Voltaire ou le Jihad

Voltaire ou le Jihad: Vers le suicide de la culture européenne ? (Editions l'Archipel - Novembre 2015) de Jean-Paul Brighelli est un écho sonore et nécessaire à celui de François-Xavier Bellamy : "Les Déshérités ou l'Urgence de transmettre" (Editions Plon - 2014). Dans deux styles différents, le premier plus offensif, le second, plus passionné, ces deux écrivains font un constat terrible : la jeunesse de notre pays est acculturée, ignore tout de son histoire et des penseurs qui l'ont précédée. Ces jeunes sont donc contraints de "réinventer la roue". Comme ils en sont incapables, ils deviennent des cibles pour ceux qui ont décidé de les utiliser dans leur combat de destruction de notre civilisation.
Les deux philosophes n'ont manifestement pas été conçus dans la même eau. L'un d'éducation laïque, est agnostique. L'autre, d'éducation chrétienne, est croyant. Mais ils ont les mêmes conclusions, mettent la même fougue à défendre la culture, la nécessité d'apprendre, à renvoyer dans ses buts ce pauvre Rousseau, père de toutes les perversions sociales qui empoisonnent notre siècle, et à stigmatiser comme il convient le totalitarisme islamique.
Pour Brighelli, ce qui caractérise le totalitarisme islamique, c'est sa négation du temps. Rien, aux yeux d'un Islamiste pur et dur, wahhabite ou salafiste, n'existe avant le Coran. Au point que tout ce qui le précède doit être anéanti comme blasphématoire.
Sa seconde idée, c'est qu'en acceptant le principe du créationnisme parfait, et par conséquent en récusant à la culture sa capacité de parfaire le monde par progrès successifs, l'Occident s'est lui-même vidé de sa substance en laissant libre cours à la folie religieuse totalitaire de l'Islamisme.
Brighelli oppose la culture à l'idée d'une création parfaite dès l'origine, impossible à améliorer parce que divine. Il dénonce sans le dire le créationnisme, considéré par la majorité des chrétiens et par la doctrine chrétienne, depuis les travaux de Teilhard de Chardin, comme une illusion.
En cela il fait oeuvre utile.
Il rappelle combien l'éducation est une nécessité pour permettre à l'enfant de devenir un homme et combien le laxisme de l'éducation nationale à créé des cerveaux vides aptes, parce que vides, à admettre les pires absurdités qui font d'eux de faux prophètes écervelés et de vrais assassins.
Comme Bellamy, Brighelli dénonce nos pédagogues, héritiers de Jean-Jacques Rousseau, de Pierre Bourdieu et de Roland Barthes, qui ont façonné le terrain sur lequel nous nous battons aujourd'hui, sans aucune chance de succès, si nous n'en revenons pas très vite à l'intelligence des Lumières. En cela Voltaire représente l'image parfaite de l'anti djihad. Brighelli nous donne dix ans pour nous en sortir.
A la vitesse où vont les choses, je ne sais pas si ce délai ne doit pas être raccourci. En tout cas, tous ceux qui croient encore, depuis 1968, qu'il n'y a pas à éduquer les enfants, qu'il n'y a rien à leur apprendre car ils découvriraient bien tout seuls "les causes de toute chose" (comme le prétendent nos pédagogues "new wave"), que toutes les cultures se valent (comme l'a proclamé Jack Lang dès 1981), que la nature est bonne et que l'homme ne fait que la détruire (comme le proclament tous les écolos, ennemis de l'homme au nom de la protection de l'environnement) ont déjà gagné la bataille.
On n'apprend plus ni l'orthographe, ni les règles de grammaire, on n'apprend plus à se bien conduire, on ne réagit qu'à l'impulsion de l'instant, tout cela étant orchestré par des leaders d'opinion (journalistes et hommes politiques), souvent inconscients de leur propre inculture, qui ne font que divulguer une façon de penser vide et sans fondement culturel qui condamne à mort la jeunesse à laquelle ils s'adressent.
Pessimiste ? Non. Lucide.
Cela fait plaisir de constater que certains bons esprits, vrais intellectuels, confirment, bien mieux que je ne m'évertue à le faire, une situation sur laquelle il est urgent de réagir. Que l'on me permette en terminant une conclusion très personnelle sur la métaphore du médecin et du charlatan que j'ai déjà utilisée.
Ce n'est pas en consultant les charlatans du Front National que l'on guérira du cancer de l'inculture.

Yves Marchand

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon