 minutes et un SMS en moins d’une minute mais dans le même temps ses contacts se sont multipliés ce qui fait qu’au total il consacre à présent plus de 10 heures par mois à sa messagerie électronique et à son téléphone portable. 
Il y a un siècle, l’Européen mettait moins d’une demi-heure pour se rendre à pied à son travail, à l’usine ou aux champs, situé à environ 3 km de sa maison. Aujourd’hui il a une voiture capable de rouler à plus de 100 km/h mais, avec la circulation et les bouchons, il met plus d’une heure pour parcourir les 30 km qui sépare son domicile de son lieu de travail. La machine à laver nous a permis de gagner du temps pour laver le linge mais on le lave plus souvent. La société de consommation nous a comblé de biens matériels (télévision, ordinateur, jeux vidéo...) mais chacun d’eux sont autant de sollicitations chronophages. La technologie en tant que telle n’est donc pas la cause intrinsèque de notre manque de temps, c’est l’accélération du volume de progrès qui est à l’origine de cet effet pervers.

Plus insidieux, l’accélération du rythme du changement social induit aussi une confusion entre la notion de vie réussie et celle de vie bien remplie. 
L’objectif dans nos sociétés occidentales est de multiplier les expériences et de faire mille choses : du sport, de la musique voyager, aller au spectacle, changer de métier, changer de conjoint, etc. En allant plus vite on peut en théorie faire plus de choses dans une vie. La réalité est que le stress qui en découle tend à nous à nous gâcher la vie. 

Dans le domaine politique, l’accélération des décisions peut être justifiée dans des situations d’urgence ou de crises profondes mais l’urgence permanente ou l’hyperactivité des responsables peut aussi avoir des effets pervers. L’obsession de la rapidité appauvrit la réflexion, elle induit une absence d’analyse approfondie des situations ou des problèmes. Les questions d’actualité constituent occupent trop souvent le devant de la scène. Faute d’avoir réfléchi avant d’agir, on se retrouve en permanence à devoir corriger des effets non anticipés. Le court terme prend tout le champ de la pensée politique alors que l’urgence est de traiter les problèmes de long terme comme le climat, l’eau, le nucléaire, etc. La vitesse en politique conduit enfin à réduire les phases de concertations et finalement à limiter le jeu démocratique.

Jacques Carles

Un tourisme presque parfait/An almost perfect tourism business...

Un tourisme presque parfait...

Dans notre monde globalisé, plus d’un milliard de touristes devraient franchir une frontière en 2017. Ils n’étaient que 25 millions à le faire en 1950. Le tourisme représente aujourd’hui 9% de l’économie mondiale, soit un emploi sur onze.

La France reste la première destination mondiale depuis plus de 40 ans. Le tourisme est le premier poste de la balance des paiements de notre pays, il représente plus de 7% du PIB et emploie directement ou indirectement 2,2 millions de personnes. Près d’un emploi sur deux nouvellement créé l’est dans le secteur touristique.

Tout n’est pas rose pour autant. Si la France reste le pays le plus visité, elle est en perte de vitesse. Elle n’est plus qu’à la quatrième place dans le classement mondial en terme de revenus. Dans les 15 dernières années, le chiffre d’affaires du tourisme a crû de 68% en France quand il augmentait de 111% en Espagne et de 132% en Allemagne. Ainsi le nombre de touristes chinois venant en France augmente bien moins vite que chez nos voisins les plus proches. Un constat qui devrait nous inciter à réfléchir quand on sait que les chinois sont devenus les premiers touristes internationaux avec presque 200 milliards de dollars dépensés l’an dernier.

Les pays émergents envoient de nouveaux touristes mais ils deviennent aussi des concurrents sérieux.

En Chine, Shanghai devient un haut lieu du tourisme culturel. Avec son marché de l’art, le deuxième du monde, il rayonne aujourd’hui au même titre que Paris, Londres ou New-York au siècle dernier.

