Tout peut changer de Naomi Klein

Tim Flannery, militant écologiste expose le problème on ne peut mieux : «les combustibles fossiles sont un capital que d’autres êtres vivants (...) laissent en héritage à l’humanité. Ce sont des vestiges fossilisés d’êtres vivants qui ont trépassé il y a des millénaires... Leur place se trouve dans le sol où elles remplissent des fonctions écologiques importantes. Le charbon fixe dans le sol non seulement le carbone rejeté dans l’air par les plantes mais bien d’autres substances toxiques. Il agit comme une éponge naturelle qui absorbe de nombreuses substances dissoutes dans la nappe phréatique dont l’uranium, le cadmium et le mercure.»

Naomi Klein, dans son livre réquisitoire «Tout peut changer», poursuit « si le charbon est extrait et brûlé, ces éléments sont relâchés dans l’écosystème environnant et finissent par gagner l’océan où ils sont absorbés par le krill et le plancton, puis par les poissons et enfin par l’être humain. Le gaz carbonique produit par la combustion du charbon est quant à lui rejeté dans l’atmosphère contribuant au réchauffement planétaire...»
Depuis 1998, année de création du groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) dont la mission est d' : « évaluer, sans parti pris et de façon méthodique, claire et objective les meilleurs informations d'ordre scientifique, technique et socio-économique» du monde entier sur le climat, seuls quelques climatosceptiques réfutent le rôle des énergies fossiles et des gaz à effet de serre qu’elles génèrent dans les changements climatiques. Mais si le constat est largement partagé, les volontés pour faire face au problème et inverser ou stopper les hausses de température prévues, sont quant à elles, sinon absentes, du moins timorées, en tout cas bien en deçà de ce qu’elles devraient être. Ainsi après les différents rapports, sommets, accords, protocoles, conférences, négociations... La courbe des températures, loin de s’inverser, poursuit sa course vers le haut, et sont examinées à présent les conséquences d’un tel réchauffement climatique.
Pour notre région, les conséquences ont été analysées par divers organismes : outre l’élévation des températures et ses effets sur les écosystèmes, la flore, la faune, la biodiversité... les risques d’incendies pourraient être sérieusement revus à la hausse du fait du dépérissement de certaines essences forestières. Les ressources en eau pourraient être menacées du fait de la raréfaction des précipitations prévue. Une élévation du niveau de la mer a déjà commencé avec toutes ses conséquences sur un littoral fragile et dédié au tourisme. Les événements météorologiques extrêmes - canicule, inondation, coup de mer... - pourraient être plus fréquents.

Le réchauffement climatique a déjà des effets sur la culture de la vigne, surtout dus au déficit hydrique pendant le cycle végétatif, sur l’élévation des degrés obtenus, sur l’avancement des dates de récolte. 
 « Vu le réchauffement considérable dû à l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre, les risques vont être difficiles à gérer et même des investissements importants et soutenus dans l'adaptation auront leurs limites », déclare ainsi Chris Field, l'un des principaux coordonnateurs du rapport  du 31 mars 2014 du GIEC.
 Les négociations ont débuté en vue du sommet international qui se tiendra à Paris en décembre. Les échos ne sont guère encourageants. Faisant preuve d’une extrême lucidité, Naomie Klein a déclaré dans un entretien : «Il faut être fou pour croire au processus onusien : depuis vingt-cinq ans qu’on essaye de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, celles-ci ont grimpé de 60% !». Mais si elle désespère de la volonté et du courage des politiques, elles se montre très optimiste sur les mouvements et mobilisations associatifs et citoyens qui peuvent localement agir pour la défense de l’environnement, empêcher la folie extractiviste, militer pour un autre avenir plus respectueux de la Terre et de l’humain.
Naomi KLEIN - TOUT PEUT CHANGER Capitalisme & changement climatique (Actes Sud)

Michel Puech

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon