Tristan Cabral, le poète s'en est allé...

Nous avons appris le décès de Tristan Cabral dont nous connaissions l’état de santé bien affaibli. De son vrai nom Yann Houssin, il est l’auteur de nombreux ouvrages de poésies et de récits.
«Je suis né le 29 février 1944 dans une villa de la Ville d’Hiver d’Arcachon, en face du Casino mauresque : la villa Toledo, aux dentelles de bois et aux balcons d’argent. Dans un grand jardin, planté de cistes, d’arbousiers et de mimosas. Les villas les plus proches s’appelaient « Faust », « Meyerbeer », « Pereire » ou encore « Bremontier ». Sous l’occupation, c’était une maternité clandestine. En face, le casino servait pour les interrogatoires à la police politique de Reich. Ma mère s’appelait Juliette D. Mon père, Heinz R., un médecin militaire allemand. Elle était née à Orléans, lui à Cheminitz, devenu plus tard Karl-Marx-Stadt ! Au cours de l’été 1944, ma mère sera tondue dans une rue de Bordeaux...» Dans « Juliette ou le chemin des immortelles », paru en 2013, il ébauche une biographie et rend hommage à sa mère.
Après des études secondaires à Bergerac, il étudie à la faculté de théologie protestante de Montpellier. Il entreprend ensuite des études de philosophie, qu’il enseignera ensuite pendant trente ans au lycée Daudet à Nîmes. Quand il n’arpente pas le monde pour témoigner de sa violence, de ses injustices, mais aussi de la grandeur de certains humains qu’il admire, il demeure à Montpellier.
En 1974 il fait paraître son premier recueil « Ouvrez le feu » et ne cessera d’écrire et de publier. Ses derniers ouvrages : H.D.T. hospitalisation à la demande d'un tiers (le cherche midi, 2010), Le Cimetière de Sion: de Yad Vashem à Chatila-Gaza (L'Harmattan, 2010), Les chants de la sansouïre (Atelier N89, 2011) Dernier tango à Salta ; quand deux femmes s'aimaient dans l'Argentine de Videla (L'Harmattan, 2012), Juliette ou le chemin des immortelles (le cherche midi, 2013), Si vaste d'être seul (le cherche midi, 2013), Quand vient la mer (Sansouire, 2014), Requiem en Barcelon (Chemins de plume, 2014), La petite route (Chemins de plume, 2015), Poèmes à dire (Chemins de plume, 2019).
Poète de l’insoumission, de la révolte et de l’amour, il est aussi le poète du mal de vivre et d’une quête désespérée.

Michel Puech

« Un jour les oiseaux-feu quitteront mes paupières ;
alors dans mon cartable, il y aura du ciel,
alors mon corps aveugle s’habillera de lierre
et qu’on me couche alors dans un lit d’immortelles ! »

A lire sur le site DANGER POESIE "Quand j'étais de ce monde"