Entre l’Asie et l’Europe, Abu Dhabi s’affirme comme une nouvelle destination de choix. Son quartier culturel, sur l’île de Saadiyat, acquiert une attractivité d’une ampleur sans précédent, avec le Musée national Zayed, un gigantesque centre d’art contemporain, le Guggenheim Abu Dhabi de FrankGehry et le Louvre Abu Dhabi de Jean Nouvel. Du ski dans le désert aux marinas futuristes en passant par les hôtels de prestige, l’émirat draine une clientèle planétaire haut de gamme. Et pour compléter le tout, l’université Paris Sorbonne Abu Dhabi et des dizaines de grandes écoles de rang international y attirent des étudiants étrangers par milliers.

En Occitanie, nos élus locaux les plus dynamiques ont senti la menace et ont compris que notre potentiel touristique, fut-il le plus exceptionnel, ne vaudrait pas grand chose sans une image positive et un environnement adapté : accessibilité aérienne, maritime et terrestre, sécurité, accueil professionnel en français et dans la langue de nos visiteurs ou au minimum en anglais, animations culturelles et de loisirs variées et de qualité.

Ces responsables d’avant-garde utilisent les outils de communication modernes, conscient que l’internet était devenu le premier pourvoyeur de ventes en ligne et que les nouvelles technologies, avec la réalité virtuelles et les spectacles qu’elles produisent devenaient à leur tour un produit touristique en tant que tel.

Pour rendre les flux moins saisonniers, ils jouent aussi intelligemment la carte dela diversification : tourisme culturel, tourisme d’activités physiques et sportives, tourisme de découverte et de nature, tourisme de bien-être et de santé, tourisme de jeux et de divertissement, tourisme œnogastronomique porteur de signes d’authenticité et de traditions, etc.

Les professionnels du secteur quant à eux ne sont pas en reste et font la preuve de leur capacité de générer de la créativité et de l’innovation, levier essentiel de toute économie, comme l’illustrent les huîtres Tarbouriech à Marseillan ou les Thermes à Balaruc-les-bains.

Notre territoire a donc des atouts indéniables, si les mesures annoncées fin juillet par le gouvernement pour renforcer l’attractivité touristique de notre pays sont réellement mises en œuvre : formation des personnels et revalorisation de leur travail, financement des équipements adaptés aux rythmes saisonniers, environnement fiscal qui ne soit pas un handicap par rapport à la concurrence internationale, etc.

Encore faut-il que nos concitoyens servent notre image collective par leur comportement au quotidien, qu’ils respectent notre nature, qu’ils évitent de jeter n’importe où leurs détritus, qu’ils soient courtois et polis, bref qu’ils aient un sens civique et qu’ils donnent l’exemple .

Enfin, il importe d’être conscient que notre territoire singulier vit à présent dans un monde pluriel et que notre culture ne prendra toute sa valeur qu’en reconnaissant et en respectant celles des autres. La diversité des hommes et de leur histoire, loin de nous faire perdre notre moi, doit alors nous donner l’envie de participer à l’aventure humaine dans son ensemble en partageant ici, chez nous, cet art de vivre dont nous sommes si fiers à juste titre.

Jacques Carles / Florence de Martino

 

An almost perfect tourism business...

In our globalized world, over a billion of tourists should cross a border by 2017. They only were 25 millions to do so in 1950. Tourism today represents 9% of worldwide economy, which means one job out of eleven.

France remains the first destination for over 40 years. Tourism represents over 7% of our economy and employs directly or indirectly 2,2 million people. 1 job out of two is created within the touristic industry.

Not everything is ideal however. Although France is still the most visited country, it's losing its first place... It's the 4th country in terms of revenues generated by tourism. Within the past fifteen years, Tourism turnover has increased in France by 68%, whereas Spain's increased by 111% and 132% in Germany. As an example, Chinese tourists tend to visit more often our neighbours than France. This fact should make us think it over when you think that Chinese tourists are the first international clients in terms of spending with almost 200 billions dollars spent last year.

Emerging countries send new tourists but they also become serious competitors.

In China, Shanghai has become a highly touristic place in terms of cultural sites to visit. With its art market, the second most important in the world, it's as high as Paris, New York, or London.

