Le Plan Littoral 21, un courant porteur ?

Alain Di Crescenzo, Président de la CCI Occitanie, est également membre du Parlement de la Mer. Il porte donc sur ce que l’on appelle l’économie bleue une attention particulière et évoque les développements induits par le Plan Littoral 21.

Représentant du tissu entrepreneurial d’Occitanie et membre du Parlement de la Mer depuis 2016, quelle est votre vision de chef d’entreprise sur la création de valeur que doit et va générer le Plan littoral ?

Le Plan Littoral 21 vise à construire le futur maritime de notre région en conciliant croissance économique et développement durable, innovation et préservation de l’environnement. Ce plan de modernisation et de préservation va permettre à notre tissu économique de construire l’avenir du littoral en valorisant ses atouts face à nos concurrents. Avec1 Md€ d’investissements sur 3 ans, la création de valeur attendue est réelle et, surtout, elle profitera de façon induite à une grande partie de notre économie. Tourisme, ports, protection du cordon littoral, énergies marines renouvelables, industrie du nautisme… : du Gard aux Pyrénées-Orientales, nos entreprises vont profiter de ces investissements.

Les objectifs du Plan Littoral recoupent directement notre volonté de développer l’économie de la mer via un suivi qualitatif et quantitatif de cette économie, une représentation soutenue au Parlement de la mer et un soutien à nos CCI dans la gestion ou la cogestion des concessions portuaires.

Pêche, commerce, plaisance, tourisme littoral… : l’économie bleue est une réalité sur notre territoire. Comment valoriser et développer cet atout pour l’ensemble de l’écosystème et favoriser la création de passerelles entre filières via la mutualisation et le transfert de savoir-faire ?

215 kms de côtes, 3 ports de commerce importants, 66 ports de plaisance, 20 stations touristiques, 33 000 anneaux, 8 millions de touristes par an, 25 000 emplois maritimes (dont 6 000 emplois directs dans la pêche et la conchyliculture), 12 000 emplois dans le tourisme, 1 pôle nautique (celui de Canet) en train d’acquérir une vraie légitimité… Si nous arrivons à faire chasser en meutes toutes ces entreprises, tous ces savoir-faire, tous ces talents…, nous allons démultiplier et conforter significativement notre puissance économique. D’autant que, effectivement, les synergies existent aussi entre filières. Par exemple entre l’aéronautique et le nautique, où les réflexions avancent sur la manière de transposer l’expertise en aménagement de cabines d’avions aux bateaux. Au plus proche des entreprises et des territoires, la CCI Occitanie a un vrai rôle de facilitateur à jouer dans cette mise en relation.

Le Plan Littoral comporte un volet complet dédié aux infrastructures portuaires dont les CCI assurent une partie de la gestion. Comment la modernisation de ces infrastructures va transformer l’économie territoriale (tourisme littoral, pêche,...) ?

Clin d’œil symbolique et historique à l’implication centrale et active de nos CCI dans le Plan littoral, la Maison Régionale de la Mer a été installée à Sète dans un ancien Palais consulaire. Plus concrètement, nos CCI du littoral sont très activement impliquées dans la gestion des infrastructures portuaires par lesquelles entre la richesse. Je prendrai juste un exemple parmi les premières actions du Plan : la construction du nouveau Quai H du port de Sète-Frontignan, conçu pour s’adapter au commerce maritime mondial. Ce chantier de 26 mois, qui a mobilisé 75 entreprises, employant plus de 400 personnes, permet aujourd’hui à notre région d’accueillir les plus gros porte-conteneurs. Une hausse d'activité du trafic conteneurs de 15 % est attendue d’ici 4 ans. Sur la partie croisières, et après la livraison d'une nouvelle gare maritime, l’ambition est de passer, dès 2017, de 8 000 à 15 000 passagers. Les retombées économiques sont donc très réelles et significatives.
source: Voccitanie-eco