Lassalvy "C'est la vie"

Si le rire est le propre de l’homme, l’humour est une disposition particulière pas toujours généreusement partagée. Des évènements pas très lointains nous ont même montré que certains individus étaient hermétiques à certaines formes de caricatures, et que celles-ci  pouvaient même déclencher chez eux des élans meurtriers. Charb, Cabu, Wolinski, Honoré, Tignous en ont été les victimes, des crayons contre des armes, l’humour contre la folie, la poésie contre l’hystérie. Robert Lassalvy (1932-2001) s’était toujours gardé de s’aventurer sur les terrains qui peuvent déclencher des passions :  la politique, la religion, faisaient partie des thèmes qu’il refusait d’aborder. Il faisait du dessin humoristique une aventure ludique, provoquant parfois chez lui l’inquiétude d’être en panne d’inspiration mais aussi, souvent, un large sourire quand il avait trouvé une bonne idée. Son terrain de jeu,  c’était la grivoiserie avec ses pin-up aux formes généreuses, aguicheuses, naïves ou impertinentes, c’était ces mâles au regard avide ou libidineux flanqués de leurs épouses décrépies mais autoritaires. C’était aussi  un regard tendre et délicat posé sur l’enfance et les petites gens.
A ses début dans l’effervescence parisienne, il se lie avec d’autres dessinateurs tels Sempé, Fred ou Cavanna. Il commence à publier très tôt ses dessins dans divers journaux et revues très nombreuses à cette période des années cinquante. Il publie également à l’étranger, aux Etas-Unis, au Brésil et surtout au Japon où un quotidien lui consacre une chronique en première page : «Lassalvy c’est la vie !». C’est à Cournonterral où il s’est retiré, lassé de la vie parisienne,  qu’il continue à produire et à publier dans diverses parutions. C’est aussi  là, dans son atelier, qu’il se met à peindre, développant d’autres aspects de ses talents, en particulier de coloriste. Jusqu’à ses derniers jours, en 2001, il réalisa de nombreuses toiles. C’était pour lui une grande satisfaction de rencontrer, lors de ses expositions, autant de succès pour ses peintures qu’il avait pu en rencontrer pour ses dessins.
M. P.
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