Between Asia and Europe, Abu Dhabi also imposes itself as a destination. Its cultural quarter, on the island of Saadiyat, enormously attracts with its national Zayed museum, a gigantic contemporary art museum, Frank Gehry's Guggenheim Abu Dhabi and the Jean Nouvel's Abu Dhabi Louvre. From skiing in the desert to futuristic marinas through prestigious hotels, the Emirates have been able to attract a highly prestigious clientele. And to complete the picture, Abu Dhabi's Paris Sorbonne and dozens of highly prestigious schools have been able to attract foreign students by thousands.

In Occitania, our most dynamic local elected politicians have felt the threat and understood that our tourism potential would be nothing without a positive image or an adapted environment: an easy access thanks to airlines, roads and boats, security, professional welcome in French and in our visitors' languages, or at least in English, various cultural and leisure activities of high quality.

Those avant-garde people in charge use modern communication tools, understanding that the Internet is the first online seller and that new technologies, with virtual reality, produce shows and have become a touristic product on their own.

In order to get people all over the year, they also smartly play the hand of diversification: cultural tourism, sport activities, discovery and nature tourism, health and well being tourism, wine and gastronomic tourism...

Other professionals also use their imagination and produce creative and innovative “products” such as Tarbouriech oysters in Marseillan and Balaruc-les-bains thermal baths.

Our territory therefore has obvious assets, if the political decisions announced late July by the government in order to reinforce touristic activity in our country are really voted: that is training its agents, financing equipments adapted to seasonal rhythms, and maintaining the fiscal environment so as to prevent it from being a handicap compared to international competition.

And if possible, it would be nice if our French citizens contributed everyday to this collective image by respecting nature, stopping throwing anything here and there, being polite and courteous. In other terms, it’s their duty to start giving the right example.

As a conclusion, it's important for us to recognize that we live in a plural world and that our culture will only be attractive if we recognize and respect that of others. Men diversity and their history, far from frightening us, should inspire us to share this human adventure as a whole by sharing, here, in our Occitanie, this « art de vivre » that we are rightly proud of.

Jacques Carles / Florence de Martino

 

 

» autres éditorials

De la laïcité aux valeurs de la république

Si l’origine de la laïcité remonte au siècle des lumières, époque où la France rayonnait non par ses armes mais par ses idées, ce n’est qu’en 1905 qu’elle devient force de loi avec la séparation de l’église et de l’Etat. Cette loi affirme que « la République assure la liberté de conscience et garantit le libre exercice des cultes ». L’Etat est neutre par rapport aux options spirituelles. Chacun est libre de suivre la religion qu’il veut ou libre de n’en suivre aucune. Par suite « la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte ».

Avec l’émergence d’un nouveau cléricalisme, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour un retour à l’application rigoureuse de la loi. Elles dénoncent les compromis qui deviennent des compromissions et les élus, qui par clientélisme électoral, détournent l’argent public pour financer des communautés religieuses. L’impuissance de ces communautés à éradiquer un intégrisme sanglant, ravive par ailleurs une xénophobie tenace.

L’obscurantisme religieux avec ses fous de Dieu qui tuent au nom de leur religion n’est hélas pas nouveau. Les Djihadistes n’ont rien inventé. Moïse demandait déjà aux juifs de massacrer les Cananéens et le Grand Inquisiteur catholique usait du bûcher pour raviver la foi. Le monothéisme n’est plus un progrès quand on voit l’interprétation faite par les fanatiques de la Bible ou du Coran. Pour Breivik à Oslo comme pour l’illuminé de Trèbes « Dieu » n’est plus qu’un alibi pour assassiner à défaut de défendre et de dominer.
Face à ces dangers, les médias se focalisent sur l’accessoire comme le port du voile ou du foulard.
Les jeunes femmes voilées et ceux qui voient en lui une provocation, seraient bien étonnés d’apprendre que le voile pour la femme n’est pas une invention de l’islam mais qu’il a d’abord été un signe de piété chrétienne !

