Christian Bobin : Pierre,

Pierre,
Auteur : Christian Bobin
Editions : Gallimard
Parution : 3 octobre 2019

Etrange rencontre que celle de Christian Bobin et de Pierre Soulages. D’ailleurs nous n’assistons pas à la rencontre, le récit se terminant au portail de la demeure du «Monsieur tout noir du Mont Saint Clair». Leur domaine même sont à l’opposé. A l’étendue, la platitude, le calme du Creuzot où vit Bobin, répond la concentration, le pittoresque, l’agitation du Mont Saint Clair. La prestance du vénéré maître du «rayonnement français», prince de tous les superlatifs, l’âge canonique, le prix vertigineux de ses oeuvres, la taille monumentale de ses peintures... parait même en opposition avec la modestie, la sobriété de son style, l’effacement volontaire de l’ascète creusotin. Christian Bobin dit adorer la neige, comme pour accentuer encore cette opposition. «Je me moque de la peinture» ajoute-t-il encore.
Ce n’est pas vers le Soulages adulé par les courtisans en tous genres que le mène ce voyage nocturne, qui plus est le 24 décembre, c’est vers Pierre comme l’indique le titre, assorti d’une virgule, comme pour proposer une pause après l’interpellation amicale. Bobin n’aime pas les voyages, mais il avoue avoir «pris le train comme on entre en religion». Il aime avant tout la solitude qu’il n’a jamais cherché à rompre. Mais c’est avec ses fantômes qu’il entreprend ce trajet. Avec Dhôtel, avec Kafka, qu’il a choisis comme compagnons, le souvenir de ses chers disparus, son père en tête, dont il sent encore la puissante présence. Et l’on pressent alors ce qui lie Bobin à Soulages, c’est la nuit, le silence, la solitude, et toute proche, la mort. «Tes peintures ne sont pas des peintures mais des gardes de la nuit que nous portons dans le coeur. Sa vérité est fille du silence.» Il va aussi vers lui pour lui «parler de poésie», car «elle est, pour aller vite, le noir du langage sur lequel passent les griffes de la lumière».
«Pierre,» est l’histoire de ce livre qui correspond à la définition qu’il nous propose : «je comprends ce qu’est un vrai livre : quelqu’un qui nous sort de l’évanouissement dans le monde et ses modes et nous ramène à nous-mêmes. Nul besoin d’oeuvres complètes. Une parole suffit». Déclaration qui fait étrangement écho à Antonin Artaud qui écrivait : «Je voudrais faire un Livre qui dérange les hommes, qui soit comme une porte ouverte et qui les mène où ils n’auraient jamais consenti à aller, une porte simplement abouchée avec la réalité.»
Michel Puech

100 lieux curieux

La sétoise Laure Gigou, ancienne conservatrice des Musées de l’Hérault, sort un ouvrage qui va passionner les amoureux de la région : Hérault : 100 lieux pour les curieux.
L'Hérault est un département touristique avec deux grands sites, trois monuments classés au patrimoine mondial, un patrimoine mondial immatériel. De plus, toutes ses villes méritent le détour. On ne sait où donner de la tête !
Mais au-delà, on peut encore trouver des coins méconnus ou moins connus, même à l'intérieur de ces grands pôles touristiques. L'homme y a vécu depuis très longtemps. Puis il a dressé des dolmens, des menhirs ou des statues menhirs. Savez-vous qu'en Languedoc, il y a plus de monuments mégalithiques qu'en Bretagne ? 

Les Romains ont également laissé leurs traces, avec la voie domitienne d'abord, mais aussi avec la villa gallo-romaine.
Méconnue, la période médiévale a laissé de grands travaux admirables avec l'étang asséché de Montady, dont les drains médiévaux fonctionnent encore. Des monastères très anciens, rappellent les règles austères des premiers chrétiens. Partout, vous découvrirez des sources miraculeuses, des saints bienfaiteurs. Les réformes monastiques entraînèrent l'hérésie cathare, jusqu'aux prémices de la croisade albigeoise : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! ».

Les trésors de fresques romanes ou de la Renaissance, les retables sculptés, sont des bijoux hors du commun.

L'aqueduc de Castries construit pour les jardins de Le Nôtre, le pont de Gignac avec sa maquette, les meuses de Cazilhac, la marquise de la gare de Bédarieux ou le puits de charbon de Camplong attireront votre attention. Vous pourrez découvrir des techniques oubliées, les moulins, l'exploitation du charbon, les mines de plomb argentifères, les carrières de pierres lithographiques.
Frédéric Bazille, Antoine Injalbert, Paul Dardé, Molière, Ermengarde de Narbonne, la marquise de Ganges, Bonaparte, Montgolfier, la reine d'Italie et même un assassin : Jean Pomarède vécurent ou vinrent mourir dans l'Hérault.
Laure Gigou promet étonnements et découvertes, même dans les lieux les plus connus et les plus fréquentés.  » disponible chez amazon