Futura Polis Santé : deux jours de conférence à Montpellier

Y avait-il tant de manifestations que cela à Montpellier vendredi et samedi dernier pour que le symposium Futura Polis Santé organisé conjointement par la Métropole et « Le Point » attire aussi peu de monde ? On nous a annoncé qu'il y avait 1 200 inscrits intéressés soit la jauge de l'Opéra-Comédie. Hors, en dehors de l'inauguration de vendredi soir avec Axel Kahn et en présence de P. Saurel qui avait rempli la salle, ses balcons et ses baignoires jusqu'au poulailler, le samedi, seuls l'orchestre et le premier balcon étaient occupés et non à 100%, les auditeurs gardant leurs aises.

Et pourtant ces conférences auxquels participaient une bonne vingtaine d'éminents chercheurs de Montpellier et d'ailleurs, étaient particulièrement intéressantes pour quiconque se préoccupe de la santé de demain et de l'implication de l'Université de Médecine et des start-up high tech de Montpellier.

Il en ressort que nos médecins sont très optimistes sur l'avenir de la santé grâce à l'ouverture de la biologie au monde des mathématiques, des sciences humaines et des nouvelles technologies qui leur permettent une meilleure compréhension de la notion de vie. Cette aventure est développé dans un livre « Etonnant vivant : découvertes et promesses du XXIe » -CNRS Edition 2017- qu'a dirigé Catherine Jessus.

En pratique, grâce à un outil génétique révolutionnaire appelé crispr cas9, Carine Giovannangeli, espère dans un proche avenir des progrès inouïs en matière de thérapie cellulaire et donc de génétique sur les maladies génétiques et les cancers.

"Le travail sur les cellules souches est en bonne voie pour réparer des membres inexistants ou sectionnés et régler les problèmes liés à l'immunologie", nous apprennent J-M Dubernard Jorgensen, Pescenski et N. Vergnolle

En ce qui concerne la longévité et le confort des personnes âgées, des découvertes ont déterminé le problème à l'origine de la maladie d'Alzheimer et du Parkinson qui s'est révélée ne pas être d'ordre génétique mais protidique. L'arthrose qui rend la vieillesse si douloureuse est aussi entre des mains expertes. La robotique se répand au service des plus fragiles pour être mieux suivis chez eux. M. Nahum Bertin et ses robots se mettent au service de la chirurgie, apportant plus de précision, éliminant l'erreur du geste humain.

On a parlé d'éthique aussi car une humanité dépendante des outils technologiques peut être mise en péril. La technologie fait peur à beaucoup. Et il y a de quoi.

Tous les médecins dont Axel Kahn et H. Chneiweiss, se sont montrés inconditionnels dans leurs objectifs de travail : soigner, éliminer les maladies, réparer l'homme mais ils refusent de se mettre au service des caprices des humains : choix d'un bébé ou augmenter les possibilités d'un sportif en bonne santé. Cependant, ils se méfient du comité d'éthique qui aurait des tendances castratrices, empêchant les chercheurs d'aller jusqu'au bout de leur objectif.

Les tenants de la technologie qui ne sont pas en prise directe avec la santé sont beaucoup plus évasifs sur le sujet de l'éthique. Un prototype sécuritaire, et pas seulement pour la santé des personnes âgées, comme celui qui a été présenté par M. Jacques Varenne, architecte et qui doit se réaliser à St Etienne porte à réfléchir. Il s'agit de la construction d'un quartier complètement connecté constitué d'un ensemble d'immeubles d'habitation, certains pour les actifs et d'autres pour les séniors, des établissement scolaires, des commerces, des bureaux, tous connectés jusqu'aux planchers qui indiqueraient là où l'habitant se déplace dans son habitat. En dehors des problèmes d'ondes, ce genre de projet pose non seulement celui de l'impact de la connection sur l'intimité dont tout individu a besoin mais aussi sur l'utilisation qu'un pouvoir dictatorial pourrait en faire. Cela va bien au-delà des écoutes téléphoniques.

Nous devons donc être très vigilants que les adeptes de Zuckerberg ne construisent pas des machines aussi folles que ses idées, que les comités d'éthique sans brimer les chercheurs dans leurs travaux leur imposent de définir leurs objectifs au service de tous et que le tout sécuritaire dont les normes allègent par trop nos porte-monnaie ne deviennent pas liberticides.

Nous retiendrons de ces deux jours, qu'à Montpellier, question santé, nous sommes entre bonnes mains.

Dans un autre ordre d'idée mais pour la compréhension de tous : serait-il possible que Montpellier avec toute la haute technologie dont elle dispose en son sein se dote d'un bon service de sonorisation des salles publiques ? Les auditeurs en ont pâti au Printemps des Comédiens , à la Salle Pétrarque où la restauration de la sonorisation est incohérente et ce week-end à l'Opéra-Comédie où, le vendredi soir, la sonorisation a dû être revue pendant l'intervention des participants, où, le samedi, les micros en nombre insuffisant tombaient tous en panne les uns après les autres et où il a fallu attendre le samedi après-midi pour que des micros soient diponibles au 1er balcon.

A. Klein.