Dans sa lettre aux Corinthiens, Paul, le premier, lie le voile des femmes à leur relation à Dieu. Les pères de l’Église, à sa suite, ont imposé aux chrétiennes de se couvrir la tête alors que le port du voile des femmes n’était jusque là qu’une coutume païenne localisée dans les villes du pourtour de la Méditerranée. Encore au siècle dernier, en Europe du Sud et en Orient chrétien, les femmes portaient souvent un voile ou un foulard sur la tête. Si le Coran ordonne aux femmes de se couvrir pour que les hommes les respectent c’est donc moins un signe de soumission à la puissance divine qu’un usage social. Ce simple exemple montre combien nous aurions intérêt à comprendre ensemble nos héritages culturels plutôt que d’en faire des points d’affrontement qui n’ont aucun sens. C’est sur les terrains économiques et sociaux qu’il faut travailler, non sur les détails vestimentaires.
Autre exemple : la caricature. On peut comprendre qu’une caricature de Mahomet puisse choquer mais en pays laïc, le musulman doit s’y habituer comme l’ont fait les chrétiens et les juifs. Sinon pourquoi les bonapartistes corses ne demanderaient-ils pas l’interdiction d’insulter Napoléon ?

Pour avoir raison du fanatisme et de l’obscurantisme, notre pays ne doit plus douter de lui-même. Il doit redonner du sens à ses valeurs : les droits de l’homme, l’égalité devant la loi, l’égalité des chances, la liberté de croire ou de ne pas croire, la solidarité et la fraternité.
Comme le remarque Abdennour Bidar, normalien et agrégé de philosophie, né à Clermond-Ferrand , à propos de la morale laïque réintroduite dans l’enseignement, « si l'école fait une morale qui ne parle pas de fraternité alors que les religions parlent essentiellement de celle-ci, le risque est de voir se répandre dans l'opinion l'idée de deux morales concurrentes : celle de l'école et celle des familles."

Bretons, Alsaciens, Basques, Catalans, Picards avaient peu en commun, pas même la langue. Ils ont construit une nation avec les Polonais, les Italiens, les Arméniens, les Espagnols, les Hongrois, les Africains et tous les autres qui nous ont rejoints ensuite. De l’écrivain Alexandre Dumas d’origine afro-antillaise au prix Nobel Marie Curie venue de Pologne en passant par l’ancien président Nicolas Sarkozy fils d’émigré hongrois, les exemples ne manquent pour illustrer le creuset français.

Pour retrouver un avenir, la France doit être fière de son histoire. Elle doit enseigner de nouveau la laïcité et les valeurs de la république à ses enfants de toutes origines, qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs, agnostiques ou athées.

Jacques Carles

La cocotte-minute va-t-elle bientôt siffler ?

Depuis des siècles, partout en Europe,  les causes profondes des révoltes sont toujours les mêmes : un État avec des caisses vides, un endettement abyssal, une fiscalité  écrasante, des inégalités et une insécurité croissantes. Dans un tel contexte c’est le plus souvent la jeunesse, sans perspective d’avenir, qui déclenche le processus insurrectionnel.

Selon l’INSEE, la France compte  près de 9 millions de personnes vivant en deçà du seuil de pauvreté. La moitié d’entre elles sont des jeunes de moins de 30 ans, chômeurs, stagiaires, précaires allant de petits boulots en petits boulots. La situation dans le Midi est plus dégradée encore que dans le reste du pays et dans certaines villes de l’Hérault le chômage des jeunes dépasse même les 50%, tout comme en Grèce.

Dans ce contexte, un sondage indique que les deux tiers des 18-34 ans interrogés sont prêts à participer à un mouvement de révolte de grande ampleur.  Lors des récentes élections présidentielles, seule une minorité de jeunes s’est rendue aux urnes et parmi eux 60% ont voté pour les extrêmes.

Cette défiance entre la classe dirigeante et la jeunesse est révélatrice du divorce entre les élites installées et les nouvelles générations. Elle explique aussi pourquoi les syndicats et les partis ne parviennent plus à mobiliser à leur profit ce potentiel de révolte.  Les jeunes d’aujourd’hui préfèrent les mouvements organisés en coordinations ou en collectifs selon des modèles de démocratie directe.

Pour ces enfants de la société de consommation, l’accès à l’emploi, au confort matériel et à des rémunérations décentes sont des évidences à défendre. Ils ne renoncent pas pour autant aux valeurs fondamentales de la République. Ils aspirent à un idéal de justice et d’équité. Ils veulent s’épanouir et vivre le mieux possible mais pas au détriment des autres. Ils redécouvrent les vertus de la solidarité. Enfin, contrairement aux idéologues, ils prônent la tolérance et non l’uniformité des mœurs et des esprits.
Comme dans le passé les jeunes d’aujourd’hui souhaitent se réaliser et participer utilement à la vie de la société. Ils supportent donc de plus en plus mal cette longue période de marginalité  qui leur est imposée entre la fin des études et l'obtention d'un emploi stable.

La nouvelle équipe au pouvoir semble avoir les moyens et les compétences pour faire bouger les lignes mais le risque est grand qu’elle ne le fasse qu’au seul nom de la rationalité économique.
Certes il est grand temps de retrouver une gestion efficace de la dépense publique et de redonner toute sa place à la valeur travail mais la République ne saurait se réduire à des concepts de productivité ou de flexibilité.

 Si le réalisme économique s’impose à l’État et aux citoyens, le “marché” ne peut être le seul fondement de la puissance publique. Les logiques de compétition et de contraintes qui conduisent à l’exclusion des plus faibles et aux conflits ne sont plus les seules à retenir. Les nouvelles générations sont davantage motivées par les valeurs de liberté, d’initiative, de coopération, de convivialité, de projets  et de créations de lien social. Ces valeurs sont précisément celles de l’économie moderne qui crée les richesses et les emplois de demain.

Ces valeurs vont se généraliser et s’imposer dans un monde en mutation permanente où les technologies, les objets, les organisations, les métiers ne cessent d’évoluer. Nous vivons une époque de changements mais aussi un changement d’époque.

Face aux mutations incessantes de notre société, le rôle de l’État doit être de maintenir la pérennité des valeurs de la République et de garantir aux citoyens la sécurité nécessaire à la construction de leur avenir et donc de celui de la nation. Le nouveau Président et son gouvernement semblent décider à œuvrer en ce sens.  Dont acte ! Il y a urgence à agir : tout laisse à penser que la cocotte-minute va bientôt commencer de siffler.

Jacques Carles

Le sens de l’histoire

De nos jours, rares sont les journaux ou les émissions de télé qui vont au fond des choses. La plupart délivrent de l’infospectacle ou nous abreuvent d’images négatives. Ils nous montrent un monde où tout est danger, un monde qui fait peur. Ils n’expliquent plus, ils mettent en scène des situations plus ou moins vraies à forte dose émotionnelle. L’analyse a laissé la place à l’instantané et à la recherche du sensationnel.

Plus grave encore l’internet avec ses réseaux sociaux et ses blogueurs diffuse maintenant des informations non vérifiées. Chaque jour un tsunami de rumeurs, de demi-vérité voire de purs mensonges inonde la toile.

Et pourtant l’internet n’est pas qu’un simple outil de propagande et de désinformation. En quelques années, il est devenu une formidable place publique qui permet aux citoyens de s’exprimer.
Malgré l’extrême difficulté de faire la part des choses dans les flux d’informations qui nous parviennent de cette agora, il est clair que nos concitoyens sont plein d'idées pour sortir d'une crise qui nous lamine depuis des décennies.

L’histoire est pleine d’exemples de crises qui débouchent sur des changements radicaux. Si Les citoyens ont encore du mal à clairement identifier ce qui se passe ils sentent bien que notre monde change. Ils peinent encore à donner un nom à leur désespérance mais ils perçoivent cependant qu’avec les nouvelles technologies l’air du temps est aussi aux idées neuves.

Depuis toujours, les nouvelles techniques et les nouvelles idées ont produit de grands changements dans nos sociétés ; une fois encore, elles vont bousculer nos façons de vivre et de penser collectivement.

Avec une mise en commun toujours plus aisée des objets, même une notion aussi ancrée que propriété individuelle se relativise via le développement de la mutualisation des objets, la location, les achats groupés et autres coopératives citoyennes.
L’intelligence artificielle s’intègre aux voitures, aux maisons, aux hôpitaux. Dans l’entreprise ces machines qui prendront au moins en partie la place des cerveaux n’a pas fini de bousculer le marché de l’emploi. Souhaitons simplement que la dignité du travail puisse être prise en compte autant que le profit pour orienter l’économie

Ces évolutions encore difficile à énumérer et à expliciter clairement, ne tarderont pas à se préciser puis à s’imposer.
Suffiront-elles pour résoudre les grands problèmes planétaires de l’environnement et des tensions entre nations ?
En Europe, la France, à la suite de Jean Monnet, a su œuvrer pour que s’instaure une paix durable après deux mille ans de guerres incessantes qui ont ravagé notre continent.
Le peuple français saura-t-il de nouveau orienter l’histoire et faire en sorte que les rêves de liberté, de justice et d’humanité ne se terminent pas par la dictature et l’oppression ?

Jacques Carles

Les treize desserts

Il n’y a pas si longtemps, le soir du réveillon de Noël, dans le Midi,   lorsque venait l’heure du partage des treize desserts, on laissait sur la table familiale  quelques noix, un peu de pâte d’amande, une figue et quelques autres délices de chez nous.  C’était la part du pauvre, lequel pouvait passer dans la nuit, après  la visite du père Noël.

Cette coutume se perd car chacun ou presque réalise que c’est lui qui va hériter de la part du pauvre.

En Occident, la classe moyenne est en train de disparaître. Ce socle de la société des trente glorieuses s’effondre. Les pauvres sont de plus en plus nombreux et de plus en plus pauvres. Les riches de moins en moins nombreux mais de plus en plus riches.  Ce fossé qui se creuse ne peut que conduire à la catastrophe. Pire il se creuse aussi entre les générations avec des jeunes objectivement bien mal lotis.

Pour beaucoup,  l’ultra-libéralisme hérité des années Thatcher  est à l’origine de tous nos maux, pour d’autres c’est la baisse de la natalité et  le vieillissement de la population qui expliquerait le déclin, d’autres enfin accusent  la perte de repères moraux. 

Si le phénomène est une réalité, les causes de cette pauvreté qui nous guette sont complexes. Il n’existe probablement pas de solution miracle. Mais est-ce une raison pour se résigner ?

Concentrons-nous sur l’essentiel, oublions l’accessoire et les querelles stériles de personnes ou de chapelles.

Dans notre région où le chômage atteint des sommets, il est grand temps que nos élus alignent leurs efforts dans la même direction. La seule priorité qui s’impose, est celle du bien commun et de l’emploi.

Plutôt que division, parlons addition. Que la synergie entre tous permette que 1+1=3 devienne une identité remarquable dans notre notre région.

Jacques Carles

Champions

Elle est très loin l’époque où Béziers dominait le rugby français. Elle est encore plus loin l’époque où Sète était le club numéro un du football.
Actuellement, c’est le Montpellier de Loulou Nicollin qui domine le sport régional tandis que le handball de Patrice Canayer domine son championnat. Il y a aussi parmi les meilleurs les volleyeurs de l’Arago de Sète et les volleyeuses de Béziers .
Mais par rapport au passé, le sport est présent dans toutes les communes de notre région. En football comme en rugby, même les plus petites communes ont leur équipe, fidèlement suivie par les supporters. C’est là un progrès incontestable que cette pratique sportive généralisée/ Tous les sports sont représentés entre Béziers et Montpellier et surtout à Sète où les joutes ne sont pas, loin de là, le seul sport pratiqué.
Et n’oublions pas les basketteuses de Lattes, plusieurs fois championnes de France. Du Biterrois au Montpelliérain en passant par les pays de Thau, la pratique sportive ne cesse de se développer chez les jeunes comme les moins jeunes. Bravo à tous.

Bernard Barraillé